Avertissement : Là encore rien de très sexuel... et pour que vous ne cherchiez pas inutilement, il n'y aura pas de lemon dans cette fic... ni de violence.
Bonne lecture.
Yzan & Lili
~Une semaine d'enfer : Seconde partie.~
Assis devant sa tasse de thé, Sasuke retint une grimace douloureuse en gigotant sur son fauteuil. La veille au soir, après s'être littéralement empiffré de Macdo, il avait subit les assauts de son majordome personnel. Il n'avait pas été contre, bien au contraire, mais il lui avait bien semblé protester à un moment donné contre le fait d'être encore une fois receveur, et que selon leur accord ils devaient alterner les rôles.
Il était absolument certain d'avoir protesté. Sûr et certain. Alors pourquoi, oui pourquoi était-ce lui qui avait du mal à s'asseoir ce matin ? Il se promit que la prochaine fois, il ne se laisserait pas distraire par les attentions de son amant, bien trop doué pour son propre bien, ou du moins pour le bien de son postérieur. Deux fois ! Pire, deux fois de suite qu'il se retrouvait dans cette situation. C'était au moins une fois de trop !
- Ce matin tu as rendez-vous avec Karin et cet après-midi avec Konan, annonça tranquillement Itachi assit prés de lui, inconscient des pensées de son petit frère.
Sasuke émergea un instant de ses plans pour soumettre un certain blond, et s'enquit d'une voix faussement intéressée.
- Ha. Et elles ont prévues quoi ?
Le sourire d'Itachi lui fit froid dans le dos, et sa réponse le glaça d'horreur :
- Karin a prévu une séance de photos de mode, et Konan te donne rendez-vous dans la bibliothèque. Je suis sûr que tu vas beaucoup t'amuser.
Cachant avec brio les frissons d'angoisse qui le parcourait, Sasuke demanda :
- Tu seras là ?
- Oui, le rassura Itachi. Et Naruto aussi. D'après mes sources, Karin est une fan de mode, j'ai hâte de voir ce qu'elle a prévu comme vêtements pour le shooting. C'est l'un des photographe de la production qui fera les photos. J'espère qu'on pourra les garder.
Sasuke croisa le regard amusé de son amant, alors qu'il se retenait de faire remarquer à son frère qu'il détestait être pris en photo et que donc jouer les mannequins même pour quelques heures ne l'amusait pas du tout.
Environ une heure plus tard, il poussa la porte de la salle de musique où il devait retrouver sa prétendante.
- Sasukeeeee !
Il n'avait pas mis un orteil dans la pièce qu'il était déjà attaqué par une furie rousse qui se pendit à son cou en braillant dans ses oreilles. Il eut toute les peines du monde à se retenir de l'envoyer voler à travers la pièce. Heureusement, ce matin il avait pu faire son entraînement de capoeira, ce qui lui permettrait de garder son calme et son self-control... durant quelques heures.
Enfin quelques heures... il avait été optimiste sur ce coup là et il avait clairement sous-estimé son adversaire. Karin n'avait pas cessé de babiller, s'extasiant à chaque tenue qu'il enfilait (contraint et forcé), à chaque pose qu'il prenait (avec toute la mauvaise volonté du monde), et manquant s'évanouir à chaque flash émit par l'appareil photo du photographe. Et cela dura trois longues et interminables heures.
Déjà les vêtements que lui avait choisi la jeune femme ne correspondaient en rien à ses goûts. Avait-il la tête d'un mec qui se trimballait en pantalon de cuir rouge ultra-moulant ? Ou d'aimer les jeans tellement troués qu'ils ne laissaient aucune place à l'imagination ? Lui aimait les vêtements classes et confortables, pas les fripes bonnes à mettre à la poubelle. Mais sous l'oeil acéré de son aîné, il prit son mal en patience.
Quand le photographe lui lança : "Vas-y ! Donne-moi tout ce que tu as ! Fais l'amour à la caméra !" Sasuke eu l'horrible impression de se retrouver dans un mauvais film porno. Même les regards brûlants de désir de Naruto ne réussirent pas à le détendre un tant soit peu. Sa prétendante le couvait d'un air pervers et il craignait plus que tout d'être littéralement violé par la jeune femme et le photographe réunis s'il baissait sa garde.
L'entretien en tête-à-tête qui suivit cette séance de pure torture ne fut guère plus enrichissant. Karin passa tout son temps à le toucher partout où elle pouvait et à essayer de l'embrasser. Heureusement pour lui, il avait de la pratique dans l'esquive de ce genre d'attaques, même si la demoiselle était particulièrement vicieuse, il devait bien le reconnaître. Ce fut avec un profond soulagement qu'il prit enfin congé de sa prétendante pour retrouver son frère pour déjeuner.
Mais alors qu'il se dirigeait d'un pas rapide vers leur suite, deux bras le saisirent brusquement par derrière et il se retrouva projeté contre le mur. Sasuke ouvrit la bouche pour protester quand une voix chaude lui souffla à l'oreille :
- Chut ! On risque de t'entendre.
A peine eut-il le temps de reconnaître Naruto qu'une main inquisitrice vint se poser sur son entrejambe.
- Qu'est-ce que tu fais ? Chuchota-t-il en tentant de se défaire de la prise de son amant.
- C'est ta faute, marmonna celui-ci. Tu m'as allumé comme c'est pas permis avec tes tenues affriolantes et tes airs de sainte-nitouche effarouchée.
- Mes airs de...
La fin de sa phrase mourut dans un gémissement indécent, l'une des mains de Naruto étant venue lui pincer violemment un téton, zone sensible chez lui. Littéralement écrasé entre le mur et le corps chaud et musclé de son majordome, il n'eut que le temps de penser à ce qu'il s'était promis, ne plus être le receveur dans leur relation, avant de sentir un doigt inquisiteur venir titiller son intimité.
Quand Sasuke pénétra dans sa suite, Itachi l'attendait, déjà installé à la table, son ordinateur devant lui, ses lunettes sur le nez et marmonnant vaguement devant son écran.
- Ah ! s'exclama celui-ci en le voyant entrer. Alors, comment c'était cet entretien ?
- Épuisant, souffla le bachelor en se laissant tomber sur une chaise, non sans grimacer légèrement.
- En tout cas, j'ai vu les photos. Elles sont superbes ! En plus le producteur est d'accord pour que j'en garde un exemplaire de chaque.
L'enthousiasme de son frère lui fit lever les yeux au ciel, et il le laissa déblatérer sur le bon goût de Karin et sa formidable énergie. Itachi ne s'interrompit même pas quand Naruto vint leur servir le repas, manquant de ce fait les légères rougeurs qui envahirent les joues pâles de son cadet, et le regard furieux qu'il lança à l'employé de maison goguenard. Pas une seule seconde Itachi n'imagina que le léger retard de son frère pouvait être dû à autre chose qu'une affinité particulière avec la prétendante de ce matin. Et surtout pas à cause d'une brève, mais sauvage, étreinte dans le renfoncement d'une porte avec le majordome.
De son côté, bien décidé à faire comprendre à son amant que cette fois il avait été trop loin (le prendre "entre deux portes", franchement !) et qu'il tenait à l'inversion des rôles, Sasuke bouda le jeune homme blond tout le repas durant, et refusa tout net qu'il l'accompagne à son rendez-vous de l'après-midi.
- Je n'ai pas besoin de deux chaperons, argua-t-il à l'attention de son aîné. Toi seul suffit amplement.
Ce fut donc seulement flanqué d'Itachi que Sasuke se présenta à la bibliothèque où l'attendait Konan. La jeune femme de vingt-six ans aux cheveux bleus était élégamment assise dans un fauteuil victorien se mariant à la perfection avec le décor antique de la pièce. Après avoir poliment salué sa prétendante, il prit place dans le fauteuil face à elle, et avec un sourire affable, celui qu'il réservait pour ses collègues de bureau, il entama la conversation.
- Il parait que tu aimes la littérature et la poésie ?
- Oh oui ! répondit Konan. J'adore !
- Et quel est ton livre préféré ?
- C'est difficile à dire, mais je dirai Le journal de Bridget Jones.
Surpris par ce choix, Sasuke leva un sourcil et avoua qu'il ne l'avait jamais lu.
S'il avait su à quoi il s'exposait en reconnaissant son ignorance, il se serait abstenu, songea-t-il un quart d'heure plus tard. Non contente de s'offusquer, Konan s'était mise en tête de combler ses lacunes dans ce domaine précis. Depuis quinze minutes, elle lui résumait l'histoire, vantant le style de l'auteur, l'originalité de ses personnages et de son point de vue, tout en lui lisant des passages entier du livre et de sa suite, dont il ignorait jusqu'à l'existence.
