Disclamer : le monde merveilleux d'Harry Potter est l'exclusivité de cette chère JK Rowling qui a eu la générosité de nous l'offrir… !
Vous êtes adorables et m'avez encore gâtée par vos nombreux commentaires. Un énorme merci à EvelynnRogue, Perhentian (bienvenue !), Marine Demo, Manon, Zeugma412, IceQueen38, Eloïse, Luna Black1, Guest (anonyme), Malicia Malfoy, Lyra, Allersia (bienvenue à toi aussi !), Amariline, Orpheana, Ludivine, Amiral Black et Darvah (bienvenue également !).
Par contre, je ne vais avoir le temps de vous répondre individuellement ce week-end. Je pars dans quelques minutes et ne serai de retour que demain soir assez tard. Alors plutôt que de vous laisser attendre jusqu'à lundi ou mardi, je préfère publier la suite maintenant et j'espère que vous ne m'en voudrez pas.
Je vous laisse découvrir ce 4ème chapitre. Il est moins drôle que le précédent (ou que ceux à venir -_o), mais je l'aime bien quand même. J'espère que vous aussi !
Bonne lecture !
Chapitre 4
Noël venait de passer et Peter et moi avons survécu à la rencontre de nos parents respectifs. En fait, les visites se sont bien déroulées, même si je n'aurais pas voulu que l'une d'elles s'éternise davantage. Quand nous sommes revenus, la bénédiction parentale semblait nous avoir donné la permission de reconsidérer notre relation à un niveau supérieur, ce qui signifiait que j'avais quelqu'un d'autre que Pattenrond pour prendre le petit déjeuner avec moi la plupart des matins. Si, de temps en temps, j'avais la désagréable sensation qu'avec Peter nous n'échangions que des propos se rapportant au travail, j'étais capable de mettre ça de côté quand je parcourais ma liste des points importants :
Intelligent : ok
Attrayant : ok
Entente avec amis et parents : ok
En plus de ces critères, il ne semblait pas non plus être dérangé que je passe la plus grande partie de mes journées avec une plume à la main, ou a cogiter penchée sur un livre, ou que je ne sois pas une femme de ménage obsessionnelle qui lave systématiquement son verre chaque fois qu'elle a terminé de boire. Non, je pouvais être moi-même avec Peter, et il semblait m'aimer malgré mes défauts. C'était confortable.
-o-o-o-
C'est probablement à la fin de janvier que j'ai commencé à me sentir un peu coupable de ne pas avoir mentionné mon mystérieux correspondant à Peter. PM et moi avions continué à nous écrire tous les jours -du moins ceux travaillés-, et maintenant je lui disais des choses que je n'avais dites à personne d'autre. Des choses stupides, la plupart du temps, et souvent il se moquait de moi, mais c'était exactement le genre de sujets que Peter et moi n'avions jamais abordés.
D'une certaine manière, ça me donnait l'impression de faire quelque chose d'interdit. Il n'y avait jamais eu le moindre souffle de romance entre PM et moi. Il avait connu l'existence de Peter dès la première lettre, bien sûr, et n'a même jamais fait d'allusions inappropriées. Plus encore, il y avait une intimité entre nous que je n'avais encore jamais ressentie avec quelqu'un d'autre auparavant. C'était une complicité étrange, construite sur des bribes personnelles apparemment sans signification qui, quand elles étaient reliées entre elles et placées dans leur contexte, n'étaient pas dénuées de sens du tout. Je savais qu'il avait apprécié les vacances sur la côte quand il était enfant et qu'il avait horreur du brocoli sous toutes ses formes. Il savait que j'avais une faiblesse secrète pour la crème glacée au chocolat avec des pépites et prenais de longs bains après une journée particulièrement stressante.
