Chapitre 03 : Deuxième mois
- Après l'hôpital, est-ce que tu voudrais partir avec moi ? Si tu me suivais, si tu venais avec moi, n'importe où, mais loin de tout ce blanc?
Il lui avait proposé comme ça, pendant qu'ils regagnaient très lentement leur chambre. Tout bêtement, il ne s'était pas douté de l'effet que ça lui ferait. Comme il ne pouvait pas savoir tout le bien-être qu'elle ressentait avec lui, après tout le malheur qu'elle avait pu vivre en amour auparavant. Comme elle était contente qu'il ne soit pas comme tous les autres.
Élisabeth avait de nombreuses fois insister pour l'entendre raconter tout ce qu'il avait vu à travers le monde, ça l'avait tant impressionné…. Sauf que là… Elle avait la chance de pouvoir visiter d'autres endroits aussi magnifiques. Avec lui en plus. Lui comme pourboire. C'était trop beau pour être vrai.
- Vraiment, tu voudrais qu'j'te suivre ? S'exclama-t-elle, en lui sautant pratiquement dans les bras. T'es sérieux ?
- Pourquoi je ne le saurais pas ? Mais ça n'a pas d'importance… Je le suis, ne t'inquiète pas… je t'adore, tu sais, je voudrais aller partout avec toi…
- Je t'adore aussi.
Ellie n'eut juste le temps lui répondre avant qu'il ne se penche vers elle pour l'embrasser, qu'elle se sentir défaillir. Autant au propre qu'au singulier. Élisabeth le repoussa et dit d'une petite voix :
- Richard… j'pense qu'je me sens pas bien…
Puis, elle tomba par terre en entendant un craquement caractéristique de ses jambes.
- Moi, je dis qu'il est pas net, ce type. Embarque-toi dans une histoire de fous, lança son docteur, avec qui elle avait une bonne complicité (séjour long oblige!). Ellie, ça pourrait te faire du mal de rester avec un gars aussi… étrange ! Arrête pendant qu'il est encore temps, j't'en prie…
- Tu dis n'importe quoi, Flavio, Murmura-t-elle, la voix rauque, en replaçant son oreiller. Richard est juste différent, y'a rien à faire un drame. Il est si gentil et attentionné…
Le blond retourna son attention vers les résultats d'analyse, tandis qu'elle tentait de trouver une position semi-confortable dans le lit ou elle était clouée jusqu'à nouvel ordre.
- J'comprends pas comment tu fais pour lui faire confiance à ce point ! Vous vous connaissez à peine !
- Ça veut rien dire. Je sais, je sens, qu'il honnête et il l'est. Tu t'es fait vraiment pour rien, tout va parfaitement bien entre nous deux.
Le visage du trentenaire pris une allure déconfite quelques secondes plus tard.
- Je ne suis pas sûr que tout aille si bien que ça, El'. J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour toi… Tu veux laquelle en premier ?
- La mauvaise ?
- Il faudrait que tu fasses tes bagages…
- J'peux quitter l'hôpital ? S'exclama la jeune femme, ahurie de cette déclaration.
- Euh, non, pas ce genre de bagages… Je vais t'expliquer… La bonne nouvelle, c'est que, pour couronner le tout, tu attends un gosse…
- Quoi ?
