Catéchisme

Auteur: Dreamfall.
Traductrice: Nyx.
Rating: M.
Résumé: Et si les Dursley avaient été plus futés? Assez futés pour tourner Harry contre la magie – contre lui-même. Combien de temps cela prendrait-il pour que quelqu'un réalise combien de dégâts ont été causés, et une fois que tout est découvert comment pourrait-on jamais espérer réparer tout cela? Une vision perturbante d'un Harry à qui on a appris dès l'enfance à haïr et à craindre tout ce qu'il est.
Couple: aucun.

ATTENTION ! Cette histoire est assez acide (selon Origine). Elle contient plusieurs sortes d'abus. Harry a une espèce de mentalité d'elfe de maison. Je n'exagère pas. Les chapitres sont durs. Toutes les âmes sensibles, tous les enfants sont priés de quitter cette page.

Notes: Voilà (enfin) le chapitre 4! J'espère que je n'ai pas laissé trop de fautes, puisque je n'ai pas eu le temps de le faire lire à qui que ce soit.
Comme je l'ai déjà dit, je suis un peu moins libre qu'avant, alors je ne sais pas quand est-ce que le 5ème chapitre fera son apparition (surtout que je n'ai plus de chapitre traduit d'avance…TT)
Je vais faire tout mon possible pour vous éviter une trop longue attente… et je tiens encore à m'excuser!
Pour les reviews, je ne crois pas que je vais continuer à y répondre ici, je vais me créer un blog ce soir, et vous répondre dessus. Vous trouverez l'adresse ce soir (tard, sûrement) dans mon profil.

Voilà! Bonne lecture à tous!


Chapitre Quatre
Un nouveau jour

Harry se réveilla quand il sentit une pression dans sa vessie, il se sentit totalement confus et sut qu'il n'était pas là où il aurait dû être. Le sol était trop dur, trop froid et l'espace était étrangement différent. Plus étroit, plus grand. Le silence semblait plus... bruyant qu'habituellement – de petits sons qui ne lui étaient pas familiers pénétraient en lui, au lieu du vide absolu et étouffant de son placard. Il commença à trembler alors que les souvenirs jaillissaient à flots dans sa tête. Il était seul dans un endroit magique et maléfique, entouré d'ennemis qu'il devait tromper et calmer. Tout en repoussant sa peur, il se leva et ouvrit la porte du placard avec hésitation, puis sortit dans le vide sombre de la chambre.

Si le silence était moins intense de ce dont il était habitué, l'obscurité l'était bien plus. Seul son placard était aussi sombre, la lumière étant si peu présente que les ombres ne pouvaient pas survivre. Même durant les nuits les plus noires le sous-sol était plus éclairé, la fenêtre crasseuse était toujours un petit peu plus pâle que le reste de la pièce. Nerveusement, il avança à tâtons dans la chambre, s'écartant brusquement lorsque sa main frôla quelque chose d'aussi doux que la robe en velours de la Tante Pétunia. Le dessus de lit, réalisa-t-il avec consternation. Mais, au moins, cela voulait dire qu'il était près de sa valise. Avec hésitation, en étendant le bras, il trouva et ouvrit sa malle. Il sortit soigneusement des vêtements à l'aveuglette: des chaussettes, des sous-vêtements, un jean, et un T-shirt, puis il les enfila. Les chaussettes lui donnaient une drôle d'impression aux pieds – il avait toujours été pieds nus avant la veille. Mais, ici, il était supposé porter des chaussettes et des chaussures, Tante Pétunia le lui avait dit. Ses chaussures, il les avait enlevé pendant la nuit, alors il retourna dans le placard et les chercha au toucher. Cela lui prit un moment pour démêler le fouillis qu'étaient devenus les lacets, mais il s'occupa d'eux, mit ses chaussures et les renoua. Il récupéra aussi sa brosse à dents, en se sentant honteux quand il se rendit compte qu'il avait oublié de l'utiliser la nuit précédente. Quelqu'un comme lui d'aussi répugnant à l'intérieur se doit d'être propre au moins à l'extérieur.

En ramassant ses habits de la veille, il se demanda désespérément que faire d'eux. On ne lui avait pas dit où était la laverie, ni même où trouver le matériel pour toutes ses autres tâches. Peut-être qu'ils le lui diraient aujourd'hui. Comment pouvait-il trouver quelque chose dans cet endroit inconcevablement grand s'ils ne lui disaient pas? Cette pensée mena à une autre: dans ce lieu si gigantesque, il n'aurait jamais le temps de faire toutes ses tâches. Tout de même, cela ne pouvait pas être nettoyé en une fois? Il ne serait pas enfermé et oublié – puisqu'il n'aurait jamais le temps de tout finir! Cette pensée exultante fut étouffée car il savait que de ne pas finir ses tâches n'était pas bien, et il ne pourrait jamais espérer les terminer. Ne pas les finir menait obligatoirement à une correction, mais il ne serait pas enfermé dans le noir, dans la solitude silencieuse de son placard.

"Vous n'êtes pas déjà réveillé?" une voix agacée interrompit ses songeries.

"Si, monsieur," répondit-il rapidement, en réalisant qu'il avait encore une fois tout raté en n'anticipant pas correctement ce qu'on voulait de lui. "Désolé, monsieur," ajouta-t-il, en se dirigeant à tâtons vers la porte pour l'ouvrir. La clarté de l'autre pièce était aveuglante après l'obscurité, mais il força ses yeux à rester grand ouverts. Ils s'adaptèrent rapidement, et le tas de linge dans ses bras sur lequel son regard était fixé devint visible, mais flou.

"Où sont vos lunettes? Allez-les mettre."

