Bonjour !
Après Coulson, Kara affronte Fury !
La relation entre elle et la nounou des Avengers (c'est pas un peu bizarre comme surnom) vous a plutôt plu. J'espère qu'il en sera de même pour le directeur du S.H.I.E.L.D... Quoi ? Moi, j'aime bien Fury.
Je remercie Baka-chan-love, Senara38, YaNa31, littleharleen, la petite souris, solarienne, MBN-Redemsch et Estelle Hiddleston pour leurs reviews.
Merci aussi à Fooldance, YaNa31, serie-movie et pour suivre ma fic' et à YaNa31 pour avoir ajouté Kara à ses favoris.
Et merci à tous mes lecteurs anonymes !
Merci à ma bêta : Daiky
Pour ce chapitre, "Professor Umbridge" de Nicholas Hooper - me demandez pas pourquoi, c'est à ça que je pense en le lisant.
Rendez-vous à la conclusion,
SkyA.
CHAPITRE II
Partie 2 : Fury
Protocole : mot magique
Le jeune Harry Potter gagnait son premier match de Quidditch lorsque Maria Hill entra dans la salle-tuyau. Elle fit quelques pas, avant de s'arrêter face à la porte d'où elle pouvait aisément voir Kara penchée au-dessus de son livre, le visage caché par ses boucles ternes. Même si elle fit comme si ce n'était pas le cas, l'asgardienne avait très bien entendu l'agent entrer. Maria Hill n'en fit rien et l'observa, les bras croisés sur sa poitrine que la combinaison officielle du S.H.I.E.L.D. moulait. Elle n'était en rien curieuse et n'était pas particulièrement fascinée par l'origine mythique de son « invitée », mais Fury était rentré.
Le colonel était monté à bord de l'Héliporteur aux premières lueurs de l'aube – soit quelques heures plus tôt. Son séjour à New York semblait s'être bien déroulé et il paraissait y avoir obtenu ce qu'il voulait – cela ne voulait pas forcément dire qu'il était de bonne humeur. Il ne demanda même pas des nouvelles de l'asgardienne et il fallut que Coulson revienne lui-même sur le cas de Kara pour attirer son attention. Après un briefing rapide, le directeur avait chargé Maria d'aller chercher la jeune femme d'outre-monde.
Et donc, l'agent Hill se tenait là, devant la cage de verre, à regarder cette asgardienne, comme on regarde un oiseau en cage, qui demeurait immobile au-dessus de sa lecture. Mais l'agent du S.H.I.E.L.D. n'avait malheureusement pas toute la journée. Et Fury encore moins !
Aussi s'éclaircit-elle la gorge et lâcha un :
– Mademoiselle Kara ?
Pour attirer l'attention de l'asgardienne – la politesse ne fut pas spontanée, mais Coulson la lui avait recommandée.
Très naturellement, l'intéressée leva les yeux de son livre, tourna la tête vers l'agent et la fixa un temps.
L'agent Hill avait un beau visage. L'éclat de son teint de porcelaine et ses lèvres rose pâle la faisaient ressembler à une poupée. Mais il y avait quelque chose de dur dans ses traits. Ses yeux aigue-marine aux longs et délicats cils auraient pu changer n'importe qui en pierre. Ses cheveux d'un brun presque violet étaient tirés en un chignon strict, accentuant son port hautain. Ses mâchoires formaient un angle autoritaire et son menton paraissait austère. Et il y avait une supériorité glaciale dans sa manière de se tenir. On n'avait définitivement pas envie de lui faire un câlin.
Mais, aussi froide que pouvait paraître la jeune agent, Kara sourit en la découvrant :
– Une femme midgardienne, enfin ! s'exclama-t-elle en refermant son livre pour s'approcher de la vitre. Je désespérais d'en voir une, un jour !
Maria Hill haussa un sourcil élégamment dessiné.
– Non pas que le fils de Coul ne sache pas faire la conversation, poursuivit l'asgardienne, mais je me réjouis de rencontrer quelqu'un de mon sexe. Et il y a des questions que je n'ose lui demander et auquel il ne peut répondre...
– Mademoiselle Kara, la coupa l'agent, irritée à l'idée d'en entendre d'avantage, je viens vous chercher.
