Et voilà un quatrième chapitre en ligne!

Enfin de nouveaux personnages vont apparaître (très attendus j'ai l'impession

Merci à tous ceux qui lisent et qui laissent des reviews

Bonne lecture!


Chapitre 4: Remus et le comte de Godric

A bien des kilomètres de la capitale de Poudlard, dans une petite ville appelée Gordic Hollow, point central de la province reculée de Gryffondor, Remus Lupin vivait heureux et solitaire, loin de tous les soucis de la cour. Fils de paysans, tous deux décédés, le jeune orphelin avait appris très tôt à vivre en autonomie et modestement. C'était un garçon d'une vingtaine d'années à la carrure robuste d'un athlète, avec un teint légèrement halé par toutes ces journées passées dans les champs au soleil, des cheveux châtains parsemés de mèches plus clairs et des yeux gris aux longs cils qui lui prêtaient ainsi un regard mystérieux.

Beaucoup de jeunes filles, dans le village, convoitaient ce charmant garçon, parfois même des héritières de riches familles bourgeoises que les pères de famille refusaient d'avoir pour gendre vu son extrême pauvreté. D'ailleurs Remus ne semblait pas particulièrement sensible aux attentions de toutes ces jeunes filles. Pour lui la vie se résumait aux terres qui ne lui appartenaient pas mais qu'il cultivait avec fougue pour gagner sa vie afin de subvenir à ses besoins et payer les impôts. Quand il ne bêchait pas le champ, Remus avait une autre activité: il avait repris la forgerie de son père et s'exerçait au maniement des armes en particulier de l'épée. En temps que roturier, il n'avait pas le droit de porter l'épée, ce privilège étant exclusivement réservé aux nobles, mais il avait toujours la possibilité d'espérer un jour participer à un de ces grands tournois royaux qui faisaient fureur et que le roi organisait de temps à autre quand il avait envie de grand divertissement.

Sa discrétion, sa sympathie naturelle et son honnêteté faisaient de Remus un garçon droit et intègre, très populaire à Godric's Hollow. En deux décennies d'existence, il n'avait jamais eu de problèmes avec qui que ce soit et entendait bien continuer sa vie bien rangée jusqu'à la fin de ses jours. Ce jour-là, il avait achevé de planter les légumes de son patron plus tôt que prévu à sa grande surprise et à celle du propriétaire:

- Tu as déjà terminé de semer, Lupin? s'étonna-t-il en observant l'immense carré de terre bouche bée. Mais tu as un jour d'avance!

- J'ai fait tout mon possible pour être efficace, seigneur; se justifia Remus poliment.

- Très réussi, reconnut le seigneur en tirant une bourse de cuir de sa poche, tiens! Voilà ta paie! Puisque tu as si bien travaillé, tu n'es pas obligé de venir demain, je t'accorde un jour de liberté.

- Vraiment? s'écria Remus qui n'en croyait pas sa chance. Vous êtes trop bon seigneur!

Et il s'en alla en sautillant de joie, ravi de bénéficier de deux longs jours qu'il pourrait entièrement consacrer à des activités qu'il choisirait pour son plaisir. Tout en parcourant les rues pavées de la ville, le jeune homme soupesa sa bourse et constata que son employeur n'avait pas été trop radin pour une fois, peut-être y avait-il là suffisamment d'argent pour s'inscrire au prochain tournoi? Les inscriptions coûtaient généralement une fortune, ce qui expliquait qu'il n'avait jamais pu en faire aucun.

Remus décida d'aller fêter le premier jour de congé de sa carrière aux Trois-Balais, une taverne reconnue dont la serveuse était une de ses amies. Alors qu'il pénétra dans le tripot bondé de vieux paysans alcooliques qui ne faisaient rien de leur journée ou de jeunes artisans qui, comme Remus, venait découvrir le plaisir de pouvoir dépenser leur argent en boisson ou en jeu pour se changer de leurs bonnes habitudes.

- Ah Remus! s'exclama Rosmerta en lui faisant un grand signe de la main depuis le comptoir, un sourire aux lèvres.

