Disclaimers : Les personnages ne sont pas à moi, je n'en retire que le plaisir de les mettre en scène.
Titre : Liens de sang II
Auteur : Ephemeris
Résumé : Heero, Duo et Hélène vivent une vie tranquille où ils travaillent dans l'anonymat, mais les choses se compliquent, des événements inattendus arrivent et une lettre étrange leur parvient, peut-être signe de mauvais augure.
Couples : 1x2x1
Genre : Un peu plus comme l'histoire originale de Gundam Wing, moins comme la première partie de cette fic, mais un peu quand même…
Rating : T
Warnings : Yaoi. Ceci est la suite de Liens de sang. Il va sans dire qu'il est préférable pour votre compréhension de lire cette première partie avant de commencer celle qui suit dans sa totalité.
Liens de sang II
Chapitre 4
Il avait l'impression de retomber en enfer. Depuis un très jeune âge, Duo avait compris que sa vie ne serait pas facile, qu'il aurait à affronter toute sorte d'épreuves désagréables et il s'était fait à cette idée. Mais depuis que la paix avait été proclamée, il avait voulu oublier toute cette souffrance, oublier la malédiction, ce qui avait plutôt bien fonctionné, malgré de petits ratés.
« Décidément, ça ne veut pas s'arrêter. »
La main d'Hélène dans la sienne était glacée et Duo comprenait la peur de sa fille. La seule fois où elle avait été confrontée à la mort avait été lors de cet accident qui lui avait enlevé sa mère ; il était plus que compréhensible que la jeune fille soit effrayée à l'idée de se confronter de nouveau à ce phénomène inévitable qu'était la mort. Mais alors qu'il tourna la tête vers Hélène pour tenter de la rassurer, cette dernière en fit de même, devançant son père.
« Ne t'inquiète pas. Puisqu'ils me veulent pour la mécanique, je n'aurais pas à me battre et je ne serais témoin de rien du tout. S'il doit y en avoir, je ne verrais pas de blessés ni de morts. »
Après ces mots, Duo ne trouva rien à dire. Il s'inquiétait pour sa fille, mais c'était elle qui le réconfortait. Il se contenta de lui offrir un doux sourire, cherchant à dissimiler malgré tout son angoisse persistante. Ce fut alors que les autres pilotes s'approchèrent un peu.
« Duo, » demanda Quatre. « Cette jeune fille qui porte le même nom que toi, elle t'est liée ? Serait-ce possible qu'elle… »
« C'est ta fille ? » demanda soudainement Trowa qui était à côté d'Hélène.
Cette dernière regarda cet homme droit dans les yeux, bien qu'elle n'en voyait qu'un seul, et acquiesça pour répondre à sa question. Cet échange de regard dura un certain temps ; ils s'observaient mutuellement sous les regards intrigués des autres pilotes. Heero et Duo se jetèrent un coup d'œil amusé puis fixèrent Trowa et Hélène qui, après un moment, se sourirent, ce qui créa un étonnement général.
« Duo qui se reproduit, c'est la fin, » dit doucement Trowa en détournant la tête.
« Il fait un peu peur, mais il a l'air chouette, » ajouta Hélène pour elle-même.
« Oh, elle l'a apprivoisé vous croyez ? » demanda Wufei aux autres pilotes spectateurs.
Ce petit échange allégea l'atmosphère et ce fut Heero qui revint à la réalité pure et simple.
« Relena est partie comme ça, mais on ne sait rien sur ce qui va se passer avant que le potentiel conflit soit officialisé. On doit rester ici vous pensez ? »
« Je veux plus voir cette pétasse blonde, je veux rentrer à la maison, » murmura Duo avec un ton boudeur.
Ce fut alors que la fonction gouvernementale de Wufei reprit le dessus sur celle de pilote.
« Comme vous venez tous de loin, le QG des Preventers est en mesure de mettre des chambres à votre disposition dans une aile aménagée pour ce genre de situation. Vous êtes cinq, je vais faire préparer cinq chambres. »
La main d'Hélène se resserra autour de celle de son père qui réagit presque instantanément à cette réaction.
