Deuxième partie de la deuxième légende, et également fin de l'histoire. Quelle excitation xD


« Evidemment. Evidemment que cela devait arriver.

« Résumons la situation actuelle. Roxas, petit ami d'un aviateur qui l'a entraîné dans un village misérable et qui ensuite l'a laissé tomber sans raison apparente, est coincé dans une forêt profonde, pleine de fantômes, et pour couronner le tout, il se retrouve devant le château, qui est tout ce qu'il y a de plus repoussant actuellement, sauf votre respect.

« Au passage, nous vous signalons qu'il ignore totalement son lien avec ses habitants, notamment celui que vous nous avez désigné.

« Quant audit aviateur, nous le voyions il y a quelques minutes en train de se soûler avec succès à la vodka pure, petite addiction héritée d'ancêtres vikings. Ou russes. Nos experts continuent à se concerter à propos de l'origine ethnique de cet homme. Mais là n'est pas la question. Nous disions donc, votre Excellence, qu'à cet instant, il est en train de décuver de façon violente dû au fait que…

- Cela suffit ! Si je vous demande de me faire un rapport, ce n'est certainement pas pour vous concentrer sur un cloporte qui n'a pas sa place dans l'histoire !

- …Cependant… il menace l'ensemble du plan, votre Grâce.

- Tiens donc ? Je croyais qu'il avait laissé échapper le gringalet ?

- Oui… néanmoins, il semblerait que…

- Affirmez donc ce que vous pensez, au lieu de vous perdre dans des « semblerait » et des « paraîtrait » ! De toute façon, dans l'état où je suis, il m'est impossible de confirmer vos dires ! Vous le savez bien ! Et même si vous l'ignoriez, je pense que votre vue est encore suffisante pour constater par vous-même !

- … Ou-Ou-Oui, (raclement de gorge) votre Grâce… nous pensons fortement que cet homme est encore attaché à Roxas, même si l'agent Mayo a fait son possible pour le dissuader de venir au manoir.

- Le pouvoir de l'amour… (soupir) Même plus de quatre siècles après, c'est un facteur que j'aurais tort de négliger. N- Roxas est-il entré dans l'enceinte du château ?

- Pas encore…

- Alors, qu'attendez-vous ? Envoyez-le en vitesse avant que Roxas ne change d'avis et ne reparte !... N'ayant plus aucun pouvoir à présent, je n'arriverai pas à le rattraper moi-même ! Si vous échouez à le retenir, ce sera la mort pour nous tous ! »


Reno releva sa tête d'au-dessus la lunette des toilettes du bar, et tira la chasse d'eau. Il se sentait toujours nauséeux, mais ayant désormais l'estomac vide, il ne risquait plus de recracher quoi que ce soit. Il appuya sa tête brûlante contre le mur froid, ce qui lui fit un bien fou. Il n'était pas habitué à subir une cuite après avoir bu.

- 'Tain, Roxas, c'est à cause de toi si je suis hors-service…, marmonna-t-il dans sa barbe.

Il décida de sortir du bâtiment avant d'avoir à nouveau envie de boire, pour oublier la cruelle rupture de la veille. Il avait squatté l'endroit toute la nuit, parlé à un peu n'importe qui de ses déboires sentimentaux, pour peu qu'on lui paie la boisson, et heureusement, s'était juste retrouvé ivre mort à la suite de ces évènements. Il avait l'impression qu'un gong dantesque sonnait à intervalles réguliers dans son crâne.

Il marchait avec hésitation, le paysage était trop flou, et il pensait parfois que le sol se dérobait sous ses pieds. Il devait faire appel à tout son sang-froid pour se remettre en équilibre. Il avança comme cela, à l'aveuglette. A un moment, il commença à se cogner contre des gros poteaux. Quand il eut l'idée incroyable de mettre ses mains devant lui pour repérer où il allait, les incidents du genre diminuèrent significativement. Il lui semblait qu'il marchait depuis longtemps. Il n'entendait plus de voix humaines aux alentours. Il ne devait sûrement pas être dans le village, et encore moins à l'hôtel. Reno avait tellement mal à la tête… il renonça à conjecturer plus sur sa situation. Soudain, ses mains ne rencontrèrent plus de poteaux. Et ses pieds chancelants se prirent le gros caillou posé innocemment sur le chemin, et Reno s'étala de tout son long. Il sentit de l'herbe sous lui. Définitivement pas dans le village.

Il comptait rester ici. Il ne pouvait plus avancer maintenant. Il leva la tête, et un son incompréhensible, comme assourdi, lui revint aux oreilles. Il voyait Roxas juste en face de lui avec un renard.

C'était bon, il était totalement et sincèrement bourré. Après le statut « je ne tiens pas debout mais j'assume », le stade « je vois des hallucinations et je crois que ce n'est pas normal ».

Il referma ses yeux sur cette vision, incapable de supporter plus son mal de tête.

