Fais de moi un Serpentard
Auteur : Schmarties
Genre : Comedy/Romance
Couple : Draco Malfoy/Harry Potter (What a surprise!)
Disclaimer : Madame Rowling est toujours l'auteur et possesseur de Harry Potter, tout ça blabla... Et j'ai pas d'argent sur ça et c'est bien triste que Draco soit pas à moi mais je doute fortement qu'elle me les offre un jour. C'est bon ? I solemnly swear that I am up to no good.
Avertissement : Fic avec une histoire homosexuelle de jolis garçons. Z'êtes préviendus. Par rapport aux livres... euuuh... C'est durant la septième année inexistante des gens à Poudlard... Je ne prends plus trop en compte après le 5ème livre mais je peux être amenée à picorer quelques détails dedans. Oilà.
Résumé : Harry est amoureux et ne sait comment faire pour atteindre ledit mâle. Dans un moment de lumière il met au point un plan machiavélique... le plus risqué de l'histoire de l'humanité, et sans doute le plus crétin aussi. Mais que se passe-t-il quand le parfait Draco Malfoy a exactement la même idée ?
Note du début de chapitre : Hello ! Je suis désolée, vraiment, le chapitre devait venir hier mais, encore une fois, contretemps et mauvaise nouvelle oblige, so... Je m'excuse auprès de tout-ceux à qui j'avais promis le postage hier, ugh. Ceci dit, j'espère que ce chapitre vous plaira. Bonne lecture.
Un coming-out et un kidnapping
ou, comment les hyppogriffes ne firent qu'une bouchée du furet...
Blaise Maverick Zabini avait toujours été un petit garçon turbulent.
Dès le deuxième mois de sa courte vie, sans savoir former un mot correct, il se préparait à devenir le moulin à paroles de ses prochaines années. Il avait déjà faillit tuer de fatigue le troisième mari de sa mère, Eric Corderfolth, à grands coups de hurlements. Bien qu'il ne pleurait que rarement, il prenait un malin plaisir à rendre la vie de son entourage impossible en braillant, criant, beuglant des "Boutabouyé" à tout bout de champs, et en bavant allègrement.
A sa première année, le jeune Blaise avait fait une grande surprise à sa mère en parcourant deux mètres debout, tout seul, pour la rejoindre, du sofa au fauteuil. C'est ici qu'Eric, le premier beau-père, bien qu'ayant toujours eut des notes execrables en Divination, avait prédit le début de la fin.
Et quatre mois plus tard, l'affreux bambin courrait partout dans la maison et s'était trouvé pour jeu ultime de tirer sur tous les tissus, serviettes, nappes, et rideaux, à portée de ses petites mains. C'était avant qu'il ne découvre les cheveux...
Deux mois plus tard, Privela Zabini était veuve pour la troisième fois, héritière de l'immense fortune de Mr Corderfolth, mort dans des circonstances tristes et pour le moins suspectes. Mais le jeune morveux, fils unique de Mme Zabini - et de son deuxième mari, Harold MacMigget - n'en avait pas fini avec les beaux-papas pour autant.
Il fut couvert de cadeaux par les deux qui suivirent et qui ne souhaitaient que s'accorder les faveurs de sa magnifique mère. La jeune femme chérissait son fils comme s'il s'était agit de la huitième merveille du monde sans pour autant manquer d'autorité.
A deux ans, le petit Blaise Maverick avait déjà compris que ses larmes et ses hurlements lui permettrait d'accéder à un monde meilleur s'il en usait contre ses beaux-pères, à condition de savoir modérer l'affaire. Ne voulant passer pour mauvaises figures face au "petit garçon le plus merveilleux du monde", les hommes se transformaient instantanément en nounou, en fournisseur officiel de sucettes et peluches ou en raconteur d'histoires. Ainsi s'étaient fait bernés, comme des bleus, les quatrième et le cinquième papas Zabini.
La première révolution dans la vie du dissipé petit brailleur fut William Bernic. Du haut de ses cinq ans, Blaise compris que son nouvel adversaire n'était pas un caramel mou.
Les crises de larmes, les colères et les petits boudins ne marchaient plus sur le glaçon en face de lui, qui plaisait tant à sa mère. S'arracher les cheveux n'avait rien résolu. Détruire le petit salon non plus. Le jetage de purée non plus.
Pire, le coriace ennemi avait convaincu Privela qu'elle devrait le laisser éduquer son fils. La femme avait accepté, des étoiles pleins les yeux, hypnotisée par cet imposteur, ce fourbe, cet hypocrite qui avait tellement de charisme. La métamorphose de Zabini fils allait commencer.
Alors, de petit garçon turbulent, il passa à petit garçon turbulent ET machiavélique, entraîné par un professionnel du genre qui avait lui-même grandit avec pour voisin les ancêtres de la famille Black. C'était lui qui avait énoncé à un Blaise bien trop jeune pour comprendre que "Le bras vengeur de la guerre n'est rien, sans la baguette au bout". Le mouflet n'avait même pas essayé de saisir le sens de cette obscure maxime mais il l'avait gardé au coin de sa tête, pour quand il serait grand et qu'il pourrait assimiler le véritable sens. Un mauvais coup n'est rien sans l'illusion de l'innocence du criminel.
A cinq ans et sept mois, Blaise avait donc, en plus de ses techniques de diable de Tasmanie, ajouté l'option des yeux pleins de larmes "si tu ne me donnes pas un bonbon là tout de suite, je crois que je pourrais éclater en larmes et mourir de tristesse et de désespoir sur ce tapis, et tout sera de ta faute...". Deux mois plus tard, avait suivi l'option des vrais larmes coulantes. Blaise Maverick savait désormais pleurer sur commande et mordiller ses lèvres comme un enfant battu.
L'arme ultime qui allait le rendre invincible, arriva avec ses six ans. Si Voldemort s'était attaqué à lui et non à Harry Potter, même sans le sacrifice de sa mère, il aurait pu terrasser le Lord Noir en lui faisant les yeux doux.
