Il faut vraiment que je remercie ceux qui ont créé le forum francophone, parce que leurs jeux d'écriture me permet d'avancer cette histoire, alors merci beaucoup ! Ici il fallait rédiger sur le thème "buisson" en une heure, donc nous y voilà !
Bon, en passant, il semblerait que ce recueil ait plus de notoriété que Threetales, mais tant pis, je continuerais quand même cette autre histoire parce que j'y tiens beaucoup. Je vous laisse à la lecture de ce nouveau chapitre improvisé !
C'était vraiment une idée stupide. Elle n'aurait pas pu tout simplement aller toquer à la porte ? Mais non, Mademoiselle était trop timide pour aller les voir, sonner et demander si Arial était là. Au lieu de ça elle se retrouvait dans l'un des nombreux buissons qui bordaient la maison, à les espionner comme une malpolie. Et zut…
Elle retint sa respiration quand elle vit un monstre s'approcher. C'était un bouc humanoïde, immense, un chapeau de paille sur la tête et plusieurs outils de jardinage à la main. Avec un sourire doux, il prit un arrosoir et commença à abreuver les fleurs qui avaient poussées dans le jardin. Elle suivit les gestes du monstre, impressionnée par le soin qu'il donnait à ces plantes. Elles étaient si belles, surtout les dorées…
Puis le monstre releva la tête, et ses yeux rencontrèrent les siens.
Oups.
- Mais… Que fais-tu dans ce buisson, petite ?
- Je… Je suis désoléééé !
Elle tenta de sortir précipitamment de sa cachette, mais ne réussit qu'à s'écorcher la peau.
- Allons allons, doucement, tu vas te blesser.
Avec soin, il l'aida à s'extirper du buisson, puis la débarrassa des feuilles qui s'étaient entremêlées à ses cheveux. Puis il demanda, à nouveau, ce qu'elle pouvait bien faire, cachée ainsi.
- Je sais que ce n'est pas bien… dit-elle en baissant la tête. Je voulais vérifier si c'était bien la maison d'Arial, mais j'avais trop honte de demander…
- Il ne fallait pas, voyons ! Tu es bien chez elle, petite. Je suis Asgore, son grand-père.
L'enfant pencha la tête de côté, un peu étonnée.
- Vous ne lui ressemblez pas beaucoup… Enfin, pardon, je veux dire…!
- Ne t'affole pas, dit Asgore dans un rire, on me dit souvent ça. Arial est encore à l'école pour l'instant, elle reviendra d'ici trois quarts d'heure.
- Ah… Dommage. Je reviendrai un autre jour.
- Tu peux l'attendre ici, si tu le souhaites.
- Je ne veux pas déranger !
- Cela ne pose pas problème. Viens à l'intérieur, tu pourras faire la connaissance de sa famille en attendant. Aimes-tu le thé ?
Avec un petit hochement de tête timide, elle le suivit. Ce n'était pas bien d'entrer dans la maison d'inconnus… Mais l'homme-bouc n'avait pas du tout l'air méchant.
Dans la salle de séjour, une odeur de brûlé la surprit.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- TOUT VA BIEN, ROI ASGORE ! lança une forte voix depuis la cuisine. LE GRAND PAPYRUS MAÎTRISE LA SITUATION !
- Yep, Pap's s'est juste échauffé en voulant nous é-pate-er.
- SAAAANS !
- Désolé de…
On entendit un « pshit », et de la mousse blanche déborda jusque dans le séjour.
- Refroidir l'atmosphère !
- RAAAH !
Un grand squelette déboula alors, toque sur la tête, quelques spaghettis carbonisés sur son tablier. Il était suivi d'un autre squelette, plus petit, une lance à incendie à la main.
- On a un invité à ce que je vois.
- BONJOUR PETIT HUMAIN !
La petite fille était extrêmement intimidée. Dans quoi venait-elle d'entrer ?
- Je te présente Sans et Papyrus, les frères squelettes, dit Asgore.
Avec gêne, l'enfant s'inclina poliment. Asgore alla préparer du thé, tandis que les trois autres s'installèrent au salon. Lorsque le roi revint avec les boissons, chacun sembla attendre que la petite fille explique pourquoi elle était venue ici.
- Tu es une copine d'Arial ? demanda Sans.
- N-non je l'ai rencontrée il y a quelques jours. En fait…
O*O*O*O*O
C'était le marché ce jour-là. Les fruits, légumes, viandes, fromages des commerçants luisaient, sous ce ciel nuageux, et apportaient un peu de fraîcheur. La foule était importante, mais pas suffisante pour étouffer l'affaire qui se déroulait.