De : sparky. uk
Pour : pm. uk
Date : 22 janvier 2004
Objet : Le magicien d'Oz
Avez-vous vu le film moldu "Le Magicien d'Oz ?" Je suis d'origine moldue et je le regardais chaque année lorsque j'étais enfant, mais j'ai toujours été terrifiée par la méchante sorcière de l'Ouest avec ses griffes, son caquètement et sa bande de singes volants. Ma mère avait l'habitude de me tenir la main tout au long du film. Quoi qu'il en soit, il était diffusé la nuit dernière, j'en ai regardé une partie et j'ai ri. Je ne peux pas croire que j'ai pu penser un jour que les sorcières étaient vraiment comme ça. Inutile de dire que je n'ai plus peur, aujourd'hui. Si les singes volants viennent s'en prendre à moi, j'ai l'intention de transformer chacun d'entre eux en souris et de les donner en nourriture à mon chat.
En parlant de mon chat, avez-vous des animaux domestiques ? Je n'ai jamais pensé à vous le demander.
De : pm. uk
Pour : sparky. uk
Date : 23 janvier 2004
Objet : RE: Le magicien d'Oz
Non, je n'ai pas vu "Le Magicien d'Oz". J'ai été élevé dans une famille sorcière et nous n'avions pas besoin d'aller au cinéma pour voir des images bouger. Cependant, j'ai entendu parler du film et me souviens vaguement d'avoir appris dans l'Histoire de la Magie qu'il contient un certain nombre d'inexactitudes grossières au sujet des sorcières et des sorciers. Cela dit, la «méchante sorcière de l'Ouest» dont vous parlez ressemble étrangement à l'une de mes collègues, alors peut-être que le film n'est pas aussi tiré par les cheveux que vous voudriez le penser. A propos, je suis heureux d'apprendre que vous avez un plan d'urgence au cas où des singes volants se matérialiseraient soudainement.
Et non, je n'ai pas d'animal de compagnie. Les quelques chats que je fréquente régulièrement n'ont rien fait pour me convaincre que l'acquisition de l'un d'eux serait une expérience agréable. Sans vouloir vous choquer, je serais plus enclin à les donner en nourrir aux singes, plutôt que l'inverse.
Nous avons continué sur cette voie, échangeant des bribes de nos vies et, finalement, je ne pouvais plus prétendre que l'homme mystérieux n'avait pas d'importance. Je ressentais un frisson de plaisir chaque fois que son adresse apparaissait dans ma boîte de réception, et j'ai souvent souri tout au long de ses messages. Certains jours, nous correspondions cinq ou six fois, et je me suis retrouvée en train de me précipiter du laboratoire à mon bureau presque toutes les heures, juste pour voir si j'avais un courrier. Non, il était impossible de prétendre que cela n'avait pas d'importance, mais je me déchargeais de toute culpabilité et me convainquais que tout ça était bien innocent et qu'il n'y avait aucune raison d'en parler à Peter.
Au bureau, nous étions finalement libérés du projet informatique et tout le monde, sauf Peter, consacrait maintenant son énergie à d'autres sujets. Bryce et Amy travaillaient dur pour développer un nouveau type d'encre qui pouvait être ensorcelée de sorte qu'elle ne soit visible que par certains destinataires désignés, et Joyce et moi travaillions à modifier un sort d'invisibilité compliqué pour que sorciers et sorcières de capacité moyenne soient capables de l'utiliser. Ce sont les genres de projets pour lesquels notre département a été créé, mais après les efforts massifs pour mettre le Ministère en réseau, ils me semblaient un peu ennuyeux, et j'ai constaté que je n'appréciais pas mon travail autant que jadis.
Nous étions à la mi-avril, j'étais en proie à ce marasme professionnel lorsque j'ai reçu un hibou du professeur Dumbledore. Apparemment, il faisait partie des sorciers qui n'avaient pas compris la commodité du courrier électronique. D'une certaine manière, je n'en étais pas été surprise.
Ma Chère Mademoiselle Granger,
Ce n'est pas encore rendu publique mais le professeur Flitwick m'a fait savoir qu'il prendrait sa retraite à la fin de cette année.
