Bonjour à tous et à toutes!

Nous voilà donc au deuxième point de vue de Fleur.

Lorsque Fleur parle avec Maxence, ses parents ou avec sa soeur, Gabrielle, les échanges se font en Français.

Le personnage de Maxence m'appartient à 100%. Merci de ne pas le prendre.

De plus, même si l'univers et la plupart des personnages appartiennent à JK Rowling, je ne veux pas que ma fanfiction se retrouve sur aucune autre plateforme, sans d'abord avoir donné mon aval!

Merci à super Mrs. Brunette pour sa relecture! (Je t'envoie une cape. Comme ça, tu deviens une super-héroïne!)

Bonne lecture,

Bisous,

Jess-Lili


La jeune femme sortit de ses pensées lorsque le conducteur annonça qu'ils étaient arrivés au terminus. Elle descendit et monta dans son prochain transport. N'ayant que deux arrêts à faire, elle n'eut pas besoin de s'installer trop confortablement. Elle s'assit avec ses bagages et posa une main sur son ventre en poussant un léger soupir. Elle était enceinte de quatre mois, son mari ne le savait pas et elle n'arrivait même pas à se réjouir de la nouvelle. Un sourire peiné apparut sur son visage amaigri. Elle aurait pu s'en réjouir avant. Avant que son mari ne décide qu'ils avaient besoin d'une pause. Avant que Fleur ne le laisse partir sans chercher à le retenir. Si elle l'avait su avant qu'il parte, si elle l'avait remarqué avant, si… Elle était enceinte de quatre mois et venait de le savoir… S'il avait su qu'elle était enceinte, serait-il resté, au moins pour l'enfant ? Elle secoua la tête, elle était égoïste de penser qu'il serait resté seulement pour l'amour de leurs enfants. Elle aurait voulu qu'il reste parce qu'il l'aimait encore et pas seulement pour l'amour des fillettes. Fleur se leva d'un coup et réussit à sortir du RER quelques secondes avant que les portes ne se ferment. Elle semblait ne pas être la seule personne à sortir à la dernière minute, puisqu'un homme émergea du train en même temps qu'elle, la bousculant au passage. La jeune femme perdit l'équilibre et jeta un regard hargneux à l'homme. Elle se reprit sans l'aide que lui proposa le jeune homme, qui s'excusa en marmonnant. Levant la tête pour le regarder, elle resta interdite pendant quelques instants.

- Maxence… ? Maxence de Blois ?

- Fleur ! Que deviens-tu depuis le temps ? Ça doit faire dix ans que nous ne nous sommes pas vus ! Je travaille au Ministère de la Magie, assistant du Ministre français. Je travaille un peu dans son ombre, mais il me donne des tâches importantes. Monsieur Dupuis est un homme très occupé et c'est avec fierté que j'effectue les tâches qu'il me donne.

Fleur retint un soupir et marmonna pour elle-même : «Je me serais bien passée de te revoir...» Elle le fixa un instant dans les yeux, il n'était pas question qu'elle baisse le regard. Elle esquissa même un sourire lorsqu'elle s'adressa à lui, ce qui lui demandait un effort colossal.

- Je suis contente pour toi, Maxence. Tu as l'air d'aller bien. Oh, le boulot, les enfants…

- Tu as des enfants ? Ils ne sont pas avec toi ? Tu es encore avec le père ? Monsieur Dupuis m'a donné congé. Je ne sais pas ce qu'il va faire. Monsieur le Ministre n'est pas friand des transports moldus. Ta sœur travaille aussi au Ministère, si je ne me trompe pas.

La jeune femme se rappela soudain à quel point il pouvait être étourdissant lorsqu'il commençait à parler. Il semblait passer du veracrasse au dragon, trouvant sûrement un sens à tout ce qu'il disait.