La technique était simple : baisser la tête et subir. Puis, lorsque la proie s'y attendait le moins, lorsqu'elle se sentait en position de force, lorsqu'elle se sentait en confiance et qu'elle commençait à se complaire paisiblement dans sa supériorité, il hoquetait avant de porter le coup final : relever tout doucement la tête et envoyer le regard supportant tout le malheur du monde directement dans les yeux de l'opposant, du bas vers le haut. Du tueur vers la proie. Du gagnant vers le vaincu platement et misérablement.
A sept ans, l'animal savait si bien jongler avec sa partie manipulatrice et sa partie chahuteuse que l'on aurait pu croire à un dédoublement de la personnalité.
Il travailla sans relâche à développer tous les dérivés possibles de son regard de biche, passant de l'option gênée à choquée en un dixième de seconde, il devint alors le virtuose perfide de la Supercherie.
A huit ans, Blaise Maverick Zabini accomplit l'apothéose d'une éducation rude. La partie bélligérante, l'ennemi suprême, l'adversaire de toujours, le rival maléfique mangea la poussière à ses pieds... et William Bernic lui pardonna d'avoir brisé le vase Ming dans sa famille depuis 279 ans alors que le marmot était occupé à jouer au cow-boy dans son bureau. Alors il sut que son pouvoir était infini et qu'avec de la volonté, les gens tomberaient à ses pieds comme des mouches dans de la confiture de fraise.
Pour le plus grand malheur de la population Terrienne, il semblait en plus que tout petit déjà, une fée avait du le porter dans son coeur. Le mouchard avait l'une des plus belles frimousses qu'il eut été possible d'avoir. Et plus il grandissait, plus ses longs yeux en amandes gagnaient en intensité, leur belle couleur noisette s'obscurcissant délicieusement.
Il fut dit de lui, par Narcissa Malfoy -alors qu'elle le rencontrait pour la première fois-, que son regard hypnotique rivaliserait avec celui d'un Basilic. Envoûtant, assassin, mais terriblement fascinant.
...
N'oublions pas que Narcissa Malfoy, tout aussi belle soit-elle, était femme de mangemort avec un goût prononcé pour l'assassinat, les tortures et toutes sortes de joyeusetés aussi amusantes que l'anniversaire d'un détraqueur.
Soit.
Il n'avait donc eu aucun mal à se mettre le jeune Draco Lucius Malfoy dans la poche. Non pas que l'enfant était un petit imbécile comme nombre de mioches déjà rencontrés dans les jardins d'enfants... mais il se trouvait que le bambin aristocrate, du haut de ses neuf ans, était déjà passionné par l'esthétique. Charmeur dans les gênes, rusé jusqu'au bout de ses ongles manucuré à un âge trop jeune, Draco ensorcelait et la seule chose capable de le conquérir en retour, c'était la beauté.
Et Blaise Zabini était beau, il émerveillait le blondinet qui s'en fit rapidement un ami, adorant être entouré de belles choses.
Le tableau fut complété lorsque Draco lui présenta, bien plus tard, Théodore Nott, également conditionné dès son plus âge à une mesquinerie peu commune.
Beaucoup de personnes, après avoir passé quelques minutes, heures, jours, semaines, mois... en compagnie du Serpentard Zabini, avaient affirmé le connaître et ne plus pouvoir être berné par ses petits tours sournois. Ce à quoi Draco et Théo haussaient des sourcils amusés et Blaise ricanait silencieusement, signifiant clairement "Compte là-dessus et bois ton jus de citrouille". Le jeune homme était un puits sans fond de surprises, de coups montés et de tromperies, et ce, même pour ses deux meilleurs amis à la vie à la mort. Il aurait pu faire croire à Severus Snape que Hagrid était son cousin éloigné et Ron Weasley, son fils caché.
Pourtant, quand Draco Malfoy entra dans la Salle Commune ce mardi midi, les yeux furibonds et le teint brouillé, quand il se dirigea comme une fusée vers Blaise à défault de trouver Théo, quand il lui dit qu'il souhaitait lui parler, la fumée lui sortant presque des oreilles, et que Blaise ouvrit grands ses magnifiques yeux avec une innocence toute pure au fond des prunelles et une surprise crédule, ... le blond n'y crut pas une seconde.
Mais Blaise faisait délibérémment semblant de ne pas savoir nier, donc tout allait bien.
- Va me chercher Théo. Tout de suite, siffla Draco d'une voix hâchée.
Blaise fronça les sourcils, une lueur inquiète voilant son regard alors qu'il se penchait en avant.
- Pourquoi ? Il y a un problème ?
Draco plissa les yeux, serrant vivement les poings en le fusillant du regard.
- Va me chercher ton merdique compère et ramène-toi dans ma chambre. Tu as trois minutes avant que je pète un chaudron.
- Mais...
Draco inspira prestement, essayant de conserver de son calme légendaire dans cette pièce bondée. Il remercia Serpentard d'y arriver plus ou moins.
- Tu perds du temps.
Et sans un soupir de plus, il se dirigea vers sa chambre, le museau en l'air, toisant ses camarades du regard.
Au moment où le Prefet referma sa porte d'un mouvement brusque, le tableau de la Salle Commune pivota, laissant passer Théodore qui se dirigea tout naturellement vers un Blaise n'ayant pas bougé ses fesses du canapé.
- Je l'ai vu traverser le couloir comme si Salazar venait de le renier... chuchota Théo avec un petit sourire
- Oui, répondit Blaise en s'étirant comme un chat. Il veut nous parler.
Théo jeta un coup d'oeil à la foule autour d'eux qui, pour la moitié, les espionnait en tentant vaguement d'être discret. Il eut une exclamation d'agacement, leur faisant signe de retourner à leurs mandragores. Blaise se redressa avec un soupir et Théo lui donna une rapide claque sur les fesses pour le faire avancer.
- Un peu de courage, Serpentard.
- Blasphème! grogna Blaise en s'acheminant d'un pas paresseux vers la chambre du blond
Lorsqu'ils se furent assis sur le lit du Préfet, qui était lui-même occupé à creuser une tranchée devant eux à force de faire les cent pas, Théo baissa la tête, s'appliquant à lisser les quelques plis sur son jean.