Mais avant…

-Oh put-

Depuis quand il y avait des châteaux abandonnés en plein milieu de la forêt, comme cela ? L'édifice était en ruines, indéniablement. Ses murs étaient recouverts de lierres et, parmi la kyrielle de vastes fenêtres, quasiment toutes étaient brisées.

Pour avoir conservé quelques souvenirs de ses cours d'histoire, et parce qu'il avait toujours cultivé un goût du luxe assez particulier, Roxas put dire que c'était probablement un château datant de la Renaissance. Raison de plus. Ces palais ne se trouvaient que dans de grandes villes, ou du moins, ils restaient rarement à l'abandon ainsi. Il se préparait à s'en aller et à retourner au village coûte que coûte mais, alors qu'il tournait le dos au château, le renard apparut dans son champ de vision.

Il semblait le fixer tranquillement du regard. Roxas fit un pas sur le côté. Le canidé se mit à retrousser ses babines et à grogner. Le jeune homme stoppa immédiatement son geste, et revint sagement là où il était. Il était mort de trouille à l'idée que cette bestiole se mette à l'attaquer.

- Roxas… toujours aussi courageux, à ce que je vois…

Puis, lentement, le renard se mit à s'approcher de lui. Roxas reculait au fur et à mesure, vers le portail du manoir. Il aurait fini par y entrer s'il n'avait pas remarqué derrière l'animal une silhouette familière qui titubait vers eux. Ses yeux s'écarquillèrent.

- R-R-Reno ?, bredouilla-t-il.

Puis il cria son nom quand il le vit s'écrouler sur le sol, inerte. Il se précipita vers lui, malgré les grognements de plus en plus menaçants du renard. Mais Reno avait perdu connaissance. D'après l'haleine et l'allure générale, il semblait qu'il n'avait pas bu que de l'eau ce soir-là.

Coma éthylique en plein bois, avec un renard enragé et un château en ruines. Roxas aurait juré qu'il tenait un bon scénario de série B. Malheureusement, tout était bien vrai, et comme d'habitude, c'est lui, petit blond innocent, qui devrait assumer la corvée. Il essaya de soulever son amant. Au bout de quelques minutes et tentatives infructueuses, il y parvint, et posa le bras du rouquin sur son épaule. Il s'apprêtait à rentrer dans la forêt quand une voix masculine lâcha narquoisement :

- Besoin d'aide, Roxas ?

Cette voix ne lui disait rien (qui vaille). Le blondinet se retourna vers celui qui avait prononcé ces paroles. Et se retrouva face à face avec un grand homme roux, aux longs cheveux rouges en arrière. Il avait un petit sourire sur le visage, et ne portait que des habits noirs. Il était nonchalamment appuyé contre le portail, au seuil du château, ou plutôt, du manoir.

Pendant une seconde, Roxas se demanda si cette apparition avait un rapport avec le fait qu'il ne voyait plus le renard dans les parages. Puis il se dit que s'il commençait à croire au surnaturel, il ne serait pas dans un film de série B, mais dans un long-métrage digne d'Ed Wood. Il se détourna du regard vert, si perçant, de l'homme mystérieux et essaya de déplacer Reno.

- Tu ne t'étonnes pas du fait que je connais ton nom, même si c'est la première fois que nous nous rencontrons ?

L'homme gardait son rictus sur le visage, mais il semblait attendre quelque chose. Ses yeux se fixèrent de façon très insistante sur Roxas. Celui-ci commençait à s'inquiéter. Il était censé le connaître ? Ou était-ce un stalker, comme on dit, qui le traquait depuis des mois ? Il finit par répondre avec hésitation :

- Je préfère… retourner au village.

- Tu n'y seras pas plus en sécurité. Tôt ou tard, tu devras revenir ici, lâcha l'homme lentement.

Roxas voyait bien que ce type voulait s'approcher d'eux, à cause de son pied botté qui tapait à intervalles réguliers sur le sol, comme s'il se retenait. Il ne comprenait pas ce qu'il se passait, et Reno était trop lourd pour lui. Il l'allongea sur l'herbe, puis repoussa machinalement les mèches rousses sur le front pâle en sueur. Puis il leva ses yeux vers l'homme en noir.

- Je devrais me soucier de ma sécurité ?, le défia-t-il.

L'homme soupira, puis sortit une fleur à moitié fanée, rouge aux épines bleu nuit. Il la toucha du bout du doigt puis la secoua face à Roxas qui le regardait faire avec étonnement.

- Ca, ça te dit quelque chose ?

- Ca devrait ?, rétorqua le blond, qui était de plus en plus perdu devant les actions de l'inconnu.

Les lèvres de ce dernier s'étirèrent. Il laissa tomber la fleur et dit, cynique :

- Tu ne te rappelles absolument de rien ? J'aurais cru que cela marque ta mémoire, même quatre siècles après…

- Quatre siècles ? Comment voulez-vous que j'en sache quelque chose ? Je n'étais pas né !, cria Roxas, agacé à présent.

Toutes ces allusions qu'il ne comprenait pas l'énervaient et attisaient malignement sa curiosité.