- Oui, j'ai des enfants. Non, elles ne sont pas avec moi. Tu m'excuseras, mais je dois aller prendre le TGV pour Montpellier, je vais rendre visite à mes parents

- Ça tombe bien, j'y vais aussi, on pourrait faire le trajet ensemble.

Fleur commençait sérieusement à le trouver insistant. Devait-elle vraiment tomber sur lui, alors qu'elle avait simplement besoin de réfléchir ? Une pensée fugace passa dans son esprit. Elle avait consciemment omis de répondre à la question sur le père des filles. De toute façon, ça ne l'empêcherait pas de lui parler. Elle retient un soupir.

- Maxence… Ne le prend pas mal, mais j'aimerais vraiment faire le trajet, seule… On pourrait se reprendre une fois à Montpellier. Je reste là pour une ou deux semaines…

Bien sûr, elle n'avait aucunement l'intention de le revoir, mais si cela lui permettait de se débarrasser de lui… Le jeune homme regarda Fleur et secoua la tête. La jeune femme vérifia l'heure et commença à se diriger vers l'endroit où elle devait se rendre pour prendre son TGV lorsqu'une main la retint fermement. La mère de famille se tourna vers Maxence et tenta de se dégager. Elle aurait pu, si elle avait été ailleurs, sortir sa baguette pour se défendre, mais ce n'était pas le cas. Elle ne pouvait risquer qu'un Moldu la remarque, déjà que le regard des personnes convergeait immédiatement vers elle, peu importe l'endroit où elle se trouvait…

- Fleur, je vais passer le trajet avec toi. Il n'est nullement prudent pour une belle jeune femme de se promener seule.

- Maxence, j'ai fait près de trois heures de trajet, seule, sans qu'il ne m'arrive quelque chose et puis je suis assez grande pour me défendre.

- Je ne crois pas que ton mari apprécierait que tu te promènes sans personne pour te protéger. Le monde peut être tellement dangereux.

Maxence pointa l'alliance que Fleur portait à l'annulaire gauche sans porter attention au regard noir de la jeune femme. Cette dernière marmonna quelque chose qui ressemblait à : «En commençant par toi.» et eût une idée. Elle le regarda dans les yeux un instant. Elle le savait très sensible à son charme. Sachant qu'il était quelque peu défectueux dernièrement, elle se concentra et posa sa main libre sur le bras du jeune homme et braqua son regard dans le sien.

- Mon beau Maxence, tu sais que j'aimerais beaucoup passer du temps avec toi. Malheureusement, je dois te laisser… Crois-moi, j'aimerais vraiment qu'on se rappelle nos bons souvenirs, mais je ne peux pas. Tu dois prendre le prochain TGV pour Montpellier. Tu ne dois pas prendre celui-ci...

