Chapitre 3
Voyages voyages
Gare du Nord en fin de matinée.
Béatriz s'installa face à Virginie. Elles étaient à une table à 4 dans le train, bien plus pratique pour discuter... Quoi que... Se disait Virginie, peut être que Béatriz irait dans le wagon bar et se ferait draguer par un autre homme médecin de 35 ans qui avait le physique d'un mec qui faisait de la muscu et une vie bien trop rangée pour être crédible en célibataire endurci.
Finalement Béatriz préféra rester, sans doute ses courtes nuits de la semaine, avaient eu gain de cause. Elle avait fini par s'endormir après avoir parlé durant des heures sur un français qu'elle avait rencontré en boite.
Lorsqu'elle fut endormie, Virginie se laissa aller, comme toutes les fois ou elle avait été seule ou du moins lorsqu'elle pouvait penser sans être dérangée. Elle repensa à cette semaine. A Céline. Aux visites. A Céline. Aux soirée. A Céline.
Céline revenait un peu trop souvent dans ses pensées. Elle qui s'était pourtant jurée de l'oublier lorsqu'elle serait dans le train en direction de l'Espagne! Cependant, elles n'avaient pas encore quitté la France, alors, Virginie s'accorda un droit d'y repenser, au moins jusqu'à la frontière...
En fin d'après midi quelque part en France.
Anaïs gara sa voiture dans le jardin, en bas d'une maison. La maison de sa grand mère... Anaïs et Céline sortirent pour se dégourdirent légèrement les muscles, même après avoir avoir fait quelques arrêts et pris l'autoroute pour aller plus vite elles étaient quand même restées plus d'une demie journée dans ce petit habitacle. Pendant qu'Anaïs déchargeait les bagages, Céline observait le nouveaux lieu qui allait faire office de maison.
C'était une grande bâtisse couleur crème avec des volets bleu foncés. Tout le long, de nombreuses fleurs écloses bordaient les pieds de cette grande maison qui semblait endormie tant le silence régnait.
Seul, le bruit des vagues au loin se faisait entendre. Ainsi que les grillons un peu partout dans le jardin et aux alentours. Pourtant, il devait y avoir du monde d'après Anaïs : toute la famille. De plus, les deux battant de la porte d'entrée étaient ouverts.
Une femme d'âge mûr en sortit et les accueillit avec un triste sourire. Tous les bagages étaient sortis, Anaïs venait juste de refermer le coffre de sa petite voiture.
Elle se blottit dans les bras de la femme qui arrivait vers elles. Céline restait là les bras ballants, sans rien dire. Un peu gênée. Elle avait l'impression de ne pas être a sa place. Déjà, elle trouvait qu'elle abusait beaucoup de l'hospitalité d'Anaïs, la... Elle avait l'impression de s'incruster encore plus dans un moment un peu trop intime.
Après une longue étreinte Anaïs se tourna vers Céline, la femme fit de même.
Maman, je te présente Virginie, Virginie voici ma mère : Amandine.
Gare de Barcelone :
Barcelona cinquo minutos parada!
Béatriz s'était réveillée une bonne demie heure avant l'arrivée, c'était tant mieux pour Virginie, ça lui laissait le temps d'émerger et ça lui évitait surtout un départ en catastrophe puisque cette dernière n'était pas facile bouger. La cheffe de chantier en avait plusieurs fois fait les frais le matin.
T'as bien tout prit hein? Demanda Béatriz en vérifiant derrière elles.
Non j'ai oublié une valise ironisa Virginie qui commençait a en avoir marre du trop peu de confiance que l'hispanique lui portait.
HEIN?! Laquelle? s'écria Béatriz qui n'avait pas sous entendu l'ironie dans sa voix. Ch'ui sur que c'est une des miennes! Elle commença à les compter.
Virginie se mit à soupirer, secouant la tête devant tant de crédulité. Mais non, je blaguais! Répondit elle avec un air amusé.
Béatriz recompta ses bagages pour la troisième fois puis se tourna vers Virginie tout en soufflant.
PFFFF quel humour! Ch'ui morte de rire! dit elle d'un air un peu vexée. Elle passa devant elle avec un air de dédain qui fit éclater de rire Virginie.
Eh! Mais détends toi on est en vacance! lança Virginie tout en la rattrapant. C'est toi qui n'as pas arrêté de me bassiner avec ça, d'ailleurs!
Béatriz haussa les épaules et traîna ses valises jusqu'au caddie spécial pour les bagages, elle les posa dessus et continua sa route avec Virginie à ses côtés. Cette dernière avait du mal à rester totalement neutre. Et ne pouvait s'empêcher de rire légèrement devant l'air agacée de sa colocataire.
Elles se dirigèrent ainsi jusqu'à la sortie pour prendre un taxi et arriver enfin chez elles.
Après avoir posé en plein milieu de l'entrée leur valises, elles s'affalèrent chacune sur un fauteuil dans le salon.
Béatriz alluma la TV et zappa sur le câble, une vieille rediffusion des premiers épisodes de "Friends" passait à l'écran.
Ah! ça fait plaisir de retrouver son chez soi! dit Béatriz le sourire au lèvres.
Virginie n'eut pas le temps de répliquer qu'un grand bruit se fit entendre dans l'entrée.
