Bonsoir à tous ! Encore une romance... Et bien oui, je l'admets j'aime beaucoup les écrire ! Pardonnez moi j'ai été un peu longue, il faut dire qu'avec la rentrée ... Cet Os, vous le devez à EnnuiMortel ! Bonne lecture !

EnnuiMortel: J'ai écrit au plus vite avant la rentrée en effet xD Je suis heureuse que ça t'ait plus sachant que tu me l'avais proposé ! Ne sont-ils pas mignons Ever et Eflman :p ! Oh c'est vrai que Lisanna n'est pas aussi chaleureuse, je n'avais pas prêté attention, c'est bien de me le dire ! Bon en tout cas ton commentaire m'a fait très plaisir, j'espère que tu apprécieras cette histoire tout autant !


La Bleue au bois dormant

Dans un lointain royaume, chaque jour de l'année, un Roi et une Reine attendaient depuis fort longtemps la venue d'un enfant. Ils avaient fait tout leur possible pour que leur vœux se réalise, en vain. Mais une fois, alors que la Reine se baignait dans son grand bain un jour de pluie, une grenouille bondit depuis la fenêtre pour plonger dans l'eau chaude. Le petit batracien sortit sa tête de l'eau et prononça alors miraculeusement ces paroles :

„Ton souhait sera exaucé,

un enfant naîtra

quand l'été s'installera".

Elle repartit aussitôt alors que la Reine accourait annoncer la belle nouvelle à son mari.

Quelques mois plus tard, la prédiction de la grenouille se réalisa alors que les pétales des fleurs tombaient pour laisser place à quelques fruits gourmands. Elle fut alors surnommée « Fille de l'eau » en référence à la petite grenouille, et on lui donna pour prénom Juvia qui signifiait « pluie ». Le Souverain et sa femme, emplis de joie organisèrent le plus beau Baptême qu'on n'eut jamais vu. La présence de la famille, des amis et de personnalités importantes fut sollicitée pour fêter l'heureux événement dans le château, magnifié par de somptueux ornements et guirlandes de fleurs. Furent conviées également de nombreuses fées afin que chacune fasse un don à la jeune princesse. Seulement le Roi n'avait fait fabriquer que six soucoupes d'or pour les bonnes fées, or elles étaient sept.

Lors de la réception, les bonnes fées passèrent l'une après l'autre devant le berceau de l'enfant endormi et lui attribuèrent chacune toutes sortes de qualités telles que la gentillesse, la grâce, ou encore la beauté. Vint le tour des deux plus puissantes fées du royaume. L'une avait de long cheveux blancs, un sourire angélique et de superbes yeux bleus, elle se nommait Mirajane. L'autre, le regard intense, un sourire bienveillant et des cheveux vermeilles se nommait Erza. La blanche promit un amour qui résorberait tous ses problèmes à la princesse, la rousse offrit le courage de surmonter tous ses chagrins. Il ne restait alors plus qu'une seule fée pour terminer la cérémonie quand subitement, la massive porte s'ouvrit brusquement, les chandeliers s'éteignirent et le silence s'installa. Une longue cape noire, des lèvres mesquines et enfin deux cornes terrifiante émergeant de sa sombre chevelure, une femme diabolique fit irruption dans la salle.

« Minerva...murmura Erza.

_ Bonsoir à tous ! salua la jeune femme qui n'était autre que la septième fée, maudite par un démon.

_ Vous n'êtes pas la bienvenue ici ! répliqua le Roi, anxieux.

_ Oh vraiment ? Quelle tristesse je voulais tant voir votre adorable fille ! répondit-elle d'un ton mauvais. Il me semblait bien ne pas avoir été invitée...

_ Partez, laissez mon enfant en paix ! protesta la Reine.

_ Votre enfant ? Ne doit-il pas recevoir un don de toutes les bonnes fées du royaume ?

_ Le fait est que tu n'en es pas une ! rétorqua alors Mirajane.

_ Je suis tout de même une fée...ricana-t-elle sombrement. Alors je vais moi aussi donner quelque chose à votre fille!