Le jeune homme joua des coudes pour se frayer un chemin jusqu'à elle. C'était une très jolie jeune femme vêtue d'une robe noire et courte de serveuse, qui aurait pu paraître franchement débauché dans un endroit autre que ce bar. D'ailleurs, elle était toujours contrainte de se changer pour sortir si elle ne voulait pas risquer une remontrance de la part des intendants. Mais bien évidemment dans une taverne fréquentée pratiquement que par des hommes pas forcément très polis, personne ne lui reprocherait un tel accoutrement.

- Salut Rosie! s'exclama Remus d'un ton chaleureux.

- Je suis surprise de te voir ici en plein pendant tes heures de travail. Le gouverneur t'envoie lui chercher quelque chose?

- Pas du tout! répliqua Remus en souriant de plus belle. J'ai terminé mon travail, je viens ici pour boire! Sers-moi une bierraubeurre s'il te plaît!

Exécution. Remus la savoura, il avait très peu l'habitude de s'autoriser ce genre de boisson, préférant en général se contenter d'eau minérale.

- Comment vas-tu? demanda le jeune garçon à son amie lorsque le plaisir premier de la redécouverte de ce goût exquis fut légèrement atténué à la deuxième gorgée.

- Pas très bien comme d'habitude, grommela Rosmerta en frottant son comptoir à l'aide d'un chiffon humide.

Il était très rare que tout aille bien pour elle. C'était le genre de fille à aimer se plaindre de tout même quand bien souvent, elle n'avait aucune raison pour cela. Remus s'était préparé à entendre cette réponse mais cela ne l'avait pas dissuadé de poser sa question au contraire: il s'amusait à entendre les critiques virulentes de sa comparse envers tout ce qui l'entourait.

- Allons bon! lança Remus en levant sa bouteille de bière. Que t'arrive-t-il cette fois? Ton fiancé te ferait-il encore des misères?

Rosmerta lui jeta un regard méfiant comme si elle le mettait au défi de se moquer de lui puis elle soupira et se résolut à secouer la tête en signe de dénégation.

- Non ça n'a rien à voir avec lui, murmura-t-elle sombrement, c'est plutôt le boulot! Les Trois-Balais vont s'exporter. Le bar d'ici va être fermé d'ici la fin de la semaine.

- Quoi? s'écria Remus en avalant de travers. Pourquoi?

- Les affaires ne marchent plus très bien ici, expliqua la jeune femme, avec tous les impôts dont nous sommes accablés et le contrôle incessant des intendants. Le patron a décidé de déménager.

- Où ça?

- A Pré-au-Lard, répondit Rosmerta, tu connais? C'est une ville près de la capitale… Ce sera sûrement mieux qu'ici,

Tout le monde connaissait Pré-au-Lard! C'était la plus importante ville touristique et artistique de l'Etat. Si autrefois, il s'agissait d'un petit village insignifiant, aujourd'hui c'était devenu une mégapole gigantesque, la deuxième ville la plus riche après la capitale.

- Carrément? s'étrangla Remus. Mais il paraît que les taxes sont hors de prix là-bas.

- Pas si tu sais magouiller, répliqua Rosie avec un sourire las, et le moins qu'on puisse dire c'est qu'Abelforth est un expert dans ce domaine. Je pense que le fait d'avoir un frère au gouvernement lui donne un petit coup de pouce. En plus j'ai entendu dire que le tyran allait créer un nouvel impôt spécialement conçu pour les établissements de commerce et de jeux… comme par hasard.

Remus eut un soupir de compassion. Sirius III, le roi de Poudlard, que tout le monde appelait le tyran semblait mettre un point d'honneur à gâcher tout ce qui rendait la dure vie de labeur du citoyen moyen moins pénible: il avait interdit les représentations théâtrales et musicales dans d'autres théâtres que celui de son palais royal, augmenté le temps de travail, les impôts, les frais de scolarité, supprimé la liberté de la presse, annexé les terres qui ne lui appartenaient pas selon sa guise, multiplié les intendants et surtout il laissait les mangemorts organiser de véritables dragonnades (1) souvent injustifiées dans les villes et semer ainsi la terreur sur tout le territoire. Toutes ces terribles mesures avaient vu le jour déjà sous la régence de Walburga mais connaissaient leur apogée depuis le couronnement du roi. Ce dernier était alors tellement détesté que plus personne n'osait prononcer son nom. On ne le désignait plus que sous «le tyran» ou «le despote» et les plus perfides allaient même jusqu'à dire «le diable». Remus chassa de son esprit ces rêveries inutiles pour en revenir à sa discussion.

