4.
- Papa ! Maman ! Warius !
Avec l'enthousiasme de sa jeunesse, n'ayant pas encore officiellement passé le cap de la trentaine, Alguérande se précipita dans les bras de ses parents, octroyant également une généreuse accolade à l'ancien Colonel de la République Indépendante.
- J'adore les surprises ! Alors, il était comment, le MBS-AL3 ?
- Magnifique ! Erk fait dans le haut de gamme avec cette station spatiale ! sourit Albator. Elle a hâte de t'y recevoir.
- J'ai trois mois de congé, j'aurai tout le temps d'aller y faire un saut, tant que je ne suis pas grabataire !
- Algie ! protesta Salmanille en caressant les joues toujours étonnamment roses de son fils à la chevelure fauve.
- Vas remonter les bretelles à ton petit-fils, maman ! gloussa le jeune homme. C'est Alveyron qui m'a décrété bon pour la maison de retraite une fois mes trente ans fêtés !
- Je l'aime bien, ce gamin, commenta pour sa part Albator. Il ne m'a jamais fait entrer en gériatrie, lui !
- Normal, il se réserve pour son papa. Toi, il t'adore, tu le combles de cadeaux !
- Oui, il est attachant, ce gosse. Une jolie petite fratrie de chromosomes dorés ! Même si je sais que ça augure des épreuves pour eux tous…
- Pas de propos chagrins, papa ! pria Alguérande. C'est jour de fête ! Je suis tellement heureux d'être rentré chez moi ! J'ai tant de bonheur à vous retrouver ! Papa, maman, Warius. Et Madaryne qui arrive ce soir !
- Et moi, je compte pour du beurre ? jeta une vois familière alors qu'un jeune homme à la chevelure incandescente descendant quatre à quatre l'escalier à impérial du hall d'entrée du château d'Heiligenstadt.
- Alhannis, mais tu étais…
- J'ai menti. Ou plutôt, c'était ta surprise, petit frère ! J'ai bien joué, papa ?
- Oui, grâce à moi qui ai transmis tes messages, gloussa Albator. Et, oui à nouveau, Algie, Alhannis et Khélye sont arrivés ce matin au château ! Comme si nous ne pouvions pas tous être réunis pour ton anniversaire ! Tu en as douté, Alguérande ?
- Je connais les impératifs de sa profession. Il a une entreprise à faire tourner !
- Et j'ai aussi d'excellents comptables et un bon conseil d'administration, sourit Alhannis en étreignant longuement son cadet. Bon anniversaire, Algie !
Entièrement au sein de siens, Alguérande se sentit le cœur débordant de bonheurs, à tous points de vue.
Ses bougies soufflées, enfin, il avait essayé, Alguérande se fit servir une part de gâteau alors que les flammes de la boutique de farces et attrapes continuaient de trembloter.
- Vous aller vous payer ma fiole toute la soirée ?
- Oui, je le crains ! pouffa Madaryne en serrant à lui faire mal le bras de son mari.
- Je sens que je vais te le faire payer, au centuple, ma toute belle !
- Mais, je l'espère bien ! Tu n'as pas idée de tout ce que j'ai pu dévaliser à la boutique de lingerie de la station artistique !
- Hum, j'ai été voir leur site sur le GalactoNet. J'en salive d'avance !
- Tu baves, tu veux dire ?
- Je pensais plutôt à une autre sorte de liquide pour la nuit !
- Le contraire me décevrait !
Alveyron se glissa entre ses parents qui le délaissaient trop à son gré.
- Gâteau ! réclama le garçonnet de dix ans !
- Goinfre ! Mais tu as raison, Alfie, cette pièce montée est succulente !
Prenant la pelle à desserts, Alguérande souleva et déposa une part crémeuse sur l'assiette de l'aîné de ses enfants.
Madaryne se serra un peu plus contre son époux.
- Quel bonheur. Je le savoure tant !
- Et moi donc !
Etreint par sa femme, ses enfants l'entourant, Alguérande resplendissait de bonheur.
Albator battit une ou deux fois de la paupière, apercevant le spectre de Léllanya veillant sur leur fils, doux sourire aux lèvres.
- Il est heureux, chuchota-t-elle.
- Oui, il l'a bien mérité. Et nous sommes là, toi, moi, et toute sa famille !
- Je vous bénis, tous, murmura l'Elite, avant de s'effacer.
