CHAPITRE IV
REUNION
***
Tout le monde me fixait, attendant que je m'explique. La surprise se lisait sur leur visage. J'étais debout à l'entrée du salon, eux étaient tous assis, sauf Jake qui était adossé au fond de la pièce, les bras croisés. Je n'avais pas l'habitude de prendre les devants, ma vie avait tendance à me glisser entre les doigts. Resserrer mon emprise autour de mon propre destin avait quelque chose d'existant et d'effrayant à la fois. Mais il était temps maintenant que je me réveille et que j'assume les conséquences d'une existence où le surnaturel imposait sa loi. Je pris donc elle profonde inspiration – jaugeait mon public une dernière fois – et faisait mes premiers pas en tant que leader d'une rébellion annoncée contre les conventions. Les conventions selon lesquelles, les jeunes femmes en détresses des comptes de fées, des films ou des romans, ne peuvent pas se secourir elles même.
- Victoria soulève une armée de jeunes vampires. Ils seront à Forsk dans une semaine ! Lâchai-je sans ménagement pour mon audience.
Un souffle de terreur et de rage remplissait soudainement la petite masure.
- Se sont quelques un d'entre eux qui ont pénétré votre territoire hier. Continuai-je.
- Merci pour l'information, mais je pense que nous sommes assez nombreux pour gérer ça. S'ils reviennent chez nous, nous serons près. Me répondit sévèrement Sam.
- Avec tout le respect que je te dois Sam, je ne pense pas.
Des grognements sourds se firent entendre mais je ne me laissais pas impressionner.
- Vous ne savez pas comment ils sont. Pendant la première année, après leur transformation, les vampires sont plus forts, plus rapides, plus féroces – se ne sont pas des proies aussi faciles que tu le crois.
- Il me semble qu'hier soir ça c'est plutôt bien passé. Après tout, tu ne serais pas là pour en parler sinon. Lança Paul, tel un affront.
- C'était un groupe isolé. Rétorquai-je. Ils seront une centaine cette fois et croyez moi, vous serez débordée.
- Et tu sais ça parce que ? Demanda Embry dubitatif.
J- e le sais de sources sûres.
- La jeune sangue à des visions. Leur rappela Sam.
J'acquiesçais.
- Ecoutez, repris-je devant un tel manque de confiance, vous êtes mes amis et je préfère vous prévenir. Vous n'y arriverez pas seul … et nous non plus.
- Vous non plus ? répéta Jacob qui prenait la parole pour la première fois, me coupant l'herbe sous le pied. Et si tu nous disais vraiment pourquoi tu es là Bella.
J'hésitais un instant.
- Comme vous l'avez dit tout à l'heure, tout ça c'est à cause de moi. Victoria veut ma peau. Tout ça fait partit d'un plan pour m'atteindre.
- Nous ne sommes pas concerné par cette histoire. C'est un combat de sangue ! S'écria Paul.
- Si vous ne m'aidez pas ils envahiront Forsk. N'est-ce pas votre mission de protéger les innocents contre les vampires ?! M'exclamai-je.
- Il me semble que le traité est clair, enchaîna Sam plus calmement, tant que les sangues sont à Forks nous ne pouvons intervenir. Voilà pourquoi nous ne ferons rien en dehors de nos frontières.
- Dans ce cas nous mourrons tous. Annonçai-je sévère. Vous croyez vraiment que ces vampires s'arrêteront à une rangée d'arbres ? Une fois qu'ils auront massacré les habitants de Forsk, ils viendront ici et 5 loups ne les arrêteront pas. Tout comme vous, les Cullen les ralentiront et avec un peu de chance je m'enfuirai. Ils seront peut-être une soixantaine à envahir La Push, existés par l'odeur de sang.
- Bella a raison. Répondit Jacob en s'approchant de moi. Ils viennent pour elle. Il nous faut un plan solide.
- Comme si tu étais objectif … chuchota Embry.
- J'ai un plan. Annonçai-je timidement alors que tous les regards convergeaient de nouveau vers moi. Il vaux se qu'il vaux mais c'est notre seul espoir.
- Le plan des sangues … Ricana Paul.
- Je suis venue de leur part.
Nouveau grognement.
- Bella … commença Jacob.
- Laisses moi finir Jake ! Répondis-je fermement. Si on veut avoir une chance de les chasser, il faut allier vos forces. Vos deux clans.
Des sifflements de mécontentements fusèrent de toute part. Seul Jacob ne réagit pas. C'était comme si il avait déjà tout deviné.
- C'est hors de questions ! Cria Paul.
- Plutôt mourir. Cracha amèrement Embry.
- Ecoutez, je ne veux pas déclancher une guerre mais réveillez-vous ! M'écriai-je. La guerre est déjà en marche sauf que vous vous trompez d'ennemi ! Je ne dis pas que ça sera facile ni que le combat sera gagné d'avance mais si vous et les Cullen unissez vos forces, nous aurons tous une chance de voir la lumière du jour pendant plus d'une semaine !
- Je suis d'accord … Souffla Jacob l'air sombre.
- Jake ! Cria Embry comme s'il venait de le trahir.
Je me retournai pour lui faire fasse. Je n'aurai jamais imaginé qu'il soit de mon côté aussi vite. Je senti le courage qui m'animait redoubler d'intensité.
- Vous pourrez respecter le traité après la bataille ! De toute façon il n'y aura plus de traité qui tienne si tout le monde meurt. Je pourrai m'enfuir et les attirer vers moi. Je le ferai si je pouvais !
Un voile de douleur masqua tout d'un coup le visage de Jake.
- Mais ça n'y changerai rien maintenant … Continuai-je. Ils sont sûrement en chemin. Je voudrai pouvoir vous éviter ça, à tous ! Croyez moi, je n'ai jamais voulu vous créer de tels problèmes mais c'est trop tard. La question est, aller vous être raisonnable et vous allié aux seules personnes ayant des capacités similaires aux vôtres, et protéger les humains, ou préférez vous tourner le dos à votre mission pour une stupide histoire de rangée d'arbre ?
« Wooa ! » - Je m'impressionnai, je n'avais jamais dit une phrase aussi longue de ma vie ! –
- Il me semble que nous connaissons nos traditions, nos croyances et les raisons qui nous ont poussé à créer une frontière un tout petit peu mieux que toi Bella. Nous connaissons l'existence d'un autre monde depuis la nuit des temps ! Tu viens ici nous faire la morale alors que tu ne vois ça que depuis deux ans. Ne crois tu pas que c'est un peu présomptueux ? Me sermonna Sam.
- Présomptueux ou pas il me semble que si ça peut sauver des vies, c'est toujours mieux qu'être borné ! Persiflai-je.
