Hey ! Bonjour à tous ! Désolée pour l'attente (vraiment, vraiment, vraiment... Mais j'ai toujours un peu de mal à me mettre à écrire du yaoi, heureusement, ma correctrice me coach un peu ^^'''...Joie.) Bref...hem...Voici donc ce quatrième chapitre un peu retardataire (les euphémismes sont nos amis pour la vie), j'espère sincèrement qu'il vous plaira et...Bonne lecture ?
Plein de poutous au goût de guimauve.
Cela faisait maintenant une semaine entière que Morgan louvoyait de lieu dangereux en lieu dangereux pour trouver qui avait piégé l'avatar de Phantöm et avait, par la même occasion, faillit provoquer la mort de Max Middle. Il lui était arrivé plein d'histoires, plus glauques les unes que les autres : en essayant d'infiltrer une société concurrente à Horizon, il avait été arrête et avait passé une nuit au commissariat, en compagnie d'un héroïnomane en manque. Une autre fois, en essayant d'infiltrer un forum secret de Hacker, il s'était fait pirater sa boite mail et tous ses contacts avaient reçu des photos un peu malsaines sur la sexualité de certaines espèces de baleines, dont le pénis peut atteindre jusqu'à...Mais bref. De Charybde en Scylla, et de Scylla en Nabila, Omega Zell était passé entre les mains de tous les monstres de l'internet, sans songer une seule fois à abandonner sa quête vengeresse.
Mais ce jour là, il sentait qu'il avait urgemment besoin de repos. Il rentra donc chez lui pour la première fois de la semaine - il avait dormit chez une pléiade de gens bizarres pour son enquête- et s'installa dans son canapé.
A l'instant ou ses fesses touchèrent le moelleux des coussins veloutés, Morgan fut inondé par une puissante bouffée de culpabilité. Un psychopathe avait tué un no- life avec ses plans malsains et avait failli faire pareil à son Phantöm, et Morgan se permettait de prendre du repos alors qu'il ne l'avait même pas encore arrêté ? Morgan se fit une tasse de café, regarda le ciel orageux qu'il pouvait apercevoir dehors, puis, agrippant son long manteau noir qui lui donnait un air si profondément SherlockHolmesque, partit en direction de l'hôpital.
Il s'était juré de ne pas y mettre un pied jusqu'à ce qu'il trouve le fou- furieux qui avait essayé de piéger Max, mais... Il fallait impérativement qu'il le voie. Pour s'assurer qu'il allait bien... Fallait pas se faire des idées, c'était uniquement pour s'assurer que Max allait bien d'un point de vue médical. Rien de plus. RIEN DE PLUS. Si Max voulait parler à quelqu'un, il y avait sans doute une horde de femmelettes qui n'attendaient que ça. D'un autre côté, s'il n'y avait pas d'ordre de femmelette, Morgan voulait bien se dévouer...Comme un remplaçant. Mais rien de plus.
En passant devant un fleuriste au coin d'une petite ruelle, Omega Zell se fit la réflexion que les roses sombres plairaient sûrement à Phantöm. Puis, il se rendit compte qu'apporter des fleurs à son collègue convalescent, c'était juste la chose la plus gay de la terre.
Morgan se prit la tête entre les mains, en pleine rue. Mais qu'est- ce qu'il était en train de devenir ? Il perdait la boule. Il perdait la boule à cause de Max. Ce foutu Max, pourquoi il était si attirant... Euh...Non !...Si triomphant. Tri- om- phant. Omega Zell voulait dire triomphant, pas attirant.
- Triomphant, pas attirant, cru- t- il bon de préciser à haute voix, pour se convaincre lui- même que c'était juste une erreur de prononciation et pas un lapsus révélateur.
Une vieille qui passait par là le regarda bizarrement.
- Raah ! Je deviens fous ! Hurla Morgan. Tout ça parce que...Hem...Parce que je me fais du soucis pour Max en tant que collègue.
En prononçant le nom de Max à haute voix, Morgan sentit ses joues devenir rouges, comme si celui- ci se trouvait devant lui. RAAH ! Mais c'était pas possible de se comporter comme une lycéenne à ce point... Exaspéré, Omega Zell hâta le pas pour rejoindre l'hôpital, et décida d'y aller à pied plutôt qu'en bus. Il avait besoin de réfléchir, de mettre ses idées au claire.
Quand enfin il passa les pelouses tristes du début d'hôpital pour arriver en dessous des halls gris, rafraîchi par l'air pur (bon...si on omet le CO2, les gaz d'échappement, et le gamin qui lui avait toussé tous ses microbes dessus), Morgan était arrivé à une conclusion précise et claire, basée sur des faits scientifiques : Il n'était pas amoureux de Phantöm CAR il n'était pas une foutue tarlouze.