Voulant couper court au laïus de sa prétendante, il souffla qu'il avait vu le film (contraint et forcé par Itachi, il tenait à le préciser). Que n'avait-il pas dit là ! Horreur et damnation ! Le film n'avait rien, RIEN !, à voir avec le livre selon Konan. Au contraire, le film était bourré de clichés sur les femmes célibataires et un peu rondes, alors que l'œuvre d'origine les évitait tous avec brio ! C'était, pour elle, comme comparer un tracteur John Deere et un McCulloch. Sasuke se garda bien de dire qu'il n'y connaissait rien non plus en matériel agricole dans l'espoir d'éviter une leçon supplémentaire.
Par il ne savait quelle étrange tournure des choses, au bout d'une heure, Konan avait réussit à passer de Bridget Jones à « Les hommes c'est comme les moissonneuses ». S'entendre comparé à une machine agricole, qu'il n'avait jamais vu qu'en photo, perturba grandement Sasuke. Surtout que la jeune femme n'y allait pas de main morte, parlant de poigne, de vitesses, de leviers divers et variés, le tout avec de grands gestes de démonstrations qui ne l'éclairait en rien mais lui faisait involontairement visualiser des images hautement dérangeantes le poussant à fermer fortement les cuisses.
Ce fut avec un réel soulagement qu'il quitta enfin la bibliothèque, non sans que la jeune femme ne lui ai fait cadeau de son exemplaire du Journal de Bridget Jones, lui assurant qu'elle l'avait en double quand il fit mine de refuser. Itachi fut ravi quand il lui fit cadeau du bouquin. Il avait assisté avec intérêt à l'entretien et sa curiosité avait été titillée. Sasuke sourit intérieurement, sachant que son aîné adorait les histoires à l'eau de rose, même s'il s'en défendait fougueusement.
Après le repas, ni allégé ni diététique pour lui (merci Kiba ! comme quoi il avait raison, c'était toujours mieux d'avoir le cuisinier dans sa poche), le bachelor décida de prendre un bon bain chaud. Il l'avait mérité après cette journée mouvementée. Oui, songea-t-il en entrant dans la pièce, un bon bain bien chaud avec plein de mousse, c'était exactement ce qu'il lui fallait. Méthodiquement, il s'assura de la température de l'eau, mit la bonde dans la baignoire, y lança des sels de bains, rajouta quelques gouttes d'huile de monoï et vida la presque totalité du flacon de bain-douche dans l'eau.
Alangui dans l'eau mousseuse, les effluves de parfums chatouillant délicatement ses narines, Sasuke se laissa aller, fermant les yeux pour profiter pleinement de son bain. Il laissa ses pensées vagabonder sur les récents événements, soupirant en repensant au jeu stupide auquel il participait à cause des lubies parfois étranges de son frère. Jusqu'à présent, il s'en était plutôt bien sorti avec ses prétendantes. Il avait esquivé avec brio les tentatives d'attouchements des plus téméraires, éliminé celles qu'il pensait les plus dangereuses, s'était fait un allié inattendu en la personne d'Haku, était en bons termes avec le cuisinier de la production et avait trouvé un amant.
Bon, ledit amant n'était pas exactement comme il l'avait imaginé, mais cela rendait le challenge plus intéressant encore. Et il serait malhonnête s'il se plaignait de ne pas être pleinement satisfait sexuellement parlant. Certes, il ne l'avouerait jamais à voix haute et nierait même sous la torture, mais là, seul avec lui-même dans un bain relaxant, il pouvait bien le reconnaître : Il prenait son pied à chaque fois... Et quel pied ! Jamais encore il n'avait pris autant de plaisir ! Et pourtant, il était loin d'être sans expériences. Bien au contraire.
Sans aller jusqu'à dire qu'il était dépravé, il avait jusqu'à présent bien profité de son physique avantageux. Il avait découvert son homosexualité à l'âge de dix-sept ans, suite à une nuit d'ivresse particulièrement étrange. Sa vie sexuelle à proprement parler n'avait réellement débuté que deux ans plus tard. Durant ces deux années, il s'était un peu cherché, allant même jusqu'à tenter une relation avec une fille et essuyant un échec cuisant.
Du début jusqu'à la fin, ça avait été une catastrophe. Autant sur le plan relationnel, il ne comprenait jamais rien à rien selon elle, que sur le plan physique. Si tenter de suivre les humeurs et les envies de sa dulcinée lui avait donné des migraines monstrueuses, la toucher et l'embrasser lui avait donné des nausées. Il avait définitivement mis un terme à leur relation quand il s'était retrouvé dans son lit, elle, nue, n'attendant plus que lui, et lui avec un pénis définitivement en berne et refusant catégoriquement de coopérer.
En six ans, il avait cumulé un certain nombre d'amants, tous ou presque d'un soir et pas plus. Seuls deux d'entre eux avaient eu le titre de petit-ami. Et encore, c'était plus faute de trouver un terme plus approprié pour décrire leurs relations qu'autre chose. Pour lui, il n'était pas question de s'engager avec qui que se soit, et il ne croyait pas au grand amour. Il attendrait qu'Itachi se soit trouvé quelqu'un pour envisager lui-même d'unir sa solitude avec celle de quelqu'un d'autre... si la solitude lui pesait, ce dont il doutait fortement.
Son mode de vie actuel lui convenait parfaitement et il comptait bien le faire perdurer encore longtemps. Vicieusement, l'image d'un certain majordome blond aux yeux bleus s'imposa dans son esprit, mais il la chassa rapidement. Sa relation avec Naruto ne durerait que le temps du jeu, point final. Après cette mascarade, il retrouverait son appartement, son boulot, ses collègues et ses amants d'un soir avec qui c'était toujours lui qui menait la danse et donnait. Et il pousserait Itachi à faire des rencontres en espérant finir par le caser, avec une jeune femme bien sous tous rapports, évidemment.
Pas question que son frère finisse dans les griffes d'une furie vénale et castratrice qui lui mangerait la laine sur le dos et l'empêcherait de s'épanouir. Sasuke fronça les sourcils en se souvenant de l'ex-petite-amie de son aîné, une certaine Kizama. Elle était complètement folle, de son point de vue, jalouse de façon maladive, manipulatrice et cupide au possible. Elle avait tout fait pour l'écarter de la vie d'Itachi, dépensant sans compter l'argent que son aîné gagnait durement et l'empêchant de voir les rares amis qu'il avait.
Heureusement, Kakashi et lui avaient réussi à ouvrir les yeux d'Itachi qui l'avait mis à la porte avec pertes et fracas, après l'avoir entendu critiquer ouvertement Sasuke. Ça n'avait pas été simple pour le jeune dirigeant de se remettre de ce qu'il considérait comme une trahison, mais à force de patience, de temps et de discussions il avait finit par remonter la pente. Depuis, il fuyait les rencontres comme la peste, au désespoir de Sasuke qui tentait parfois de lui présenter des jeunes filles parfaites selon les critères de son aîné.
Naruto entra dans la chambre de Sasuke, surpris de la trouver vide. La lumière et les effluves de parfum émanant de la salle de bain lui indiquèrent que son amant était sûrement en train de se laver. Décidé à l'attendre, son service étant officiellement fini pour aujourd'hui, il se déshabilla prestement, ne gardant que son caleçon et s'installa confortablement sur le lit. Ses pensées dérivèrent, immanquablement, vers le beau brun qui se trouvait dans la pièce mitoyenne.
Quand il avait accepté ce poste, il ne s'attendait pas à rencontrer un homme comme lui, au contraire. Il s'était mentalement préparé à devoir servir un bellâtre de pacotille, nombriliste, dragueur invétéré et hétérosexuel pur et dur. Aussi avait-il été plus qu'agréablement surpris en découvrant Sasuke. Il avait vite deviné que sous ses airs froids et orgueilleux se cachait une personnalité plus humble et plus sensible. Et plus il apprenait à le connaître, plus il l'appréciait.
Il craignait fort qu'à ce rythme il ne finisse pas tomber réellement amoureux, ce qui serait problématique. Il n'était pas assez stupide pour croire qu'à la fin du jeu Sasuke poursuivrait leur relation. Lui-même n'envisageait pas encore les choses de cette façon. Mais il sentait qu'il n'en faudrait pas beaucoup plus pour qu'il n'ait plus envie de laisser partir le bachelor de ses dames à la fin du tournage.
Un soupir lui échappa quand il se fit la remarque qu'il avait le chic pour s'enticher de mecs, et de filles, qui n'avaient clairement pas envie de s'engager. Son ex, Bee, voulait faire carrière dans le rap et l'avait plaqué sans états d'âmes après deux ans d'une relation chaotique pour aller vivre à Los Angeles où il espérait percer. Il ne lui avait même pas proposé de l'accompagner, lui laissant simplement un mot sur le frigo pour lui annoncer la fin de leur relation. Il s'était retrouvé seul, le cœur en miette, le moral à zéro avec un post-it fluo dans la main.