Plus personne ne parlait. Sam n'avait sûrement pas l'habitude qu'on lui tienne tête.
- Les Cullen et moi-même serons à la frontière à minuit, demain. Si certain d'entre vous souhaites nous aider à repousser Victoria, ils sont les bienvenus. Nous lutterons quoi qu'il arrive.
- Compte sur moi. Me lança Jacob en me prenant la main.
- Merci. Lui répondis-je timidement.
- Tu iras si je le décide ! Lança Sam. Tu n'es pas un Alpha Jacob.
- Simplement parce que j'ai décidé de ne pas l'être Sam. Rétorqua t'il en le défiant. N'oubli pas ça.
- Bella ? M'appela timidement Emily, restée silencieuse jusqu'à présent.
Je la regardai.
- Il est temps que tu nous laisses maintenant. Tu auras ta réponse demain.
J'obéissais.
- Je te raccompagne. Me dit Jacob, lâchant enfin Sam du regard.
Une fois dehors, je respirai à plein poumon. L'ambiance était tellement pesante à l'intérieur que j'avais l'impression d'avoir suffoquée des heures entières. Je marchais lentement vers ma Chevrolet, Jacob sur mes talons. Une fois arrivée, je m'adossai à la voiture – faisant face à mon ami – et me laissai glisser sur le sol poussiéreux.
- Ca aurait pu être pire ! Lançai-je, sarcastique.
Jacob ri légèrement et vint s'asseoir à mes côtés.
- Tu n'es pas miss catastrophe pour rien !
Je lui frappai l'épaule.
- Comment tu te sens ? Me demanda-t-il plus sérieusement.
Je haussais les épaules.
- Pas terrible. Avouai-je.
Il passa son bras autour de mes épaules, m'évitant à me reposer sur la sienne. Ce geste me paraissait si naturel tout d'un coup. Comme si on était revenu au bon vieux temps.
- Merci Jake, de m'avoir soutenue à l'intérieur …
- Tu crois que je laisserai des sangues te menacer ?
- Ils ne sont pas de ton avis. Dis-je en fixant la maison en face de nous.
- Tu leur en demandes beaucoup. Tout le monde ne t'aime pas comme je t'aime.
Il embrassa mes cheveux. Je ne bougeais pas.
- Tu respires par la bouche pas vrai ? Demandai-je après un instant.
- Et comment ! Lança-t-il
Je me mis à rire et me dégagea un peu de son emprise pour le regarder.
- Je t'aime aussi Jacob Black. Dis-je sincèrement.
- Ouais ouais …Souffla-t-il en soupirant. Jacob Black, l'éternel meilleur ami.
- Je ne pourrai pas vivre sans toi. Toutes les histoires ont besoin d'un meilleur ami tu sais. C'est souvent un sérieux allié !
- Peut-être.
Je soupirais à mon tour. J'avais horreur d'entendre cette petite touche d'ironie dans sa voix. Celle qui cachait une profonde douleur. Celle qui trahissait ses sentiments envers moi. Je le regardai, son regard était perdu dans la contemplation de l'horizon. Je puisai alors dans les dernières réserves de courage qu'il me restait et ramenait son visage vers moi. Nous nous regardions un instant puis ne m'approchai lentement de lui pour déposer un chaste baiser sur ses lèvres – chaudes, mon dieu qu'elles étaient chaudes – Après quelques secondes je reculai et le regardai attentivement. Il mit un moment avant de rouvrir les yeux se qui me fit sourire.
- Ne t'emballe pas. Commençai-je en lui donnant une tape sur l'épaule. C'était juste pour te montrer que je ne suis pas insensible à ta douleur et que je serais toujours là pour toi, comme tu l'as toujours été pour moi. Un symbole de mon amitié et de ma gratitude éternelle si tu préfères.
- C'est le plus beau symbole que j'ai jamais vu ! Annonça-t-il encore rêveur.
Je rirai.
- Je dois y aller. Dis-je en me relevant, secouant la poussière collée à mon jean.
- Alors … et avec lui … commença-t-il. Ça va ? C'est repartit ? Se força-t-il à demander.
- Pas vraiment si tu veux tout savoir. Soupirai-je.
Il s'appuya contre la portière de ma voiture, m'empêchant de partir.
- Pourquoi ça ?
- Parce que … parce que c'est pas le moment. On verra quand je ne serai plus en danger de mort !
- Jamais alors ! Plaisanta-t-il.
Je le fusillais du regard.
- Sérieusement Bella, si j'avais la chance d'être avec celle que j'aime …
Il s'arrêta un instant pour me fixer intensément. Je rougissais.
- Je n'hésiterai pas. Finit-il
- C'est compliqué. Soupirai-je.
- Profite de la vie Bella chérie, dit-il en me caressant la joue, tu l'aimes ça crève les yeux et je te parle pas de l'odeur !
Je sourirai en détournant le regard. Seul Jake pouvait alléger ainsi une conversation sérieuse.
- Et aussi difficile que ça l'est de l'admettre pour moi, parce que soyons clair je ne l'aime pas, lui aussi t'aime. Je l'ai vu hier. Il était dévasté. Comme s'il avait eu un cœur.
- Il a un cœur ! Rétorquai-je.
- Un cœur qui bât... Ajouta Jake.
- Pourquoi tu me dis tout ça Jacob ?
- Peut-être parce que j'ai compris qu'à défaut d'être ton petit ami, je suis ton ami. Et je prévois d'essayer d'être un bon ami d'ailleurs.
- Mais tu l'es déjà. Lui répondis-je en le serrant dans mes bras.
Nous restions ainsi un instant.
- Un petit bisou ? Chuchota-t-il à mon oreille.
Je riais de plus belle en le frappant de nouveau sur l'épaule.
- Allez pousse toi de là Jake !
Il s'écarta et je m'installai au volant. Il referma la portière.
- A demain, Bella, ma Bella. Fais attention à toi.
- Toi aussi. Lui répondis-je avant de démarrer.
Je m'éloignai de la réserve en voyant, Jake, mon meilleur ami, dans le rétroviseur. Jamais je n'oublierai cette conversation que nous venions d'avoir. C'est étrange, parfois quelqu'un dit quelque chose de vraiment insignifiant mais cette chose résonne longtemps dans votre cœur, comme l'écho d'une révélation qui vous accompagnera toute votre vie.
