Posté le : 29 Décembre 2014. Je suis obssedée par le Zabnott et Lana Del Rey, et je le vis bien. Bisou.


Je poste maintenant plutôt qu'autour du 31 décembre, sinon on sera pris dans un énorme bug du site (comme chaque année, hum). Je vous remercie pour votre patience sur mon rythme de publication. Je pense faire une petite note à ce sujet sur mon groupe facebook, genre un vlog, tsais. (fuck me, i'm famous).

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Note d'auteur : I'm so fucking happy. Bon, ok, ma vie est un tourbillon en ce moment, mais comparé à l'an dernier, je me sens cent fois plus détendue. Je n'ai pas grand chose à dire si ce n'est merci pour tous vos commentaires. Je ne peux pas trop prévoir quand viendra la suite car, mine de rien, je bosse pas mal à côté de ça. Mais j'ai beaucoup d'idées pour cette histoire donc ce n'est pas ça qui manque. Je vous conseille vivement d'écouter la chanson « Big Eyes » pendant votre lecture, de Lana (my déesse). J'espère qu'il n'y a pas trop de fautes. Je corrigerai demain (haha, je suis la personne qui fait tous les trucs à l'envers, mais soit, je suis trop badass pour une possible relecture). Cheers. Des bisous.

Réponses aux reviews anonymes :

Céline : Et nooon, il faut patienter pour avoir la suite. Sinon c'est pas drôle, tu vois. Je te remercie pour tes encouragements. J'essaie de reprendre l'écriture tout doucement. Je croise les doigts pour que ce chapitre te plaise tout autant !

Karin : Comment ça tu n'as jamais été une grande fan de ce couple ? Comment peux-tu décemment vivre dans ces conditions ? Je suis profondément choquée. Le zabnott c'est la vie. Autant l'enregistrer dans ton cerveau dès maintenant. Pour cette fic, j'essaie de mettre plusieurs pistes en avant pour que chacun puisse y aller de sa petite théorie quant à leur première rencontre. Ça va être du fondant au chocolat, haha.

Tiramisu : Je sais que c'était un chapitre plutôt frustrant mais c'est ça qui est bon ! J'espère que la suite t'emballera.

Riz : Ooooh, trop d'amour dans une review. Je te remercie du fond du cœur. À très vite !

Anonyme : J'essaie de faire en sorte que chacune de mes histoires ait sa propre identité, son petit plus, son propre style. Je me dis que comme ça, je peux m'entraîner à plusieurs choses mais aussi toucher davantage de monde. Le zabnott est pour moi un moyen de m'éclater avec un couple que j'adule mais à qui on refuse encore d'attribuer ses lettres de noblesse *soupir*. Merci pour tout.

Zabnott : Merci, merci, merci, j'espère grandement que le zabnott survivra aux générations (rien que ça, bébé). Non mais c'est ma sweet came, j'en peux plus. Ils me mettent dans un état de folie dégénérative.

Nguzunguzu : Effectivement, pour l'instant on ne connaît pas les réelles intentions de Blaise vis-à-vis de Théo. On ne peut pas trop savoir s'il a une démarche sincère ou s'il le fait juste par challenge personnel. Bon, moi, j'ai mon avis sur la question mais ce qui est intéressant c'est de le découvrir ensemble. See ya.

Camlia : D'abord, sache que ta review m'a profondément touché et m'a donné envie de poursuivre d'écrire (pour de vrai). La musique fait partie de ma vie, je ne pourrai pas passer une journée sans. Alors savoir que des gens écoutent ce que je conseille me fait chaud au cœur. À côté des fics, j'écris mes romans et j'espère qu'ils seront un jour publiés (why nott ?). Le Zabnott est certes encore un couple assez obscur du grand public mais j'ai confiance en l'avenir. Un jour, nous serons les maîtres du monde.


SCREENSHOT

if we don't dream, we die

Chapitre 4 : « Cruel World »

– Bien, nous avons fini le cours, lança le professeur Lupin. J'attends dans la pièce d'à côté les candidats reçus à l'examen. C'est à propos de vos missions de stage.

