Avant d'entamer ce nouveau chapitre, je tiens comme d'habitude à remercier les personnes ayant commenté mais auxquelles je n'ai pas pu répondre directement !
krokmou83: Merci encore, j'espère que ce chapitre te plaira également :)
kurogane and fairy: La voilà la suite :p
Hime-Hakkai: Merci beaucoup, je suis ravie de savoir que tu as pu t'immerger facilement dans l'univers, les descriptions de lieux n'étant pas mon fort xD J'espère que la suite te plaira tout autant !
Disclaimer: Fairy Tail et ses personnages ne m'appartiennent pas, mais l'UA dans lequel se déroule cette histoire, Donovan et Elya McGarden si.
Chapitre 3:
Un mois à peine après l'annonce de ses fiançailles avec un des Sept Princes Dragons arriva pour Levy le jour de son départ. La mort dans l'âme mais désormais résignée à son destin, la jeune fille n'avait souhaité emporté qu'une unique valise, dans laquelle elle avait rangé ses robes préférées et quelques livres. "Histoire et légendes des Trois Royaumes" était bien entendu du voyage; afin de ne pas l'abîmer, elle l'avait soigneusement emballé, le protégeant également de l'humidité sur le bateau. Vêtue d'une très simple robe orange dénudant ses épaules, dont les manches s'arrêtaient au coude pour ensuite recouvrir le reste de ses bras d'un voile corail translucide et décorée elle aussi de roses - blanches cette fois, elle s'était coiffée comme à son habitude d'un bandana orange. Ses cheveux avaient bien poussé en un mois et atteignaient le bas de sa poitrine, mais elle n'avait malheureusement eu ni le temps ni l'envie de les couper avant son départ.
Ses parents l'attendaient dans l'entrée avec Jet et Droy pour l'accompagner jusqu'au port dans leur petite voiture tirée par deux chevaux, mais elle prit le temps de faire une dernière fois le tour de son manoir. Elle était née ici et y avait toujours vécu; elle en connaissait les moindres recoins, les moindres meubles, les moindres petites taches sur les tapis. Elle passa d'abord en revue les chambres et la salle à manger, puis s'attarda dans la cuisine dans laquelle elle avait tant de fois goûté avec Jet et Droy, et dont les carreaux autrefois noirs étaient complètement décolorés. Dans le salon, elle fit mentalement ses adieux aux portraits de ses ancêtres et aux canapés sur lesquels elle avait tant de fois bondi. Les couloirs au papier peint abîmé recelaient encore des traces de son passage, des courses et des parties de cache-cache avec Lucy. Là, sur ce rideau bleu, on voyait encore la déchirure que la petite blonde avait faite en s'accrochant au tissu avec sa broche. Et au sol, le parquet témoignait de la dent du bas que Jet avait perdu en butant dans le tapis alors qu'il était lancé à pleine vitesse.
Les souv:enirs de son enfance douce et heureuse la firent sourire, mais ce sourire disparut lorsqu'elle entra dans la bibliothèque. C'était son antre, sa pièce préférée du manoir. Tous les livres que les McGarden avaient acquis, génération après génération, s'y trouvaient. Le bureau avaient accueilli ses tentatives malhabiles d'écriture lorsqu'elle était toute jeune, ainsi que celles de son père et son grand-père avant elle. Elle y aidait parfois Jet ou Droy à faire ses devoirs, et bien souvent son père l'avait utilisé pour rédiger des documents importants, préférant de loin ce pupitre simple à celui de son officine personnelle, trop peu décorée. Une odeur d'encre et de vieux papier flottait dans la pièce, et ce depuis le plus loin qu'elle puisse se souvenir. Elle caressa du doigt la tranche des livres qu'elle pouvait atteindre et se pelotonna quelques instants sur son fauteuil favori, se demandant vaguement si là-bas, à Dralmia, elle retrouverait jamais ce sentiment d'appartenance à un endroit. Quelques larmes fusèrent, qu'elle essuya rageusement; elle s'était promis de ne pas pleurer, pour ne pas peiner davantage son père et sa mère qui allaient se retrouver bien seuls. Finalement, elle se leva et quitta la pièce, refermant définitivement derrière elle un pan de sa vie qu'elle était sûre de regretter.