***
Je décidai de rentrer chez moi. J'envoyai en texto à Alice pour lui raconter ce qui c'était passé. Retourner chez les Cullen m'étais impossible pour l'instant, pas après l'ultimatum qu'Edward m'avait posé. Il fallait que je me vide la tête. J'avais encore du temps devant moi avant de retourner en cours – oui les cours – l'excuse « en danger de mort » ne me dispenserai pas de cette formalité. Charlie serait sûrement fatigué de sa nuit passée à Seattle, à traquer une proie dont il ne connaissait même pas l'existence. Je lui préparerai un bon repas ce soir. La fatigue commençait à se faire sentir, j'avalais trois tasses de café et montait me doucher. La journée allait être longue.
La matinée passa à une allure folle au lycée. Je ne sais pas si c'était dû au manque de sommeil ou simplement parce que j'avais autre chose en tête, mais je ne vis pas les heures défiler. Je me retrouvai à la cafétéria devant mon éternel plateau végétarien, sans savoir comment j'y étais arrivée. Je fixai les légumes avec dégoût – au self, ils avaient toujours un goût différent, comme s'ils avaient été cultivés dans le seul but de finir ici, entourés d'ados ingrats. « Berk ! » - Je reposai les légumes et ne prenait qu'un soda.
Je regardais la table habituellement occupée par les Cullen : Vide. Encore. Pourtant il pleuvait aujourd'hui. Je rejoignais donc ma bande « d'amis » - du moins pour certain – pour la deuxième fois cette semaine. L'équilibre avait dit mon père. C'était cher payé. Surtout quand Jessica jouait les reines de beauté avec ses acolytes chevronnés. Angéla m'avait gardé une place et je m'y installais avec joie.
- Tu as l'air fatiguée. Remarqua mon ami. Dure soirée ?
- On peut dire ça oui. Je n'ai pas dormi.
- Elle était à La Push avec ses amis indiens. On l'a vu en passant ! Lança Jessica.
- Si j'avais voulu le savoir Jess, je l'aurai demandé à Bella directement merci. Lui fit remarqué Angéla.
Je lui souriais et enchaînais :
- Pour quelqu'un que tu trouves si ennuyeuse, tu en sais des choses sur moi !
- Pfff n'importe quoi ! On passait juste. Qu'est-ce tu crois ? Qu'on te suivait ? Je t'en pris ! Se justifia cette peste.
- Ne t'inquiète pas Jess, on ne dira à personne que tu t'ennuis le soir après les cours. Répondis-je avec un petit sourire.
Elle me fusilla du regard. Le reste du déjeuner pu se passer sans ses interventions sarcastiques et inutiles. Je pu apprécier mon soda en toute quiétude en compagnie de Mike et Angéla. Ces moments simples entre adolescents normaux, avec des vies normales, aidèrent à apaiser mon esprit pendant quelques instants. Il était agréable de redevenir normale parfois, même si à la longue je m'en serais lassée. Je compris soudainement que Charlie avait raison. J'avais besoin de cet équilibre – même s'il était quelque peu précaire – J'étais aussi une jeune fille de 18 ans qui avais les même préoccupations que toutes les autres.
- De toute façon c'est n'importe quoi. C'est encore un plan des politiciens pour contrôler les débordements de la jeune génération. Gronda Tyler.
- Tu vas-y aller ? Lui demanda Mike.
Je les écoutais d'une oreille distraite en sirotant mon soda.
- Personne ne pourra m'empêcher d'aller à Seattle. Rétorqua ce dernier
Je recrachai toute une gorgée en plein sur Jessica qui se leva immédiatement en hurlant.
- Mais t'ai complètement malade ! Brailla-t-elle comme une folle.
- Pardon, excuse moi. Di-je en levant à mon tour. Je suis désolée, ça m'a échappé.
- Quoi, tu ne sais pas fermer la bouche ? !
- Tu ferais bien defermer plus souvent la tienne. Rétorqua Angéla. Ça va Bella ?
- Il ne faut pas aller là bas, enchaînai-je en direction des garçons, c'est très sérieux, croyez moi vous ne savez pas tout !
- Parce quelqu'un comme toi c'est une source très crédible. Railla Lauren.
- Mon père est le chef de police alors excuse moi d'avoir un peu plus d'information que toi.
Elle ne sus pas quoi rétorquer cette fois. En me voyant dans cet état, Tyler compris que j'étais sérieuse.
- Bella, je ne savais pas que tu t'inquiétais autant pour moi. Répondit-il avec un petit sourire.
- Je m'inquièterai pour n'importe qui vue la situation. Même elle. Rajoutai-je avec un regard glacial en direction de Jessica qui arborait une belle aréole marron sur son tee-shirt.
Il était hors de question que je sois aussi responsable de la mort d'un des habitants de Forks.
Tyler et Mike se levèrent et s'approchèrent de moi, m'élançant tous les deux par les épaules.
- Désolée Belli-Bella. Me dit Tyler avec un sourire qui se voulait séducteur j'imagine.
Je grimaçais.
- Rien ne nous arrivera, on te le promet. Enchaîna Mike, le regard posé sur mes lèvres.
Nouvelle grimace.
« Finalement peut-être que ça leur ferai du bien d'aller à Seattle. »
Je chassai cette idée de mon esprit, légèrement honteuse.
- Par contre, si tu te sens seule … Commença Tyler.
- Ou que tu as peur … Continua Mike, complice.
- On peut te tenir compagnie, le soir, après les cours. Conclu le premier.
- Je … heu …
« Sors toi de ce pétrin Bella ! »
- Vous permettez ?
Deux grandes mains m'attirèrent en arrière et je me retrouvais bloquée dans une étreinte de glace.
- Il n'y a que moi qui tien compagnie à Bella le soir, mais libre à vous de vous joindre à nous messieurs. Leur lança poliment Edward en me serrant contre lui.
Vu le regard noir qu'il leur lançait, les deux garçons reculèrent de quelques pad avec un petit sourire forcé.
- C'est cool ! Répondit Tyler. On voulait juste s'assurer que tout irait bien pour elle.
- Je crois que ça ira. Répondit Edward, le regard sombre.
Ils retournèrent s'asseoir et Edward m'entraîna sans un mot par la porte de derrière.
- Merci. Soufflai-je une fois dehors.
- Ce Tyler a vraiment l'esprit mal tourné. Grogna-t-il.
Je ne relevai pas.
- Qu'est-ce que tu fais ici ? Demandai-je.
Nous étions arrivé à la Volvo et il s'y adossait.
- Alice m'a dit pour le rendez-vous de ce soir. Je ne veux pas que tu viennes.
- Quoi ? ! Pourquoi ? ! Criai-je.
- Bella … combien de fois je vais devoir te …
Il s'arrêta en ce pinçant l'arrête du nez avant de reprendre.