Kara souleva ses sourcils, écarta les bras et dit sur le ton de l'acteur amateur jouant la surprise :
– Me chercher ? Quelqu'un m'a fait mander ?
– Oui, mademoiselle.
Plus elle prononçait ce mot, plus il devenait creux et inexpressif.
– Le colonel Fury m'a demandé de vous amener pour qu'il puisse vous interroger.
– Fury ? s'exclama l'asgardienne, ignorant la seconde partie de la phrase. Il est de retour alors ?
L'agent Hill ne comprit pas tout de suite qu'elle attendait une réponse. Elle se contenta d'un hochement de tête.
– Merveilleux ! continua Kara après un éclat de rire et un bond de joie. Je commençais à m'impatienter. Pas que ce petit sorcier – elle montra le livre – ne me divertisse pas, mais les jours se faisaient longs et...
Elle baissa les yeux.
– Et j'ai des choses à faire...
L'agent Hill inclina la tête, soudainement intéressée par les propos de l'asgardienne. Mais cette dernière retrouva aussi brusquement son enthousiasme qu'elle l'avait quitté.
– Je suis désolée de ne pas pouvoir sortir. La porte est verrouillée. Voudriez-vous bien l'ouvrir ?
Elle indiqua l'écran de commande aussi naturellement qu'on indique la salle de bain à un invité.
Maria Hill se retint de lui rappeler – aussi durement qu'elle le pouvait – qu'elle était prisonnière et non hôte, et ouvrit la cage. Elle revint prestement sur ses pas, craignant que Kara n'en profite pour filer. Mais cette dernière l'attendait, les mains derrière le dos, un sourire au visage. L'agent hésita un temps. Ses doigts frôlèrent les menottes électrifiées, pendant à sa ceinture, puis se ravisèrent. Elle sortit de la salle, Kara la suivant docilement.
Après plusieurs couloirs, cette dernière demanda timidement :
– Écoutez, il y a une question qui me torture l'esprit depuis quelques jours et je ne pouvais pas la poser au fils de Coul. Je pense que vous serez plus apte à y répondre... Alors voilà : comment vous faites pour vous reproduire ? Vous faites comme nous, ou bien vous avez vos propres manières ?
Les paroles de Coulson – « Sois polie, Maria ! Kara est une jeune femme tout à fait charmante » – retinrent l'agent Hill d'envoyer son poing dans le visage de l'asgardienne.
•••
– Que m'avez-vous amené là, Coulson...
La pièce était blanche et lumineuse. À un tel point qu'il était difficile de discerner le plafond des murs. Une table à la surface opaque jaillissait du sol, accompagnée de deux chaises qui se faisaient face.
Maria Hill avait installé Kara sur l'une d'entre elles, avant de la laisser seule. Le regard noisette et doré de l'asgardienne avait alors vagabondé à travers la pièce – bien qu'il n'y ait rien de bien passionnant à voir –, attendant patiemment que quelqu'un entre.
Dans une salle annexe, le colonel Fury observait sur un écran chacun de ses mouvements, guettait chacune de ses réactions, pour tenter de déterminer à quelle sorte de spécimen il avait à faire. Il devait avouer être fort intrigué par la femme d'outre-ciel.
– Que m'avez-vous amené là, Coulson ? dit-il à l'agent à sa droite alors que, sur l'écran, l'asgardienne se penchait en avant pour inspecter la table.
– Elle s'appelle Kara, répondit simplement Coulson, fixant lui aussi l'écran. Elle dit être une archère venant d'Asgard. D'après ce que j'ai compris, c'est une amie de Thor.
Fury hocha la tête. Il se tenait droit et fixe dans son long manteau de cuir noir.
Seule sa tête, dénudée de cheveux, était légèrement inclinée, son oeil unique ne lâchant pas l'image de l'asgardienne retransmise par la caméra dissimulée dans les murs de la pièce d'interrogatoire.
– Vous a-t-elle dit comment, ou pourquoi, elle est ici, sur Terre ? demanda-t-il.
– Non, mais je crois me rappeler qu'elle a dit chercher quelqu'un.
