Ok, je sais que ça fait super longtemps que j'ai pas posté et je n'ai aucune excuse ... Pour compenser, ce chapitre est un peu plus long que le précédent.
Bonne lecture ^^
« Hermione, ça va ? »
Hermione sursauta et remarqua que Néville la regardait et semblait inquiet pour elle. Elle sourit gentiment à son ami et répondit :
« Tout va bien, juste un peu de stress. »
Il hocha la tête et reconcentra son attention sur leur professeur de sortilège, n'ayant pas besoin de plus d'information. Evidemment qu'Hermione était angoissée : ils avaient un contrôle de prévu aujourd'hui et des devoirs à rendre pour le cours de Runes Anciennes…
Pourtant, Hermione n'était pour une fois pas tracassée à propos de sa scolarité, à vrai dire ses notes n'étaient plus vraiment la priorité en ce moment… Non, en fait, elle pensait à comment dire à ses meilleurs amis qu'elle avait de grandes chances de mourir dans au mieux quelques années. Elle savait qu'elle leur devait la vérité et qu'en tant que Gryffondor elle ne devrait même pas hésiter à affronter ses peurs, mais… Mais c'était toujours tellement plus facile de se taire…
Son regard dériva sur Néville et sa détermination revint la supporter dans ses prises de décisions. Ça serait peut-être plus aisé de garder ses problèmes secrets, mais si Néville avait été préoccupé par son attitude qui n'était pas habituelle alors Harry et Ron devaient vraiment s'inquiéter pour elle. La situation ne pouvait plus durer, il fallait qu'elle se reprenne en main.
Elle prit un bout de parchemin, écrivit dessus de la retrouver à la bibliothèque avant la pause du déjeuner, le transforma en dragon et l'envoya discrètement à Harry et Ron. Lorsqu'elle eut la confirmation (un hochement de tête pour être précise) qu'ils avaient reçu le message, elle put finalement se concentrer sur le cours de Sortilèges.
Ils étaient tous les trois dans la bibliothèque, assis sur des fauteuils. Harry semblait particulièrement anxieux, comme s'il avait plus ou moins compris qu'il risquait de ne pas apprécier ce qu'il allait apprendre. Ron, lui, n'avait pas encore saisi le sérieux de la conversation qui s'annonçait.
Le brun hésita, mais ne la voyant pas prendre la parole, il dit :
« 'Mione, tout va bien ? Qu'est-ce que tu ne voulais nous dire ? »
« Attends quelques secondes 'Ry … » fit Hermione avant de lancer un sort de silence. Elle chercha ses mots quelques fractions de secondes, puis commença finalement « Je… J'ai une nouvelle importante à vous annoncer et je crois que ça ne va pas vous plaire… »
Le visage des deux garçons se fit encore plus sérieux et alarmé que précédemment. Ron demanda :
« Il t'est arrivé quelque chose de grave ? »
Hermione le supplia du regard :
« Ron, laisse-moi tout expliquer sans m'interrompre, d'accord ? »
Ils hochèrent la tête tous les deux et elle continua :
« Ce que je ne vous ai pas dit c'est que mon accident de potion en deuxième année a eu d'autres conséquences que ma queue et mes oreilles. J'ai à présent besoin d'une âme sœur qui absorbe mes excès de magie. »
Harry l'interrompit :
« Pourquoi devrais-tu te faire absorber ta magie ? Plus de magie, c'est plus de puissance, non ? »
« En temps normal, peut-être mais lorsque ça atteint des extrêmes et que le corps n'est pas adapté pour accueillir tant d'énergie, ça fait des dégâts. Beaucoup de dégâts… C'est pour ça que l'âme sœur est là. »
Ron commença à comprendre là où elle voulait petit à petit en venir et il prit peur. Il déglutit et prononça lentement, comme si la question lui écorchait la gorge :
« Et les dégâts vont jusqu'où exactement ? »
« Vomissements, fatigue et éruptions cutanées les premières années. Au bout d'un laps de temps plus ou moins long dépendant de la puissance de sorcier ou de la sorcière, ça entraîne la mort. »
Ils blanchissent et un silence s'abattit. Il ne se rompit que lorsqu'Harry demanda, l'espoir perçant dans sa voix :
« Qui est ton âme sœur ? »
Hermione haussa les épaules en déclarant le plus fermement possible :
« Ça n'a pas d'importance : elle… Je ne peux pas lui imposer ça… Elle mérite mieux… »
Ce n'était apparemment pas la chose à dire : Ron se leva brusquement, se planta devant la brune et siffla avec colère :
« Je crois que je viens juste de t'entendre dire plus de sottises en une phrase que depuis que je te connais… Premièrement, personne ne pourrait mériter mieux que toi, d'accord ? Tu es absolument fantastique et n'importe qui serait content d'apprendre qu'il va passer le reste de sa vie avec toi ! Deuxièmement, est-ce que tu subis déjà ces dégâts ? »
« Oui, depuis deux ans… » avoua Hermione en baissant la tête.