- Jacob passe encore mais, toute une meute en confrontation avec des vampires de surcroît, c'est trop dangereux. Ça pourrait facilement déraper.
- Toute une meute ? ! Répétai-je. Pour l'instant il n'y a que Jacob qui a accepté de venir.
- Ils seront là. M'assura-t-il.
Comment tu … Je me stoppai. Alice.
Il hochait la tête.
- Elle nous a vu à la frontière ce soir.
- Edward, si je ne suis pas là pour jouer les médiateurs, vous vous entretuerez. Di-je avec la ferme intention de lui faire changer d'avis.
- On ne fera rien.
- Toi non mais Jacob, Rosalie, Emmett … Si quelque chose arrive, ils réagiront directement, c'est déjà arrivé par le passé. Lui rappelai-je.
- Et ça c'est bien passé. Répondit-il calmement.
- Cette fois là oui ! Insistai-je.
- Tout ira bien. M'assura-t-il en caressant délicatement ma joue.
Ce geste déclencha immédiatement une vague de frissons qui me traversa le corps. Voyant mes poils s'hérisser sur mes bras, il me sourit et plongea son regard doré dans le mien. Il n'allait pas m'avoir si facilement.
- Je resterai dans la voiture si tu veux.
- Bella. Gronda-t-il.
- Je viendrai que tu le veuille ou non Edward. Insistai-je, me voulant sévère.
- Tu n'iras pas.
Il l'était plus que moi.
- Je demanderai à Jake de venir me chercher dans ce cas.
Un grognement naquit au sein de sa gorge.
- Il sera sûrement ravi de m'escorter. Ajoutai-je avec un sourire espiègle.
- Tu n'as pas besoin d'essayer de me rendre jaloux. Je fais ça dans le seul but de te protéger.
- Essayer ? Répétai-je. Mais ça marche. Annonçai-je triomphante.
- Je te vois demain. Me dit-il en déposant un baisé sur mon front. Il faut que je retourne à la villa.
- Tu es jaloux. Insistai-je encore.
Edward soupira et me ramena presque brutalement contre lui. Il passa lentement sa main dans mes cheveux, rapprochant ses lèvres des miennes, sans me quitter des yeux. J'avais du mal à respirer. Mon cœur essayait désespérément de s'échapper de ma poitrine. Sa deuxième main alla se nicher au bas de mes reins, passant en dessous mes vêtements. Tous mes sens étaient en éveil, comme l'illustration de la pure adoration que mon corps avait pour le sien et il provoquait ces sensations délibérément, ce traître. Comment résister d'avantage ? Je me battais pour ne pas gémir de plaisir. Je me mettais sur la pointe des pieds, les yeux rivés sur sa bouche. Je goûtais alors à son haleine fraîche sur le bout de ma langue avec délectation.
- On se voit demain. Me dit-il avec un petit sourire avant de rentrer dans sa voiture et s'éloigner.
Je restais là. Planté. Seule. Frustrée.
« Bien joué Bella, comme si tu pouvais encore paraître crédible après ça ! ».
Après les cours, je rentrai chez moi et m'affalai lamentablement sur mon lit sans même retirer mes chaussures ou mon manteau. Je restai comme ça quelques minutes avant de me ressaisir. J'avais délaissé mes corvées depuis trop longtemps. Il fallait que je m'active pour ne pas penser aux enjeux, cruciaux pour ma survie, qui allaient se jouer ce soir.
Je faisais donc tourner une machine - mon Ipod sur les oreilles - rangeais la maison, passais l'aspirateur dans toutes les pièces, lavait le sol et faisais la vaisselle. Se ne fut qu'une fois m'être complément vidé de toute force vitale que je m'accordais une pause télé. Il était encore trop tôt pour préparer le dîner.
Mon père me réveilla 3 heures plus tard. J'étais allongée sur le divan, la télé était encore allumée. Il parût amusé par l'élan de courage qui me poussa à la cuisine. Quand le poulet commença à rôtir dans le four dégageant une odeur des plus appétissante, je tentai de le faire parler. Sans succès. Il ne voulait pas m'effrayer avec les détails sordides de l'affaire. Le reste du repas se passa donc en silence.
Je prétextais avoir des devoirs à terminer pour montai me recoucher. Il me restait encore 2 heures et demie avant minuit. Je devais reprendre des forces.
J'entrais et découvrais Edward royalement installé sur mon lit, les mains derrières la tête. Je ne pu réfréner un sourire. Je me jetais littéralement sur lui recouvrant son corps avec le mien. Sans un mot, il me serra contre lui, faisant courir ses mains habiles dans mon dos.
- Qu'est-ce que tu fais là ? Chuchotai-je
- Je t'attendais. Me répondit-il
- Pourquoi ? demandai-je en levant la tête vers lui.
Il me fit alors basculer sous lui, épousant parfaitement les formes de mon corps. Il était torse nu a présent et j'avais tout le loisir de le toucher. Il ne me repoussait pas pour autant, préférant jouer avec mes cheveux et déposer des baisés glacés dans mon cou brûlant. J'allais parler mais il me coupa la parole en m'embrassant langoureusement. Je me redressais à mon tour et me retrouvais assise sur lui m'agrippant à ses cheveux telle une enragée. J'allais manquer d'air. Sa langue jouait passionnément avec la mienne, ses mains circulaient de ma nuque à mon bassin dans un mouvement de plus en plus frénétique. Je ne pu m'empêcher de lui mordre la lèvre inférieur. Il me sourit et je me retrouvais de nouveau prisonnière de son corps. Il retira le reste de mes vêtements et avant d'aller plus loin, il me chuchota :
- Madame Cullen.
Je me réveillai en sursaut. Comment un rêve qui avait si bien commencé avait-il si vite tourné au cauchemar ? ! J'étais en sueur. Un coup d'œil par la fenêtre m'appris qu'il faisait déjà nuit. Je me relevais rapidement et regardais l'heure : 23h45.
Un rapide coup d'œil dans le couloir m'informa que Charlie dormait. Je fermais la fermeture éclair de mon blouson et descendis silencieusement les escaliers. Je déverrouillai lentement la porte d'entrée un m'engouffrai à l'extérieur. Un vent glacial me fouetta le visage. Je m'installai au volant de ma Chevrolet et pris la route de la réserve.
Je savais qu'Edward allait m'en vouloir d'avoir désobéie mais après tout, j'étais encore libre de faire ce que je voulais et la situation me concernait tout autant que les autres.
Je garai ma voiture un peu plus loin du rendez-vous, sur le bord de la route, décidant de continuer à pied. Il y avait de l'orage dans l'air. Parfois, des éclairs encore silencieux fissuraient le ciel. Je n'avais jamais aimé les orages. Je rassemblai malgré tout mon courage et avançai d'un pas déterminé.