Harry retourna dans son placard, les récupéra, et les posa soigneusement sur son nez, une cascade d'émerveillement le parcourut une fois de plus quand tout redevint net. Il se retourna pour trouver un regard perçant qui le fixait d'un air interrogateur.

"Si je peux me permettre, que font-elles sur le sol du placard?" Mais avant qu'Harry n'ait pu répondre, le professeur grogna et secoua la tête. "A vrai dire, je ne crois pas avoir envie de savoir. Mais on ne prend pas soin de ses lunettes de cette façon. Gardez-les sur votre nez ou sur la table de chevet. Ou, quand vous vous douchez, posez-les sur le comptoir. Jamais sur le sol. Me suis-je fais comprendre?"

"Oui, monsieur. Je suis désolé, monsieur."

"Et avec raison, cette fois! Comme quoi, il ne faut jamais désespérer. Bon. Allez-vous laver et préparez-vous pour le petit-déjeuner," dit-il sèchement.

"Oui, monsieur," remercia Harry, puis il hésita.

"Et bien?"

"Désolé, monsieur, mais- où, monsieur?"

Les yeux noirs se fermèrent pendant un long moment et les grandes mains pâles se serrèrent en poings à côté des hanches du sorcier. Finalement, les yeux toujours fermés, une main se leva et Harry sentit un tremblement d'anticipation le traverser. Pourtant, à la place d'être frappé, un unique doigt se tendit et pointa la porte à côté de celle de sa chambre.

"Merci, monsieur." Il prit une profonde inspiration et ajouta, "Où pourrais-je trouver la laverie, monsieur?"

"Laissez vos vêtements dans le panier à linge dans la sale de bain. On s'occupera d'eux," déclara le professeur avec un ton de patience forcée.

"Oui, monsieur. Merci, monsieur," murmura Harry d'un ton contrit avant de foncer vers la porte indiquée, désireux d'être hors de vue quand l'homme rouvrirait les yeux. Seulement après avoir fermé la porte derrière lui, il prit un moment pour examiner la réponse qu'on venait de lui donner. On s'occupera d'eux? Qu'est-ce que cela voulait dire? Cela semblait presque suggérer que quelqu'un d'autre se chargeait de laver le linge? Son esprit bouillonnant, il regarda la salle dans laquelle il était, surpris devant tous les détails et les lignes nettes que ses lunettes lui permettaient de voir. C'était une grande pièce équipée d'une baignoire en marbre noir dans un coin, un lavabo et un comptoir, aussi en marbre noir, le long du mur de l'autre côté. Le panier à linge était étrangement surprenant – un large tonneau en osier tissé subtilement pour ne donner qu'un simple dessin. Harry fixa pendant un long moment l'entrelacement complexe des fines tiges de saule, fasciné. Finalement, en se secouant pour sortir de sa contemplation et avec hésitation, il déposa ses vêtements dedans, au dessus d'habits noirs qui appartenait manifestement au professeur. Il n'était pas sensé mettre son linge avec celui des autres, mais l'homme le lui avait dit, donc Harry obéit. Cette chose faite, Harry vida sa vessie avec un soupir de soulagement, si ce n'est de satisfaction.

Il se tourna vers la baignoire, et vit que la plomberie était légèrement différente de celle de chez lui, mais, après un moment de considération, il était pratiquement sûr d'arriver à s'en sortir. Il se déshabilla, replia ses vêtements avec soin, et les déposa délicatement dans le coin de la pièce le plus éloigné de la baignoire. Se souvenant de ses récentes instructions, il enleva soigneusement ses lunettes et les posa sur le comptoir à côté du lavabo. Puis, en entrant dans la baignoire, il tira le rideau, et tourna la tête de robinet droite. De l'eau froide commença à couler du robinet. Harry tira sur un bouton au-dessus et l'eau s'arrêta de couler par là, et, à la place, sortit du pommeau de douche, des jets glaciaux lui tombant dessus avec une pression bien plus forte de ce à quoi on l'avait habitué. L'eau semblait plus gelée que celle de la maison, mais la chauffer était trop cher pour qu'elle soit gâchée par un monstre. Serrant les dents, Harry se frotta rapidement avec un savon qui avait une odeur assez agréable et qui ne laissait pas sa peau avec cette sensation d'engourdissement et de démangeaisons que son propre savon lui donnait. Il se doutait que c'était le savon du professeur, mais il n'y avait que lui. Il en frotta un peu sur son cuir chevelu et l'utilisa également pour laver ses cheveux. Il y avait une bouteille de ce qu'il supposa être du shampooing, mais on lui avait toujours dit de n'utiliser que son savon.

Harry se rinça, coupa l'eau, et se secoua pour enlever les quelques gouttes de trop qu'il avait sur lui avant de sortir de la baignoire. Toujours mouillé, il enfila ses vêtements sans même jeter un oeil aux serviettes moelleuses pendues près de la baignoire. Normalement il utilisait un chiffon pour s'essuyer, mais il n'y avait aucun chiffon ici. Il brossa rapidement ses dents de façon experte avec un dentifrice ayant vaguement le goût de menthe, et une fois de plus, il se dit que cela était bien trop bon pour lui.

Enfin, en jetant en coup d'oeil autour de lui, les yeux d'Harry s'écarquillèrent de consternation. Il avait laissé une flaque sur le sol et il y avait plusieurs traces sur le miroir et sur le comptoir près du lavabo. Il fit une pause un moment, le regard dardant la pièce à la recherche de quelque chose avec quoi il pourrait nettoyer. Finalement, ses yeux se posèrent sur le panier à linge sale, il traversa la salle de bain et reprit son T-shirt de la vielle. Soigneusement il l'utilisa pour nettoyer les traces, puis pour éponger l'eau sur le sol avant de le remettre dans le panier, en faisant attention à ce qu'il ne touche que ses propres affaires.