Remus Lupin enseignait les techniques de construction moderne dans leur école d'architecture. Blaise trouvait cela plutôt cocasse. Avec ses vêtements rapiécés et sa mine de déterré, il doutait fortement que leur professeur puisse avoir un toit au-dessus de la tête. Parfois, quand Blaise s'ennuyait en cours, il dessinait la maison qu'il imaginait pour Lupin. Généralement, elle n'avait pas de salle de bain et les toilettes se trouvaient dans une cabane au fond du jardin.

Le jeune homme rassembla ses affaires – qui se composait uniquement d'un critérium et d'une feuille de papier arrachée au cahier d'une fille, puis suivit la file indienne d'élèves sélectionnés.

Derrière lui, Draco ne bougea pas d'un pouce. Ce dernier avait foiré son exam d'entrée au cycle supérieur et devrait le repasser à la seconde session. C'était très bizarre de réussir là où il avait échoué, car, mine de rien, Draco était un sacré bourreau de travail.

Lupin referma la porte derrière lui et sortit une pile de dossiers de son cartable en cuir élimé :

– Etant donné que vous avez réussi avec brio vos épreuves, le gouvernement vous juge désormais apte à gérer des projets de construction de petite et moyenne ampleur de vous-mêmes. Prenez donc ceci comme un test. Vous serez à la tête d'une équipe, vous devrez faire valoir vos choix artistiques et techniques tout en gérant l'enveloppe budget qui vous est attribuée. Les ouvriers seront payés par la mairie de Londres, mais vous devrez faire attention quant au choix des matériaux et tout ce que vous avez appris. J'étale les dossiers devant vous. Chacun d'entre eux contient un projet de construction ou de réhabilitation différent. Flint, vous êtes le premier reçu à l'examen, donc à vous l'honneur.

Flint s'avança avec précaution et prit la pochette bleue. Blaise grimaça. C'était sa putain de couleur fétiche. Personne n'avait le droit de choisir le bleu à sa place. C'était comme enfiler son slip à lui. Ça ne se faisait pas. C'était de la pure traîtrise.

Au sourire de Flint, il était clair que le projet lui convenait parfaitement. Heureusement, Blaise put choisir en sixième. Il pouvait opter soit pour le jaune, soit le kaki, ou encore le brun. Des couleurs de merde, en somme.

– Zabini, on ne va pas dormir ici le temps que tu choisisses, lança Adrian Pucey, un garçon efflanqué et toujours au cœur de bien des histoires.

Blaise lui envoya un regard dédaigneux puis se saisit du kaki. Il retourna à sa place en ouvrant le dossier : « Projet de rénovation de la bibliothèque universitaire du district 9. Aile 1 à 4 »

– Super, marmonna Blaise. Tout ce dont j'ai toujours rêvé.

Il croisa les bras, boudeur. Blaise avait en sainte horreur les bibliothèques. Il ne comprenait pas ce qu'on pouvait bien leur trouver avec leurs interminables allées de volumes, cette odeur indescriptible de papiers usés, de plastique et... ce fumet répugnant de foule. Blaise détestait l'odeur des gens, alors se rendre à une bibliothèque c'était comme plonger dans un bassin de piranhas affamés.

Avec du recul, il devait admettre que les bibliothèques l'impressionnaient. Elles lui donnaient le sentiment d'être insignifiant, chose qu'il détestait. Sans parler du fait qu'il était entouré de monde, que tout le monde lui jetait des regards en biais et qu'il se prenait toujours des « Chuuut » à la gueule. C'est pour toutes ces raisons (et aussi pour pouvoir écouter sa musique en paix) qu'il préférait étudier chez lui, aux alentours d'une ou deux heures du matin, quand son cerveau s'admettait vaincu et acceptait de se goinfrer de connaissances.

– Tout le monde a un projet ? demanda Lupin une fois que Potter eut choisi la pochette jaune. Bien, vous commencerez demain. Tenez-moi au courant de vos avancées et difficultés via le blog de la promo.

Flint adressa un petit regard conquérant aux autres en brandissant son dossier.

– Va te faire foutre, sale frimeur ! ragea Blaise en sortant dans le couloir.

Le professeur Lupin hocha tristement de la tête et souhaita bon courage à ses élèves.