Au bout de quelques minutes de marche, je les apercevais. La meute était réunie, tous sous leur forme animale, ils longeaient les arbres. Les Cullen étaient de l'autre côté de la route, Carliste et Edward en tête. Je me cachais derrière un arbre pour observer la scène. L'angoisse me serrait l'estomac, je tremblai presque mais tentai d'être la plus discrète possible. Carlisle et Edward firent quelques pas en avant, imité par Jake et Sam. Deux représentants de chaque groupe se jugeaient sévèrement, postés au milieu du bitume. Un nouvel éclair déchira le ciel d'encre et une vague de vent s'engouffra dans mes cheveux, m'aveuglant au passage. Une fois avoir repoussé ma tignasse et retrouvée la vue, je me retrouvai nez à nez avec Alice qui me lançait un regard accusateur, bien que légèrement amusé.
- Salut. Soufflai-je penaude.
- Tu crois vraiment qu'un arbre peu te cacher de nous ? On t'a senti à un kilomètre. On voulait te laisser l'illusion d'avoir déjoué l'interdiction d'Edward mais Bella franchement … sous un arbre ? Par temps orageux ? On ne t'a rien appris là dessus à l'école ?
J'y réfléchissais à deux fois et regardant mon abris de fortune et soupirai devant ma bêtise.
- Allez viens, me dit-elle en m'entraînant avec elle d'un bras sur mes épaules, avec la chance que tu as tu te ferai foudroyer sur place.
Je lui lançai un regard noir, mais elle n'avait pas complètement tord malheureusement.
Arrivées près des autres, Edward me fusilla du regard sans pour autant couper court à la négociation. Je baissai les yeux et me rangeait avec les autres derrière lui. Jake gémit tel un chiot retrouvant son maître en me voyant et je lui faisais un petit signe de la main.
- Bien sommes nous d'accord ? Lança Carlisle aux deux énormes loups.
- Ils le sont. Traduisit Edward.
Nous nous retrouverons tous les soir à minuit dans la clairière que je vous ai indiqué. Nous vous apprendrons les points faibles de ces vampires et en contreparties vous nous aiderez à les repousser. Le traité existant n'a plus lieu d'être jusqu'à la fin de cette histoire et reprendra effet à la fin. Sans modification aucune. C'était bien votre condition principale ? Demanda Carlisle à Sam
Celui-ci émit un jappement.
-Ce n'est pas leur seule condition. Du moins, pas à lui. Annonça Edward en défiant Jake du regard. C'est inacceptable ! Répondit-il sévèrement.
-Qu'est-ce qu'il y a ? Lui demanda Carlisle.
- Il souhaite protéger Bella durant le combat et l'éloigner du champ de bataille et la cloîtrant à la réserve.
Je regardai mon ami et lui sourit.
- Il nous faut toutes les forces disponibles pour le combat, on ne peut pas se permettre de perdre un allié. Répondit Carlisle en direction de Jacob.
Bizarrement celui-ci sembla trouver ça plausible.
- Toujours est-il que Bella ne doit pas rester seule. Admit Edward.
Il était temps que j'intervienne.
- Hey ho, je suis là. Je crois que j'ai mon mot à dire. Lançai-je en rejoignant le groupe au centre de la route.
- C'est exactement pour ça que je ne voulais pas que tu viennes. Me répondit sévèrement Edward.
Jake grogna.
- On t'as pas demandé ton avis ça tombe bien. Cracha Edward à mon ami.
Je fronçais les sourcils.
- Qu'est-ce qu'il a dit ?
- Que je ne devais pas te cacher autant de chose et que tu avais le droit de donner ton avis. Me répondit-il à contre cœur.
- Je suis tout à fait d'accord ! Lançai-je.
Edward me fusilla du regard – encore - et je me rangeai du côté de Jake. Je le caressai comme je l'aurai fait avec un brave toutou oubliant qu'il y avait un humain à l'intérieur. C'était très perturbant de le voir comme ça. J'avais envie de me comporter avec lui tel un animal rassurant et protecteur. J'avais toujours peur qu'il ne le prenne mal. En fin de compte, il sembla apprécier et grogna de contentement. Je sentais le regard désapprobateur d'Edward dans mon dos mais n'y prêtais aucune attention.
- Gardes tes pensées salassent pour toi. Souffla-t-il en serrant la mâchoire.
Je regardai Jake dont le regard semblait rempli de malice. Je ne compris pas de quoi il s'agissait et honnêtement, je n'avais pas envie de le savoir. Edward semblait bouillir de l'intérieur. Il serait les poings tellement fort que les jointures de ses doigts en étaient blanchies. Jake ne le lâchait pas des yeux et je devinai qu'une conversation silencieuse se déroulait entre eux. Je frappais doucement mon ami pour lui signifier d'arrêter ses bêtises. Il me regarda et détourna les yeux.
- Bella ne sera pas dans la prairie. Nous la cacherons. Enchaîna Carlisle.
- Reste à savoir comment. Traduisit Edward pour Sam. Elle est trop dangereuse, elle sera la cible première de la sangue rousse.
Je frissonnai et resserrait ma main dans la fourrure épaisse de mon loup favori.
- On l'emmènera en montagne. Conclut Edward.
- Je serai seule. Soufflai-je terrorisée.
Jake me donna un coup de museau encourageant.
- Elle a raison on ne peut pas la laisser seule. Dit-il à Carlisle.
- Tu es un de nos plus fort combattant Edward, Jacob aussi, ça ne serait pas raisonnable que l'un de vous ne se battent pas.
Sam acquiesça.
- Seth. Souffla Edward.
Celui-ci venait de se proposer comme garde du corps attitré et faisait déjà un pas en avant.
- C'est l'un des plus jeune de la bande. Il a encore beaucoup de chose à apprendre mais sa force lui permettra de protéger Bella le temps d'appeler des renforts en cas de problème. Continuait à traduit Edward sous l'œil attentif de Jacob.
- Ça me va tout à fait. Dis-je en me postant près de Seth.
- On vera. Murmura Edward inquiet.
Jacob grogna.
- Ne me parle pas comme ça ! Si tu avais pu être à sa place tu y serait aussi sale cabot. Lança Edward, les points serrés et le regard noir.
Autre grognement.
- Ça ne te regarde pas. Souffla Edward.
Soudain il grimaça. Un voile de haine et de tristesse confondue passa sur son visage et un grognement sourd sortit de sa gorge. Jacob le toisait d'un air agressif. Ce spectacle me glaça le sang.
- Arrêtez ça suffit! Criai-je en m'interposant entre les deux.
