Me revoilà! Pour résumer, j'étais totalement bloquée. Et je m'acharnais sur des trucs qui ne me convainquaient pas. Alors évidemment, ça ne marchait pas. Mais là, un journal, un premier miracle. Une émission de radio, un deuxième. Quoi que l'émission en question n'a rien à voir ici. Sinon, comme d'hab: merci à tous ceux qui lisent/aiment/suivent/mettent une review à cette... série en quelque sorte?
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Disclaimer: Les personnages et l'histoire d'Hetalia ne m'appartiennent pas...
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L'éducation
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J-2- Maison d'Antonio Carriedo; Espagne
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Un silence pesant régnait dans la petite salle. Les deux Italie, Espagne et Grèce fixaient l'accusé, le fusillant du regard. Celui -ci boudait, les bras croisés, et une petite moue qui pouvait être considérée comme craquante pour beaucoup. Mais ça ne fonctionnait pas sur eux. Plus depuis longtemps en tout cas. Ils était immunisés, et c'était totalement injuste. Égypte, appuyé sur un mur un peu plus loin, regardait la scène avec une joie non dissimulée. France était en train de se faire juger par le tout nouveau tribunal interne du CIDAG, et la situation n'était pas vraiment à son avantage. Et Égypte allait se faire un plaisir de jouer l'avocat de la partie civile.
« Tu as quelque chose à dire pour ta défense, peut-être?
L'accusé grinça des dents. Bien évidemment que son aîné allait s'en mêler. Comment pourrait-il résister à l'envie de l'enfoncer? Mais il n'allait pas se laisser faire sans combattre.
- Mis à part le fait que, contrairement à toutes les lois en vigueur, on ne m'a pas autorisé à avoir un avocat, je ne vois pas vraiment pourquoi tu es là, Horus. Aux dernières nouvelles, cette histoire ne concerne que l'Europe.
Le brun eu un sourire sadique.
- Je suis un membre actif du CIDAG. Donc, j'ai le droit de m'exprimer. Si je me rappelle bien, c'est d'ailleurs toi qui m'a intégré dans ce comité.
- Tout le monde fait des erreurs.
- Francis, soupira Antonio, ce dont nous devons parler est autrement plus important que tes disputes infantiles avec Egypte.
- Et pourquoi devrais-je porter toute la responsabilité dans cette histoire? Tous nos chefs se sont mis d'accord, et je n'ai pas plus eu mon mot à dire que vous.
- C'est TON fils dont nous parlons, bouffeur de grenouille! TON mode d'éducation! Tu es un latin, peux-tu m'expliquer COMMENT tu as pu te planter à ce point dans les valeurs que tu lui as transmises? Il veut exporter du bœuf génétiquement modifié chez nous!
- Ha, ça vous va bien de dire ça! Les trois-quarts du temps, vous oubliez son existence, et quand ça vous arrange, vous vous souvenez miraculeusement que je l'ai élevé. Surtout quand c'est à mon désavantage! Et là, vous mettez de coté un petit détail. Canada a vécu avec Angleterre bien plus longtemps qu'avec moi. Et il a trop fréquenté America à mon avis! Alors je ne vais pas vous servir de bouc émissaire sous prétexte que la décision qui a été prise ne vous convient pas. Je n'en suis pas plus heureux que vous!
- France, quoi que tu dises, c'est durant la petite enfance que la plupart des principes de bases sont intégrés par les enfants. D'ailleurs, tu t'es aussi occupé d'Angleterre quand il était enfant. Et le résultat n'est pas forcément probant.
- Ça, Feliciano, c'est bas. Angleterre était génétiquement destiné à être une catastrophe dans le domaine culinaire. Et un mégalomane expansionniste. J'ai tout essayé pour corriger ses prédispositions, mais sans succès, et j'ai le droit de penser que j'ai assez payé pour cet échec. Je suis désolé, mais quand on arrive à brûler un œuf à la coque, il n'y a pas grand chose à faire! Et Arthur sait faire des toasts à peu près mangeable quand on gratte le brûlé, maintenant. Il a progressé!
Ses frères le regardèrent, septiques.