Un lourd silence s'installa de nouveau, puis elle reprit la parole dans un rire fou :

_ La mort !

Accablée, la Reine sombra dans l'inconscience alors que son mari essayait d'obtenir une quelconque explication.

_ Que voulez-vous dire Fée Maudite !?

_ À l'âge de ses dix-huit ans, la princesse se piquera à un fuseau et sa mort s'en suivra !

Un léger filet de fumée noir s'envola alors pour se poser dans le berceau, en plein cœur de l'enfant qui réveillée par ce geste, pleura soudainement à gros sanglots. Il se mit à pleuvoir, le tonnerre gronda et Minerva disparut alors dans un murmure :

_ Je m'assureraipersonnellementquema prophétie s'accomplisse...

La Reine qui avait reprit connaissance pleura longuement dans les bras de son mari, tous deux affligés quand une fée, à qui le tour n'était pas encore venu se plaça devant le berceau pour tenter d'annihiler le mauvais sort. Lorsqu'elle eut fini, elle rangea sa baguette et se tourna alors vers les parents au regard plein d'espoir.

_ Je ne peux pas annuler le sort de la Fée Maudite, en revanche j'ai pu l'atténuer de sorte qu'elle ne mourra pas de cette piqûre. La princesse plongera alors dans un sommeil profond et n'en ressortira qu'après cent ans.

_ Grand Dieu, cent ans n'est-ce pas terriblement long ? s'écria le Roi.

_ C'est le mieux que je puisse faire, je ne suis pas aussi puissante qu'Erza et Mirajane. Peut-être auraient-elles pu conjurer le sort mais leurs dons ont déjà été prononcés et on ne peut le faire qu'une fois seulement... répondit-elle tristement.

Ainsi, le Baptême de la jeune princesse fut interrompu et chacun retourna chez soi après ce fâcheux incident. Dans les jours qui suivirent, sa Majesté interdit l'utilisation et même la garde d'un fuseau dans le royaume sous peine de mort pour éviter le malheur annoncé. Mais il savait aussi que la Fée Maudite veillerait à ce qu'elle le réalise et décida qu'au moment venu, il jugerait de la mesure à prendre. Jamais on ne parla à la princesse de la menace qui pesait sur elle pour ne pas l'effrayer.

De paisibles années passaient et la princesse ne cessait de s'embellir. Vers la fin de ses dix-sept ans, elle était devenue une jeune femme exquise : une longue chevelure bleutée, de séduisantes formes féminines, de grands yeux charmants et d'adorables lèvres rosies.

Nombreux furent ceux qui vinrent au château pour la séduire, sans grand succès. Non pas parce que la princesse ne s'intéressait pas aux hommes mais elle admirait déjà secrètement quelqu'un. Juvia n'était pas tombée sous le charme d'un prince ou d'un comte, mais avait succombé devant le beau jeune homme qui passait parfois au château pour livrer quelques marchandises. Chaque fois qu'il passait, lui ne faisait que l'apercevoir alors qu'elle l'épiait de tous les côtés et dès qu'il semblait l'avoir vu, elle se cachait derrière un mur ou une colonne, honteuse. Son air séduisant, ses cheveux sombres et son impressionnante musculature la laissaient sans voix.

Un jour par chance, le garçon était accompagné et elle put alors entendre son nom : Grey. Elle le surnomma Grey-sama tant son admiration pour lui était grande... Sa mère l'avait déjà surprise à l'observer discrètement mais ne voulut pas l'aider à s'en approcher, par peur. Peur de ce qui l'attendait, peur qu'elle trouve l'amour puis le perde lorsqu'elle sombrerait dans un long sommeil.

Car le temps de sa splendeur annonçait également celui de son malheur. En effet, elle aurait bientôt atteint la majorité, il fallait qu'on trouve une solution, quelle qu'elle soit et la laisser s'approcher de ce garçon ne ferait que la blesser lorsqu'à son réveil après cent années, elle apprendrait sa mort.