Satisfait, bien malgré lui, que la pièce soit aussi propre qu'elle pourrait l'être sans aucun autre matériel, il sortit, et resta passivement immobile devant le professeur, attendant ses prochaines instructions.

Les fins sourcils de l'homme se haussèrent avec dégoût. "Vous êtes toujours trempé. Êtes-vous trop noble pour utiliser une serviette d'emprunt?"

Reconnaissant une question sans réponse acceptable, Harry se prépara à recevoir une correction alors qu'il répondait doucement, "Les serviettes sont parfaites, monsieur." Bien trop parfaites pour qu'il les souille de son toucher. Mais il n'était pas autorisé à s'excuser correctement – ils prétendaient que son contact n'était pas répugnant, et il devait jouer le jeu.

Le regard baissé, il attendit que le coup parte et se raidit très légèrement quand il entendit le faible raclement du bois contre le sol et un sifflement dans l'air. Il attendit que ce bruit lui ne ouvre la joue ou lui fouette l'épaule, il se prépara à la douleur, près à accepter sa punition comme il le faut. Mais à la place, il fut choqué et frissonna visiblement quand il fut entouré d'une rafale brûlante de vapeur qui anéantit la fraîcheur de la douche et qui le laissa... sec. La magie, réalisa-t-il avec une horreur teintée de... plaisir. Et il comprit qu'il était aussi mauvais que l'Oncle Vernon l'avait toujours dit. Il devait l'être, s'il pouvait ressentir du plaisir grâce à une sensation anormale.

"Venez," dit sèchement le professeur, en se retournant avec un tourbillon de robe noire et il sortit de ses appartements.

Avec obéissance, Harry le suivit, cette fois prudent à ne pas marcher si près de l'homme pour ne pas risquer de le percuter. Ses précédentes pensées à propos du nettoyage toujours à l'esprit, il autorisa son regard à errer un peu. Tout comme il s'y était attendu, il y avait beaucoup de chose à faire, décida-t-il avec un soupçon de satisfaction. Ce corridor était complètement propre, tout comme l'étaient la majorité des plus grands couloirs qu'il croisait. Toutefois, les plus petits et beaucoup de salles dans lesquelles il jeta un oeil quand ils passèrent devant, étaient clairement mal entretenus. La plupart d'entre eux avaient bien besoin d'un bon nettoyage. Ce qui était assez pour le tenir occupé pendant très longtemps, si seulement il savait où trouver du matériel. Mais sûrement qu'ils le lui diraient? Peut-être qu'ils s'attendaient à ce qu'il le sache déjà? Tante Pétunia s'attendait à ce qu'il sache où était tout ce dont il avait besoin, mais c'était lui qui rangeait le matériel là où il devait l'être. Peut-être que certaines personnes savaient instinctivement, quand bien même elles n'étaient jamais venues dans un endroit. Il ne se souvenait pas du tout d'avoir appris la disposition des pièces dans la maison des Dursley, mais il le savait. Peut-être qu'il devait faire la même chose ici.

Son train de pensée dérailla brusquement quand le professeur Snape ouvrit en grand une grande porte en bois et le conduisit dans une immense salle bien éclairée. Son regard glissa vers le plafond contre sa volonté, et Harry se figea quand il se retrouva en train de fixer une étendue infinie de bleu et de blanc. Il pouvait clairement voir les nuages bouger maintenant, tanguant et changeant de forme alors qu'ils traversaient lentement le hall au gré du vent inexistant. Ses yeux s'écarquillèrent et il commença à trembler d'une horrible terreur, le sol en pierre étant faible et insignifiant en dessous de lui. Des bruits de voix animées, confuses, inquiètes, gagnèrent ses oreilles. De telles émotions ne pouvaient pas être dirigées vers lui, son subconscient savait cela et il les ignora, en gardant son attention fixée sur la menace du ciel. Le contact d'une peau contre sa main combiné à sa peur et à sa complète désorientation, le choqua tellement qu'il se dégagea brutalement.

Immédiatement, la prise de conscience de ce qu'il avait fait le traversa, et l'atrocité de sa transgression chassa tout le sang de son visage. Sa peur du ciel s'effaça devant ce danger plus immédiat alors que ses yeux se détournaient rapidement du vide pour venir fixer le professeur. Il remit sa main dans sa position d'origine avec un forcé, "Désolé, monsieur."

Les yeux noirs accrochèrent les siens et Harry réussit à bannir complètement le ciel de son esprit alors qu'il se concentrait sur ce vide plus petit et plus sûr. Puis il se rendit compte qu'il fixait les yeux de quelqu'un comme s'il était un égal. Hâtivement, il baissa le regard vers ses pieds avec un autre, "Désolé, monsieur," étouffé.

Un grognement agacé lui répondit. "Si le premier était pour s'être laissé entraîner par le ciel, que signifie le second?"

"Monsieur?" demanda-t-il, confus.

"Si vous demandez pardon à chaque fois que vous ouvrez la bouche, j'aimerai au moins savoir pourquoi vous vous excusez. Je suppose que le premier « désolé » était pour avoir céder à votre agoraphobie. La peur des grands espaces, ou, dans ce cas-là, le ciel," ajouta-t-il quand Harry ouvrit la bouche avec hésitation pour demander des explications. "Alors, que signifie le second?" Harry réalisa avec choc qu'il aurait s'excuser pour avoir céder à sa peur. Cela ne lui était même pas venu à l'esprit. Il déglutit, en sachant qu'il aurait une punition spéciale. Peut-être aussi un jour d'enfermement, ou plus. "Je suis désolé," murmura-t-il, profondément honteux de lui-même.