Tout était claire maintenant.
Pour achever de se convaincre, Morgan alla à la supérette en face de l'hôpital et acheta un pack de bière bourrée de testostérone sur lequel était imprimé des visages de footballeurs célèbres (à moins que ce ne soit des rugbymen ?) Quoi qu'il en soit, ces packs de bière étaient des concassés d'éléments virils, et il comptait bien en faire cadeau à Max. Ça c'était un cadeau de bonhomme ! Un cadeau de pote ! Autre chose que des roses ridicules...
Il revint au hall de l'hôpital et, après avoir bien hurler avec son accent du Sud, parvint à convaincre l'infirmière que non, la bière n'était pas mauvaise pour le rétablissement des patients. Elle le laissa monter dans l'ascenseur après lui avoir indiqué l'étage et le numéro de chambre ou Max se reposait.
Pendant tout ce trajet dans le monde merveilleux des couloirs tristes et des odeurs de médicaments, Morgan se demanda ce qu'il pourrait faire pour remonter le moral de Max. Il aurait accepté de dire que les femmes étaient des êtres dotés d'intelligence si cela avait pu arracher un sourire à son Max.
Enfin, à Max. A Max son collègue.
Enfin, Morgan arriva devant la porte de la chambre de Max Middle. Il se figea alors. Il avait mal au ventre tellement il était angoissé. Autant pour Max que pour sa réaction. Mais il était l'un des futurs meilleurs joueurs d'Olydri ! Le légendaire Omega Zell, au charisme typiquement masculin ! Il entra donc.
La chambre aurait pu être triste au possible. Les murs étaient complètement blancs, il y avait une télé mise sur muet qui montrait le journal de 13 heures sur France 3 et un unique lit, de ces lits d'hôpitaux qui donnent des frissons. Heureusement, les filles avaient apporté une montagne de bouquets de fleurs (ce devait être Saphir et Ivy, Gaea n'aurait pas déboursé un centime) et des hommes, plus pragmatiques, plus intelligents, avaient accroché des posters de jeux vidéo sur le mur d'en face, et lui avaient apporté une petite console.
Cependant, les lecteurs les plus perspicaces auront peut- être remarqué qu'il manquait quelque chose dans cette chambre : Max lui- même.
En le constatant, Morgan sentit son cœur s'accélérer, puis il remarqua que la porte- fenêtre du balcon était ouverte, et il se calma.
Il posa les bières à l'entrée, s'avança, et vit, penché sur la rembarde du balcon, Max qui contemplait la ville. Morgan toussota légèrement pour voir si Max l'entendait, mais celui- ci ne réagit pas. Il était trop absorbé dans sa contemplation, perdu dans des pensées trop profondes. Morgan s'avança et s'appuya à la embarde, juste à coté de Max.
Celui- ci mit un petit moment à se rendre compte de sa présence. Mais quand il s'en aperçut, un petit sourire éclaira son visage.
- C'est gentil d'être venu me voir.
- B...b...Ben...B...Euh...Bah, t...u...Tu sais, entre potes, hein, faut bien s'aider... expliqua maladroitement, après plusieurs secondes sans parvenir à parler, trop préoccupé par le fait que Phantöm lui adresse la parole en vrai.
Max hocha la tête. Comme les yeux du guerrier étaient toujours en train de se balader sur la ville, Morgan en profita pour l'observer. Il était toujours le même, animé par cette force calme qui le caractérisait, avec cette façon si particulière de regarder les gens comme s'ils étaient ses apprentis, et le monde comme s'il était un amusant jeu vidéo dont il connaissait déjà tous les codages. Mais légèrement amaigri, et avec quelque chose de plus amer dans le regard. D'autres n'auraient peut- être pas remarqué la différence mais Morgan, lui la trouvait visible à des kilomètres.
Soudain, le portable d'Omega Zell sonna. Il regarda rapidement qui l'appelait, et quand il vit le visage contrarié de Sam apparaître sur l'écran, il éteignit son portable.
- Qui était- ce ? Demanda Max.
- M...Ma rédactrice en chef...Enfin...Mon ex- rédactrice en chef. Elle veut que je lui présente des excuses et elle dit que peut- être, après trois mois à travailler dans la rubrique Sous- Vêtements, elle me réintégrera dans l'équipe...mais c'est hors de question.
- Tu as été viré ?
- Ben...Euh...Oui.