P'tin c'est quoi ce BORDEL!
Les valises entreposées en vrac dans l'entrée n'avaient pas toutes survécurent l'une d'entre elle s'était ouverte et avait laissé s'échapper les 3/4 de son contenu sur le sol entre l'entrée et le salon.
BEATRIZ! hurla la voix.
Appartement de Béatriz Tony et Virginie quelques secondes plus tard.
Non mais dit moi que je rêve la! c'est quoi tout ce bordel sérieux?! Le frère de Béatriz entrait dans le salon avec un soutien gorge au bout du doigt. Cette dernière ne semblait pas offusquée pour autant.
Ah! Salut frangin! Bonjour à toi aussi! Elle lui fit un grand sourire. Et puis ce que tu me le demande si gentiment, oui j'ai fait bon voyage et ma semaine à Paris était GÉNIALE!
Mais je m'en tape de ta semaine à Paris! Tu vires tes vieilles fringues de la tout de suite! Hurla t il en désignant l'amas de vêtements qui s'étaient répandus dans l'entrée du salon, ainsi que les autres valises qui avaient fini par s'effondrer mais qui étaient restées fermées. C'était tellement mieux quand t'étais pas la sérieux… souffla t il en jetant le soutien gorge au milieu du bazar.
Mais oui mais oui! Moi aussi je t'aime! Dis Béatriz en lui faisant des bisous dans le vide.
Tony écarquilla les yeux et s'avança d'un pas décidé vers sa sœur toujours avachie dans le fauteuil.
Il lui attrapa le bras sans ménagement et la leva de force. Tu me VIRE ça! et TOUT DE SUITE! Pas dans dix ans!
Oh ça va! souffla Béatriz tout en ramassant le premier vêtement qui traînait. T'as vraiment pas le sens de l'humour mon pauvre.
Tony la regarda Tu vois pas la? Son visage restait impassible. Je suis mort de rire... Mais intérieurement.
Béatriz haussa les épaules et lui tourna le dos.
Et y'a intérêt que tout soit clein ce soir! Parce que je fais une soirée et merci bien d'accueillir mes potes avec tes sous vêtements et tes fringues sales de partout!
Je suis sur qu'ils seraient ravis d'être accueilli avec mes sous vêtements lança Béatriz en souriant. Elle s'était tournée vers eux et avait posé une chemise verte pomme sur elle.
Elle me va bien hein?
Son frère secoua la tête de dépit en guise de réponse puis claqua la porte de sa chambre tout en pestant dans sa barbe.
Virginie avait regardé la scène d'un œil amusé. A force, elle avait fini par s'y faire, à leurs disputes. Et contrairement à sa colocataire, elle avait directement laissé son sac à dos dans sa chambre. Elle n'avait rien à se reprocher. Mais habituellement, Tony se contentait de crier, le fait qu'il claque la porte l'avait fait légèrement sursauté.
Je suis sur que sa dernière petite amie vient juste de le larguer lâcha Béatriz en voyant Virginie un peu perplexe face à cette sortie beaucoup trop "théâtrale".
La brune, qui avait les yeux fixé sur la porte que Tony venait de claquer, regarda ensuite Béatriz qui posait un à un les vêtements sur elle tout en s'extasiant. La cheffe de chantier sourit. L'hispanique n'était pas prête de tout ranger tout de suite.
Sur la plage au même moment
Céline restait paralysée, elle n'arrivait plus à bouger comme si le sable humide lui avait scellé les pieds. Sa respiration devenait plus saccadée et son rythme cardiaque s'emballait. Elle voulait fuir mais elle n'y parvenait pas. Elle fixait les vagues et la mer les yeux remplis de peur.
Un main chaleureuse vint se poser sur son épaule, elle sursauta et se tourna vers la personne qui venait de s'installer à ses côtés.
Anaïs était la. Elle regardait, tout comme l'avait fait Céline quelques minutes plus tôt,l'horizon et le soleil qui déclinait doucement de l'autre côté... Elle n'avait pas vu le regard apeuré de Céline, le fait qu'elle sursaute l'avait fait sourire. Anais pensait que Céline avait juste eu peur parce qu'elle ne l'avait pas entendu venir. Mais elle était loin de la réalité.
L'interne avait observé la blonde au loin, peu avant de venir la rejoindre. Elle comprenait pourquoi elle était là, le paysage était magnifique. Souvent, lorsqu'elle venait ici, elle s'asseyait sur le sable et fixait l'horizon laissant son esprit divaguer et rêver.
Voyant que désormais elle n'était plus seule, la peur panique de Céline avait diminué, mais tout cela avait laissé place à d'autres question qu'elle ne s'était pas posé jusqu'alors. Des questions concernant cette peur qui n'avait pas de raison d'être.
En effet, pour elle, elle n'était pas en danger alors pourquoi la vue cette vaste étendue d'eau lui faisait peur? Elle n'avait jamais eu ce genre de crise lorsqu'elle avait traversé les ponts de Paris, ni même longé les bords de seine.
C'est beau hein? lacha Anaïs alors qu'un silence, avec le bruit des vagues s'était installé.
Céline s'était tournée vers l'interne, tout en lui soufflant un "magnifique". Anaïs avait les yeux toujours fixé sur la mer. Sans doutes pour calmer sa peine, pensait Céline. Elle tourna le dos à la mer et commença à marcher vers la petite porte du jardin.
