Sans surprise, la quatrième et dernière partie de ma petite one shot ciselée. ^-^
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RETROUVAILLES
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Partie 4
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Le lendemain matin, c'est comme convenu qu'ils se levèrent à l'aurore pour prendre le fourgon et se rendre dans la petite ville désertée, évoquée par Daryl la veille au soir.
Les lieux étaient classiques de ces bourgades traversées par une nationale, où l'ensemble des rares boutiques installaient vitrine de chaque côté de la route principale. Leur premier arrêt fut un Diner situé à son entrée, paraissant clairement délaissé. Prudent, Daryl les dirigea à l'intérieur du restaurant via la porte arrière. À deux, ils s'y infiltrèrent et réussirent sans trop de difficulté à supprimer les deux seuls marcheurs occupant les lieux aux fenêtres couvertes de journaux. Sans doute avait-il recueilli un temps quelques personnes du coin, au tout début de l'épidémie. Mais à l'évidence, personne n'y était plus resté depuis des années.
Le restaurant déblayé de toute non-vie, Daryl alors muni d'une hache, en plus de son arbalète, les guida à l'étage - cible qu'il convoitait dès l'origine.
- Que veux-tu faire ?
- Les habitants de ce type de patelin n'étaient pas trop regardants sur la sécurité. On devrait pouvoir ouvrir pas mal de portes d'appartement avec ça.
- Oh.
Et effectivement. Il lui suffit de quelques coups bien placés autour des serrures pour ouvrir comme espéré, chaque porte des trois logements situés à l'étage du restaurant, telles des boîtes de sardines. Dans le premier, un studio, Beth couina au jackpot en découvrant que l'ancienne propriétaire des lieux avait sa corpulence. Ne perdant pas de temps, Daryl lui dénicha aussitôt un vaste sac de voyage et une valise dénichés dans l'un des deux autres logements, l'incitant à les remplir de tout ce qu'elle pourrait trouver lui allant - qu'il s'agisse de tenues légères pour le prochain été ou de plus chaudes pour l'hiver à venir. Avec un pied-à-terre, le pillage n'était plus à l'économie des seules affaires qu'ils pouvaient porter dans un sac à dos.
Pour sa part, Daryl s'occupa de vider les trois salles de bain de leurs produits d'hygiènes et les chambres et salon, en quête de fournitures exploitables et autres vêtements pour lui-même. Triant et pillant les trois cuisines ensemble, ils y ajoutèrent le restant d'alimentation encore consommable, ainsi que quelques ustensiles manquant au chalet, aux dires d'experts de Beth. Après quoi, ils redescendirent au Diner pour le découvrir malheureusement déjà totalement pillée. Il n'y aurait rien à en tirer. Alors sans perdre de temps, ils rangèrent leurs sacs dans le camion et partirent directement au garage du bourg. Là-bas, à l'arrière, bien camouflé derrière des bâtiments, Daryl retrouva le restant d'une cuve d'essence qu'il avait déjà utilisé une première fois. Cela leur permit de faire le plein du camion, mais aussi de remplir l'ensemble des jerricans disponibles en ces lieux pour en sauvegarder le maximum.
Leur dernière destination, pour cette première sortie commune, fut la quincaillerie où Beth subtilisa le stock de graines et matériels de jardinage nécessaire pour débuter un potager. Elle avait bien conscience que la saison était trop tardive pour produire quoi que ce soit en pleine terre. Mais la peur que d'autres viennent à piller ces fournitures devenues rares et précieuses les poussa à la prudence. Comme elle comptait malgré tout s'essayer à quelques plantations en jardinières.
Ils rentrèrent finalement après quelques heures de labeurs, leur véhicule croulant de bonnes trouvailles.
- Et maintenant ? demanda Daryl.
- Maintenant ? répéta Beth, curieuse de cette question.
- Je suppose que tu veux partir au plus tôt pour retrouver les autres, revoir ta sœur...
- Non.
Surpris, Daryl croisa son regard pour l'observer avec étonnement. Une réaction qui la poussa à se faire plus explicite.
- Tu m'as dit que nous étions à plus de trois semaines de route d'Alexandria. Hors l'hiver va débuter dans quelques jours et je ne suis pas si encline à vouloir reprendre si vite la route quand nous pourrions faire quelque chose de cette maison.