« Je dors avec ma fille, tu peux faire préparer que quatre chambres. »
Puis, un détail vint le frapper. Il ouvrit la bouche pour énoncer sa pensée, mais il s'arrêta avant que les mots ne se soient échappés. Il eut une seconde de réflexion avant d'ajouter :
« Mais tu peux t'arranger pour que notre chambre soit à côté de celle de Heero ? »
Une fois cette question posée, le jeune homme entendit un léger soupir de soulagement venant de son amant et en fut heureux. Wufei, lui, rit doucement.
« Je vois, les deux meilleurs amis ne veulent plus se quitter maintenant qu'ils se sont retrouvés. Vous vous êtes tant manqué que ça depuis Mariemeia. »
Personne ne releva cette remarque, même ceux qui savaient qu'elle était erronée. Autant Heero que Duo savait qu'il valait mieux ne rien dire sur leur relation et sur le fait que depuis le dernier conflit, ils ne s'étaient pas quittés. Hélène, bien qu'elle ne connaissait pas tout de la situation, avait compris cela et s'était tue.
Une petite heure plus tard, les chambres avaient été distribuées. Elles étaient toutes assez près les unes des autres et on y avait accès par le même couloir. Hélène et Duo avaient pu obtenir une chambre avec deux lits alors que les autres avaient chacun leur chambre, celle de Heero étant adjacente à celle des Maxwell.
Ces derniers s'installèrent dans leur chambre, se disputant l'attribution des lits, pour la forme et en riant. Hélène semblait ne plus penser aux circonstances de leur présence en ces lieux et agissait comme elle le faisait chez eux, ce qui rassurait Duo, mais d'un autre côté, il avait peur que sa fille se comporte ainsi pour le rassurer. Il ne dit rien à ce sujet et ils se préparèrent à se coucher. Une fois tous deux sous les draps de leur lit respectif, la jeune fille ne put s'empêcher d'exprimer ce qu'elle avait à l'esprit.
« N'empêche, cette Relena, quelle peste ! J'en avais entendu de toutes les couleurs à l'école, mais de l'avoir vue en vrai, c'est presque pire que l'image que je m'en étais faite. »
« Ah bon ? Tu veux dire que le charmant portrait que j'en avais dressé n'était pas représentatif de la chose ? » s'étonna Duo.
Hélène eut un sourire et tourna la tête vers son père.
« Toi, je ne t'ai jamais vraiment pris au sérieux la concernant. Tu es trop jaloux pour être objectif. »
« Moi jaloux ! Comment on peut être jaloux de cette sale bête ! Et de toute façon, l'objectivité ne compte pas avec Relena. Soit on est aveugle et on l'adule comme le Messie, soit on est lucide et on la déteste. »
« Tu vois bien que tu n'es pas objectif. »
Duo ne trouva rien à rajouter à cela et garda le silence, un peu boudeur. Hélène eut un sourire à cette réaction et se tourna dans son lit, faisant dos à son père.
« Tu sais, tu peux aller le rejoindre si tu veux. Heero doit se sentir seul dans sa chambre et moi, je vais bien. Je suis fatiguée et je vais pas tarder à m'endormir alors tu peux y aller. »
Duo tourna le regard vers le dos de sa fille, incertain, mais il sentait dans la voix d'Hélène qu'elle allait mieux. Il doutait de la sincérité de ses paroles, sachant qu'il avait l'habitude d'agir ainsi aussi par le passé, mais il eut peur d'aggraver sa peine s'il insistait pour rester. Il se leva donc, mit rapidement ses chaussures et s'approcha du lit de sa fille à qui il laissa un baiser dans les cheveux avant de sortir.
« Si tu en as besoin, viens nous voir sans hésiter. »
Et il referma la porte doucement avant de tourner sur sa gauche pour rejoindre la chambre de Heero. Une fois devant la porte, il tapa deux coups à peine audibles et entra juste après. Une fois dans la chambre, il eut la surprise de découvrir Heero assis sur le bord du lit, un pied dans une chaussure alors que le deuxième allait entrer dans l'autre.
« Et bien Heero, où vas-tu comme ça en pleine nuit ? » demanda Duo, amusé. « Ne me dis pas que tu vas retrouver ta maîtresse. »
Heero sourit et s'approcha de Duo.