Le jeune homme déglutit péniblement et lâcha le bras de la jeune femme en hochant la tête, submergé par sa beauté. Fleur en profita pour reculer. Elle se dirigea vers le TGV, ignorant le regard d'envie des hommes et celui de jalousie des femmes et elle monta dans le transport, avant de mettre fin à son charme. Elle posa sa valise à côté d'elle et soupira. Si elle avait su qu'elle allait le croiser, elle aurait demandé l'autorisation de faire un portoloin ou elle aurait pris la poudre de cheminette. Elle s'appuya aussi confortablement que possible et regarda le paysage qui commençait à défiler. Sa rencontre avec Maxence la ramena onze ans en arrière. Elle se rappelait que peu avant sa rencontre avec William, elle sortait d'une relation de trois ans avec le jeune Français. À l'époque, elle était persuadée que c'était l'homme de sa vie, puis leur relation était devenue hors de son contrôle. Au début, tout était parfait, mais avec le temps, elle s'était détériorée. Après quelques années à subir une relation qui ne lui faisait aucun bien, la jeune femme avait pris une décision. Pour son bien-être, elle l'avait quitté, même si elle avait eu beaucoup de peine. Il lui avait fallu un an pour s'en remettre. Un an avant de se rendre compte que Maxence n'en valait pas la peine. Il ne valait pas la peine qu'elle vive autant de tristesse. Elle avait été naïve de croire qu'un premier amour durait pour toujours. Elle avait été naïve de croire qu'il était l'homme avec lequel elle passerait sa vie. Elle avait été naïve de croire toutes ses belles paroles. Ses pensées ramenèrent la jeune femme au début de sa relation avec Maxence. Elle avait quatorze ans à l'époque et prenant peu à peu conscience de son charme. Elle commençait à le contrôler de plus en plus et il commençait à fonctionner correctement. Au courant de l'été, avant de commencer sa quatrième année à Beauxbâtons, elle avait grandi, son corps avait changé, elle avait pris des formes, de l'assurance aussi et surtout, elle avait pris conscience de sa beauté. Elle était passée de jeune fille à la beauté époustouflante à jeune femme d'une beauté à couper le souffle. Elle côtoyait depuis un moment le jeune homme, puisqu'il faisait partie de l'entourage de sa famille. Cependant, il l'avait toujours considérée comme une gamine, leurs deux ans d'écart semblaient être, pour lui, une bonne raison de la traiter comme une enfant. C'était au courant même de cet été qu'un rapprochement s'était fait. Fleur s'amusait parfois avec son charme. Elle avait ainsi découvert que Maxence y était très réceptif, contrairement à d'autres personnes. Puis un jour, tandis qu'ils faisaient une balade à cheval, son compagnon pour la journée l'avait embrassée. Fleur l'avait regardé sans savoir quoi faire. Devant le silence de cette dernière, il lui avait avoué qu'il l'aimait et que ça n'avait aucun lien avec son charme de Vélane, même si ça aidait sûrement à ce qu'il la trouve attirante. Il s'était approché de la jeune fille, qui n'avait effectué aucun mouvement depuis la première fois qu'il avait posé ses lèvres sur les siennes et l'avait embrassée à nouveau avant qu'elle n'ose réagir. Contre toute attente, Fleur l'avait giflé et s'était enfuie. Un frisson parcourut l'échine de la mère de famille à se souvenir. Cette journée-là, elle s'était longuement promenée dans la forêt, sourde aux appels qu'elle entendait. Elle savait les risques qu'elle encourait en utilisant son charme, sa mère lui rabattait les oreilles avec cela depuis qu'elle était en âge d'aller au collège. Cependant, elle ne pensait pas mal faire en utilisant son charme sur Maxence, elle s'amusait, elle ne pensait pas qu'il serait réceptif au point de tomber amoureux d'elle. De plus, elle devait avouer qu'elle n'était pas insensible à sa beauté, mais il avait presque seize ans, elle en avait seulement quatorze.

La jeune mère de famille sursauta, lorsqu'une voix la sortit de ses pensées.

- Madame, désirez-vous quelque chose à boire ?

- Oh ! Euh… Un thé s'il vous plaît.

- Bien, Madame. Il vous sera servi dans un instant.

Tandis que la personne partit faire son thé, Fleur se rappela qu'à l'époque, elle avait trouvé la différence énorme. Un léger sourire apparut sur ses lèvres. Maintenant, elle avait sept ans de différence avec son époux. Deux ans, ce n'était rien. Pour la jeune adolescente qu'elle était à ce moment-là, l'écart d'âge entre elle et Maxence était énorme. Lorsque son thé arriva, elle remercia poliment la personne, prit une gorgée et retourna dans son souvenir.

