J-je ne sais quoi dire, ce retard est inexcusable, il n'y a pas trop de gens qui suivent cette histoire d'après les review mais je m'excuse à ceux qui le font. Ce chapitre est le plus long jusque-là, il m'a découragé plusieurs fois mais j'en suis venue à bout, bonne lecture !


Hermione ne pouvait se souvenir avoir déjà vu le bureau du directeur avant. Elle était sûre d'y avoir mis les pieds au moins une fois durant les dernières six années, mais sa mémoire lui jouait des tours. ça avait probablement quelque chose à voir avec l'anticipation grandissante qui semblait escalader chaque seconde passée.

«Vous n'allez pas avoir d'ennuis » avait dit Dumbledore, et elle essayait de se souvenir de cette affirmation lorsque le directeur lui désigna un siège en face du sien.

«Donnez moi un moment avant de commencer, Mademoiselle Granger, demanda Dumbledore en prenant place dans son fauteuil, Ces derniers temps j'ai de plus en plus l'impression d'avoir à penser à ce que je vais dire avant de commencer une conversation correctement.

_Prenez tout votre temps Professeur », répondit Hermione rapidement, Dumbledore inclina sa tête en sa direction avant de fermer ses yeux et de joindre les bouts de ses doigts devant son visage.

Hermione aurait préféré que le Professeur Dumbledore commence à parler immédiatement. Elle aurait juste aimé une simple phrase ou une explication rapide au moins, juste histoire d'évacuer la tension qui semblait grandir comme la pression de cet effrayante et instable chaudière dans The Shining. Cependant elle commença rapidement à oublier son inquiétude à force d'analyser la tranquillité positivement fatiguée de l'homme en face d'elle.

Ses yeux étaient fermés, aussi ne pouvait elle pas y lire aucune expression, mais elle constata que ce n'était pas nécessaire de les voir du tout; la fatigue était évidente. Que ce soit le résultat d'un procédé graduel, ou d'une chose lourde pesant sur ses épaules, Hermione n'aurait pu le savoir, mais Dumbledore avait soudainement l'air d'être vieux.

Et puis, il y avait cette main semblant morte, la peau couvrant ses os était tellement noire qu'elle semblait luire. L'esprit de Hermione s'alarma plus que d'habitude en la voyant. N'importe qui se serait posé des questions sur la santé du directeur, n'importe qui se serait demandé comment il s'était débrouillé pour être blessé aussi gravement dès qu'ils aurait posé eurs yeux sur cette main desséchée et ratatinée.

Hermione, cependant était au courant que la main noircie de Dumbledore n'était pas une simple blessure. Son intuition lui murmurait à l'oreille que cette main était un symptôme indiquant une malformation, une horrible mutation qui avait pris possession de lui. Hermione, bien qu'elle était au courant de sa force et malgré la confiance quasi-totale qu'elle avait en lui, ne pouvait se débarrasser de son inquiétude à ce sujet.

Elle regarda sa main pendant un long moment, un air de concentration déconcertée sur son visage, avant de réaliser soudainement que Dumbledore avait ouvert les yeux. Il l'analysa par dessus ses doigts joints, mais Hermione n'eut pas le temps d'avoir honte; elle était piégée dans le vif bleu azuré de ses yeux, illuminés par les doux rayons de soleil qui s'abattaient sur le bureau. Il eut un moment (pendant une fraction de seconde, mais elle s'en souvint) où elle eut l'impression qu'il venaient de communiquer silencieusement. Ce moment passa, cette brève connexion et compréhension se vaporisa dans l'air comme si ce n'était jamais arrivé. Hermione ne garda qu'un léger sentiment que la main de Dumbledore, quoiqu'il lui soit arrivé, n'était pas un sujet de discussion entre eux. Elle était même convaincue que Dumbledore préférerait qu'elle ignore entièrement ce problème.

«Vous devez vous demander pourquoi je vous ai prié de m'accorder un peu de votre temps, dit Dumbledore calmement, je vous assure que je ne vous demande pas une telle faveur sans une bonne raison.

_Absolument pas, Professeur Dumbledore, répondit-elle, incapable de penser à autre chose.

