Un OS imprévu à l'occasion de mes 19 ans XD toujours sur le couple Kôsuke et Eric (m'inspirent trop D:)
J'ai aucune idée de ce que ça a donné, mais euh... c'est un peu guimauve, et je trouve ça booof. Mais pas au point de pas la poster, alors...
Ah oui, c'est aussi mon premier essai pour le POV, j'trouve que c'est plus "fluide" d'écrire en "Je", en fait, surtout que le but de ce chapitre c'est d'étaler les sentiments de Eric. J'espère ne pas l'avoir massacré au passage DDD:
enjoooy, j'espère ~
Il fait sans doute froid, mais la froideur de mon âme me paraît encore plus glaciale que le climat.
Je ramène mes genoux contre moi, y enfouissant mon visage, puis je fais de même en glissant mes mains gelés sous mon sweater, contre mon ventre.
Par contre, je déteste avoir les mains gelées.
Je sens ma capuche commencer à s'alourdir à force d'aspirer l'eau de la pluie. Pas qu'elle en fait, même mes vêtements commencent à me coller désagréablement au corps, traçant sans doute plus franchement mes maigres formes... C'est là qu'une image me revient en tête, une image qui me fait pincer le coeur de jalousie : cette femme. Cette femme avec ses jolies formes à agripper, un joli visage et... qui collait Kôsuke. J'en grimace. Mais aucune eau salée ne vient brouiller mes yeux. Je les garde fixés sur une flaque d'eau en train de se former progressivement en face de moi.
J'ignore la douleur dans ma poitrine, me sentant encore plus apathique. Depuis combien de temps je suis là ? J'en ai aucune idée. Aussi loin que je me souvienne, le ciel avait déjà été gris avant mon arrivé. Après mon départ de la maison de Kôsuke... je serre le poing sous mon pull avec une certaine difficulté - sans doute dû à la mauvaise circulation de sang.
J'en ai marre de lui, je le déteste. Je sais que je lui avais déjà glissé que j'étais un chien... mais il n'est pas obligé de me le confirmer en me traitait vraiment comme un clébard! Le pire, c'est que ce con ne s'en rend même pas compte. Il ne se rend pas compte à quel point il me fait du... mal. Ma gorge se serre, mais je ravale mes larmes. Reprends-toi, Eric Sutr, on t'a traité de manière bien pire. Je me demande alors si je ne suis pas en train d'exagérer, pourquoi je deviens si faible quand ça le concerne lui? Il doit me voir comme quelqu'un de pathétique, en fait. Ouais, il doit avoir pitié de moi.
Je n'aime pas sa gentillesse. Je réalise que j'ai de moins en moins de mal à la supporter. Tout à l'heure j'avais même... -je déglutis- renverser par terre le bol de céréale qu'il m'avait préparé. Il n'avait rien dit, juste fixé avec son regard de paumé de la vie. J'avais finit par culpabiliser trop vite et nettoyer le bordel que j'avais foutu par terre. Tch, c 'est de sa faute, merde! Sa faute, tout est de sa faute, tout a toujours été de sa faute. De m'affaiblir, de me faire éprouver des sentiments pareils... puis de me glacer jusqu'à l'âme, comme maintenant. Il agit toujours comme ça... à être tendre et attentionné quand nous sommes que tous les deux, puis à m'oublier, à me faire passer pour l'"animal de compagnie", le chien de service, une fois qu'il est mieux accompagné! Guh... peut-être que ma jalousie m'aveugle, mais mon mal être n'est pas exagéré, lui.
Ouais, il ne l'est pas... Je serre un peu plus le poing, relevant un peu mieux les yeux pour regarder une pille de sac poubelles jonchant le coin du mur. Mais je ne peux même pas en vouloir à la meuf, non. Je ne peux pas lui en vouloir d'avoir un plus beau corps que le miens, d'être plus séduisante et d'être... plus à son goût. La dernière fois que j'avais grogné sur une "amie" qui l'accompagnait, il m'avait engueulé à cause de mon comportement (j'avais été désagréable avec elle...). Mais il pige pas qu'elles abusent de lui, ces catins! Ils abusent de sa bonté ! Je voulais juste le protéger... je voulais juste... Ma gorge se serre, et cette fois, quelques larmes viennent embrouiller ma vision, tordant le coin de mes lèvres.