« En fait, j'allais retrouver mon amant, tu m'as pris de court. »
Un échange de regard se fit et les deux hommes se prirent dans les bras, se serrant doucement l'un contre l'autre.
« Et pour Hélène ? » demanda Heero, inquiet.
« Elle semble aller bien, mais même si j'en doute, elle m'a dit de venir te rejoindre avec une tendresse telle que je n'ai pas pu refuser. »
« Si tu préfères qu'on retourne dans votre chambre… »
Duo arrêta Heero d'un geste, lui faisant comprendre qu'il ne valait mieux pas et, après un baiser, ils enlevèrent leurs chaussures et se glissèrent dans le lit, enlacés.
-§-§-
Hélène s'était sentie soulagée des paroles réconfortantes de son père, mais n'avait pas pu se résigner à le laisser dormir séparé de Heero. Elle avait eu l'occasion de découvrir que ses deux pères n'étaient pas à complètement à l'aise lorsqu'un n'était pas là et s'ils ne pouvaient dormir ensemble, ils dormaient mal généralement. Elle préférait donc qu'ils passent cette première nuit sur Terre ensemble, surtout que personne ne savait comment les choses allaient tourner.
Mais elle n'arrivait pas à dormir. Elle tournait dans son lit dans tous les sens, cherchant la position qui lui permettrait de trouver le sommeil sans y parvenir. La réunion qui avait eu lieu quelques heures plus tôt tournait dans sa tête sans vouloir s'arrêter. Elle repensait aux paroles de Relena Darlian qui avait été si méprisante avec son père et aux autres pilotes de Gundams qu'elle avait rencontrés.
L'homme qui était assis à côté d'elle durant cette réunion, Trowa, lui revint tout à coup en tête. Sans savoir pourquoi, elle s'était sentie à l'aise avec lui. Il était froid en apparence, mais elle ne le sentait pas hostile ou dangereux. De plus, le regard qu'il avait posé sur elle lui avait paru presque chaleureux, ou du moins, protecteur.
Sans comprendre pourquoi, elle se leva et s'extirpa des draps lourdement. Elle enfila ses chaussures dans une lenteur qu'elle ne se connaissait pas et se leva du lit pour sortir de la chambre. Lorsqu'elle se retrouva dans le couloir sombre, à peine éclairé, elle observa les différentes portes autour de la sienne, en cherchant une dans sa mémoire. Le souvenir qu'elle attendait lui revint et elle se déplaça dans le couloir vers une des portes en face d'elle.
Hélène resta immobile devant cette porte, incapable de bouger, ne serait-ce pour frapper. En fait, elle hésitait, ne savait pas si elle avait le droit d'être là, de vouloir entrer dans cette pièce. Après une petite minute d'immobilité, elle entendit un son de poignée que l'on tourne et vit la porte s'ouvrir sur l'homme qu'elle voulait voir. Une fois la porte suffisamment ouverte pour permettre à l'homme de voir qu'il y avait quelqu'un dans le couloir, le regard vert de ce dernier plongea dans celui d'Hélène qui restait silencieuse.
« Tu t'es perdue ? » demanda-t-il, conscient de l'absurdité de sa question.
Hélène n'arrivait pas à sortir un son. Elle se devait de lui expliquer pourquoi elle était là, devant sa porte, mais elle-même ne le savait pas. Pourquoi avait-elle ressenti le besoin de le voir lui ? Ce fut alors que Trowa s'écarta de l'ouverture, laissant à Hélène la possibilité d'entrer, ce qu'elle fit dans la seconde.
Une fois que Trowa eut refermé la porte derrière elle, il se tourna vers son invitée qui lui faisait dos. Il l'observa un moment, perplexe, puis s'approcha d'elle en la contournant pour lui faire face. Elle avait le visage baissé et ne bougeait pas. D'une main sûre mais délicate, il lui saisit la nuque et lui fit relever la tête, découvrant un regard apeuré et plein de larmes.