Je pense que je vais rentrer. Fini t elle par lâcher alors que le silence avait de nouveaux envahit les lieux.
Anaïs lui accorda un regard ainsi qu'un timide sourire et replongea dans le paysage.
Céline monta alors les marches, pieds nu, et arrivée en haut elle enfila ses chaussures pour se rendre dans la maison, non sans avoir épousseté ses pieds pour enlever le sable.
Barcelone, appartement de Béa, Tony et Virginie.
Virginie avait fini par aider Beatriz qui n'était pas du tout prête a tout ranger, alors que 20 heure approchait. Elles venaient de lâcher la dernière valise dans la chambre de Béatriz. Tout en se vautrant sur le lit, Virginie ne pu se retenir de dire un commentaire.
Non mais sérieusement, la prochaine fois tu prends moins de choses, parce que la on dirait presque que t'as emporter quelques parpaing de l'appart quoi!
Ah non! Impossible! Il faut prévoir, au cas ou. Imagine que j'en aurais eut besoin, j'aurais fait comment?
Bah t'aurais fait sans! Mais surtout sans le dos en compote qui va avec, aussi!
AH AH! Ironisa Béatriz, en tout cas moi je suis parée à toutes éventualités.
Ouais enfin, quand on est descendu du train à Paris j'aurais pas trop dit ça!
Béatriz décida de ne pas répondre, de toute façon tout le monde était contre elle ce soir. Son frère avait encore fait son apparition, un peu plus tôt, tout en pestant parce qu'elle n'avait toujours rien rangé. À croire qu'ils étaient tous contre elle ce soir.
Elle se leva d'un bond, le sourire au lèvre une idée derrière la tête.
Eh?! ce soir on se fait une petite soirée au Night?
Heu... Commença Virginie
Alllllezzzzzzz! dis Béatriz comme l'aurait fait une petite fille pour entraîner ses parents au parc astérix.
Elle arborait une petite moue qui fit sourire Virginie. Mais tu veux m'achever toi! Elle soupira, bon ok, mais on rentre pas tard parce que franchement je suis claquée!
Ouais ouais, t'inquiète!
Virginie souffla, vu sa réponse il était clair que ça allait être tout le contraire. Elle espérait juste que sa colocataire trouve un homme pour la soirée, bien assez tôt pour pouvoir rentrer en douce.
Le Night était leur boite préférée, une bonne ambiance, de la bonne musique... et surtout pas trop loin de l'appart! Elles avaient testé plusieurs endroit dans Barcelone, mais ils n'avaient pas eu le même succès que le Night!
Virginie commençait à fermer les yeux. Au point ou elle en était, elle était bien capable de s'endormir la, tout de suite. Mais c'était sans compter sur Béatriz qui était toujours debout
Elle fouillait à présent dans son armoire pour trouver des vêtements pour la soirée. Mais, elle se rendit rapidement compte que Virginie n'avait pas bougé pour aller rejoindre sa chambre.
Lorsqu'elle se retourna vers la cheffe de chantier, elle la secoua sans ménagement.
Eh! Aller la! Va te préparer on va y aller!
Virginie grogna de mécontentement.
A moins que tu veuille passer la soirée avec les potes de Tony... Ente la bière, la pizza et le match de foot... C'est toi qui vois.
Virginie avait grogné à nouveaux, mais elle s'était assise sur le lit. Puis elle avait fini par se lever pour rejoindre sa chambre en traînant des pieds, histoire de bien montrer à Béatriz qu'elle aurait peut être préféré passer la soiré entourée de bière et de pizza.
Mais, bien entendu, Béatriz ne la regardait pas, trop préoccupée à choisir entre la robe violette ou la verte.
Le soir même dans la maison familiale d'Anaïs.
Céline allait passer sa première soirée "famille". Bien sûr, ce n'était pas sa famille mais ils l'avaient tous très bien intégré et le malaise qu'elle avait ressenti en arrivant s'était dissipé.
Ils étaient à présent tous attablés sur l'immense table du salon. Il faisait encore un peu frais pour rester dehors. De plus, la brise qui s'était levée n'arrangeait rien.
Céline était installée face à Anaïs. A ses coté, un cousin éloigné très charmant lui parlait d'un sujet plutôt inintéressant, dont elle avait fini par perdre le fil. Elle faisait des "ah!" et des "je vois", mais en réalité les regards d'exaspération qu'elle lançait à Anaïs étaient bien plus explicite.
De l'autre côté, le frère de la défunte. Il entendait un mot sur 2 et Céline avait fini par capituler lorsqu'elle avait tenté d'engager une conversation.
Bien sur, tout le monde était au courant de sa situation et prenait bien garde de ne pas "gaffer". Ils parlaient de leurs vie, de leur villes, de la vie de ce petit village tranquille, mais ne posaient que peu de questions personnelles à Céline. Seuls des questions sur ses goûts étaient évoqués, ou même sur Paris et les monuments, bien que souvent elle ne savait pas forcément quoi répondre.
Et c'est pour cela que j'ai décidé de travailler dans cette société.
Ah... Intéressant dis elle sans grand intérêt. Il lui sourit par politesse, puis, voyant que l'autre voisin de Céline à demi sourd écoutait, il commença à lui parler.