Il savait pourquoi Draco les avait convoqués, il savait ce que le blond allait dire, il savait ce que Blaise répondrait et il savait également la fin de l'histoire qui se conclurait par une capitulation du dernier des Malfoy. Il n'était pas utile à ce genre de conversation, son meilleur ami se débrouillait parfaitement tout seul.
- ... Est-ce que vous entendez ce que je vous dis ? Je commence à en avoir très sérieusement MARRE, et je pèse mes mots, que vous...
Alors il se permit de se laisser aller à ses petites pensées.
Il était content d'avoir accepté d'aider Harry Potter à "devenir un Serpentard" pour les beaux yeux de Draco Malfoy. Oui, ce petit évènement bousculait un peu sa vie et brisait la monotonie dans laquelle ils avaient tous finit par s'encroûter.
- ... ah mais bien sûr, ma santé mentale, rien à foutre c'est ça ? Non parce que...
D'ailleurs, il trouvait que Draco et Potter formerait un couple très... divertissant.
Il connaissait Draco depuis ce qui lui semblait être toujours, il était donc parfaitement en mesure d'imaginer le blond dans une relation sérieuse. Et plus il en découvrait sur Potter, plus il avait l'impression que ces deux énergumènes se ressemblaient plus qu'ils ne le pensaient eux-mêmes.
- ... venue me demander pour la je-ne-sais-quantième-fois si vous étiez ensemble... On m'a même demandé si on avait fait des trucs à trois! DES TRUCS A TROIS! MOI! VOUS! Nan mais sérieusement!
Pourtant, toute cette histoire avait fait apparaître un nuage noir dans le ciel bleu de la vie de Théodore Nott. Il s'était rendu compte que depuis toujours, il y avait une tare terrible dans l'amitié maligne que lui et Blaise entretenaient avec Draco Malfoy. Un cheveu dans la potion. Un Scroutt au milieu des Hyppogriffes. Un Poufsouffle au milieu des Serpentards.
- ... te rends compte que moi, Draco Malfoy, vous allez me rendre fou ?! Moi. Vous me perdez, je ne sais PLUS quoi penser parfois, sincèrement. C'est la déchéance, de pire en...
Blaise regardait Draco passer et repasser devant lui, les mains sur les yeux, qui lui jetait des regards noirs par à-coups. Il joignit ses mains sur ses genoux avant de regarder son ami d'un air très sérieux.
- J'aimerais que vous soyez honnêtes une bonne fois pour TOUTES! Je vais pas me vexer d'accord ? Vous avez tout à fait le droit de baiser ensemble après tout...
- Draco...
- ... mais si c'est pas le cas... ayez pitié de mes nerfs.
- Draco ?
Le blond leva les yeux au ciel avant de se tourner vers le noir, avec un air vraiment las sur le visage.
- Dis-moi juste la vérité.
Blaise se gratta nerveusement le front avant de se lever pour rejoindre Draco et soupirer doucement.
- Tu sais bien qu'on n'est pas ensemble Draco.
- Mais alors pourquoi vous continuez vos délires grotesques ? On a plus douze ans. Ça me donne comme l'impression que... que vous voudriez vraiment être ensemble et que vous osez pas ou un truc comme ça.
L'air soucieux, Théo regarda sans les voir Blaise berner Draco aussi facilement qu'on attire un Weasley avec un Gallion, lui promettant monts et merveilles comme quoi ils ne recommenceraient plus, et cetera et cetera.
Théodore se concentra sur Draco. Il s'était toujours sentit très proche de lui et il était parfaitement conscient d'être l'une des deux seules personnes au monde à pouvoir admirer sur son visage un quelconque sentiment, le souci, la peur, la joie ou n'importe quoi dans ce genre. Il avait la chance de connaître les questions existencielles du blond, de partager plus que des devoirs, de lui raconter des blagues salaces, de survivre à ses regards tueurs, d'être purement et simplement son ami.
Mais depuis quelques temps, il avait l'impression que tout ceci n'était que superficiel et qu'il devrait revoir sa conception de l'amitié. Toutes ses illusions s'étaient dissoutes quand il s'était rendu compte du vide terrible que Draco continuait de maintenir entre eux. En général, les vrais amis devraient pouvoir répondre à cette question sur l'autre, celle à laquelle il n'avait pas de réponse concernant le Préfet. Du moins, c'est l'idée qu'il avait cru comprendre de l'amitié en voyant les autres agir.
Lorsqu'il poussa un soupir contrarié, ses deux proches se tournèrent derechef vers lui. Alors, il décida de se jeter à l'eau, au risque de briser une amitié de longue date. Il devait savoir.
- Draco dis-moi...
Silence. Draco haussa un sourcil en croisant les bras sur son torse.
- Tu es amoureux de quelqu'un ?
-
Ce matin, bien qu'il n'ait aucun cours de commun avec les Gryffondors avant la fin d'après-midi, Draco Malfoy avait pris un soin tout particulier à se créer son apparence débraillée. Il n'avait pas rentré sa chemise dans son pantalon et s'était crispé sur son peigne pour démeler ses cheveux sans trop les coiffer. Il avait même laissé sa cravate relativement relâchée autour de son cou.
Quand il était sortit il était au bord de la crise de nerfs mais bien evidemment personne ne l'avait remarqué. Il marchait toujours avec son parfait nez relevé vers le haut, droit comme un roi. Et il avait du s'avouer que les regards d'abord surpris posé sur sa personne, et qui avaient fini par se faire désireux, avaient regonflés son ego déjà conséquent.
Tout était partit de cette pécore de Susan Bones et de son acolyte Serdaigle, Padma Patil. Elles étaient venues le voir pour lui demander de but en blanc si Théo et Blaise sortaient ensemble. Il les avaient donc proprement remballées avec la classe et le distinction d'un Malfoy, empereur du Sadisme et de la Méchanceté Gratuite. Mais il commençait à se demander si les gens ne s'étaient pas trop habitués à ses crasses et son indélicatesse, comme des insectes mutants qui finissent par survivre à tous les insecticides, puisque les deux pimbêches ne se démontèrent absolument pas et continuèrent de le harceler de questions indiscrètes.