L'homme continuait à sourire bizarrement, comme un chat qui regarde une souris, et cela exaspérait Roxas. Puis il souffla :

- Si tu veux en savoir plus, c'est ici que cela se passe. Dans ce château.

Roxas hésitait. Il n'allait pas laisser son amant seul…

- Allez, viens.

Pour briser les dernières résistances du jeune homme blond, l'inconnu sut choisir les mots justes.

- De plus, dans l'état où il est, tu ne pourras rien faire d'autre. Il pourra être soigné dans ce manoir.

Alors Roxas souleva une nouvelle fois le roux, qui se mit à marmonner quelque chose avant de replonger dans son coma. Ils se traînèrent vers le portail du château. Une fois franchi le seuil, l'homme aida Roxas à transporter Reno jusqu'aux portes d'entrée du bâtiment.

Je n'aurais pas cru que cet argument le fasse fléchir. A-t-il tant changé que cela ?...


Reno ouvrit les yeux, assez brutalement, dans un lit inconnu. Il vit Roxas au-dessus de lui, lui caressant la joue. Une fois qu'il fut capable de faire un geste sans avoir envie de vomir, le rouquin le prit dans ses bras, soulagé de le revoir. Il avait certes encore un peu mal à la tête, mais il l'oubliait à ce moment. Roxas lui rendit son étreinte. Ils ne s'étaient pas quittés en bons termes, néanmoins ces retrouvailles surprise leur faisaient prendre conscience à quel point ils tenaient à l'autre.

Leurs bouches se rejoignirent de façon quasi automatique, et seul un raclement de gorge sec les empêcha de poursuivre leur petite fête. Ils se tournèrent d'un même mouvement vers l'inconnu roux habillé de noir, qui patientait devant leur porte, toujours avec cette allure nonchalante. Il eut un reniflement de mépris en les voyant enlacés, puis dit :

- Roxas, il faut que tu descendes dans le hall dans cinq minutes précisément.

Le blond le regarda avec méfiance. L'homme en noir remit en place son sourire distant usuel, puis s'en alla, fermant doucement la porte derrière lui. Roxas ouvrit la bouche mais se ravisa au dernier moment. Reno à ses côtés soupira :

- Eh bien… quelle histoire !

- On a intérêt à vite sortir d'ici, lâcha Roxas, fixant toujours la porte.

Le roux haussa un sourcil.

- Pourquoi donc ? On est où, exactement ?

Roxas dit d'une voix sourde :

- Au plein milieu de la forêt, dans un château en ruines.

Le déclic se produisit dans la tête de Reno. Il laissa une expression hagarde envahir son visage. Il fit un petit bruit de surprise, tandis que lui revenaient en mémoire ses souvenirs de sa dernière mission. Ce pourrait-il que ce soit ce même château qui les avait, lui et son hélico, entraînés dans un tourbillon dont il ne s'était sorti que grâce à un coup de bol incroyable ? Alors qu'il s'était juré de ne plus retourner dans cet endroit, son état d'ébriété avancé l'y avait reconduit. C'était bien sa veine. Ca l'apprendrait à boire pour oublier.

Et avec Roxas en plus, qui ignorait tout de l'étrangeté de la région.

Un mal de tête se faisant ressentir, il se rallongea sur le lit, passant une main sur son front.

Roxas continuait à fixer la porte, sans pouvoir en détacher son regard. Il se demandait que l'homme en noir, qui semblait le seul résident du château, faisait ici, et ce qu'il lui voulait. Enfin, il tourna ses deux pupilles vers Reno, et lui fit un petit sourire.

- J'y vais, attends-moi ici.

- Eh, quoi, Rox-

Mais le blondinet s'était déjà levé et avait franchi le seuil de la porte.

Roxas regarda autour de lui. Le couloir dans lequel il se situait paraissait en bien meilleur état que l'extérieur du bâtiment. Les tapis et les poutres n'étaient pas dévorés par les mites, et les statues qui longeaient ce corridor demeuraient intactes, semblant le contempler sans expression, avec leur regard de pierre vide. Roxas ne sentait pas très bien, et mourait d'envie de quitter ce château. Mais il repensa à l'homme qui devait l'attendre à nouveau la curiosité vint le titiller désagréablement. Il marcha lentement jusqu'à atteindre, au bout du couloir, des escaliers larges, aux marches épaisses. Il les emprunta avec un peu d'appréhension.

Il se mangea prodigieusement un tapis à la fin des escaliers. A la pénultième marche, il avait perdu l'équilibre en posant son pied sur un trou masqué par ledit tapis. L'endroit n'avait quand même pas dû voir un maçon depuis des siècles pour en arriver à de telles extrémités…

- C'est bon, t'es prêt ?

Décollant son nez de la frange du tapis, Roxas fusilla du regard l'homme roux en noir qui venait d'en placer une. Ce dernier conserva un calme olympien et se contenta de désigner par sa tête deux immensément grandes portes à sa gauche. Deux grandes portes surmontées d'une boussole.