« Alors, il n'y a pas de temps à perdre : tu vas la voir et tu lui expliques ce qu'il t'arrive ! Je me fiche de tes ''je ne veux pas lui imposer'' et de tes ''elle mérite mieux'', tu risques de mourir et ça, je ne le supporte pas ! » Tandis que Ron finissait son speech, Harry acquiesça pour montrer son accord avec les propos du roux.
« Elle est heureuse avec quelqu'un d'autre, Ron ! C'est mon âme sœur, je suis incapable de prendre une décision qui nuirait à son bonheur… »
Harry répéta sa question, plus doucement, parce qu'il savait que la réponse serait dure à arracher et qu'elle risquait de les choquer :
« Qui est ton âme sœur Hermione ? »
Elle hésita, avant de murmurer :
« Ne me déteste pas Ron, ok ? C'est Ginny… »
La surprise s'inscrit sur le visage des deux garçons, leur faisant ouvrir grand la bouche et écarquiller les yeux. Puis Ron se reprit et s'exclama :
« Pourquoi voudrais-tu que je te déteste ? C'est une super nouvelle au contraire ! Ma presque sœur deviendra officiellement ma sœur, j'ai maintenant la garantie que Ginny finira avec quelqu'un de parfait pour elle et en plus, je suis sûr qu'elle comprendra ta situation et te sauvera ! C'est génial ! »
Cette fois, ce fut Hermione qui fut surprise, mais très vite, elle récupéra de son choc. Elle fixa le roux droit dans les yeux et tenta de lui faire comprendre quelque chose, autant grâce aux mots qu'elle employait qu'avec les émotions qui passaient dans son regard :
« Je ne peux l'impliquer là-dedans. Je sais que tu n'es pas d'accord avec moi mais je te demande de respecter ma décision. Je… Si je vous ai dit tout ça, ce n'est pas pour que vous me poussiez dans ses bras, c'est pour que vous acceptiez l'idée que je vais mourir dans quelques années. Je pense que finirai mes études à Poudlard, peut-être que je pourrais commencer l'université, mais ça n'ira pas beaucoup plus loin… »
Des larmes coulaient sur leurs visages à tous les trois. Harry s'essuya rageusement les yeux et s'écria :
« Je comprends ce que tu veux dire, et je respecterai ta décision de ne rien dire à Ginny. Mais… Tu ne peux pas nous demander de te regarder mourir en silence ! C'est pas possible ! Il doit bien y avoir un moyen de vivre loin de son âme sœur, non ? Ça ne doit pas être la première fois que le problème se pose et ils ont forcément dû trouvé une solution ! »
La brune sortit de son sax le livre que Luna lui avait passé et l'ouvrit à la bonne page et le leur tendit. Ils lurent le passage qui l'avait intéressée dans le chapitre quatre et rougirent eux aussi à la mention de sexe. Ron se racla la gorge et demanda, plein d'espoir :
« Donc, tu vas survivre, n'est-ce pas ? Il suffira que tu te rapproches amicalement de Ginny et que tu couches avec un ou plusieurs autres filles. »
Harry aussi semblait plus rassuré et Hermione se sentit mal de devoir briser leur espoir :
« Même si j'étais d'accord avec l'idée d'utiliser quelqu'un ainsi, avec qui voudrais-tu que je couche ? Je ne connais pas beaucoup de filles lesbiennes intéressée… »
Harry la supplia :