Le Roi et la Reine devraient bientôt quitter le palais pour une affaire urgente et ne pourraient pas assister à l'anniversaire de leur chère fille mais aussi s'assurer qu'elle ne se pique pas. Il fut alors convenu qu'elle serait placée auprès des deux bonnes fées les plus puissantes en ces lieux : Erza et Mirajane. Sans qu'elle n'en comprenne l'utilité, Juvia quitta donc le château en compagnie des deux fées alors que ses parents partaient pour un long voyage.

_ Comme tu as grandi!s'écria joyeusement Mirajane en l'apercevant.

_ Nous nous connaissons ? demanda la princesse.

_ Bien sûr, enfin nous te connaissons ! répondit Erza. Nous t'avons connu quand tu pleurais encore dans ton berceau !

_ Oh Juvia ne s'en souvient pas...

_ Quelle drôle de façon de parler de soi ! s'étonna Mirajane. Enfin c'est tout naturel que tu n'en ais pas souvenir !

_ Où allons nous ? s'enquit Juvia.

_ Chez nous ! répondirent les deux fées d'une seule voix.

Elles s'engagèrent donc toutes trois dans les bois qui menaient à leur petite chaumière après que l'a princesse eut mis un robe brune plus modeste. Il fallait en effet qu'elle passe inaperçue...

Cependant sur le petit sentier de terre, la soirée approchait et l'appétit de la Fille de l'eau se faisait de plus en plus grand si bien que lorsqu'elle aperçut une auberge perdue dans la forêt, elle s'y précipita sans inquiétude. Les deux fées quant à elles continuaient à se disputer pour une broutille sans se rendre compte que la princesse qui les suivait s'était éclipsée...

Une odeur de sueur vint lui piquer le nez et son regard fut affligé par l'état des lieux, insalubre... Tous les hommes présents la regardèrent avec curiosité, regards que l'envie habitait progressivement.

_ Salut ma jolie ! s'approcha l'un d'eux. Tu veux boire un verre ? demanda-t-il alors que d'autres ricanaient derrière lui.

_ Oh Juvia ne boit pas d'alcool, merci quand même ! répondit-elle naïvement.

_ Il y a un début à tout ! s'esclaffa un autre en lui prenant le bras.

_ Mais lâchez-moi enfin !

Elle se débattait tant bien que mal face à ces hommes quand tout à coup, une voix familière retentit dans la pièce.

_ N'avez vous pas honte de vous adresser ainsi à une jeune femme...

Tous se retournèrent vers la personne qui venait de prononcer cette phrase.

_ Je t'avais dit de garder un œil sur elle ! s'énerva Mirajane.

_ Comment ça, Nous devions garder un œil sur elle, ne m'accuse pas à tord ! rétorqua Erza.

Les deux fées se toisaient intensément du regard jusqu'à ce que d'un geste commun, elles baissent les bras, accablées...

_ Mais qu'est-ce qu'on va faire ?!

_ La pauvre enfant, peut-être l'a-t-on enlevé?suggéra la blanche.

_ Dans ce cas ceux qui ont fait ça vont le payer cher... répliqua la rousse d'un air démoniaque.

_ Calme toi voyons, ce n'est pas bon pour toi de t'énerver !

_ Bon allez viens, elle ne doit pas être bien loin de toute façon !

Les deux fées commencèrent donc leurs recherches, priant pour qu'elle se soit seulement égarée...

Dans l'auberge, la bataille faisait rage. Juvia s'était dissimulée derrière le comptoir alors que son sauveur lancer à ses adversaires des dizaines de glaçons qui traînaient par là... Ce garçon n'était autre que Grey qui défendait avec ferveur la belle princesse qu'il avait reconnu pour l'avoir déjà aperçu.

_ Bon ben y'a plus de glaçon... quand faut y aller !

Il enleva sa chemise sans aucune raison devant la jeune femme qui en devint cramoisie et sauta par dessus le bar en l'entraînant avec lui. Sous l'ordre du garçon, elle courut aussi vite qu'elle le put alors qu'il protégeait ses arrières jusqu'à ce qu'ils sortent de la bâtisse. Ils continuèrent leur course quelques minutes jusqu'à ce qu'on ne puisse plus apercevoir l'auberge.