- Vraiment ?
- Vraiment.
Beth fut heureuse de son choix quand elle le vit si vivement soupirer de soulagement. À l'évidence, lui non plus n'était pas si pressé à vouloir retrouver les autres.
- En revanche, si ta proposition de m'amener voir la tombe de mon père tient toujours...
- Bien sûr ! Nous irons dès demain !
- Merci.
- Si nous restons cet hiver ici, nous pourrions redescendre encore une ou deux fois en ville finir de passer en revue le restant des petites boutiques locales et tenter d'entrer dans quelques autres appartements. Il serait bon d'être assuré avoir de quoi tenir tout l'hiver, même si les vivres rapportés de la ferme et de la prison devraient déjà suffire pour nous deux.
- Et Mutt !
- Et Mutt. Mais j'ai aussi trouvé quelques réserves d'alimentation animale, en cas de besoin. Il n'y a pas de raison de s'inquiéter pour lui.
- Tant mieux.
- Je pourrais aussi aller à la chasse avant que la neige ne se mette à tomber. Voir couper du bois, pour garnir un peu plus le bûcher.
- Nous pourrions le faire ensemble. Tu n'as jamais fini de m'apprendre à utiliser l'arbalète. Et je sais déjà où nous pourrions installer un fumoir à l'extérieur pour conserver la viande. En le plaçant près du poulailler, sa fumée ferait un bon répulsif pour éviter que des puces et autres nuisibles ne s'en prennent à nos poules. Quant au bois de chauffe, je suppose que ces bras maigrichons ne pourront que profiter d'un peu de sollicitation.
- Affaire réglée alors... partenaire.
- J'aime.
Souriant au constat qu'il n'ait pas une seule fois envisagé qu'elle puisse ne pas l'accompagner que ce soit en ville ou en forêt, Beth était soulagée et heureuse de la confiance que Daryl affichait en elle. Bien qu'elle se sût encore un peu faible et en carence, il ne lui faisait pas ressentir ses faiblesses. Peut-être qu'à son image avait-il avant tout peur de la savoir à nouveau trop loin de lui ? Leur séparation avait été vécue comme une telle souffrance qu'aucun d'eux n'avait aujourd'hui le désir de rester trop loin de l'autre, serait-ce seulement pour se laver.
- Je... il me reste quelque chose à te montrer.
- Quoi ?
Laissant finalement Beth sur leur lit face à la cheminée, Daryl monta rapidement à l'étage extirper de dessous une latte du planchée, un sac qu'elle reconnut aussitôt !
- C'est mon sac ?
- Oui. Comme je l'ai dit, je l'ai retrouvé sur le bord de la route.
- Merci ! De toute cette mésaventure, je n'ai jamais su garder que le couteau que tu m'avais donné.
Couteau qu'elle portait toujours à la hanche, comme à l'instant.
- J'ai... j'ai pu y ajouter quelques petites choses.
Le lui apportant finalement, Daryl lui abandonna entre ses jambes alors croisées en tailleurs, avant de s'asseoir à ses côtés, tout en restant un peu en retrait.
Impatiente et curieuse de découvrir ce que renfermait son ancien sac de survie, c'est sans crainte que Beth ouvrit la boucle pour y découvrir un gilet qu'elle savait étrangement avoir gardé jadis sur le dossier de sa chaise d'écolière. Trouvant d'abord curieux que le chasseur soit venu à emporter un vêtement lui ayant appartenu de la ferme, et qui plus est ce dernier, Beth réalisa tout aussi vite qu'il protégeait surtout son âme ! Daryl dans sa gentillesse et bienveillance infinie lui avait rapporté le journal intime qu'elle tenait à la ferme, celui-là même qu'elle se souvenait avoir laissé un soir sur son chevet. Avec lui, se trouvait aussi celui de la prison, oublié sur son bureau quand ils avaient de nouveau dû fuir leur maison. Auquel s'ajoutait un nouveau cahier, vierge de toute ligne et une poignée de stylos de toutes couleurs.