Malheureux souvenir dans son esprit perturbé de ces derniers jours. Il était en pleine métamorphose personnelle, en pleine création, en pleine transformation, en plein effort colossal à devenir un Gryffondor et on venait encore l'ennuyer avec des babillages sans intérêt...
Tout était de la faute de Susan Bones. Elle avait posé cette question, elle l'avait enervé, il s'était excité sur ses deux amis, Blaise avait tenté de l'embobiner et tout cela avait fait réfléchir Théo et il avait finit par lui poser cette foutue question.
Cette merdique satanée question.
Il s'était vraiment rendu compte qu'il n'avait jusqu'alors jamais partagé ce genre de sentiments avec ses deux acolytes. Ils parlaient de sexe, ils parlaient de leurs préférences, ils parlaient de leurs exs, mais jamais du présent, ni de... choses plus profondes. Il ne savait même pas si ces deux chacals avaient des personnes en vues.
Alors pourquoi cet imbécile s'était réveillé aujourd'hui pour lui poser cette maudite question ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?
C'était celle qu'il avait tenté, avec plus ou moins de succès, d'éradiquer de sa vie. Et voilà que son prétendu ami la lui rejettait en pleine face. Comme s'il n'avait pas déjà assez à faire avec ses problèmes...
Il avait déjà du mal à survivre en admettant qu'il en avait après un Gryffondor. ... alors en être amoureux, c'était au-dessus de ses forces. Il avait eu un mal de hibou à mettre cette interrogation sous silence, pour n'avoir ni à admettre ni à nier.
Et ce type se pointait comme une fleur pour tout briser. Entre son ex-ami et ce Gryffondor de malheur qui s'était emparé de lui sans sa permission... N'était-il donc entouré que de sans-gêne ? Alors plus personne n'avait de respect pour un Malfoy ?
Il entendit des éclats de voix derrière lui et se tourna légèrement, appuyé à côté de l'entrée des serres. Les Gryffondors arrivaient en cours et Parvati Patil lui passa devant, avec Lavande Brown, suivit d'un Seamus Finnigan très enjoué qui faisait des blagues toutes aussi vaseuses et lourdes les unes que les autres. Weasley le pauvre et sa Majesté Harry Potter le dépassèrent sans le voir.
Alors qu'il relevait la tête, prêt à lâcher une remarque acerbe, méprisante, qui attirerait sans aucun doute possible les yeux consumés de colère de Sir Sauveur sur lui, il se figea. Son regard coula avec horreur sur le Gryffondor alors qu'il s'étranglait avec sa respiration.
Il se demanda l'espace d'un instant si une divinité quelconque n'essayait pas d'attenter à ses jours... Il trouvait que ces derniers temps, les choses bizarres se mutlipliaient dans les parages, et il finirait vraiment pas y laisser sa peau dans une attaque cardiaque.
Serrant les dents dans un tic nerveux pour s'imposer une indifférence à toute épreuve, il détailla le Gryffondor. Jamais il n'aurait cru possible de voir Harry Potter correctement habillé. Mais le jeune homme était aussi propre sur lui que faire se peut, les épaules droites, le visage relevé. Et soudainement, Draco se sentit encore plus mal avec sa cravate mal attachée et ses cheveux à peine coiffés.
Une bouffé de colère et de honte le submergea quand il se rendit compte à quel point ce satané type qui s'acharnait tant à survivre, avait de la classe. Et lui devait avoir l'air plutôt bête, cloué au sol, une expression d'intense réflexion peinte sur le visage, puisque toutes les personnes présentes le regardaient bizarrement.
- Malfoy ?
Le murmure d'Hermione ne lui fit pas tourner la tête.
Il fronça les sourcils la chassant d'un vague geste de la main. La main de la jeune fille se posa sur son épaule alors qu'elle se mettait sur la pointe des pieds pour tenter de capter son regard.
- Malfoy ça va ?
Les murmures se tarissaient et les oreilles se tendaient vers eux. Le blond cligna des yeux avant d'enfin remarquer Hermione.
- Tu as l'air bizarre, murmura la jeune fille.
Le Serpentard ouvrit la bouche pour la rassurer vaguement et clouer cette discussion mais une voix forte résonna entre eux et ses yeux se tournèrent vers nul autre que Potter, crocs et griffes sortis.
- Laisse-la tranquille Malfoy!
Draco ricana avant d'hausser un sourcil amusé.
- Tu n'arrives vraiment pas t'empêcher de jouer au Super-Héros hein ? Potty ?
Harry sursauta, décrochant son attention de l'apparence négligée du Serpentard. La première fois, il avait simplement cru que c'était l'effet de sa course. Pourtant Draco Malfoy se tenait devant lui, adossé avec une nonchalance feinte contre le mur, et une sorte de classe désinvolte semblait flotter autour de lui.
- Euuh... Mais c'est... balbutia le brun en maudissant ses cordes vocales de le lâcher à cet instant précis.
Draco plissa le nez avec un sourire sardonique.
- Tu ne trouves plus tes mots ? Pourquoi tu n'appelles pas le miséreux pour t'aider ?
- Malfoy...
- J'allais justement demander à mon amie Granger de se mettre en binôme avec moi pour ce cours...
- QUOI ? s'exclama Harry comme s'il venait de lui jeter un Avada Kedavra. Comment ça AMIE ?
Hermione soupira devant la puérilité évidente des deux garçons et elle posa sa main sur le bras du Gryffondor dans une vague tentative de le calmer.
- Ça va aller Harry... Je devais lui parler de toute façon.
Le sourire de Draco se fit encore plus grand, encore plus triomphal. Avant que Harry n'ai pu s'exciter, se mettre à hurler à l'infamie, la trahison, la conspiration, bref avant qu'il n'ait pu commencer son cirque habituel avec Ron, le professeur Chourave arriva, suivit des septièmes années Serpentard.
