Auteur: Aria6
Traduction: Ariani Lee
Disclaimer: Les personnages de Kingdom Hearts ne m'appartiennent pas, et l'histoire est celle d'Aria6 qui a la gentillesse de me la laisser traduire. Comme pour Esprit du Feu, Pour l'amour de l'Air n'est plus disponible sur à l'exception du premier chapitre.
For the Love of Air
Chapitre 4
Il existe une hiérarchie.
Au sommet de cette hiérarchie se trouve l'humanité. L'humanité, c'est là où se rencontrent le grand singe et l'ange déchu, dotés d'âmes et doués d'intelligence. Ils sont l'avenir du monde, pour le meilleur ou pour le pire, et parce qu'ils ont une âme, c'est le pouvoir de l'humanité que de contrôler les éléments du monde.
En dessous du plus petit des humains se trouve les plus grands élémentaires. La plupart ne s'en soucie pas. C'est simplement le cours normal des choses, la manière dont cela doit se passer, comme Gaïa en a décidé. Et les élémentaires ne remettent pas en question les décisions de Gaïa. Mais certains éprouvent du ressentiment à l'égard de l'humanité. Plus particulièrement parce qu'elle peut les entraver et les contraindre à l'obéissance. Et libéré sans précautions d'une entrave, un élémentaire exercera une vengeance impitoyable.
Mais sous les élémentaires est tapi quelque chose… de mauvais. Vivants en-dessous de la réalité, voués à l'abandon, les élémentaires les considèrent comme de la vermine. Les puces de la réalité, les poux du monde, ils existent mais ne vivent pas parce que tout comme aux élémentaires, il leur manque ce que même le moindre des humains possède… une âme… Ces créatures n'ont pas ce dont dispose même le plus petit des sylphes, la dernière des ondines.
Du temps. Ces créatures n'avaient pas de temps, et sans temps, il n'y a pas de vie… Rien que l'existence creuse d'une puce. Les élémentaires ont raison de penser qu'ils sont de la vermine, mais c'est une vermine dangereuse, et les enfants de Gaïa le savent très bien. Leur devoir est d'empêcher ces êtres de s'introduire dans le monde matériel. La haine que ces créatures ressentent pour les enfants de Gaïa est d'une amertume insondable. Parce qu'ils ne désirent rien plus que se libérer et s'emparer de ce dont ils ont besoin. Ils veulent voler le temps.
Ils haïssent également l'humanité. Oh, oui. Mais souvent, l'humanité leur procure une ouverture. Les humains peuvent contrôler les éléments, et certains hommes idiots ont, parfois, réussi à établir une connexion avec l'envers de la réalité, dans leur quête de puissance ou de vengeance. Quand cette connexion est établie, des marchés peuvent se faire… Et l'humanité oublie la vérité. Que la vermine de la réalité ne peut être ni maîtrisée ni entravé, et que leurs paroles sont aussi dépourvues de valeur que le cuivre doré. Et que ce qu'ils veulent, plus que tout, c'est détruire les élémentaires et remettre l'humanité à sa place.
Celle de nourriture.
- Merde !
Le jeune homme grommela le mot, sa voix se répercutant en écho dans la caverne qui lui servait de maison.
Il n'avait pas envie d'être là. C'était un endroit froid et misérable. Mais il n'avait pas d'autre choix… aucun autre, s'il voulait voir ses plans porter leurs fruits. Avec un soupir impatient, il repoussa ses cheveux argentés et regarda dans le miroir qui se trouvait accroché au mur. C'était un énorme miroir. Caché loin derrière des rivières d'eau sale et de terre malodorante, le miroir était protégé contre les éléments maudits qu'il était venu détruire, ils ne pouvaient le détecter.
Riku ne se souvenait de rien de sa vie passée en tant que garçon simple et pêcheur sur une île éloignée. Il ne connaissait plus que sa vie présente… et la façon dont elle s'était finie dans le feu. Le feu d'un inferno dont un stupide Invokeur avait perdu le contrôle. La façon dont sa mère et sa sœur avaient crié… Les mâchoires de Riku se crispèrent un instant avant qu'il n'arrive à se maîtriser. Ce souvenir le rendait toujours fou de colère.