En plus du sentiment puissant de reconnaissance à voir ainsi son passé retrouvé. Elle devait avouer son impatience à coucher sur le papier blanc immaculé les épreuves affrontées depuis la chute de la prison, avant qu'elles ne soient plus que des souvenirs fugaces. Il y avait tant d'évènements survenus à Grady qu'elle ne se sentait pas apte à évoquer oralement, bien qu'avide d'en délivrer la vérité. Peut-être réussirait-elle enfin à se libérer du poids de ses actes en les exprimant prochainement par ce biais ?
- Je n'ai jamais lu une ligne. avoua soudain Daryl, comme pour couper court à sa perdition.
- Tu aurais pu. Je ne t'en aurais pas tenu rigueur.
- Peut-être... Peut-être un jour pourrons-nous les lire ensemble ?
- J'en serais heureuse.
Posant ces biens précieux à ses côtés, Beth creusa dans le reste du sac pour découvrir une boîte à musique remplie de photos de toute sorte d'elle et de sa famille. La plupart jadis sauvegardées dans des cadres éparpillés un peu partout dans leur maison. Dans une trousse elle retrouva ses bracelets, élastiques et autres fournitures girly qu'elle avait stockés à la prison. Enfin, au fond du sac, se trouvait la bible qu'elle savait avoir appartenu à son père, la dédicace signée par elle-même Maggie, Shawn et sa défunte mère dû-t-elle en être la preuve. Elle se souvenait du jour où ils lui avaient offert et où Hershell leur avait demandé de la signer pour qu'à jamais il puisse les sentir avec lui quand il emportait sa bible en voyage. Beth s'était toujours demandé comment son père avait réussi à sauvegarder ce bien quand ils avaient fui la ferme en flamme. Elle savait en revanche que cette relique avait par la suite trouvé sa place sous son oreiller dans sa cellule.
Avec ces quelques objets retrouvés, Daryl venait de lui rendre ses racines et souvenirs précieux de son père disparu, pour mieux lui ouvrir son présent. Comment pourrait-elle jamais l'en remercier suffisamment ? Elle se posait clairement la question, quand elle sentit une dernière chose au fond du sac.
- Ça... Ce n'était pas à moi.
Extirpant un magnifique médaillon, déniché dans l'une des poches avant, Beth chercha réponse dans le regard de Daryl. Le voyant alors rougir et l'éviter, elle douta qu'il puisse s'agir d'une erreur. Ne voulant pas pour autant le brusquer, elle glissa l'une de ses mains sur celle posée à ses côtés pour attirer son attention.
- Dis-moi...
- Je... Je l'avais trouvé un peu avant que tu ne disparaisses. Jamais eu le temps de te l'offrir.
- Oh.
Observant à nouveau le bijou, elle ne pouvait ignorer combien il ressemblait au médaillon possédé jadis par sa mère et qu'elle avait perdu lors de leur premier hiver passé sur la route. Elle se souvenait amèrement s'en être rendue malade à l'époque. Ouvrant délicatement le carcan, elle en pleura d'émotion quand elle vit à l'intérieur deux petites photos taillées. Il y avait le portrait de Maggie et Shawn sur l'une des faces et celui de ses deux parents dans l'autre.
- Comment ?
- J'ai trouvé les photos à la ferme.
- C'est... C'est si beau et précieux. Merci ! Dieu. Tu es si merveilleux. Merci ! Merci tellement Daryl !
Se jetant tout simplement dans ses bras, faute de trouver des mots assez forts pour exprimer sa reconnaissance, Beth fut tout aussi heureuse de sentir le corps jusqu'alors tendu du chasseur se détendre sous son poids.
- Je t'aime tellement.
Profitant du reste de la journée pour échanger, s'aimer et se redécouvrir encore et encore, ce n'est que tard dans la nuit qu'ils purent enfin s'endormir plus que jamais serein en leur avenir.
WD
Débuta alors pour eux, une période faste de calme, si nécessaire à leur besoin de guérir de leurs lourdes cicatrices, tant mentales que physiques.