- Et tu pars avec ton patron? demanda-t-il.

- Ce job c'est tout ce que j'ai, Remus! fit remarquer Rosmerta avec une moue. Et puis j'ai bien envie de quitter ce patelin paumé pour une vraie ville, ça va me permettre de changer de vie.

Remus ne répondit rien et but une nouvelle gorgée de bière l'air soudain triste. Sans Rosmerta, la vie paraîtrait bien morne à Gordic Hollow mais il ne pouvait pas la retenir de force. Elle avait beau parler sur un ton indolent, il était évident qu'au fond d'elle, elle bouillonnait d'excitation à l'idée de ce changement de cadre qui l'attendait.

- Tu vas me manquer, grommela Remus en regardant fixement le chiffon qu'elle avait abandonné sur le comptoir.

Rosmerta regarda Remus effarée puis ses yeux se remplirent de larmes.

- Oh non Remus pitié! Ne me fais pas regretter mon choix! gémit-elle en prenant sa tête entre ses mains. C'est dur pour moi aussi de quitter ma famille et mes amis. On se reverra n'est-ce pas? Je reviendrai ici de temps en temps et toi tu pourras toujours monter à Pré-au-Lard.

Pour le jeune homme, cette solution n'était nullement envisageable, il n'avait pas les moyens d'entreprendre un tel voyage. Le duché de Gryffondor était relativement éloigné de la capitale et ses alentours. Il lui tourna le dos pour s'appuyer contre le bar et cacher les larmes naissantes qui naissaient au coin de ses yeux. Lui qui était tout heureux d'avoir obtenu un jour de congé, maintenant qu'il avait appris qu'il allait perdre sa seule véritable amie, il avait plutôt envie d'aller se défouler avec sa bêche sur la terre.

Tandis qu'il songeait ainsi, son regard argenté traversa distraitement la salle, détaillant les manants attablés jouant aux cartes, fumant et buvant en parlant le plus fort possible. Tous avaient la même allure grossière… sauf un, tellement dissimulé dans la pénombre d'un coin sombre qu'il passait inaperçu! Remus frissonna en croisant deux yeux d'un bleu électrique qui le fixaient avec une attention toute particulière comme s'ils cherchaient à lire en lui. La silhouette qui accompagnait cette paire d'yeux était grande et svelte, toute vêtue de noire sans la moindre parure qui montrerait un signe de noblesse. Pourtant le maintien de cette personne indiquait clairement qu'elle n'avait rien d'un roturier ordinaire. Ce qui fascina Remus dans cette apparition, ce fut ces incroyables yeux bleus qui l'hypnotisaient et le plongeaient dans une sorte de transe.

Il fut interrompu dans sa rêverie par la montée sur la petite estrade, qui servait aux apprentis artistes les soirs de cabaret, d'un jeune homme, qui lui en revanche avait tout d'un aristocrate dans sa tenue noire, brodée de fils d'or, ses bagues serties de pierres précieuses et son épée au fourreau d'ivoire qu'il portait fièrement à la ceinture. Le nouveau venu était très beau avec ses cheveux noirs en bataille, ses yeux noisette et son visage arrondi angélique.

- Je demande solennellement l'attention de chacun ici présent! s'exclama le garçon d'une voix tellement forte qu'on aurait dit qu'il parlait dans un porte-voix, ce qui n'était pas le cas. Serrez-vous tous autour de moi et oyez ce que j'ai à vous dire!!

Un silence de mort s'abattit immédiatement sur le tripot. Ravi d'avoir réussi à captiver la pleine attention de son public, le jeune homme commença son discours d'un ton plus vibrant que jamais.

- Voilà plusieurs mois que le gouvernement redouble d'efforts pour nous impose son régime dictatorial, dit-il en parcourant la scène en long en large et en travers, ça ne peut plus durer! J'imagine que vous avez tous vos reproches à adresser à sa Majesté «le tyran» pour ses bons et loyaux services qui font de notre peuple, un peuple affamé, malade, soumis, décimé et terrifié! Mes amis, il nous faut s'unir… et entamer une lutte pour recouvrer la liberté de dire et de penser sans craindre le jugement de cet être maléfique qui se prétend un élu de dieu et qui ne fait que semer le mal sur Poudlard.