Fleur avait pesté contre la robe qu'elle devait porter, même pour monter sur un cheval. D'un geste rageur, elle avait déchiré le bas de sa robe pour être libre de ses mouvements et elle avait grimpé aisément à un arbre. Elle savait pertinemment que ses parents détestaient lorsqu'elle faisait cela. Ils semblaient préférer qu'elle soit une de ses filles qui pleure lorsqu'elle se brisait un ongle et qui tempêtait lorsqu'elle n'avait pas ce qu'elle voulait. Fleur avait donc grimpé dans cet arbre et elle s'était assise sur une branche assez robuste pour supporter son poids. La jeune femme passait en boucle dans sa tête ce qui venait de se passer et surtout la réaction qu'elle avait eue. Lorsqu'elle retournerait voir ses parents, s'ils ne la trouvaient pas avant, elle savait qu'elle allait devoir répondre de ses actes. Elle était presque certaine que Maxence avait parlé de son comportement à Monsieur et Madame Delacour. La nuit était tombée depuis longtemps lorsque Fleur était descendue de l'arbre pour retourner chez elle. Ses parents et plusieurs voisins, qui lui avaient lancé un regard de désapprobation face à sa tenue sale et déchirée, l'attendaient de pied ferme. Alexis avait apostrophé sa fille, d'un ton colérique. Fleur avait retenu un soupir, qui aurait rendu encore plus furieux son père. Les voisins étaient partis en chuchotant entre eux, mais la jeune femme avait eu le temps d'apercevoir le jeune de Blois qui lui lançait un regard rempli de défi et d'arrogance.

- Fleur Isabelle Delacour ! Tu parles d'une heure pour revenir à la maison ! Surtout après ce que tu as fait au pauvre Maxence.

- Ce que j'ai fait à ce pauvre Maxence ? Le fait qu'il m'ait embrassée, sans mon consentement, en m'avouant qu'il m'aimait pour mon charme fait de lui une pauvre personne ! C'est insensé ! Non, mais je rêve !

- Fleur ! Sois polie avec ton père ! Certes, le comportement de Maxence n'était pas celui d'un gentleman, mais le tien n'était pas celui d'une fille bien élevée ! Nous ne t'avons pas éduquée de cette façon ! Tu aurais pu venir nous en parler directement au lieu de le gifler et de partir PENDANT DES HEURES !

- D'après vous, j'aurais dû le laisser m'embrasser deux fois plutôt qu'une, sans rien faire ? J'aurais dû le laisser faire sans réagir ? J'aurais dû être la jeune fille docile que vous espérez tant ? C'est insensé ! Je suis revenue maintenant ! Sur ce, j'aimerais aller dormir. Bonne nuit.

Sans autre forme de politesse, Fleur était passée à côté de son père, qui choqué par son comportement n'avait même pas pensé à la retenir et, elle était montée s'enfermer dans sa chambre.

La jeune femme se rappelait les jours qui avaient suivi ce que ses parents qualifiaient de "fugue". Alexis et Apolline Delacour avait commencé par la priver de sorties et ensuite, ils l'avaient obligée à demander pardon au fils des de Blois. La jeune fille avait tempêté, elle avait répété que c'était à lui de s'excuser, que son comportement était inacceptable. Ils avaient maintenu leur point. Les Delacour avaient une fierté à garder et leur fille aînée se devait de donner l'exemple à sa petite sœur. À quatorze ans, Fleur en avait plus qu'assez de toujours donner l'apparence d'une petite fille sage et calme qui faisait tout ce que ses parents lui demandaient. Cette année-là, Fleur avait décidé que les choses changeraient. La jeune fille avait accepté de voir Maxence de Blois, après presque une semaine à répéter qu'elle ne le ferait pas. Cependant, l'insistance de ses parents n'avait pas eu raison de son entêtement. Elle n'avait nullement l'intention de lui faire des excuses. Fleur avait invité le jeune homme dans la cour du manoir et elle l'attendait depuis cinq minutes. En plus d'avoir un comportement inadéquat pour un jeune homme de bonne famille, il en oubliait la ponctualité !

- Bonsoir, Fleur. Je suis désolé de mon léger retard. Tu sais bien, la ponctualité et moi…

- Je n'ai pas de temps à perdre avec ton babillage, de Blois. Ne t'imagine pas que tu es ici parce que je le veux. Je ne crois pas devoir excuser mon geste de la semaine dernière. Tu n'avais aucune raison de faire ce que tu as fait, Maxence et tu en es aussi conscient que moi. Maintenant, j'attends des excuses et rien d'autre.