Le directeur du S.H.I.E.L.D. se redressa.
– Avait-elle des armes ?
– Oui. Nous les avons récupérées... Enfin, disons plutôt qu'elle nous les a donnés.
– Les avez-vous examinées ?
– Difficilement, mais avec précaution. Les résultats se trouvent dans son dossier.
– Allez me le chercher !
Coulson sortit quelques minutes avant de revenir, une tablette à l'écran translucide en main. Il le tendit à Fury qui fit défiler le texte. Ses lèvres se serrèrent en moue et son front se plissa. Il jeta un coup d'oeil à l'image de Kara dans la pièce d'interrogatoire et revint sur son dossier.
– Vous avez dit « archère » ?
– Oui, monsieur le directeur.
Le colonel resta un temps immobile, semblant débattre d'un sujet important. Puis il prit une profonde inspiration, éteignit la tablette et sortit de la salle sans un mot.
Il ne fallut que quelques minutes à Coulson pour le voir réapparaître sur l'image de la salle d'interrogatoire.
•••
Kara posa son regard sur Fury, avant même celui-ci n'entre dans la pièce. Elle vit d'abord un grand homme à la peau noire, chauve, les seuls vestiges de poils se trouvant sur son menton et ses joues, ayant l'air beaucoup moins vieux qu'il ne l'était vraiment. Mais lorsqu'il s'assit, sans même lever les yeux vers elle, l'asgardienne aperçut un chef à l'autorité oppressante, aux mains de fer, au regard – unique – obstiné. Et elle sut tout de suite à qui elle avait à faire. Elle se redressa un peu sur sa chaise.
– Je vous ai attendu longtemps, colonel.
L'appellation capta le regard du directeur qui posa son oeil sur la jeune femme.
Seul le droit était noir, l'autre était masqué par un bandeau qui faisait le tour de son crâne. Une longue cicatrice qui partait de son front pour finir sur sa joue confirma à Kara que cet oeil-là ne pourrait jamais la regarder.
– Vous savez qui je suis ? s'étonna Fury.
– Je l'ai su dès que vous êtes entré. Coulson m'a tellement parlé de vous.
Le colonel tourna son regard vers un coin de la salle. L'asgardienne ne comprit bien sûr pas qu'il jetait, à travers une micro-caméra, un regard noir à Coulson. Il resta ainsi un temps, avant de revenir sur elle.
– Je dois tout de même me présenter.
Le protocole était ses dix commandements.
Kara tourna simplement ses mains pour lui dire de faire comme ça lui plaisait. Fury joignit les siennes et dit d'un ton presque solennel.
– Je m'appelle Nicolas Joseph Fury, je suis le directeur du S.H.I.E.L.D. J'aimerais vous poser quelques questions.
– Si vous voulez, mais, dans ce cas, je ne pense pas que ceci soit vraiment utile.
Accompagnant ses mots, l'asgardienne fit mine de lever les bras, faisant cliqueter les chaînes les menottant aux accoudoirs de sa chaise. Avant de la laisser seule, Maria Hill l'avait emprisonnée ainsi. Elle s'était justifiée à l'aide du mot magique : le protocole. Mais Kara commençait à douter qu'il y ait vraiment une procédure à suivre pour les gens comme elle.
– Nous verrons cela, se contenta de répondre le directeur en posant la tablette translucide face à lui.
– C'est vous le chef !
Fury lui jeta un oeil suspicieux avant de revenir à son écran.
– Vous avez dit vous appeler Kara et avez assuré venir d'Asgard, commença-t-il. Est-ce exact ?
Kara s'esclaffa, rejetant sa tête en arrière.
– J'avoue ne pas être qualifiée d'érudite, mais je pense savoir au moins d'où je viens et qui je suis.
Le directeur du S.H.I.E.L.D. la regarda sévèrement. L'asgardienne reprit aussitôt son sérieux et il poursuivit tout en faisant glisser son doigt sur la surface de l'écran :
– Pourtant, nos chercheurs ont parcouru tous les documents faisant référence à la mythologie nordique : aucun texte, aucune gravure quelconque ne vous mentionnent, vous, ou votre nom. Comment expliquez-vous cela ?