Vous aussi vous y avez travaillé! dit il en haussant le ton pour qu'il entende.
Mais bien sur que j'aime pêcher! lança le vieil homme piqué au vif.
Céline ne pu s'empêcher de pouffer légèrement.
Non Bernard pas "pécher", "travailler"! Vous avez travaillé dans mon entreprise!
Ah pour sûr que j'en ai fait des belle prise! Continua le vieil homme sans se démonter.
Céline tentait de cacher son fou rire. l'homme souriait à ses côtés tout en continuant. Non pas "prise"! "Entreprise"!
Bah oui! c'est ce que je disais! Répondit l'autre en haussant les épaules.
Céline avait fini par baisser la tête tout en étouffant son rire dans ses mains. L'homme avait rit légèrement, puis continua d'un ton plus calme.
Non c'est pas grave, laissez tomber Bernard.
Le homard? Ah non ça jamais...
Céline et l'homme avaient fini par rire ce qui attira l'attention des voisins de table d'en face et leurs voisins proches. L'homme tenta une dernière fois de lui faire entendre raison.
Non pas le homard! je parlais de la société Volabe!
Ah si vous essayez dans les environs vous en trouverez de beau! Dit le vieil homme avec un sourire.
L'homme le regarda étonné et le vieil homme continua.
Oui, les crabe mon cher Matthieu, c'est pas ce qui manque par ici!
L'homme enchaîna tout en chuchotant à ses voisins. Et dans la société non plus, malheureusement.
Anaïs qui avait pris le court de la conversation avait rit suite à ses derniers mots. Malgré le malheur qui les accablaient, Céline était très étonnée de leurs joie de vivre à tous. Elle espérait qu'elle aussi, avait une famille heureuse même dans les malheurs.
Un peu plus tard dans la soirée au Night à Barcelone.
Virginie et Beatriz s'étaient installées à leur table habituelle, rapidement, les personnes qui les connaissaient étaient venus les saluer. Dans le lot, quelques amis d'amis, qu'elles ne connaissaient pas avant avait rejoint le petit groupe qui commençait à se former, quelques rires se faisaient déjà entendre malgré le bruit qui régnait.
José "l'intello" de la bande avait déjà lancé un débat sur l'impact des hommes sur l'environnement avec les causes à effets. Virginie qui était juste à côté de lui fini par perdre le fils de son argumentation. Bien que, pourtant, elle aurait participé activement à ce genre de débat. Elle plongea son regard dans son verre vide et se remémora cette semaine à Paris.
Malgré les bruits de la musique, des rires et des mots qui fusaient de part et d'autre de la salle, Virginie fini par oublier l'endroit où elle était. Elle revivait les deux instants ou elle avait croisé Céline. Son regard, son air d'être ailleurs...
Hé tu viens pas danser? Hurla Béatriz pour qu'elle puisse entendre malgré la musique qui résonnait.
Virginie s'était aperçue qu'elle était seule à la table, tout le monde avait fini par rejoindre la piste de danse. Béatriz se servit un verre de ce mélange qu'ils avaient commencé, ce pourquoi elle était venue au départ. Elle fut rapidement rejoint par un homme d'une trentaine d'année qui l'enlaça par la taille. Virginie sourit légèrement, elle avait compris que c'était le fameux "chaperon" de la soirée...
Non je crois que je vais y aller, il se fait tard et je suis fatiguée.
Béatriz haussa les épaules, Comme tu veux...
Bien sûr elle était bien plus préoccupée par l'homme qui l'embrassait dans le cou, à présent. Virginie termina le restant de son verre et sortit du Night. Elle regarda sa montre : il était plus de minuit. Elle soupira, encore heureux qu'elle n'ait pas à aller bosser demain!
Son téléphone sonna alors qu'elle traversait la rue pour se diriger jusqu'à chez elle.
Virginie?
Cette dernière se stoppa net, cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas entendu cette voix.
Je suis content que tu n'ai pas changé de numéro... J'aurais été bien embêté sinon.
Elle avait hésité à changer, et finalement, elle ne l'avait pas fait... Peut être qu'au fond d'elle, elle espérait qu'un appel pourrait lui faire changer d'avis, la faire revenir à Marseille... Mais... Cet appel elle ne l'avait jamais reçu.
Papa? Pourquoi tu m'appelles à cette heure ci? Y'a quelque chose qui ne va pas?
Oui plusieurs à vrai dire... Enfin j'espère que je ne t'embête pas? Je sais que j'appelle très tard... Si tu veux je peux te rappeler demain?
Mais non papa tu ne me déranges pas, et tu ne me dérangeras jamais, tu le sais bien...
Je suis a l'hôpital, la. J'ai eu… Quelques problèmes cardiaques. Mais je ne t'appelais pas pour ça, je voulais savoir si tu pouvais m'aider a garder la maison et à t'occuper de Léon le temps de mon absence. Je suis désolé de t'embêter pour ça, mais je crois que j'en ai pour pas mal de jours à rester alité... Je voudrais pas qu'il meure de faim.
Virginie haussa le ton Des problèmes cardiaque?!Mais pourquoi tu ne m'as pas appelé plus tôt?!