- Tu n'auras pas d'excuses de ma part, Fleur. Je crois que je me suis mal exprimé cette journée-là. Je t'aime, Fleur. Je sais que j'ai dit que c'était entre-autres à cause de ton sang de Vélane, mais ce n'est pas le cas. Même sans cet attribut, je serais tombé amoureux de toi. De ta personnalité et de ta personne.

Cette fois-là, lorsque Maxence s'était approché d'elle, la jeune fille l'avait regardé. Quand il avait posé ses lèvres sur les siennes, elle s'était surprise à apprécier le baiser. Ils avaient ensuite passé la soirée à parler de tout et de rien. C'étaient les parents de la jeune fille qui avaient interrompu leur tête-à-tête. Alexis Delacour avait lancé un regard suspect au fils de Blois, tandis qu'Apolline avait regardé sa fille en haussant un sourcil. Fleur s'était contentée de hausser les épaules avec un air énigmatique. Elle avait salué Maxence d'un signe de la tête et était rentrée, rapidement suivit par sa mère, qui malgré ses questionnements incessants, n'avait obtenu aucune réponse. C'était peut-être la sincérité qu'elle avait ressenti dans la voix Maxence qui l'avait fait changer d'avis, mais qui ne méritait pas une seconde chance ? Leur idylle avait duré quelques mois avant que tout ne bascule. Maxence avait commencé à tout contrôler, à tout surveiller. Il l'avait isolée de ses amies. Cependant, Fleur l'aimait, alors elle ne disait rien ou lorsqu'elle osait s'opposer à lui, elle en subissait les conséquences. Rien de bien drastique, une menace par-ci, par-là. Alors Fleur se murait dans un silence inhabituel. Quand sa mère lui posait des questions, elle mentait, elle disait que tout allait bien. Ils s'aimaient. Il lui disait et elle le savait. Elle devait seulement apprendre à prendre moins de place. Elle devait être plus calme, plus posée. L'image qu'on se faisait d'une jeune fille de bonne famille. Puis lorsqu'elle osait lui dire que c'était terminé, elle avait le droit aux menaces encore, puis aux demandes de pardon et enfin, à la gentillesse du début. Alors la jeune Française retombait dans ses filets, malgré tout. Il n'y avait que son amour qui lui importait. Mais peu avant le tournoi des Trois Sorciers, Fleur en avait eu assez. L'insulte de trop, le coup de trop, la blessure de trop. Elle l'avait laissé, elle était partie, elle avait accepté de participer au Tournoi, même si elle risquait sa vie… Peu de choses lui importait à ce moment-là. Elle était triste malgré tout.

Lorsque le Tournoi des Trois Sorciers avait commencé, elle avait retrouvé de sa superbe. Elle était redevenue la Fleur que tout le monde connaissait, que tout le monde voulait. Elle avait classé cette histoire dans ses souvenirs. Quand elle avait vu Bill lors de la rencontre de la dernière tâche, elle était tombée sous son charme parce qu'il ne la regardait pas, parce qu'il ne bavait pas d'envie devant elle. Lorsqu'elle était retournée chez elle après le Tournoi, elle avait rabattu les oreilles de ses parents et de sa petite sœur avec le jeune homme. Elle avait retrouvé sa joie de vivre, son entrain habituel. Quand elle avait appris que Gringotts cherchait une personne pour travailler à temps partiel, Fleur avait sauté sur l'occasion. Elle avait pris le premier portoloin disponible, s'était présentée à la banque, avait insisté pour avoir une entrevue. Le gobelin chargé de son entretien d'embauche avait été charmé. Pourtant, elle avait tenté de rester le plus naturelle qu'elle le pouvait. Quelques jours plus tard, elle avait reçu une réponse positive. Elle avait informé ses parents de son départ imminent pour Londres, prétextant que cet emploi lui permettrait d'améliorer son anglais, s'était trouvée un petit appartement à Londres et était partie. Bien plus tard, lorsqu'elle avait présenté William pour la première fois à ses parents, elle leur avait avoué la véritable raison de son départ.