Je m'adresse à vous dans l'espoir que vous pourriez porter un intérêt à son poste laissé vacant après son départ. Je sais que vous vous êtes fait un nom au Ministère de la Magie et je comprendrais certainement que vous préfériez y rester.
S'il vous plaît, donnez-vous le temps de la réflexion à la proposition d'enseigner les sortilèges et, si vous êtes intéressée, j'aimerais que vous nous rendiez visite ici à Poudlard afin que nous puissions en discuter davantage.
Cordialement,
Albus Dumbledore
Directeur de l'Ecole de sorcellerie de Poudlard
Je lus deux fois le parchemin et réalisais alors que mes mains tremblaient légèrement ; je le posais sur mon bureau. Un professeur... ! Un professeur à Poudlard ! Je n'avais même jamais pensé à une telle éventualité, en partie parce qu'il me semblait que les enseignants là-bas y seraient pour toujours. Même le poste de Défense Contre les Forces du Mal avait été tenu pendant des années par le professeur Callahan, un ancien Auror qui avait pris ses fonctions juste après la fin de la guerre.
Mais enseigner les sortilèges à Poudlard...
Eh bien, j'ai laissé mon esprit vagabonder à cette pensée pendant un moment, m'imaginant dans ma bibliothèque bien-aimée encore une fois, observant les jeunes première année se concentrer et feuilleter les pages des grimoires comme je l'avais fait moi-même. Je repensais au château, ce mastodonte royal et majestueux de pierres anciennes avec ses fantômes, ses portraits et ses escaliers mouvants. Je réalisais que, bien que j'en sois partie depuis des années, il y avait une partie sentimentale de moi qui pensait encore à Poudlard comme si c'était ma propre maison.
Mais…
La liste des "mais" était vraiment très longue. Mon travail, pour commencer. Le Ministre m'avait permis de créer mon propre département. Est-ce que je pourrais vraiment m'en éloigner ? Et puis il y avait mon personnel ; des collaborateurs que j'avais embauchés et avec qui j'avais travaillé pendant des années. Et bien sûr, Peter. J'étais amoureuse de Peter, n'est-ce pas ? Tous ces points étaient de bonnes raisons de rester. Harry et Ron aussi, même si je ne les voyais pas souvent. Mais j'avais des amis à Londres - des gens de mon âge.
Poudlard était un monde à part. Il n'y avait pas de fantaisie, je me retrouverais juste là, avec seulement les enseignants -ces mêmes enseignants qui semblaient apparemment être là pour toujours- et les étudiants, qui évidemment ne pouvaient pas devenir mes amis, malgré toute l'affection que je pourrais leur porter.
J'étais décidée à contacter le professeur Dumbledore et décliner son offre puis, une heure plus tard, j'ai changé d'avis et j'ai préféré accepter l'entrevue qu'il me proposait. Ça s'est passé comme ça toute la journée, et je suis restée distraite jusqu'à ce que Bryce me jette enfin hors du labo. « Sors d'ici, Sparky, tu te comportes comme une menace, aujourd'hui », avait-il plaisanté.
Il avait raison. J'enchaînais les erreurs idiotes. Je suis allée me réfugier dans mon bureau et, sur un coup de tête, j'ai ouvert ma boîte mail et cherché une opinion impartiale.
De : sparky. uk
Pour : pm. uk
Date : 9 avril 2004
Objet : J'ai besoin de conseils...
J'ai besoin de conseils et je ne sais pas à qui m'adresser. Il m'est même difficile de me tourner vers vous, du moins sans renoncer à cet anonymat que nous avons tacitement accepté, mais je vais essayer parce que j'ai vraiment besoin d'une opinion impartiale.