Il aurait été impossible de dire laquelle des deux maisons ennemies fut le plus choquée de voir Draco Malfoy et Hermione Granger entrer ensemble, en premier, dans les serres.
- Je croyais qu'il la détestait, lâcha Pansy Parkinson d'une voix suraigue.
Lorsqu'ils s'assirent, Hermione lâcha un profond soupir désabusé avant de marmonner.
- Ils vont m'assaillir de questions dès qu'on sera sortit de cours.
Draco laissa tomber son sac sur le sol, se tournant vers l'avant de la classe.
- Le coming-out de notre "amitié" Granger... Alors, tu voulais me parler ?
Elle lui jeta un regard en biais en enfilant ses gants en peau de dragons, prête à reprendre le cours de la dernière fois, qui consistait à désempoter des Ellébore, en arracher les petites dents sur toute sa tige et les rempoter.
- Je trouve que tu oublie bien vite ton petit plan.
- C'est-à-dire ?
Elle regarda discrètement autour d'eux, et, voyant que personne ne semblait leur prêter d'attention, plus concentrés à ne pas se faire mordre par leurs plantes, se retourna à Malfoy.
- Un Gryffondor ne passe pas son temps à mépriser, ...
- Potter le fait.
- ... insulter, ...
- Encore Potter.
- ... et rabaisser qui a le malheur terrible de respirer à ses côtés...
- Potter si.
Hermione eut un soupir las et tira rageusement sur la dixième dent de son Ellébore.
- Je ne dis pas que nous sommes des anges. On se charrie comme tout le monde mais on n'insulte jamais quelqu'un de notre maison.
- Et surtout pas après le balafré, c'est ça le message ? Un Gryffondor doit obligatoirement vénérer notre Sauveur bien-aimé... C'est évident, suis-je bête, répliqua Draco sur un ton on-ne-peut-plus sarcastique.
Hermione pinça les lèvres, redressant la tête pour jeter un coup d'oeil à son brun de meilleur ami qui luttait pour arracher Ron de l'emprise coriace de son arbuste. Elle eut un léger sourire de découragement en les voyant ainsi, mais se resaisit assez vite pour revenir dans sa conversation.
- Non, murmura-t-elle. Il y a aussi des Gryffondors qui ne peuvent pas supporter Harry.
- Doux Merlin! Tout n'est pas perdu...
Il fronça les sourcils en percevant la pointe de colère et d'amertume dans sa propre voix. Pourquoi est-ce que ça semblait le déranger que d'autres personnes haïssent Potter ?
- Mais de la part de quelqu'un qui est prêt à refouler sa nature profonde pour sortir avec lui... Je trouve ça exagéré.
"Ploc" fit la mâchoire de Draco Malfoy quand elle rencontra le sol.
Il la regarda avec un effroi complètement visible alors qu'elle continuait sa tâche l'air de rien.
- Pardon ? s'exclama-t-il d'une voix sourde. Est-ce que tu viens à l'instant d'insinuer que je veux sortir avec... POTTER ?!
Les quelques groupes autour d'eux sursautèrent et Harry se retourna vivement sur sa chaise, jetant un regard glacial à sa soit-disant meilleur amie et à son ennemi blond.
- Qu'est-ce que tu veux Malfoy ? lâcha-t-il hargneusement
Draco fronça les sourcils, lui faisant signe de se retourner.
- J'ai dit hauteur, sombre idiot.
- Pardon ?
Le brun cligna des yeux, visiblement perdu. Draco poussa un profond soupir en se frottant les yeux d'un geste élégant de la main.
- J'ai demandé à Granger quelle pelle on choisit pour rempoter... quelle hauteur de pelle... ! Arrête de te croire le centre du monde !
Il détourna le museau vers sa coéquipière qui le regardait d'un air mi-curieux, mi-moqueur.
- La hauteur de la pelle ?
Le blond la regarda d'un air furieux, puis, remarquant que Potter s'était enfin remis face au professeur, il siffla.
- C'est ta faute, imbécile!
- N'essaie même pas de nier.
- Je. Ne. Suis. Pas. Amoureux. De. Potter, chuchota-t-il.
Hermione lui tapota le bras avant de se pencher vers lui, prenant une voix calme pour amener la chose avec le plus de douceur possible.
- J'ai fait mes recherches Draco.
- Epargnes-moi tes familiarités, sale Sang-de-... Granger.
Il recula vivement son bras et le reste de sa personne loin de la jeune fille, ses yeux lui lançant des éclairs meurtriers.
- Il n'y a pas beaucoup de garçons homosexuels ou même bi à Gryffondor, et encore moins qui ne soit sortit qu'avec des garçons de la maison.
La colère se mua en perplexité sur le visage de Draco, puis en légère crainte.
- C'est simple, ils sont très exactement quatre, toutes années confondues.
- Ah... ah bon ?
- Oui.
Un éclair de lucidité traversa le regard de Draco qui soudainement, se redressa avec un petit sourire.
- Tu oublies que Potter est sortit avec Chang et qu'elle est à Poufsouffle.
- C'est une fille, souffla Hermione. Il n'y a qu'un garçon qui ne soit sortit qu'avec des gens de Gryffondor, filles et garçons réunis... Mais je doute sincèrement que tu puisses être attiré par Jimmy Peakes, né moldu, et collectionneur de caleçons d'animaux.
- Caleçons d'animaux ? lâcha Draco d'une voix blanche
- Oui, la semaine dernière il était complètement surexcité d'en avoir enfin trouvé un avec des licornes dessus. Il a aussi ceux avec les hyppogriffes, les scroutts à pétards, les niffleurs, les...
- Stop, stop, pitié.
Hermione lui tendit un grand sourire sardonique.
- Je disais donc, qu'il y a quatre possibilités de types n'étant sortis qu'avec des garçons de Gryffondor. Jimmy Peakes, Colin Crivey, Clindor Pannetier et Harry Potter. Comme je doute que tu connaisses simplement les existences de Jimmy et Clindor, que personne ne puisse vouloir devenir un Gryffondor pour plaire à Colin... mes déductions me portent à croire que tu en as après mon meilleur ami.