Juvia s'assit sur une souche pour reprendre son souffle.

_ Dis donc ce n'est pas un endroit très fréquentable pour une princesse ! remarqua malicieusement le jeune homme.

_ Gr-Grey-sama vos vêtements...bredouilla la bleue, rougissante.

Son pantalon avait mystérieusement disparu pendant leur course...

_ Ahhhhhhh!s'écria-t-il avant de se précipiter à sa recherche.

Il revint rapidement convenablement vêtu vers la jeune femme.

_ Excusez moi... Mais comment connaissez vous mon nom ?

_ Oh Juvia vous a déjà entendu au château...avoua-t-elle nerveusement.

_ Hum...

Étrange cette fille, songeait le garçon, drôle de façon de parler aussi... Malgré ses étrangetés, il devait admettre qu'elle était une jeune femme ravissante et absolument adorable avec ses joues rosies.

Ils passèrent ainsi une petite heure à discuter et plus le temps passait, plus Grey trouvait cette princesse étrange, voire déstabilisante... Elle ne cessait de lui lancer des regards furtifs et rougissait sans raison, ce qui attisait sa curiosité mais était cependant d'une infinie douceur et gentillesse à son égard.

_ JUVIIIIIAAAAA!rugit subitement une voix.

_ Princesse!s'écria une autre.

Mirajane, l'air soulagée et Erza, le regard furibond accouraient toutes les deux à sa rencontre. La blanche prit Juvia dans ses bras alors que Erza avait empoigné Grey par le col...

_ C'est toi qui l'a enlevé?!s'énerva la rousse en le secouant. Je te préviens si c'est toi tu vas tâter de ma baguette magique !

_ Erza!s'exclama Mirajane. Pose ce garçon immédiatement ! Et range cette baguette pour l'amour du ciel ! Juvia viens à l'instant de me dire qu'il lui avait sauvé la vie !

Erza se tourna vers Juvia qui acquiesçait ses dires puis vers le jeune homme qui hochait frénétiquement la tête. Elle le lâcha aussitôt et arborait à présent une expression plus conciliante.

_ Pardonnez-moi mon garçon, j'ai cru que vous nous l'aviez enlevé.

_ I-il n'y a pas de problèmes ! bafouilla-t-il.

_ Nous vous remercions ! reprit gentiment la blanche. Mais de quoi l'avez vous sauvé d'ailleurs !

_ J-Juvia avait faim ! expliqua la bleue. Et il y avait une auberge tout prêt de nous...

_ Et vous y êtes aller... Mais quelle inconsciente ! réprimanda Erza.

_ Des hommes commençaient à l'entourer alors je suis intervenu...poursuivit Grey.

_ Bien, brave garçon ! félicita la rousse en lui assénant une tape dans le dos.

_ Bon et bien nous devons reprendre notre route ! continua Mirajane. Tenez jeune homme, pour votre courage !

Elle sortit sa baguette et fit apparaître par quelques enchantements un coffre rempli de pièces d'or. Ébloui, il le ramassa en murmurant plusieurs merci tandis que les jeunes femmes reprenaient leur route. Hébété, il les observait s'éloigner de plus en plus, troublé par le regard attristé que lui avait jeté la princesse.

Les trois jeunes femmes arrivèrent bientôt devant une petite chaumière de bois au toit de paille. La bleue trouva d'ailleurs cette maisonnette bien modeste pour deux fées de si grande renommée. Ce qu'elle ne savait pas néanmoins, c'est qu'il ne s'agissait pas de leur demeure à proprement parler mais d'une petite annexe perdue dans la forêt, à l'abri des regards indiscrets mais surtout de la Fée Maudite. D'ici peu, son dix-huitième anniversaire arriverait et il fallait la protéger par tous les moyens !

Une fois entrée, la jeune femme s'installa directement dans sa chambre à l'étage tandis que les deux fées discutaient un peu en bas. Mirajane apporta à dîner à la princesse puis toutes les trois ne tardèrent pas à se coucher.