Fondamentalement, la situation est la suivante : actuellement, j'occupe un bon poste. C'est particulièrement inespéré compte tenu de mon âge et de mon expérience, et je pense que ma carrière au sein du Ministère est prometteuse. Mais j'ai reçu une autre offre d'emploi qui est vraiment tentante pour beaucoup de raisons, seulement la plupart sont sentimentales plutôt que pratiques. Cela me ramènerait dans un lieu dont je me souviens très affectueusement et, même si j'apprécie ma situation ici au Ministère, je ne regarde vraiment pas l'endroit avec tendresse. Ce n'est qu'un emploi. Je sais que ce n'est pas grand-chose, mais qu'en pensez-vous ? Devrais-je seulement envisager de quitter Londres ? Cela signifierait laisser beaucoup d'amis derrière moi, y compris mon petit ami. C'est l'une des raisons pour lesquelles je ne peux pas lui demander son avis. Je sais qu'il serait malheureux d'apprendre que j'ai pu ne serait-ce qu'envisager cette possibilité.
Je ne sais plus quoi penser alors je vais m'arrêter là. J'apprécierais votre conseil, si vous accepter de me donner votre avis.
Ce fut un peu plus d'une heure après que j'ai reçu une réponse.
De : pm. uk
Pour : sparky. uk
Date : 9 avril 2004
Objet : RE: J'ai besoin de conseils...
Hmmm. Sentiment vs pratique..., et c'est à moi que vous posez la question ?
Normalement, j'évite le sentiment à tout prix -un fait qui ne vous aura pas échappé-. Cependant, votre lettre m'a forcé à reconnaître que j'ai pris la décision de rester dans ma position actuelle elle-même basée sur le sentiment.
Il y a plusieurs années -à la fin de la guerre, pour être précis- les raisons pour lesquelles j'avais pris mes fonctions ont cessé d'exister et j'étais, pour la première fois depuis des années, libre d'aller faire autre chose. Si vous pardonnez mon impudeur, je suis qualifié pour un certain nombre de postes qui seraient plus lucratifs et plus en vue que celui que j'occupe actuellement. Cependant, j'ai décidé de rester là où je suis, non pas parce que je suis le plus compétent dans mon domaine, mais parce que pendant une période de ma vie où je n'avais nulle part où aller, des gens m'ont accueilli, soutenu et toléré alors que mon comportement lui-même était intolérable. En bref, ils sont devenus comme une famille, si vous me pardonnez ce moment de sentimentalité nauséabonde. Comme je n'ai personne d'autre, c'est là que j'ai choisi de rester.
Cependant, nos situations sont différentes. Vous avez des amis et de la famille à Londres, et il semble que vous les laisseriez derrière vous si vous acceptiez cette nouvelle opportunité. Cela revient à des priorités personnelles et c'est quelque chose que vous seule pouvez décider. Je vous conseille d'essayer d'en savoir un peu plus sur le nouveau poste, puis de prendre votre décision en conséquence.
Je doute vous avoir été d'une grande aide mais je vous souhaite bonne chance dans votre réflexion.
J'ai lu le message, et c'est alors que j'ai su.
Je savais, mais ne voulais l'admettre. Je m'étais trituré les méninges et essayé d'enfouir l'information profondément dans mon subconscient où tout était pourtant clair depuis le début. Mon esprit logique avait formé une image mentale très nette de mon mystérieux correspondant. C'est drôle comme on peut réussir à faire cela en se basant uniquement sur des lettres. J'imaginais un homme un peu plus âgé que moi. Un bureaucrate sans visage attaché à un poste du Ministère. J'avais commencé par cette supposition -que cet homme travaillait quelque part à proximité- et cela avait coloré notre correspondance, influençant la façon dont je lisais chaque message et interprétais chaque «indice» de l'identité de ce mystérieux inconnu. Mais il était difficile pour moi de concilier mentalement le bureaucrate avec l'image d'un homme orphelin de la vie, n'ayant nulle part où aller, faisant de son département ministériel sa «famille». C'était possible, je suppose, mais cela m'avait semblé improbable.
Je réalisais alors que le ton de son message avait suggéré que lui et moi étions dans des endroits différents, ne travaillant pas du tout dans le même bâtiment. "Vous avez des amis et de la famille là-bas..." avait-il dit. "C'est là que j'ai choisi de rester...". Rien dans le message ne m'avait définitivement découragée, mais une alarme avait été déclenchée, et tout à coup les indices qu'il m'avait donnés devenaient parfaitement compréhensibles.