Heureusement, Kiba avait été là pour lui remonter le moral et le remettre sur pied. Depuis, il n'avait eu que des histoires d'un soir, garçons ou filles, peu lui importait tant que le plaisir était là, se promettant de ne plus jamais tomber amoureux avant très longtemps, quand il serait très vieux, ridé et fatigué. Mais Sasuke était différent de tous ceux qu'il avait rencontré avant, et il sentait que ses bonnes résolutions auraient du mal à tenir face au bachelor.
Alors qu'un soupir désabusé lui échappait, un hurlement strident le fit littéralement sauter hors du lit, se prenant les pieds dans les couvertures et s'étalant sans la moindre grâce sur le tapis. Un peu sonné, Naruto se releva, cherchant d'où avait pu provenir ce cri à faire pâlir d'envie toutes les Banshee de l'enfer. Tendant l'oreille, il capta des gémissements étranges venant de la salle de bain. Craignant le pire pour son amant, il courut jusqu'à la porte qu'il ouvrit à la volée en appelant ce dernier :
- Sasuke !
Naruto se figea sur le seuil de la porte, abasourdi par ce qu'il voyait. Complètement nu et trempé, Sasuke se tenait recroquevillé sur lui-même dans l'angle le plus éloigné de la porte, les deux mains sur la bouche en un bâillon de fortune et fixait de ses grands yeux noirs élargis par la peur le haut du mur sur la gauche de Naruto. La baignoire encore pleine témoignait que le jeune homme était sorti précipitamment de son bain tout autant que la mousse glissant paresseusement sur son corps pâle.
S'approchant doucement pour ne pas l'effrayer plus, le majordome rejoignit Sasuke et se pencha à sa hauteur pour lui demander :
- Sasuke ? Qu'est-ce qui se passe ?
Il avait pris soin d'adopter une voix calme et posée, bien loin de la panique qui l'habitait. Qu'est-ce qui avait pu faire peur à ce point à Sasuke ? Et pourquoi étouffait-il ses geignements entre ses mains ?
Sans lâcher des yeux le coin de mur qu'il fixait depuis le début, Sasuke écarta légèrement ses paumes de devant sa bouche et murmura si bas que Naruto dut se pencher encore plus pour l'entendre :
- Chut ! Ne parle pas si fort... Elle va t'entendre !
Voilà qui expliquait pourquoi son amant avait les mains devant sa bouche, songea le blond.
Baissant le ton, il s'enquit :
- Elle ?
Un index tremblant lui désigna le coin de mur, objet de toute l'attention du bachelor. Tournant lentement les yeux puis la tête, Naruto observa à son tour l'endroit incriminé. Il s'attendait à tout... Vu la réaction de Sasuke, cela ne pouvait être qu'une horreur à l'état pur ! Il en était persuadé !
Les sourcils froncés, l'employé de maison scruta longuement et avec attention la faïence crème qui montait jusqu'au plafond, aux aguets. Mais rien de ce qu'il vit n'expliquait la réaction du brun.
- Je ne vois rien, chuchota-t-il finalement.
- Ah !
L'exclamation étouffée ramena son attention sur son amant qui semblait bien décidé à se fondre dans le mur derrière lui, les yeux encore plus exorbités qu'auparavant.
- Elle a bougé... souffla-t-il d'une voix terrorisée.
Voyant les orbes onyx se remplir de larmes et le corps d'albâtre de son amant se mettre à trembler de plus en plus fort, Naruto se leva rapidement et s'approcha du mur, bien décidé à trouver la responsable de cette crise de panique. C'est là qu'il la vit enfin. Sagement posée à l'angle du mur, tissant tranquillement sa toile : une minuscule, insignifiante, araignée.
Tournant la tête vers sa princesse en détresse, il lança :
- C'est cette ridicule petite araignée qui te mets dans cet état ?
- Elle est énorme ! souffla Sasuke entre ses doigts.
- Elle est toute petite ! C'est pas la petite bête qui va manger la grosse, si ? se moqua gentiment Naruto.
A cet instant précis, la petit bête en question se balança sur son fil, se rapprochant ainsi du doigt tendu du blond. C'en fut trop pour Sasuke qui poussa un hurlement strident avant de se replier complètement sur lui-même, les mains au dessus de la tête pour se protéger de la terrifiante menace. Comprenant que tant que la bestiole vivrait, Sasuke serait incapable de bouger, Naruto écrasa violemment sa paume sur la faïence, tuant l'innocente araignée qui s'était trouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Question de Karma sans doute...
- Voilà, dit-il d'un ton rassurant. Elle est morte, elle ne pourra plus rien te faire.
La tête brune de son amant se releva, lui dévoilant le visage défait et les yeux humides de celui-ci. Touché par la fragilité soudaine de Sasuke, Naruto se dépêcha de le rejoindre et l'enserra dans une étreinte réconfortante.
- C'est vrai ? Elle est morte ? Tu es sûr ?
- Absolument certain !
Sasuke posa son front sur l'épaule de son majordome, soupirant de soulagement en apprenant le décès par écrasement de sa tortionnaire. Il ne supportait pas les araignées. Peu importe qu'elles soient petites ou grosses... La simple vue de leur corps velu et de leurs huit pattes lui faisait perdre tout contrôle, le plongeant dans une panique sans nom. Passant ses bras autour du torse ferme et chaud de son sauveur, il s'abandonna un court instant dans les bras protecteurs de celui-ci.
Quelques minutes plus tard, il s'était repris. Repoussant doucement Naruto, il se leva et alla précautionneusement constater de ses propres yeux la mort de la... chose. Dire qu'il était tranquillement en train de somnoler dans son bain quand cette... horreur avait surgit de nulle part, le faisant littéralement bondir hors de la baignoire pour se mettre à l'abri de ses crochets acérés. Courageusement, il chercha des yeux le cadavre de son ennemi, sa panique revenant en force quand il ne le trouva pas.
Il l'aperçut enfin et, saisissant le flacon de gel douche, il écrasa impitoyablement le cadavre de l'arachnide. Il s'acharna à achever son ennemi, encore et encore, un sourire sadique étirant ses lèvres.
- Tiens ! Prends ça ! Crève ! Saleté de bête poilue !
Naruto assista à la scène surréaliste d'un Sasuke nu, abattant plusieurs fois consécutives un flacon de gel douche sur le coin de la baignoire.
L'innocente bestiole, décédée dans de tragiques circonstances, glissa le long de la faïence blanche, atterrissant au fond de la baignoire encore pleine d'eau mousseuse. Sasuke fit un bond en arrière, un cri proche du couinement d'une souris lui échappant.
- Elle est encore vivante !
Deux bras puissants encerclèrent sa taille, le plaquant contre un torse musclé et rassurant alors qu'une voix grave soufflait à son oreille :
- Rassure toi, elle est bel et bien morte là. Tu l'as massacrée. Elle est juste tombée dans la baignoire.
Instinctivement, Sasuke fit un pas en arrière, s'éloignant du lieu du crime. Un frisson le parcourut et immédiatement, l'un des bras qui le tenait fermement le relâcha et quelques micro-secondes plus tard il se retrouva emmitouflé dans un peignoir.
- Va dans la chambre, lui conseilla Naruto. Je me charge de vider la baignoire et de nettoyer pour qu'il n'y ait pas de soucis demain, ok ?
D'un signe de tête, Sasuke acquiesça avant de sortir de la pièce pour rejoindre sa chambre, bien plus sûre pour le coup. D'un geste fébrile, il sortit son paquet de cigarettes et ouvrit la fenêtre pour s'en griller une. Il lui fallait au moins ça pour se remettre de ses émotions.
Il venait juste de refermer la fenêtre quand Naruto sortit de la salle de bain. Ce fut seulement à ce moment là que Sasuke constata que celui-ci ne portait rien d'autre que son boxer. Leurs regards se croisèrent et Sasuke détourna la tête, un peu embarrassé que ce soit son amant qui l'ait vu dans une position aussi humiliante. Jusqu'à présent, il avait toujours réussi à cacher cette faiblesse aux yeux de tous. Seul Itachi savait. Il était d'ailleurs surpris que celui-ci n'ai pas déjà rappliquer ventre à terre. Sûrement était-il plongé dans son PC avec ses écouteurs.