"Pour quoi?" l'homme cria presque d'exaspération.

"Pour avoir céder à ma peur du ciel et pour ne pas m'être excusé pour cela plus tôt, monsieur."

"Dans ce cas, pour quoi vous êtes vous excusé plus tôt?" demanda-t-il.

"Pour avoir retire ma main quand vous m'avez touché, monsieur. Et-" Harry s'interrompit. Regarder dans les yeux était une chose que les personnes normales faisaient, et ils prétendaient qu'il était normal. Et donc, finalement, il n'aurait pas dû s'excuser comme cela. Mais il avait fait quelque chose de tellement mal. "Et pour vous avoir dévisagé, monsieur," finit-il doucement. Ceci, pensait-il, était impoli même pour les gens qui n'étaient pas mauvais. Et il l'était déjà assez comme cela. Il attendit la punition qui suivait toujours un aveu de faute, et se sentit confus et perdu quand elle ne vint pas. Comment pouvait-il espérer vaincre un jour la faiblesse qu'il avait en lui s'il n'était pas puni quand il était mauvais? Il allait devoir être faire attention à tous ses actes et les reporter à l'Oncle Vernon quand il rentrerait à la maison pour qu'il puisse être puni correctement. Il dut s'empêcher de déglutir d'une manière convulsive quand il comprit qu'il allait devoir payer en une seule fois les erreurs de plusieurs jours ou de plusieurs semaines. Mais quel autre espoir avait-il?

"Potter!"

"Oui, monsieur! Désolé, monsieur!" Il leva les yeux, horrifié par sa distraction - et il eut une vision furtive du bleu infini puis sentit son estomac se contracter et ses genoux faiblir. Il commença à tomber et fut enfermé dans la prise de deux mains solides sur ses épaules. Une fois de plus, le contact le libéra de sa phobie du ciel, alors que sa peur du sorcier et de la punition reprenait aussitôt sa place dans son esprit. Soumis au toucher, il attendit la douleur qu'il était sûr de sentir bientôt. Au moins, le contact n'était pas peau contre peau. Au moment même où il eut cette pensée, son épaule gauche fut lâchée et la main prit son menton à la place, tournant son visage pour que son regard effrayé ne puisse plus rien voir si ce n'est des yeux noirs et froids. Comment l'homme pouvait-il supporter de le toucher? Et comment avait-il pu être si mauvais pour le mériter?

"Mr Potter. Harry."

La voix pénétra son esprit et il trembla encore quand il réalisa qu'il avait ignoré l'homme, perdu dans ses propres pensées, comme si elles avaient une quelconque valeur. La main toujours sur son épaule se resserra légèrement et Harry se força encore à rester passivement immobile. Il n'avait pas le droit de craindre. "Déso-"

"N'essayez même pas de le dire. Bon. Mr Potter, vous êtes dans une salle. Il y a un plafond au dessus de vous, mais il a été enchanté pour ressembler au ciel. J'aurais du vous prévenir de cela et je suis désolé de ne pas l'avoir fait," ajouta-t-il aigrement.

Des yeux verts s'écarquillèrent silencieusement de choc et de peur. Qu'était-il sensé faire quand quelqu'un lui demandait pardon? Il ne méritait pas d'excuses.

Heureusement, l'homme ne semblait pas attendre de réponse et il continua sans s'arrêter. "Fixez vos yeux sur le mur. Là-bas," ordonna-t-il, en relâchant le menton du garçon pour tendre un doigt long et fin, et il pointa un endroit assez bas sur le mur de l'autre côté de la pièce.

Harry obéit, en ne laissant pas ses yeux glisser vers le bleu éternel.

"Levez très lentement le regard le long du mur," dit le professeur à voix basse, en laissant retomber sa main tendue, l'autre restant posée légèrement sur l'épaule d'Harry, un rappel de ce qu'il lui serait fait s'il perdait encore sa concentration. "Si le mur commence à devenir imprécis ou flou, arrêtez-vous et continuez de vous concentrer sur ce point jusqu'à ce qu'il redevienne net. Très lentement. Ceci n'est pas quelque chose que vous pouvez faire en vous précipitant."

Une fois de plus, Harry obéit. Il leva le regard très doucement et s'interrompit quand sa vision s'effaça ou devint floue, attendant que la pierre ne redevienne difficilement nette. Il suivit le mur jusqu'à ce qu'il touche le plafond et commence à se courber vers l'intérieur. Il continua à le suivre des yeux jusqu'à ce qu'il se retrouve en train de fixer le centre du plafond en dôme, l'image du ciel fine et transparente juste en dessous, facile à ignorer.

"Très bien," souffla l'homme à côté de lui. "Souvenez-vous comment vous concentrer comme cela, Mr Potter. Cela vous permettra de voir le plafond de cette salle au lieu du ciel. Et aussi de voir au-delà de toute autre illusion qui a été créée sans magie supplémentaire pour empêcher aux observateurs de voir à travers elle. Si vous avez encore un problème, vous devez fixer un point en dehors de l'étendue de magie et ensuite, lentement, lever les yeux."

"Oui monsieur."

"Regardez quelque chose d'autre pendant un moment, puis relevez le regard. Essayez d'observer directement le plafond."

"Oui, monsieur." Il baissa les yeux vers ses pieds, et examina les lignes du sol en pierre pendant trois longues inspirations avant de relever la tête. Pendant un instant terrifiant, ce fut le même vide écrasant, mais presque immédiatement ses yeux se mirent au point et il se calma une fois de plus quand il retrouva le plafond.

"Parfait!"