Enragé et blessé, le jeune homme avait trouvé une place à l'Eglise du Dieu Unique. Les enseignements des prêtres avaient trouvé en lui un terrain fertile, et sa haine des élémentaires avait été aiguisée pour devenir aussi acérée qu'une lame de rasoir. Et maintenant, il s'apprêtait à enlever le dernier bastion du culte de Gaïa… En éliminant les abominations qui vivaient au-dessus de ses cavernes.
Les terra flamma avaient construit leur maison là précisément à cause des caves. L'ironie de la chose faisait sourire Riku. Pour les esprits du Feu, les creux de la terre étaient la parfaite alternative pour échapper à l'inconfort d'un sol peu solide, en touchant directement les fondements de la Terre… Et via la pierre, le cœur. Le seul endroit meilleur que celui-là, pour eux, aurait été un courant de lave, mais cet endroit était trop stable pour que cela se produise. Mais les fondements, c'était presque aussi bien, puisqu'ils étaient faits de Terre comme de Feu.
Il avait bien caché son petit temple. Un ruisseau souterrain courait dans une partie du réseau des grottes et il l'avait utilisé son avantage, le polluant en prenant soin que cela semble naturel. Les terra flamma l'avaient toujours évité parce que c'était de l'eau, ils l'évitaient à présent deux fois plus… Et aucun élémentaire aquatique n'y aurait touché. Et le mieux, c'était qu'avec une once d'aide, la pierre de cet endroit s'était révélée souillée, également. Pas d'agaçants petits gnomes pour aller le balancer aux élémentaires.
Depuis le temps qu'il vivait là, il avait fini par mépriser les froides ténèbres des cavernes… Mais il avait bien exploité la proximité pour collecter les émanations ambiantes des deux terra flamma. Ils n'avaient pas remarqué le vol de leur énergie parce qu'il ne la leur avait pas à proprement parler pompée… Tout comme les feux produisaient de la chaleur, les deux terra flamma émettaient des vagues d'énergie juste en existant. Normalement, elles étaient trop dissipées pour qu'un sorcier puisse en faire quelque chose. Il lui avait fallu des années de travail acharné pour en collecter suffisamment.
Et juste au moment où il était prêt à mettre son plan à exécution… Ces maudites abominations s'étaient volatilisées ! Riku jura à nouveau avant de prendre une profonde inspiration. Il carra les épaules et marcha vers le miroir. L'ange de Dieu serait mécontente. Mais peut-être saurait-elle ce qu'il lui fallait faire, à présent.
Une forme, indistincte mais magnifique, ondula dans le miroir. Riku regardait, fasciné… L'ange était toujours si belle. Ses yeux argentés grands ouverts, brillants dans l'obscurité de la grotte.
Riku. Il y a un problème ?
Sa voix était comme un carillon de minuscules clochettes tintant doucement. Riku hocha la tête.
- Je le crains, ange. Les terra flamma sont partis.
L'ange réfléchit un instant.
Ils reviendront. Il nous faut attendre… Cependant, reste en alerte. Je sens que quelque chose d'autre arrive.
L'ange marqua une pause, et Riku attendit patiemment, pendant qu'elle pensait. Comme elle le lui avait expliqué, elle n'était qu'un ange, et se trouver dans le monde mortel limitait encore davantage ses pouvoirs.
Quelque chose de familier. Cela goûte l'Air… La puanteur des grands vents. Reste en alerte, Riku. Il se peut que nous ayons une opportunité différente.
Riku approuva respectueusement.
La pensée que son ange pouvait ne pas être honnête avec lui ne lui avait jamais traversé l'esprit.
Sora frissonna légèrement en se blottissant dans les bras de Terra. Il avait marché autant qu'il l'avait pu, mais en fin de compte, cela n'avait pas duré très longtemps. Il n'avait pas encore récupéré du traitement et il n'était pas non plus habitué à d'aussi longues marches.