- Allons-y, ils nous attendent depuis assez longtemps…

Ils ?, s'interrogea Roxas, perplexe. Ce qui voudrait dire que ce type n'est pas si seul…

Son froncement de sourcils n'échappa pas à Axel, car tel était le nom de l'homme mystérieux (1). Il aurait dû être content de revoir Roxas sous sa forme d'humain après tant de siècles, mais il demeurait rongé par une sorte d'amertume. Il avait recherché une trace d'enthousiasme, de joie peut-être, même de haine, il s'en fichait, chez Roxas lorsqu'il lui était apparu. Mais rien. Rien n'avait transparu à travers son regard. A peine une expression un peu surprise.

Voilà pourquoi il était si préoccupé.

Roxas l'avait oublié.

Quelque part, c'était prévisible, mais ça lui faisait quand même mal. Tout souvenir devait être annihilé par les réincarnations à répétition. Qu'il en fasse partie, de ces choses éphémères, le blessait au fond de lui. Enfin, ce n'était pas comme s'il était redevenu sensible malgré les décennies innombrables passées entre vie et mort, dans un condensé fumeux et artificiel d'existence. Axel se rappelait encore et seulement son enfance, ainsi que son entrée au château. Maintenant que sa liberté lui avait été arrachée, et qu'il ne conservait que des lambeaux de lui-même, il regrettait chaque jour sa vie passée.

Parfois même, il se demandait s'il n'était pas déjà mort.

Il se souvenait vaguement qu'un jour, des années sûrement après la mort de Sora et Riku, (il ne les comptait plus, le temps n'avait plus jamais fait de ravages sur son corps) il s'était senti drôle en se réveillant. Un peu comme s'il était devenu un peu moins consistant, moins fort. Il s'était trouvé incroyablement fatigué, mais sur le moment, il l'avait prêté à une nostalgie un peu trop forte.

Néanmoins, il ne faisait plus trop confiance à ses souvenirs. Les rares dont il se remémorait l'existence le faisaient souffrir, et il brodait des détails à partir des fragments des autres. Cependant, il gardait soigneusement pour lui toutes ces réflexions. Il n'était qu'un subalterne, quoique le doyen. Il n'avait aucune sorte d'influence ou de pouvoir.

Et puis, il n'avait pas revu Kairi depuis qu'elle l'avait laissé moisir ici. Les visites à la grande chef devaient aider pour la montée en grade, comme pour tout. Enfin, cette mission-là allait peut-être faire avancer les choses. Mais un obstacle, et de taille, s'opposait à lui.

Cet étrange type roux.

En soupirant, Axel referma les lourdes portes derrière Roxas et lui, tandis qu'il l'entendait échapper une interjection d'étonnement.


Ils observaient depuis quelques secondes celui qui devait être leur treizième membre. Les murmures couraient sur son compte déjà, mais ils étaient tous, dans l'ensemble, plutôt surpris par cette frimousse d'ange et cet air intègre. Installés dans l'ancienne salle de bal, les onze, vite rejoints par l'homme roux qui s'était assis à la place qu'on lui avait octroyée, vers l'arrière, se turent lorsqu'un homme, à la tête encapuchonnée comme le reste de ses camarades, leva la main, donnant un ordre de silence. Enfin, il dit d'une voix grave :

- Ton entrée ici, ou plutôt ta rentrée d'après Axel, était attendue depuis longtemps. Mais tu dois le savoir. Tu as réussi à nous échapper durant tout ce temps mais tu es final-

Axel. Le nom de cet type aux cheveux écarlates.

- Je ne vois pas de quoi vous parlez, le coupa Roxas, agacé par ce discours stupide qu'il ne parvenait pas à expliquer.

Des ricanements parvinrent de derrière celui qui avait parlé aussi cérémonieusement, mais s'estompèrent bien vite. Mais une voix criarde, féminine, gémit :

- A quoi bon continuer ce charabia ? Il nous ment, c'est évident ! Il faut en finir !

- Pas si vite, Larxène, lâcha Voix Grave lentement. Il nous est précieux de savoir à quel point il se rappelle exactement de ce château…

Roxas serra les poings et cria :

- Mais je n'ai jamais les pieds ici en dehors d'aujourd'hui ! Ni même dans cette partie du monde ! Comment voulez-vous que je me souvienne d'un château pareil ?

Cette déclaration fut accueillie par un silence. Mais un de ceux qui n'inspirent pas confiance en l'avenir. Finalement, une voix quasi adolescente, mais terriblement posée, provenant d'une silhouette de petite taille, débita comme une calculatrice :

- Il ne semble pas mentir, pourtant je confirme que c'est bien la bonne personne.

- Tu es réellement, réellement, sûr ?, demanda Voix criarde.