A la fin de son discours, Draco Malfoy était tellement livide qu'il en devenait verdâtre.
- J'ai raison ? demanda Hermione d'un petit air innocent
Draco porta la main à sa bouche, se concentrant pour respirer très profondément par le nez. Son coeur allait trop vite, son estomac se secouait un peu trop aussi et il n'allait pas tarder à rendre son déjeuner.
Malgré toute sa discrétion, les hypporgriffes avaient bouffé le furet qu'il était, sans remords, avec un petit sourire ironique, très fier d'eux.
- Je te déteste, siffla-t-il avec une animosité non masquée.
Hermione tapota avec orgueil la terre autour de son Ellébore.
- Je ne lui dirais rien, je te l'ai promis.
Draco détourna la tête, visiblement intimidé face à la découverte de la jeune fille, et aussi pour cacher ses joues très légèrement rougies.
- Mais je veux des explications, l'acheva-t-elle sans l'ombre d'un remord.
-
Lorsque la sonnerie retentit enfin, les libérant de leur interminable cours de botanique, Harry sauta sur ses pieds, prêt à aller donner son ultime combat contre Malfoy et comprendre cette situation abracadabrantesque avec Hermione. Ça l'avait torturé tout le long du cours, menaçant de le rendre complètement dingue.
Pourquoi ces deux là ne se quittaient plus ? Depuis quand étaient-il amis ?
Heureusement que Ron, son valeureux presque-frère était dans le même état que lui. Il y a des situations face auxquelles on ne peut faire face seul! Ensemble, ils avaient aisément pu profaner des menaces de mort envers tous les Dieux qu'ils connaissaient.
Car, bien entendu, il était hors de question que Ron dise du mal de Draco ou que Harry veuille assassiner Hermione.
Mais à peine avait-il mis un orteil hors de la serre qu'il se fit capturer par une paire de bras qui enserra sa taille, et il fut balancé sur un dos, comme un vulgaire sac à patates. Le souffle coupé, il ne réagit pas tout de suite. Il vit Théo juste devant son nez et comprit aussitôt qu'il se trouvait sur les épaules de Blaise Zabini. Soupirant, il releva le cou pour apercevoir Ron loin derrière.
- Je te rejoins dans la Salle Commune, brailla-t-il avant de disparaître dans un tournant.
Face au silence des deux Serpentards, Harry se sentit quelque peu gêné.
- Tu veux pas me reposer Zabini ? Je sais marcher tout seul tu sais...
La question tomba dans un trou noir.
- Les gars ? Quelque chose ne va pas ?
Dix minutes plus tard, Harry toucha de nouveau le sol dans leur salle de rendez-vous. Il déglutit, se ratatinant sur sa chaise en voyant l'air sombre des deux garçons en face de lui. Prenant son mal en patience, il attendit silencieusement que l'un des deux ouvre enfin la bouche.
Mais rien ne semblait vouloir venir.
- Les gars ? murmura-t-il au bout d'un instant qui lui avait parut interminable
Théodore poussa un soupir las en se passant une main dans ls cheveux, puis, il fouilla dans sa poche et laissa tomber un paquet de feuilles devant le nez du Survivant. Le Gryffondor n'eut aucun mal à identifier le questionnaire qui lui avait valu la mort de sa Dame Patience.
- Franchement, tu m'as déçu.
Harry grimaça en se tordant sur sa chaise, une envie de fuir nettement visible sur son visage. En face de lui, les deux Serpentards affichaient aussi clairement que possible leur dépit.
- A ce point ? gémit Harry en se grattant la nuque, se penchant pour jeter un coup d'oeil aux papiers
Blaise éclata d'un rire sinistre en reprenant le questionnaire, le feuillettant rapidement.
- Que tu ne connaisses pas Draco aussi bien que nous, c'était pas le problème Potter. On ne te demandait pas un sans faute.
Le garçon baissa le regard en se dandinant toujours sur sa chaise.
- Ce qui m'emmerde Potter, lâcha Théo de sa voix glaciale. C'est l'opinion dégueulasse que tu te fais de mon meilleur ami, ta putain d'arrogance et le fait que tu crois sincèrement pouvoir sortir avec lui. Tu me dégoûtes.
Harry sursauta à ces mots polaire pleins d'amertume. Il serra les dents, le regard dur et finit par demander, d'une voix toute aussi aigre que celle de son vis-à-vis.
- Tu as pas juste un tout petit peu l'impression d'y aller fort là ?
Il entendit Blaise toussoter et se tourna vivement vers lui, la rage faisant briller ses yeux.
- Quoi ? aboya-t-il
Il aurait préféré souffrir milles tourment plutôt que d'admettre que les mots de Théodore venaient, en quelques secondes, de tuer ses espoirs et de briser son coeur en un million de petits morceaux, mais les faits étaient là. Chacune de ces syllabes avait été prononcée, lentement, avec une répulsion écoeurée, se répétant doucement dans sa tête. Il aurait aimé ne pas avoir les larmes aux yeux.
De la part de n'importe qui d'autre, il n'en aurait pas tenu compte. Mais que ces mots-là, viennent exactement du meilleur ami de Draco, ça faisait beaucoup plus mal.
Il vit Blaise hausser un sourcil avant de désigner le questionnaire du doigt.
- Tu veux que je te rappelle tes meilleurs passages ?
- Allez vous faire foutre! s'écria Harry en se relevant brusquement, faisant tomber sa chaise
Il savait que sa voix tremblait.
- Quelle est la profession des parents de Draco Malfoy ? Et tu as répondu : Ex-Mangemorts.
De dos, Harry se figea, soudainement mal à l'aise, et baissa la tête.
- Que sais-tu de l'enfance de Draco Malfoy ? continua Blaise, d'un ton impitoyable. Et tu as répondu : Belle, heureuse, gâtée... Epanouie au milieu des fleurs, des zozios et de l'apprentissage des Doloris.