« Hermione, je t'en prie, dis-nous que tu essaieras et que tu feras de ton mieux pour ne pas mourir ! Garantis-moi que si tu as une possibilité de faire absorber tes excès de magie, tu ne refuseras pas juste parce que ''cette personne mérite mieux'', ''je ne veux pas l'utiliser'', ou je ne sais quelle connerie de ce type ! »
Au bout d'un moment, elle accepta de jurer tout cela. Après tout, ça ne l'engageait à pas grand-chose, ce n'était pas comme si une fille allait vraiment lui proposer de coucher avec elle, non ?
Hermione, Harry et Ron se rendirent à la salle de cours de métamorphose et s'assirent à leurs places habituelles, près de Néville, Seamus et Dean. Cinq minutes plus tard, Mrs Mcgonnagal arriva et commença son cours :
« Aujourd'hui nous étudierons la métamorphose d'un être vivant en objet, plus exactement vous apprendrez à transformer l'animal placé devant vous en une figurine en bois. Il devra pouvoir bouger et faire du bruit. »
Hermione était particulièrement enthousiaste en entendant ça : elle avait lu quelque part que c'était particulièrement difficile et qu'il était souvent demandé aux BUSES. Il vit du coin de l'œil que Ron et Harry bavardaient et n'étaient absolument pas attentifs. Elle soupira : peu importe, elle avait pris depuis longtemps l'habitude de tout leur réexpliquer après les cours. Elle se reconcentra sur ce que disait l'enseignant, prête à prendre des notes
« Pour réaliser ce sortilège vous devrait prononcer la formule tout exécutant une spirale avec la baguette. Surtout concentrez-vous sur le résultat que vous voulez obtenir et articulez bien : votre animal restera conscient pendant tout le processus, si vous vous trompez et qu'il est malformé, il pourrait en souffrir, voire en mourir… »
Tous ceux qui écoutaient ce qu'elle disait déglutirent, ce qui sembla être une réaction satisfaisante pour la professeure de métamorphose puisqu'elle continua, un très léger sourire aux lèvres :
« Donc rappelez-vous : on dit converto lignum et on fait une spirale avec sa baguette ! Vous pouvez commencer ! »
Hermione n'eut pas besoin de se le faire dire deux fois. Elle donna un petit coup de coude à Ron et Harry, leur résuma brièvement ce qu'ils devaient faire, et empoigna sa baguette. Elle regarda un instant le chat en face d'elle qui la fixait d'un air perplexe et prononça en faisant attention à parler distinctement :
« converto lignum »
Un rayon pastel partit du bout sa baguette et frappa le félin qui miaula, extrêmement choqué. Il commença à rétrécir et ces poils devinrent plus durs et d'une teinte légèrement plus proche du marron. Mais la transformation s'arrêta là.
Hermione soupira, frustrée à l'idée d'avoir échouée, avant de jeter un œil à ce que faisaient les autres. Elle fut rassurée : elle n'avait peut-être pas complétement réussi à changer son chat en figurine articuler mais ses camarades y étaient encore moins parvenus.
Même Malfoy avait d'énormes difficultés à le faire. Harry et Ron, eux, étaient en train de retenir de leur mieux les chats devant eux, qui avaient de toute évidence très envie d'être loin d'eux. Elle sourit en voyant ça : elle n'avait pas ce problème, étant à moitié un chat, la boule de poil posée sur son bureau la considérait comme un membre de sa famille.