Le simple fait de croiser ce regard vert fit éclater Hélène en sanglots, les larmes coulant librement sur ses joues. De la voir ainsi, si apeurée et vulnérable, Trowa se sentit un élan affectif et l'attira à lui, la prenant doucement dans ses bras. Elle se cramponna à lui de toutes ses forces sans arriver à se contenir.
« Laisse tout sortir, ne te retiens pas, ça ira mieux après, » lui murmura-t-il à l'oreille, la tenant fermement contre son torse pour la soutenir.
Elle pleura ainsi, dans les bras de Trowa, pendant une quinzaine de minutes avant que les spasmes qui parcouraient son corps ne se calment. Epuisée, elle s'endormit presque dans les bras du pilote qui, en voyant cela, l'entraîna vers son lit pour qu'elle se repose. Mais alors qu'il allait la lâcher pour la laisser dormir, elle le retint fermement.
« Reste avec moi, s'il te plaît. »
Trowa s'allongea alors à côté d'elle, la laissant se blottir contre lui. Il fut soulagé lorsqu'il s'aperçut qu'elle s'était endormie et réussit à trouver le sommeil à son tour.
-§-§-
Duo se réveilla en sursaut, se redressant brusquement dans le lit, les yeux grands ouverts. Il lui fallut un moment pour réaliser où il était et pourquoi il se trouvait à cet endroit. Son mouvement avait réveillé Heero qui se redressa à son tour pour se mettre au niveau de Duo.
« Ca ne va pas ? » demanda-t-il, sentant un trouble chez son amant.
Duo secoua la tête pour reprendre ses esprits.
« J'ai fait un cauchemar. Je m'en rappelle pas, mais ça m'a laissé une drôle d'impression. »
Heero s'approcha un peu de Duo et l'embrassa sur la joue tendrement avant de se lever, imité par Duo.
« J'ai vraiment un mauvais pressentiment à propos de cette histoire et pas seulement parce qu'un conflit pourrait être déclenché. Il y a un truc bizarre là-dedans. »
« Je le pense aussi, mais s'il te plaît Duo, essaie de t'adresser à Relena de façon moins virulente. Je sais que tu ne l'aimes pas du tout, mais la situation est déjà difficile, ce n'est pas la peine d'aggraver les choses avec elle, ça pourrait te retomber dessus. »
Duo regarda son amant un moment, puis sourit en soupirant.
« Je sais que tu as raison. Je te promets de faire un effort. »
Heero lui rendit son sourire.
« Déjà, si tu pouvais éviter de l'appeler 'Princesse' avec ce ton si sarcastique, ça serait bien. »
« Là, tu es dur. »
-§-§-
Le sommeil l'avait libérée depuis quelques temps déjà, mais Hélène n'avait pas encore ouvert les yeux. Même si elle ne voyait rien, elle sentait un regard observateur posé sur elle et avait peur que ce regard ne se détourne et ne l'abandonne si elle ouvrait les yeux. Les deux bras qui l'entouraient lui procuraient une douce chaleur protectrice qu'elle voulait conserver.
« Je sais que tu ne dors plus, » murmura une voix dont elle sentit le souffle sur son visage.
Face à un ancien pilote de Gundam, que pouvait-elle faire ? Vaincue, elle ouvrit les yeux qui rencontrèrent ce regard qui la fixait depuis un moment. Trowa, en voyant les pupilles de la jeune fille apparaître, remarqua une sérénité qui n'était pas présente la veille, ce qui le rassura.
« Tu te sens mieux ? »
Il préférait s'en assurer. Même si elle avait dans l'idée de lui mentir, il saurait dans quel état d'esprit elle était. Un petit sourire apparut sur les lèvres de la jeune fille qui détourna légèrement le regard, confuse soudainement.
« Je suis désolée pour hier, je voulais pas t'embêter, mais j'avais besoin de voir quelqu'un. Je sais pas pourquoi. »
« Parce que tu es angoissée par le risque de conflit, tu ne veux pas perdre des gens précieux, mais tu ne veux pas que ton père sache que tu t'inquiètes. »
Hélène ne sut plus quoi dire. Cet homme qu'elle ne connaissait que de la veille avait réussi à analyser ce qu'il se passait dans sa tête alors qu'elle-même n'en avait pas encore totalement pris conscience.