- Tu es trop coulant Francis, mais quoi qu'il en soit le patrimoine originel de Ma... Comment s'appelle-t-il déjà?
- Mathieu, Grèce. Il s'appelle Mathieu. Essayez de faire un effort, Bon Dieu! C'est votre neveu.
- Ce n'est pas le plus important. Donc, à l'origine, il n'avait pas la même capacité naturelle qu'Arthur à transformer toute forme de nourriture en dangereux poison.
- Je comprends que ça te perturbe de l'admettre, hermano mais tu as peut-être été trop laxiste avec lui.
- Mathieu sait très bien se débrouiller en cuisine. C'est sa politique d'élevage de bovins qui est à revoir. Et je ne suis pas trop laxiste. Toutes mes colonies ont été très bien élevées, autant au niveau culinaire que de la courtoisie. Tu veux vraiment que l'on parle des manières de Lovino, Espagne?
- Toi, espèce de sale pervers! Tu peux aller te faire...
Espagne plaqua sa main sur la bouche de l'italien. France haussa un sourcil, son expression sous entendant clairement « Qu'est-ce que je disais ».
- Et je ne te parle pas du mode d'alimentation de Mexique. Il mange presque autant de Mac Do qu'Alfred. Alors si je suis trop laxiste, je ne suis pas le seul.
- Là, il n'a pas tort, Antonio.
- Ho, ça va Veneziano. Très bien, je propose qu'on arrête là, et qu'on passe à l'étape suivante: le châtiment.
- Je pense que le plus juste serait que ce soit France qui l'applique. Ça lui servira de leçon en même temps.
Le blond jeta un regard incendiaire à Égypte, qui lui répondit par un rictus venimeux.
- Arrêtez tout les deux. Grogna Heraklès. On perd du temps, là. Donc on réfléchit à ce qu'on fait. Plus vite on en aura fini, plus vite on sera tranquille. Je propose qu'on organise un dîner pour parler avec lui de l'importance d'utiliser des aliments plus naturels. Enfin, je dis nous, mais c'est plutôt « toi » Francis. »
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J0- Maison de Francis Bonnefoy; France
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« Arrête d'être aussi paranoïaque, Alfred, c'est juste un repas en famille. Papa ne va pas empoisonner ses recettes, c'est contre sa religion. Et puis tu es un héros. Les héros ne sont pas des peureux.
Canada regarda son frère, qui hésitait encore à s'approcher de la porte du français. Si America avait peu à peu calmé sa colère contre ses oncles et son second père, ça ne l'empêchait pas de se méfier d'eux de façon parfaitement exagérée quand il s'agissait de cuisine. En plus, ce soir là, seuls lui, Alfred et Arthur étaient invités.
- Et puis, nous avons regardé ensemble tes dernières décisions politiques, et tu n'as rien fait qui puisse déclencher sa colère.
- Ça, tu n'en sais rien. Ce n'est pas forcément récent. Ils sont bien capable d'aller chercher des problèmes datant de la guerre d'indépendance.
Matthew roula des yeux. Son frère pouvait être un telle diva, parfois. Cette histoire de teinture semblait l'avoir perturbé.
- Canada, America? Pourquoi attendez vous à l'extérieur? Frog ne veut pas vous ouvrir?
- Iggy!
Arthur fixa son ancienne colonie. Il le connaissait assez pour reconnaître les signes: Alfred avait enfoncé ses mains dans ses poches, sans doute pour cacher les mouvements spasmodiques qui les agitaient. Ses cheveux étaient complètement ébouriffés, conséquence de l'électricité statique qu'avait provoqué les fréquents passages de ses doigts dans sa tignasse déjà rebelle au naturel. Alfred était... nerveux? Il retint de justesse un sourire moqueur. Les actions d'éclats de son rival et de ses frères avaient eu au moins un avantage. Le voir dans cet état lui rappelait les nuits où, quand il était petit, il venait le rejoindre dans son lit après avoir vu un quelconque monstre caché dans sa chambre. Il était tellement plus mignon, à l'époque. Et pour une fois, ce n'était pas lui le méchant. Cette soirée était indubitablement prometteuse.
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Dans une camionnette, non loin de là.
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« Tu n'as pas intérêt à te défiler, coq. Ils sont à la porte.