Il y eu un bref silence.
- Je crois que c'est bon pour ce soir. Intervint Carlisle. Demain, même heure, à la prairie. Dit-il à Sam avant que les loups ne s'éloignent, disparaissant dans la forêt.
Seul Jake n'avait pas bougé, restant près de moi. Il me tira par la manche me faisant signe de le suivre dans les bois.
- Bella … souffla Edward.
Il avait l'air triste. Son expression me brisait le cœur.
- Je … commençai-je sans que Jacob ne me lâche.
- Je … pourrai-je venir te voir dans la nuit ? Me demanda timidement Edward.
J'avais désobéie, délibérément … Pourquoi était-il aussi … patient ?
Jacob lui grogna de nouveau dessus et Edward répliqua immédiatement, rugissant à son tour. Il avait l'air bouleversé. Je récupérai brutalement ma manche.
- Je vais voir ce que Jake veux me dire. Rejoint moi chez Charlie, je n'en ai pas pour longtemps.
J'avais essayé de le rassurer mais rien ne lui faisait reprendre figure humaine … ou vampirique. Quelque chose m'avait échappé. Ça m'inquiéta. Sur ce il s'éloigna péniblement et je suivai Jacob dans la forêt. Je culpabilisais d'avoir laissé Edward sur le bord de la route.
M'abandonnant quelques instants, Jake refit surface quelques secondes plus tard, humain. Il ne portait que son short et abhorrait un petit sourire malicieux.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Demandai-je
- Tu sais, j'ai réfléchi à ce que je t'ai dit hier et j'avoue que ça ne me plait pas. Commença Jake en s'approchant de moi.
- Comment ça ?
- Le fait de rester ton ami.
- Quoi ?
Cette conversation m'avait tellement soulagé que le fait qu'il revienne sur ses décisions me tordait l'estomac. Il avançait du plus en plus vers moi jusqu'à ce que je me retrouve entre lui et un tronc d'arbre, incapable de bouger.
- Tu n'as pas le droit de faire ça Jake, j'ai confiance en toi. Lui soufflai-je.
- Je sais, c'est mal. Mais je ne peux pas vivre ainsi, en ayant des regrets, il faut que je fasse quelque chose. Je tiens trop à toi pour te laisser partir comme ça. Sans me battre.
- Il n'y a aucun combat Jake, ma décision est prise.
- C'est ce que tu dis et pourtant, vous n'êtes pas ensemble. Je me trompe ?
Je ne savais plus quoi répondre.
- Et …tu m'as embrassé.
- Je t'ai expliqué pourquoi j'ai fais ça ! M'insurgeai-je
- Peut-être que tu n'as pas conscience de la vraie raison Bella.
- Et toi oui ? ! Lui crachai-je de plus en plus hors de moi.
- Une partie de toi m'aime. Et plus qu'un simple ami. Si nous avions eu des vies normales toi et moi, nous serions ensemble à l'heure qu'il est. On se complète toi et moi. On est lié par quelque chose. Ça ne se voit pas, mais ce lien existe. Tu ne peux pas le nier.
- Comment peux tu revenir aussi vite sur tes résolutions ? ! J'étais heureuse hier que tout soit redevenu comme avant entre toi et moi ! Je me sens trahis d'un seul coup !
Les larmes me montèrent aux yeux.
- Trahis ? ! Bella, tu m'as trahis la minute où tu es partie en Italie ! Cria-t-il.
- Je ne t'ai jamais promis rien d'autre qu'une amitié solide et sincère Jake. Soufflai-je en serrant les dents, pleine de rage.
- Tu étais entrain de changer d'avis avant que la sangue visionnaire ne revienne t'attirer dans ses filets, ne le nie pas !
Je ne répondis rien.
- Tu vois. Répondit-il plus calmement. Je savais qu'au début j'aurai été « le remplaçant » mais avec le temps tu aurais appris à m'aimer comme je t'aime aujourd'hui.
- Edward serait revenu.
- Il serait mort depuis longtemps, te croyant morte. Cracha-t-il cruellement
Mon sang ne fit qu'un tour et je lui mettais une claque qui ne lui fit pas plus mal qu'une aile de mouche. Peut importe, la symbolique du geste était bien plus importante. Nous étions tous les deux pétrifiés par la honte, la colère et la peine. Je m'en voulais déjà de ce geste, mais il avait été trop loin. Rien que d'imaginer Edward sur cette place à Voltera me donnais la nausée. Je ne pu retenir plus longtemps un flot de larme.
- Je suis désolée. Chuchotai-je, la main sur ma bouche.
Il ne dit rien et me pris dans ses bras, caressant mes cheveux.
- Moi aussi. Je ne voulais pas te faire de mal Bella. Tu me connais, je réagi toujours au quart de tour.
Il soupirait. Il s'en voulait autant que moi de la tournure qu'avait pris la conversation.
- Je dois essayer. Je dois savoir. Chuchota-il à mon oreille. Une fois pour toute.
- Savoir quoi ? Demandai-je, les larmes me collant le visage.
Jacob s'écarta légèrement de moi et m'attrapa le visage dans ses deux grandes mains brûlantes. Il me regarda alors d'une façon dont il ne m'avait jamais regardé avant. Son regard était rempli de détermination, de tendresse et de désir. Mon cœur s'accéléra soudainement. J'étais anxieuse. Il pencha son visage vers moi et m'embrassa.
Je restais pétrifiée ne sachant pas comment réagir, les bras raides le long de mon corps. Sa langue força le barrage de mes lèvres et joua avec la mienne. Son corps tout entier irradiait de plaisir. Il était agréable de l'embrasser, Jacob était tellement chaud. Malgré tout, j'étais mal à l'aise. Il était très inconfortable pour moi d'avoir ce genre de relation avec lui. C'était mon ami et je lui aurait rendu son baisé pour le rendre heureux si je n'avais pas pensé qu'il en tirerait des conclusions hâtives. Une partie de moi appréciait vraiment ces nouvelles sensations de chaleur sur ma peau. J'avais peur que ce baisé s'arrête et que je découvre le visage de mon ami rempli par la douleur.
Finalement, après une longue minute, il recula à bout de souffle – moi aussi d'ailleurs – et me regarda attentivement.
- Maintenant je sais. Souffla-t-il. Tu ne laisserai jamais parler la fille en toi qui te cri de me rejoindre.
Son visage affichait alors l'expression que je j'avais craint en l'embrassant. Une boule se forma dans ma gorge.
- Pourquoi Bella ? Pourquoi ? Cria-t-il en m'attrapant par les épaules.