Il n'avait pas pu résister. Il avait essayer de se convaincre qu'il n'avait suivi cette jeune fille que par simple curiosité mais sa conscience lui criait haut et fort qu'en réalité, elle l'attirait beaucoup. Mais ça, Grey ne l'admettrait jamais...

Le jeune homme ne savait pas quoi faire à présent devant la petite maison tapis derrière un buisson alors que les lumières venaient de s'y éteindre. Enfin... pas toutes ! L'une des chambres à l'étage était encore illuminée et à en juger par la présence de la bleue accoudée au rebord de la fenêtre, il s'agissait de celle de la princesse. Il eut soudainement une folle envie de l'appeler, alors il sortit de sa cachette mais trop tard. Au même instant, elle referma la fenêtre puis les rideaux blancs. Penaud, il allait faire demi-tour mais sa silhouette qui se dessinait encore à travers les rideaux s'agita : elle était en train de se changer. Rouge de honte, le souffle coupé, il s'enfuit précipitamment de peur d'être pris pour un voyeur...

Plus jamais Grey, plus jamais tu ne retournes là-bas ! se sermonnait-il intérieurement.

Juvia quant à elle n'avait absolument aucune idée de ce qu'elle avait provoquait et ne cessait de penser au garçon qui la fascinait tant, allongée sur son lit.

Le lendemain matin, Mirajane appela Erza et Juvia pour le petit déjeuner. Mais comme aucunes des deux ne daignaient pointer le bout de son nez, la blanche monta à l'étage, agacée.

_ J'ai dit debout!s'exclama-t-elle. Le petit déjeuner est prêt !

Elle entra dans la chambre d'Erza qui enfouit son visage sous son oreiller lorsque Mirajane ouvrit les rideaux.

_ Bon ! Tu ne me laisses pas le choix !

La blanche souleva sa couverture et tira de toute ses forces sur les chevilles de la rousse qui se retenait fermement aux barreaux de sa tête de lit...

_ Encore un peu ! réclama Erza.

_ Non ! Tu vas descendre immédiatement ! récria l'autre.

Mais elle lâcha prise et tomba à la renverse alors qu' Erza pouffait de rire dans son lit.

_ Oh toi... murmura furieusement Mirajane.

Elle brandit sa baguette et après quelques mouvements fit apparaître au dessus de l'autre un seau rempli d'eau glacé qui se renversa immédiatement après sur sa victime.

_ Ahhhhhhhhhhhhhh ! Mais tu es folle ou quoi !? s'égosillait la rousse, complètement trempée.

_ Il fallait bien que je trouve une solution !

_ Tu pouvais pas simplement me laisser dormir ! rétorqua Erza, brandissant sa baguette à son tour.

Cette fois-ci, la rousse fit renverser un pot de peinture jaune sur la tête de sa rivale qui explosa après ça...

Juvia, réveillée par de grands fracas se leva précipitamment de son lit pour rejoindre la chambre d'Erza. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'en ouvrant la porte, elle trouva les deux fées se lançant toutes sortes de sort dans la petite pièce totalement ravagée. Elle tenta d'intervenir mais en vain, les deux jeunes femmes ne l'écoutaient pas le moins du monde...

_ Qu'est-ce que Juvia doit faire... murmura-t-elle pour elle même.

Une désagréable odeur vint alors lui chatouiller le bout du nez.

_ Vo-vous ne trouvez pas que ça sent le brûler ?

Les deux rivales s'arrêtèrent net quand Mirajane s'écria :

_ Le gâteau !

_ Le gâteau ? interrogea Erza. Ne me dit pas que...

_ Ah Non ! Tu ne peux pas m'en vouloir pour ça c'est toi qui n'a pas voulu descendre ! Tant pis pour toi tu n'auras pas de fraisier !

_ Quoi ! Mais tu ne m'avais pas parlé de ça il fallait le dire tout de suite ! Et puis qui laisse le four allumé quand il s'absente !

Leur dispute reprit ainsi de plus belle sous le regard exaspéré de la bleue. Une idée lui vint alors pour arranger tous leurs problèmes. Elle dévala les escaliers, enfila une longue cape brune et sortit de la maison. Avant de partir sur le sentier, elle s'adressa aux deux jeunes femmes encore à l'intérieur.