Abasourdi par cette discussion sans sens pour lui, le jeune homme blond devant lui regarda Axel, espérant un peu d'aide de sa part. Mais le roux regardait dans le vide, l'air morose, ou ennuyé, Roxas n'arrivait pas à le déterminer. Il était le seul à laisser en évidence son visage à la lumière du dantesque lustre de cristal qui surplombait la salle. Roxas lui trouvait un il-ne-savait-quoi qui ressemblait étrangement à Reno. D'un côté, avec ses longs cheveux roux et ses yeux proches du gris-bleu de son petit ami, et sa taille, il y avait de quoi. Pourtant, ils ne se connaissaient pas. C'était étrange, comme la vie pouvait être surprenante parfois.

Il fut brutalement tiré de ses pensées par Voix Grave.

- Bien, à présent que tout ceci a été éclairci, Roxas demeurera désormais avec nous…

Les derniers mots glacèrent le sang du jeune homme blond dans ses veines.

- … et ce, pour l'éternité.

- Q-Quoi ?, fit-il, stupéfait.

Mais chassez le naturel, il revient au galop. Sa nature hystérique reprit le dessus.

- JAMAIS, VOUS M'ENTENDEZ, JAMAIS JE NE RESTERAI ICI POUR TOUJOURS !, hurla-t-il à plein poumons.

Sa crise avait sorti de leur sommeil quelques uns des membres de la confrérie, mais Axel persistait dans son désir de l'ignorer. Ce détail poussa à cran Roxas. Il se permettait de l'attirer ici pour le laisser moisir dans les problèmes qu'il lui avait apportés ? C'était le comble.

« Laissez-moi lui parler… »

Une voix désincarnée, dont les paroles restaient au stade de murmures. Roxas fronça les sourcils en cherchant du regard sa source. Voix Grave sembla désarçonné et dit :

- Votre Grâce, dans votre état, il serait assez…

« Silence… », siffla la voix. « J'avoue avoir commis une erreur dans cette affaire, mais je compte bien m'en occuper… personnellement »

Sans bruit, les treize personnes se levèrent de leurs sièges et s'apprêtèrent à partir. Celui qui était la cause de tous les problèmes de Roxas, alias le seul rouquin présent, passa à côté de lui en le snobant totalement. Roxas se préparait à l'interpeller de façon bien vulgaire, mais la voix désincarnée le devança :

« Axel, reste ici… Etant l'un des personnages importants de cette histoire, tu ne vas pas t'en aller comme cela… »

La salle de bal désormais était vidée de tous les autres occupants précédents. Il ne restait qu'eux deux, et cette voix sans origine. Le jeune homme blond dirigea son regard azur vers Axel, qui lui tournait le dos. Finalement, il l'entendit dire d'un ton las :

- J'ai déjà suffisamment payé un lourd tribut à cause de mon ignorance. J'ai trop souffert.

La voix se fit doucereuse, mielleuse au possible.

« Ceci sera ta dernière mission… Tu vois bien que la fin approche, autant pour toi que pour lui… Fais ce qu'il te reste à accomplir… »

Roxas assistait, effaré, à l'échange. Il était complètement perdu face à cet afflux menaçants d'allusions. Il décida de rejoindre Reno au plus vite, et de quitter cet endroit. Il s'élança vers la porte, mais un douloureux étau s'abattit sur son bras. Il tourna la tête en se mordant les lèvres, et croisa le regard vert et dur d'Axel, qui l'empêchait d'aller plus loin. Il maintint sa prise sur le bras du blond, puis le tira à lui.

Il inspira profondément, le regardant droit dans ses yeux, et chanta, chuchotant les paroles :

- « Sommeil/Seules les histoires me permettent de le récupérer/Soupir vermeil/Languissant des rêves derniers/Sommeil/Une histoire, s'il vous plaît. »

Roxas le fixa avec étonnement. Cette comptine lui disait quelque chose, quelque chose de récent, en rapport avec le village… Roxas revit dans sa tête des images de forêts, de loup et d'enfants. Il se vit tournant les pages d'un livre… de ce livre. Cette situation lui parut si incongrue qu'il éclata de rire. S'il avait imaginé se rappeler ce conte en ce moment critique…

L'histoire du garçon frappé d'une malédiction, qui avait croisé la route d'un loup qui avait tué sa sœur. Poussé par la haine et le désir de vengeance, il était entré dans un château maudit, dont il n'avait jamais pu ressortir vivant. Son fantôme, couvert de morsures à moitié cicatrisées, rendu fou par une sorcière, s'était un jour introduit dans le village et avait assassiné le reste de sa famille survivante.

Allons donc. Le principe des légendes, c'est un quart de vérité et trois quarts de broderie folklorique. Alors, pourquoi Roxas tremblait à l'idée que cet édifice et ce hameau puissent être ceux du livre ?...

Roxas essaya de se défaire de l'emprise d'Axel. Celui-ci l'attira contre lui, satisfait de sa réaction. Visiblement, cela avait éveillé des souvenirs dans l'esprit du blond. Même si le Roxas qu'il connaissait n'avait jamais entendu cette chanson. Dans la précipitation, trop troublé pour s'attarder sur des détails, il n'y pensa pas.

