Hello girls !

Je reviens pour un nouveau chapitre. Je n'ai pas du tout avancé depuis cet été mais bon, j'ai quand même encore cinq chapitres d'avance donc ça va :)

Je ne voulais pas publier celui la avant d'avoir entamé l'écriture du chapitre 10 mais je n'ai plus une minute à moi depuis ce début d'année...

(La preuve, ça fait une semaine que je songe à vous poster ce chapitre )

Bref, vous m'excuserez s'il reste des fautes, je ne l'ai pas fait corriger ni rien, à vrai dire je ne l'ai même pas relu.

Merci 4everJack et SweetyLily (:

Enjoy quand même =)


«Do Not deny
That you live and let die»

Chapitre IV

Mes yeux me piquaient encore sous l'émotion. Comment était-ce possible ? Giuseppe m'avait affirmé qu'elle était morte. Enfin, il ne l'avait pas clairement dit mais c'était tout comme. Oubliant complètement où je me trouvais, je traversais la pièce en courant pour rejoindre les bras amaigris de cette seule figure familière. Gloria n'était pas spécialement ma meilleure amie à l'orphelinat, nous ne nous parlions qu'occasionnellement. Elle m'avait rendu quelques services une ou deux fois. Je la considérais comme une vague connaissance, ne la détestant ni ne l'appréciant particulièrement. Elle était mon aînée de deux ans et avait ses propres amies, tandis que j'avais les miennes. Pourtant, ici, loin de ma terre natale, de mon soleil brulant, de ma rivière, de mes couloirs ternis, je me réfugiais dans ses bras familiers comme si ma vie en dépendait. Mes yeux auparavant si secs déversèrent des flots intarissables de larmes tandis que Gloria me berçait doucement en me murmurant des paroles rassurantes.

- Ça va aller, ça va aller, murmurait-elle inlassablement, de sa voix affaiblie.

Je ne sentais presque plus mes jambes. Mes paupières se fermaient de plus en plus. J'eu vaguement conscience qu'on me portait à un lit et qu'on me déshabillait pour m'enfiler une chemise ample. Je ne lâchais toujours pas le col de Gloria, refusant de laisser partir le seul vestige de mon ancienne vie. Je la sentis s'allonger à mes côtés tandis que les torches s'éteignaient petit à petit, ne laissant que la lune apporter son rayon diaphane rassurant, à travers la petite fenêtre.

Le lendemain, je me réveillais avec un mal de crâne épouvantable. Quand j'ouvris les yeux, je tombais sur deux iris verts qui me fixaient intensément. J'esquissais un sourire timide. Cela devait presque plus ressembler à un rictus qu'à un sourire, mais c'était la première bonne nouvelle que je recevais depuis mon arrivée à Volterra.

La pièce était beaucoup moins sombre que ce que j'aurais cru. Je me relevais pour apercevoir les mêmes petites meurtrières, cette fois ci en haut des murs qui laissaient suffisamment transparaitre la lumière dorée du soleil.

- Tu devrais te dépêcher d'enfiler ta tenue.

Je me retournais. La fille qui venait de parler semblait beaucoup plus jeune que moi. Elle devait avoir quatorze ans, au plus. Elle avait des cheveux châtains clairs, moyennement longs et légèrement ondulés. Son air enfantin me rappelait la jeune garde à la cape sombre –Jane, si les informations de Demetri étaient exactes. Cependant, ses yeux noisettes, son sourire franc et sa peau rougie ne lui enlevaient pas sa jovialité, contrairement aux yeux, au rictus et à la peau blafarde de la garde.

Elle me tendit une main fine que je prenais dans ma paume :

- Je m'appelle Cleo, j'espère que tout se passera bien pour toi ici, Rina.

Je sentis Gloria s'extirper du lit que nous occupions et me retournais d'un mouvement brusque, paniquée à l'idée d'être abandonnée par ma seule connaissance ici.

- Ne t'inquiète pas, Rin, souffla-t-elle. Tu es entre de bonnes mains avec Cleo. Elle va t'expliquer notre travail. Je dois partir aider les filles, c'est mon tour. Comme tu viens d'arriver tu ne commenceras que demain. Je vous laisse, ajouta-t-elle en s'éloignant vers la porte qui était désormais ouverte.