Il savait que c'était irrationnel, mais c'était plus fort que lui. Itachi lui avait payé des séances chez le psy pour essayer de soigner cette phobie, mais en vain. Il ignorait totalement à quoi c'était dû, ni même à quand cela remontait. C'était juste là... ancré en lui. Et ce soir, à cause d'une minuscule araignée, Naruto l'avait vu dans cet état honteux. Sasuke se tendit, se préparant mentalement aux moqueries du blond qui ne manqueraient pas de venir.
Mais celui-ci ne dit rien, se rapprochant tranquillement de lui pour simplement poser une main caressante sur sa joue.
- Ça va mieux ?
Le ton dénué de toute raillerie rassura Sasuke qui hocha doucement la tête en plongeant son regard onyx dans celui azuré de son amant.
Naruto sourit et se pencha vers le visage pâle du brun pour l'embrasser tendrement. Il avait enfin comprit ce qu'Itachi lui avait dit le premier jour de tournage quand, en énumérant la liste, il lui avait précisé que Sasuke était arachnophobe. On ne pouvait pas combattre une phobie, il était bien placé pour le savoir, lui-même ayant une peur panique des fantômes. Et puis, il trouvait ça touchant de découvrir une telle faille dans la carapace de son jules du moment.
Sans lâcher la bouche du brun, il l'amena jusqu'au lit, ses mains le caressant doucement par dessus le peignoir qu'il lui avait enfilé. Il n'avait nullement l'intention d'abuser de la situation, seulement de le réconforter, le rassurer et dormir avec lui. Mais quand Sasuke enroula fermement ses bras autour de son cou, l'entraînant avec lui dans sa chute sur le matelas, il eut bien du mal à se retenir.
Le baiser se fit plus passionné, plus sauvage, obligeant le majordome à faire appel à toute sa volonté pour ne pas arracher le vêtement qui le séparait encore du corps de son partenaire. Les jambes finement musclées qui vinrent enserrer puissamment ses hanches firent voler en éclat ses bonnes résolutions, et ce fut avec une voracité féroce qu'il entreprit de satisfaire les désirs du bel apollon qu'il devait servir.
~oOo~
Allongé sur le flanc, Naruto observa le visage aux traits détendus de son amant. Après une séance de sexe intense, Sasuke s'était endormi sans même prendre le temps de le virer hors du lit, ce dont il profitait actuellement. Du bout des doigts, il redessina le nez fin et parfaitement droit, les sourcils délicieusement arqués, s'amusant de les voir se froncer sous son toucher. Son index s'égara sur les lèvres à peine rosées, retraçant leurs contours parfaits.
Le marmonnement inintelligible qui échappa à Sasuke le fit sourire, avant qu'il ne soupire fortement et ne se tourne sur le dos pour regarder le plafond. Il était foutu... complètement foutu... Ses craintes de début de soirée étaient malheureusement confirmées : il était bel et bien tombé amoureux du bachelor de ces dames.
Quelle poisse, pensa Naruto. De tous les mecs sur terre, il avait fallu qu'il s'entiche d'un brun avec un caractère au moins aussi fort que le sien ! Leur vie de couple s'annonçait explosive. Un grognement lui échappa à cette pensée. Leur vie de couple ? Ils n'étaient même pas vraiment un couple. Juste deux amants... Et Sasuke n'était pas prêt à céder sur ce point. Même s'ils étaient exclusifs, leur relation ne durerait que le temps du jeu.
Un sourire machiavélique étira les lèvres pleines du majordome. Il ne lui restait plus qu'une chose à faire : faire en sorte que Sasuke tombe lui aussi amoureux ! De lui, évidement... Il avait déjà réussi à faire accepter le rôle de receveur au beau brun, bien que celui-ci proteste encore un peu. Il réussirait bien à le rendre complètement dingue de lui. Ce n'était pas comme s'il avait beaucoup de concurrence à l'heure actuelle. A part lui, il n'y avait que les prétendantes, et Sasuke les fuyait comme la peste.
Alors que Naruto fermait les yeux pour enfin dormir un peu avant de reprendre son service, la porte de la chambre s'ouvrit en grand, le faisant violemment sursauter. Une silhouette sombre pénétra dans la pièce et se dirigea lentement vers le lit. Affolé, l'employé de maison chercha une arme, prêt à défendre son amant contre l'étrange apparition. Trouvant un objet dur et long, il s'en saisit et se tint prêt au combat.
Sasuke émergea brutalement en entendant la porte de sa chambre s'ouvrir. Machinalement, il chercha l'interrupteur de sa lampe de chevet, percevant vaguement des mouvements à ses côtés. Trouvant ce qu'il cherchait, il alluma la lumière, avant de se tourner pour faire face à son visiteur nocturne. Ce fut une exclamation étouffée qui le fit définitivement émerger des limbes du sommeil où il naviguait encore vaguement.
Naruto se raidit brusquement quand la lumière lui révéla l'identité de la silhouette sombre. Il était mal là... très mal ! Prés de lui, son amant se redressa d'un bond et lui saisit le bras, attirant son attention.
- Mais qu'est-ce que tu fais encore là ? chuchota-t-il.
- Ben je dormais... enfin presque...
- Chut ! Ne parle pas trop fort ! Tu vas le réveiller !
Naruto, surpris, fixa Sasuke avant de murmurer à son tour :
- Il est déjà réveillé là, non ?
- Non, non. Il est somnambule... Tu sors du lit discrètement, fais gaffe à pas faire de bruit surtout, et tu dégages !
Tout en chuchotant, Sasuke poussa Naruto vers le bord du lit. Ce dernier ouvrit la bouche pour protester mais leur visiteur impromptu l'interrompit d'une voix presque enfantine :
- Sasu... J'ai froid...
L'interpellé soupira doucement avant de répondre :
- Viens... Tu vas te réchauffer.
Pendant que Naruto sortait lentement du lit, prenant garde à ne pas faire de gestes brusques, reposant la lampe de chevet qui lui avait servi d'arme de fortune, le somnambule se glissa sous la couette, allant se blottir contre le corps mince de Sasuke. Le majordome récupéra ses affaires et s'apprêta à sortir de la chambre, décidant que les explications pouvaient attendre le lendemain, quand un chuchoti lui parvint :
- Naruto ! Passe moi mon pyjama !
- Pourquoi faire ? souffla-t-il surpris.
- Je suis à poil ! Passe moi mon pyjama !
Amusé, Naruto ramassa le vêtement chiffonné sur le sol et le tendit au bachelor qui le remercia d'un murmure. Tout en quittant la pièce, il vit du coin de l'œil Sasuke se contorsionner pour enfiler les pièces de tissus sans réveiller celui qui le prenait visiblement pour un doudou.
Une fois dans le salon des deux frères, le majordome se rhabilla prestement tout en se promettant de ne jamais oublier l'image d'un Itachi somnambule, les cheveux hirsutes et la mine chiffonnée, vêtu d'un pyjama en pilou bleu ciel avec des lapins blancs qui gambadaient gaiement dessus. Quel dommage qu'il n'ait pas eu l'idée de prendre une photo !
~oOo~
Très concentré, Kiba déposa avec un soin tout particulier un morceau de cheesecake au centre d'une assiette parfaitement blanche. Le bruit d'une porte de placard claquant violemment le fit sursauter et la tranche de gâteau lui échappa et alla s'écraser lamentablement sur le plan de travail. Furieux, il se redressa et invectiva le responsable du désastre :
- Bordel ! Naruto t'es chiant merde ! Tu te calmes ou tu dégages !
- Non mais tu te rends pas compte, rugit Naruto pas le moins du monde impressionné. Ça fait presque cinq heures ! Cinq heures ! Et ce matin, au lieu de bougonner et faire la gueule, il était tout content de le retrouver ! Qu'est-ce qu'il a ce mec ? C'est sûr qu'il est pas mal, mais il est tout petit, tout maigrichon et il ressemble à une gonzesse ! Merde, mais qu'est-ce qu'il lui trouve ?! Tout en pestant, le jeune majordome faisait les cent pas dans la cuisine de son ami, sous le regard blasé de celui-ci.
Kiba leva les yeux au ciel et soupira lourdement. Aujourd'hui, Naruto était tout simplement infect. La raison ? Ce matin même, Sasuke avait rendez-vous avec l'une de ses prétendantes, en l'occurrence : Haku. Et non seulement, le bachelor n'avait absolument pas caché son enthousiasme à l'idée de passer du temps avec la demoiselle, mais en plus, il avait tout bonnement refusé d'avoir un chaperon, obligeant Itachi à rester dans la suite pour travailler et maintenant Naruto à l'écart.
