Salut, papa

Gaster arrive avec un sac rempli sur le dos et une valise, elle aussi pleine. Grillby l'attend à l'entrée du bar. Ils vont droit au but.

« Que se passe-t-il ? demande le scientifique.

– Il est… il m'a dit qu'on l'avait soigné, chuchote-t-il, mais je ne sais pas à quel point c'est vrai et…

– Qui ça, il ?

– C'est… Sans. »

Gaster s'arrête. Il prend le temps de laisser l'information entrer en lui et se répandre dans tout son être, le faisant frisonner. Il pense à Papyrus qui affirme et répète depuis un an que son frère est vivant, qu'il faut continuer à le chercher, à tout prix, puisqu'il y a encore de l'espoir. Il avait raison. Il n'était pas fou. Sans est enfin de retour.

Par contre, il est blessé. Le scientifique ne doit pas se laisser déborder par les sentiments et rester calme jusqu'à ce que son fils soit hors de danger. Alors il refoule ses émotions et il se laisse guider au premier étage par l'homme de feu.

« Il veut que personne ne soit au courant de son retour » murmure celui-ci.

Gaster hoche la tête sans prendre en compte cette déclaration. Plus tard.

Dans les toilettes, Sans n'a pas bougé. Toujours assis par terre, il semble encore plus mal que lorsque Grillby l'a laissé. En entendant la porte s'ouvrir, il reprend ses esprits avec quelques difficultés. Il tourne la tête vers les arrivants, dévoilant le côté gauche de son crâne.

« Hey… » murmure-t-il d'une voix brisée.

Surprenant les deux monstres, Gaster se laisse tomber à genoux, le prend dans ses bras et le serre fort contre lui.

« Tu es vivant, tu es vivant…

– Eh, évidemment que je suis vivant. À quoi t'attendais-tu, hein ? Je pourrais jamais laisser Pap derrière, moi… Je… » La voix de Sans se fait de plus en plus faible jusqu'à se taire. Des larmes roulent sur ses joues.

Son père s'éloigne de lui pour plonger son regard dans le sien.

« Je t'aime Sans. »

Depuis combien d'années n'a-t-il pas pu le lui dire ? Depuis combien de temps s'évitent-ils, tous les deux ? Impossible à dire.

Sans baisse la tête. Gaster zyeute vers le liquide violet. D'après ce que lui a appris Grillby, ce n'est pas difficile de comprendre ce que c'est. Il serre les poings. Que t'ont-ils fait, Sans ? Il garde cette question pour lui.

Il prend le corps dans ses bras, le soulève et demande au barman :

« Y a-t-il un endroit où je peux être tranquille ? Avec une table, si possible.

– La cuisine. »

Grillby prend les affaires du scientifique et l'accompagne jusqu'à la pièce. Puis, sur son ordre, il laisse les deux squelettes seuls.

Gaster pose Sans sur la table. Celui-ci n'a pas l'air d'avoir dormi depuis plusieurs jours. Il est comme une marionnette avec une conscience. Le scientifique passe une main sur son crâne et l'observe. Pour les fêlures, il pourra tenter d'en faire disparaître quelques-unes avec de la magie mais pour son orbite explosée, aucun soin ne pourra la ramener à son état initial. Il serre les dents mais contient sa rage; il doit rester concentré.

Son regard descend. Il y a quelques blessures à soigner, mais sans urgence. Il lui fait enlever son tee-shirt. Là, sur son corps, il découvre des cicatrices. Ses côtes ont été brisées à plusieurs endroits et à plusieurs reprises, puis soignées maladroitement. Ou, en d'autres termes, soignées par un médecin humain qui ne connaît rien aux monstres. Serait-ce la marque de celui qui aurait aidé Sans à s'enfuir ? Cependant, certaines cicatrices semblent dater d'au moins quelques mois et d'autres de quelques jours. Les questions plus tard, se répète le scientifique.

Le bassin de Sans a été déplacé, peut-être après un coup, l'empêchant de bien marcher. Il faut l'opérer pour le remettre en place mais Gaster n'a pas pris le nécessaire pour cela.

Il commence à comprendre. On lui a fait ingérer de l'anti-magie à petites doses, pour éviter de le tuer, mais en assez grande quantité pour l'empêcher d'utiliser des attaques. Le problème, c'est que cela perturbe quand même le système du corps d'un monstre, de la digestion à la respiration. Sans a supporté ce traitement pendant un an mais un peu plus et on le tuait.

Gaster prend une grande inspiration pour se calmer; ses mains ne doivent pas trembler pendant qu'il le soigne. Il arrive à contrôler sa colère grâce à une pensée : qui que ce soit qui ait fait ça, il le paiera, très cher.


Sans est encore loin d'être hors de danger. (ce serait bête qu'il meurt maintenant – bon ben merci d'avoir lu la fiction, c'était court !/SBAM/)

J'ai l'habitude d'écrire au passé, c'est donc très difficile pour moi d'écrire au présent (c'est pas une blague, je suis régulièrement obligée de vérifier comment s'écrit un verbe puisque je n'ai que l'orthographe de l'imparfait et du passé simple en tête) Bref, si tu vois des erreurs, n'hésite pas à me le dire, je ne mords pas ! Et si tu veux commenter sur autre chose, n'hésite pas ^^