Il était en face de lui, enfin, après toutes ces années, son visage à quelques centimètres du sien, et ses yeux qui n'avaient pas changé. Une fois encore, Axel se rendit compte à quel point il lui avait manqué, et décida de mettre son orgueil de côté. Ses yeux verts se fixèrent sur les lèvres en face de lui. Il avait tellement envie de se les approprier ne serait-ce qu'une dernière fois, savoir si elles lui seraient toujours aussi douces, si Roxas se serrerait contre lui comme avant. Il voyait leurs deux souffles se conjuguer, et il se sentait prêt à succomber à la tentation.

Il frissonna puis repoussa Roxas, qui l'avait laissé faire, ensorcelé par son regard charmeur. Ce dernier cligna des yeux plusieurs fois avant de se remettre de ses émotions. Comme vite s'était envolée l'image de Reno durant cet instant ! Mais Roxas aurait voulu retenir Axel près de lui. Il leva un bras hésitant vers le roux il le laissa retomber dans la seconde qui suivit.

Quelque chose semblait lui échapper. Cet homme qu'il n'avait jamais vu auparavant se comportait si étrangement avec lui. Ce n'était pas comme s'il avait flashé sur lui au premier regard, ou ce genre de niaiseries romantiques. Non… il paraissait le connaître, mais en même temps le découvrir…

Il t'a retrouvé.

Ces mots sonnèrent bizarrement dans la tête du blond. Sa raison les rejeta au loin, mais son cœur les récupéra et les fit battre, à l'unisson avec ses battements. Pendant ce temps, Axel lui tournait le dos, soupirant. Puis il revint vers lui et dit :

- S'il te plaît, Roxas… essaie de te rappeler.

- Aucun de mes souvenirs ne te concerne, répliqua Roxas sèchement. Pour ce que tu étais censé tout m'expliquer sur les choses qu'on me cache…

Un silence puis il reprit :

- Le… le renard, c'est toi, n'est-ce pas ?

- Oui, c'est vrai, répondit Axel avec un calme déconcertant. Nous ne devons sortir du château que très rarement, et nos formes animales nous permettent de passer quasiment inaperçus.

Il s'avança un peu vers le blond, qui retint un mouvement de recul.

- Mais, après tout, c'est la formule qu'elle connaît le mieux…, dit-il avec ironie.

« Axel, je t'en prie, conserve tes manières de voleur pour tes invités, pas pour celle qui règne… Il faut que tu le convaincs, j'en ai assez d'attendre la fin de tes simagrées »

- J'allais justement faire la transition avec le sujet qui nous intéresse, rétorqua le roux.

Ses yeux se posèrent sur Roxas, et il adoucit sa voix.

- Ecoute bien ce que je vais te dire. Tu t'es remémoré les paroles de ce chant, tu te souviens donc de ton ancienne vie…

- Je l'ai lu dans un livre de contes, fit Roxas, dubitatif.

Les sourcils roux se froncèrent.

- Comment ça ?

Après que Roxas lui eut raconté un résumé de ce qu'il avait lu, Axel sourit bizarrement, partagé entre l'amusement et la consternation. Il fit asseoir le blond sur un des fauteuils, sans que celui-ci ne songe à opposer de résistance, et commença :

- J'ai assisté à cette histoire, et effectivement, elle a existé…

Avant que son interlocuteur ne puisse contester la véracité de ses propos, il continua :

- Ce loup, comme tu dis, et le garçon étaient loin, loin d'être ennemis… Je n'ai été qu'un personnage secondaire, mais je vais essayer de dire tout ce que j'ai vu et appris plus tard…

« Il y a des siècles, j'étais un humain tout ce qu'il avait de plus normal, ou peut-être un peu plus beau que les autres (Axel vit les yeux bleus en face de lui se lever au ciel). J'exerçais le métier noble de voleur. Alors, quand j'ai aperçu un grand château, délabré mais habité, j'ai entrevu l'occasion idéale de séjourner gratuitement et de pouvoir dérober autant de choses que je le pouvais pour les revendre ensuite.

« Malheureusement, je n'étais pas destiné à en ressortir un jour. Je me suis fait engager comme cuisinier, en forçant un peu la main du maître des lieux, certes, mais j'assurais à peu près correctement mes fonctions (Axel passa sous silence la soupe verdâtre de son premier jour de service), et avais trouvé tout ce qui pouvait me satisfaire en matière de butin. C'est également le premier jour où je suis entré que je t'ai croisé, Roxas. »

Roxas ouvrit la bouche, puis décida de se taire, attendant d'en savoir plus.