Je ne voulais pas que tu t'inquiète pour rien... Dit son père d'un ton calme
Virginie se radoucit Mais c'est pas rien un problème cardiaque papa! Écoute j'essaye de venir d'ici demain aux mieux... Sinon... Après demain...
Dis moi... Ou est tu en ce moment?
Virginie soupira sachant pertinemment ce qu'allait dire son père À Barcelone...
Barcelone? C'est pas en Espagne ça?
Si... C'est ça… Sourit la cheffe de chantier.
Tu vois ce que je t'avais dit Virginie! Les bourgeoises c'est pas pour toi, regardes jusqu'où elle t'as amené! Lança son père d'un ton légèrement agacé
Elle m'a emmené nulle part papa, j'avais besoin de réfléchir ailleurs...
C'est un peu loin ton "ailleurs", ma fille... La preuve, tu es allée jusque dans un autre pays!
Virginie soupira, il allait encore remettre sur le tapis cette histoire avec Céline. C'était d'ailleurs en partie pour ça qu'elle n'était pas venue chez lui lorsqu'elle avait quitté l'appartement de Céline.
Mais, d'un autre côté, il avait fait des efforts quand à son indépendance. D'ailleurs Virginie s'étonnait qu'il n'appelait que maintenant. Comme elle n'avait pas changé de numéro, elle s'attendait à avoir des appels de sa part. Mais elle n'en avait eut que quelques uns au tout début de sa séparation, puis ils s'étaient espacés jusqu'à se faire rare...
Chez la grand mère d'Anaïs, le lendemain
On va aller en ville pour remplir quelques papiers, et surtout mettre la maison en location dit Amandine.
Céline lui sourit, mais elle se sentait un peu de trop. Je pense que je vais rester ici.
Vous rigolez? continua Amélia On ne va pas vous laisser toute seule ici! Julie connaît bien quelques endroits vous irez avec elle pour faire les magasins...
Julie avait 10 ans c'était la fille du frère d'Amandine. Elle était toujours souriante et assez bavarde. Elle avait des cheveux noir d'ébène légèrement bouclés et un regard noisette très pétillant de vie.
On pourra aller au Petit Nice? lança t elle gaiement à sa tante.
Je ne sais pas, il faut que tu vois ça avec Virginie.
Elle regarda alors Céline qui lui sourit. Si tu veux.
Ouais super! Elle monta dans la voiture de son père en sautillant de joie.
Céline monta dans celle d'Amandine, un cortège de voiture sortit ensuite de l'allée pour se rendre dans la grande ville la plus proche.
Dans la voiture seule la musique régnait, personne ne parlait. Amandine bien qu'habituée au trajet regardait fixement la route et les panneaux, ainsi qu'Anaïs. Elles avaient l'air concentrées, mais c'était probablement pour cacher cette tristesse et cette nouvelle page qui se tournait. Les papiers qu'elles devaient régler devait sans doute être important et concernait une partie importante de leur histoire à tous.
Le mari d'Amandine semblait moins sérieux, il regardait le paysage tout en baillant, il avait poussé un petit soupir, de tristesse sans doute, mais cela le concernait beaucoup moins. Il n'était que le beau fils dans l'histoire.
Arrivé devant le bistrot dont avait parlé la jeune Julie, Amandine s'arrêta et se tourna alors vers Céline. Sa tristesse s'était envolée pour faire bonne figure.
On se retrouve ici dans 2 heures ok? Elle n'attendit pas sa réponse. De toute façon Julie a le portable de sa mère au cas ou.
Céline acquiesça et sortit de la voiture. Julie, elle, était déjà dehors et l'attendait.
On commence par quoi? Les boutique ou la glace?
Comme tu veux...
Heu... Je sais pas... Mmmmh... Elle mis quelques seconde avait de la regarder en souriant. La glace, comme ça on la mange tout en faisant les boutiques!
Céline et Julie avaient pris chacune une glace et déambulait dans l'allée marchande. Céline avait pris le même parfum que Julie ne sachant pas ce qu'elle aimait réellement. Jusque là, elle n'avait jamais pris de glace, elle ne savait même pas si elle aimait ça. Mais à la première bouchée elle trouva rapidement la réponse à sa question. Alors qu'elle mangeait avidement sa glace, un homme en costume se retourna sur le passage de Céline.
Il n'arrivait pas a y croire que faisait elle ici après tout ce temps d'absence?
Céline? Voyant que celle ci ne répondait pas il l'interpella a nouveaux. Céline?
Celle ci ne réagissait toujours pas, elle marchait toujours à côté de Julie tout en finissant sa glace. L'homme lui attrapa doucement le bras. Céline?
Elle se retourna au contact de la main de l'homme sur son bras. Excusez moi je crois que vous vous trompez, je m'appelle Virginie dit elle en se dégageant de son emprise.
L'homme la regarda Céline c'est une blague?! Tu me reconnais pas?
Céline fixait l'homme... Mais rien ne lui vint à l'esprit. Elle secoua la tête négativement. Non je suis désolée.
Julie qui n'avait pas loupé la scène lâcha alors Excusez moi elle a perdue la mémoire... Mais... Vous la connaissez?
Lorsque l'homme compris pourquoi Céline n'avait pas l'air de le reconnaître un large sourire de satisfaction se fixa sur son visage.
Bien sur que je la connais...