- Jacob, je t'aime … chuchotai-je en larme … mais …
- Mais quoi ? Répéta Jake en me secouant.
- Je ne peux pas vivre sans lui. Réalisai-je soudainement, à court d'argument.
Il me lâcha et recula de quelques pas. Son visage était de nouveau serein.
- Dans ce cas arrête de jouer avec les sentiments des autres Bella. Arrêtes ce supplice et ouvres les yeux.
- Jake …
- Va le rejoindre et soyez heureux. Je déteste toutes cette confusion. Cet espoir qui me guette tant que tu n'es pas avec lui. Met fin à mon calvaire et au tien par la même occasion. Décide toi.
Il me parlait sèchement et sévèrement mais il faut croire que son discours avait de l'effet sur moi parce que je n'avais qu'une envie, qu'une seule, me retrouver auprès d'Edward.
- Va maintenant Bella. On se verra tous les soirs de toute façon. Sache que je serrai toujours là pour toi.
- Je le sais ça Jake. Balbutiai-je.
- Cette fois je compte m'y tenir. Je suis fixé maintenant. Je sais à quoi m'attendre.
Il était déterminé.
Jake me fit un petit signe de tête et s'enfonça dans la forêt. Je restais un moment sans bouger. Choquée. J'avais l'impression que quelque chose, une sensation forte que je n'arrivais pas à identifiée, grandissait en moi. L'adrénaline me monta au cerveau et je me mis à courir vers ma voiture.
Le moteur hurla quand j'enfonçai la pédale de l'accélérateur au maximum. Je n'avais pas le temps de l'attendre, il fallait que je le voie. Je décidai donc de me rendre directement à la villa. Il fallait que je sache ce qui l'avait torturé à ce point tout à l'heure. Que j'apaise sa souffrance. Ma souffrance. Je réalisai soudainement que ce poids qui me tordait le ventre depuis des semaines n'était pas seulement dû à la peur. Il me manquait. J'avais besoin de plus. Plus que de simples caresses. Je le savais maintenant, je le voulais – Ses lèvres, son cœur, son corps, son âme – Je le voulais ardemment, passionnément, entièrement et pour toujours.
Cette altercation avec Jacob m'avait remis les idées en place, je ne supportai plus d'être aussi égocentrique. Protégeant mon cœur comme une acharnée. A quoi servait-il d'avoir un cœur si c'était pour ne pas s'en servir ? En retournant vers Edward je prenais le risque de mourir à nouveau, mais aussi de vivre. Je ne supportai plus de ne vivre qu'a moitié. Je voulais me sentir pleine de vie et d'amour. Comblée. J'en avais plus qu'assez de cette hésitation permanente. Il avait été tellement patient.
Ce soir, l'attente était finie. Je rendais les armes. J'étais à lui et il pourrait faire ce qu'il voulait de moi.
Je me garai devant la villa et courrait vers l'entrée. J'entrai sans frapper. Le sang battait dans mes tempes et mon cœur partait à la dérive. J'avais l'impression qu'il n'avait pas battu aussi vide depuis des mois. Je m'engouffrai dans le salon, le sourire aux lèvres. Ils étaient tous réunis au salon, me tournant le dos. En attendant la porte d'entrée claquer, leurs visages se tournèrent vers moi. J'étais essoufflée mais vivante. Bizarrement je ne voyais pas Edward. Mes yeux fouillaient la salle pour le trouver.
Les Cullen s'écartèrent me laissant voir la raison de cet attroupement presque solennelle. Il était là, mais il n'était pas seul. Les sœurs de Delani venaient d'arriver à Forsk. En avance. Edward enlaçait une magnifique blonde, celle que j'identifiai comme étant Tanya. Mon sourire s'effaça et je restais statufiée devant ce tableau. Deux magnifiques splendeurs enlacée. Deux dieux vivants, réunis. J'assistai à une vision prophétique. La vie qu'Edward aurait pu partagé avec Tanya. La digne représentante de son espèce. Celle qui ne ferait pas tâche sur les tableaux de Carlisle. Celle qui aurait unie les deux familles.
Elle était époustouflante. Encore plus que ce que j'avais imaginé. Je l'avais imaginée à l'image de Rosalie, mais elles étaient complètement différentes, n'ayant en commun que leurs splendides chevelures dorées. Elle était plus fine et élancée qu'elle. Elle se déplaçait un peu comme Alice. Ses lignes étaient droites, elle arborait un éclatant sourire qui dessinaient des fossettes sur ses joues. Elle avait le regard d'un chat, d'un vert hypnotique et des lèvres pulpeuses. De longues jambes et une poitrine saillante. Tout le contraire de moi.
Je m'efforçais de ne pas partir en courrant. Qu'avais-je à offrir devant pareille beauté ? Je me sentais encore plus insignifiante qu'en temps normal.
Edward tourna la tête vers moi en même temps que Tanya qui, à ma grande surprise, s'élança gracieusement dans ma direction pour venir me saluer. Je restai figée.
- Tu dois être Bella ! Tout le monde ne parle que de toi !
- Ah oui. Répondis-je timidement.
Elle me serra dans ses bras. Elle me rappelait Alice, comment ne pas l'apprécier. Cette sensation m'agaça encore plus et je reculais.
- Dommage que nous nous rencontrions dans ces conditions. Lançai-je, assez glaciale - ce qui n'eu aucun effet sur elle.
- Oui je sais. Mais nous sommes là pour ça. Me rassura-t-elle gentiment.
« C'est pas vrai ! C'est sœur sourire ou quoi ? ».
Edward s'avança vers nous. Elle lui fit un grand sourire, qu'il lui rendit plus timidement.
- Qu'est-ce que tu fais là ? Je croyais te retrouver chez toi.
Il fallait que je te parle.
- Moi aussi. Répondit-il assez sèchement.
« Ah oui ? Ça sent pas bon ça »
- On va dehors une minute ?
« Une minute ?! Ça sent pas bon du tout ».
Il me précéda à l'entrée et m'ouvrit la porte. Son expression était indéchiffrable.
Nous sortions dehors en silence. Se n'était pas du tout comme ça que j'imaginai nos glorieuses retrouvailles. Ma gorge se serra. Il soupira en se frottant le visage et commença.
- Alors, de quoi voulais tu me parler ?
- Je ... heu … toi d'abord.
Il fixa le sol en silence, appuyé contre la Porsche jaune de sa sœur.
- Je ne pensai pas en arriver là un jour. Souffla-t-il
- Edward ? Qu'est-ce qui se passe ? Demandai-je inquiète.
Je faisais quelques pas vers lui.
- Je sais que tu n'es pas prête à m'ouvrir ton cœur à nouveau Bella, je le mérite mais … C'est pas facile tu sais …
- Je sais, Edward on en a déjà parlé non ?