Je fixais désormais Cleo qui s'assit près de moi sur le lit.

- Quelqu'un a ouvert la porte pendant que je dormais ? demandais-je.

- Oui, il y a toujours un vampire qui vient nous réveiller à six heures, pour commencer les tâches. La porte reste ouverte jusqu'à vingt-deux heures et il faut qu'on soit rentrées, sinon…

Elle ne finit pas sa phrase mais avait un regard amer. Je décidais de changer de sujet :

- Qui sont les vampires qui viennent nous voir ?

- Alors la je t'arrête tout de suite, rit-elle. Jamais un vampire de la Garde ne se déplace jusqu'ici. Enfin, jusqu'à maintenant puisque Demetri t'as ramené mais c'est une première. Surtout qu'il est très Haut-gradé. On était toutes étonnées hier, tu as du t'en rendre compte, ajouta-t-elle en souriant.

- Mais alors qui…, commençais-je.

- J'y viens, j'y viens, me coupa-t-elle. En fait c'est toujours un vampire qui ne fait pas parti de la Garde qui vient. En gros, la cour des Volturi. Ils changent tout le temps. Parfois c'est une femme, parfois un homme, un vieillard, un jeune… le seul point commun c'est qu'ils ont tous leurs affreux yeux rouges. Tu as du en voir, c'est ceux qui ne portent pas de capes.

J'hochais la tête avant qu'elle ne continue.

- Sinon pour ce qui est des tâches, pour eux du moment que le travail est fait, ils nous laissent relativement tranquilles. Donc c'est nous qui nous organisons. Comme tu es nouvelle, pour l'instant tu n'aura que les tâches simples de nettoyage, rangement, poussière, etc. Après par contre, il va falloir passer à du nettoyage moins… agréable, ajouta-t-elle d'un regard soudain assombri.

- Qu'est-ce que tu entends par là, demandais-je, curieuse malgré son air sombre.

Elle soupira :

- Tu te doute qu'ils ne se nourrissent pas de fruits et d'eau. En gros, pour leur nourriture ils vont la chercher assez loin, certains vampires sont chargés d'amener des vagabonds ici pour leur « festin ». Il a lieu deux fois par semaine et c'est à nous de nettoyer le sang après. Enfin, dans ton malheur tu as eu de la chance. Je crois qu'ils ont de plus en plus de mal à ramener des hommes ici sans les effrayer avant… les yeux rouges, j'imagine, rit-elle sans trace de joie.

- Donc il y a de moins en moins de… festins ? murmurais-je de moins en moins rassurée.

- Oui, répondit-elle. Disons que maintenant c'est plus une fois par semaine. Enfin, ça va reprendre, je pense, dès qu'ils auront eu Heidi.

A l'appel de son nom, une magnifique brune, plus âgée que moi d'au moins deux ans, et plus grande d'au moins une tête se retourna vers nous. J'étais subjuguée par sa beauté et pourtant, je voyais bien qu'elle n'était pas une vampire. Elle me sourit cordialement et se retourna vers ses interlocutrices.

- Un des puissants gardes, Eleazar, a détecté chez elle un don de manipulation qui pourrait les intéresser, murmura Cleo à mon oreille.

Je décidais de garder pour moi l'intérêt qu'Aro portait à mes prétendues « capacités ».

Cleo se leva soudain et me demanda de la suivre. Elle se dirigea vers l'extérieur du dortoir. Elle avait décidé de me faire visiter le château, puisque j'étais exemptée de travaux pour l'instant et que c'était son jour de repos. Elle m'apprit que malgré son air enfantin elle avait près de seize ans et qu'elle aussi, comme toutes les filles présentes venait d'un orphelinat. Elle venait de Vénétie, au nord de l'Italie. Elle me parla des vampires : Apparemment, elles les croisaient souvent mais mieux valait faire profil bas en leur présence. Si un vampire entrait dans une pièce alors que nous y étions, il fallait l'ignorer et surtout ne pas lui parler, sauf s'il s'agissait d'un garde, auquel cas il fallait lui faire une légère révérence puis retourner à ses activités. « Surtout, insista-t-elle, tu ne leur parle pas tant qu'ils ne t'ont pas adressé la parole, que ce soit un garde ou non ». Ils ne nous considéraient que comme de la « nourriture améliorée ». Pour eux, nous ne servions qu'à ranger ou les nourrir si nous ne travaillions pas assez convenablement. Ils ne nous considéraient comme largement inférieur et leur parler directement aurait été synonyme à leurs yeux d'irrespect. Si l'un d'eux venait à nous parler, ce qui, elle me rassura, arrivait très rarement, il fallait les appeler « monsieur » ou « madame » même si le vampire paraissait plus jeune que nous. De toute façon, l'apparence physique des vampires n'était pas révélatrice de leur âge. Si c'était un garde ou un monarque, il fallait les appeler « maître » ou « maîtresse ». Elle m'apprit tout de même que si je croisais un monarque ou son épouse, il fallait que je m'incline complètement et attende qu'il m'autorise à me lever -ou, si il ne se donnait pas la peine de le faire, attendre qu'il soit parti- pour me relever.