- Il n'y aurait pas quelque chose qui s'appelle respect de la vie privé dans votre vocabulaire? Je suis presque sûr que la surveillance de mon domicile entre dans la catégorie des interdits.
- Évidemment, jusqu'à présent le respect des lois a été votre principale préoccupation, petit frère. Vous n'avez absolument pas détruit une propriété du gouvernement fédéral des États-Unis, ni piraté des caméras en Espagne dans le but de les utiliser dans le cadre d'actes illégaux.
- Faucon, tu me pompes l'air. Et il faudra que tu m'expliques comment tu as entendu parler de cette histoire d'imprimante.
- J'ai mes sources, et je vous connais. Ça suffit bien.
- Bref. Je suis blessé que vous ne me fassiez pas confiance. Pauvre de moi, je suis un incompris...
- Mais oui, tu es, comme toujours, une malheureuse victime des circonstances.
- Et pourquoi est-ce qu'il faut que ça soit toi qui ais l'émetteur? Passe-le à Taureau, lui au moins il ne me fera pas perdre mon temps avec des remarques puériles.
-Qui est puéril? Contente-toi de suivre le plan, et tout ira bien. Et puis, nous avons des lignes protégées maintenant. Plus besoin d'utiliser ces stupides noms de code.
-Tu es un tyran. Et un rabat-joie. Tu ne mérites pas mon amour.
-Et toi tu es un sale garnement. Μais moi aussi je t'aime. »
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Salle à manger de Francis
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« Voilà! C'est prêt!
- Ce n'est pas trop tôt. Pourquoi faut-il toujours que tu t'y prennes au dernier moment, frog?
- Il y a des choses qui ne doivent pas être préparées trop en avance sous peine d'être moins bonnes. Comme par exemple... Non, laisse tomber il n'y a pas d'exemple dans ta... gastronomie?
- Papa, daddy pas dès le début du repas. »
L'anglais jeta un regard noir au français qui lui tira discrètement la langue. Canada soupira. Il avait beau adorer ses deux pères, parfois il aurait aimé naître dans une famille normale. Aussi normale qu'une famille de nation puisse l'être, en tous cas.
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« Ça commence fort. Je me demande si c'est comme ça à chaque fois.
- C'est encore pire qu'en réunion... Je n'arrive pas à savoir si c'est amusant ou navrant. Mis à part ça, ne serait-ce pas une émouvante déclaration d'amour fraternel auquel nous avons eu le privilège d'assister?
- Si l'un de vous refait référence à ce malheureux événement, je ressors toutes les petites mésaventures bien humiliantes que vous auriez souhaité oublier.
- Comme c'est mignon. Tu es timide, Égypte?
- Bains publics, Antonio.
- Je n'ai rien dit, je n'ai rien entendu. »
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Francis grinça des dents. Il y avait peu de chance qu'Espagne oublie ces paroles malencontreuses. Mais peut-être que la menace de l'égyptien allait être efficace. Angleterre remarqua cette micro-expression et fronça les sourcils, méfiant. Peut-être qu'Alfred n'était pas complètement paranoïaque, en fin de compte. Mais Francis n'allait pas polluer sa sacro-sainte cuisine pour se venger. Il était trop maniaque pour ça. Donc le repas était un peu près sûre. Juste faire attention après.
« Et si nous passions aux plats?
-C'est quoi France? Des frites? Des hamburgers?
Arthur roula des yeux, Canada soupira et Francis prit une grande inspiration. Il ne fallait pas qu'il s'énerve. Même s'il entendait les ricanements des traîtres qui lui servaient de frères dans son oreillette.
-Non. Des légumes et de la viande, des choses normales.
-C'est ce que je dis! Des frites et des hamburgers! C'est troooop cool! »
Sans rien répondre, le blond se dirigea vers sa cuisine. Il suffisait bien d'entendre le fou-rire des autres monstres. Il n'allait pas non plus se fatiguer à corriger un cas désespéré. En plus, il avait été élevé par Angleterre. Ce n'est pas comme si ça se soignait, à ce niveau là.
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« C'est très impressionnant, quand même. Tu vas me donner ta méthode d'éducation, France? Je ne voudrais pas la reproduire par erreur.