En bas des escaliers l'attendaient Jet et Droy, leurs valises à la main. Levy leur adressa un sourire qui n'atteignit pas ses yeux, ce qu'ils feignirent de ne pas remarquer. Se saisissant de son propre bagage, elle se dirigea vers le porche et monta directement dans la voiture dans laquelle se trouvaient déjà ses parents. Le cocher s'occupa des valises, laissant ses deux meilleurs amis s'entasser dans la voiture, se battant comme d'habitude pour être à côté d'elle. Elle mit fin à la dispute en s'asseyant entre eux, face à ses parents qui la regardaient tristement.
Le début du voyage se déroula dans le silence le plus absolu. Mais au bout d'une heure, tandis que les paysages de son enfance défilaient par la fenêtre, Levy sentit une fois de plus les larmes monter, ce que remarqua sa mère.
« Tu es sûre d'avoir pris tout ce qu'il te fallait, ma chérie ? demanda doucement Elya.
— Certaine. Ne t'en fais pas, maman, ils me donneront d'autres vêtements à Dralmia.
— J'espère que le voyage en bateau se passera bien. Tu n'as jamais eu le mal de mer mais tout de même, deux semaines de voyage…
— Elya, tu sais bien que Ballam est entre Dralmia et Fiore; la mer est le seul chemin possible, remarqua Donovan.
— Entre Ballam et les dragons, je ne sais pas ce qui est pire, marmonna Jet, aussitôt approuvé par un hochement de tête de Droy.
— Ils sont nos alliés, et certainement de meilleure fréquentation que ces mages noirs, répliqua Levy.
— Parce que forcer des jeunes gens à se marier avec leurs rejetons c'est bien, peut-être ?»
Jet sut immédiatement qu'il avait dit une bêtise en voyant l'air blessé qu'affichait Levy. Bien sûr, elle ne s'était pas vraiment faite à l'idée qu'elle allait épouser un total inconnu dans très peu de temps. Jusque-là, ils ne parlaient de ce mariage arrangé qu'en terme "d'alliance" pour ne pas la brusquer, mais il fallait voir la réalité en face. Dans deux semaines, Levy devrait partager la couche d'un dragon, le laisser la toucher, porter ses enfants… Cette idée le mettait en rage et faisait peur à la jeune fille. Ils n'en avaient jamais vraiment discuté en ces termes, mais les faits étaient là.
« Il est trop tard pour faire machine arrière, à présent, répondit Levy calmement. Je vous suis reconnaissante d'être avec moi, les garçons, mais ça ne concerne que moi.
— Désolés, Levy, murmurèrent-ils d'un air penaud.
— Nous arrivons au port.» dit Donovan d'une voix faussement égale.
Une brise fraîche et salée les cueillit lorsqu'ils descendirent de la voiture. Levy profita quelques secondes de ce vent marin vivifiant, qu'elle ne retrouverait sûrement pas à Dralmia; elle avait entendu dire que le climat là-bas était rude, sec et très chaud. Les bords de mer tenaient plus du désert brûlant que de la plage de sable fin. Inspirant profondément l'iode qui flottait dans l'air, elle découvrit alors le bateau sur lequel elle allait voyager en compagnie de ses amis et des autres Fioriens promis à Dralmia. Le navire était immense, aussi grand que son manoir si ce n'est plus, d'un bois foncé presque noir et dont la figure de proue représentait, non sans surprise, un dragon aux ailes repliées. Elle compta une dizaine de hublots sur le côté visible et admira silencieusement la cabine du pont supérieur, dont les grandes fenêtres étaient soigneusement calfeutrées par de lourds rideaux rouges. En s'approchant, elle remarqua que les bords du navire étaient gravés d'étranges runes en or. Elle reconnut le Dovahzil, la langue des dragons, et s'apprêtait à en déchiffrer les symboles quand elle sentit une main légère se poser sur son épaule. Elle croisa avec une joie mêlée d'inquiétude le regard de Lucy en se retournant.
La jeune Heartfilia arborait en effet des cernes noires sous ses yeux qui étaient rouges - d'avoir trop pleuré, se douta Levy. Elle ne put s'empêcher de constater que sa meilleure amie était cependant aussi bien habillée que d'ordinaire; sa robe bleu ciel brodée d'étoiles dorées et d'autres symboles magiques était fendue dès la ceinture, révélant un jupon blanc à plusieurs volants. Elle n'était pas très décolletée pour une fois mais dévoilait le cou crémeux de la jeune fille qui avait relevé ses cheveux en une longue queue de cheval retenue par un nœud d'un bleu plus foncé que celui de sa robe. Elle n'avait pas de manches et portait donc une ombrelle blanche pour se protéger du soleil brillant.