- Pas à cause de moi j'espère ? Fit Phantöm en haussant les sourcils.
- Noooooon, t'inquiète, mentit Omega Zell en faisant plein de gestes désordonnés pour tenter de donner de la sincérité à sa phrase.
Suite à ce mensonge gênant, un long silence s'installa.
Enfin, Max prit la parole:
- Morgan... Ystos et Heimdäl m'ont raconté que c'est toi qui m'a trouvé dans l'appartement.
- Ah...hem...Ben, oui, fit Morgan en détournant le regard.
Max se passa une main sur le visage, avec gêne.
- Je devais être ridicule.
- M...Mais...mais non !
- Ne mens pas... Je m'imagine bien, puant, à moitié hébété, au bord de la crise d'épilepsie... Je suis vraiment désolé que tu aies dû assister à ça, fit Max.
- M...Mais...mais c'est rien, bafouilla Morgan avec sincérité. Tu...Tu n'y peux rien...Et puis...c'était pas si terrible.
Max ne releva pas cette remarque, mais demanda d'une voix à la fois douce et autoritaire :
- J'aimerais vraiment que tu rayes cette image de ton esprit.
Morgan haussa un sourcil, puis, acquiesça vigoureusement il ne voulait pas faire de peine à Phantöm.
- Bien.
Un silence, plus pesant que le précédant, s'abattit sur le duo. Soudain, les épaules de Max s'affaissèrent.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Morgan.
- Rien...Rien... Je pensais à mon avatar, coincé dans cette salle, avoua Max, en regardant tristement la ville.
Morgan comprit alors pourquoi Max ne l'avait pas regardé une seule fois dans les yeux depuis qu'ils parlaient : le détenteur de Phantöm faisait de gros efforts pour cacher son abattement. Il refusait d'abandonner sa façade de grand guerrier, même devant Morgan. Cela affecta profondément le journaliste.
- Les MJs ne t'en créent pas un autre ?
- Non. Ils ont peur qu'ensuite, d'autres joueurs prétendent être coincés et en profitent pour avoir deux avatars.
- Ils ne peuvent pas vérifier ?
- Non...Techniquement...Mon avatar est impossible à trouver sur Olydri, ou à détecter, il n'existe que dans cette pièce, et même le créateur n'arrive pas à accéder aux codages. Du coup, des petits malins pourraient prétendre qu'il leur est arrivé la même chose.
- Et du coup... En attendant ?
- En attendant, j'attends, fit amèrement Phantöm. De toute façon, je suis à moitié séquestré dans cet hôpital... Si je sors, Saphir appelle les flics. Et la dernière fois, quand, par miracle, j'ai réussi à m'évader et à aller dans un cyber-café pour aller sur Olydri, je n'ai pas pu me connecter sur mon compte parce qu'un crétin engagé par Saphir était déjà en train de jouer Phantöm. Et elle et les médecins m'ont retrouvé en moins de deux et m'ont remmené ici...
- Ça me coûte de dire ça, mais Saphir a raison, t'as besoin de te reposer, confirma Omega Zell.
- Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ? S'énerva Max en se retournant.
Puis, son regard se fit suspicieux et il eut un petit rire amer que Morgan trouva extrêmement craquant. La suite le fut beaucoup moins :
- J'ai compris. Phantöm est mort, alors vous voulez mettre Max à l'écart, c'est ça ? Je ne vous suis plus d'aucune utilité depuis que je ne suis plus le meilleur joueur d'Horizon ? Toi surtout... Tout ce que tu as toujours aimé chez moi, c'était le fait que je sois un guerrier du crépuscule. Mais un guerrier du crépuscule piégé dans une prison de pixel n'intéresse plus personne hein ?
Hébété par ce qu'il venait d'entendre, Omega Zell ne sut quoi répondre et bégaya :
- Mais... Phantöm... Max...
- Déguerpis, ordonna l'intéressé.
- Quoi ?
- Déguerpis ! Répéta Phantöm, rempli de la colère froide qui lui était propre.
- Mais...
- Omega Zell. Je ne suis pas seulement bon au combat dans le jeu. Alors déguerpis, ou il ne va pas t'arriver des choses sympathiques.
Omega Zell recula lentement, les yeux fixés sur Phantöm. Qu'est-ce qu'il lui prenait ? Pourquoi il se comportait comme ça ? Le guerrier le fixa avec un regard d'une telle intensité qu'Omega Zell eut l'impression qu'il était transpercé de par en par. Il se détourna et quitta la chambre, les larmes aux yeux. Il avait mal, mal d'être traité comme ça par Max.