Un peu plus tôt, à Barcelone.
Virginie avait finalement pris un vol pour Marseille. Elle n'avait même pas à défaire ses bagages, c'était pratique dans un sen... Mais elle n'avait pas pu prévenir Béatriz qui avait encore découché.
Son vol était pour 11h, il lui resterait bien quelques heures de sommeil dans l'avion qu'elle pourrait rattraper à cause de cette courte nuit. Après une énième tentative sur le portable de Béa, Virginie finit par lui écrire un mot qu'elle déposa sur la table basse du salon. De toute façon, elle pouvait très bien l'appeler encore une fois ou deux lorsqu'elle serait à l'aéroport.
Il était presque 9h30, vu que Virginie avait déjà tout de près elle termina son message, et alors qu'elle s'apprêtait à partir, Tony traversa le salon en baillant. Il mit quelques secondes avant de comprendre ce qu'il se passait. Il fit marche arrière et regarda Virginie mettre son sac sur le dos.
Tu pars?
Oui, c'est mon père il est à l'hôpital, enfin... J'ai tout mis dans le mot pour Béa sur la table de chevet.
Il ne valait mieux pas compter sur lui pour jouer les messages. Le nombre d'informations qui s'étaient perdues lorsqu'on lui avait demandé de transmettre un message était presque incalculable. Ils se sourirent .
Bon bah... Bon voyage... Ou plutôt bon retour chez ton père.
Après un bref au revoir, Virginie claqua la porte de l'appart et pris le bus pour l'aéroport. Au bout d'une demie heure elle était enfin arrivée, sac au dos, elle marcha d'un pas rapide vers l'embarquement pour Marseille.
Après une bonne heure d'attente ou elle luttait contre le sommeil qui refaisait surface, elle s'engouffra enfin dans le couloir qui menait à l'avion. Elle pris place au numéro indiqué sur son billet, par chance elle était à côté de la fenêtre. Quoi que, une fois assise, ses yeux se fermaient déjà. Elle tenta de regarder le monde rentrer et ceux qui tentait de trouver la bonne place. Durant ce petit temps d'attente, son esprit vagabondait déjà dans les rues de Marseille. Ses souvenirs de petite fille, d'ado, puis de femme. Tous, elle les avaient eu à Marseille.
Elle avait voyagé quelques fois pour des chantier, mais finissait toujours par revenir. A chaque fois qu'elle y retournait, elle avait l'impression de rentrer à la maison. C'était sa ville, elle ne pouvait pas la quitter bien longtemps...
Sauf, sauf ce fameux jour... Cette fameuse dispute avec Céline.
Ce jour qui avait fait de Marseille une ville de souvenir trop douloureux à porter. Alors elle avait tout plaqué, pour la fuir et tenter de se reconstruire à nouveaux. Ailleurs.
Cela faisait presque un an déjà qu'elle n'y avait pas remis les pieds. Mais en se projetant dans les ruelles, elle voyait déjà l'image de Céline qui hantait les lieux. Le "retour au source" promettait d'être plus difficile qu'à l'accoutumée.
Au même moment dans la maison de la grand mère d'Anaïs.
Céline et Julie avaient raconté à tous qu'un homme en ville avait reconnue la blonde, malheureusement il n'avait pas pu s'attarder à cause d'un RDV.
Il lui avait donc donné rendez vous au même endroit pour tenter d'aider Céline via ses souvenirs à lui.
Julie avait voulu y allé aussi, mais Amandine sa tante et son père en avaient décidé autrement. D'une part parce que Julie était trop petite et d'autre part parce qu'Anaïs était la seule à mieux la connaître, du moins elle connaissait Céline après son amnésie.
Anaïs avait pris sa petite Renaud et ensemble, elles étaient retournée sur les lieux. Après quelques minutes d'attente l'homme toujours en costume, fit son apparition. Instinctivement, il fit la bise à Céline qui se laissa faire, puis, il se tourna vers Anaïs.
Il ne me semble pas vous avoir vue hier... A moins que vous ayez grandi pendant la nuit... Mais, il me semble la petite fille qui accompagnait Céline n'avait pas les mêmes yeux ni les même cheveux que vous plaisanta t il.
C'était ma cousine Julie. Je m'appelle Anaïs Baumartin.
Enchanté Mademoiselle, Vincent Chaumette.
Après lui avait serré la main il s'assit en face de Céline. Anaïs enchaîna. Vous connaissez Céline depuis longtemps?
Depuis mon entrée dans la boîte... Ça fait a peut près 6 ans, je crois.
Dans la boîte? continua Anaïs pendant que Céline tentait de retrouver quelque chose dans ses dires qui pouvait l'aider à se souvenir.
Oui, on bossait dans la même société... Elle a été revendue, depuis, et n'existe plus... Il marqua une courte pause. J'étais un architecte venu de Paris et elle bossait à la mairie dans l'idée de reprendre la boite de BTP de son père et devenir co PDG par la suite.
Une boite de BTP?! lâcha Céline plutôt surprise.
Une vraie femme d'affaire dans un monde d'homme. J'ai d'ailleurs trouvé ça très courageux de jouer des coudes pour se faire une place en tant que femme... Ce que tu as réussi, d'ailleurs... Heu... Ça ne t'ennuies pas si je te tutoie au fait?