« Par contre, je ne sais pas pourquoi c'est moi que tu es venu trouver. Pour consoler les gens, Quatre est meilleur, » ajouta Trowa, un peu perplexe. « Mais puisque tu es venu ici pour ne pas inquiéter Duo, il vaudrait mieux que tu retournes dans ta chambre avant qu'il se réveille. »
L'image de Duo entrant dans leur chambre et ne la trouvant pas dans son lit frappa Hélène qui se releva rapidement. Elle remit ses chaussures et se dirigea vers la porte, mais alors qu'elle avait la main sur la poignée, elle se retourna vers Trowa qui la regardait et lui fit un sourire de remerciement. Elle ouvrit ensuite la porte et sortit. Elle traversa le couloir comme un éclair et se retrouva de nouveau dans sa chambre. Elle n'y était que depuis une dizaine de secondes à peine que la porte s'ouvrit de nouveau et que ses deux pères entrèrent.
« Mon petit bébé ! » s'exclama Duo en enlaçant sa fille tendrement.
Hélène lui rendit son étreinte tout en répliquant à cette appellation ridicule.
« Enfin Papa, j'ai passé l'âge. »
« Je m'excuse mon petit cœur, » continua Duo. « La prochaine fois, ce sera Heero qui viendra nous rejoindre dans notre chambre. J'aime pas te laisser seule comme ça. »
Hélène sourit en resserrant son étreinte un moment avant de relâcher Duo. Lorsque celui-ci se défit d'elle, ce fut Heero qui s'approcha pour prendre la jeune fille dans ses bras. Cet élan de tendresse surprit Hélène, mais lui fit plaisir et elle en trouva même le moyen de plaisanter.
« Eh bien, j'ai plus de maman, mais j'ai deux papas poules. Je risque rien du tout. »
Tous les trois éclatèrent de rire et les deux hommes déposèrent chacun un baiser sur une joue de leur fille, mais cet instant familial fut interrompu par deux coups frappés à la porte. Ils se défirent les uns des autres et Duo alla ouvrir la porte. Wufei apparut.
« Pardon de vous déranger si tôt, mais Relena nous convoque pour une réunion et elle est pressée. Il faudrait que vous me suiviez immédiatement. »
« Mais on a même pas déjeuné ! » s'exclama Duo, scandalisé.
« Tu t'expliqueras avec la furie alors, moi, je fais que mon boulot, » maugréa le chef des Preventers, visiblement mécontent de la situation lui aussi.
L'attitude énervée de Wufei coupa toute envie de plaisanter aux trois individus qui sortirent à sa suite dans le couloir, remarquant que les deux autres pilotes étaient également là. Hélène croisa rapidement le regard de Trowa qui lui fit un clin d'œil à peine perceptible et qui passa inaperçu aux autres pilotes. Elle sourit et tous suivirent Wufei dans les couloirs jusqu'à une pièce où les attendait la ministre.
« Enfin vous voilà ! La situation est grave messieurs… et Mademoiselle, » ajouta Relena en voyant entrer Hélène avec les pilotes.
Tous prirent place dans la pièce en silence. Il s'agissait d'un petit salon meublé de deux canapés et de trois fauteuils placés en cercle avec une table basse au milieu sur laquelle étaient disposés un service à café et de petites douceurs. Relena se tenait derrière un des fauteuils et regarda ses invités prendre place sur les canapés, Duo, Quatre et Trowa sur l'un, Heero, Wufei et Hélène sur l'autre.
Une fois assis, Duo tenta une approche vers l'assiette d'assortiment de gâteaux et de biscuits en tous genres, mais la voix de la jeune femme debout le fit s'arrêter à mi-chemin.
« Enfin Monsieur Maxwell, un peu de tenue je vous prie. On croirait un affamé. »
« Ben, si j'avais eu un petit déjeuné au moins… » murmura-t-il entre ses dents en se reculant.
Ce fut alors qu'une jeune femme vêtue de noir s'approcha de la table basse avec une cafetière et remplit chaque tasse présente devant elle avant d'en tendre une à chaque personne assise. Pendant qu'elle s'affairait, Relena s'assit à son tour et la jeune femme lui tendit la dernière tasse de café avant de se retirer. Duo observa le liquide noir dans sa tasse et soupira.