Quelques pas encore. Il me regardait approcher l'air torturé. J'avançai encore, une boulle au ventre, et posait mes mains sur son torse. En temps normal, il m'aurait attirée contre lui mais pas cette fois. Quelque chose n'allait pas. Il se contentait de me regarder.
- Qu'est-ce qui t'arrive ? Demandai-je suppliante.
- Jacob m'a montré quelque chose ce soir, et tu as parfaitement le droit de … mais me faire languir ainsi … je croyais que c'était parce que je t'avais quitté pas que c'était à cause de lui. Tu m'avais assuré du contraire et voir … ça.
Son regard était noir comme un puit sans fond.
- ça m'a fait plus mal que ce que je ne pensai. Je crève de jalousie Bella, je l'avoue, je n'ai pas d'excuse. Je lui aurais arraché la tête. Finit-il alors que je sentais tous ses muscles se contracter sous mes mains.
- Mais de quoi tu parles enfin ?!
- Tu l'as embrassé. Je l'ai vue. L'autre jour à la réserve. Il m'a montré la scène. Juste après que je t'ai demandé de m'épouser… Bella …
J'étais horrifiée. Jake avait osé. Je me sentai affreusement coupable. Je n'avais jamais vu Edward se contenir autant. On aurait dit qu'il était sur le point d'exploser. Pire, il avait détourné les yeux de moi. Je l'avais déçu. Pour la première fois. C'était comme si mon cœur était soudainement tomber au fond de mon estomac.
- C'est pas ce que tu crois Edward, je le remerciai juste d'être un si bon ami.
Il émit un petit gémissement.
- Et moi ? Qu'est-ce que je suis ? Me demanda-t-il, daignant me regarder à nouveau. J'ai cru mourir en voyant ça.
Il me coupa tous mes moyens et déjà je pleurais. Je me jetai à son cou le serrant de toutes mes forces. Il n'enroula qu'un seul bras autour de ma taille, comme si malgré tout, il n'avait pu s'en empêcher.
- Fais vite Bella. Dit le. Souffla-t-il à mon oreille. Je ne t'en voudrai pas. Je te le promets.
- Tu veux que je te dise quoi ?! Réussi-je à articuler entre deux sanglots.
- Dit-le qu'on ne sera plus jamais réuni toi et moi.
Je reculai pour le dévisager. Il avait les yeux fermés comme un condamné à mort attendant sa sentence.
- Tu es fou ! Je revenais vers toi Edward. C'est pour ça que je suis là ! Je revenais.
Il ouvrit enfin les yeux et me regardais comme si j'étais entrain de lui mentir.
- Bon sang, tu croyais vraiment que j'allais te quitter pas vrai ? Réalisai-je, mes larmes redoublant d'intensité.
- Comment m'aurais-tu quitté, nous ne sommes pas ensemble. Cracha-t-il sèchement.
« Tête de mule ! »
Je me jetais de nouveau à son cou et chuchottai dans son oreille.
- Je t'aime, pardon t'avoir mis si longtemps à le comprendre. Je l'ai toujours sus. J'avais peur, je faisais taire mes sentiments et maintenant que je les écoute à nouveau, ils n'ont jamais été aussi fort Edward. Je t'aime, j'ai besoin de toi !
Je parlais vite, en sanglotant. Il resserra son étreinte autour de moi et poussa un soupir de soulagement. Des rugissements sourds résonnaient dans sa poitrine, comme des cris étouffés de douleur. Je reculai pour l'embrasser mais à peine avais-je frôlé ses lèvres qu'il avait tourné la tête. J'eu l'impression de tomber six pieds sous terre.
- Quoi ? Bégayais-je
- Vous avez recommencez ?
- Quoi ?
- Je l'ai senti. Sur ta bouche. Vous vous êtes embrassé, encore, ce soir. Et ça n'avait rien d'un baisé amical, je me trompe ?
- C'était rien du tout, je ne lui ai même pas rendu … je … il a voulu me tester, mais ça n'a pas marché !
- Cette fois. Souffla-t-il en fixant le sol.
- Edward non ! Ne fais pas ça ! Je t'en prie regarde moi ! Tout ce que je viens de te dire était bien réel. Me défendis-je
- Il ferait un mari bien plus sein que moi. Il t'offrirait tellement plus Bella.
- Sans toi je meurs ! Criai-je
- Ne dis jamais ça ! Gronda-t-il, en colère.
- Je dis ce que je veux ! C'est la vérité ! C'est toi que je veux, pas lui !
- Ne fais pas l'enfant !
Je reculais de quelques pas, exaspéré par cette conversation qui n'avait ni queue ni tête. Je passais mes mains dans mes cheveux, essuyant mes larmes aux passages. Quel toupet il avait de me balancer un argument pareil !
- Tu crois que Tanya, madame parfaite dans ton salon, ne ferait pas un bien meilleur choix que moi ?! Moi aussi j'ai le droit de m'inquiéter. Lui criai-je en revenant vers lui.
- C'est une insulte que tu me fais de douter ainsi de mes sentiments envers toi.
- Et moi, je ne suis pas insultée quand tu me dis ouvertement de faire ma vie avec un autre, pour mon bien, qui doute des sentiments de l'autre là ?
- Jusqu'ici c'était toi je te rappel ! Cracha-t-il sévèrement.
Je ne répondis pas. Aveuglée par ma colère.
- Ecoute, reprit-il, ce n'est pas le moment de parler de tout ça. Pas ce soir. Pas après ce que j'ai vu, et le reste. Si je pouvais dormir, j'irai me coucher tout de suite. C'est la première fois en plus de 100 ans que je me sens épuisé, mentalement j'entends. On doit gagner cette guerre et après on reparlera de tout ça. Je dois garder les idées claires pour mener ce combat.
Il retourna vers l'entrée. Je ne bougeais pas. Figée dans la douleur et la colère. Il s'arrêta, fit demi tour et me regarda un instant. Mon état avait une incidence désastreuse sur lui. Son regard perdit un peu de sa noirceur et il me tendit la main. Je m'avançai penaude et la saisie timidement. Il hésita un instant mais finit par embrasser délicatement mon front, sans un mot. J'essayai de fermer les vannes de mes stupides larmes. Il soupira de nouveau. Je ne sais pas à quoi ça lui servait, il n'avait même pas besoin de respirer, mais il inspirait quand même. Peut-être pour ravaler les vagues d'émotion que je lisais dans ses yeux.
Ensuite nous nous dirigions lentement vers la villa.
Main dans la mains mais pas réunis pour autant.