Céline secoua négativement la tête. Elle n'en revenait pas de ce qu'elle entendait. Et... Ma famille? demanda t elle timidement
Ta mère est décédée il. y. a 3 ans à peu près, il me semble, ta sœur est en plein tour du monde mais elle ne veut plus remettre les pieds à Marseille... Quand a ton pere il a fait un arrêt cardiaque il y a peut.
Je n'ai plus aucun membre de ma famille alors? A part cette sœur... Qui fait le tour du monde?
Hélas non... Surtout que tu avais perdu le contact avec ta sœur, il me semble...
Mais pourquoi?
A cause de la mort de ton frère jumeaux, ça a anéanti ta famille.
J'avais un frère jumeaux?!
Il est mort lorsque tu étais jeune...
Ca fait beaucoup de mort tout ça... Céline était contente d'un côté de ne pas se souvenir... Elle voyait à quel point sa vie était triste. Entourée de tous ces mort. Ce qui devait prédire une vie plutôt désastreuse.
Et... Je suppose que je n'étais pas mariée et que je n'avais pas d'enfants?
Ni mari, ni enfants... Mais... Il hésita quelques secondes.
Mais? demanda Céline mis inquiète mis avide d'en savoir plus.
Mais... On flirtait pas mal ensemble... Enfin... j'espère que ça... Ne t'ennuie pas enfin... Ça peut te gêner dit il faussement mal à l'aise.
Céline fronça les sourcils, elle avait en face d'elle un homme plutôt charmant. Et cette homme était son amant?
Mais pourquoi ne pas m'avoir cherché alors si, comme vous dites, on avait une histoire? demanda t elle ignorant la question de Vincent. Et pourquoi se faisait il que j'étais à Paris et non à Marseille?
Tu étais à Paris pour affaires.. Je n'ai pas cessé de t'appeler les premiers jours mais mes appels restaient sans réponses... J'ai décidé de faire intervenir la police... Mais... Paris est une grande ville... Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. J'ai cherché... Mais au bout de six mois, je n'avais plus que l'espoir dans mes ressources.
Marseille dans l'après midi
Virginie avait pris un taxi direction l'hôpital de la Timone. Elle tendit un billet au conducteur et sortit de la voiture tout en mettant son sac sur son dos. Elle n'était même pas passée chez son père pour déposer ses affaires, elle préférait voir directement avec lui les choses essentielles et surtout voir s'il se portait aussi bien qu'il le disait.
Arrivée à l'accueil, elle dut attendre quelques minutes avant qu'on daigne s'occuper d'elle.
Une odeur de mélange de produits antiseptique flottait dans l'air. Cette odeurs était gravée dans l'esprit de Virginie. L'hôpital, moins elle y allait mieux elle se portait. La dernière fois qu'elle y était venue c'était pour apprendre le décès de sa mère. Il y a des lieux, des visages et des odeurs que l'on oublie jamais...
Elle se dirigea vers l'ascenseur et appuya sur le numéro 3. Quand les portes s'ouvrirent, un brancard arriva en sens inverse. Virginie se plaqua contre la paroie afin de l'éviter de peu. Le brancardier s'excusa, Virginie lui sourit mal à l'aise puis sortit de l'ascenseur. La dame dans le brancard n'avait pas l'air bien. Elle espérait ne pas trouver son père dans le même état.
423 B
C'était la. Il était là, derrière cette porte. Virginie respira un grand coup puis afficha un sourire qu'elle voulait naturel, décontracté, puis poussa la porte.
Après quelques pas dans le "petit vestibule", elle le vit allongé, un peu trop blanc a son gout.
Il tourna la tête vers elle et lui fit un franc sourire.
Virginie! Ça me fait tellement plaisir de te voir la!
Moi ça me fait moins plaisir de te voir dans cet endroit... Elle marqua une courte pause, puis alla se blottir dans les bras, qu'il tendaient vers elle.
Toi aussi tu m'as manqué papa, je suis désolée de t'avoir laissé sans nouvelles.
Son père la serrait fort dans ses bras preuve que lui aussi avait eut du mal face à cette séparation forcée. Puis il dé-serra son étreinte. Montre toi un peut, voir comme tu as changé.
Elle se mit à rire légèrement. En un an, peu de chose change papa.
Bien sur que si! Regardes ton vieux père, y'a un an je ne pensais pas que mon vieux cœur me lâcherait.
Un voile de tristesse remplit le regard de Virginie.
Ma Vivi, ne soit pas triste pour moi, tout va mieux maintenant je suis sorti d'affaire. Virginie s'était à présent assise sur son lit. Je m'en veux un peu de t'avoir fait déplacé pour si peu... Comment tu as fait avec ton boulot et tout ça?
J'étais en vacances...
Un sourire s'afficha sur le visage de Fernand, si sa fille prenait des vacances c'est qu'elle devait aller bien, sinon elle croulerait sous le travail pour oublier, comme elle le faisait souvent.
Alors si ça ne te cause pas de soucis...
Tu sort quand? Avait lâché Virginie, elle ne voulait pas qu'il s'étende sur le sujet qui la ramènerait surement à penser à Céline.