Il y eut un concert de murmures approbatifs dans l'assemblée et mêmes quelques applaudissements plutôt tièdes. Certains, cependant, restaient quand même sur la défensive. Remus n'avait pas véritablement d'opinion sur les questions politiques que soulevait le garçon mais le charisme qu'il dégageait le transcendait.

- Mes amis, poursuivit-il d'un ton plus calme mais tout aussi déterminé, je n'ai pas la prétention de détenir la solution à tous nos problèmes mais j'ai la volonté de m'attaquer au moins à une injustice, la pire de toutes: les mangemorts!

Il y eut une vague de frisson et de petits cris paniqués dans l'assemblée comme si le jeune noble venait de crier le nom du roi. Ce dernier parut ravi de l'effet qu'il venait de produire.

- Vous aussi, vous les détestez? fit-il d'un ton conciliant. Des tels êtres ne devraient même pas exister. Certes le tyran a tous les pouvoirs et tous les droits mais il a malgré tout des limites, souvenez-vous des Lois Fondamentales (2)! Le tyran a prêté serment lors de son sacre et il ne le respecte pas. En envoyant ses caniches (les intendants) et ses vautours (les mangemorts), il viole notre liberté et condamne n'importe qui pour se donner l'impression de régler un problème. Les gens ont tous peur de sortir de chez eux! Il faut corriger cette outrancière injustice!

- Très bien! clama Abelforth en applaudissant avec plus de conviction alors qu'il venait de parler sur un ton amusé presque sardonique. Et qu'est-ce que tu préconises, l'ami?

Le jeune homme toisa Abelforth sans ciller puis répondit avec assurance.

- Il faut faire supprimer les mangemorts! déclara-t-il.

Il y eut une nouvelle vague de cris mais cette fois-ci plus indignée qu'effrayée.

- Tu es fou! cracha un homme dans l'assemblée en se levant de son siège. Les mangemorts sont notre seule chance de débarrasser le pays des sorciers!

L'aristocrate se mordit la lèvre, visiblement embarrassé.

- Les sorciers, répéta-t-il, vous pensez qu'il s'agit d'une véritable menace?

- Bien sûr! vociférèrent plusieurs voix scandalisées.

- Alors vous n'êtes que des moutons aveuglés par le gouvernement! rugit l'orateur avec véhémence. On vous fait apparaître les sorciers comme un ennemi public numéro un et vous y croyez sans vous posez de questions, trop heureux d'avoir un bouc émissaire sur qui vous défouler! Réfléchissez un peu! Qui vous cause véritablement de préjudices? Les sorciers sont-ils venus brûler vos maisons? Piller vos richesses? Maltraiter vos femmes et vos enfants? Qui faut-il réellement craindre? Les sorciers ou les mangemorts? Les sorciers ont-ils déjà mené une action véritablement néfaste contre l'un d'entre vous? Je suis prêt à parier avec qui le voudra que non! Les vrais ennemis sont les mangemorts… or les mangemorts sont des instruments du tyran et de son gouvernement. Alors selon vous, qui sont les véritables méchants?

- Dis donc toi! s'offusqua Rosmerta depuis son bar en brandissant le poing vers le locuteur. Tu arrives, prétendant compatir à notre sort, mais de toute évidence tu ne le subis pas, tu es un prince de sang ça saute aux yeux! Pourquoi veux-tu nous aider? Et qui es-tu pour nous traiter ainsi?

- Je suis James Potter, comte de Godric! claironna celui-ci avec une fierté manifeste. Et je lutte contre l'injustice!

Cette parole fit un l'effet d'un coup de tonnerre sur le public qui applaudit à tout rompre en criant le nom du jeune comte, pour le plus grand bonheur de celui-ci. Même Remus, qui était littéralement émerveillé par l'aura de vaillance qui émanait de James, ne put s'empêcher de l'acclamer avec une certaine modération néanmoins.

L'excitation, qui était montée dans la salle, se transforma bien vite en atmosphère de tension lorsque l'homme aux yeux bleus électriques, que Remus avait observé quelques instants auparavant, se leva brusquement de sa chaise et se glissa dans la foule vers l'estrade, un long poignard à la lame incurvée au poing. Avant que Remus ait pu faire quoi que ce soit pour avertir le jeune homme, l'assassin avait sauté sur la scène en hurlant:

- Potter vous êtes en état d'arrestation!