« Tu n'as pas beaucoup dormi toi non plus, n'est-ce pas ? demanda Levy en souriant malgré son désarroi de voir son amie dans un tel état.
— En effet, mais toi, tu n'as pas l'air d'avoir souffert de ton insomnie, remarqua Lucy en la serrant dans ses bras. Il faudra que tu me dises ton secret, à l'occasion !
— Des années d'entraînement, c'est-à-dire de nuits blanches fourrée dans des livres, gloussa la bleutée. Tes parents sont là ?
— Ils discutent avec les tiens. J'ai vu Jet et Droy, ils seront donc du voyage ?
— Oui, et heureusement ! Je me serais sentie bien seule sans eux. Je connaîtrai trois personnes sur ce maudit bateau, c'est déjà ça.»
L'air bougon de Levy fit pouffer Lucy, qui la tira vers le petit groupe que formait leurs parents et les deux jeunes hommes. Jude Heartfilia semblait moins guindé que d'ordinaire et Layla paraissait faire de son mieux pour garder contenance. En somme, ils étaient tous aussi attristés du départ de leur fille que les McGarden, malgré la grande importance qu'accordait Jude aux apparences et son ambition.
« Père, mère, savez-vous quand nous allons embarquer ? demanda poliment Lucy.
— S'ils respectent l'horaire qu'ils nous ont indiqué, dans exactement sept minutes. Des valets ont déjà monté vos valises à bord, répondit Jude en tapotant l'épaule de sa fille.
— Alors, il est temps de se dire adieu.» soupira Elya.
Levy réprima un sanglot mais se jeta dans les bras de ses parents à corps perdu. Elle les serra contre elle de toutes ses forces, comme pour les imprimer en elle et se souvenir de tous les détails les rendant uniques. L'odeur de vieux parchemin de son père, son corps râblé, sa moustache qui la chatouillait lorsqu'elle l'embrassait sur la joue… le parfum de rose de sa mère, ses douces mains caressant ses joues, ses longs cheveux couleur de l'océan… Elle aurait aimé pouvoir les emmener avec elle en les miniaturisant pour qu'ils rentrent dans sa poche. Elle aurait aimé leur dire plus souvent combien elle les aimait, qu'ils allaient lui manquer plus que tout au monde, qu'elle ne leur en voulait pas... Elle aurait aimé tant d'autres choses encore, mais le temps lui était compté.
A côté d'elle, Lucy étreignait elle aussi ses parents, avec moins de force peut-être - la retenue étant une des qualités principales exigée des vraies jeunes filles nobles - mais avec autant d'amour et de peine. Jet et Droy, ayant déjà dit au revoir à leurs familles respectives avant de venir, se retinrent de pleurer devant la scène. Tout autour d'eux les autres Fioriens faisaient également leurs adieux, mais les deux jeunes filles ne leur prêtèrent aucune attention, toutes entières focalisées sur l'instant présent. Elya adressa à Levy ses dernières recommandations, tout comme Jude pour Lucy, tandis que Donovan et Layla caressaient tristement la tête de leur fille respective. Finalement, se fut l'heure de se quitter. Un marin souffla dans une corne de brume, instiguant les passagers à embarquer au plus vite. Jet et Droy se dirigèrent vers le navire, ne pouvant supporter davantage l'atmosphère sombre qui entourait les deux familles.
« Papa, maman, je vous aime… pour toujours, dit Levy d'une voix étranglée en les serrant une dernière fois contre elle.
— Nous aussi, mon petit moineau.» chuchota son père.