Ooo

PROJET DE RÉNOVATION DE LA BIBLIOTHÈQUE

ESPACE SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES

Réouverture prévue dans un délai de cinq semaines. (détails au secrétariat)

Les étudiants sont invités à consulter les ouvrages des ailes B1 à B4 dans la cour centrale,

bâtiment 56.

Chantier validé par la mairie de Londres et le représentant du district.

Chef de chantier : Blaise Zabini (code entrepreneur : 69BDCQ)


Fermée ? répéta Pansy, choquée. Notre bibliothèque est fermée ? C'est impossible ! Nos partiels sont dans un mois !

Astoria, Pansy et Théodore étaient devant la porte de leur bibliothèque, atterés. Ils avaient préféré se déplacer d'eux-mêmes plutôt que de croire aux folles rumeurs. Évidemment, la fac ne pouvait pas faire des travaux au mois de juillet ou en août. Non, il fallait casser les burnes à tout le monde à coup de perceuse et de déplacement massif dans une période aussi dense que celle des révisions. Théodore allait s'en arracher les cheveux par poignées. S'il avait un peu d'énergie à revendre, il se serait sans doute enchaîné à cette porte pour protester. Mais, il céda bien vite à la nouvelle, comme la plupart des gens de sa promo, rebroussant chemin, la mine maussade.

Bien entendu, il n'y avait que le département sciences humaines de concerné par la nouvelle. Les étudiants de sciences pures comme les mathématiques ou la physique allaient et venaient à leur guise. Triste monde tragique ! Leurs livres avaient été transférés dans des espèces de vulgaires conteneurs dans les jardins de l'université. On y entendait la pluie marteler et impossible d'y avoir une once de tranquillité. D'ailleurs, il n'y avait pas du tout assez de tables ni de chaises, ce qui les forçait à se tenir debout pour lire une page ou deux ou prendre des notes.

– C'est vraiment du foutage de gueule, ragea Théodore en marchant d'un conteneur à un autre pour retrouver un livre.

– Dis toi qu'au moins, à la fin, notre bibliothèque sera vraiment belle, fit remarquer Astoria en enjambant une fille allongée au sol, un livre sur ses cuisses.

– Ca, j'en doute.

Sur le campus, l'architecte chargé de la rénovation passait déjà pour quelqu'un bouffi d'orgueil et clairement insupportable. Théodore ne savait pas du tout à quoi il ressemblait, mais les échos reçus lui suffisaient à l'éviter. Pansy avait chuchoté le connaître de vue, car ils avaient quelques connaissances en commun. Théodore la suspectait de garder ce secret, car, à présent, le jeune architecte était un peu devenu l'homme à abattre.

Plus d'une dizaine d'ouvriers travaillaient sur la zone, créant un capharnaüm monstre. Parfois, même dans les étages, on entendait des bruits de perceuse rendant la concentration impossible, y compris en cours.

– Tu crois qu'ils tiendront les délais ? demanda Théo.

– J'en sais rien. Mais le plus tôt sera le mieux, marmonna Pansy, d'humeur exécrable.

Le téléphone de Théodore vibra dans sa poche. La contrariété qu'il éprouvait depuis ce matin s'évapora aussitôt. C'était un message de Blueprint !

Blueprint : Bonjour, toi.

Roku : Salut.

Blueprint : Tu vas bien ?

Roku : Mmh, plutôt pas mal. Un peu agacé quand même.

Blueprint : Que se passe-t-il ? (Laisse-moi juste le temps d'enfiler ma cape de superhéros et j'arrive à ta rescousse)

Roku : (Haha) Disons que je suis pris dans des travaux en ce moment et ça m'emmerde pas mal. J'ai l'impression de ne rien pouvoir faire et de devoir supporter cette situation jusqu'à ce que cela se termine. Si tu savais à quel point je hais ça...

Blueprint : Ah. Moi aussi je vis à peu près la même chose. Je te transmets toutes mes bonnes ondes. Et tu sais que j'en ai pas mal ;)

Roku : Merci, c'est vraiment adorable de ta part. Mais je suis à deux doigts de craquer, sérieusement. À l'endroit où je suis, ils ont décidé de se lancer dans des travaux et ça me tape doucement sur les nerfs parce que ça me bloque dans tout ce que j'étais censé faire. J'ai l'impression d'avancer à reculons. Sinon, comment ça : « Moi aussi je vis à peu près la même situation. » Tu es dans des travaux ?

