Cette fic est presque finie (il me reste encore à retaper l'épilogue) et je remercie vraiment ceux qui ont pris où qui prendront la peine de la lire jusqu'au bout !


Chapitre 3

Matveï


1,2,3

Cries pour moi

1,2,3

Te voir pleurer est mon droit

1,2,3

Ta douleur ma joie


Le Fossoyeur sursauta violemment en entendant la voix du panda. Il se tourna vers la porte, angoissé à l'idée qu'il entre comme l'Autre mais il n'en fit rien. La voix retentit de nouveau, inquiète.

« -François ? »

Il hésita quelques secondes avant de s'asseoir contre son lit de manière à pouvoir surveiller la porte. Finalement, il se décida à répondre, prudemment :

« -Oui ? »

Un soupir de soulagement lui parvint depuis le couloir avant que la voix du panda ne revienne plus forte :

« - Ça va ?

« -Oui... Je crois... »

Derrière la porte, le panda s'agita un peu, mal à l'aise.

« -Tu sais où est Pupuce ? »

« -Elle est partie rendre visite à Samuel... » Il put presque entendre les sourcils de l'ursidé se froncer.

« -Le ventilateur ?

« -Oui, ils s'entendent plutôt bien d'après ce que j'ai compris. »

Le Fossoyeur tirait nerveusement la manche de son pull. Où la peluche voulait-elle en venir ?

« -François ?

« -Mmm ?

« -Ça te dérangerais de te rapprocher un peu ? »

Il se tendit à la demande, sur le qui-vive.

« -Je ne vais pas te faire de mal. Je ne suis pas lui. »

Il sursauta, les yeux fous.

« -Comment... »

« - Calmes-toi, j'y pensais aussi, c'est tout. Tout vas bien maintenant... Tu veux bien te rapprocher, s'il-te-plaît ? »

« - Comment pourrais-je être sûr que c'est vraiment toi ? »

Sa voix tremblait un peu. Le panda eut un rire bref.

« - Tu m'as laissé entrer, non ? Tu devrais avoir plus confiance en ton instinct. »

Il y eut une minute de silence où aucun des deux n'osa bouger. Puis le Panda recommença à parler d'une voix douce et un peu nostalgique :

« - Tu te souviens du jour où on s'est rencontré ? Mathieu était allé boire une bière chez Links et tu étais déjà là-bas. Mathieu m'avait emmené parce que je venais de naître et qu'il voulait me présenter.

Quand on est arrivés, tu es resté un peu en arrière, tu ne savais pas trop qui faire et moi non plus. Eux, ils ont commencé à parler ensemble et j'ai arrêté d'écouter pour te regarder. Tu te souviens comme on s'est fixés en chien de faïence pendant vingts bonnes minutes ? J'étais tellement fasciné par toi que quand Mathieu m'as demandé de chanter, je ne l'ai pas entendu, je ne voyais que toi. D'ailleurs tu faisait une drôle de tête, avec tes sourcils relevés comme si tu ne comprenait rien à la conversation,ce qui devait très sûrement être le cas même si je ne m'en souviens plus.

Est-ce que tu te rappelle ce que j'ai chanté ce jour là ? »

« - Ton premier instant panda, sourit le Fossoyeur. Tu était tellement perturbé que tu avais bafouillé pendant la moitié de la chanson et tu étais rouge comme une tomate. »

« -Alors tu t'en souviens aussi ? » souffla le panda.

« -Bien sûr, je me souviens de tout. »

« -Tu me crois maintenant ? »

« - Je t'ai toujours fait confiance... » murmura-t-il, toute la fatigue retombant d'un coup sur ses épaules.

« - Dis, François ? »

« - … oui ? »

« - Est-ce que ça te te déranges si j'ouvre la porte ? »

« - … Non. »

La porte s'ouvrit, mais il n'avait pas peur, c'était le Panda, et le Panda et le Panda était... Il pouvait lui faire confiance. Il n'était pas l'Autre.

De l'autre côté, se trouvait l'ursidé, la capuche baissée, les cheveux ébouriffés au possible et les yeux brillant.

Il le vit s'avancer lentement et ne bougea pas un muscle. Ses cheveux humides gouttaient dans la nuque et son pull noir commençait à être trempé dans le dos et pourtant il leva à peine la tête quand le panda prit son visage antre ses mains en se baissant pour se mettre à son niveau.

L'ursidé eut un sourire, et murmura :

« - Tu peux m'appeler Matveï. »

Avant de l'embrasser.


P.S. Matveï est un équivalent russe de Mathieu :D