Le blond n'avait trop rien dit au début, se contentant de grogner de temps à autre. Mais sa mauvaise humeur avait atteint des sommets quand il avait appris que Sasuke partagerait son repas avec Haku... en tête-à-tête ! Kiba connaissait Naruto depuis trop longtemps pour que celui-ci puisse le tromper sur ce point : il était jaloux ! Et pas qu'un peu. Quand il avait fait remarquer à son ami qu'il ne risquait rien, Haku étant une femme, elle ne représentait donc aucun risque, le blond lui avait craché avec mécontentement que la demoiselle était en réalité un damoiseau.
Surpris, il n'avait rien trouvé à redire, et depuis, il subissait en silence l'humeur de plus en plus infernale du majordome. Mais là, il n'en pouvait plus, il en avait marre, et il avait raté sa présentation du dessert et devait tout recommencer du coup ! Fronçant les sourcils, les mains posées sur ses hanches parées d'un tablier plus si blanc que ça, il interrompit le monologue de son ami d'un ton dur.
- Naruto tu vas arrêter tout de suite ta crise de jalousie mal placée ! Premièrement, il t'a promis l'exclusivité, et tu n'as aucune raison de ne pas lui faire confiance. Deuxièmement, il a parfaitement le droit d'avoir un ami sans pour autant vouloir coucher avec. Troisièmement, si tu me fais rater encore une seule fois la présentation de mon dessert, je dis à Akamaru de te bouffer les couilles, et là tu verras s'il voudra encore de toi ton beau brun ! Alors tu t'assois, tu te tais et tu ne bouges plus d'un poil !
Le ton sans appel et le regard furibond du cuisinier suffirent à Naruto pour poser ses fesses sur le premier tabouret venu, se taire et se tenir aussi immobile qu'une statue. Satisfait, Kiba retourna à ses assiettes, y déposant avec art et minutie une part de cheesecake et du coulis de framboise. Il paracheva son oeuvre avec quelques feuilles de menthe fraîche et une goutte de jus de citron.
- Voilà, j'ai fini, tu peux les apporter. Et fais gaffe à rien faire tomber !
L'ordre à peine donné, Naruto se leva comme un ressort et se saisit des deux assiettes, prenant la direction de la porte menant à la terrasse où déjeunaient les deux jeunes hommes. Il passa devant Kiba et marmonna un "je suis pas jaloux d'abord, n'importe quoi" qui fit sourire celui-ci. Secouant la tête, le cuisinier retourna vers son plan de travail afin de le nettoyer et tout préparer pour le repas du soir.
Naruto monta les marches menant à la terrasse, veillant à ne surtout pas déranger la présentation du dessert. Si jamais il arrivait quoi que ce soit à ses cheesecake, Kiba était bien foutu de mettre ses menaces à exécution. Et l'air de rien il y tenait à ses attributs masculins, il y était même très attaché, physiquement parlant. Alors se les faire bouffer par l'énorme clébard de son meilleur ami, très peu pour lui.
Des rires le sortirent de ses pensées, et il reporta son attention devant lui. Il ne put retenir la bouffée de colère qui l'envahit en voyant Sasuke, SON amant, rire à gorge déployée avec le jeune homme travesti qui lui tenait compagnie. En son for intérieur, il admira la beauté presque irréelle du bachelor, et s'avoua que oui... il était jaloux ! Il fusilla Haku du regard, mais celui-ci ne le vit même pas, les deux amis poursuivant leur discussion sans lui prêter la moindre attention.
Sasuke se reprit difficilement après un énième fou rire en entendant ce que Haku lui racontait de ce qu'il se passait entre ses différentes prétendantes. Si devant lui, les jeunes femmes semblaient bien s'entendre, dés qu'il était absent elles se crêpaient le chignon, formant des clans plus ou moins distincts, et passaient leur temps à se tirer dans les pattes. Bref, une vraie foire d'empoigne résuma Haku.
Quand il avait appris au cours du petit-déjeuner qu'il passerait la matinée avec Haku, Sasuke avait été ravi. Enfin, il allait pouvoir se détendre ! Habilement, il avait conseillé à Itachi de s'occuper de leur entreprise, prétextant que Kakashi devait être débordé même s'il savait pertinemment que celui-ci devait parfaitement gérer la situation. Itachi avait mordu à l'hameçon et était resté dans la suite toute la matinée.
Ne craignant rien pour son intégrité physique et souhaitant rester seul avec Haku, il avait demandé à son majordome d'aller voir le cuisinier pour s'enquérir du menu pour le déjeuner. Dés que le blond avait tourné les talons, Sasuke avait pris Haku par le bras et l'avait entraîné dans le jardin, loin de la maison et là où Naruto ne pourrait pas les retrouver de sitôt. Hilare, Haku lui avait demandé s'il comptait le kidnapper, ce à quoi il avait répondu qu'il avait bien l'intention de réclamer une rançon exorbitante.
Les deux jeunes hommes avaient plaisanté un long moment, avant de discuter simplement comme le ferait deux amis, s'amusant à semer l'équipe de tournage dés qu'ils en avaient l'occasion et riant de leurs bêtises comme deux gamins. Au moment de se séparer, Sasuke n'avait pas pu résister à l'envie de proposer à Haku de partager son déjeuner, ce que ce dernier avait accepté de bon cœur.
Dés qu'ils furent attablés, Haku entreprit de mettre Sasuke au courant de toutes les stratégies envisagées par ses prétendantes pour lui mettre le grappin dessus. Certaines d'entre elles étaient visiblement prêtes à tout ! Il avait tout intérêt à faire quitter l'aventure rapidement à quelques unes des participantes sous peine de finir attaché sur un lit et violé par une horde de dindes en chaleur. Rien que d'y penser, il en avait des frissons d'horreur.
Pris dans sa discussion, il ne prêta pas la moindre attention à Naruto, manquant de ce fait les regards assassins dont celui-ci abreuvait Haku que cela amusait beaucoup. Profitant que l'employé de maison soit parti après leur avoir servi le dessert, l'étudiant en art se pencha vers son complice et lui souffla :
- Je crois que ton majordome ne m'aime pas.
- Ah bon ? s'étonna Sasuke franchement surpris. Pourtant je suis sûr que vous vous entendriez super bien.
- Peut-être, mais depuis tout à l'heure il me lance de ces regards... s'il avait des mitraillettes à la place des yeux, je serais mort depuis longtemps.
- A ce point ? Tu lui as fait quelque chose ?
Un sourire amusé éclaira le visage pâle d'Haku alors qu'il répondait non sans malice :
- Je crois qu'il est jaloux.
Devant l'air surpris de son ami, il précisa :
- Tu as passé toute la matinée avec moi, sans chaperon, et en plus tu m'invites à manger avec toi ! Vu comment tu fuis tes prétendantes habituellement, c'est normal qu'il s'inquiète, non ?
- Tsss, c'est un crétin. Franchement, je lui ai donné ma parole. Il pourrait me faire confiance. Et puis, je ne suis pas du genre à tromper. Quand je suis dans une relation, je suis fidèle.
- Il ne te connaît pas encore assez pour savoir tout ça, fit justement remarquer Haku.
- Et alors ? s'insurgea Sasuke. Entre nous, c'est purement sexuel. Il n'a aucun droit de me faire une crise parce que je passe du temps avec un pote !
Lançant un regard curieux au bachelor, Haku demanda :
- Purement sexuel ? Tu es sûr ?
Sasuke fronça les sourcils et d'un regard invita Haku à développer sa pensée.
- Je me disais juste que... vous avez l'air proches tous les deux, plus qu'au tout début du jeu en tout cas. Tu sais, à part écouter les inepties de tes si charmantes prétendantes, je n'ai pas grand chose à faire, donc je vous observe beaucoup. Et j'ai sympathisé avec Kiba aussi.
- Kiba ? Il est sympa comme mec ! Il me fait des plats spéciaux au nez et à la barbe d'Itachi, et j'aime bien son chien aussi, renchérit Sasuke.
- Akamaru ? Il est énorme ce chien !
- C'est clair que tu dois avoir l'air minuscule à côté, se moqua Sasuke.
Haku éclata de rire, pas vexé pour un sou.
- N'empêche que d'après lui, pour Naruto tu es plus qu'un plan cul, finit-il par dire une fois calmé.
Il observa attentivement la réaction du jeune homme assis face à lui. Dans les yeux noirs de celui-ci, il vit passer de la surprise, puis un bref éclair de joie vite effacé par un scepticisme légèrement curieux. En son for intérieur, Haku se promit de parler dés cet après-midi à Kiba, et de le rassurer.
Kiba, qui avait vite compris que Haku n'était nullement intéressé par le bachelor avec qui il avait commencé à nouer une certain amitié, lui avait fait part de ses inquiétudes vis à vis de la relation entre Naruto et Sasuke. Il sentait que son ami était de plus en plus attaché à son amant et il craignait que ses sentiments ne lui soient pas rendu et qu'il finisse le coeur en miette. Sans rien dévoiler du passé du blond, il avait clairement fait comprendre à Haku qu'il l'avait déjà ramassé à la petite cuillère et avait eu bien du mal à le remettre debout. Alors s'il pouvait s'éviter cette peine une seconde fois ça l'arrangerait bien.