Blueprint : Ouaip. Et c'est un vrai merdier. Encore pire que ce que je craignais.

Roku : … Oh. Bon courage. Je ne peux pas trop te demander ce que tu fais ni où vu que le robot du site risque encore de nous foutre dehors (vive l'expérience traumatisante). Par contre, ça me rassure de savoir que, même si on est éloigné l'un de l'autre, on vit à peu près la même chose. C'est plutôt cool.

– Um, Théo ? Ouh, ouh, Théodore...

Le concerné leva le nez de son téléphone pour tomber sur Pansy, le fixant d'un air goguenard.

– Tu as tous les livres qu'il te fallait ? Astoria et moi on va aller manger un morceau. Tu viens avec nous ?

Sur le trajet, son téléphone portable ne cessa de vibrer. Thédore devait lutter contre lui-même pour ne pas s'empresser de répondre. Il profita du fait que ses amies étaient trop occupées à débattre sur les régimes hyperprotéinés pour consulter ses nouveaux messages.

Blueprint : Honnêtement, ça fait du bien de te parler. Je suis sous pression depuis ce matin et j'ai l'impression que tous les connards de l'univers ont décidé de camper sur le pas de ma porte. C'est dingue ce que les gens peuvent être des crétins nés quand il s'agit de capter des trucs basiques comme : « Arrête de me faire chier sinon je peux pas avancer dans mon putain de boulot ! » (Ah, ça fait du bien de se lâcher).

Blueprint : Je veux dire, le temps que je perds à répondre aux sollicitations de tout le monde, c'est du temps que j'aurais pu employer à travailler. Non, mais, rassure-moi, l'être humain ne peut pas être aussi débile, non ?

Blueprint : En voilà un autre. Bon sang de bonsoir. Je vais en emplâtrer un d'ici la fin de la journée. Si tu vois dans les journaux qu'un type à Londres a commis une tuerie, il y a de fortes chances pour qu'il s'agisse de moi. On se rencontrera pour la première fois au parloir dans ce cas... Je vais me pendre, ciao.

Blueprint : Bon, je suis encore vivant, mais je vais me construire un igloo psychologique. I can't deal with all this bullshit.

Roku : C'est si pénible que ça ?

Blueprint : Ouais, je n'exagère rien.

Roku : *soupir*Je commence à vraiment me poser des questions sur toi et recevoir ce genre de messages ne fait qu'aiguiser ma curiosité. J'aimerais tellement en savoir plus sur toi, mais je ne vois pas comment on pourrait le faire sans enfreindre une nouvelle fois le règlement.

Il existait bien une solution. Il leur suffisait d'appuyer sur le bouton : « accepter la fiche contact ». Aussitôt, ils pourraient alors disposer de leur numéro de téléphone, adresse email et comptes des réseaux sociaux en un clic. Mais Théodore était bien trop effrayé pour se montrer. Si Blueprint le trouvait décevant à bien des égards, ça lui ferait un gros pincement au cœur que de devoir mettre un terme à cette ''relation''.

Blueprint : Tu penses vraiment que c'est impossible de leurrer un robot ? *sourire entendu*

Roku : Je... Je n'ai jamais essayé.

Blueprint : Tu devrais. C'est drôlement excitant de flirter avec l'interdit.

– Pour l'amour du ciel, Théo, tu vas finir par ranger ton portable ?! s'emporta Pansy.