Cette fois-ci, Kara se retint de rire. Elle secoua la tête d'un air évident.
– Je ne suis pas Ase, répondit-elle. Cela ne m'étonne pas qu'aucun de vos textes ne me cite, puisque la plupart des asgardiens ne savent même pas que j'existe. Je suis peut-être la soeur de Vali, mais je ne suis pas Thor.
– Vali ? répéta Fury.
L'asgardienne le regarda. Ses yeux n'exprimaient rien et, lorsqu'elle parla, on aurait pu croire qu'elle lisait l'annuaire :
– Vali, archer, fils d'Odin et de Rind, déesse de la Terre, destiné à survivre au Crépuscule des Puissances. Mais je ne suis que sa demi-soeur.
S'humectant les lèvres, elle se laissa retomber dans sa chaise, allongeant ses jambes sous la table, baissant les yeux d'un air las. Fury laissa volontairement le silence durer pour l'inciter à poursuivre.
– Mon père était un Vane. Il appartenait à la race de dieux s'étant autrefois opposés aux Ases, ce qui avait entraîné la première Grande Guerre. À ma naissance, ma mère, l'Ase Rind, ne me reconnut pas comme sa fille et je fus élevé par lui à Vanaheim jusqu'à mes – ... chez vous, cela doit faire à peu près – neuf ans. Il me confia ensuite à la cour d'Asgard, sans un nom en poche, où mon frère, Vali, assuma ma tutelle à la place de ma mère.
– Cela fait de vous une bâtarde, résuma le colonel.
Brusquement, à la manière d'un chien qu'on siffle, Kara releva la tête et darda sur lui un regard si intense que Fury se recula un peu de la table, la main à sa ceinture. Les deux yeux dorés semblaient prêts à le foudroyer, brûlant d'indignation. Malgré tout, le colonel les soutint, inébranlable. De là où il était, même Coulson pouvait sentir la tension entre eux.
L'asgardienne serra les dents, puis se redressa sur sa chaise, soupira, mais ne répondit pas. Le directeur changea donc de sujet.
– Vous dîtes ne pas avoir eu de nom à votre arrivée d'Asgard.
Kara s'autorisa un soupir avant de répondre :
– Lorsqu'on m'a présentée à la cour asgardienne, on m'a demandé mon nom. La seule question à laquelle je ne pouvais répondre. Mon père n'avait jamais cru bon de m'en donner un, mais je vous avoue qu'encore aujourd'hui, j'ignore pourquoi. Ce fut Frigga, la mère de Thor et reine d'Asgard, qui me nomma pour la première fois, en caressant mes cheveux.
Comme pour s'illustrer, elle attrapa une de ses mèches entre ses doigts.
– Kara, « celle qui porte de longues boucles »(I).
Fury haussa les sourcils. La cicatrice sur son oeil gauche faisait se plisser bizarrement son front.
– Qu'est-il arrivé à vos « longues boucles » ? demanda-t-il en jaugeant la cascade blond cendré qui effleurait à peine les épaules de Kara. Cette dernière les haussa.
– On me les a coupées, répondit-elle simplement.
– Pourquoi ?
Lâchant sa mèche, elle leva un regard indescriptible vers le directeur et se pencha en avant. Ses menottes tintèrent contre ses accoudoirs.
– Pourquoi n'avez-vous qu'un oeil ? répliqua-t-elle sur un ton de défi.
De l'autre côté de la caméra, Coulson tiqua. La borgnité de Fury était un sujet que même lui préférait éviter. Pas mal de rumeurs couraient à ce propos, mais aucune d'entre elles ne s'était révélée véridique, personne n'osant demander la cause véritable au directeur.
Ce dernier demeurait cependant neutre, son visage ne trahissant rien – Kara avait d'ailleurs remarqué qu'il était très inexpressif. Devinant qu'elle venait de toucher un point sensible, l'asgardienne sourit en coin, d'un air triomphant.
Ça faisait un partout ! On était prêt pour la deuxième manche.
Fury regarda de nouveau sa tablette.
– Cela fait maintenant plusieurs mois que Thor est reparti pour votre (il hésita) monde. Pourquoi n'avons-nous reçu aucune nouvelle depuis ?