C'est là que j'entends des bruits de pas s'approcher. Je m'essuie alors grossièrement les yeux avec mon manche mouillé (par la pluie) et rabats mieux la capuche sur ma tête, sans relever les yeux. Je n'avais pas envie d'attirer l'attention, alors j'espérais que la personne me prendrait pour une sorte de sans-abris et passerait juste sans rien de plus.
_ "Eric!"
Mais cette voix..; me fait figer. Je relève alors les yeux tandis que je le vois, lui, accourir vers moi. Une fois à ma hauteur, il me dévisager, peut-être pour vérifier si je n'ai rien. Moi, je le fixe juste.
_"Je t'ai enfin trouvé... qu'est-ce qui t'as pris ?..."
Il est aussi mouillé que moi. J'en grimace légèrement, cet imbécile... me cherchait depuis tout à l'heure ? Pas le temps de le maudire davantage de me faire culpabiliser ainsi, il s'accroupit à mon niveau. Mais sa proximité, loin de me faire plaisir cette fois, m'hérissa le poils.
_"Je prends de l'air." répondis-je sèchement.
_"Tu prends plutôt de l'eau,... "
A cet instant, il relève la main pour la rapprocher de ma joue... mais ne la touche pas.
_"Tu es blessé."
Léger blanc. Avant de réaliser que, certes, je ressentais une petite brûlure contre ma joue. Bah, j'sais plus où j'ai dû m'écorcher... Je fronce les sourcils, les poils toujours redressés.
_"C'est qu'une égratignure, idiot..."
Ca lui ressemble bien, toujours à s'inquiéter pour des trucs aussi futiles, à omettre la part la plus importante de la situation. Tch. Ça m'énerve. C'est là que je sens ses doigts se poser contre ma joue, à l'endroit supposé de mon égratignure, et, mon sang ne fit qu'un tour avant que je ne lui claque la mâchoire contre sa main, le mordant sans remords. Quand je vous dis que je suis vraiment irrité.
Je le fixe, tentant de le foudroyer du regard en plus, mais... il avait à peine cillé, ne grimaçait même pas. Il gardait juste sa tête d'impassible en me couvant du regard.
Ca me désamorça. Au point de décompresser la pression de mes dents, troublé. Mon coeur avait aussi raté un ou deux battements à son doux regard... merde, comment il fait? J'veux savoir,...je voudrais savoir pour pouvoir lui refaire le même truc, pour qu'il ressente aussi ces fourmillements dans son ventre lorsqu'il me regarde. Qu'il se sente affaiblit en ma présence... je stoppe mes pensées, car ils finissent par m'énerver moi-même - et relâche également la main de Kôsuke.
Je regarde alors la trace de mes dents sur sa peau, mais ne culpabilise pas plus que ça, mieux, je lui fais même la gueule en le défiant du regard. Je crois que c'est la première fois qu'il m'irrite autant au point ou je le... morde. J'aurais peut-être dû mordre plus fort, tiens.
Il ne dit toujours rien, mais je continue de l'observer. Il abaisse un peu sa paume au niveau de ma bouche.
_"Lèche."
Je déglutit mal, sentant quelque chose au fond de moi vibrer à cet ordre. Et, bien vite, mon mentale de clébard prit le dessus sur mon irritation. J'abaisse les yeux, puis sort la langue pour la dérouler contre le revers de sa main, et réitère le geste. En fait... ça m'apaise. J'en plisse les yeux.
Je ne sais pas ce qui m'prend.
Ma propre réaction me fit cependant froncer le nez, jusqu'à ce qu'il retire sa main de lui même et qu'il glisse sa paume contre le bout de mes cheveux mouillés. Je vois son visage en marbre perdre de sa composure, et grimacer légèrement alors qu'il me lâche un "Tu vas attraper froid.". Ca me fit soupirer puis écarter sa main brusquement. Oui, je décide de reprendre à lui faire la gueule.
_"Eric..."
Je l'ignore.
_ "Viens avec moi." sa prise sur mon épaule appuie son "ordre". Non, en fait, il ne se rend même pas compte quand il prend ce ton imposant qui pousse à lui obéir. Peut-être que c'est ce qui lui a valu d'être autant populaire au près des bêtes...
_"Non."
Je ne veux pas céder, je ne veux plus être ce chien qu'il dresse d'un seul regard. Je veux qu'il me voit différemment. Merde, qu'il aille se faire foutre, déjà!
Mais non, il reste là, juste là, à coté de moi. Comme moi, il cale son dos au mur et se meurt dans le silence. Ca me fit crisper, mais pourtant... sa présence ne me déplaît pas.