Pendant un moment, il fut réchauffé par l'approbation qu'il pouvait déceler dans le ton. Puis il se souvint. C'était de la magie – il ne devait pas être bon. Il devait échouer. Il essaya de faire marche arrière, de ne plus être capable de voir à travers l'illusion, mais il ne réussit pas. Oncle Vernon allait être tellement en colère contre lui.

"Ceci étant fait, continuons," La voix était redevenue froide, mais au moins la main lâcha son épaule.

"Oui, monsieur," acquiesça Harry, en suivant le professeur vers la longue table qu'il y avait au bout de la pièce. Son souffle lui fut enlevé quand il vit combien de personnes y étaient assises. Tous leurs yeux se focalisèrent sur lui, et il se figea sous le poids de tous ces regards, un pied légèrement en l'air, avant de le poser prudemment et d'attendre, tendu.

Du mouvement attire son attention et il vit un grand homme aux yeux bleus pétillants et à la longue barbe blanche qui, réalisa-t-il, devait être celui qu'il avait rencontré la veille au soir, se lever de sa chaise. A présent il portait une robe d'un vert éclatant avec de petites boules jaunes filant comme des flèches à une telle vitesse que les yeux d'Harry eurent du mal à les suivre. Un grand chapeau pointu était posé sur sa tête, et son visage, maintenant qu'il pouvait bien le voir était étrange – plein de lignes et de plis.

"Je suis ravi de voir que vous avez, tous les deux, survécu à cette nuit." Dumbledore eut un petit rire, puis se calma. "En ce qui concerne l'émotion de ce matin – je suis désolé, mon garçon. Je suis tellement habitué à la magie de la Grande Salle, je crains d'avoir oublié que cela ne serait pas une agréable surprise pour toi, contrairement aux autres élèves. Je suis heureux de voir que tu as bien récupéré," ajouta-t-il, en tournant son regard avec curiosité vers le Maître des Potions quand il eut fini de parler.

"Il me semblait préférable de retarder le petit-déjeuner pendant un moment pour qu'il apprenne à voir à travers l'illusion," répondit le professeur Snape à la question muette.

"Ah," murmura le directeur, ses yeux parcourant la table quand la déclaration fut répondu par plusieurs exclamation de surprise, pour rester un instant sur Harry, puis, tout en pétillant, ils retournèrent sur le Maître des Potions. "En, euh, une seule leçon?"

"Apparemment oui. J'ai toujours pensé qu'on donnait trop d'importance à cette enseignement," ajouta-il, avec un sourire méprisant à un des autres professeurs assis à table. "Ceci est bien plus facile à comprendre si l'on n'est pas convaincu que cela est pratiquement impossible à faire."

"C'est une chose très compliquée -" Harry se tourna pour regarder la personne qui avait pris la parole et vit une femme aux cheveux châtain clair, ses yeux brillants couleur noisette lançant des éclairs vers le professeur Snape, à moitié levée avec ses mains appuyées contre la table.

"Voyons, professeur Mungrove," interrompit le directeur, souriant. "Le professeur Snape et vous-même pourrez débattre de cela plus tard, mais, pour le moment, nous devons nous souvenir qu'Harry n'est pas habitué à être parmi tant de gens et nous présenter calmement à lui."

La femme renifla avec irritation mais se rassit sur sa chaise sous le regard chaleureux de Dumbledore, qui se tourna vers Harry. "Nous ne nous attendons pas à ce que tu te souviennes de tout le monde d'un seul coup, Harry, mais j'ai pensé que nous devrions, au moins, faire les présentations. D'accord?"

"Oui, monsieur."

"Très bien. Ton hôte actuel, que tu connais, évidemment. Notre Maître des Potions, le professeur Snape. Et tu as rencontré Madame Pomfresh, notre talentueuse infirmière, et moi-même. Mon adjointe est aussi le professeur de Métamorphose, le professeur McGonagall." Une grande femme au visage sévère qui portait des lunettes à la monture carrée et qui avait noué ses cheveux grisonnants en chignon serré, hocha la tête vers lui avec un fin sourire.

Et puis il y eut un autre nom, un autre visage, et encore d'autres. Ils étaient tous si extraordinairement différents. Différents les uns les autres et différents des Dursley. Il y en avait un qui était à peine plus grand qu'Harry, mais manifestement adulte et il portrait une barbe presque aussi longue que celle du directeur. Un autre qui était aussi largue qu'Harry était grand et dominait toutes les personnes présentes. L'homme fondit bruyamment en larmes quand il fut présenté. Et la taille était seulement une des choses qui changeait de l'un à l'autre. Ils avaient des styles différents, leurs cheveux ou leurs yeux n'étaient pas de la même couleur, les formes de visages n'étaient jamais semblables – il n'y avait rien qui n'était pas différent, à ce qu'il pouvait voir. C'était déconcertant.

Au bout d'un long moment, le défilé d'identité prit fin et le directeur sourit au garçon. "Et bien! Voila qui est fait! Et le petit-déjeuner a été bien retardé: tu dois être affamé! Assied-toi et nous allons voir ce que nous pouvons faire pour y remédier," déclara-t-il, en tapotant le siège à coté de lui, l'invitant manifestement à s'y asseoir.

Harry se força à contourner la table, en passant à côté des professeurs ou des membres du personnel, deux d'entre eux tendirent courageusement une main comme pour le toucher avant de s'écarter brusquement. S'attendant cette fois seulement à moitié à ce qu'on le gronde, il s'installa avec précaution sur la chaise qu'on lui avait indiqué et fixa la table en bois où rien n'était posé, les tourbillons et les lignes du bois le distrayant quelque peu de tous ces regards.

"Je pense que le petit-déjeuner peut être servi," annonça Dumbledore.