Ils étaient loin de la ville, à présent. Les deux altus ventus auraient pu voyager plus rapidement sans lui, mais quand Ventus avait suggéré qu'ils reprennent leur forme originelle et qu'ils portent Sora, Terra avait fermement mis son veto. Terra disait qu'il y avait trop de risques que ça le tue, s'ils faisaient ça et de toute façon, ils n'étaient pas pressés. Alors ils marchaient… et Terra le portait comme s'il ne sentait même pas son poids.
Sora ferma les yeux en tentant d'ignorer l'air froid que l'altus ventus irradiait. Terra ne pouvait rien y faire… Il disait que les grands vents, sous le toit du monde, étaient si froids qu'ils pouvaient tuer instantanément, et même s'ils le voulaient, il était totalement impossible pour Terra et Ventus d'émettre de la chaleur. Ce n'était pas dans leur nature. En été, cela aurait surement été très agréable, mais c'était le début de l'hiver. Les hivers étaient doux dans la région, mais tout de même.
En dépit du froid, Sora trouvait les bras de Terra réconfortants. C'était bizarre. Il avait l'impression qu'il pouvait… compter sur lui. Malgré sa nature d'élémentaire aérien, Terra était aussi solide que la pierre. Et il avait l'air si… si gentil. Terra lui parlait dans le langage de l'air quand ils faisaient l'amour. Sora n'avait aucune idée de ce qu'il disait… Il pouvait s'agir des mêmes choses que ses clients lui disaient toujours… Mais pour une raison qu'il ne connaissait pas, il en doutait. C'était magnifique. Et quand Terra et Ventus chantaient, c'était tout simplement stupéfiant. Il aurait pu écouter leur musique à jamais.
Terra ralentit soudain, et Sora leva la tête, regardant autour d'eux pour voir ce qui avait attiré l'attention du sylphe. Il y avait un pont devant eux, et un torrent... Terra observa pensivement les rochers.
- On fait une pause ? Tu as faim, Sora ?
Cette question fit gronder son estomac et Sora rougit, alors que Terra et Ventus se mettaient à rire. Terra le déposa doucement, et Sora, frémissant légèrement, se dirigea vers un des rochers pour s'y asseoir. Ventus farfouilla avec entrain dans son paquetage et en retira de la nourriture. Les altus ventus n'avaient besoin de rien, mais Terra s'était assuré qu'ils avaient plus qu'assez d'eau et de provisions pour Sora.
Sora commença à manger avant de regarder une petite vague s'élever de la rivière. Elle pétilla un peu avant de prendre la forme d'une très grande grenouille à la peau argentée et irisée, et aux grands yeux bleus. Elle donna un coup de langue dans sa direction, puis émit un son qui ressemblait au son des vagues qui s'agitent, de notes basses et flûtées et de doux soupirs. Terra répondit dans le langage mélodieux de l'Air et la grenouille bondit vers lui, avant de s'asseoir confortablement à ses côtés. Sora déglutit.
- Je n'avais… Je n'avais jamais rien vu de tel. Qu'est-ce que c'est ? Tenta-t-il, et Terra sourit.
- C'est une ondine. Il y a aussi des esprits de l'Eau en ville… On peut en trouver partout où il y a de l'eau, du moment qu'elle ne soit très sale. L'Air et l'Eau s'entendent bien, presque aussi bien que l'Air et le Feu.
Ventus dit quelque chose à l'ondine et celle-ci répondit. Sora ne put s'empêcher de se sentir un peu laissé en dehors.
- Malheureusement, les ondines de ce type comprennent le langage des humains, mais sont incapables de le parler.
Si Sora avait été un sorcier, il aurait étudié les langages élémentaires précisément pour pouvoir comprendre des créatures comme celle-ci.
- Terra…
Sora hésita quand les yeux dorés se tournèrent pour le regarder.
- Est-ce que les élémentaires peuvent être… cruels ?
Terra pencha la tête, considérant soigneusement la question. Ventus et l'ondine le regardèrent tous deux, curieusement, mais au grand soulagement de Sora, aucun d'entre eux n'avait l'air offensé.