En relisant le message, la voix que je lui avais attribuée mentalement semblait tout à coup différente, mais familière. C'était une voix que j'avais connue sinistre, elle m'avait traitée de fille stupide, avait été cruelle avec moi et pire encore avec mes amis. La voix dans ma tête était aussi basse et soyeuse que jamais mais, maintenant, au lieu de paraître sinistre, elle me semblait intime et confessionnelle, m'apaisant comme une caresse. Le bureaucrate sans visage de mon imagination cédait peu à peu la place à un homme tourmenté à la peau cireuse, aux joues décharnées, et aux yeux noirs scintillants. Cela aurait dû être effrayant étant donné mes expériences passées avec lui, mais les mois de notre correspondance m'avaient permis d'apprendre à le connaître et, au lieu d'en avoir peur, je ressentais les prémices de la sympathie... et de quelque chose d'autre.
Non.
Ce n'était pas possible. Assurément, personne ne devrait avoir à affronter autant de réalités dans une journée de travail par ailleurs normale. Il était tout simplement inconcevable que j'aie des... sentiments pour... Severus Rogue, mon maître des potions autrefois méprisé.
Maître des potions : PM (Ndt : "potions master", en anglais, vous l'aurez compris !)
Merde.
J'avais vraiment été une idiote. J'avais reçu le premier message de PM le jour avant que j'apprenne que Poudlard avait été connecté au réseau. Comment était-il possible que je n'ai jamais pensé que mon correspondant électronique pouvait être à Poudlard ? Ou avais-je simplement refusé de me l'avouer ?
Plus précisément, maintenant que j'avais eu cette révélation extrêmement inconfortable, qu'allais-je faire à ce sujet ?
De : sparky. uk
Pour : pm. uk
Date : 9 avril 2004
Objet : Merci
Merci pour votre réponse. Elle est bien plus éclairante que vous ne pouvez l'imaginer. J'ai l'intention de suivre votre conseil et j'ai déjà pris des dispositions pour rencontrer l'homme qui m'a proposé le poste, demain. Je vous ferai savoir quelle sera ma décision, bien sûr, mais à cet instant, je penche plutôt pour le sentiment.
J'ai envoyé le message suivre son chemin et ai ensuite tourné mon esprit vers le prochain problème. J'avais pris un jour de congé pour rencontrer Dumbledore, donc j'allais devoir le dire à Peter. Je n'attendais rien de bon de notre conversation.
Cette nuit-là, nous avons dîné ensemble chez moi. C'était pratiquement devenu notre «chez nous» compte tenu du temps qu'y passait Peter. Il m'a fallu attendre le dessert pour me détendre un peu, puis j'ai finalement abordé le sujet en prenant soin de paraître aussi décontractée que possible.
- J'ai reçu un hibou d'Albus Dumbledore aujourd'hui.
- Vraiment ? Il a un problème avec les ordinateurs ?
J'ai souri à cette remarque.
- Je n'en ai aucune idée, il n'a rien dit à ce sujet mais je doute qu'il s'en serve assez pour le savoir.
- Tu as probablement raison. Je ne peux pas apprendre à un vieux chien à faire de nouveaux tours, tu vois ce que je veux dire.
- Je ne crois pas qu'il apprécierait d'être comparé à un "vieux chien".
Je ris à cette pensée.
- Eh bien, je ne le ferais sûrement pas si je l'avais en face de moi, acquiesça Peter. Alors, qu'est-ce qu'il voulait ?
- Hum, il veut me proposer un emploi.
- Vraiment ? C'est un compliment, quel genre d'emploi ?
- Les Sortilèges, le professeur Flitwick prend sa retraite.
- Wow, difficile d'imaginer Poudlard sans lui, il est là depuis toujours ! s'exclama Peter. Alors, tu t'en es débarrassée facilement ?
- Euh, non. En fait, je vais le voir demain pour en savoir plus.