_ Juvia va acheter un gâteau au plus vite au marché !

_ D'ACCORD!crièrent-elles en cœur sans réfléchir.

Puis elles réalisèrent...

_ Attend reviens ! appela Mirajane.

_ C'est trop tard elle est déjà partie, répliqua la rousse.

_ Mais qu'est-ce qu'on attend il faut la rattraper !

_ Non attend!ordonna-t-elle, le regard grave. Elle va avoir dix-huit ans demain, pas aujourd'hui. Elle ne risque donc rien.

_ Peut-être mais la Fée Maudite pourrait découvrir où on la cache !

_ Si nous y allons, nous allons attirer les regards sur elle.

_ Alors il faut espérer qu'on ne la remarque pas ...

Les deux fées se turent alors, le regard perdu sur la fenêtre. Malgré leurs espoirs, au fond d'elles, elles savaient pertinemment que tôt ou tard, la prédiction se réaliserait...

La princesse arriva bientôt au marché de la grande ville. Elle se fondit aisément à la foule puisque modestement vêtue et commença alors à chercher une étale où l'on vendrait des pâtisseries. Mais elle se perdit vite dans l'admiration d'autres étales et produits. Elle était toujours restée dans l'enceinte du château et n'avait donc jamais fait de marché.

Alors qu'elle déambulait dans les rues, elle aperçut le jeune homme qui l'avait conquise, bien qu'il n'en sache rien, au coin d'une rue.

_ Grey-sama!héla-t-elle joyeusement tandis qu'elle accourait vers lui.

Mais le garçon en la voyant, au lieu de lui rendre son salut s'enfuit alors en courant, murmurant un bref « Pas elle... ».

Juvia en resta sans voix, le cœur brisé. Elle fit alors demi-tour, oubliant le gâteau et se précipita vers les bois. Elle arriva rapidement chez les deux fées et monta directement dans sa chambre sans répondre à leur question. Depuis la cuisine, les deux jeunes femmes pouvaient l'entendre pleurer à gros sanglots.

_ Mais qu'est-ce qui a bien pu la mettre dans cet état ! s'affolait Mirajane.

_ Qui que ce soit si je le retrouve...

Dans la journée, elle tentèrent d'en apprendre plus mais la princesse, trop affligée ne daignait pas souffler le moindre mot.

Le jeune homme l'avait blessé, il l'avait bien vu. Ce n'est pas ce que Grey avait souhaité pourtant lorsqu'il l'avait fui. Simplement même si c'était difficile à admettre, elle l'intimidait un peu et il avait encore honte de l'avoir espionné. De plus, cette jeune femme le troublait beaucoup. Ses pensées n'avaient de cesse de se rapporter constamment à elle. Irrémédiablement. Inexplicablement. Si bien qu'il avait eu peur que la revoir ne fasse qu'accroître cette vive obsession. Mais à présent il s'en voulait terriblement. Il lui fallut toute la journée entière pour se décider. Il irait la voir dès le lendemain pour s'excuser, malgré l'interdiction qu'il s'était faite de ne plus la revoir.

Une autre personne avait elle aussi assister à la déception de la jeune princesse. Cependant cette personne à l'inverse de Grey ne se souciait absolument pas du ressenti de la bleue mais se réjouissait de connaître enfin où les fées l'avaient emmené. Ses informateurs au château n'avaient su le lui dire mais aujourd'hui, d'autres en ville l'avaient vue et suivie pour aller suite à ça prévenir leur puissante maîtresse, Minerva.

_ Demain viendra le jour de ses dix-huit ans...murmura-t-elle pour elle même du haut de sa tour. Il est temps.

Le lendemain matin, la bleue peinait à ouvrir ses yeux faute d'avoir beaucoup trop pleuré. Elle voulut sortir pour prendre l'air alors que les fées dormaient toujours mais quand elle fut dehors, une petite lumière attira son attention. Une petite boule feu bleue, sa couleur favorite, flottait légèrement dans les airs et semblait l'inviter à la suivre. Fascinée et piquée par la curiosité, la jeune femme suivit la lueur sans réfléchir. Puis après quelques minutes de marche à travers les bois, la lumière s'arrêta subitement. Intriguée, Juvia attendait patiemment jusqu'à ce que cette lumière ne devienne aveuglante et l'englobe totalement.