« Mais le café, ça nourrit pas… »
Il leva alors les yeux et rencontra le regard amusé de Heero qui était en face de lui. Ce dernier fit un geste vers Relena, montrant ainsi à Duo que la ministre allait boire la première gorgée de sa tasse, et une fois cela fait, il se pencha pour prendre un gâteau dans l'assiette, narguant Duo qui eut un regard outré.
« J'y crois pas… » dit-il doucement en voyant Heero mordre dans son morceau de gâteau avec un air espiègle.
Une fois que chacun eut pu manger quelque chose et que les tasses étaient reposées sur la table, Relena prit la parole.
« Messieurs, le conflit est imminent. Cette nuit, le ministère des finances a été victime d'un attentat et bien que nous ne sachions toujours pas de qui il s'agit, il est temps d'organiser une défense. »
« Attends un peu, » commença Duo qui sentit un regard lourd de la part de la jeune femme se tourner vers lui à ces mots.
Les paroles de Heero lui revinrent alors en tête et il tenta une autre formulation.
« Si je puis me permettre, Mademoiselle la ministre, avez-vous pensé à envisager le problème que j'ai soulevé hier au sujet des subventions des colonies avant d'en arriver à la conclusion que le conflit était imminent ? »
Après cette phrase plus que polie, trop polie pour Duo même, ce dernier lança un regard d'approbation vers Heero qui sourit en le félicitant de la tête.
« Vous vous plaisez vraiment à discuter les ordres Monsieur Maxwell. Ca devient énervant à force. »
Nouveau regard vers Heero de la part de Duo qui, cette fois, était fait d'incompréhension. La jeune femme continua.
« Cette situation est intenable et il est nécessaire que vous repreniez les armes. Nous avons dans nos sous-sols cinq armures mobiles Taurus qui ont été grandement améliorées depuis le dernier conflit. Il va sans dire que vous êtes les pilotes attitrés de ces machines. Nos meilleurs techniciens se sont penchés sur ces Taurus et je suis sûre que vous ne verrez pas grande différence par rapport à vos Gundams. »
A l'évocation de ces superbes machines qu'ils avaient été forcés de détruire, les cinq pilotes eurent un frisson et l'atmosphère de la pièce devint soudainement lourde. Hélène se sentait oppressée au milieu de tous ces visages sombres et chercha la main de Heero qui était assis à côté d'elle pour se rassurer. Le contact de sa main fit revenir le jeune homme à la réalité.
« J'imagine que nous aurons l'opportunité de les essayer avant d'être opérationnels. »
« Mais bien sûr Heero, ce serait normal, » répondit Relena avec un grand sourire.
« Et avant que le conflit soit véritablement déclenché, on pourra retourner chez nous histoire de régler certaines choses ? » intervint Duo. « Il faut que je prévienne mon patron que je ne retournerai pas travailler de sitôt. »
Relena lui lança un mauvais regard.
« Une chose à la fois voulez-vous ? Nous règlerons les détails plus tard. »
« Pour lui, c'est plus qu'un détail, » ajouta Duo pour lui-même, se retenant de se mettre vraiment en colère.
Heero, sentant que les choses risquaient de mal tourner à force, tenta une approche.
« Il serait préférable de rentrer rapidement chez nous pour être opérationnels le plus vite possible, Relena. »
Cette dernière acquiesça.
« Oui, tu as parfaitement raison, Heero. »
Cette fois, Duo vit rouge.
« Mais quelle saleté de bonne femme que tu es ! Alors quand c'est moi qui dit les choses, c'est sans importance et c'est n'importe quoi alors que quand c'est Heero, tout de suite, c'est comme si Dieu avait parlé ! Je te rappelle qu'il y a vingt ans, c'est lui qui a essayé de te tuer et que c'est moi qui t'ai sauvé la vie ! »
Tous les regards étaient maintenant fixés sur Duo qui regardait méchamment Relena, elle-même furieuse. Puis, son regard se tourna vers Heero qui secouait la tête, désabusé.