- Cela dépend de ce que tu entends par cruel. Nous sommes la nature… nous tuons rapidement, sans pitié, et tuer un grand nombre de personnes ne nous dérange pas. Mais nous ne sommes pas cruels dans le sens des humains qui aiment faire souffrir. Notre colère est rapide et mortelle.
Terra réfléchit un instant avant d'ajouter :
- Faire du mal à quelqu'un qui ne nous aurait pas causé de tort n'est pas dans notre nature.
La plupart des élémentaires n'y penseraient même pas. Ils pouvaient tuer un humain comme on écrase un insecte, mais ils ne comprendraient jamais l'utilité du sadisme. Terra saisissaitle concept, mais pas du tout le besoin qui poussait des gens à le mettre en pratique, et ce malgré son grand âge. Sora le regarda, les yeux brillants, et, souriant, il appuya sa tête sur son épaule. Terra cilla puis sourit à son tour, passant un bras autour du garçon. Il n'était pas sûr de la raison pour laquelle Sora trouvait ça rassurant… La colère des éléments était terrible… Mais si cela ne le dérangeait pas, Terra était content.
Ventus les observait, les sourcils froncés, éprouvant à nouveau cette sensation Il… n'aimait pas voir Terra tenir Sora de cette manière. Et il ne savait pas exactement pourquoi, mais il y avait réfléchi et il avait une idée.
Il faudrait qu'il en parle avec Sora, et bientôt.
- Oui, je suis une mercenaire, lui confirma Larxène, tandis qu'Axel la regardait, intrigué. Elle était vautrée sur un divan et elle sirotait un très grand verre de vin rouge. Son armure de cuir détonnait carrément contre les tissus fins et précieux du palais, mais elle n'en avait strictement rien à faire.
- C'est l'une des quelques professions honorables qui sont disponibles pour les princesses en surplus. La principale autre, c'est gouvernante, et je déteste vraiment les enfants. Enfin sauf Davo, il est plutôt sympa. Mais la plupart d'entre eux me filent de l'urticaire.
Elle rota, et Axel sourit.
- Pourquoi êtes-vous ici, alors ? C'est la période creuse pour le travail de mercenaire ?
Axel se souvenait vaguement que les humains ne faisaient quasiment jamais la guerre en hiver. Il manque un mot Larxène acquiesça.
- Vous avez tout compris. Nous avons nos quartiers d'hiver ici, sur l'île. C'est un peu problématique quand nous avons besoin de rentrer au port, mais ma compagnie est une petite unité d'élite. Et mon cher frère nous accorde une réduction sur les taxes.
Larxène prit une autre gorgée de vins, souriante.
- Pourquoi vivez-vous dans cette ville de montagne ? Xiggy a dit que c'était tout petit.
Axel sourit… Il avait l'impression que Xigbar avait dû dire quelque chose d'un peu moins poli.
- C'est un endroit comme un autre. Nous l'aimons bien, et nous sommes plus ou moins impliqués avec le culte de Gaïa, là-bas… La grande prêtresse est une personne de grande qualité.
Axel éprouva un pincement au cœur en y pensant. La grande prêtresse, Li-Shan. Il lui avait laissé un globe spécial avant de partir… Si elle le brisait, il lui renverrait une once de sa propre énergie comme un signe que la ville avait besoin d'aide.
- Nous n'étions pas volontaires mais, bon… Vu comment l'Eglise du Dieu Unique est…
Axel haussa les épaules pour exprimer son impuissance et Larxène hocha la tête.
- Oui, je comprends. Mon frère n'est pas en odeur de sainteté sur le continent parce que nous sommes tolérants, ici. Mais merde, qu'est-ce qu'on peut faire d'autre ? Il y a des gens d'Arna et de Vishri qui passent par ici sans arrêt.
Axel acquiesça… C'étaient les noms des deux autres continents principaux.
- A Arna, ils vénèrent le Grand Exalté et Vishri a un panthéon entier. Nous avons ici des temples pour leurs dieux aussi, plus particulièrement ceux des eaux.