Sa mère sanglotait dans son mouchoir, incapable de formuler la moindre parole. Derrière elle, Jude disait à Lucy qu'il était fier d'elle, ce qui fit s'effondrer la jeune fille. Layla la berçait contre elle, pleurant à chaudes larmes. Sans un mot, Levy souleva doucement son amie, adressa un signe de tête poli aux Heartfilia, un dernier sourire ombré de tristesse à ses parents, et s'avança vers l'imposante embarcation. Les larmes de Lucy ne cessaient de couler, que la bleutée essuyait délicatement avec son mouchoir. Une fois à bord, elles restèrent le plus près possible du bastingage et agitèrent les bras en direction de leurs parents dès que le bateau démarra et jusqu'à ce que le port disparaisse à leur vue. Alors, Lucy courut se réfugier dans sa cabine, toujours en pleurs.
Désormais seule sur le pont supérieur, Levy sentit les embruns lui chatouiller les joues, et elle s'abandonna à leur chaude caresse. Ce n'est qu'au bout de quelques secondes qu'elle se rendit compte qu'il s'agissait en fait de ses propres larmes, les premières de la journée, celles qu'elle avait refusé de laisser couler devant ses parents et ses amis. Le corps secoué de sanglots incontrôlables, elle s'entoura de ses bras frêles et posa sa tête sur la rambarde. Les quelques mots qu'elle avait déchiffrés en Dovahzul lui revinrent alors en mémoire.
« Med sumah ko strun…»
« Comme un murmure dans la tempête…»
|-^'^|^|^
Après avoir pleuré tout son soûl, Levy s'était finalement rendue dans sa cabine. Elle avait vérifié que sa valise était bien arrivée, s'était rafraîchie le visage, et avait jeté un coup d'œil circonspect à ce qui allait être sa chambre durant les deux prochaines semaines. Petite mais lumineuse, la cabine était entièrement faite de bois, peint en blanc aux murs et laissé brut au sol. Un lit aux draps jaunes égayait la décoration un peu sobre, et un fauteuil blanc en cuir semblait n'attendre qu'elle dans un coin. Elle constata que l'armoire en bois massif en face du lit pouvait contenir trois fois sa garde-robe, et vit avec plaisir que derrière une porte dissimulée habilement se trouvait une salle de bain rien que pour elle - là encore, petite, mais ravissante. Une baignoire en émail aux pieds d'argent était posée au centre, ainsi qu'un nécessaire de toilettes sur le charmant lavabo assorti. Derrière un paravent se trouvait même des toilettes. Une fois son inspection - relativement satisfaisante - finie, Levy se décida alors à rejoindre les autres dans la cabine du pont supérieur.
Elle qui s'attendait à une décoration aussi sobre mais mignonne que celle de sa cabine, elle fut ébahie devant la splendeur de la pièce commune. Lourdes tentures chargées de pierres précieuses, meubles gravés de bas-reliefs délicats, fauteuils moelleux de cuir chocolat, tapis épais admirablement tissés… Tout n'était que luxe et démontrait la puissance et la richesse des dragons. Intimidée, elle s'avança vers le trio que formaient ses compatriotes au centre de la pièce et les observa discrètement.
Le seul garçon du groupe devait être Roméo Conbolt. Elle avait appris que Doranbolt avait finalement refusé les fiançailles, et que les émissaires dragons s'étaient rabattus sur le jeune garçon, qui devait avoir à peine douze ans. Ses yeux et ses cheveux étaient bruns, son nez retroussé, et il semblait aussi perdu qu'elle. Ses vêtements étaient assez simples, et Levy en déduisit qu'il n'était pas haut placé dans la maison Dreyar. A côté de lui, la bleutée reconnut Yukino Agria; elle ressemblait beaucoup à sa sœur Sorano. Ses cheveux courts, d'un bleu presque blanc, encadrait son délicat visage mat. Elle était ravissante, sans aucun doute, et ses doux yeux marrons avaient l'air plein de gentillesse. Elle portait une robe bustier bleu clair garnie de plumes blanches et duveteuses, ainsi que de longs gants assortis. Elle n'ouvrait que rarement la bouche, et c'était l'autre jeune fille du groupe qui parlait le plus. Grande, mince mais aux formes plus généreuses encore que celles de Lucy, Levy reconnut dans un sursaut la légendaire Mirajane Strauss. Chevelure blanche, yeux bleus limpides et peau de porcelaine, elle avait attaché quelques mèches lui tombant sur le front sur le haut de sa tête, dégageant son visage. La mage des mots comprit pourquoi on la redoutait tant: ses traits fins et avenants dissimulaient sans foute sa force phénoménale, et devaient être un appât de choix. Sa robe pourpre était très décolletée, sans manche elle aussi, et fendue sur le côté, révélant une jambe au galbe parfait. Une ceinture de fils d'or reposait sur ses hanches, et des volants plus clairs recouvrait le bas de sa robe. Levy ne put déchiffrer les motifs compliqués qui s'entrelaçaient sur le devant, et supposa qu'il s'agissait de la langue des démons; elle avait en effet déjà vu ce genre de motifs lorsque Freed utilisait sa magie. Son lointain cousin possédait en effet un quart de sang de démon par sa grand-mère, une Strauss également.