- Mais ne t'inquiète pas, souffla-t-elle. Nous les croisons très rarement dans des pièces où on ne les attend pas. Ils sont toujours dans leurs appartements ou dans la salle des trônes et c'est toujours les mêmes qui se chargent de ranger. Sinon, comme tu viens de commencer, ne t'inquiète pas, tu ne te chargeras ni des chambres des monarques, ni des gardes, enfin pour l'instant. Plus la cape est foncée, moins on a envie de s'en occuper par contre, je te préviens, ça signifie qu'il est puissant et que donc, généralement, il a un ego surdimensionné et que ça ne le gêne pas de nous éliminer ou de nous faire souffrir pour un caprice, ajouta-t-elle dans une grimace.

Nous étions arrivées dans le grand hall que j'avais vu la veille.

- Ici, c'est la salle des trônes, me dit-elle en me montrant la porte que j'avais déjà empruntée. C'est aussi là qu'ils organisent leurs bals des enfers. La, on revient des quartiers des vampires sans grade, c'est l'aile Ouest. C'est aussi où se situe notre dortoir mais il est plus près des sous-sols. Et en face, ajouta-t-elle en pointant du doigt une grande porte dorée devant nous, c'est l'aile Est. Elle est réservée aux quartiers des monarques et des gardes. Personnellement, comme c'est mon jour de repos, je préfère ne pas y aller. Surtout qu'on risque de croiser Jane, murmura-t-elle à mon oreille.

- On parle de moi ? demanda une voix cristalline dans notre dos.

Cleo et moi nous retournions brusquement. Face à nous était postée la garde à l'air enfantin que j'avais vue hier près des trois maîtres. Elle avait désormais ses cheveux blonds cendrés détachés qui tombaient en cascade derrière sa cape obscure. Ses yeux rouges sang fixaient Cleo sans retenue, d'un air mauvais.

- Je…non…nous étions seulement…, bégaya Cleo, apeurée.

- Allons, allons, vous êtes tellement bêtes, vous les humains que vous êtes incapables de parler convenablement, dit la vampire en riant, bientôt rejointe par les quelques vampires qui avaient assistés à la scène.

Du coin de l'œil j'observais les deux autres humaines présentes dans la pièce. Elles étaient retournées et faisaient profil bas, comme effrayées par ce qu'il se passait.

- Je pense qu'une petite correction pour votre insolence devrait être méritée, à toutes les deux, dit-elle en reprenant son rictus mauvais. On va commencer par toi, la bègue.

A peine avait-elle finit sa phrase que Cleo s'effondra par terre en poussant des hurlements de douleur. Elle gémissait en criant des paroles presque incompréhensibles, tellement elle hurlait. Pourtant, aucun couteau, aucune lame, aucun poing ne l'avait transpercé. C'était comme si sa douleur venait de l'intérieur et c'est en regardant les yeux de Jane, fixés sur mon amie que je compris. Ainsi, c'était cela, les « dons dévastateurs » des plus puissants vampires. Je m'apprêtais à la supplier de la laisser tranquille, pour faire taire ses hurlements quand je captais le regard d'une des deux humaines, qui n'était autre qu'Heidi, qui me fit signe de ne pas bouger. Alors je la regardais d'un air horrifié, agoniser sous mes yeux impuissants. Après ce qui me paru une éternité, Cleo se calma enfin mais resta effondrée sur le sol en marbre. Jane fit signe à celle qui accompagnait Heidi de l'emmener. Celle-ci prit Cleo dans ses bras et se dirigea vers la porte que nous avions quittée deux minutes auparavant.