James eut un sursaut aussi violent qu'un électrochoc et détailla son assaillant, qui ne portait ni l'uniforme d'intendant, ni celui de mangemort. Puis il esquiva la lame tranchante, qui fendit l'air et passa près de sa joue, avant de sauter de la scène à l'une des tables où un groupe y avait étalé un jeu de cartes.

- Navré mes amis! s'exclama-t-il à la foule surexcitée en sautant de table en table jusqu'à l'une des fenêtres du bistrot. Je dois abréger cette petite réunion mais réfléchissez bien à tout ce que je vous ai dit!

Et sur ces mots, il passa à travers la vitre la plus proche et se retrouva dehors sous un tonnerre d'applaudissements et de «Vive James Potter!». Sitôt dans la rue, il fut accueilli par trois mangemorts, tous vêtus différemment, qui semblaient l'attendre.

- Potter vous êtes en état d'arrestation! beuglèrent les trois mercenaires à l'unisson en sortant leurs couteaux.

- D'accord, fit James avec un sourire malicieux, mais il faudra m'attraper d'abord!

Les mangemorts se ruèrent sur lui, furieux de cette insolence mais James fut plus rapide et les esquiva dans un excellent réflexe avant de se mettre à courir à toutes jambes dans les rues bondées en veillant à éviter de bousculer les passants, contrairement aux mangemorts qui couraient en balayant tout sur leur passage comme une tornade enragée.

Aux Trois-Balais, la folie n'avait pas quitté la foule qui s'était précipitée à l'extérieur pour admirer la fuite de James. Remus, qui avait été le premier à sortir, put se lancer sur les talons des trois mangemorts et de James, sans même savoir ce qui le poussait à agir ainsi. Il était fasciné par ce héros, si brave, si beau, si grandiose, il voulait voir son coup d'éclat jusqu'au bout.

James courut sans s'arrêter, ignorant les points de côtés dont il était criblé, jusqu'à ce qu'il atterrisse dans une impasse déserte sans aucune issue possible. Cette fois, il était fait comme un rat!

- Potter vous êtes en état d'arrestation!! vociférèrent les mangemorts en apparaissant à leur tour dans l'impasse.

- Vous ne savez dire que ça! fit remarquer James en haussant les sourcils.

Remus arriva une fraction de seconde plus tard mais ne s'aventura pas dans l'impasse, préférant rester caché pour observer ce qui se passer. Le comte Potter était cerné! Ses adversaires étaient dotés de poignards mais lui avait une épée. Allait-il faire le poids? Remus chercha du coin des yeux, un objet qui pourrait lui servir d'arme pour intervenir si la bagarre à venir tournait mal pour Potter. Il n'était pas un hors-la-loi, il n'avait pas envie d'avoir de problème avec la justice en aidant un rebelle mais il était partisan de l'honnêteté et les mangemorts se mettant à trois contre un faisaient preuve d'une grande lâcheté aux yeux du petit paysan. Il dénicha un balai incliné contre la façade d'une maison et le saisit à deux mains avant de revenir à son poste d'observation.

Contre toute attente, James ne dégaina pas son épée mais il sortit d'une poche de son manteau rouge (Remus n'en crut pas ses yeux) un bout de bois! Il s'agissait d'un simple morceau de branche taillé mais le jeune homme le pointait sur ses adversaires comme une arme menaçante.

- Ici nous sommes tranquille, dit James avec un sourire aux lèvres, personne ne viendra vous sauver.

Remus déglutit avec difficulté: non seulement le comte n'avait pas peur des mangemorts mais en plus son combat semblait l'amuser. Qui était donc cet homme si étrange? Il eut très vite sa réponse: l'un des mangemorts se rua sur sa proie mais James leva son bout de bois au dernier moment en criant:

- Expelliarmus!

Aussitôt Remus ouvrit une bouche et des yeux démesurés en voyant une pluie d'étincelles rouges jaillir de l'extrémité de la baguette et faire sauter les trois couteaux des mains de leurs propriétaires qui reculèrent légèrement inquiets. C'est de la magie! songea Remus incrédule ses mains tremblantes crispées sur son balai. Mais le magicien n'en avait pas terminé:

- Stupéfixpsalmodia-t-il tout à coup.