Mais de ce que Haku avait vu, il y avait de fortes chances pour que Sasuke se soit lui aussi plus attaché à Naruto qu'il ne le laissait paraître. Ne restait plus qu'à faire en sorte que ces deux-là ne se l'avoue à eux-même, puis mutuellement... et ce avant la fin du jeu. Ouais, pensa intérieurement l'étudiant en art, c'était pas gagné cette histoire. Il n'avait plus qu'à monter une stratégie subtile pour consolider ce couple en devenir.
Heureusement, il avait un atout de taille qu'il comptait bien utiliser : les prétendantes ! En manœuvrant bien, il pourrait s'arranger pour que les plans machiavéliques des demoiselles poussent le bachelor dans les bras de son majordome... de manière définitive ! Kiba lui avait avoué que rien ne faisait plus craquer Naruto qu'une demoiselle en détresse. Sasuke serait cette demoiselle, et Naruto le preux chevalier en armure ! Foi de Haku !
De son côté, Itachi s'activait avec une minutie quasi-chirurgicale, sous l'oeil dubitatif du producteur et du chef de l'équipe de maintenance. Penché au dessus d'un bassin rond en pierre, il en mesurait la profondeur exacte à l'aide d'un mètre. C'était au moins la cinquième fois qu'il vérifiait, et définitivement ça n'allait pas. Se redressant vivement, il se retourna et s'adressa aux deux hommes d'un ton ne souffrant aucune contestation.
- Ce bassin est trop profond de deux centimètres ! C'est inadmissible ! Vous devez combler ces deux centimètres avant demain midi ! Je vérifierai moi-même !
Et d'un pas sûr, il reprit le chemin de la maison, laissant derrière lui un producteur amusé et un chef d'équipe désespéré.
- Deux centimètres ! Il veut qu'on coule une chape de béton pour deux petits centimètres ? C'est une blague ? s'exclama ce dernier.
Orochimaru qui avait suivi des yeux la silhouette fine de l'aîné des Uchiwa, eut un sourire sadique et rétorqua :
- Le client est roi ! Faites ce qu'il dit !
Puis sans un mot de plus, il planta là son chef d'équipe désespéré. Quelles que soient les exigences d'Itachi, il ne comptait pas le contrarier. Après tout, il avait tout intérêt à se faire bien voir du jeune chef d'entreprise s'il voulait le mettre dans son lit.
~oOo~
Assis sur l'un des fauteuils de la terrasse, Sasuke tentait de rester concentré sur la demoiselle qui lui tenait compagnie : Mei. La jeune femme était très jolie, il devait bien le reconnaître, avec ses longs cheveux châtains et ses grands yeux verts, mais à part pour déblatérer des platitudes navrantes elle n'ouvrait pas la bouche. De ce fait, ses pensées ne cessaient de dériver vers un certain majordome aux cheveux blonds et à cette histoire de sentiments qu'avait vaguement évoqué Haku lors du déjeuner.
Était-il attaché à Naruto ? Sans aucun doute, oui. Mais à quel point ? Là, ça se corsait. Il devait bien reconnaître qu'il appréciait la compagnie du jeune homme. Celui-ci était drôle et suffisamment cultivé pour que sa conversation soit agréable. Il avait de bonnes manières, même si parfois sa spontanéité reprenait le dessus, ce qui lui conférait un côté attachant, très attachant. Il ne s'était pas moqué hier soir quand il avait découvert son arachnophobie, bien au contraire, il l'avait même aidé, sauvé et réconforté.
Et Sasuke devait bien admettre qu'il appréciait les attentions dont le couvrait son majordome. Il aimait aussi le faire tourner en bourrique et le chambrer gentiment. Bref, il s'entendait très bien avec lui et il souhaitait en apprendre davantage sur lui. Un soupir lui échappa. En s'impliquant davantage dans cette relation purement sexuelle à la base, il prenait le risque de s'attacher. Pire ! Il prenait le risque de tomber amoureux ! Et ça, il ne pouvait pas se le permettre ! Pas pour l'instant !
- Je peux te poser une question ?
La voix de Mei le tira de ses réflexions, et avec un sourire affable, il encouragea sa prétendante à l'interroger.
- Ton frère... il est célibataire ?
- Pourquoi ? s'enquit-il surpris.
Posant sur lui un regard franc et direct, la jeune femme avoua :
- Parce qu'il m'intéresse.
Estomaqué, Sasuke ne dit mot, digérant l'information. Ce qui le surprenait n'était pas le fait que l'une des candidates ne le trouve pas à son goût, mais plutôt le fait que l'une des candidates s'intéressa à Itachi. SON frère ! Pas question qu'elle y touche, du moins pas sans son accord ! Itachi méritait bien mieux qu'une pintade gloussante !
Se méprenant sur le silence et l'expression froide du bachelor, Mei entreprit de s'expliquer :
- Je te trouve très beau, vraiment. Tu es sûrement l'un des mecs les plus beaux que je n'ai jamais rencontré. Mais je te trouve un peu jeune pour moi. J'ai vingt-sept ans, et j'ai toujours préféré les hommes plus âgés que moi. Mon premier petit ami avait vingt ans alors que je n'en avais que quinze. Donc, c'est normal que ton frère soit plus à mon goût que toi.
Réfléchissant à toute allure, Sasuke chercha un moyen de savoir si cette fille pourrait convenir à Itachi. Il trouva très vite une solution qu'il mit immédiatement en oeuvre :
- Et qu'est-ce que tu veux savoir d'autre sur lui ? demanda-t-il avec un sourire complice.
Comprenant qu'elle pouvait interroger le bachelor à sa guise sur Itachi, et que Sasuke ne lui en voulait pas pour son choix, elle se lança.
- Tout d'abord : est-il célibataire ? Quels sont ses loisirs ? Quel est son plat préféré ? Quel est son genre de femme ? Qu'est-ce qu'il aime en général ? Qu'est-ce qu'il déteste ? Qu'est-ce qu'il recherche dans une relation ? Parce que tu comprends, j'ai des responsabilité et je n'ai pas l'intention de les laisser tomber. J'aime mon boulot et je n'ai pas la vocation d'être une femme au foyer.
En entendant la fin du petit laïus de la demoiselle, Sasuke se sentit un peu rassuré et elle remonta légèrement dans son estime. Au moins elle ne s'intéressait pas à Itachi pour son argent et ne souhaitait pas vivre à ses crochets comme un parasite. Décidé à lui laisser le bénéfice du doute, sans pour autant lui laisser carte blanche, il répondit calmement :
- Il est célibataire, et il n'aime pas les femmes qui vivent aux crochets de leur compagnon. Pour le reste... à toi de le découvrir.
Sur ces mots, il se leva et prit congé, bien décidé à rejoindre rapidement sa suite et à s'assurer qu'Itachi n'approcherait pas de trop près la jeune femme. Elle lui faisait bonne impression mais pas question de lui faciliter la tâche pour autant. Il quitta la terrasse, Naruto lui emboîtant immédiatement le pas, et s'engagea dans le couloir menant aux escaliers. Alors qu'il mettait le pied sur la première marche, il surprit une conversation entre le producteur et un autre homme qu'il n'avait encore jamais vu.
- C'est bon patron, on a coulé une dalle de béton dans le jacuzzi pour le combler de ces deux foutus centimètres.
- Il sera prêt à être utilisé demain après-midi ?
- Tout à fait, on le laisse sécher cette nuit, et demain matin on pourra le remplir.
- Ne le faites pas tant que Monsieur Uchiwa n'a pas donné son accord.
- Oui patron.
Un sourire entendu étira les lèvres de Sasuke. Un jacuzzi hein ? Voilà qui promettait d'être drôle... enfin sûrement pas pour celle qui avait choisi cette activité. Au moins, il serait libéré plus tôt demain, et il espérait pouvoir profiter d'une petite soirée tranquille.
- Pourquoi tu souris ?
Tournant la tête vers son majordome qui le suivait toujours, il sourit davantage encore et rétorqua :
- Tu verras bien !
~oOo~
La sonnerie du réveil tira Sasuke de son sommeil, le faisant grommeler de mécontentement. La veille au soir, Naruto lui avait fait une scène à propos de sa relation avec Haku, purement amicale, comme il s'était évertué à le faire comprendre à son amant. Et tout naturellement cela avait fini au lit, en une étreinte sauvage et surtout... très longue ! Il n'avait donc que peu dormi, et serait bien resté au lit encore un peu.