– Le Bifrost, le Pont Arc-en-Ciel, le lien entre les mondes, gardé par Heimdall, a été détruit, juste après le retour de Thor, révéla Kara d'un air grave. Il était, malheureusement, notre seul moyen connu pour nous déplacer entre les Neuf Royaumes et j'ignore si, depuis mon départ, Odin a pris la décision de le reconstruire ou de trouver un autre passage.
– À ce sujet, si ce Pont Arc-en-Ciel a été détruit, comment êtes-vous arrivée dans notre monde ?
Kara lâcha une petite exclamation. Elle posa sa main à plat sur son accoudoir pour en tapoter la surface de ses doigts.
– Hum, comment vous expliquer ça ... ? Disons qu'Asgard est une sorte d'astéroïde où se trouvent d'autres Royaumes, dont Alfheim. C'est là que je suis allée en premier. Quelques un de mes anciens amis m'ont accueilli le temps que je prépare mon voyage à travers les Neuf Mondes.
– Cela ne répond pas à ma question, insista Fury.
– Oui, oui ! j'y venais. J'ai demandé à un de leurs mages – ils sont assez fort en magie les Alfes – d'ouvrir une faille spatiale. C'était moderne, pas très sûr et complètement aléatoire, ils ont dû utiliser une sorte d'énergie noire. Je n'ai pas posé trop de questions et j'ai atterri ici par pur hasard.
Bien que Fury ne soit pas tout à fait convaincu par cette histoire, il s'en contenta.
– Mais pourquoi sur Terre ?
– Je n'ai pas décidé. Honnêtement, j'espérai atterrir un peu plus loin.
– Dans ce cas, pourquoi avez-vous quitté Asgard ?
Kara se figea, silencieuse. Elle regarda le colonel, comme pour déterminer s'il était sérieux, mais dut se rendre à l'évidence : elle n'arriverait pas éviter cette question, comme elle l'avait fait avec le fis de Coul. Elle pinça les lèvres, se passa la main sur le front – elle dut se baisser à cause des menottes –, soupira et désigna la tablette du menton.
– Ça n'y est pas écrit ? Je l'ai pourtant déjà dit au fils de Coul.
– Répondez à ma question, la somma Fury, intransigeant.
Dans un claquement de langue, elle détourna son regard.
– Je cherche quelqu'un.
– Et moi, plus d'information.
L'asgardienne ferma les yeux.
– Je ne peux vous satisfaire.
– Mademoiselle Kara, sachez qu'ici les secrets ne sont pas tolérés ! dit durement le colonel.
– Ce n'est pas un secret, mais une mesure de sécurité. Moins vous en saurez, mieux ce sera pour vous, comme pour moi.
– Pourquoi devrions-nous nous sentir en danger ?
– Pour rien, puisque j'ai autant de chance de trouver celui que je cherche dans votre monde, que vous de découvrir un cheveu sur votre crâne ! Ici, je suis bien plus à la recherche d'indices pouvant me guider qu'autre chose. Il faudrait vraiment que je sois bénie par Mimir (II) pour espérer retrouver qui que ce soit ici.
Fury n'en démordit pas pour autant.
– Vous êtes bien consciente, mademoiselle Kara, que je ne peux me contenter de votre réponse.
– Il vous le faudra, colonel, car c'est la seule que je puisse vous donner. Le reste ne vous regarde pas.
Elle voulut croiser les bras pour montrer sa détermination, mais elle était toujours menottée à sa chaise. Grimaçante, elle se ravisa et poursuivit d'un ton plus maîtrisé :
– Posez-moi n'importe quelle autre question, je vous répondrai franchement, mais, sur ce sujet, n'espérez rien de plus jusqu'à ce que j'en décide autrement.
Les sourcils de Coulson se soulevèrent, alors qu'il ne lâchait pas l'écran du regard, soufflé.
Fury resta impassible. D'ordinaire il n'aurait pas lâché le morceau et l'asgardienne aurait bien fini par tout lui dire. Il possédait quelques méthodes très persuasives. Mais l'opportunité d'obtenir une réponse quelque peu sincère s'offrait à lui et il ne comptait pas la laisser filer.