Elle décida de réessayer :
« converto lignum »
Le rayon partit à nouveau de sa baguette pour toucher le chat mais il eut cette fois plus d'effet : il devint encore plus petit (il avait à présent la taille d'une pomme) et il fut bientôt clair qu'il était fait de bois. Ses membres se raidirent et ne furent articulés qu'au niveau des hanches et des épaules.
La fierté envahit Hermione alors qu'elle observait son travail. Le jouet de bois miaula et tenta de se déplacer, tombant au bout de quelques centimètres : ses pattes n'étaient plus aussi souples qu'avant. Elle compatit lorsqu'elle le vit essayer de se relever et se vautrer à nouveau, ayant sur le visage une expression désespérée.
« Beau travail Miss Granger ! Cela fera dix points pour Gryffondor ! » annonça l'enseignante avec satisfaction, puis elle partit vers le fond de la classe pour aider quelques élèves.
Hermione sursauta avant de sourire. Elle se tourna vers ses meilleurs amis se mit à leur donner des conseils :
« Ron, essaie d'avoir un mouvement plus souple avec ta baguette, ça t'aidera. Harry, je vais essayer de te tenir le chat pendant que tu le fais, ça t'aidera peut-être à te concentrer, ça te va ? ».
« Merci Hermione ! » répondirent-ils.
Le reste de l'heure se déroula ainsi, avec Hermione qui corrigeait Ron et Harry, et ces deux derniers qui faisaient des progrès. Tout allait tellement bien qu'elle en était presque venue à croire que la journée se passerait sans aucun accroc. Elle aurait pourtant dû savoir qu'il y aurait forcément quelque chose qui irait mal, après tout il arrivait toujours des choses désastreuses en présence du trio Gryffondor.
Ce jour-là, la chose désastreuse fut causée par Goyle lorsqu'il rata son sortilège et qu'il frappa Hermione au lieu du petit chat. Il devait vraiment avoir mal prononcée la formule ou raté le mouvement de baguette car elle commença à se changer en verre et non en bois.
Tout le monde autour d'elle poussa des cris d'effroi en voyant son état et elle-même était particulièrement terrifiée : elle ne savait pas quel contre sort utiliser ou quels effets cette métamorphose avait sur les humains. Elle était déjà à moitié chat, elle ne voulait pas en plus rester à vie complètement transparente et rigide. Elle jeta un coup d'œil désespéré à l'enseignante qui l'observait, choquée par son état.
« Hermione, ça va ? Tu ne souffres pas ? » demanda Harry, inquiet.
« Je n'ai pas mal, mais c'est difficile de bouger. Je… J'avoue que j'aimerais beaucoup revenir à mon apparence habituelle… » souffla Hermione, ayant du mal à bouger les lèvres pour parler.
Alors que Harry hochait la tête et lui souriait pour lui exprimer son soutien, la professeure sembla enfin se ressaisir et se racla la gorge :
« Mr Goyle, cela fera vingt points en moins pour Serpentard ! Miss Granger, ne vous inquiétez pas, un finite incantatem suffira pour mous ramener à votre état normal. »
« Non, Professeure, s'il vous plaît ! » s'écria Hermione brusquement, le visage blême, ce qui surprit tout le monde.
Mac Gonnagal fronça les sourcils, ne comprenant pas pourquoi elle refuserait son aide, mais choisit de ne pas se préoccuper des protestations de son élève et d'annuler la métamorphose quand même.
« Finite incantatem » articula-t-elle d'une voix forte.
Le rayon frappa Hermione et supprima tous les sorts qui agissait sur elle, comme le glamour par exemple. La brune baissa la tête, ferma les yeux et poussa un long soupir alors que ses oreilles et sa queue devenaient visibles pour les autres. Elle entendit des exclamations de surprise et quelques rires, ce qui la fit frémir d'angoisse. Elle avait réussi à cacher pendant tant de temps ce secret et voilà que tout était dévoilé juste parce que Goyle n'était pas capable de viser correctement lorsqu'il jetait un sort ? C'était si injuste !