Ce fut en grimaçant qu'il s'extirpa tant bien que mal de dessous sa couette, et entreprit de rejoindre la salle de bain pour une douche amplement méritée. La porte de sa chambre s'ouvrit, et un hoquet d'horreur le fit se retourner brutalement. Enfin, brutalement... pour une tortue atteinte de rhumatismes s'entend. Sur le seuil se trouvait Naruto, Naruto qui le fixait avec une expression horrifiée et légèrement coupable.
- Quoi ? grogna Sasuke.
- Tu... Pardon, souffla le majordome d'une voix contrite.
Surpris, le bachelor haussa un sourcil, ne comprenant pas vraiment pour quelles raisons il recevait des excuses.
- Tu... Tu devrais te regarder dans une glace, murmura Naruto d'un ton toujours aussi coupable.
Pris d'un doute, Sasuke s'empressa d'ouvrir la porte de la salle de bain et de s'observer dans le miroir. Il ne lui fallut pas plus de deux secondes pour comprendre de quoi son amant s'excusait.
- Espèce de sauvage ! pesta-t-il, en ressortant de la pièce pour faire face au responsable de la situation. Tu as vu tous les bleus que tu m'as fait ? Encore heureux que je ne doive pas me désapper ! T'imagines la honte si quelqu'un les voit ? Et je ne te parles même pas d'Itachi !
Contrit, Naruto baissa les yeux vers ses pieds. Il était légèrement honteux de s'être laissé emporter par sa jalousie la veille au soir, et les nombreux hématomes qui ornaient à présent le corps pâle de son amant n'arrangeait rien. Du coin de l'oeil, il vit ce dernier entrer à nouveau dans la pièce attenante à sa chambre et s'y enfermer. Une fois sûr qu'il était seul, le majordome fit ce qu'il était venu faire : le lit, rougissant au souvenir de tout ce qui s'y était passé quelques heures auparavant.
Debout devant son miroir, Sasuke contempla l'étendu des dégâts. Des marques parfaitement identifiables comme étant des mains, bleuissaient ses hanches, ses avant bras et l'arrière de ses cuisses. Et ça, c'était sans compter le nombre impressionnant de suçons qui fleurissaient sur l'ensemble de sa personne depuis son cou et sa nuque jusqu'à ses chevilles.
- Tsss... gromella-t-il. Heureusement que je suis prévoyant.
Ouvrant un tiroir, il en sortit un tube de fond de teint qu'il posa en évidence sur le bord du lavabo avant de se glisser sous la douche, bien décidé à délasser ses muscles courbaturés. Tout en se détendant sous le jet d'eau chaude, il mit au point sa stratégie de masquage des conséquences d'une nuit de sexe bestial. Pantalon long, chemise à manche longue obligatoire avec col Mao de préférence. Et une généreuse couche de fond de teint sur les hématomes encore visibles malgré tout.
Une heure plus tard, il entra dans le salon attenant à sa chambre, paré pour faire face à l'oeil d'aigle fouineur d'Itachi. Serein, il s'attabla devant son petit-déjeuner, lançant un regard accusateur à son majordome qui lui répondit par un regard implorant le pardon. Un léger sourire étira les lèvres du brun amusé par l'attitude du blond. Il hésita un court instant à lui faire savoir qu'il était déjà pardonné depuis longtemps, mais son frère attira son attention avant qu'il n'ait pu faire quoi que ce soit dans ce sens.
- Ce matin, tu as rendez-vous avec Anko, la charmeuse de serpent.
- Ok, et elle va me faire faire quoi ?
- Oh elle souhaite te faire une démonstration de ses talents dans ce domaine, répondit platement Itachi. Et cet après-midi, tu as rendez-vous avec Shion, dans le jacuzzi.
En voyant l'expression catastrophé de son cadet, Itachi s'empressa de rajouter :
- Rassure toi, j'ai vérifié moi-même la profondeur du bassin, et je serai près de toi évidement. Tu ne risques absolument rien, je te le garantis !
Mais Sasuke ne prêta pas la moindre attention à son aîné, ses yeux rivés sur son amant qui avait brusquement pâli à l'entente de cette dernière activité. Avec tout ça, il avait complètement oublié la discussion entendue la veille. Finalement, son pardon allait attendre ! Comment allait-il pouvoir cacher les traces de ses activités nocturnes dans un jacuzzi ? On était censé être en MAILLOT DE BAIN dans un jacuzzi ! C'était l'horreur absolue ! Son frère allait faire une crise cardiaque en le voyant ainsi, marqué de toutes parts.
Il ne lui restait plus qu'une seule solution : beaucoup, vraiment beaucoup de fond de teint ! Et de la laque aussi, des bombes de laques ! Décidé, il agrippa le bras de Naruto juste avant de sortir de la pièce et lui souffla :
- Tu te démerdes comme tu veux, mais tu vas m'acheter une vingtaine de tubes de fond de teint ! Regardes dans le tiroir de ma salle de bain tu en trouveras un, tu prends les mêmes ! Aucun autre surtout, j'aurais l'air con si c'est pas exactement la même teinte ! Et tu achètes aussi une vingtaine de bombes de laque fixation extra-forte ! La plus forte que tu trouveras, peu importe la marque. Et magnes toi, il me faut ça pour ce midi !
- Ok, je suis désolé, vraiment... si j'avais su, souffla Naruto.
- Si tu me ramènes tout dans les temps, peut-être que je te pardonnerai. Alors dépêche toi !
D'un hochement de tête, Naruto fit comprendre à son amant qu'il avait bien compris, et il se précipita dans la salle de bain de ce dernier, pris le tube de fond de teint et couru littéralement jusqu'à la cuisine pour demander à Kiba les clés de sa moto. Il y avait urgence là !
Espérant que Naruto suivrait ses instructions à la lettre, Sasuke emboîta le pas à son frère pour aller dans l'un des nombreux salons privatifs de la maison afin de rejoindre sa prétendante de ce matin : Anko. Curieux, il avait hâte de voir la demoiselle lui montrer ce qu'elle savait faire en tant que charmeuse de serpent. Il avait une certaine fascination pour les reptiles en tout genre et pour les serpents en particulier.
Par contre, Itachi détestait ces bestioles. Aussi était-il surpris que ce dernier veuille l'accompagner à ce tête-à-tête. Ça l'arrangeait ceci dit, il n'aurait jamais pu demander à son frère d'aller faire ses courses de première nécessité. Il entra dans la pièce à la suite de son aîné, et salua d'une voix polie la jeune femme qui les attendaient déjà. Son regard se posa immédiatement sur le panier en osier tressé qui reposait au pied de la demoiselle. Il avait hâte de voir ça !
Dix minutes plus tard, il se retenait difficilement de rire aux éclats. Il n'avait pas compris pourquoi Anko avait lancé une œillade assassine à Itachi avant d'ouvrir le panier abritant son serpent, mais il avait rapidement eu la réponse. Itachi, reptilophobe entre autres, avait strictement interdit l'usage d'un véritable serpent pour la démonstration. La charmeuse devait donc charmer un serpent... en peluche. Ce qui, évidemment, était bien moins crédible.
Elle tenta malgré tout de faire l'étalage de ses talents, n'hésitant pas à faire des allusions à peine voilées sur le blasphème donc elle était la victime. Loin d'être idiot, l'aîné des frères Uchiwa avait parfaitement compris les insinuations de la jeune femme et y avait répondu. A l'heure actuelle, Sasuke assistait donc à une prise de bec phénoménale entre sa prétendante et son frère. Anko n'avait pas la langue de sa poche et ne se laissait nullement impressionner par l'attitude glaciale et hostile de son interlocuteur.
- Et vous prétendez être un homme ? Quel homme a peur devant un minuscule et inoffensif serpent ? vociféra Anko en agitant la peluche sous le nez d'un Itachi en apparence impassible.
- Minuscule ? Vous considérez qu'un serpent d'un mètre cinquante de long est minuscule ? Il est aussi grand que vous ! rétorqua ce celui-ci.
- Je suis une professionnelle ! Il n'y avait rien, absolument rien à craindre !
- Et je n'ai aucune raison de vous faire confiance sur ce point.
La dispute entre les deux jeunes gens se poursuivit, pour la plus grande joie de Sasuke qui comptait les points en silence, se mordant les lèvres pour ne pas rire devant le ridicule de la situation. Vraiment, rien que pour ce genre de petits moments, il adorait son frère ! Et il devait reconnaître que sa prétendante avait du cran pour lui tenir tête ainsi. Ou alors elle était suicidaire, songea-t-il en la voyant asséner un coup sur le bras de son aîné avec la peluche reptilienne.