La jeune femme esquissa un léger sourire en se rappelant ses souvenirs. Les premières rencontres entre William et ses parents avaient été catastrophiques. Madame et Monsieur Delacour parlait un anglais très rudimentaire et son copain ne savait dire que quelques mots en français. Pourtant, avec le temps, ils avaient fini par se comprendre, au grand bonheur de Fleur.

« Terminus, Gare de Montpellier Saint-Roch. Veuillez vous assurer que vous n'oubliez rien à votre place. Tout effet abandonné sera immédiatement détruit par le service de sécurité de la Gare. Passez un agréable séjour à Montpellier. »

La jeune femme sortit de ses pensées et ramassa son bagage. Sortant du TGV, elle regarda autour d'elle. Elle pourrait prendre un taxi jusqu'au Canal du Rhône-à-Sète où elle pourrait transplaner. Toutefois, d'après ses souvenirs, il y avait un espace de transplanage dans la gare pour permettre aux Sorciers de se rendre au bateau qui leur permettait de passer de leur côté. Lorsqu'elle trouva l'emplacement, elle transplana et lorsqu'elle arriva à l'endroit prévu pour son passage vers le côté Sorcier, elle fut à nouveau prise de nausées. À bien y penser, elle aurait dû demander un taxi. Cependant, à l'idée de devoir faire la conversation avec un inconnu, son échine se hérissait. Fleur ne doutait plus de sa décision. Certes, elle venait avec un inconvénient majeur, surtout dans son état, mais c'était déjà mieux que de faire la conversation. Elle paya les dix Noises nécessaire pour la brève traversée. Une fois parvenu du côté Sorcier d'Aigues-Mortes, la jeune femme se dirigea vers la maison de ses parents. Elle toqua trois coups, avant que son père ne vienne lui ouvrir. Il lui lança un regard surpris et regarda à côté d'elle.

- Je suis venue seule. Les filles sont chez leurs grands-parents paternels et mon mari n'est pas encore revenu de son voyage d'affaires.

- À en voir ton air blême, tu as transplané. Tu sais que tu dois toujours...

- Oui oui, je sais. Allez-vous me laissez entrer, Père ou vais-je rester sur le pas de la porte toute la journée ? Mère est là ?

- Je te prierais de me parler sur un autre ton, Fleur. Même si tu as vingt-sept ans et que tu es mère toi aussi, ça ne t'empêche pas d'être polie avec ton père. Oui, elle est dans la cuisine avec Gabrielle. Entre et va les rejoindre. Quand tu es comme ça…

Fleur fit celle qui n'avait pas entendu, déposa son bagage sur le sol, enleva ses bottillons et rejoignit sa mère et sa sœur dans la cuisine. Gabrielle poussa une exclamation de surprise en la voyant et se dirigea dans les bras de sa grande sœur.

- Nous parlions justement de toi, Fleur. Ça faisait longtemps que tu n'avais pas mis les pieds ici. Depuis ton anniversaire en fait...

- Ma fille, assied-toi, tu es bien blême. Heureusement, je faisais ma soupe miracle. Tu pourras en boire un peu et ensuite, ensuite, tu nous parleras. Allez, allez, prends place.

Apolline poussait déjà sa fille aînée vers la table de la salle à manger, où elle la fit s'asseoir avant de lui servir un bol de soupe.

- Normal qu'elle soit blême. Notre fille a eu la brillante idée de transplaner. Alors qu'elle sait très bien…

- Père ! Ne commencez pas. J'ai transplané et puis ? Je ne suis plus une gamine. Comme vous me l'avez si bien dit, je suis une adulte. Je suis capable de m'occuper de moi-même et de savoir ce que je peux et ne peux pas faire.