« Miss Granger ? Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous avez des attributs de chat ? » La voix de l'enseignante résonna dans la salle et tout le monde se tut, avide de connaitre la réponse.
Hermione releva lentement la tête et ouvrit les yeux. Elle pouvait voir du coin de l'œil, juste à côté d'elle, Ron et Harry qui essayaient de l'encourager du regard, Dean et Néville qui étaient surpris mais pas dégoûtés, et Seamus qui semblait bien trop couvert de suie (à cause de la dernière explosion qu'il avait provoquée) pour se rendre compte de ce qui se passait à côté de lui. Elle sentit le courage l'envahir : peu importe la réaction des autres élèves, ses amis étaient là !
« Un accident avec une potion a eu cet effet-là. Mme Pomfresh a dit que ce serait définitif. » résuma-t-elle le plus brièvement possible.
La professeure de métamorphose hocha la tête et décida de changer de sujet, remarquant bien combien son élève était gênée à l'idée de parler de ça. Elle tenta bien-sûr de continuer son cours, mais la sonnerie retentit quelques secondes plus tard. Tandis que tout le monde rangeait ses affaires, elle appela Hermione :
« Miss Granger, pourriez-vous me voir quelques minutes ? J'ai à vous parler. »
« Bien-sûr madame »
La Gryffondor se tourna vers Harry et Ron et leur chuchota qu'elle les rejoindrait à la fin de conversation avec leur directrice de maison dans leur salle commune.
Harry et Ron s'effondrèrent dans les fauteuils placés devant la cheminée. Le brun se tourna vers son meilleur ami et murmura :
« Tu penses que ça ira pour Hermione ? Tu crois que les gens vont la rejeter ? »
Ron écarquilla les yeux et répondit :
« Pourquoi est-ce qu'ils la rejetteraient ? Elle n'a absolument rien fait de mal ! »
« Je sais, mais il m'a été prouvé plusieurs fois qu'on avait besoin de faire quelque chose de mal pour être détesté et exclus. Je ne veux pas qu'elle ait à vivre ça… »
L'expression d'Harry se fit amère et Ron sentit son cœur se serrer, rongé par la culpabilité. Il savait que ça avait été complètement stupide de faire croire au brun qu'il lui en voulait après que son nom soit sorti de la coupe de feu, mais il s'était senti terrifié à l'idée de le voir mourir. Il avait toujours aussi peur d'ailleurs. Il baissa le regard et tordit ses mains.
« A propos de ça… Je voudrais encore m'excuser pour ma réaction lorsque tu as été nommé champion de Poudlard … J'ai vraiment été nul… »
Les traits du visage d'Harry s'adoucirent considérablement en entendant ça. Il posa doucement sa main sur l'avant-bras de Ron e chuchota :
« Hey, tout va bien, je ne t'en veux pas ! Je te comprends tout à fait : il était quand même assez peu crédible que quelqu'un ait comploté pour me faire entrer dans le tournoi… Il était normal que tu croies que je t'avais caché quelque chose et que tu m'en veuilles… »
Il sourit doucement avant de reprendre, sans vraiment prendre conscience de la lueur d'émerveillement qui brillait dans les yeux de Ron.