Bien qu'au préalable, à peine deux jours après son arrivée dans la demeure, Beth prit sur elle de modifier l'emplacement du mobilier. Ainsi fit-elle jeter par Daryl le canapé aux coussins défoncés pour le remplacer par un modèle a priori quasi neuf trouvé dans le studio situé au-dessus du Diner local. Ils placèrent dès lors ce dernier devant la table à manger et ses chaises qu'ils rapprochèrent côté cuisine pour en faire avant tout une table de travail, au regard de l'absence de tout bar ou îlot central. L'espace ainsi libéré sur le côté de la pièce à vivre permit d'y installer le sommier de l'étage pour y reconfectionner le lit complet et ainsi surélever leur couche du sol froid. De chaque côté du lit, Beth fit placer par Daryl les deux commodes présentes dans la demeure, de sorte qu'ils y aient accès sans devoir grimper dans la mezzanine. Avec chacun la leur, ils pouvaient y ranger leurs vêtements et effets personnels. Le reste du linge de maison fut lui stocké dans le vaste placard de l'entrée. Tandis que tout objet ou fourniture ne leur étant pas utile fut dès lors, à l'inverse, vidé et rapatrié dans la salle du Diner, leur servant nouvellement de débarras au regard de sa facilité d'accès.
Dans la vaste mezzanine du chalet, Beth avait fait remonter le petit bureau du bas et apporté une nouvelle étagère pour faire du premier espace, au contenu vidé, une sorte de bureau/ bibliothèque. L'autre pièce fut conservée en l'état, telle une chambre d'amis. Comme s'ils s'attendaient seulement à pouvoir recevoir du monde...
Consciemment ou non, Beth avait ainsi en moins d'une petite semaine, réorganisé l'ensemble de leur intérieur. Si bien que Daryl s'était même surpris un matin de comprendre qu'elle avait surtout réaménagé la pièce à vivre à l'image des campements en extérieur que lui concevait. À savoir tout installer autour du foyer principal. Raison pour laquelle, il trouvait son arrangement si naturel et appréciable. Sans réelle surprise, Beth avait finalement réussi, à l'image du poulailler pour les poules, à adapter le lieu de sorte qu'il puisse s'y sentir à l'aise, sans pour autant faire l'impasse sur le confort qu'elle attendait elle d'une maison durable et non plus de passage. Où l'art de mutualiser leurs attentes respectives pour faire de cette demeure jusqu'alors sans âme un véritable foyer.
Ainsi passèrent-ils l'hiver à juste profiter de la présence de l'autre. Entre coupes de bois de chauffe, quelques menus travaux d'entretien ou soins apportés aux animaux... Ils profitèrent surtout, pour une fois dans leur vie, d'un temps calme et posé uniquement consacré à leur couple et la découverte de l'autre. N'ayant pas même besoin de beaucoup lutter pour trouver leur nourriture, au regard des stocks préalablement dénichés par Daryl. Ce dernier, alors même libéré de toutes obligations vitales, put enfin véritablement lâcher prise. Et avec ce sentiment inhabituel pour un homme tel que lui, trouver le courage de se confier à Beth sur son passé, son enfance battue et tout ce que cela avait engrangé comme haine de soi.
Quand, à son tour, la jeune femme lui avoua ce qu'elle avait dû affronter à Grady - par le biais détourné d'une lecture commune de son nouveau journal intime... Apprendre qu'elle avait dû tuer de sang-froid ou évité de si peu le viol avait particulièrement dérangé et agité son compagnon. Mais la vraie lutte avait été pour Daryl de la convaincre qu'elle n'était pas aussi faible que cette femme flic, Dawn, avait pu lui faire croire. Savoir que sa propre sœur n'avait pas parié un kopeck sur sa survie n'avait clairement pas aidé à la démarche, Beth n'ayant jamais été dupe de ce point.
C'est en voulant lui ôter toutes ses pensées ridicules, que Beth lui avait un jour contré que cela valait bien ses propres incertitudes, héritées de son père maltraitant l'ayant poussé à croire toute sa vie qu'il n'était qu'un déchet de bon à rien, juste apte à suivre un frère violent et raciste.
Faire face à leurs contradictions et peurs intestines les avait tous deux, pas mal chamboulés. Mais de s'y confronter, les combattre et les abattre à deux, leur avait surtout offert une nouvelle confiance en eux. Avec du temps, beaucoup de persévérance et non moins d'amour... ils trouvèrent finalement la force d'avancer au-delà de leurs œillères respectives. Aussi est-ce riche de leur reconstruction, tant mentale que physique, qu'ils sortirent de l'hiver plus forts qu'ils ne l'avaient jamais été.
