CHAPITRE 4
« Un instant de tendresse »
- C'est un chocolat à la cannelle. Maman…euh Emma adore ça !
Je soupira en découvrant que je ne connaissais même pas les goûts de la blonde platine, l'idée du thé en était la preuve.
Comment pouvais – je consolider une nouvelle relation moins tendue avec la jeune femme après ce drame ?
Je passa une main dans les cheveux de mon garçon.
- Tu pourras lui apporter d'ici quelques minutes. Je pense qu'elle a besoin d'être un peu seule.
Il déposa la tasse fumante sur la table basse.
- Tu le feras pour moi.
Je leva les yeux au ciel, intriguée.
- Vous êtes mes deux mamans maintenant, je veux que tu fasses des efforts.
Je souria.
Il avait entièrement raison.
Je n'avais pas toujours eu le meilleur des comportements à l'égard de la blonde et après ce viol, le mieux était que je lui apporte de la douceur et du calme.
Que je fasse le premier pas pour oublier les hostilités.
Quand j'arrivai près de la porte, j'essaya tant bien que mal de réunir toutes mes forces pour ne pas faiblir.
Je devais résister à la possible peine que j'affronterais.
Emma était uniquement vêtue d'une serviette et étrangement je ne pouvais m'empêcher d'observer les parties non dissimulées par le linge.
- Je vous répugne, n'est – ce – pas ?
Bravo Mills, première erreur !
- Un chocolat. Votre préféré d'après Henry ! déclarais-je, comme pour changer de sujet.
Je compris que mon approche venait d'envenimer les choses quand Emma serra les poings furieusement.
- Que vais – je pouvoir lui dire quand il va me voir balafré comme ça ? Comment vais – je pouvoir accepter les regards de tous les habitants ? Comment reprendre ma vie après ça, hein ?! cria t – elle, en me frappant à la poitrine.
Les pleurs avaient laissé place à la colère.
Je savais qu'elle avait besoin d'extérioriser ce qui la rongeait, si bien que je n'évita aucun des coups.
Elle finit par se laisser glisser contre le mur le plus proche pour se recroqueviller.
- Je sens encore son souffle, ses mains sur moi et j'ai si peur à l'idée qu'il me retrouve…chuchota Emma, la gorge nouée.
- Vous êtes en sécurité, je vous le promets ! dis – je, pour la consoler.
- Ne me promettez pas des choses que vous ne pourrez pas tenir ! Ne me dîtes pas que vous tenez à moi alors que j'entrevois toujours ce regard glacial ! Toujours cette expression hautaine, toujours cette haine à mon égard ! dit – elle, sur un ton froid.
Ses propos m'avaient blessé, mais je savais qu'elle clamait cela uniquement pour se défouler.
- J'agis comme cela pour rester forte, pour ne pas m'abattre et vous aider ! Et vous pouvez me frappez, m'insultez, tout faire pour que je vous délaisse, je resterais ! Parce que non seulement vous êtes la mère d'Henry, mais également parce que j'en ai…j'en ai envie ! avouais – je, étonnée moi – même par ma réponse.
Pourquoi avais – je tant envie qu'elle reste près de moi ?
Un long silence avait pris place.
Regina avait eu beau hausser le ton, cela m'avait permis d'entrevoir enfin un semblant de sentiments à travers la froideur qu'elle dégageait.
Je pouvais même distinguer la main tendue qu'elle m'offrait.
Je n'avais jamais trouvé autant de soutiens en ces quelques moments qu'auparavant.
- On recommence depuis le début ? demandais – je, d'une voix douce.
Si je devais rester ici pour la nuit et me reconstruire mentalement, je devais faire mon possible pour faire disparaître le fossé qui nous avaient écartés l'une de l'autre.
- Regina Mills ! clama la maire, en tendant sa main.
- Emma Swan ! répondis – je, en serrant la paume tendue.
Je me noya un léger instant dans les pupilles noisette.
Elle était sincère.
- Que faire ? quémandais – je, toujours soutenue par sa main.
Je ne désirais pas mettre fin au contact physique.
Elle finit par prendre la parole :
- Un sommeil réparateur pour votre part vous aiderait. De mon côté, je m'engage à vous prêter tout ce qui faut niveau vêtements, vivres et j'appellerais un médecin demain.
Je sursauta en entendant la fin de la phrase.
- Non ! Hors de question ! Me toucher à nouveau…
Elle avait tenté de me rassurer en posant une main sur son épaule, mais je l'avais repoussée.
- C'est pour votre bien. Si une autre solution se présentait, j'agirais autrement, mais il n'y en a pas. C'est dans votre intérêt !
Ses justifications m'avaient fait abdiquer.
- Vous resterez avec moi…durant ce moment ? demandais – je, d'une voix faible.
J'étais déjà assez traumatisé pour supporter une visite comme celle-ci sans une présence humaine.
Elle hocha la tête et était prête à repartir quand je l'interpella à nouveau.
- Je ne pourrais pas dormir seule !
Cela sonnait comme une invitation de la part de la jeune femme tétanisée que j'étais.
Je recherchais un appui parmi le désarroi qui m'entourait.
Regina Mills en serait – elle un ?
A Suivre...