_Ah, ou peut-être préférerez vous que je commence, alors ? Ses yeux sourirent à Hermione par dessus ses lunettes, et elle essaya de ne pas s'agiter, Je vois. Bien, Mademoiselle Granger, la vérité est que j'hésite encore à commencer... »

Hermione Attendit aussi patiemment que possible, essayant de combattre son envie de le presser à continuer.

«Laissez moi vous demander, d'abord, Dit soudainement Dumbledore, est ce que Harry vous a parlé de quoi que ce soit ? Vous a-t-il parlé de la demande que je lui ai fait ?

Les lèvres d'Hermione se séparèrent, elle était surprise.

C'était juste à propos de Harry ? Le professeur Dumbledore venait de lui parler personnellement de sujets ne concernant que lui et Harry, et pour une raison quelconque, le fait qu'il venait de le faire causa un torrent d'anxiété à se déverser sur son estomac, se mélangeant en une infect concoction avec un sentiment de.. prémonition (Alors que son intuition lui chuchota encore une fois à l'oreille, c'était un sentiment discordant. à tel point que Hermione en prit mentalement note, afin d'y réfléchir plus tard.

«Vous avez l'air confuse, dit Dumbledore avec un regard bienveillant, j'imagine que je peux considérer ça comme un "non", n'est ce pas ?

Hermione retrouva l'usage de sa voix : Non Professeur, Harry n'a jamais parlé de vous, à part à propos du voyage que vous avez fait pour recruter le professeur Slughorn. »

Hermione surprit un air de déception passer sur son expression, et pour une fois, Dumbledore n'essaya pas de le cacher.

«Je vois, fût tout ce qu'il dit pendant un long moment, mais l'impatience de Hermione n'avait pas diminué, elle était à présent doublée d'une curiosité insatiable, allumée par les mots du directeur, j'avais quelque peu espéré que Harry vous en dise plus. J'imagine qu'il n'a rien dit à non plus, alors.

_Je ne saurai le dire, professeur, dit Hermione, je suis sûre qu'il a partagé plusieurs choses avec Ron dont il ne m'a pas fait part. »

Dumbledore hocha la tête pensivement.

«Professeur, puis-je...

_Me demander quelque chose ? Les yeux de Dumbledore avaient reprit leur éclat, et Hermione hocha la tête. Certainement, Mademoiselle Granger. J'écouterai toutes vos question, bien que je ne puis vous assurer de réponses satisfaisantes. Peut-être même que ça nous aidera à faire avancer celle conversation.

_Que pensiez vous que Harry me dirait ? demanda-t-elle.

_Ah, oui, Dumbledore rit, J'imagine que c'est en effet la question, n'est ce pas ?Je m'excuse si j'ai un air sibyllin aujourd'hui, Madmoiselle Granger. Je donne, tout comme la météo, l'impression de m'égarer.

Dumbledore s'arrête, et Hermione lui laissa le temps de penser.

_Lorsque j'ai laissé Harry au Terrier, je lui ai demandé de penser à prendre des leçons privées avec moi pendant toute la durée de l'année, commença Dumbledore, je lui ai demandé car il y a d'importantes choses que Harry doit comprendre maintenant qu'il en a le temps. Je lui ai aussi conseillé de vous en parler avec vous et . Mais comme vous et moi venons de le découvrir, il ne l'a pas fait.

_Est-ce si important ? demanda calmement Hermione, qu'on le sache, Ron et moi, je veux dire.

_Oui, Mademoiselle Granger, votre participation ainsi que celle de M. Weasley est plus importante que je ne peux l'exprimer, Dumbledore redressa ses lunettes et se pencha en avant, laissez-moi être plus clair: Je n'ai aucune intention de cacher des choses à Harry, mais avant que nous n'avançâmes dans cette discussion, je souhaiterais vous demander de ne pas parler à Harry de ce que je vous dirai.

_Très bien, répondit immédiatement Hermione, essayant de se débarrasser de la culpabilité qui commençait à l'envahir. Dumbledore était la seule personne en qui elle avait une confiance aveugle, peut-être lui accordait-elle même plus de patience qu'à elle même. Il la regarda, légèrement surpris, peut-être s'attendait-il à devoir s'expliquer, je sais que vous n'auriez pas exigé cela ci ce n'était pas absolument nécessaire, expliqua Hermione.