« Ben quoi ? » répondit Duo aux réflexions silencieuses de Heero. « Quand je lui parle de façon polie, elle m'envoie balader quand même. Alors je lui parle comme je veux. Princesse ! » termina-t-il à l'attention de Relena sur ce ton si sarcastique.
Le reste de la réunion se fit plus calmement. Duo gardait le silence et Relena avait laissé la parole à Wufei qui expliquait vaguement le fonctionnement de l'organisation des Preventers et le rôle qu'ils joueraient tous pendant ces événements dans celle-ci. Ils seraient logés dans ce bâtiment, dans les chambres qu'ils occupaient déjà, dès leur retour pour être disponibles en tout temps.
On leur donna enfin congé, permettant à chacun de retourner sur sa colonie pour régler les détails pour leur mobilisation gouvernementale. Relena leur laissa deux jours, leur demandant d'être revenus pour la prochaine réunion qui allait regrouper les différents généraux et hauts gradés de l'armée pour mettre en place leur défense. En sortant de la pièce, Hélène s'approcha de son père.
« Tu ne m'avais pas dit que Heero avait essayé de tuer Relena et que tu l'en avais empêché. »
« Hélène, s'il te plaît, ne remue pas le couteau dans la plaie, » répondit-il en grimaçant.
Et Duo pressa le pas pour ne pas entendre les petits ricanements des autres pilotes derrière lui. Ils refirent leurs bagages, ramassant le peu d'effets qu'ils avaient chacun apporté et se retrouvèrent tous dans le couloir pour se saluer. Les Maxwell et Heero repartirent ainsi vers l'aérogare pour retourner sur leur colonie.
« Fred va vraiment pas être content, » murmura Duo, désolé de cette situation, autant pour lui que pour son patron.
Alors que Heero allait répondre, il remarqua qu'Hélène était anormalement silencieuse et soucieuse même. Il voulut se rapprocher d'elle, mais elle parut sentir son geste et fit volte-face vers eux avec un sourire.
« Mais au moins, on peut rentrer à la maison. Même si ce n'est que pour deux jours, c'est toujours ça de pris. »
Heero sourit en retour, mais n'était pas convaincu de ce ton qui lui paraissait faux. Dans ce genre de situation, il voyait vraiment la ressemblance entre elle et Duo qui agissait de la même manière lorsque quelque chose le contrariait et qu'il ne voulait pas l'inquiéter. Même si Heero avait su, avec le temps, apprendre à détecter ce genre d'attitude, il ne se sentit pas le cœur de dire à Hélène que ses efforts étaient vains et se tut.
Dès qu'ils furent rentrés dans leur appartement, Duo se dirigea avant toute chose vers le téléphone sur lequel il composa le numéro de la ferraillerie avec mal au cœur. Après un moment, il entendit quelqu'un décrocher.
« Fred, c'est Duo. J'ai de mauvaises nouvelles… Pas tout à fait, mais oui, nous sommes tous les trois réquisitionnés… On repart dans deux jours et je ne peux absolument pas te dire quand on pourra revenir, pour aucun de nous trois. Oui, Heero aussi… Ecoute, si je pouvais choisir de travailler même vingt-quatre heures par jour pour toi plutôt que d'y aller, je le ferais, mais j'ai pas le choix, » s'énerva-t-il légèrement.
Le patron finit par se faire une raison et raccrocha. Lorsqu'il se retourna, il se trouva face à sa fille qui avait le regard perdu et au bord des larmes. Duo eut pour réflexe de vouloir lui demander ce qui n'allait pas, mais elle prit la parole avant lui.
« Je dois prévenir Alex, » dit-elle douloureusement alors qu'une larme dévalait sa joue.
A suivre…
Note de l'auteur : Je me suis régalée à écrire ce chapitre, entre la haine de Duo envers Relena sous toutes ses formes et la détresse d'Hélène qui se réfugie auprès de Trowa, j'ai adoré. Les choses ne s'annoncent pas très bien, nous verrons comment les personnages agiront en fonction des événements. Merci de me lire et de suivre cette histoire !
-Ephemeris-