Harry sursauta sur son siège quand une assiette apparut devant lui, juste sur le bois qu'il était en train d'étudier. En levant les yeux, il vit qu'un verre rempli d'un fluide orange et qu'un service en argent venaient aussi de se matérialiser. Des assortiments similaires s'étaient installés devant chaque personne présente, et de larges plats, des bols et des carafes remplis de nourritures ou de boissons s'étalaient sur la table.

Les professeurs commencèrent à se servir, et le directeur baissa les yeux vers le garçon à côté de lui, qui fixait cette abondance, immobile. "Sers-toi, mon garçon."

"Merci, monsieur. Je n'ai pas faim, monsieur."

Des yeux noirs se détournèrent brusquement, plusieurs chaises plus loin, vers la fin de la table, et le professeur Snape, en ignorant les personnes qu'il y avait entre eux, parla hargneusement, "C'est ridicule. Vous n'avez pas mangé hier soir. Bien sûr que vous avez faim."

"J'ai mangé chez moi, monsieur."

"Peu importe le festin d'adieux qu'ils vous ont donné, vous avez du le digérer à présent."

"S'il vous plaît, monsieur, je n'ai pas faim."

"Un garçon en pleine croissance?" Cette fois, la voix venait de l'autre côté du directeur et le professeur Snape retourna à son propre repas alors que Madame Pomfresh entrait dans la bataille. "Tu te souviens de ce que je t'ai dit à propos du manqué d'appétit, Harry? J'ai bien peur que tu ne doives manger même si tu n'as pas vraiment faim. Au fur et à mesure que ton sang retrouvera son équilibre, tu trouveras cela de moins en moins désagréable."

"Oui, madame," céda-t-il, peu enthousiaste. Il prit la tranche de pain grillé posée au dessus de la pile qui était devant lui, regardant d'un air méfiant le beurre fondu qu'il y avait dessus. Il prit une petite bouchée et se força à mâcher. Il y eut un murmure à côté de lui et Harry lâcha presque son toast quand le pain fut soudain recouvert d'une épaisse couche de marmelade.

"Goûte le bacon," suggéra chaudement Dumbledore, et plusieurs morceaux flottèrent vers l'assiette de l'enfant.

"Je- Je ne préfère pas, monsieur."

"Baliverne! Nous avons le meilleur bacon ici, mon garçon, c'est un des plus grands avantages de vivre à Poudlard."

A contrecoeur, Harry prit une tranche et la mordilla. Le goût était toujours aussi incroyablement délicieux. Il n'était pas sensé manger de la nourriture qui avait ce goût. Il ne pourrait pas le supporter. Son estomac commença à se contracter quand il eut finit la première bouchée de la première tranche. Le vieil homme lui fit un signe chaleureux pour lui montrer qu'il devait continuer. Brusquement, il comprit ce qu'ils étaient en train de faire. Cela avait du sens s'il y réfléchissait – ils ne pouvaient pas le punir normalement puisqu'ils prétendaient qu'il était bon. Donc, à la place, ils lui donnaient des choses qui, s'il était vraiment bon ne lui ferait pas de mal, mais, étant ce qu'il était, le rendaient malade. Acceptant cela comme une punition, il mangea un peu plus. Une punition méritée ne devait jamais être retardée.

Il jeta un oeil à son assiette et vit qu'une autre tranche de toast avait été rajoutée à son petit monceau d'oeufs brouillés au fromage. Il ravala sa nausée mais jamais il ne se plaignit de sa punition. Tout en essayant d'occulter la nourriture, il commença à manger sans même regarder autour de lui pour voir les expressions contentes et légèrement soulagées des adultes. Il ingurgita environ la moitié d'une montagne de nourriture avant de sentir qu'il ne pourrait bientôt plus le supporter. Ce genre de chose n'était pas bien du tout, mais le faire en réponse à une punition était un acte d'insolence impardonnable.

"Monsieur?" Il se tourna vers Dumbledore, puisque c'était lui qui lui avait donné cette punition.

"Oui, Harry?"

"Je suis désolé, puis-je aller aux toilettes?"

"Oui, bien sûr, mon garçon."

"Merci, monsieur," il se leva, et hésita. "Où sont-ils, monsieur?"

"Passe la porte par laquelle tu es venu, tournes à droite, et c'est la première porte sur la gauche. Veux-tu que quelqu'un te montre?"

"Non, monsieur. Merci, monsieur."

"Très bien. Reviens quand tu as fini et nous parlerons de ce que tu feras pendant les prochains jours."

"Oui, monsieur." Tout en cachant le plus possible ce qu'il ressentait, Harry contourna la table, sortit de la Grande Salle, et suivit les instructions vers les toilettes. Ses punitions étaient pour son bien, donc tout sentiment de gêne qu'elles pouvaient lui donner devait être gardé pour lui-même, et non infligé aux autres. Les partager indiquait qu'il cherchait de la compassion, ce qui était seulement approprié s'il n'avait pas mérité sa correction. Par ailleurs, montrer qu'il était malade ou qu'il avait mal était de la pure insolence. L'insolence était mal.

Il trouva les toilettes, mais cela ne ressemblait pas du tout à ce à quoi il s'était attendu. Il y avait une rangée de lavabos d'un côté, tandis que de l'autre était fixé un alignement de portes, toutes entrouvertes, disposées très près les unes à côté des autres. Sur le mur d'en face, il y avait une rangée de choses en porcelaine ayant vaguement la forme de WC sans siège. Désespérément, il regarda à l'intérieur de la première porte et trouva, à son plus grand soulagement, des toilettes normaux. La plomberie de derrière était étrange, mais la cuvette était parfaitement ordinaire, et il se jeta à genoux devant elle. Il abandonna le combat pour garder toute la nourriture qu'il avait mangé dans son estomac, et il vomit. Même après avoir régurgité tout ce qu'il avait pu, son corps continua à avoir des haut-le-cœur de rébellion.