« Aussi étonnant que cela puisse paraître, la première fois que je t'ai rencontré, tu étais une fille. (Le jeune homme blond esquissa un sourire. Allons donc, il essayait réellement de lui faire croire tout ça ?) Mais tu m'as raconté une histoire étrange, que moi-même ai eu du mal à croire au début. Tu étais un serviteur du châtelain, appelé Riku, et une fée t'avait transformé en femme, tandis que ton maître subissait les affres d'une horrible maladie. Puis un jeune garçon venant du village d'à côté, nommé Sora, est arrivé au château. Ce qu'il avait en commun avec ton histoire, c'était qu'il était bel et bien à la recherche de sa sœur. (Axel se remit à sourire) Par contre, il était un pur athée et avait éprouvé dès le début une certaine attirance pour le maître du château, qui n'était autre que le loup qu'il avait croisé.

« Cependant, la fée est revenue dans cet endroit. Elle avait réussi à y attirer une vieille femme, dans le but de tuer Riku et de retrouver le pouvoir qu'elle avait caché à l'intérieur du château. Elle tenait à ce que Sora le remplace en tant que châtelain, pour assouvir une vengeance envers le village entier, et parce que Riku lui était devenu gênant. J'ai fait partie de l'équipe chargée de l'arrêter. Mais nous sommes arrivés trop tard. La vieille femme, morte, avait ouvert le coffre contenant les pouvoirs de la fée, et elle a réussi à tuer Riku. Néanmoins, Sora étant mort accidentellement dans le combat, elle n'avait plus personne pour surveiller le château. Elle a chassé l'autre serviteur, puis t'a réincarné. C'est finalement moi qu'elle a choisi pour tenir le secret de cette histoire, et veiller sur les corps des deux châtelains, avec l'aide de douze autres personnes qui devront me succéder un jour, au fil des siècles. Treize semblait être un nombre suffisant pour éviter de « manquer » de châtelains en cas d'épidémie ou de meurtre. »

Axel inspira un coup, sa langue devenue sèche par son monologue. Il finit son histoire :

- L'un d'entre eux me remplacera le jour où Kairi me trouvera trop « gênant » à mon tour. Le jour où je serai sorti une fois de trop du château. Et ce jour s'avère être aujourd'hui.

Roxas le regardait, yeux écarquillés. Il avait eu du mal à s'imaginer qu'Axel disait la vérité, mais son regard vert était si sérieux et grave qu'il avait fini par le croire.

- Aujourd'hui, je dois choisir le treizième membre qui remplacera un de mes successeurs. Et mon choix s'est porté sur toi, que j'ai eu la chance de retrouver après tout ce temps.

- Pourquoi ?, articula Roxas, médusé. Quel… type de relations avions-nous quand nous nous sommes connus pour la… la première fois ?

Au fond de lui, il l'avait déjà deviné. Mais il avait besoin d'une confirmation.

- Nous étions amants, lâcha Axel.

Il était en face de Roxas, sur le fauteuil voisin, si proche. Le blond se força à fermer les yeux et à penser à Reno. Soudain, il sursauta : des lèvres laissèrent un baiser sur le coin de sa bouche. Il les repoussa doucement, et regarda Axel avec gêne.

- Je suis désolé mais… je ne me souviens de rien. Même après que tu m'as raconté toute l'histoire. Je ne peux pas. Je ne veux pas rester ici, pour remplacer quelqu'un, à attendre que quelqu'un décide de me jeter comme une poupée cassée quand je ne pourrai plus supporter de rester enfermé dans ce château. Et surtout pas parce que j'aurai envie de rejoindre ensuite dans la mort un amant dont je ne me souviens de rien. J'aime déjà un autre.

Roxas se leva sous le regard noir du rouquin. Il comprenait les sentiments qui l'animaient, mais ne pouvait pas y répondre. C'était simplement… trop tard.

C'était le seul espoir d'Axel, la seule chose qui lui avait permise de supporter cette vie sans fin. De retrouver Roxas, et de vivre heureux à tout jamais, ne plus être séparés. Peut-être qu'il aurait dû se douter que ça ne marcherait pas quand il avait vu Roxas embrasser cet homme. Il avait voulu jouer sur leur ressemblance troublante pour capturer le blond dans ses filets. Cet homme roux pourrait bien être son lointain descendant... Quelle ironie.

Il serait donc condamné à devenir le troisième châtelain de ce château, à être enfermé et à voir son corps se décomposer dans la cave du château, où reposaient déjà Sora et Riku. Il aurait voulu avoir la consolation d'avoir, tôt ou tard, le corps de Roxas à ses côtés, mais cela lui était refusé.

Tandis qu'il regardait Roxas s'éloigner de lui, se diriger vers les portes de la salle de bal, ses poings se crispèrent et ses traits se durcirent.

Alors qu'il levait la main vers la poignée des portes de la salle, Roxas les vit s'enflammer brutalement. La chaleur dégagée brusquement ébouriffa ses cheveux. Il retira sa main, recula et se retourna vers Axel. Il ne put croiser son regard, car sa tête était baissée vers le sol. L'homme était debout et respirait profondément, les doigts serrés sur deux cercles rouges hérissés de piquants. Le blond sentit qu'il était à l'origine de ce qu'il était arrivé aux portes. Quand la tête rousse d'Axel se releva vers lui, Roxas se mit à frissonner de façon incontrôlable face à son regard fou. La voix du châtelain articula, difficilement :

- Tu ne partiras plus, Roxas… Plus jamais…

Roxas regarda en arrière. Le bois des portes était noirci, carbonisé. La sortie lui tendait les bras. Mais il n'osait pas bouger. Le moindre geste allait probablement déclencher la fureur d'Axel et la faire exploser telle une bombe. Et il finirait sûrement brûlé vif.