Harry ferma les yeux en pinçant les lèvres. Il se revoyait parfaitement écrire ces conneries quand il avait craqué devant ce questionnaire, pourtant, c'était comme s'il les entendait pour la première fois. Il se dit alors qu'il était foutrement con.
- Je continue ou ça te suffit ?
Harry lui fit signe d'arrêter avant de se prendre la tête dans les mains.
- Tu as deux solutions Potter, cracha Théodore. Soit tu t'énerves comme le bon à rien de Gryffondor stupide que tu es, tu te casses de cette pièce et plus jamais tu ne nous adresses la parole; soit tu respires, tu viens t'asseoir et tu nous donnes des explications, et j'espère pour toi qu'elles tiennent la route.
Harry se prit la tête dans les mains. Il avait cette furieuse envie de partir en claquant la porte, mais il y avait l'autre partie de lui qui savait qu'il était en tord... et qu'il voulait vraiment Draco.
- Je voulais pas... souffla-t-il
Un mutisme parfait lui répondit et il finit par se retourner pour s'asseoir, sans leur adresser un seul regard.
- Bien, reprit Blaise.
Il lui semblait plus calme que Théo, mais il soupçonnait cette tranquillité de cacher une colère froide, sourde, redoutable.
- Maintenant, j'aimerais que tu nous dises exactement pourquoi tu... es amoureux de Draco. Vu le cynisme de ton questionnaire, il y a de quoi se demander vois-tu.
Les mains croisés sur ses genoux, Harry resta silencieux. Le temps de reprendre ses esprits, de trouver que dire.
- Je suis désolé.
Il entendit le reniflement dédaigneux de Théodore mais préféra ne pas y faire attention.
- Je suis sincèrement désolé. Je suis pas très patient, alors j'ai un peu pété un câble... Je savais pas répondre, ça m'a enervé.
- C'est pas vraiment une excuse.
- Je sais.
Enfin, Harry osa relever le nez pour croiser les yeux de Blaise. Il ne le regardait pas méchamment, juste avec une incompréhension totale. Finalement, peut-être qu'il n'était pas énervé.
- J'aimerais toujours savoir pour quelle foutue bonne raison tu cours après Draco, cingla Théodore. Me dire que tu en veux juste après ses fesses, ça me met dans une rage certaine.
- Théo, ton langage! reprocha Blaise
- Ta gueule. J'attends qu'il sorte son grand discours de Gryffondor comme quoi il est éperduement amoureux de Draco, histoire que je marre correctement.
Harry déglutit en fronçant les sourcils, être au milieu d'une bagarre Blaise versus Théo, c'était sans aucun doute à la fin de sa liste des choses à accomplir au moins une fois dans sa vie.
A vrai dire, il n'avait aucun argument, aucune idée pour alimenter son plaidoyer. Après tout, il s'était juste réveillé différent, un matin. Et quand il avait regardé le blond, tout avait changé. Comment expliquer ça ?
- Je ne sais pas quoi vous dire, murmura Harry d'un air complètement paumé.
- Qu'est-ce que tu lui trouves, à Draco ? demanda gentimment Blaise
Harry ouvrit la bouche, puis la referma en baissant les yeux. Il se tordait les mains, cherchant comment assemblé les mots pour créer une phrase compréhensible.
- Génial, fit Théo avec morgue. Ça me donne vraiment l'impression de m'être fait misérablement avoir.
- C'est bon, tu peux me laisser trouver mes mots deux secondes sans m'emmerder ?!
Ils se tuèrent du regard et Blaise finit par donner un grand coup de poing sur la table en face d'eux, les faisant se tourner vers lui.
- Le prochain qui insulte l'autre, je lui colle une baffe qui l'enverra directement dire bonjour aux sirènes du Lac. Maintenant, Harry tu te dépêches de répondre, et Théo tu te la boucles.
Son ami dévia le regard pour se concentrer sur le mur derrière le Gryffondor. Ce n'était pas le moment de s'énerver avec Blaise, mais il avait toujours détesté quand le garçon l'ignorait ou le remballait, quand il se mettait contre lui en quelque sorte.
- C'est juste qu'il... il est vraiment très important pour moi... balbutia Harry, le sortant de ses réflexions.
Théo mourrait d'envie de lâcher une remarque cinglante mais il se retint de justesse en voyant Blaise écouter attentivement l'autre brun.
- C'est dur à expliquer... Des fois je me demande moi même pourquoi il m'intéresse mais... J'aime le regarder, j'aime juste entendre sa voix... J'aime son petit air snobinard et sa façon prétentieuse de croire que tout le monde doit l'aimer parce que c'est normal de vénérer un Malfoy. Je ne sais pas... avant ça m'énervait, mais... maintenant ça me fait rire, je trouve ça... charmeur.
Blaise eut un léger sourire qui rassura Harry, comme s'il comprenait exactement ce que le Gryffondor voulait dire.
- Et tout ce qu'il fait devient adorable juste parce que c'est lui qui le fait, grogna tout doucement Harry.
Ni Blaise ni Théo ne purent retenir leur éclat de rire à cet aveux, faisant sursauter le Survivant.
- Ne lui dis jamais ça, ricana Blaise. Il pourrait te tuer.
Harry eut un léger sourire en se grattant la tête.
- Désolé...
- Le jour où tu veux te suicider avec le plus de douleur possible, ricana Théo, gueule à un Malfoy qu'il est un "petit animal adorable et absolument trop mignon".
Harry resta un instant déstabilisé avant qu'un petit sourire crispé ne naisse sur ses lèvres. Théo riait avec lui alors qu'il lui avait semblé sur le point de l'éviscérer il y avait de cela deux minutes à peine.
Ledit garçon l'observa un instant, un léger sourire aux lèvres, avant de s'accouder à la table entre eux.
- Dis-moi seulement que tu l'estimes un peu plus que les conneries que tu as écrites.
Harry hocha vigoureusement de la tête alors que les deux Serpentards se relevaient pour lui tapoter la tête.