Théodore venait tout juste de remarquer que le serveur l'attendait depuis un moment pour prendre sa commande. Résigné, il rangea son appareil dans sa poche et dût se contenter de se trémousser pendant deux longues heures chaque fois qu'il vibrait. Théodore n'osa pas non plus lire tout ça dans le métro. Il préférait être chez lui, tranquille. Dès qu'il referma la porte d'entrée, il lut les messages avec empressement :

Blueprint : Premièrement, un robot est conçu pour répondre à des types de schémas prédéfinis. Et dans chaque type de schémas (ou cas de figure, si tu préfères) se trouvent des options allant de trois à quatre en fonction de la puissance du logiciel. Puis aux options se trouvent des choix, etc. Grâce à cette arborescence, une intelligence virtuelle peut cerner des problèmes ou détecter facilement de la fraude. Mais le souci c'est que l'informatique contient toujours des failles, car les programmes sont mis au point par des êtres humains aussi fichtrement con-con que nous deux. Même l'esprit le plus brillant de la Terre peut se planter à la conception d'un logiciel. Il suffit simplement de prendre Voxeo dans un conflit interne et alors, il ne saura pas très bien si il à affaire à quelque chose réglo ou un truc qui n'entre pas du tout dans sa chartre.

Blueprint : Je pense que Voxeo fonctionne sur une compilation de données, mais surtout sur le vocabulaire qu'on emprunte. Si on fait attention aux tournures de phrases qu'on emploie, à la fréquence de nos messages (le logiciel calcule aussi le flux d'activité) et si on a des phrases... mmh, comment dire... disons ambiguë, le logiciel n'arrivera jamais à nous pincer. Une intelligence artificielle ne peut pas cerner les sous-entendus ou les références culturelles ou des trucs bidons comme ça parce qu'elle n'a pas été fabriquée pour comprendre ça. Et aussi parce que c'est une intelligence froide, dépourvue d'émotions ou de passif. Un ordinateur, c'est dur à combattre, mais c'est faisable, crois-moi. (Je parle d'expérience) *lunettes de frimeur*

Blueprint : On a qu'à utiliser des références de chansons, de livres, de films, des proverbes, etc. L'ordinateur ne pourra jamais suivre. En revanche, si on parle franchement, sans détour, là il risque de s'affoler puis de nous bondir dessus. Ok, je n'aime pas du tout ce genre de technique de drague. Je préfère sincèrement montrer mes attentions et voir la réaction en face.

Blueprint : Merde, je viens d'admettre que je te draguais. (Ok, ce n'est pas un secret, mais un peu de retenu dans mon vocabulaire n'aurait pas fait de mal)

Blueprint : Oublie ce que je viens de dire, je suis débile.

Blueprint : En fait non, je ne retire pas ce que je viens de dire. OUI, je te drague. OUI, j'ai sincèrement envie de toi (D'accord, c'est creepie car on ne s'est jamais vu et tu pourrais ressembler au pape pour ce que j'en sais. Mais ta voix me fait bander comme un mât. Je ne peux pas combattre ça. C'est impossible !)

Blueprint : Je suis un homme faible. Je me rends.

Théodore rigola doucement.

Roku : Je dois être honnête avec toi.

Roku : Tu m'excites aussi.

Blueprint : Vraiment… ? Ma journée commence décidément à me plaire.

Roku : C'est assez bizarre que cela soit réciproque parce que, en y repensant, je ne m'attendais pas du tout à ça en m'inscrivant sur ce site. Je pensais juste que ça ferait passer le temps plus vite. Pas que la voix d'un inconnu me ferait craquer comme une lycéenne devant son boysband préféré. Jamais de ma vie je n'avais expérimenté un truc pareil. C'est juste... trop bizarre comme sensation.

Blueprint : Je suis tout à fait d'accord.

Roku : Je me demande ce que cela fera la première fois qu'on se verra. Je me pose de plus en plus la question : comment tu seras, qu'est-ce que tu penseras de moi, est-ce qu'on s'entendra toujours aussi bien, est-ce que je ne ferai pas un truc de travers, est-ce que je t'exciterai toujours...

Blueprint : Ceci est fort probable.

Roku : Tu n'en sais rien.

Blueprint : Je pense que tu te trompes là-dessus. Je suis du genre à faire de grosses fixettes quand quelqu'un m'intéresse. Je suis capable de pas mal de choses pour parvenir à mes fins...

Roku : Je crains le pire.

Blueprint : … ou le meilleur ? *clin d'oeil*

Blueprint : Je suis désolé. J'ai une montagne de boulot qui m'attend. Je te laisse. Je te contacterais vocalement ce soir.

Roku : Aucun souci. À plus tard.

Blueprint est maintenant déconnecté.