- Ça a l'air cool. Et comme tavernes, vous avez quoi ? demanda Axel, et Larxène eut un sourire.
- On garde un œil sur la picole, hein ? Nous avons mille tavernes. Tous les marins ont soif. Tâchez juste de ne pas trop vous torcher la gueule, ou vous pourriez bien vous retrouver sans savoir comment sur un bateau en partance. Ce qui pourrait être gênant, vu comment ça vous rend malade.
Axel se contenta de hocher la tête avec un sourire.
- Où est votre jeune ami, d'ailleurs ?
- Roxas ? Il est dehors, il fait des croquis des jardins. C'est un artiste, dit Axel, un peu fier. Il savait que Roxas n'était pas d'accord, mais il pensait que son travail était le meilleur du monde. Comment un tableau, peu importe lequel, aurait-il pu être meilleur que les magnifiques paysages que Roxas peignait ? Et… les nus, à l'occasion… Axel s'empourpra légèrement en se souvenant de ça.
- Vraiment ? Il faudra que je voie ça. Et vous, qu'est-ce que vous faites, à part être un terra flamma ? Demanda Larxène, et Axel sourit.
- Oh, je travaille le verre et je fais des armes. Regardez ça…
Axel tira une dague et la poussa sur la table. Il la gardait sur lui en grande partie parce que c'était un des meilleurs exemples de son travail, et aussi parce qu'elle était pratique pour ouvrir des bocaux. Ce qui était un très mauvais usage pour une bonne arme, mais, après tout, c'était lui qui l'avait faite. Larxène prit la dague et haussa les sourcils en en détaillant les motifs.
- De l'acier trempé. C'est du beau travail. Ce n'est pas un procédé facile, où avez-vous appris ça ? Je pensais qu'on n'en trouvait qu'en Arna.
Axel secoua la tête avec un petit sourire.
- Terra flamma, vous vous souvenez ? Pour moi, c'est aussi simple que de respirer. Il suffit d'ajouter quelques impuretés dans le métal et de trouver la bonne température.
Axel reprit la dague pour la ranger.
- Roxas dit que c'est aussi de l'art. Je ne sais pas… ça me semble trop facile pour en être.
- Il y a toutes sortes d'arts différents dans le monde, répondit Larxène, avant de se redresser. La porte s'était ouverte.
- Larxène… oh !
Luxord était là, et il avait l'air un peu surpris de trouver Axel dans la chambre de sa sœur.
- J'espère que je n'interromps pas quelque chose ?
Axel était un peu perplexe mais Larxène sourit.
- Malheureusement non. On ne faisait que parler. Entrez, plus on est de fous, plus on rit.
Derrière le Roi se trouvait Xigbar, et Larxène cilla.
- Hé, qu'est-ce qui se passe ?
- On se demandait si tu ne voudrais pas faire une partie de poker, en fait.
Luxord jeta un regard interrogateur à Axel.
- Je suppose que vous ne jouez pas ?
- Je connais les règles mais je joue mal, répondit honnêtement Axel.
Il n'avait pas pris ça au sérieux et failli y laisser sa chemise. Luxord sourit et Larxène, elle, rit carrément.
- En fait, nous ne jouons pas pour de l'argent… juste pour ça…
Luxord déposa sur la table quelques jolis jetons qui ressemblaient à des pierres précieuses.
- Et parfois, pour des vêtements.
- Des vêtements ?
Axel ne comprenait pas comment cela fonctionnait, mais cela semblait intéressant.
- Bien sûr, pourquoi pas ?
Il voulait presque tout essayer, au moins une fois.
C'était dans sa nature.
- Axel ?
Roxas fronça les sourcils, cherchant son amant. Ce n'était pas facile… La présence d'Axel lui était nettement perceptible maintenant qu'il était un terra flamma, mais quand ils étaient sous leur forme humaine, c'était plus dur. Il pouvait le sentir dans tout le palais, les endroits auxquels il s'était rendu, mais pour ce qui était de le trouver…
- Il a passé combien de temps à se balader ? Grommela Roxas pour lui-même. On aurait dit qu'Axel était allé partout. Mais il parvint finalement à pister la « sente » jusqu'à une porte en particulier…
- Enlève-la, enlève-la !