-Veee... Grand frère Égypte, pourquoi il pointe un couteau vers la caméra?
-Il n'oserait pas ce perverso? N'es-ce pas?
-Ça va Francis, nous savons tous que tu n'y es pour rien. Ce n'est pas de toi dont on se moque, alors repose ce couteau, hermano, s'il te plaît? »
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France planta brusquement le couteau dans la table. Zen, rester zen. Ouvrir ses chakras, respirer profondément. Arthur entra dans la cuisine et regarda le français, particulièrement énervé, puis la lame au trois quarts enfoncée dans le bois du plan de travail.
« Tout va bien de frog?
-Oui, bien sûr, pourquoi?
L'anglais hésita, ses yeux passant du couteau aux poings serrés de son rival.
-... Pour rien. Tu as besoin d'aide?
Il avait pris un ton très doux, comme ceux utilisés pour calmer un psychotique en plein délire.
-Oui, pourrais tu ouvrir le ventr... le vin ? Il faut qu'il respire un peu. J'arrive dans quelques minutes.
-D'accord. Prends ton temps, surtout. »
Il allait peut être devoir conseiller à Alfred de se taire. Une tentative de meurtre pendant le repas, ça pourrait lui couper l'appétit. Et ça refroidirait légèrement l'ambiance.
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Éloignant le micro de sa bouche Antonio murmura:
« Tout de même, quel sale caractère il peut avoir, des fois.
-Quand on voit son peuple, ça ne devrait pas t'étonner, bastardo. Il est tellement lunatique.
Grèce eut un sourire ironique.
-C'est drôle que ce soit toi qui dises ça.
-Qu'est-ce que tu veux dire, le narcoleptique?
-Oh rien. Tu vois toujours le mal partout, Romano. »
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Quand Francis apporta le plat, Arthur fut soulagé de voir qu'il semblait plus calme. Il déposa les assiettes, et s'assit.
« Mangez pendant que c'est chaud! Je vous apporte la crème et le beurre si vous voulez en rajouter dans la jardinière.
Pendant que le français était en cuisine, Canada servit d'autorité America. Comme celui-ci s'apprêtait à protester, Son ancienne métropole lui écrasa violemment le pied.
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« Bon, ils ont fini de manger. Quand est-ce que Francis va se décider à appliquer le plan?
-Ne t'inquiètes pas Lovi, il y a encore le café. Il va sûrement en parler à ce moment là.
-Grand frère France avait l'air assez en colère tout à l'heure. Peut être qu'il va nous laisser tomber?
-J'aurais plutôt dis furieux. Mais même, je ne pense pas qu'il abandonne en cours de route. Ce n'est pas son genre. Mais s'il décide de nous lâcher, il ne faut pas s'étonner. Vous avez été un peu lourd.
-Tu seras aussi coupable que nous à ce moment là, Heraklès. Tu ne l'as pas aidé non plus. »
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Assis dans le salon, la petite famille profitait d'un moment d'apaisement. A présent, l'humeur du français s'était considérablement améliorée, au grand soulagement de Canada et Angleterre.
« Ce n'était pas trop mauvais, frog.
-Ça ne valait pas les fri...Ouch! Iggy, ça fait mal!
Alfred ne comprenait pas trop, mais tout au long du repas, Arthur et Matthew semblaient s'être fait un devoir de le brutaliser sans aucune raison. Et impossible d'obtenir des explications. A chaque fois, il se faisait foudroyer du regard, comme s'il était en train de commettre un crime contre l'humanité.
-J'ai beaucoup aimé la viande. Tu as fait une cuisson particulière, papa? C'est dommage que tu n'en ais pas mangé.
-Je n'en avait pas acheté assez. C'est idiot de ma part, mais vous êtes mes invités. Je pourrais en retrouver. »
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« Et c'est parti... Si Francis y met du sien, ça va être savoureux.
-En tous cas, il semblerait qu'il se soit surpassé ce soir. J'essaierais de lui demander la recette.
-Étrangement, je pense qu'il ne va pas être très chaud pour nous la donner ou nous inviter pendant un moment.