Une nouvelle gerbe d'étincelles lumineuses s'échappa du morceau de bois, qui devait être une baguette magique ou quelque chose comme ça, et alla frapper les mangemorts qui s'écroulèrent comme des dominos, inertes. Mon Dieu!pensa Remus avec horreur. Il les a tués! Face à ce monstrueux spectacle auquel il venait d'assister, le jeune homme ne put ravaler un cri d'effroi, qui n'échappa à James. Celui-ci sursauta lorsqu'il réalisa que quelqu'un l'avait vu pratiquer la magie et se tourna vers la sortie de l'impasse, près d'une rangée de tonneaux derrière lesquels Remus s'était caché.

- Toi! s'écria James en courant vers lui baguette levée, près à jeter un sort.

- Ne faîtes pas de mal! couina Remus en sortant de sa cachette le visage livide. Je ne suis pas un mangemort!

James baissa très légèrement sa baguette en arrivant à la hauteur de Remus qu'il dévisagea avec méfiance et inquiétude.

- Tu as tout vu, vilain (3)! grogna-t-il les sourcils froncés.

- N-non, bredouilla Remus en regardant la baguette paniquée, euh… oui… mais … je ne répèterai rien, c'est promis!

- Oui c'est une certitude, admit James d'un ton léger, puisque tu vas tout oublier!

- Quoi?! glapit Remus en reculant d'un pas. Vous allez me jeter un sort?

- Il le faut, répondit James en approuvant d'un signe de tête, ne t'inquiètes pas tu ne souffriras pas!

L'extrémité de la baguette s'était mise à briller dangereusement. Remus regarda une fraction de seconde les trois corps des mangemorts étalés par terre en un petit tas et une vague de peur l'envahit. Et si ce James lui mentait? Et s'il lui faisait subir le même sort? Non! Il n'allait pas se laisser ensorceler sans réagir. Animé d'une bouffée de témérité, Remus resserra ses mains contre le manche à balai qu'il n'avait toujours pas lâché et frappa brutalement le comte avec. le coup fut si inattendu que James n'eut pas le temps de la parer ni quoi que ce soit: il reçut juste le manche de bois contre la tempe et se mit à vaciller comme s'il avait été sonné par un gong. Profitant de ce mince avantage, Remus arma son bâton et envoya le bout de son manche en plein dans le ventre du malheureux James qui tomba à quatre pattes sur le sol en gémissant de douleur; sa baguette magique roula à côté de lui.

- Sale moldu! invectiva le sorcier avec haine, les traits crispés par la douleur.

- Je suis vraiment désolé, balbutia Remus qui s'était remis à trembler légèrement, je ne voulais pas vous faire de mal… mais je ne veux pas que vous ensorceliez mon cerveau!

Et sur ces mots, il se débarrassa de son balai et prit la poudre d'escampette à une vitesse fulgurante. Merde! pesta mentalement James en se redressant péniblement. Ce crétin s'enfuit avec mon secret! Je dois le stopper!


Bon ben voilà c'est fini!

Alors James va-t-il réussir à arrêter Remus? (encore un mini-suspens mdrr)

Merci d'avoir lu, dans le prochain chapitre, c'est l'Ordre du Phénix au complet que vous verrez.

Pour les petites notes, j'en ai mises pas mal dans ce chapitre:

- les dragonnades- actions anti-protestantes, des militaires logeaient chez des familles protestantes et mettaient leurs biens à sac pour répendre la terreur et encourager des conversions massives au catholicisme.

- les Lois Fondamentales mentionnées par James existent bien sous l'Ancien Régime: 1) le roi est catholique/ 2) le roi ne peut amputer son territoire/ 4) le roi doit respecter le serment du sacre respect de libertés et des privilèges

- le «vilain» est une appellation du paysan sous l'Ancien Régime. (je sais ça peut paraître évident mais c'est pour être sûre qu'il n'y ait pas de faux sens sur la phrase comme j'alterne le langage moderne et le langage plus vieillot lol)

Voilà à bientôt!! Laissez moi des reviews s'il vous plaît!!