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CHAPITRE QUATRIÈME
« La trahison indélébile »
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Ploc. Ploc. Ploc. Pl...
Peter se lève et, d'un geste irrité, empoigne le mélangeur du robinet qui fait des siennes et le renfonce jusqu'à être certain qu'il ne continuera pas à goutter. Il a des choses autrement plus importantes à faire que de s'agacer sur les échos minables de la misère dans laquelle il vit. Comme se demander pour la millième fois s'il doit réellement transplaner à l'adresse remise par Rosier ou bien accepter l'invitation à prendre un verre de Remus.
L'horloge semble décider pour lui quand elle sonne sept coups net et précis qui font se hérisser les poils de son dos. Sans pouvoir s'en empêcher, il jette un œil à la photo, monument d'insouciance et de légèreté, punaisée sur le placard de la cuisine. Vite avant d'être en retard, il s'en empare, fait des quatre sourires repus qu'elle affichait des confettis, laisse le tout s'éparpiller au sol et disparaît en un craquement sonore.
Le parc qui l'accueille alors transpire le luxe et la richesse. Mais Peter est trop emmitouflé dans son manteau de peur pour s'attarder sur les plantes exotiques sagement entretenues ou les ombres gigantesques diffusées par la bâtisse plantée devant lui. En revanche, se faire accueillir par un elfe de maison si fatigué que s'incliner face à lui ne semble pas le fruit de sa propre volonté lui fait l'effet d'un coup de poing dans le ventre et il sent son appréhension s'accroître encore davantage.
— Ah, siffle une voix alors qu'il est conduit dans un salon qui contiendrait sans peine quatre exemplaires de son propre appartement. Nous t'attendions.
Par il ne sait quel miracle, Peter réussit à répondre et à venir se placer aux côtés des ombres silencieuses d'obéissance qui font cercle au centre de la pièce. Il n'hésite même plus quand on lui demande de tendre le bras, comme s'il avait choisi le monde auquel il voulait appartenir. L'horreur de ce qu'il est en train de faire ne le frappe même plus alors que l'encre glisse sous sa peau, ondule en d'élégantes arabesques aussi noires que la nuit et vient dessiner la marque sur son avant bras. Ses yeux le brûlent, sa peau hurle de douleur, mais il tient bon et de faillit pas. C'est bientôt fini, se rassure-t-il. Quelques secondes, puis la baguette s'éloignera et un sourire vainqueur ourlera les lèvres du maître. Il lui faudra alors s'incliner.
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Le point de non retour.
