Chapitre 3

« Derek, murmura-t-il en voyant le loup s'apprêtant à bondir sur lui…

POV de Derek

Pour le loup, le son de cette voix lui fit l'effet d'une tornade dans son esprit. Tout l'équilbre qu'il semblait avoir trouvé ces dernières années étaient réduits à néant. Le loup qu'il avait appris à maîtriser avait pris le dessus sur l'humain.

Pourtant, cette journée avait si bien commencé. Enfin, c'était plutôt ces deux dernières années s'il voulait être tout à fait exact. Il avait enfin trouvé un équilibre après des années d'errance et de colère.

Tout cela était grâce à sa nouvelle meute. Après l'incendie et même si Laura avait été là pour lui. Il n'en restait pas moins qu'elle était tout juste plus âgée que lui à peine deux ans de différence.

Elle avait dû endosser le rôle d'alpha bien trop jeune sans y être préparée. Elle avait dû gérer son propre chagrin en plus du sien. Elle avait bien tenté de l'apaiser mais en vain. Il avait fait semblant d'aller bien enfouissant sa colère et son chagrin au plus profond de lui.

Il avait fait de sa colère une force pour tenir. Quand sa sœur était morte assassinée, il était revenu dans sa ville natale avec une enclume dans le cœur bien décidé à ne plus jamais laisser personne y pénétrer de façon à ne plus souffrir.

Et puis, tout avait changé. Bien sûr ça ne s'était pas fait en un jour ni en un mois, il lui avait fallu traverser de nombreuses épreuves. Bien des morts avaient été nécessaires avant qu'il ne réalise.

Il avait trouvé une famille, il se l'était créée. Elle n'était pas parfaite et comptait un nombre incalculable de créatures surnaturelles mais c'était la sienne. Ils avaient tous su trouver une place dans son cœur.

Il y avait Scott, le loup garou mordu devenu un alpha naturel et qui malgré leurs différends était devenu comme un petit frère. Lydia, l'intello du groupe qui était aussi une vraie beauté et une banshee, la petite sœur peste.

Venait ensuite Peter alias oncle fétide, le vieil oncle un peu fêlé qui tapait l'incruste. Il fallait compter aussi sûr Liam le jeune chien fou et benjamin de la bande. A eux tous, ils formaient une meute.

Bien sûr, cette cohésion n'aurait pas été impossible sans le pilier de leur groupe. Le joyeux drille qui était devenu l'émissaire de la meute. Qui aurait pu imaginer que ce petit freluquet hyperactif serait celui qui les souderait.

Il n'y avait rien de simple dans leur histoire évidemment. De nombreuses épreuves avaient jalonné leurs existences et il avait fallu encore plusieurs morts. Des regrets étaient venus s'ajouter à la liste au nom de Boyd, Erika et Allison.

Cependant, envers et contre tout, Stiles avait réussi à être leur point d'ancrage à tous. Pour le réaliser, il leur avait fallu un sacré bout de temps et surtout manquer de le perdre. A présent, ils avaient tous trouvés un équilibre.

Accepter Stiles avait été le plus difficile pour lui. Stiles était certes exaspérant par son tempérament hyperactif et son besoin constant de poser des questions. Ce n'est cependant pas ce qui l'avait fait le repousser.

On peut dire qu'il n'avait pas été tendre avec lui mais le jeune homme avait persévéré démolissant une à une les barrières qu'il avait érigées autour de son cœur. Bon, il n'était pas non plus un saint et avait connu sa part d'ombre.

Peut être était ce de cette façon qu'ils s'étaient peu à peu rapprochés. Ils y avaient mis du temps mais tous les deux avaient fini par se trouver. Ils avaient dû attendre mais leur lien n'en avait été que renforcé.

Voilà deux ans à présent que Stiles avait fini ses études et travaillait désormais à Beacon Hills. Scott finissait ses études pour devenir vétérinaire et était en stage chez Deaton. C'est d'ailleurs un peu à cause de lui qu'ils se trouvaient là à présent.

Flash back

Loft de Derek et Stiles, une heure plus tôt

Stiles et lui profitaient d'un jour de repos en plein milieu de semaine quand à tout juste 8 heures du matin des coups furent frappés à la porte. L'intrus semblait décider à ne pas les laisser finir leur calin matinal en paix.

Aussi, ce fut un Derek ronchon qui ouvrit la porte sur un Scott ne semblant guère de meilleure humeur.

« T'as intérêt à avoir une sacrée bonne raison pour nous avoir interrompu, dit la voix de Stiles qui arrivait derrière lui.

Pitié Stiles qu'est ce qu'on a déjà dit ?

Je sais, je sais pas d'infos sur notre vie sexuelle.

Lalala ! dit Scott en se bouchant les oreilles.

C'est plus de notre âge ce genre de gaminerie.

Stop, stop, les Dupont et Dupont. Si tu nous disais plutôt ce qui t'amène ici Scott, dit Derek en espérant que cette réplique mettrait fin à la partie de ping pong vocal dans lequel les deux amis s'étaient lancés. »

Il avait déjà essayé une fois de les laisser se débrouiller tout seul. Il en était ressorti avec un foutu mal de crane après deux heures de babillage intensif. Il s'était juré à ce moment là de les stopper net la prochaine fois.

Cette fois, s'il avait su ce que Scott s'apprêtait à dire, il les aurait peut être laissés à leur babillage. Du monceau d'infos plus ou moins utiles que Scott lui avait débité, il n'avait retenu qu'une chose, Sam Winchester était de retour.

De ce qu'il en avait compris, Scott avait été intrigué par les deux visiteurs de Deaton la veille au soir. Il pensait avoir déjà vu l'un d'eux quelque part. Stiles avait dû finir par déteindre sur lui, il s'était rappelé où il l'avait vu.

Sur les photos des promos des années précédentes au lycée, il s'en souvenait car c'était aussi celle de Derek. Aussi était il venu le voir pour en apprendre plus. Le pauvre Scott n'avait pas dû s'attendre à la suite des évènements.

Il était resté, on ne peut plus calme pendant quelques instants. Leur demandant même de l'excuser pour se rendre aux toilettes et c'est là qu'enfermé le loup prit le dessus sur l'homme.

La transformation se fit en un éclair et les deux autres entendirent juste le bruit de la fenêtre qui explosait sous l'impact du loup. Il avait filé ensuite en direction du cabinet maudissant Deaton et le bois de sorbier qu'il avait installé.

Cependant, les odeurs restaient présentes celle de Sam qu'il reconnaîtrait entre mille et celle de quelqu'un ou plutôt quelque chose d'autre. Une odeur de poulet avec des fragrances de liberté et de pureté, il n'avait cependant pas le temps de s'apesantir l'instinct reprenant le dessus.

Fin du flash back

Il les avait traqués jusqu'ici, sa colère atteignant son paroxisme. Comment Sam osait-il souiller ces lieux de sa présence. Pour Derek, c'était comme une seconde trahison. Il ignorait ce qu'il s'apprêtait à faire quand il entendit :

« Shérif de Beacon Hills, on ne bouge plus…

A suivre