Enfin, se sentant faible et vidé de toute énergie, Harry put rester immobile. Pendant un long moment, épuisé, il autorisa son front à se poser contre le rebord du siège. Il plissa fortement les yeux, puis sentit des larmes s'échapper à la soudaine pression et rouler sur ses joues. Horrifié, il les effaça avec le dos de sa main. Oncle Vernon allait être tellement en colère contre lui. Il se mit doucement sur ses pieds, tout en résistant au besoin violent de s'appuyer contre le mur fin qu'il y avait sur le côté, et examina les toilettes. Ils ne ressemblaient pas à ceux de la maison, mais un bout de métal dépassait du reste, il appuya dessus expérimentalement et fut satisfait de voir de l'eau couler et nettoyer la cuvette. Il prit une profonde inspiration, effaçant toute trace d'émotion sur son visage, et sortit de la toute petite pièce pour la plus grande. Il se lava les mains, les joignit pour faire une coupe, et les remplit d'eau pour rincer sa bouche. Le goût désagréable du savon remplaça celui âcre de la bile. Il avala une gorgée d'eau, aspergea son visage rougi, et s'essuya avec sa manche. Il sécha ses mains sur son pantalon. Un coup d'oeil sur le miroir lui apprit qu'il n'avait plus aucun signe de malaise, alors il se détourna, quitta la pièce, et retourna dans la Grande Salle.

Pendant une fraction de seconde Harry se figea, affolé par la vue du ciel. Puis, sans l'avoir vraiment voulu, ses yeux se fixèrent sur un point et le grand vide s'effaça, en laissant seulement une légère fumée bleutée qui ondulait en dessous du plafond. Il inspira, furieux contre lui-même pour avoir encore utilisé de la magie, mais incapable de le regretter entièrement puisqu'il était débarrassé de cet horrible néant bleu. Silencieusement, tout en se réprimandant intérieurement, il traversa la pièce et s'arrêta devant l'énorme table, la tête baissée, attendant les ordres du directeur. Ils parlaient et riaient avant qu'il ne revienne dans la salle, mais étaient redevenus silencieux dès qu'il y était entré. Il pouvait sentir sur lui le poids de tous leurs regards alors qu'il restait debout, attendant qu'on lui dise les tâches qu'il devrait faire.

"As-tu encore faim, Harry?" La voix du professeur Dumbledore sembla forte dans le silence pesant.

"Non, monsieur," murmura-t-il, en espérant que sa punition soit terminée pour l'instant et qu'ils ne le forceraient pas à tout recommencer du début.

"Très bien. Pour le moment, il me semble préférable que tu apprennes à te repérer dans le château. Tous les nouveaux venus se perdent et étant donné ta... situation assez inhabituelle, je me doute que tu auras plus de difficultés que la plupart à te sentir à l'aise ici. Je pense que le mieux serait de te laisser simplement vagabonder comme bon te semble. Aussi, j'ai réfléchi au meilleur moyen pour te le permettre sans te mettre en danger, et j'ai mis en place plusieurs précautions qui, je pense, devraient faire l'affaire.

"D'abord, tu auras une carte. Une ligne jaune te montrera le chemin le plus facile pour aller de ton emplacement jusqu'à la Grande Salle. Une bleue te conduira à ta chambre, qui se trouve présentement dans les quartiers du professeur Snape. Si l'un d'entre nous a besoin de ta présence pour une certaine raison, la carte se mettra à produire un espèce de bruissement pour attirer ton attention et un trait violet te guidera à l'endroit où tu es demandé.

"Ensuite, je vais poser un charme sur toi qui permettra à tous les adultes ici de suivre ta trace, si besoin est.

"Et enfin, M. Rusard a accepté d'envoyer périodiquement Miss Teigne (sa chatte, si tu te souviens bien) vérifier si tu vas bien et elle ira le chercher si tu as un quelconque problème." Un homme maigre au visage furieux envoya un regard hargneux à Harry de dessous ses cheveux longs, gris et gras, une main caressant le pelage épars de sa chatte qu'il tenait sur son autre bras.

"Nous avons passé le week-end à bloquer toutes les salles ou tous les corridors dangereux, donc si tu essayes d'ouvrir une porte et que tu n'y arrives pas, ou si tu tentes de prendre un couloir et que tu ne peux pas, oublie simplement cet endroit. La carte t'avertira aussi quand tu atteindras de tels endroits, nos sécurités seront marquées en rouge pour te prévenir."

Le vieil homme fit une pause, en regardant Harry avec l'air d'attendre quelque chose, ce dernier acquiesça, "Oui, monsieur."

"Bien. Je demanderai aussi aux fantômes de garder un oeil sur toi. J'ai prévenu Peeves de te laisser tranquille. C'est notre esprit frappeur permanent, et, tu sais, il sème un peu la zizanie. Je pense qu'il est trop belliqueux pour prendre de tels avertissements à cœur bien longtemps, mais je crois qu'il te laissera seul pendant au moins une semaine ou deux. Bon. Ai-je oublié quelque chose d'important?" demanda-t-il, en parcourant la table du regard.

"Les toilettes," répondit le professeur McGonagall rapidement.

"Et la nourriture," interrompit Madame Pomfresh. "Pour l'instant, j'aimerai qu'Harry puisse se nourrir à n'importe quel moment il aura faim, au lieu des habituelles heures de repas."