Roxas cilla, puis se renfrogna, et finit par ouvrir la porte pour regarder à l'intérieur. Larxène riait à gorge déployée, et il papillota en voyant qu'elle était en soutien-gorge et culotte… Xigbar était là aussi, mais il ne lui manquait que ses chaussures et ses chaussettes… et…
- Axel ?
Axel, souriant, était en train de retirer sa tunique comme… comme…Roxas ne trouvait pas de comparaison valable. Mais il aurait PU faire se désintégrer ce vêtement en une pluie d'étincelles, alors ce n'était absolument pas nécessaire. Axel s'immobilisa, les bras levés au-dessus de la tête, lorsqu'il vit Roxas à la porte.
- Oh, hé, Roxas ! Dit-il joyeusement à son amant qui le fixait. Tu sais quoi ? Il y a ce jeu, là, ça s'appelle le strip poker, c'est cool. Tu veux jouer ?
La tunique se volatilisa dans une bouffée d'étincelles et Axel se laisser aller contre le dossier de sa chaise. Roxas déglutit en remarquant qu'il ne portait plus que son sous-vêtement, et rien d'autre.
- Ouais, Roxas, viens prendre la place de Luxord avant que je le bute. Il triche, l'enculé.
Larxène désigna son frère, toujours vêtu de pied en cap, qui eut un petit sourire en coin.
- C'est ce qui s'appelle du talent, Larx'. Et est-ce que tu es en train d'accuser ton Roi et frère de tricher aux cartes ? Demanda-t-il d'une voix badine, et Roxas déglutit. Qu'importait l'opinion d'Axel se ce point, il ne pouvait tout simplement pas se faire à l'idée d'un roi s'exprimant de cette façon… Ou se laissant parler de la sorte.
- T'accuser ? Putain, non. J'affirme que tu triches aux cartes. Admets-le, mon frère.
Larxène prit une longue gorgée de son verre de vin et regarda ses cartes en plissant les yeux.
- Et je suis un peu bourrée. Hé, Roxas, dis-moi si c'est une bonne main.
- Euh…
Roxas se secoua mentalement les puces et parla fermement.
- Axel, tu devrais te reposer un peu. Nous aurons besoin de toutes nos forces, demain.
C'état vrai, mais ce n'était pas la vraie raison pour laquelle il voulait qu'Axel rejoigne son lit sur le champ. Il n'aimait pas ce qu'il voyait. Il n'aimait pas ça du tout… Axel appréciait visiblement beaucoup ces personnes, et ça le mettait très mal à l'aise. Axel eut l'air un peu déçu, mais il acquiesça.
- Oui, tu as raison… Désolé, tout le monde, mais on pourra remettre ça une prochaine fois. Claquant des doigts, Axel fit réapparaître tous ses vêtements.
- A plus !
- A plus, Axel, répondit Larxène avec un salut de la main et un sourire lorsqu'il sortit.
- Okay ! S'exclama-t-elle ensuite, se retournant vers son frère et Xigbar. Voyons combien de temps vous allez mettre à m'enlever mon soutien gorge, les mecs !
Xigbar rit et piocha dans les cartes, et Roxas ferma la porte.
- Axel…
Roxas regarda Axel un instant réfléchissant à ce qu'il allait dire. Axel pencha la tête, le regardant, puis se renfrogna.
- … Tu n'es pas fâché contre moi, si ? Finit-il par demander, le silence de Roxas ne le rassurant pas. Ceci dit, il ne voyait pas pour quelle raison Roxas serait en colère contre lui. Il n'avait fait que jouer, vraiment. Il n'y avait rien de plus. Roxas eut l'air triste un instant, puis secoua la tête.
- Ce n'est rien.
Mais quand même, ça l'embêtait.
Si seulement il avait su pourquoi.