-Je trouve qu'il se vexe facilement. »
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« C'était du bœuf, tout simple. Mais j'ai changé de fournisseur. Mon boucher est en vacances. Celui là est plus loin, mais moins cher et tout aussi bon. Je vais le retenir.
-Tu me donnerais son nom? Je vais essayer d'y passer avant de retourner chez moi.
-Bien sûr mon petit Matti. Mais tu ne pourras pas y passer.
-Pourquoi?
-Il va falloir que tu en commandes. Je suis sûr que ça ne gênera pas Yao de t'en procurer à la prochaine réunion.
Les trois nations se figèrent. Arthur se tourna vers son voisin, et posa sa tasse de thé.
-Tu... Tu l'as eu par Chine?
-Oui. Il avait un surplus et il était près à m'en vendre pour peu cher. Pourquoi?
Francis les regardait tour à tour, les yeux plein d'innocence.
-Hé bien, vous êtes tout pâles. Il y a un problème?
-S'il y a un problème? Tu ne lis pas les journaux ou quoi? Il t'a vendu du porc à la paraffine et tu nous as en fait manger! Tu nous as empoisonné!
Le continental ouvrit de grands yeux et mit sa main devant sa bouche, visiblement choqué.
-Ho mon Dieu. Mais c'est terrible!
-Dude, comment as-tu pu ignorer ça, toi?! Tu n'es pas censé TOUT savoir là dessus? Oh, je vais être malade!
-Respire Alfred, il ne faut pas paniquer. Arthur est le seul ici à réellement risquer quelque chose. Ça devrait aller pour Canada et toi! Mon petit lapin, je vais tout de suite te chercher un médicament! Même toi, malgré ta dose quotidienne de poison, tu es en danger!
L'anglais, trop ébahi par la nouvelle, ne réagit même pas au sous-entendu.
-Comment ça, ça devrait aller pour nous!? De la paraffine et du sel industriel! Comment veux-tu que ça ailles?!
-Ho, eh bien après tout vous vous nourrissez déjà de bœufs anormaux, pas vrai? Un peu plus ou un peu moins... Alors que nous autres, européens, nous ne sommes pas encore habitués.
-Anormaux?
Canada regardait son père, horrifié. Il ne pouvait pas avoir fait ça, n'est-ce pas?
-Oui, tu sais aux hormones et tout. Nous n'avons pas encore commencé à consommer à grande échelle ce genre de choses, nous. Bien qu'avec les importations venant de chez toi, Canada, ça ne devrait pas tarder à nous tomber dessus. Mais pour l'instant, il y a plus urgent! Ne t'inquiètes pas, Angleterre, je vais chercher ma trousse de secours.
Le blond sortit en courant de la pièce, traînant le britannique derrière lui. Alfred se tourna vers son frère en grimaçant.
-En fin de compte, ce n'était pas moi qui risquait quelque chose ce soir. La seule chose qui me remonte le moral, c'est qu'il n'y a pas de favoritisme. »
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« On se fait le debriefing demain midi, quand tous tes invités sont partis. Et ne fais pas trop de bêtises, Francis.
La seule réponse qu'Égypte obtint à sa remarque fut un discret doigt d'honneur à la caméra, avant que le blond ne désactive son oreillette.
Horus reposa l'émetteur. Un silence religieux régnait dans la salle d'écoute. Le plus vieux soupira.
« Ça me tue de le dire, mais il a été bon là.
-Grand frère France est fort! Il les a roulé dans la farine si facilement!
-Je ne suis pas sûr que la capacité à baratiner son monde soit considérée par la plupart des gens comme une qualité.
-Ils ne comprennent pas, c'est tout. Parfois, certaines choses doivent être faites, qu'importe les moyens à utiliser. Et nous sommes souvent les seuls à accepter de prendre le risque. C'est ça être un latin. »
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J1; Maison de Francis
« Bon, pour commencer, je tiens à féliciter tout le monde. Cette mission a été un succès total.
L'hexagonal ricana, de toute évidence de très mauvaise humeur.
-Ça c'est une question de point de vue. J'ai fait tout le boulot, vous vous me mettiez des bâtons dans les roues.
-Oooh... Le petit Francis est ronchon. C'est mignon tout plein.