Lorsqu'elle rouvrit les yeux, la lueur bleutée virevoltait toujours devant elle, mais elle ne se trouvait plus au fond des bois. Elle était à présent devant une haute tour de pierres. La lumière traversa la porte de bois, alors la princesse entra et gravit les escaliers à sa suite. Elle arriva bientôt devant une autre porte qu'elle passa elle aussi. La lueur se volatilisa et laissa place à une vieille femme qui filait le lin.

_ Bonjour jeune demoiselle, salua-t-elle.

_ B-bonjour...

Elle s'approcha de cette dame, absorbée par le fuseau. Jamais elle n'en avait vu, et pour cause son père les avait tous interdits.

_ Qu'est-ce que vous faites ?

_ Je file. Veux-tu essayer ?

_ Volontiers !

La bleue s'approcha alors de l'instrument et ne pu résister à la tentation. Elle en toucha la pointe et se piqua alors. Immédiatement après, elle s'effondra au sol. La vieille femme, qui n'était autre que Minerva, ôta son déguisement et riait à gorge déployée.

_ Ma prédiction s'est réalisée ! Roi et Reine de ce royaume, souffraient de la perte de votre princesse !

Erza et Mirajane se réveillèrent toutes deux en sursaut : quelqu'un avait frappé à la porte. Elles descendirent donc prestement pour ouvrir à Grey qui attendait patiemment sur le seuil.

_ N'es-tu pas le jeune homme qui a sauvé notre princesse ? s'exclama gaiement Mirajane.

_ On dirait bien ! répliqua la rousse.

_ Excusez moi mesdames, je souhaite discuter un peu avec la princesse justement ! pressa le garçon.

_ Oh je vois!répondit malicieusement la blanche dans un clin d'œil. Juvia ?! Tu veux descendre s'il te plaît !?

Mais aucune réponse ne parvint à leurs oreilles.

_ Je vais la chercher ! décida Erza.

_ Peut-être que je devrais repasser plus tard ! suggéra anxieusement Grey.

_ Oh non non elle va arriver !

_ Mirajane!s'écria la voix d'Erza.

La rousse accourut vers elle alors que la blanche l'interrogeait du regard.

_ Juvia n'est pas dans sa chambre ! déclara Erza, le regard inquiet.

_ Peut-être est-elle juste sortie !

_ Tu ne comprends pas, c'est aujourd'hui ! répliqua la rousse.

_ Oh non... murmura l'autre désemparée.

_ Qu'est-ce que vous voulez dire par « c'est aujourd'hui » ? demanda Grey.

_ La princesse à dix-huit ans aujourd'hui ! répondit Erza.

_ Et alors ?

_ Alors nous devions la protéger ! Elle court un grave danger !répondit Mirajane.

_ Mais qu'est-ce que vous racontez !

_ On t'expliquera, suis-nous, il faut qu'on aille chez elle ! s'exclama la rousse.

_ Chez qui ?

_ Minerva. répondirent-elles d'une seules voix.

Elles agrippèrent le bras du jeune homme et déployèrent chacune leurs ailes. Le paysage se mit alors à défiler à une vitesse folle autour d'eux. Elles traversaient les lieux avec extrême rapidité grâce à leur pouvoir tout en lui expliquant brièvement les événements d'il y avait plusieurs années.

Tous les trois atteignirent rapidement la gigantesque tour où demeurait la Fée Maudite. Mais des centaines de ronces poussèrent tout autour de l'édifice, si bien qu'il fut bientôt impossible de traverser cette barrière pour rejoindre l'entrée. Ils se posèrent alors au sol.

_ Je savais bien que vous viendriez... s'éleva une voix mesquine.

Minerva les attendait, devant cette barrière qu'elle avait créé à leur arrivée.

_ Où est-elle !? s'écria haineusement Erza.

_ Qui donc ?