- Mais je peux payer, madame !
- Fiche le camp, l'arabe ! Je ne vendrais pas à une sale voleuse comme toi !
- Co-comment ça, voleuse ?!
Les gens autour ne prêtaient pas ou peu attention à ce qui se passait. Après tout, la femme qui se faisait ainsi traiter portait le voile et avait la peau tannée, pourquoi s'embêter à l'aider ?
- Vous les immigrés, les noirs, les musulmans, c'est toujours pareil ! Vous venez vous installer en France, vous profitez des allocations du gouvernement et en plus vous piquez notre boulot ! Depuis que vous êtes là, on n'a que des emmerdes ! Et en plus, vous apportez avec vous vos salauds de terroristes, alors si tu crois que je vais vendre quoi que ce soit ! Dégage !
La petite fille, cachée derrière sa mère, se retenait de pleurer. Ce n'était pas juste, pas juste, le vendeur n'avait pas le droit de les traiter ainsi, mais elle n'avait pas la force, pas le courage de riposter, et personne ne venait les soutenir… Rien à part de l'indifférence ou des regards consentants, tandis que la foule s'écartait, comme pour mieux les isoler.
- Vous allez partir, oui ou non ? demanda une petite vieille derrière eux. Il y a des gens qui attendent !
Je vous déteste…
C'est là qu'elle la remarqua. La fille à la peau toute blanche et aux yeux tout noirs, qui se détacha de la foule.
- À combien est le kilo de tomates ?
- Euh… Trois euros, petite.
- Trois kilos, et un chou avec ça.
Elle paya, prit les légumes, avant de les tendre à la femme.
- Tenez, ça fera douze euros.
- M… Merci, fit-elle dans un grand sourire.
La fille se tourna vers le vendeur, le fixant du regard.
- Alors ? Votre marchandise est-elle salie, maintenant ? En quoi l'origine de vos clients pose t-elle un problème, s'ils ont de quoi payer ? C'est vraiment lâche de s'en prendre à quelqu'un à cause de ce qu'il est, et vous savez très bien qu'elle ne peut pas se défendre. Et c'est encore plus lâche, ajouta t-elle en se tournant vers les autres clients, de fermer les yeux là-dessus ! S'en prendre aux plus faibles et regarder sans rien dire, c'est vraiment une honte ! Accuser les autres de tous les problèmes que vous rencontrez, c'est plus facile que de se remettre soi-même en question, pas vrai ? Le pays dans lequel je suis né stipule que tous naissent et demeurent égaux, et même si c'est utopique, j'ai envie que tous pensent ainsi. Je veux me battre, vous m'entendez ? Je me battrais sans violence, avec mes mots, mes paroles, contre le racisme, la xénophobie, contre les préjugés et la haine, parce que sinon le monde est noir et triste. Je suis une enfant et je vous parle à vous, adultes, et à ceux de mon âge personne n'a envie de grandir dans un climat de haine.
Elle se tourna vers la petite fille, qui à ce moment-là s'était détachée de sa mère.
- Comment t'appelles-tu ?
- I… Imane.
- Moi c'est Arial. Ne les laisse jamais t'atteindre, tu m'entends ? Ne laisse jamais la haine des autres te toucher. L'amour est plus beau and the world is still beautiful.
Elle se tourna vers la foule, qui n'émettait pas un son.
- Je vous remercie de votre attention.
Et elle s'en alla, les gens s'écartant à son passage.
O*O*O*O*O
- Je voulais la remercier, mais elle avait disparu, et ce n'est pas facile de retrouver quelqu'un quand on n'a que son nom… Mais maintenant j'y suis !
- OH MON DIEU HUMAIN ! C'ÉTAIT TELLEMENT TOUCHANT !
- Ah, soupira Sans, je suis fier de ma gamine…
- Que – ?! C'est votre fille ?!
- Ouaip, moitié squelette, moitié humaine la petite ! Elle a la détermination de sa mère dans le sang, ça c'est sûr. J'suis sûre qu'elle sera contente de te voir, fillette.
- Mais à l'avenir, ajouta Asgore, évite de te cacher dans un buisson pour lui rendre visite, d'accord ?
Les trois monstres s'esclaffèrent, tandis qu'Imane cacha son visage derrière ses mains, se retenant de rire également. Maintenant qu'elle en avait appris un peu plus sur cette drôle de famille, plus question de se cacher ! Elle avait vraiment envie de mieux connaître Arial… Alors, au placard, la timidité ! Enfin, elle allait essayer…
Je vais au lit moi, bonne nuit ! Le prochain chapitre de Threetales devrait arriver la semaine prochaine.
Review ? :3
A bientôt !