-Tu es sûr que tu n'as pas quelque chose à faire à l'autre bout de la planète? Et profites s'en pour prendre les autres faux-frères avec toi. Vous avez la moindre idée de ce que cette histoire a fait à ma réputation? Je suis sûr que plus aucun d'entre eux n'acceptera de venir manger chez moi, et cette histoire va circuler dans toute l'Europe. Donc, vu la capacité des autres à garder les informations confidentielles, le monde entier va le savoir.
-Dis-toi que tu as fait ça pour le bien de l'humanité.
-Là, tout de suite, je me fiche comme d'une guigne du bien de l'humanité.
-Quel égoïsme, grand frère France.
-Ne le prend pas si mal, hermano. Ils seront tous que ça vient de nous, tu ne seras pas considéré comme seul responsable.
Le français les ignora. Grèce le fixa, semblant hésiter à l'enfoncer, avant de dire, moqueur:
-Tu boudes? C'est très mature, ça. Consoles toi, tu t'es sacrifié pour une noble cause. Et il ne leur arrivera rien.
-Tu parles. Alfred et Arthur sont des hypocondriaques en puissance, et Canada a été contaminé par leur bêtise.
-Ce sont des petites natures. Nous, nous ne serions jamais laissés avoir. Ce sont des reines du drame, tes colonies.
-Ne recommences pas avec ça, Lovino Romano Vargas. De toute façon, ça ne peut venir que d'Arthur, ce comportement de pucelle offensée. Aucune chance que ce soit du coté latin.
Grèce sourit d'un air paresseux mais étrangement orgueilleux. Le rictus suffisant d'Espagne parla pour lui. Romano bomba le torse alors que Veneziano hocha la tête avec conviction. Non, ça ne venait sûrement pas d'eux. Egypte s'empêcha d'exprimer son avis, pour éviter les cris d'orfraie (1) que ses frère n'hésiteraient pas à pousser si il osait prétendre le contraire.
-Tu vas leurs dire que c'était de la viande française, en réalité?
Francis fronça les sourcils.
-Certainement pas. S'ils n'ont pas su reconnaître la qualité, c'est dommage pour eux. Et puis, au fond c'était une bonne affaire. On a fait d'une pierre trois coup: on a remercié Arthur pour sa vache folle et la fièvre aphteuse, réprimandé indirectement Canada, et prévenu Amérique de notre avis personnel concernant l'échange qu'il veut nous imposer. Et puis, Matti va découvrir le meeeerveilleux fromage que je daignerai exporter chez lui. Il va être heureux, j'en suis sûr. Mon fromage analogue va faire un carton.
-Tu vois que tu peux être optimiste!
-Heureux que ça vous plaise. Maintenant, vous allez me rendre toutes les bandes sans rapport avec notre action, et enlever tous les micros et caméras que vous avez placé chez moi.
Le plus vieux eu un sourire sadique.
-Là, mon petit Gallia, tu peux toujours rêver. Ta vie va devenir mon émission de télé réalité favorite. »
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-THE END-
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Finiiiiie! La victime de cette fois est... Canada! Incroyable, mais vrai. L'exportation de bœufs aux hormone made in Canada est en discussion, et la réglementation européenne n'est pas d'accord. Enfin, je dis LA victime, mais c'était un peu l'hécatombe. Victimes collatérales: Arthur(Vache folle et fièvre aphteuse? Exportée d'Angleterre!) et Amérique( Les États-Unis ne lâchent pas des yeux l'affaire, car si l'importation de viande aux hormones est acceptée en Europe, ils pourront aussi en écouler!) y sont passés en même temps. Francis n'est pas passé loin. On en profite pour faire un petit tour en Chine, où la viande de bœuf est en fait du porc assaisonnée à la paraffine et saupoudrée de sel industriel. Bon appétit! Les seuls a être entièrement heureux, ce sont Grèce, Espagne et les deux Italies. Sans parler d'Égypte qui, lui, va garder précieusement ses petites vidéos pour faire pression sur Francis. Sauf si celui-ci trouve le moyen de rattraper le coup. A suivre...
(1) Crier comme une grande dame outragée, en fait. Pas que ce soit leur genre.