« Je suis juste si content que tu aies arrêté de m'en vouloir ! Tu me manquais tellement ! » Il pencha la tête sur le côté et prit une expression curieuse. « D'ailleurs, qu'est-ce qui t'a fait comprendre que je disais la vérité ? »
Le roux se racla la gorge et rougit :
« Hermione. Elle m'a fait prendre conscience qu'en tant qu'amis, on devait te faire confiance et te soutenir, peu importe à quel point ce que tu racontais semblait incongru… »
Ce n'était pas toute la vérité et cela blessait énormément Ron de ne pas pouvoir tout révéler à Harry mais se voyait-il sincèrement annoncer ''En fait j'étais en colère contre moi pour ne pas avoir pu te protéger et je suis terrifié à cause de ce qui peut t'arriver durant ces fichues tâches parce que je t'aime !''. Non, ça jetterait probablement un froid à la conversation…
Harry, inconscient des pensées de son meilleur ami, hocha la tête et ne dit rien, réfléchissant à un moyen d'aider et de soutenir Hermione comme elle les avait toujours soutenus.
« Hey les gars, ça vous dérange si on s'installe à côté de vous ? On aimerait parler de ce qu'on a vu en cours de métamorphose… » demanda Seamus alors qu'il s'avançait vers les fauteuils, suivi de Dean et Néville.
Ron releva brusquement la tête et acquiesça. Le passionné de botanique fut le premier à poser des questions :
« Ce qu'elle a dit était vrai ? C'est en cours de potion qu'elle est à moitié devenue un chat ? »
Il paraissait franchement terrifié. Il se disait sûrement que les cours avec le professeur Snape seraient maintenant encore plus éprouvants s'il devait en plus s'assurer qu'il n'était pas en train de se transformer en animal. Avec sa chance, il risquerait d'avoir une peau de crapaud et un nez de chauve-souris…
Harry sourit, ayant compris à quoi son ami pensait, et tenta de la rassurer :
« Ce n'était pas vraiment en cours de potion… Elle a voulu s'entrainer sur une potion particulièrement difficile et quelque chose dérapé. Elle nous a appelé et nous a expliqué ce qu'il s'était passé. On était terrifié, on avait peur que ça soit dangereux pour elle. On l'a emmenée à l'infirmerie mais Mme Pomfresh n'a pas pu faire grand chose. Elle lui a juste appris à cacher ses oreilles et sa queue avec un glamour. »
Ron donna un petit coup de coude au brun et lui montra l'ensemble des gryffondors qui tentaient d'écouter le plus discrètement possible ce qu'il disait. Il soupira mais décida finalement de ne pas s'en préoccuper.
Seamus posa une autre question :
« Pourquoi vous ne nous l'avez pas dit ? On aurait bien réagi… »
On pouvait sentir à sa façon d'en parler qu'il était blessé et qu'il aurait voulu être considéré comme leur ami et être mis dans la confidence. Ron choisit de répondre à celle-là, percevant le malaise d'Harry :
« Tu ne le voies pas de la bonne façon. Est-ce que tu as déjà été différent de tout le monde par rapport à quelque chose ? Une différence que tu ne contrôles pas, que tu n'as pas choisie ? Je sais pas si ça t'est arrivé mais sache ceci : c'est complètement terrifiant de savoir que tu n'es pas comme les autres et que tu ne le seras jamais. Dans ce genre de cas, tu es incapable d'être rationnel et de te rendre compte que tes amis t'accepteront tel que tu es… C'est extrêmement difficile ne pas vouloir garder ça secret. C'est aussi un moyen de le nier : lorsque personne n'est au courant, c'est plus facile de se dire que tout va bien et qu'on n'est pas différent des autres. Finalement, l'avouer aux autres c'est aussi s'accepter soi-même… »
Ron s'interrompit, rougissant quand il se rendit compte qu'il ne parlait plus vraiment d'Hermione. Il reprit au bout de quelques secondes :
« Pour Hermione, c'est encore pire : il n'y a aucun autre cas d'humains à moitié chat. Elle n'a personne à qui elle peut s'identifier. Et puis, à plusieurs reprises, elle a pu s'apercevoir que la communauté sorcière n'était pas vraiment des plus tolérantes… » Il grimaça. Les autres gryffondors lui jetèrent des regards confus.