Ce fut ainsi, tout entière à son observation, que la trouva Lucy. La jeune fille avait fini par se calmer et s'était passé un peu d'eau sur le visage avant de partir à la recherche de son amie, qu'elle avait abandonné au milieu de son chagrin. Connaissant déjà de visu leurs trois camarades de route - étant de haut rang elle les avait déjà croisés dans des bals donnés par le roi - elle s'intéressa surtout à Levy, qui semblait avoir pleuré elle aussi.
« Alors Lev', que penses-tu d'eux ? lui chuchota-t-elle à l'oreille.
— Hein ? Quoi ? sursauta la bleutée, ne l'ayant pas entendu arriver. Oh ! Lu, tu m'as fait peur. Tu vas mieux ?
— Oui, ne t'en fais pas. Mais tu n'as pas répondu à ma question !
— Je ne sais pas très bien, répondit pensivement Levy, ne s'attardant pas sur la réponse évasive de la mage des esprits. Mais Mademoiselle Strauss a l'air d'une vraie princesse modèle malgré son ascendance démoniaque. Yukino Agria ne semble pas très bavarde et Roméo Conbolt… est sans doute terrifié.
— Au moins autant que nous, pouffa Lucy.
— En effet. Et si nous allions nous présenter ? »
Lucy acquiesça et elles s'approchèrent du trio. Mirajane se tourna aussitôt vers eux, un sourire étincelant aux lèvres.
« Vous devez être Lucy Heartfilia et Levy McGarden, c'est ça ? Enchantée, je suis Mirajane Strauss, et voici Yukino Agria et Roméo Conbolt, de la maison Dreyar ! dit-elle très rapidement en leur serrant la main avec une poigne insoupçonnable.
— Bonjour, firent timidement Yukino et Roméo, impressionnée par la vivacité de la démone.
— Je propose que l'on se tutoie tous et que l'on utilise nos prénoms. Après tout, nous allons naviguer deux semaines ensemble, et ensuite nous ferons tous partie de la même famille n'est-ce pas ? »
Elle éclata d'un rire cristallin et s'assit avec une grâce nonchalante sur le premier fauteuil venu. Les quatre autres s'installèrent autour d'elle en formant un cercle, pas aussi à l'aise qu'elle.
« Je dois vous avouer que je suis assez ignorante de la culture de Dralmia, ce qui est assez embêtant pour un futur membre de la famille des Sept Seigneurs Dragons, continua-t-elle d'un ton léger.
— Oh non, Lady Mirajane, nous n'en savons pas plus que vous ! En tout cas, je viens pour ma part d'une maison qui privilégie la prière et la méditation aux études, je ne parle donc que la langue de Fiore…, balbutia Yukino, embarrassée.
— Un de mes cousins est un demi-dragon, je sais donc quelques choses mais rien de très important, ajouta Roméo en rougissant.
— Je me trouve dans le même cas que vous, commença Lucy, mais nous avons ici une demoiselle qui sait lire et parler le Dovahzil, et qui connaît sans doute pas mal de choses sur nos chers alliés les dragons ! »
Avec un sourire empli de fierté, elle donna une petite tape à Levy, qui se sentir rosir sous les regards curieux des trois autres. Evidemment, venant d'une maison aussi insignifiante que la sienne, il devait sembler étrange à ces nantis qu'elle en sache plus long qu'eux. Le visage de Mirajane s'éclaira soudain et elle frappa dans ses mains, faisant sursauter tout le monde.
« Mais oui, je me souviens ! Les McGarden sont une famille de mages des mots, c'est bien cela ?
— O-oui, nous sommes linguistes et libraires, répondit la bleutée en souriant devant tant d'enthousiasme.