Théodore déposa son téléphone sur son oreiller puis s'étendit sur son lit pour commencer à lire. Il avait déjà hâte d'entendre sa voix...

ooo

Blaise était accoudé à un bar, terminant un cocktail sophistiqué qu'il ne pouvait pas prononcer (tout du moins, pas en ayant autant d'alcool dans le sang). Il avait enfilé pinte sur pinte en sortant du travail pour noyer son désespoir. Cette université était remplie de crétins haineux.

Pourquoi se retrouvait-il avec un projet aussi pourri que ça ? Pourquoi ne pouvait-il pas être chef de projet pour un funérarium ou quelque chose de badass dans le même goût ? Au moins, les morts ça ne se plaignait pas. Ça ne demandait pas si ou ça à la dernière minute. Ça ne cassait pas les burnes pour plus d'éclairage ou une exposition plein sud. Non, les morts étaient juste morts. Et c'est ça qui était plutôt cool là-dedans. La putain de paix. Le nirvana.

– Une autre pinte ? demanda la barmaid.

Blaise réprima un rot d'extrême justesse puis s'étira.

– Non, je vais rentrer, je pense. Sinon je vais me retrouver par terre.

– Rentre bien. Fais attention à toi.

Blaise zigzagua entre les tables et remarqua du coin de l'oeil deux ou trois pleupleux de sa promo. Il n'avait pas suffisamment de temps à perdre pour débattre avec cette parvenue de Granger ou son bon à rien de petit copain. Dehors, il commençait à faire légèrement froid. Blaise attrapa le premier taxi et baragouina son adresse du bout des lèvres.

Les lumières des maisons de son quartier huppé étaient toutes éteintes, ou presque. La fenêtre de la chambre de sa mère irradiait la rue. Blaise tendit un billet sans récupérer la monnaie. En passant le pas de la porte, il sut qu'il n'avait pas été le seul à avoir bu. Telle mère, tel fils, non ?

– Maman ?

Une porte claqua à l'étage puis un gloussement de rire lui parvint. Sa mère était complètement déchirée. Le truc, c'est que quand elle était ivre, elle le confondait avec son père biologique. Blaise grimpa les larges escaliers et plissa le nez en découvrant une robe, une cravate puis une petite culotte.

– Je... Je vais faire comme si je n'avais rien vu, déclara-t-il en haussant la voix. Je vais mettre le son à fond dans ma piaule ! Ne vous dérangez surtout pas pour moi !

Marcus avait peut-être raison sur un point : il était temps qu'il déménage. Blaise avait bien eu l'idée d'une colocation avec Draco, mais la nature taciturne de ce dernier l'en dissuada bien vite. Sans compter qu'ils étaient tous deux des fils uniques imbus de leur personne. Comment géreraient-ils leur quotidien l'un sous le nez de l'autre ? Il finirait par y avoir un meurtre, forcément.

Blaise eut beau glisser un vinyle de Lana Del Rey sur une platine, il entendit tout de même sa mère prendre son pied. Il attrapa une bouteille d'eau gazeuse dans son minifrigo (il se l'était fait monter dans sa piaule pour ne jamais avoir à en sortir), puis s'installa sur son balcon. Blaise activa l'application Voxeo puis tapota sur son écran tactile :

Blueprint : Je sais que je t'ai promis de t'appeler, mais je suis complètement pété. Tu ne m'en veux pas ?

Au bout de cinq minutes, son interlocuteur répondit :

Roku : Nope. Pas le moins du monde. Je suis même curieux de t'entendre.

Une voix féminine, distante et froide, s'éleva alors :

Votre correspondant cherche à vous joindre vocalement. Souhaitez-vous répondre à l'appel ?

– Bien sûr que je le veux, pétasse.

Très bien. Nous vous mettons en contact. Chargement des données. Veuillez rester connecté. Merci de votre patience.

– Allô ? Tu es là ?

Le visage de Blaise se fendit en un sourire. Il ouvrit sa bouteille d'eau.

– Ouais, je suis juste là, dit Blaise. Tout près.

– Prêt à quoi ?

Blaise pouffa.

– Non, près. Genre... à côté quoi.

– Oh, d'accord. Ok, ok.