WD
Quant au cœur du Printemps, Beth se découvrit enceinte, c'était pour elle une conséquence naturelle qu'elle avait secrètement espérée. Elle l'avait finalement avoué à Daryl, s'excusant aussitôt de le prendre en quelque sorte en otage par sa décision ferme à vouloir garder l'enfant. Comme s'il aurait pu le lui refuser ? Elle paraissait si rayonnante aux yeux du chasseur, que pour rien au monde, il n'aurait voulu l'en priver. Surtout que tout semblait aller au mieux pour eux, à cet instant. Leur potager s'épanouissait sainement, plusieurs couvées s'apprêtaient à éclore à tout instant, et la chasse et cueillette au sein de leur forêt luxuriante s'avéraient riches et faciles par la présence d'une flore et faune grandissante...
Apprendre cette future naissance avait bien sûr, dès lors, rendu Daryl soucieux quant aux complications pouvant s'y associer. Après tout, Lori n'avait pu en survivre. Pour autant, Beth avait refusé de s'engager enceinte dans un long trajet pour retourner à Alexandria. Elle était plus désireuse de rester au cœur de leur forêt protectrice, le temps de sa grossesse.
À son terme, comme tant d'autres avant elle, la jeune femme eut finalement la chance de donner facilement naissance à une petite fille partageant avec ses parents ses yeux bleu clair. Ils décidèrent alors de rester encore un peu, juste le temps que le bébé grandisse suffisamment pour voyager sans crainte. Mais le temps faisant, ils vécurent surtout heureux de leur solitude choisie, ne croisant jamais personne. Ni dans leur petite ville qu'ils pillaient toujours régulièrement pour tout et rien, ni à la maison funéraire, et moins encore dans leur forêt nourricière.
Aussi n'est-ce qu'aux quatre ans de leur petite fille, Anna Dixon, qu'ils firent enfin le choix de prendre un risque majeur : celui de retourner vers Alexandria, y découvrir ce qu'il était advenu de leur famille depuis leur séparation, plus de cinq ans plus tôt pour Beth.
Quand ils apprirent d'Aaron ce qu'ils avaient manqué, les ravages de la guerre qui s'y était déroulée... Aussi égoïste que ce soit, Daryl ne ressentit aucun regret ni remords à s'être ainsi éloigné de cette communauté. Non seulement, car sans cela, il n'aurait jamais retrouvé la femme de sa vie, sa raison de vivre. Mais il n'aurait pas plus connu la joie ultime de devenir père à son tour. Il savait pertinemment que s'ils étaient revenus dès leurs retrouvailles, ils auraient dû affronter regards et jugements sur leur couple. Principale raison l'ayant poussés le concernant à tant retarder leur retour.
En découvrant dorénavant leur histoire, Daryl comprenait surtout qu'ils avaient évité les affres des attaques sanglantes de Negan, comme les choix fous de Rick à vouloir jouer les shérifs du comté, bien qu'alors démuni d'une force humaine et en armes suffisantes pour assumer de telles aspirations. Dieu seul savait ce que son frère d'armes aurait alors attendu de lui dans cette guerre civile.
Depuis la fin du conflit, Rick et Maggie avaient pris la tête de nouveaux groupes pour se déplacer à Washington dans l'espoir de reconstruire un Nouveau Monde. Tant d'ambitions en ces deux âmes si nostalgiques du passé !
Du temps s'étant écoulé depuis cette période sombre de la vie d'Alexandria, les ressentiments des survivants de la guerre contre les Sauveurs semblaient apaisés, leur évitant tout reproche à ne pas y avoir participé. Mais Beth comme Daryl se confrontèrent malgré tout à la difficulté de s'intégrer dans une vie de groupe qui n'était plus la leur. En absence de toute figure familière en ces lieux, n'ayant finalement aucune volonté à vouloir s'intégrer, ni aucun plaisir à vivre ainsi perdu dans les affres des attentes de tout à chacun, sachant combien cela ne leur convenait pas, eux qui vivaient si heureux en totale solitude. C'est assez vite qu'ils reprirent le chemin de leur maison - avides de retrouver leur chez eux et cette bulle d'amour qui s'y épanouissait - pour y reprendre le cours paisible de leur vie à trois.
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Fin.
mimi yuy