— J'ai une tonne de questions sur les dragons ! Peut-être pourrais-tu y répondre, s'exclama Mirajane en la fixant de ses yeux bleus brillants.
— Oh oui Levy, s'il te plaît.» insista Lucy, curieuse elle aussi.
Yukino et Roméo n'ajoutèrent rien mais la fixèrent d'un air suppliant. Levy comprit qu'elle ne pourrait que leur céder et poussa un soupir faussement exaspéré avant de sourire.
« Très bien, que voulez-vous savoir ? »
Les questions fusèrent. Lucy demanda à quoi ressemblaient leurs vêtements, Yukino s'ils mangeaient réellement de la chair humaine, Mirajane s'il faisait si chaud qu'on le disait à Dralmia… Levy ne savait pas où donner de la tête, quand elle entendit la seule question censée du lot, posée d'une petite voix par un Roméo jusque-là silencieux.
«Comment reconnaît-on un dragon d'un demi-dragon ?»
Ravie de pouvoir le renseigner sur un sujet aussi intéressant - et important, puisqu'après tout leurs propres enfants seraient sans doute des demi-dragons, Levy sauta sur l'occasion.
«Excellente question, lui sourit-elle Eh bien, sous leur forme humaine, les dragons "sangs purs" ont des pupilles fendues, des crocs et oreilles plus pointues que celles des humains, et des ailes qu'ils dissimulent sous leurs vêtements car elles sont plus fragiles que lorsqu'ils reprennent leur forme de dragon. Ensuite, les dragons n'ayant qu'un quart de sang humain héritent au hasard de trois de ces caractéristiques, les demi-dragons de deux, et enfin les humains ayant un quart de sang de dragon d'une seulement. Il est donc assez facile de les distinguer, si on fait abstraction des ailes cachées.
— Les humains sont donc parfaitement intégrés à Dralmia ? fit Yukino timidement.
— Oui, il n'existe que très peu de dragons de sangs purs de nos jours; si je ne dis pas de bêtise, les Sept Seigneurs Dragons actuels le sont, et seulement quelques-uns des Princes. Les dragons ont une espérance de vie très élevée, ce qui explique l'extinction progressive de leur race, malheureusement.
— Nos fiancés seront donc plus vieux que nous ?! s'exclama Lucy. Mais nous allons mourir avant eux !
— C'est vrai… mais il me semble qu'ils peuvent accélérer leur propre vieillissement s'ils aiment vraiment leurs conjoints humains, et mourir avec eux.
— Quelle place ont les femmes dans la société ? »
Levy croisa le regard soudainement sérieux de Mirajane, et compris ses craintes. Fiore n'était pas à proprement parler une société patriarcale, mais les femmes étaient considérées comme plus faibles que les hommes et moins aptes à diriger une maison. Seules les familles sans héritier mâle laissaient le soin aux femmes de prendre les rênes, et encore, à contrecœur. C'est ce qui expliquait sans doute en partie pourquoi Mirajane, pourtant l'aînée d'une fratrie de trois, avait été envoyée à Dralmia. Son frère cadet pourrait diriger les Strauss sans craindre qu'elle ne tente de lui voler sa place, et la benjamine n'ayant de toute façon aucunement le droit de revendiquer le titre de dirigeante des Strauss ne représentait pas une menace. Elle fut donc ravie de pouvoir apaiser ses craintes.
« Il se trouve que les dragons respectent les femmes. A titre d'exemple, entre une femme soldat ayant eu des enfants et un homme soldat - tous deux du même âge et ayant la même expérience - c'est la femme qui serait la plus respectée, car elle aura connu les douleurs d'un accouchement.» expliqua-t-elle fièrement.
Ce traitement on ne peut plus juste des femmes étaient l'une des raisons qui lui faisait envisager un avenir à Dralmia un peu plus sereinement. Ses quatre camarades la regardèrent d'un air étonné, leur bouche adoptant la forme d'un "O" parfait. Ils furent encore plus étonnés quand ils entendirent des applaudissements venant d'un coin sombre de la cabine. Émergeant de l'ombre, un vieil homme minuscule, aux cheveux et à la moustache blanche, se posta devant eux, souriant largement à Levy. La jeune fille ne sut que faire et ne put s'empêcher de lui demander qui il était, tandis que Mirajane et Roméo reprenaient leurs esprits et pouffaient derrière leurs mains.