Axel commençait à s'approcher de lui, petit à petit. Roxas se demanda un court instant ce qu'il ferait lorsqu'il l'aurait attrapé, avant de se dire qu'il vaudrait mieux pour lui de ne pas savoir. A ce moment-là, sans plus réfléchir aux réactions de son ex-amant, il se rua hors de la pièce et se dirigea vers la porte d'entrée. Il entendait Axel hurler des paroles incompréhensibles, et des objets proches de lui se mettre à brûler. Avant qu'il ne puisse atteindre la porte, Axel apparut devant lui, lui barrant le passage. Il ne ressemblait plus à l'homme d'il y avait quelques minutes. Visiblement, la fée avait perdu patience, et il commençait par être rongé par la malédiction. Sa peau s'était enlevée à certains endroits, et sa chair était devenue grisâtre. Roxas recula à nouveau, revenant au point de départ, au croisement des deux escaliers Est et Ouest. Il entendit des bruits de pas à sa gauche. Il tourna la tête et aperçut Reno, furieux, visiblement totalement dessoûlé, son revolver préféré la main. Il hurla à l'adresse de Roxas :

- Ils ont essayé de me tuer, les…

Roxas ne put écouter la suite. Il cria « Attention ! » à Reno, qui se baissa de justesse. Le rideau derrière lui se mit à brûler. Axel était juste en face de Roxas à présent, utilisant le même pouvoir qui lui avait permis de lui barrer la route. Il tendait ses armes vers lui, avec un sourire mauvais, lorsqu'une déflagration retentit. Le corps du rouquin se mit à tressaillir puis s'écroula sur le sol. Roxas tourna la tête vers Reno, qui pointait son revolver encore fumant sur Axel, sans une once de pitié. Le roux courut vers lui et lui demanda :

- Pas blessé ?

Roxas secoua la tête, encore sous le choc. Reno enchaîna :

- C'est une chance que j'ai eu mon arme sous la main, sinon je serais déjà mort…

- Tu les as tous tués ?, demanda Roxas précipitamment.

- Hum, fit Reno. Y'en avait douze en tout…

Le blond grimaça. Le château se mit soudain à trembler. La voix désincarnée se fit entendre à nouveau, pour pousser un cri d'agonie. Roxas tira Reno par le bras, et ils coururent vers la porte d'entrée, enjambant le cadavre d'Axel.

Quand, enfin, ils arrivèrent dehors, ils s'écroulèrent à la lisière de la forêt sous l'émotion. Roxas leva ses yeux vers le château. Les murs se détruisaient, et il ne fut plus qu'un amoncellement de gravats, et la forêt avait trouvé le silence. Puis, peu à peu, les gravats s'évaporèrent dans les airs, et seize étincelles rejoignirent le ciel de nuit, peuplé d'étoiles. (2) Ce fut sa dernière vision avant qu'il ne s'évanouisse.


Suite à l'évènement, Roxas et Reno purent quitter le village, suite à la disparition soudaine du patron du roux, Mayo. D'un commun accord, le couple décida d'effacer de leur mémoire les évènements qui s'étaient passés dans le château. Seul Roxas se réveillait de temps à autre avec des sueurs froides, des images de feu, de mort et de renard gravées sur la rétine. Soucieux de respecter leur accord, Reno ne lui demanda jamais ce qu'il s'était passé durant le moment où il avait été laissé dans la chambre, même s'il aurait voulu savoir qui était cet étrange homme roux qui lui ressemblait tellement. Le jour précédant leur départ, à l'aéroport, Roxas déchira le livre de contes qu'il avait acheté à prix d'or dans une librairie, il lui semblait déjà des siècles, puis jeta les morceaux dans un cabinet des toilettes pour hommes pour ensuite tirer la chasse, et faire définitivement une croix sur ses vies antérieures.

A la fin de l'été, ils avaient tous deux quitté le pays, pour ne plus jamais revenir.

FIN

(1) C'était tellement dur à deviner.

(2) Les treize membres dont Axel + Kairi + Sora et Riku


Wow, enfin terminé après presque un an, je crois ^^ J'espère que vous avez compris toute l'histoire (c'est la plus complexe que j'ai créée à ce jour...) En cas de problème, n'hésitez pas à me le signaler et me demander plus d'explications.

Spéciale dédicace à Momo, alias Moïra-chan, qui m'a MO-TI-VEE, bon sang ! =D

Merci d'avoir lu, et peut-être suivi jusqu'au bout malgré le long délai de publication ! Merci enfin à mes revieweurs(ses) 3 Et bonne année !