- A nous, maintenant, petite sotte, susurra Jane.

J'allais fermer les yeux, m'attendant à subir cette douleur affreuse qui, à l'instar de Cleo, me ferait supplier la mort de venir m'emmener loin des enfers. Alors que mes paupières se fermaient à peine, tout devint noir. Je ne sentais, ne voyais, n'entendais plus rien. J'étais comme anesthésiée. Je m'étais préparée à subir une douleur digne des foudres des dieux mythologiques et voilà que mes sens étaient totalement annihilés. Bientôt, une panique me prit. Pourquoi ne ressentais-je plus rien ? J'étais même incapable de bouger. J'eus soudain peur que cela soit permanent. Qu'allais-je devenir, privée de tous mes sens ? Etais-je condamnée à rester dans ce noir effrayant, avec pour seules compagnes mes réflexions insipides ?

Alors que la panique gagnait de plus en plus de terrain dans mon esprit, je repris conscience de mon corps. J'ouvris les yeux, effrayée d'avance par le spectacle que je risquais de découvrir. Jane était toujours face à moi, me fixant d'un air mauvais. Les autres vampires qui avaient assisté à la scène étaient toujours là, ainsi qu'Heidi qui fixait quelque chose à la gauche de Jane. Je vis ainsi que deux nouveaux vampires étaient arrivés pendant mon « absence ». Le premier, à la cape bleue nuit était Demetri. Il me fixait d'un air presque… désolé ? Le second portait une cape aussi sombre que Jane et me tournait le dos. Sa main était posée sur l'épaule de Jane et sa bouche était près de l'oreille de ma tortionnaire, comme pour lui dire une confidence. Je devinais qu'il s'agissait d'Alec, le frère de cette dernière.

- Heidi, lança t-il d'une voix magnifique qui me coupa presque le souffle.

- Oui maître, murmura Heidi d'une voix légèrement lasse.

- Ramène-la à votre dortoir, lui dit-il en se retournant vers elle.

Lorsqu'il se retourna pour partir avec Demetri, j'eu le temps de capter ses yeux sombres posés durement sur moi. Ils n'étaient pas rouges, ils étaient plutôt noirs mais étaient encore plus effrayants que ceux des autres.

Demetri et lui se dirigèrent en un souffle vers la salle des trônes, si rapidement que je n'eus pas le temps de capter leurs gestes. Ils furent bientôt suivis de Jane. Puis les autres vampires allèrent de part et d'autres des portes, dans un ballet silencieux. Bientôt, Heidi et moi fûmes les seules personnes du hall.

Alors qu'elle se rapprochait de moi, je m'écroulais au sol, laissant des larmes de désespoir couler le long de mes joues rougies. Alors qu'en Sardaigne, je n'avais pleuré qu'en de rares occasions, comme la mort de Madame Andreï, depuis que j'étais arrivée ici, j'épuisais toute l'eau de mon corps. Heidi me prit dans ses bras et m'aida à me relever, m'assurant que l'ouïe des vampires était très fine et qu'ils venaient certainement tous d'entendre mes larmes et que rien ne ferait plus plaisir à Jane, après ce qu'il venait de se passer.

Je la suivis donc, dans les couloirs sans fin qui nous ramenaient à notre dortoir. Alors qu'elle s'apprêtait à pousser la porte d'ébène de notre pièce, je l'arrêtais d'un geste et la poussait doucement contre le mur.

- Avant de rentrer, soufflais-je. Que s'est-il passé exactement ?


Bon l'action se met toout doucement en place...

Le prochain chapitre commencera par un POV Heidi, juste parce que je suis pas douée pour raconter une histoire dans une histoire

Ah oui et au fait, au début de la fic je précise que Cagliari est une ville du nord de l'Italie... je sais pas ce que j'avais bu ce jour là mais c'est bien une ville de Sardaigne. Ce n'est pas trop important pour la suite de l'histoire mais je préférais quand même mettre les choses au clair x)

Bref, reviews même si je ne les mérite pas ? x)