"Ah, bien sûr. Alors le chemin vert te conduira aux plus proches toilettes pour hommes, et celui orange à la peinture qui s'ouvre sur la cuisine. C'est une coupe de fruit, tu dois chatouiller la poire pour pouvoir entrer. Les elfes de maison seront plus qu'heureux de te donner à manger, peu importe l'heure. Et puisque le nombre de chemins est devenu trop important, j'ajouterai aussi une légende sur la carte pour que tu puisses te repérer. Tu as tout compris?"

"Oui, monsieur," acquiesça-t-il, bien qu'il ne s'était encore jamais servi d'une carte. Il en avait vu quelques unes grâce à ses leçons avec la Tante Pétunia, dans les manuels d'histoire et de sciences de Dudley, mais il les avait très peu utilisées et apparemment ce dont on lui parlait était assez différent de ce qu'il avait vu.

"Parfait! Le temps que l'école ne recommence, j'aimerai que tu soies capable de retrouver la Grande Salle, peu importe où tu te trouves dans le château. Tu devras aussi être capable de trouver les pièces communément utilisées comme les salles de classe, mon bureau, et ta chambre – qui, bien sûr changera d'endroit la semaine prochaine," ajouta-t-il avec un sourire vers le professeur Snape, "Tu devras faire tout cela sans la carte, que je devrais t'enlever quand les étudiants reviendront. Dans, oh, trois semaines j'enlèverai les chemins pour que tu n'aies qu'un plan, sans indications, et la dernière ou avant-dernière semaine, nous te donnerons quelques épreuves de plus en plus difficiles pour nous assurer que tu as assez appris. Tu as six semaines avant le retour des élèves, ce qui, j'espère, sera amplement suffisant. A ce stade, nous devrons retirer toutes les sécurités, même si certaines resteront en place. Je suis certain que tu seras prêt à ce moment-là. Par contre, pour l'instant, je te demande de passer ton temps libre à explorer et à apprendre le plan de l'école. J'espère que cela ne sera pas une tâche trop ardue," finit-il, les yeux pétillants avec l'air d'attendre quelque chose.

"Oui, monsieur," acquiesça-t-il, en commençant à se demander si oui ou non il devait être bon à cela, puisque ce n'était pas vraiment de la magie. En fait, puisque c'était la carte qui était magique, plus il apprendrait, moins il dépendrait de la magie. Peut-être qu'il pouvait essayer faire de gros efforts? Mais tout était tellement perturbant, confus.

Pour une raison inconnue, le directeur sembla un peu surpris par sa réponse, mais, après un moment, il sourit et sortit un grand morceau de parchemin d'une de ses poches qui aurait du être bien trop petite pour contenir une telle feuille. Il fit un geste théâtral avec sa baguette et jeta plusieurs sorts sur la carte avant de la faire passer jusqu'à Harry. "Voila. Les modifications ont été ajoutées," annonça-t-il.

Harry accepta la carte magique, tout en essayant de ne pas la toucher plus que nécessaire. Ensuite on lui lança quelques sorts, et il réussit à supprimer un frisson de dégoût quand il sentit de puissantes forces tournoyer autour de lui avant de se déposer sur lui comme une couverture.

"Tu devras prendre les petit-déjeuner et les dîners dans la Grande Salle," l'informa Dumbledore chaleureusement, alors qu'il se mettait sur ses pieds. "Je crains qu'ils ne seront pas aussi calmes qu'aujourd'hui, j'ai demandé à tout le monde de ne pas t'accabler, mais ils ont apparemment compris qu'il ne fallait pas te parler du tout. Maintenant que tu as une idée de combien nous sommes, je pense que tu seras plus à l'aise, même si nous parlons tous en même temps, ce que nous semblons faire trop souvent," ajouta-t-il, en jetant en coup d'œil amusé en parcourant la table et en fixant quelques visages de façon significative. "Le professeur Snape devra t'amener pour le petit-déjeuner et la carte te guidera pour dîner. Nous n'avons pas l'habitude de nous retrouver pour déjeuner pendant l'été, donc tu pourras dévaliser les cuisines dès que tu as un petit creux." Il rengaina sa baguette, et tapa un doigt sur la table d'un air pensif. "Il y a quelque chose d'autre chose, j'en suis sûr... Ah! Une mise en garde. La carte te montrera seulement l'étage du château sur lequel tu es. Pour le moment, bien sûr, les chemins te conduiront aux escaliers nécessaires pour atteindre ta destination. Mais je veux que tu sois conscient de cela pour que tu ne t'inquiète pas si, par exemple, tu montes au sommet d'une tour et que toute l'école disparaît sur la carte."

"Oui, monsieur," acquiesça-t-il, indécis. "Merci, monsieur."

"Très bien. Amuse-toi bien, mon garçon!"

N'ayant jamais reçu d'ordres de ce genre, Harry fut légèrement interloqué, mais il réussit à sortir un incertain, "Merci, monsieur."

"Allez, vas-y," dit le directeur avec un sourire, en faisant de petits gestes avec ses mains, comme s'il essayait de chasser une mouche.

"Oui, monsieur," dit-il, en se dirigeant une fois de plus vers la sortie de la salle. Alors qu'il fermait les portes derrière lui, Harry entendit plusieurs voix se mettre parler toutes ensembles.


Et bien voilà!
Dans le chapitre 5, les explorations de Harry commencent, et ceci jusqu'à son anniversaire.
Autre chose, vous vous demandez peut-être comment Harry réussit à survivre avec une tranche de pain tous les trois quatre jours, cela sera expliqué dans un prochain chapitre (le 7ème précisément.)
Merci d'avoir lu et cela me ferait plaisir de savoir si vous avez aimé.
Nyx.