– N'importe quelle question ?
– Oui, réitéra la jeune femme.
Hochant consciencieusement la tête, le directeur du S.H.I.E.L.D. fit glisser sa tablette jusqu'à un coin de la table, joignit de nouveau les mains et dit :
– Vous avez affirmé être archère. Or, nous n'avons trouvé aucun arc parmi les armes que vous nous avez donné : soit deux lames et un poignard.
Kara le regarda un temps, le jaugeant de haut en bas. Puis, très lentement, elle arqua un sourire et lâcha un petit rire.
– Vous savez comment on m'appelle de là où je viens ? « L'Archère d'Asgard ». Bien sûr que je suis archère et que je vous ai donné mon arc – ça m'a même brisé le cœur ! D'ailleurs, puisque nous parlons de mes lames, j'aimerais bien qu'on me les rende.
– Nous n'en sommes pas encore là, mademoiselle Kara, l'arrêta aussitôt Fury. Il vous faudra d'abord me prouver que vous êtes bel et bien archère.
Ne lâchant pas son sourire, l'asgardienne secoua la tête d'un air navré.
– Vous ne savez pas à quoi vous vous exposez en privant une Valkyrie de ses lames, marmonna-t-elle si bas que le directeur faillit ne pas l'entendre.
– Valkyrie ? répéta-t-il.
– Oui, les guerrières vierges d'Odin qui désignent les hommes destinés à mourir sur le champ de bataille et les amènent dans leur palais, le Valhalla. L'élite de l'infanterie asgardienne.
– Et vous êtes l'une d'entre elles ?
Le ton faussement impressionné du directeur fit s'entrouvrirent les lèvres de Kara. Elle battit des cils, comme on le fait quand on retient une larme, et regarda ses mains, toujours menottées. Elle resta immobile plusieurs secondes, puis regarda le colonel droit dans les yeux et dit dans un souffle :
– Oui, je suis une Valkyrie.
Ce fut autour de Fury de la regarder de haut en bas. Des choses incroyables, elle en avait dit en l'espace de vingt minutes. Mais celle-ci était celle qu'il croyait le moins.
– Une des meilleures guerrières d'Asgard ? dit-il amusé – presque moqueur. Eh bien, nous allons voir ça !
Sans un mot de plus, il récupéra sa tablette et se leva. Il se retourna juste avant de sortir.
– Que ce soit bien clair, mademoiselle Kara : je vous donne une chance de me prouver que vous ne m'avez pas menti sur toute la ligne. Mais vous ne vous en tirerez pas comme ça.
L'asgardienne inclina la tête, tourna les paumes vers le ciel et sourit :
– Je pense m'en être plutôt bien sorti jusque-là !
Fury se retint de répliquer et sortit. Coulson le retrouva dans le couloir.
– M. le directeur, que comptez-vous faire ?
– La mettre à l'épreuve, répondit Fury en faisant signe à Maria Hill d'approcher : agent Hill, veuillez détacher et amener notre asgardienne au niveau 2, s'il vous plaît. Coulson, allez au labo et récupérez ses armes.
– M. le directeur ?
Le colonel ne lui répondit, sortant un téléphone d'une des poches de son manteau. Il y tapota un, puis deux numéros, et le porta à ses lèvres.
– Agent Barton, agent Romanoff, j'ai un échauffement à vous proposer…
I D'après "Dictionnaire de mythologie et de symbolique nordique et germanique" de Robert-Jacques Thibaud
II Dans la mythologie nordique, Mimir (Mémoire) est un Ase qu'on envoya comme ambassadeur chez les Vanes qui lui tranchèrent la tête. Odin la conserva pour la consulter dans certaines situations.
Fini le blabla, la semaine prochaine, on passe aux choses sérieuses !
Si vous avez détecté la présence de faute de grammaire, d'orthographe ou de vocabulaire, je vous prie de bien vouloir m'en excuser.
Je rappelle que je ne touche rien pour tous ses pixels utilisés et que vos reviews - bonnes ou mauvaises - sont toute ma fortune.
En espérant vous retrouver au prochain chapitre,
Bonne semaine et lisez-bien !
SkyA.