- Tu n'as jamais aimé le transplanage, ça t'a toujours rendue malade.

Fleur retint avec peine le soupir qui voulait franchir ses lèvres. Elle n'était plus une enfant, il était temps que son père le réalise. Sa mère et lui ne pouvaient plus la couver comme avant. Depuis le temps, la jeune femme croyait qu'ils avaient compris. Tout en mangeant, elle préféra porter son attention sur sa sœur. La benjamine avait l'air rayonnante. Elle semblait se retenir de dire quelque chose, mais finalement, elle ne put attendre et souriante, Gabrielle annonça la grande nouvelle à sa sœur.

- Je suis fiancée. Avec un Moldu. Je dois aller le chercher bientôt. Il va venir dîner à la maison. Ça te permettra de le rencontrer. Je l'ai rencontré lors d'un voyage pour le Ministère et ç'a été le coup de foudre, Fleur. Il est intelligent, drôle, attentionné, poli, serviable… Je crois avoir trouvé mon prince charmant… Le mariage aura lieu cet été ou en automne prochain.

- C'est super, Gaby. J'ai vraiment hâte de le rencontrer. Si tu l'as choisi, il doit être formidable. Tu m'avais caché ce détail…

- Tu étais tellement occupée avec les enfants et ton mari…

Gabrielle baissa un instant la tête. Fleur se leva et alla la rejoindre. Glissant son doigt sous son menton, elle l'obligea à la regarder.

- Gabrielle Delacour. Je te l'ai déjà dit, même si je suis mère de famille et mariée, rien ne t'empêche de venir me voir et me parler. J'ai ma vie, certes, mais elle n'a jamais été sans toi, tu le sais bien.

- Tu as toujours eu une vie parfaite, Fleur… Je… je voulais vivre mon bonheur loin de toi. À chaque fois que je vis une réussite, on dirait que tu fais mieux… J'entrais à Poudlard, tu te mariais ; je finissais l'école en ayant récolté les meilleures notes de mon année, tu étais enceinte de ton deuxième enfant… Je ne voulais et ne veux plus vivre dans ton ombre, Fleur. Je veux vivre mes joies sans qu'elles ne soient toujours balayées par les tiennes...

Avec un soupir las, qu'elle ne chercha pas à retenir, Fleur secoua la tête. Si sa sœur savait, elle tomberait bien vite de son piédestal. C'était quoi au juste, cette perfection ? À la seconde où Fleur se posa la question, la réponse lui vint : c'était les chutes, les doutes, les petites imperfections de la vie… La jeune femme regarda sa famille et secoua à nouveau la tête.

- Je suis sincèrement désolée, Gabrielle. Ça n'a jamais été mon souhait et tu le sais. Cependant, je dois te contredire sur un autre point. Je ne suis pas parfaite. William a délibérément accepté un contrat loin de la maison pour prendre ses distances, pour réfléchir. Réfléchir à nous, à notre couple, à notre futur. Notre histoire bat de l'aile. Alors non, je ne suis pas parfaite, Gabrielle.

Gabrielle, Madame et Monsieur Delacour regardèrent Fleur avec surprise. Ils ne s'attendaient pas à ce qu'elle soit ici pour leur annoncer cette nouvelle. La jeune femme baissa à son tour légèrement la tête et fit demi-tour. Sa famille la regarda tourner les talons et monter jusque dans sa chambre. La mère de famille n'avait pas envie de s'étendre plus sur le sujet et de noircir le bonheur de sa sœur. Elle ne savait pas exactement ce qu'elle était venue chercher ici, mis à part un peu de tranquillité. Elle s'allongea sur son lit et se perdit dans ses pensées. Elle avait encore quelques jours à attendre avant que William ne revienne de son voyage. Il revenait pour l'anniversaire de Dominique, il l'avait promis.