Une fois seul, Max alla s'asseoir sur le bord de son lit. Pendant toute sa discussion avec Morgan, sa vision s'était tour à tour brouillée, floutée, jusqu'à ce que tout se mette à tourner. Il avait du faire un gros effort de concentration pour ne pas s'écrouler devant le journaliste.
Une fois là, il repensa à leur discussion et se sentit profondément nul. Comment avait il put se comporter de la sorte avec Omega Zell ? Ce type n'était certes pas une lumière à l'ouverture d'esprit sans borne, mais il avait toujours été là quand Phantöm en avait eu besoin. Et pour le remercier, il l'avait envoyé promener... Comme il l'avait fait avec Ystos et Heimdäl quelques jours plus tôt, et avec Saphir quelques heures auparavant. Il était en train de creuser un vaste fossé autour de lui.
Max se sentait mal. Il se rendait compte que ce qu'il faisait n'était absolument pas le comportement à avoir, mais il n'arrivait pas à faire autre chose, c'était plus fort que lui. Max savait qu'il allait mal. Physiquement, il s'était presque remis, mais le mal était plus profond. Depuis que ses amis avaient réussi à le sauver du piège du psychopathe fou, il faisait des cauchemars la nuit. Des ces longs cauchemars interminables qui semblent durer des années. Et quand il entendait parler d'Horizon, ses mains se mettaient à trembler convulsivement. Il avait mentit à Omega Zell en lui disant qu'il était allé au cyber-café pour jouer avec Phantöm. Il y était allé pour voir sa réaction lorsqu'il serait sur le point de se connecter à Olydri. Et ça n'avait pas manqué : il avait senti une profonde angoisse lui tordre les boyaux, s'était souvenu des jours interminables qu'il avait passé dans son appartement, persuadé qu'il allait mourir, et avait failli fondre en larmes.
Il avait besoin d'aide mais refusait de l'admettre. Et puis à qui demander ? Il était un guerrier du crépuscule, un warrior. S'il allait pleurnicher chez quelqu'un, on le trouverait ridicule. Et Phantöm avait horreur du ridicule.
Pourtant, il avait bien conscience que ses angoisses étaient en train de le rendre haïssable : avant l'incident, jamais il ne se serait permis de chasser quelqu'un aussi violemment, même quelqu'un de mauvais. Bien qu'un peu prétentieux, il avait toujours été un modèle de calme et de bienveillance. Maintenant...
Il fallait définitivement que Phantöm trouve un moyen de se ressaisir, mais seul. Il faudrait peut-être aussi qu'il appelle Morgan, pour s'excuser... Mais il ferait ça plus tard. Morgan était un type solide, il ne devait pas s'être trop formalisé de la mauvaise humeur de Max.
Morgan avait fait une véritable orgie de chocolat et de biscuits. Il avait vidé toutes ses armoires, s'était installé sur son canapé, et avait commencé à engloutir les petits biscuits chocolatés les uns après les autres, tout en pleurant. Il était profondément ridicule, en avait conscience, et s'en fichait. Il voulait se remplir l'estomac jusqu'à ce que le chocolat chasse la tristesse.
Phantöm le détestait, Phantöm était persuadé qu'il ne s'intéressait à lui que parce qu'il était un guerrier du crépuscule. C'était faux. Morgan aimait tout chez Max.
Il était en train de vider sa dernière boite de biscuit quand quelqu'un toqua à la porte. Morgan se figea. Si jamais quelqu'un le voyait dans cet état, c'était la fin de sa vie sociale.
Il s'empressa de mettre tous ses cartons de boites de biscuits à la poubelle, alla s'asperger le visage d'eau fraiche, puis, se précipita à la porte en se composant un sourire tant bien que mal.
Il n'y avait personne. Seulement une lettre, par terre. Morgan s'empressa de la saisir et l'ouvrit avec des gestes fébriles. Peut-être Phantöm lui présentait-il des excuses ?
Il se rendit rapidement compte qu'il ne s'agissait pas de cela. Sur un papier couleur crème, de grande qualité, quelques lignes étaient écrites en lettres rouges :
6, rue des Bouchers, au deuxième étage.
Viens, seul.
Ou il arrivera des problèmes à Phantöm.
Et Max Middle.
Voilà, bon, un petit cliffhanger gentillet =)
J'espère que ça vous a plus, j'écris le chap 5 le plus vite possible. Merci à Clo' pour la correction !
(Note de la correctrice/traductrice : Pardon du retard aussi dû à la Clo en question qui s'excuse platement et presse l'auteur pour nous écrire la suite !)