– Tu t'attendais à un truc cochon ?

– Non ! s'exclama Roku bien trop rapidement pour que cela paraisse naturel. Je disais juste ça comme ça.

– Ouais, c'est ça. Et moi je suis Britney Spears.

Il l'entendit rire. Blaise eut tout à coup la sensation de chaud. Non, ce n'était pas ça... Ça ne pouvait pas être ça. C'était juste l'alcool, voilà tout. Il n'aurait pas dû boire, surtout que demain il reprenait le boulot vers sept heures. Il fallait être maso pour vouloir être architecte tout en détestant le matin. N'importe quel crétin né dans un œuf saurait que les chantiers commençaient le matin. Blaise se haïssait pour n'être qu'une boule de paradoxes. Il devait aimer souffrir, voilà tout.

– J'ai cru que tu n'allais pas m'appeler, dit Roku. Je pensais que tu avais oublié.

– Moi ? Oublié quelque chose ? Pff. Jamais !

En vérité, Blaise oubliait même jusqu'à son propre anniversaire. Mais ça, son « amant virtuel » n'était pas censé le savoir. Il valait mieux garder un peu de suspens pour la suite. Il câlerait ses problèmes de mémoire entre sa fâcheuse manie de se mettre à poils et son obsession pour le football féminin.

– J'ai pensé à toi, en fait, admit Blaise. Même beaucoup.

– Vraiment ?

– Ouais, je me demandais ce que ça allait faire de te toucher le cul la première fois. (Roku eut une exclamation offusquée) Tu pourras toucher le mien en guise d'échange de bons procédés.

– Je... Quoi ? Non, mais tu nages dans la gelée. Qui te dit que j'aurais envie de toucher ton derrière plein d'hépatites !?

Blaise haussa vaguement des épaules puis se souvint que son interlocuteur ne pouvait pas le voir.

– En général, les gens avec qui je baise garde un plutôt bon souvenir. Un peu douloureux, mais bon. Si je devais m'attribuer une note de 1 à 10 pour le sexe, j'aurais le niveau Rocco Sifredi. Et toi tu es plutôt... mmh, planche à repasser ou...

– Je vais t'arrêter là, coupa Roku. Je ne pense pas qu'au sexe, ok ? J'ai une vie en-dehors de ça.

– La masturbation ?

– Seigneur !

– Ne l'implique pas là-dedans, d'accord ? C'est irrespectueux, fit remarquer Blaise.

– Tu es déjà incroyablement agaçant en temps normal. Mais là, avec un dé à coudre de panaché dans les veines ça y'est, tu casses les burnes à toute la galerie ! Tu as cette fâcheuse manie de tout gâcher en l'espace d'une poignée de minutes. C'est complètement dingue. Je ne connais personne d'autre comme toi !

– Bientôt, tu ne pourras plus te passer de moi. Tu verras.

– Crèves.

– Qu'est-ce que tu fais sinon ?

– Je suis en train de relire des fiches, répondit Roku. Je me suis fixé un planning de révision pour les partiels. J'essaie de le tenir. Je me suis isolé dans la piaule pour ne pas entendre mes voisins gueuler dans le salon.

– Mmh. Et tu portes quoi ?

– … Euh, bah, un pyjama.

– Genre quoi ?

– Un tee-shirt et un jogging.

– Quelle couleur le jogging ? demanda Blaise.

– La dernière fois qu'on a parlé de couleur, le site nous a expulsé pendant vingt-quatre heures.

– Quelle couleur ? insista-t-il.

– Bleu, céda Roku, énervé. C'est un jogging bleu marine, ok ? À quoi ça peut bien t'avancer de savoir ça, bordel ?

– J'essaie de te visualier dans mon pieu en train d'enlever ton jogging pendant que je sors mon énorme queue pour te la foutre dans...

Votre correpondant vient de quitter la conversation.

Blaise écarquilla les yeux. Sans même s'en rendre compte, il avait baissé son froc et se retrouvait avec son engin dans la main à le lustrer. Il était temps qu'il trouve un exutoire... Blaise essaya de rappeler Roku, en vain. Il reçut tout à coup un message :

VOTRE CORRESPONDANT VIENT DE VOUS BLOQUER.