« Comment ? Vous ne savez pas qui je suis ? Makarov Dreyar, dirigeant de la maison Dreyar et ambassadeur de Fiore à Dralmia, se présenta-t-il en saluant bien bas, son étrange bonnet à rayures touchant le sol.
— Maître, ce n'est pas très gentil de nous faire peur comme ça, le réprimanda gentiment Mirajane. Si nous avions su que vous étiez à bord, nous n'aurions certainement pas harcelée ainsi Levy de questions !
— Je suis navré Mira, mais j'avais très envie de voir à quoi ressemblaient Mesdemoiselles Yukino, Lucy et Levy sans que mon titre les empêche de se comporter avec naturel, dit-il avec un clin d'œil. D'ailleurs, je suis très impressionné par l'étendue de tes connaissances, Levy McGgarden ! Tu n'as pas volé ton nom.»
Levy rougit sous les compliments que lui adressait un personnage si important, et s'en voulut de ne pas l'avoir reconnu. Elle toussota pour reprendre contenance et le salua très bas d'une manière aussi comique que lui. Lucy suivit son exemple en gloussant, ce que Makarov approuva d'un rire franc.
« Bien, bien, vous semblez tous plus détendus à présent ! Croyez-moi, je comprends tout à fait vos craintes, mais ne vous en faites pas, ces dragons ne sont pas si terrifiants que ça. Ils se baladent tous sous forme humaine et ne se battent pas sans raison. Pensez ces deux semaines de voyage comme une sympathique croisière ! Je ne suis pas autorisé à vous donner plus d'informations sur vos fiancés pour le moment, mais une fois en approche de Dralmia, vous en saurez plu. Maintenant, allez explorer le bateau et amusez-vous ! »
Les cinq Fioriens ne se le firent pas dire deux fois et allaient quitter la cabine, lorsque deux voix appelèrent Levy. Jet et Droy, essoufflés, accoururent et la scrutèrent du regard. Ils semblaient inquiets, et la jeune fille devina aisément qu'ils se demandaient si elle était encore chagrinée de son départ. Bien entendu, le trou dans son cœur ne se refermerait pas de sitôt, mais elle avait envie d'envisager son futur comme une aventure nouvelle se présentant à elle, et refoula ses tristes pensées et les images de ses parents. A la place, elle passa un bras autour du cou de ses amis et les entraîna vers le pont.
« Je me demandais où vous étiez passés ! Allons explorer le navire, d'accord ? » s'écria-t-elle joyeusement.
Les garçons lui sourirent d'un air incertain mais lui emboîtèrent le pas.
Levy inspira profondément. Demain était un autre jour.
Ploup ! J'espère que vous avez apprécié ce 3ème chapitre, qui était plus long que les deux premiers, comme promis ;)
Les choses avancent donc tout doucement, avec le départ de Levy pour Dralmia... qui ne se présente pas si mal finalement, avec tous ces sympathiques compagnons de voyage :D
Concernant Mirajane, je vous rassure, on ne l'a pas envoyée à Dralmia uniquement pour permettre à Elfman d'être le prochain dirigeant; Mira, Elfman et Lisanna s'entendent super bien, autant que dans le manga, et vous ne saurez que plus tard pourquoi notre démone préférée a accepté de partir ^^
Sinon, OUI, j'ai piqué la langue des dragons de Skyrim pour ma fic xD Je n'y ai jamais joué mais j'y compte bien, et pis j'ai trouvé un traducteur en ligne (anglais/dovahzil) bien pratique !
D'ailleurs le "|-^'^|^|^" qui sépare les deux parties du chapitre est en fait un essai un peu foireux de ma part de retranscrire le mot "ruz" en Dovahzil, qui signifie "then" en anglais et donc "ensuite" en français. Je trouvais ça beau en écriture dragonique mais le site ne l'accepte pas donc je me suis débrouillée autrement x)
A propos du prochain chapitre, je l'ai fini mais je ne pourrai peut-être pas le poster lundi prochain... Je tiens absolument à conserver mon avance de 2 chapitres et malheureusement je ne pourrai pas beaucoup avancer sur le chapitre 5 cette semaine o M'enfin on verra bien x)
Voili voilu, commentez, suivez et ... favez si vous voulez me montrer votre soutien :'D See u next time !