Itachi saisit d'une main ferme et décidée l'objet potentiellement dangereux et l'arracha des mains de la demoiselle. Enfin tenta de l'arracher plus exactement, Anko agrippant la peluche de toutes ses forces. Commença alors un fascinant jeu de tir à la corde avec un serpent en peluche en guise de corde.
- Lâchez ça ! Rugit Itachi qui commençait à perdre son calme.
- Pas question ! C'est à moi ! Hurla Anko en tirant brutalement de son côté.
Ce qui devait arriver, arriva finalement. Itachi lâcha sournoisement la peluche au moment même où Anko tirait violemment dessus. Surprise du peu de résistance soudaine, la jeune femme perdit l'équilibre et s'étala comme une crêpe sur le sol. Sasuke étouffa son fou rire dans sa paume, croisant le regard malicieux de son aîné. Ce dernier se leva et, d'un ton affable, lâcha :
- Bien, je vous laisse. J'ai une dernière vérification à faire pour cet après-midi. Sasuke, on se retrouve au déjeuner. Mademoiselle... bonne fin de journée à vous.
Puis il quitta la pièce d'un pas royal, laissant en plan la charmeuse de serpent et son cadet au bord de l'implosion. Celui-ci profita du court laps de temps que cela prit à Itachi pour partir pour se reprendre. Galant, il aida sa prétendante à se relever et lui demanda si elle s'était blessée.
- Non, non pas du tout. Merci. Mais... il est toujours comme ça ?
- Oui.
La réponse laconique et très légèrement amusée de Sasuke intrigua Anko qui ne put s'empêcher de l'interroger :
- Toujours ? Mais ce n'est pas pesant à force ?
- Hn. On s'y habitue.
- Oh ! Et qu'est-ce qu'il a comme vérification à faire pour tout à l'heure ?
Très amusé et bien décidé à mettre rapidement un terme à ce rendez-vous qui l'avait bien fait rire à défaut d'autre chose, le bachelor répondit :
- Sûrement s'assurer que je ne risque pas de me noyer dans le jacuzzi.
Anko pouffa gracieusement, avant de poursuivre :
- Se noyer dans un jacuzzi ? Quelle drôle d'idée ! Ceci dit, vous devriez lui mettre des limites ! Il risque de faire fuir votre future épouse plus qu'autre chose, vous savez ?
Taisant le fait que justement, il comptait bien sur Itachi pour faire fuir toute représentante de la gent féminine loin de lui, Sasuke se dirigea vers la porte et asséna d'une voix polaire :
- On peut se noyer dans une flaque d'eau vous savez, ce n'est donc absolument pas ridicule. Et sachez que je ne laisserai jamais aucune femme s'immiscer entre Itachi et moi. C'est à prendre... ou à laisser !
Puis il quitta la pièce en claquant la porte, parfaitement satisfait de la tournure de ce rendez-vous. D'un pas rapide, il regagna sa suite, où il attendit impatiemment que Naruto lui ramène ce qu'il lui avait demandé. Debout à la fenêtre de sa chambre, il fuma une clope tout en surveillant les agissements d'Itachi qu'il apercevait au loin. Il n'entendait rien de la conversation, mais s'il en croyait les gestes énervés d'un homme en tenue de chantier, son aîné faisait encore des siennes.
Un sourire amusé étira ses lèvres au souvenir de ses premiers cours de natation. Il avait neuf ans quand son frère lui avait payé ses premières leçons de nage. Ayant une peur bleue de l'eau, Itachi l'avait harnaché de la tête aux pieds de bouées de toutes tailles. Il y en avait tellement qu'on ne voyait que sa tête dépasser. Le maître-nageur avait failli mourir de rire en le voyant arriver, et lui serait sûrement mort de honte s'il n'avait pas eu des cours particuliers.
Itachi avait carrément payé un maître-nageur expressément pour lui et réservé la piscine municipale pour ses heures de cours. Personne ne pouvait donc assister à son humiliation. Lors des premiers cours, Itachi était resté prés du bassin, se rongeant les ongles d'angoisse en surveillant l'évolution de son cadet. Sasuke avait alors eu l'idée saugrenue d'éternuer pendant qu'il flottait dans le bassin, toujours enroulé dans ses trop nombreuses bouées.
Itachi n'avait fait qu'un bond vers le maître-nageur. Il l'avait poussé dans l'eau sans ménagement en lui hurlant d'aller chercher Sasuke qui était en train de se noyer. Après cet épisode, le maître-nageur s'était fâché et avait tout bonnement interdit à l'aîné d'assister aux cours. Bizarrement, loin de son frère, et sans ses bouées, Sasuke avait progressé bien plus vite, pour la plus grande joie de son instructeur.
La porte s'ouvrit brutalement dans son dos, attirant son attention sur un blond rouge et essoufflé qui lui tendit des sacs plastiques en disant :
- Y'a tout ! J'ai fait aussi vite que... possible ! Pfff... J'en peux plus !
Attrapant le sac, Sasuke s'empressa de l'ouvrir pour en vérifier le contenu et, satisfait, il agrippa le bras de son majordome en disant :
- Tu vas m'aider, on ira plus vite à deux, et il y en a que je ne peux pas atteindre seul ! Monsieur le sauvage !
Naruto soupira lourdement, fatigué de ses courses effrénées, mais conscient de sa part de responsabilité dans l'état actuel de son amant, le suivit dans la salle de bain. Et puis qui sait... peut-être réussirait-il à transformer cette séance de maquillage en quelque chose de plus... charnel. Ses pensées durent être évidentes puisqu'il reçut un regard noir lourd de reproches et d'avertissements qui étouffa net ses espoirs.
To be continued...
Commentaires des auteures :
Ah, comme on le chouchoute notre très cher Sasuke. Et comme on l'aime notre Itachi surprotecteur… On s'est régalées ! Et ce n'est que le commencement ! On a beaucoup rit en écrivant tout ça, et on vous réserve encore pas mal de barres de rires. Mais, on vous le redit, il est inutile de réclamer des lemons ici. Le ton humoristique que l'on souhaite conserver ne s'y prête absolument pas, désolées. N'hésitez pas à lire d'autres choses de nous pour avoir votre dose de délicieuses tranches de citron.
Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :
Sasu soupire, désabusé, après avoir lu par dessus les épaules des deux auteures mortes de rire.
- Pourquoi est-ce qu'à chaque fois vous me faites subir des tas d'horreur ? Entre Chemins de traverses, Taka, Le boxer du témoin et toutes vos autres fics, je suis verni quand même !
Les deux accusées se tournent vers Sasu avec un sourire machiavélique :
- Mais de quoi tu te plains ?
- Tu ne te rends pas compte de la chance que tu as que ce soit nous, et pas d'autres !
Sasu fronce les sourcils et demande :
- Comment ça ? Je suis sûr que vous êtes les pires !
Pendant que Lili éclate de rire, Yzan lève les yeux au ciel avant de répondre :
- Oh que non ! Nous on est gentilles... Parce qu'on t'aime !
- C'est clair ! On est même adorables !
- Dans d'autres fics, tu vis des trucs bien pires !
- Pire ? s'étonne Sasu.
Bien décidées à le convaincre, Yzan et Lili se lancent dans l'énumération des divers malheurs de Sasu dans la fanfiction :
- En général, tu es un vrai connard dans les fics...
- Ou une pure salope...
- Voire les deux...
- On t'épargne les pratiques sexuelles plus ou moins étranges avec des partenaires tout aussi étranges...
- Du genre Orochimaru, Ibikki et d'autres du même acabit...
- Oui, parce que bon, ça on peut faire aussi...
- Mais y'a des trucs qu'on ne te fera jamais !
- Comme par exemple te faire avoir des relations sexuelles avec des animaux...
- Comme les serpents...
- Ou Akamaru...
- Akamaru ?!
Le hurlement de Sasu résonne dans la pièce, réveillant Naru en sursaut.
- Oui, oui, Akamaru...
- Et évidement dans tous ces cas là, tu es Uke...
Sasu tombe dans les pommes, horrifié de ce qu'il vient d'apprendre, Naru se précipitant à son secours.
- Non mais, nous aussi on a faillit s'évanouir d'horreur sur ce coup là, rassure Lili.
- Hm, renchérit Yzan. Heureusement que nos lecteurs nous demandent pas d'écrire des trucs pareils, hein ! D'ailleurs, vous en pensez quoi vous ? Une petite review pour nous le dire ?
Rendez-vous au chapitre cinq : Sorties en groupe. Première partie.
"Tout ça c'est de ta faute !".
" La tonsure ne t'irai pas. Mais la robe..."
" Il faut lui faire un lavement tout de suite !"
"Donc selon cette logique, tous les milliardaires ont des mini-pénis."