Peter me regarda fixement et posa sa glace.
- Je suppose que tu plaisantes.
J'ai levé un sourcil vers lui.
- Non, dis-je lentement. Je ne plaisante pas du tout... Ca sonne comme si je plaisantais ?
- Hermione.
Peter leva les yeux au ciel et, pendant une seconde je me suis retenue de le gifler. J'étais livide et je savais très bien pourquoi. Oui, Peter était un connard condescendant. Pour lui, il n'était même pas question d'y penser, un peu comme je l'avais fait moi-même quand j'ai reçu la chouette de Dumbledore pour la première fois. M'enfouir à Poudlard serait un suicide professionnel, j'en étais consciente. Mais c'était ma décision et, depuis quelques temps, j'en prenais de moins en moins par moi-même. Soudainement, je me sentais étouffée par le fait que la brosse à dents de Peter était dans ma salle de bains et que ses robes de rechange étaient dans mon placard. Quand, exactement, était-ce arrivé ? Avions-nous réellement décidé quelque chose, ou cela s'était passé si progressivement que nous avons tous deux supposé que c'était la direction dans laquelle nous devions aller ? Quoi qu'il en soit, ça ne me semblait pas du tout naturel.
Je me décidais à prendre la parole d'un ton mordant.
- Peter, s'il te plaît, ne me parles pas comme si j'étais une enfant incapable de prendre mes propres décisions. Je vais simplement me renseigner sur l'offre du Directeur et une fois que j'aurai tous les détails, je ferai mon choix.
- Tu vas accepter, dit-il d'un ton cassant. Et moi, est-ce que j'ai mon mot à dire ?
- J'aurais pensé que tu voudrais que je choisisse ce qui me rendrait la plus heureuse.
Ok, c'était un coup bas, mais il l'avait cherché.
- Pas quand ça veut dire déménager en Ecosse, ou n'avais-tu pas pensé à ça ?
- Non, Peter, répondis-je sur le même ton. Tu sembles être convaincu que je suis tout à coup devenue complètement idiote, mais j'ai réussi à me rappeler que Poudlard est situé en Ecosse. Toi, par contre, tu sembles oublier que nous sommes des sorciers. Tu pourrais transplaner à Pré-au-Lard en cinq secondes et tu réagis comme si je m'attendais à ce que tu fasses le trajet à pieds.
- Allons, Hermione, tu ne peux pas vraiment croire que les choses resteront en l'état. N'as-tu jamais réfléchi au fait que pas un seul membre de l'équipe de Poudlard ne soit marié ? Tu ne penses pas qu'il y a une raison ? J'y ai passé une semaine en novembre et j'ai cru mourir d'ennui. Le plus jeune résident qui ne fait pas partie des étudiants est Rogue, et tu n'as certainement pas envie de traîner avec lui.
Bon, c'était un tir bien ciblé, même si Peter n'avait aucun moyen de le savoir. Je n'allais pas l'admettre, bien sûr. Faire cela, c'est avouer..., eh bien, tout ! Et j'avais assez de mal à digérer "tout" moi-même. Il n'y avait tout simplement aucun moyen d'expliquer correctement à Peter que Rogue était en grande partie la raison pour laquelle j'allais à Poudlard le lendemain. Je voulais en savoir plus sur le poste, mais je voulais aussi savoir si la facilité avec laquelle Rogue et moi communiquions par e-mail depuis des mois se traduirait par une conversation aussi évidente en face-à-face.
- Peter, c'est ridicule de s'inquiéter à ce sujet pour l'instant. Je n'ai même pas encore rencontré le professeur Dumbledore.
J'essayais de paraître calme, mais apparemment ça ne fonctionnait pas.
- Tu as perdu la tête ! s'est-il emporté. Quitter le Ministère pour Poudlard serait la plus grande erreur de ta vie, tu serais vraiment une imbécile de même l'envisager.