Alors je continue de l'ignorer, même si au fond de moi, je sais que Kôsuke est imbattable lorsqu'il s'agit de patienter... pas comme moi.
Et petit à peu, malgré moi, je sens mon visage se détendre et les vapes m'emporter. Quelque part entre l'inconscience et le sommeil, je réussis à caler ma tête contre quelque chose d'humide à mes cotés. C'est chaud, pourtant et... ce parfum qui me fait à chaque fois sentir en sécurité.
Ce parfum...J'ouvre les yeux d'un coup en réalisant. C'est là que je me fige en voyant le visage de Kôsuke tout près du mien... trop près. Et moi, l'oreille appuyé contre son épaule. Lui même s'était figé. Qu'allait-t-il faire, là?... M'embrasser? Je rougis à cette perspective, mais reste pourtant ici sans bouger, respirant son souffle chaud tant il était proche de mes lèvres.
Et finalement, il rompt la distance et finit par les poser contre les miennes, m'arrachant un frisson et des fourmillements dans tout mon corps. Mon coeur se réchauffe, mais ça me fait peur. Je n'ai pas envie de me laisser aller pour ensuite... qu'il se désintéresse de moi. Je me recule en grimaçant, la manche contre les lèvres. Tiens, avait-il cessé de pleuvoir ?
Son regard me fixe, et je crusse le voir luire de tristesse pendant un instant.
_"Je suis désolé."
Il s'excuse... je détourne les yeux.
_"Vas-t-en."
Je n'avais plus envie, finalement. Peu importe combien ça semblait être tentant, je sais que le lendemain sera pire. La chute sera indéniable, et si je me laisse faire par lui... j'aurais encore plus de difficulté à me relever. Ça me tailladait le coeur, mais je décidais de patienter pour qu'il s'en aille avant de... de rien. De faire comme j'ai toujours fait : d'endurer tout ça tout seul.
Mais lui, il ne s'en va pas, ce connard.
_"Mais dégage!"
Je gueule, maudissant ma voix d'avoir tremblée pendant ce moment où il fallait me montrer plus convaincant que jamais.
_ "Je ne partirai pas sans toi, Eric."
Sa phrase me désamorce encore, mais je n'ose toujours pas le toiser. Si je le faisais, il allait encore m'envoûter avec je ne sais quel sort pour que je lui cède... Je n'étais pas faible, merde! C'est juste lui qui m'affaiblissait...
_"Moi, si."
Et je me lève doucement - pour ne pas provoquer de vertige ou autre. Et quand je croise son regard, la surprise que j'y lis m'encourage un peu. Il ne doit pas être habitué à ce que je me rebelle contre lui, n'est-ce pas ?... Il se lève à son tour, et c'est là que je pense voir son masque de neutralité craqueler.
_"Quelqu'un t'a fait du mal?"
Cette question m'achève, détend même la crispation de mes épaules sous la surprise. Ce... con.
_"Je t'ai fait du mal?"
Il lisait dans mon regard? Je ne sais pas, je ne sais plus. Ces mots achevèrent d'enfoncer le couteau dans la plaie et me faire baisser la tête. Mon énervement se dissipait autant que les nuages à cet instant , les premiers lueurs du crépuscule frayèrent leur chemin dans le bout de ruelle où je me trouvais.
Où nous nous trouvions.
_"Eric..."
Je sens ses pas s'approcher. Mon dieu, qu'il ne s'approche pas, je ne suis pas en état de faire face à son regard. Merde!
_"Ne me déteste pas."
...ces mots m'exaspérèrent, pour une raison encore méconnue. Je lève le regard, me montrant plus ennuyé que jamais.
_"T'es vraiment une cause perdue, toi."
Je lui prend la main et le tire à ma suite - heureusement, il se laisse faire, je ne sais pas si j'aurais pu le tirer de mon propre gré sinon.
_"J'ai pas envie d'avoir ton rhume sur le dos, je ne saurais pas te soigner"
Non, je ne saurais pas le faire aussi bien que-... c'est là que je réalise mes mots prononcés et que je rougis légèrement. Mais je ne dis rien sauf.
_"C'est bon on rentre."
Le connaissant, je suis sûr qu'il serait resté avec moi toute la nuit si je ne m'étais pas décidé à me lever...
Pas besoin de suite, c'juste un truc court et mignon, même si la fin aurait pu être travaillée, j'avoue... enfin, j'espère que ça vous a un peu plu quand-même :s