Dans une petite semaine, le temps qu'il me garde en observation. Tu pourras t'installer à la maison si tu veux. Dans l'armoire là, il désigna le placard blanc derrière elle, y'a mon manteau, dans ma poche gauche c'est les clefs, prends les.
Marseille au Petit Nice
Céline et Anaïs avaient passé plus d'une heure à discuter avec Vincent. Céline avait rapidement compris qu'il disait la vérité, au fur et à mesure qu'il parlait, elle sentait quelques chose qu'elle n'arrivait pas à décrire. Un sentiment très fort envers lui.
Serait ce un reste d'amour, comme il avait l'air de lui faire comprendre vu leur relation?
Elle ne cessait de lui sourire à chaque fois qu'il la regardait. Mais entre temps elle réfléchissait Tentant de se rappeler un détail ou quelque chose qui pourrait l'aider à se souvenir. Mais rien, le vide. Seul ce sentiments indéfinissable. Peut être de l'amour, de l'amitié, du respect ou de la crainte... Elle n'en savait rien.
Je t'aurais bien amené au vieux port ou au calanques... Mais comme tu as peur de l'eau...
Céline le regarda avec intérêt, le sentiment de peur qu'elle avait ressentit lorsqu'elle avait mis les pieds dans l'eau n'était pas anodin.
Céline savait qu'avec ce détail, c'était lui qui détenait le plus d'infos de tous.
J'ai... j'ai peur de l'eau?
Oui... Tu n'as plus cette phobie, depuis ton amnésie?
Si toujours mais à part il y a deux jours je n'ai pas eu beaucoup d'occasion d'être près de l'eau. Pourquoi j'ai cette phobie?
C'est a cause de ton frère. Il la regarda avec un air triste. Céline compris qu'elle allait encore encaisser une mauvaise nouvelle. Elle l'encouragea cependant à continuer. Quand vous aviez 10 ans il s'est noyé dans la piscine familiale. Tu étais a coté et tu ne t'es aperçue de rien.
Céline écarquilla les yeux. Décidément, sa vie ne semblait pas si rose qu'elle le pensait.
Je peux toujours t'amener dans les endroits ou nous allions? Si tu veux ce soir je t'emmène dans le premier resto ou nous avions mangé tous les deux.
Céline regarda Anaïs pour attendre son approbation, après tout elle n'était pas seule, étant donné qu'elle s'imposait déjà beaucoup dans la famille Beaumartin il valait mieux demander avant de faire son programme. Anaïs acquiesça pour approuver les dires de Vincent. Céline se tourna alors vers Chaumette.
Ok pour ce soir, alors. Par contre il faudra venir me chercher chez la grand mère d'Anaïs.
Pas de problèmes! Dit Vincent, l'air ravi.
Marseille au bord de mer.
Virginie avait jeté son sac sur le premier fauteuil venu, elle avait claqué la porte d'entrée et s'était vautrée sur le canapé. Un petit somme était le bienvenu, pour le reste elle verrait plus tard.
Une heure après, Virginie se réveilla doucement, elle mit quelques minutes avant de se rendre compte de l'endroit ou elle était.
Comme si tout ce qui s'était passé n'était qu'un cauchemar. Mais non, elle était bien là, chez son père allongée sur le vieux sofa qui n'avait pas bougé depuis sa naissance.
Virginie soupira. Elle était hélas, à Marseille, la ville qu'elle avait fuit et qu'elle ne pensait pas revoir avant bien longtemps.
Elle laissa tout en plan pour sortir dans le jardin. Elle aurait bien une occasion de ranger, pour l'instant c'était l'heure des souvenirs...
Elle déambulait le long de la clôture d'arbustes et fixait la mer. Elle fit un petit sourire, la maison de son père était assez isolée, normal pour la plupart des pécheurs mais elle l'avait bien regretté étant ado, alors que la... Elle appréciait le calme.
Une maison loin du centre était plus que gênant surtout quand elle n'avait pas sa mobylette. D'ailleurs, sa mob devait sûrement être là, en l'état qui plus est... Peut être qu'elle marchait encore?
Le soir était presque tombé, mais Virginie ne pu résister d'aller faire un tour.
Après avoir fait grincer la lourde porte du garage et plissé les yeux a cause du trop plein de poussière qui régnait dans la pièce, Virginie sourit de satisfaction. La manie qu'avait son père de tout garder, n'avait pas que des mauvais coté finalement.
Elle fouilla dans le tiroir qui contenait la fameuse clef. Rien n'avait bougé, elle était encore là, comme si depuis tout ce temps, elle l'attendait.
Virginie dépoussiéra sa bécane de jeunesse et fit tourner la clef. Après quelques toussotements, le moteur ronronna.
Allez comme au bon vieux temps chuchota t elle à sa vieille mob.
Elle sourit d'anticipation, un petit tours sur les routes avec les longues étendues de verdures et la mer au loin allait lui rappeler de bon souvenirs.
Après avoir récupéré son vieux casque encore en très bon état, elle referma la porte et enfourcha sa vieille mob.
A peine fut elle sortie du jardin qu'elle ressentit comme durant sa jeunesse, cette liberté de pouvoir tout faire. Sa "bécane" était la clef d'une liberté sans bornes.
Les cheveux virevoltant au vent malgré son casque, Virginie repris la petite route qui la menait vers la petite crique où de nombreux souvenirs l'attendaient.