- Vous... ne m'en voulez plus ? demanda Harry avec perplexité
- Hein ? demanda Blaise comme si le garçon venait de dire la plus grosse bêtise du siècle
- Pourquoi on t'en voudrait ? rajouta Théo
Harry vit doucement, très doucement, un sourire nanoscopique fleurir sur les lèvres des deux garçons et il se sentit se pétrifier.
- Tu fais bien tes affaires comme tu les veux avec Draco, susurra Blaise dont le regard devenait quelque peu mesquin.
- On voulait juste t'entendre raconter à quel point tu étais amoureux de lui...
Trop surpris pour réagir, le Gryffondor les regarda se sourire comme si de rien n'était.
- Ne crois ni ce que tu entends, ni ce que tu vois, tu as déjà oublié Potter ? ricana Blaise
Il attrapa la main de son acolyte et tous deux sortirent.
- A bientôt, lâcha Théo. On va passer à la deuxième étape incessament sous peu...
Lorsque le silence retomba dans la petite pièce, Harry se prit la tête dans les mains, les yeux fixés sur le mur en face de lui.
Il se dit alors que jamais il ne survivrait à ces deux Serpentards, et que, quand bien même Draco aurait un faible pour lui, il mourrait d'une crise de nerfs avant d'avoir pu rien que lui caresser la joue.
-
Lorsqu'elle avait vu Harry se faire sauvagement kidnappé et Ron commencer à rassembler de valeureux combattants pour aller sauver son meilleur ami, Hermione Granger avait profité de l'affolement général pour s'enfuir sur la pointe des pieds et éviter de se faire lyncher par la bande des Détestateurs-En-Chef-De-Draco-Maloy.
La jeune fille avait besoin de calme pour réfléchir posément à tout ce qui était en train de se passer dans sa calme petite vie, pour savoir ce qu'elle était, à présent, censée faire.
D'un côté, il y avait Harry Potter, son meilleur ami, qui était complètement raide dingue de Draco Malfoy, même s'il n'arrivait qu'à admettre une petite attirance... N'est pas Hermione Granger qui veut!
De l'autre côté, il y avai Draco Malfoy, son... eh bien... un ami, qui était complètement raide d'Harry Potter et qui semblait plus que déterminé à l'avoir. Et elle ne pouvait vendre ni l'un de l'autre, elle avait promis et c'était même une question de principe. Jouer les entremetteuses passait encore mais avouer les sentiments de quelqu'un d'autre... Ne poussons pas Merlin dans les capucins!
Vu ainsi, tout était simple et avec un peu de chance, les deux jeunes gens ne mettraient pas trop de temps avant de se sauter dessus, si elle y aidait un peu.
Problème numéro un : Draco Malfoy avait demandé son aide et à les voir toujours ensemble, Harry Potter -cette bestiole sans cervelle- finirait par se poser des questions, se monterait des tas de films comme une fille, et s'énerverait contre elle sans qu'elle ne puisse rien lui dire.
Problème numéro deux : Harry Potter était amoureux de Draco Malfoy, mais ce dernier faisait tout pour ressembler à ces ex petits amis et à devenir l'exact opposé de ce qu'il était présentement... Donc techniquement parlant, si elle faisait de lui un vrai Gryffondor, il n'intéresserait plus Harry. Mais si elle sabotait volontairement le plan... Draco s'en apercevrait, il n'était pas complètement idiot non plus.
Hermione stoppa ses pas au milieu de son chemin menant à la bibliothèque, et poussa un profond soupir. Les garçons étaient définitivement des personnes compliquées. Surtout Harry Potter en fait...
- Hey, Granger!
La jeune fille tourna la tête pour voir Draco arrivant tranquillement vers elle.
- Tu n'en as pas eu assez de m'avoir à côté pendant tout le cours de Botanique ? demanda Hermione d'un air assez étonné.
Ce n'est pas tous les jours que Draco Malfoy vous somme de l'attendre. Surtout quand il vous détestait encore il y a deux semaines.
- Je voulais juste...
- Je t'ai déjà dis milles fois que je ne répèterais rien.
Draco referma sa bouche avant d'hausser un sourcil, le nez plissé.
- Je sais bien, claqua-t-il sèchement. Je voulais simplement te demander quand est-ce qu'on passerait à l'étape deux de ton super plan.
- Oh. Désolée.
Il eut une exclamation de dédain.
- On pourrait se rejoindre dans la salle demain après le dîner ? J'ai du travail ce soir.
Le blond hocha de la tête avant de plonger ses mains dans ses poches.
- Je voulais aussi te demander un truc...
Elle tourna la tête vers lui et le vit regarder fixement devant lui, visiblement très intéressé par les murs de pierre.
- Est-ce que... hum... Potter a-t-il quelqu'un en vue en ce moment ?
Hermione se mordit les lèvres, les yeux écarquillés, se demandant ce qu'elle était censée répondre à ça.
- Alors ?
- Eeeeeh bien...
Le garçon eut un petit sourire malin avant d'agiter ses sourcils.
- Tu peux me le dire tu sais. Je vais pas te demander de le trahir en me disant qui c'est... C'est juste pour savoir. Et ne t'attends pas à me voir pleurer sur mon sort... Il pourrait sortir avec Merlin s'il le voulait, il n'empêche que c'est moi qui l'aurait au final.
Hermione eut un petit rire à la fois amusé et soulagé avant d'acquiescer, sur un ton badin.
- Oui. Il est en quelque sorte... Dingue d'un garçon.
Draco plissa les yeux avec un sourire carnassier.
- Ton esprit de compétition est éveillé ?
- Oui. Et ce type, il est joli garçon ?
Poussant de grands rires machiavéliques en son fort intérieur, Hermione acquiesça aussitôt et sur tout le long du trajet vers la bibliothèque.
Si Draco le prenait comme ça, ce serait sans aucun doute beaucoup plus simple pour elle de survivre à l'épreuve.
A suivre...
Yo! Oualaaa! Un avis, une petite critique ? Je vous attends!
Dans le prochain chapitre, j'essayerais de recentrer l'action sur Draco-Harry et non pas Harry-Blaise-Théo et Hermione-Draco...
Bref
Bisouilles
Schmarti'z