_ Tu sais pertinemment de qui nous parlons ! répliqua la blanche.

_ Oh ça me revient, la princesse... C'est terminé pour elle, vous arrivez trop tard.

_ Qu'est-ce que tu veux dire ! s'affolait Grey.

_ Ce que je veux dire mon garçon... c'est que son corps gît sur le sol de la plus haute salle de cette tour ! ricana-t-elle.

Ils restèrent sans voix, jusqu'à ce que la rousse ne sorte sa baguette pour s'élancer furieusement contre son adversaire. La blanche la rejoignit aussitôt après pour combattre la Fée Maudite.

Grey, à présent seul, le regard perdu et plein de tristesse s'approcha lentement de la tour et sa barrière de ronces. Mais à peine tendit-il sa main vers les ronces qu'elles se changèrent en fleurs, les branches s'écartèrent en craquant, offrant un étroit passage au jeune homme. D'abord surpris, il s'engagea ensuite sur ce chemin alors que derrière lui, l'ouverture se refermait et les fleurs fanaient. Il arriva bien vite devant la lourde porte de bois qu'il ouvrit rapidement avant de précipiter à son tour dans le sombre escalier pour atteindre le sommet de l'édifice. Il entra en trombe dans la petite salle où la princesse était étendue sur le sol, inconsciente.

Le jeune homme s'agenouilla auprès d'elle et l'examina attentivement. Au premier abord on pourrait effectivement croire à sa mort. Mais les faibles soulèvements de sa poitrine suggérait plutôt qu'elle dormait d'un sommeil profond. Malgré sa tenue et son état, jamais il n'avait trouvé une jeune femme endormie aussi belle et angélique. Alors, comme si quelque chose en lui le lui confiait, le poussait à le faire, il se pencha vers son visage et joignit doucement ses lèvres aux siennes. Il se redressa, surpris par sa propre audace quand soudain, elle ouvrit lentement ses beaux yeux bleus. À le voir au dessus d'elle, le rose aux joues, elle rougit à son tour et lui offrit son plus beau sourire. Séduit, il le lui rendit et l'embrassa de nouveau avant qu'elle ne s'évanouisse encore, sous l'effet de toutes ses émotions...

_ Mais qu'est-ce que j'ai fait encore...se lamentait le jeune homme.

Après quelques instants, elle se réveilla finalement et tous les deux, main dans main, sortirent de la grande tour. Dehors, Mirajane et Erza sautèrent de joie en la voyant avec le jeune garçon. Elles avaient réussi à repousser et faire fuir la Fée Maudite, de sorte que plus jamais elle ne cause d'ennuis au royaume.

Quelques jours plus tard, lorsque le Roi et la Reine rentrèrent au château, on leur conta les aventures de leur princesse ainsi que l'exploit du jeune homme. Leur noce fut célébrée peu après ça au palais, de la même façon que lors de son baptême.

Au fond de la salle, deux fées les observaient de loin heureuses pour eux.

_ Quand même, je ne comprends pas... comment a-t-il put la réveiller puisqu'elle devait sommeiller cent ans ! s'enquit la rousse.

_ Je l'avais dit, l'amour résorbera tous ses problèmes à la princesse. répondit la blanche.

_ Ta prédiction était plus forte que la sienne...

_ Leur amour par dessus tout ! Répliqua joyeusement Mirajane en rêvassant.

_ Toi alors... »

Œuvre originale : La Belle au bois dormant, Charles Perrault/Jacob & Wilhelm Grimm


Voilà voilà, bon c'est peut-être un peu trop fleur bleue vers la fin non ? En tout cas j'espère que ça vous aura plus, j'aime beaucoup Grey et Juvia donc je les ai choisi pour ce conte... Après tout dans le conte originale, rien ne précise que la princesse est blonde, donc Lucy n'était pas Le personnage à prendre ! D'ailleurs la princesse ne s'appelle pas Aurore comme dans la version Disney, il s'agit de sa fille qui porte ce prénom... Je vous invite à lire celui de Charles Perrault, il est vraiment très différent de la version "dessin animé" ! Enfin sur ce, à la prochaine !