Il y a certaines choses que l'on ne devait tout simplement pas me dire, et me traiter "d'imbécile" fait définitivement partie de cette catégorie. Peter ne le savait pas, bien sûr, parce que Peter ne me connaissait pas du tout, et soudain, c'était parfaitement clair. J'étais tellement en colère que c'était vraiment difficile de formuler des mots et, quand j'ai repris la parole, c'était d'une voix à peine plus basse qu'un murmure.
- Tu viens de me traiter d'imbécile ?
- Tu vois très bien ce que je veux dire, Hermione. Bien sûr que tu n'es pas une imbécile, mais je ne peux tout simplement pas m'imaginer que tu consacres le reste de ta vie à ça.
- Peter, je ne pense pas que ça va marcher, dis-je lentement.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
J'ai désigné l'appartement d'un geste ample de la main.
- Tout..., nous...
- Tu es en train de rompre avec moi, Hermione c'est...
Il s'interrompit juste à temps. Apparemment, il avait retenu la leçon sur les mots à éviter, mais le sous-entendu était parfaitement clair. Maintenant, j'étais à la fois une imbécile et une folle.
- Laisse-moi te demander quelque chose, Peter. Quelle est ma couleur préférée ?
- Quoi ?
- Quelles sont mes vacances préférées ? Qu'est-ce que ma mère me prépare toujours pour dîner chaque année le jour de mon anniversaire ? Comment est-ce que je me suis cassé le bras quand j'avais sept ans ?
Peter avait l'air d'être prêt à me sauter dessus et m'emmener de force à Ste Mangouste.
- Comment pourrais-je le savoir ? Tu ne m'as jamais rien dit de tout ça.
- Et tu n'as jamais cherché à le savoir, répondis-je tristement. Tout ce dont nous parlons, ce sont des ordinateurs, du travail et..., eh bien, c'est à peu près tout.
- C'est ce qu'on appelle un intérêt commun, Hermione. La plupart des couples pensent que c'est une bonne chose.
- Je suis désolée, ce n'est pas assez pour moi.
- Je ne peux pas croire que tu sois réellement sérieuse.
Il avait l'air abasourdi et un peu en colère, mais pas, pensais-je, terriblement navré. Je ne me sentais pas vexée le moins du monde, et cela, plus que tout, me disait que j'étais sur la bonne voie.
- Je suis sérieuse, dis-je. Je pense que tu devrais y aller maintenant.
Son visage devint plutôt désagréable à cet instant.
- Qu'en est-il du travail ?
- Eh bien quoi, le travail ?
- Tu es mon chef, est-ce que ça veut dire que je n'ai plus de boulot ?
J'étais stupéfaite. Outrée. Pensait-il vraiment que je le licencierais... ?
- Je ne peux pas croire que tu puisses me suggérer une telle chose. Tu penses vraiment que je serais capable de faire ça ?
- Apparemment non, fit-il d'un ton sec. Apparemment, je ne te connais pas du tout.
Il commença alors à rassembler ses affaires, se déplaçant de manière erratique à travers l'appartement et attrapant un objet après l'autre. Puis finalement, repartant sans dire un mot, claquant la porte derrière lui.
Je me suis assise sur le canapé pendant quelques instants, laissant le silence de l'appartement me vider l'esprit. J'ai repéré une rose dans un vase ; Peter me l'avait offerte deux jours auparavant. Elle semblait un peu fanée maintenant, ce qui semblait tout à fait approprié vu les circonstances. Et pourtant, il manquait encore quelque chose... J'attrapais ma baguette et, une seconde plus tard, la rose était toute tachée de noir.
Là. C'était mieux.
Je souriais un peu à ma propre bêtise, puis je suis allée prendre un bain, décidant que la journée avait été plus que suffisamment stressante pour que ce soit justifié. Alors que je m'enfouissais sous la mousse, tout ce à quoi je pensais c'était combien j'étais ravie d'aller à Poudlard le lendemain.
Je n'ose pas commenter le chapitre suivant, comme je le fais généralement. Il est…, non, vous verrez ça la semaine prochaine !
Bises
Volderine