« Comment ça ? » demanda Colin
« Eh bien, il y a déjà le fait qu'elle se fasse traiter de sang de bourbe par Malfoy et sa clique… Et puis, vous vous souvenez de la ''démission'' du professeur Lupin qui recevait des lettres d'insultes des parents juste parce qu'il était un loup-garou ? Vous pensez que ça a encouragé Hermione à accepter qu'elle était à moitié chat ? »
Il se tut et se demanda s'il s'était bien exprimé. Il trouvait le silence étouffant et ressentit le besoin de respirer profondément. Harry, qui avait toujours sa main posée sur son avant-bras, exerça une légère pression pour lui signifier son soutien.
Puis, Seamus sembla avoir dirigé ce qu'avait dit le roux et annonça :
« Je comprends ce que tu veux dire. Je… Je suis pas très doué avec les mots et j'ai peur de blesser Hermione par inadvertance… Vous pourrez lui dire que je la soutiens et que je suis prêt à massacrer tous les idiots qui l'embêtent juste pour ça, OK ? »
« Ok, ça lui fera très plaisir je pense. » sourit Harry. « Après, il me semble qu'elle sait probablement mieux se battre que toi et qu'elle sera donc tout à fait apte à se défendre seule… »
L'Irlandais rit : « Pas faux, mec… ». Il se leva en même temps que Dean et Néville et ils se dirigèrent tous les trois vers les dortoirs. Le brun à lunettes se tourna vers son meilleur ami :
« Tu as bien parlé tout à l'heure, tu semblais bien connaître ton sujet… »
Le roux rougit mais ne répondit rien.
La conversation avec Mc Gonnagal dura finalement plus d'une heure et Hermione ne put les rejoindre qu'au moment du repas. Elle s'assit à côté d'eux en soupirant bruyamment, avant de remarquer que tout le monde la regarder.
Dean hésita quelques secondes, puis proposa :
« J'ai lu quelque part qu'un glamour fatiguait beaucoup la personne qui le lançait, si tu veux tu peux l'enlever. Personne à cette table ne se moquera de toi. »
Elle ouvrit grand les yeux, surprise, se tourna vers Harry et Ron pour leur demander leur avis avant de murmurer un ''merci'' à Dean qui sourit chaleureusement. Elle sortit sa baguette et annula le sortilège. Encore une fois des hoquets de surprise se firent entendre mais elle était cette fois un peu moins terrifiée.
Parvati, Padma et Lavande s'approchèrent. Hermione se crispa en les voyant arriver : elle ne les connaissait pas vraiment, elle savait qu'elles avaient la réputation d'être extrêmement superficielles et ça ne lui disait rien qui vaille. Elle fut donc choquée lorsque Lavande déclara :
« J'adore tes oreilles et ta queue, c'est super mignon ! Est-ce que tu pourras m'apprendre à faire un glamour pour donner l'illusion que je suis moi aussi à moitié chat ? »
« Tu veux devenir à moitié un chat ? » demanda la brune, incrédule.
« Bien-sûr ! Mais comme le devenir vraiment a l'air difficile, je veux juste le faire avec un glamour… » expliqua Lavande en s'adressant à elle comme si elle était stupide.
« Heu, oui, je suppose que je peux t'apprendre à lancer un glamour… » accepta Hermione en bafouillant.
Les trois filles partirent et Hermione se tourna vers Harry pour lui demander :
« Est-ce que je suis la seule à trouver ça demande bizarre ? »
« Non, mais c'est plutôt ''bizarre'' dans le bon sens du terme, je trouve… » répondit-il joyeusement.
Luna vint les rejoindre et fredonna doucement près de son oreille :
« Ne plus te cacher t'aidera et d'après ce que j'ai pu comprendre, d'autres bonnes nouvelles arriveront dans les jours à venir. »
Puis elle s'éloigna en sautillant, laissant Hermione, la bouche grande ouverte, le cerveau tournant à cent à l'heure, cherchant ce que la Serdaigle avait voulu dire.