_Je suis ravi que vous compreniez, répondit-il, vous voyez, après un bon nombre de conversations avec Harry, après tout ce que je l'ai vu éprouver, je peux dire que Harry a l'air d'avoir une tendance à tout garder pour lui même. Il fait confiance aux gens, bien sûr, il vous fait entièrement confiance à vous et à , mais il ne semble pas pouvoir se résoudre à demander de l'aide quand il en a besoin.

_Il aime bien sauver les gens, dit Hermione en souriant amèrement, et Dumbledore lui rendit son sourire.

_Exactement, Mademoiselle Granger, dit Dumbledore, je n'aurais pu mieux le résumer. Alors, j'imagine que vous êtes capable de déduire ce que je compre vous demander. »

Hermione hésita un moment avant de répondre, pinçant les lèvres en se concentrant.

«Vous... Avez besoin... Que je continue à faire ce que je fais ? répondit-il avec incertitude, haussant les épaules.

_Très bien, Dumbledore inclina la tête sur le côté pour signifier son approbation, j'aurais besoin que vous soyez sur vos gardes. Cherchez à gagner sa confiance, et ne vous vexez pas si ça prend du temps avant que Harry ne s'ouvre à vous. »

«Vous êtes extrêmement intelligente, Hermione, dit-il, et celle-ci fût flattée en constatant le caractère familier de la voix du directeur, vous devez comprendre à quel point votre rôle est important pour le futur de ce monde.

Hermione fronça les sourcils, tandis que Dumbledore continuait sa tirade.

_Je sais que vous et Harry êtes devenus amis plus que par chance, il aura besoin de vous tout autant qu'il a eu besoin de l'amour de sa mère pour le protéger de Voldemort. J'espère que Harry vous parlera. Je ne sais pas quand il le fera, mais j'ai foi en lui, et quand il s'ouvrira à vous, il aura besoin de votre point de vue sur la question, de votre intelligence et de votre ingéniosité.

_Professeur, commença Hermione, elle lécha ses lèvres sèches, puis-je vous demander pourquoi vous ne m'en parlez pas vous même ? Peut-être que vous pourriez m'expliquer tout ça mieux que Harry... Ne serait-ce pas plus utile de cette façon ?

_Très bonne question, les yeux de Dumbledore reprirent leur aspect clairvoyant, ce qui les rendit plus vivants encore et captiva l'attention de Hermione, je pense qu'il est temps pour Harry de guider ses propres pas, tôt ou tard il devra se frayer son propre chemin, et il ne réussira que si il arrive à faire confiance à ses homologues. Quant à maintenant, les instincts de Harry le conduisent à s'isoler, il est sûr qu'il est le seul à devoir porter un tel point, mais aussi qu'il est le seul à en être capable.

_Arranger les décisions de Harry à sa place ne l'aidera pas, même si (excusez moi) j'ai assez confiance en mon propre jugement pour savoir comment obtenir de bons résultats. Dumbledore soupira, regardant Hermione d'une manière assez solennelle derrière ses lunettes en demi-lune, Harry doit vous en parler lui même, cela doit être sa décision de savoir ce qu'il souhaite vous divulguer vous et . Le seul but de cette conversation est de vous apprêter à ce qui peut arriver; Je veux juste être sûr que quelqu'un comme vous puisse comprendre la magnitude des événements à suivre. »

Il finit cette dernière phrase avec un air de finalité ferme, se redressant dans son fauteuil et défaisant ses doigts entremêlés. Hermione comprit que c'était le moment pour elle de partir, elle se leva avec incertitude, avec l'impression que Dumbledore lui avait juste tendu un classeur rempli d'énigmes à résoudre. Elle se demanda si Harry ressentait la même chose après ses conversations avec le directeur.

Elle s'avança à travers la salle lentement, en jetant des regards aux précédents directeurs et directrices de l'établissement. Elle aurait juré que Armando Dippet avant l'œil (discrètement ouvert) fixé sur elle, et le ronflement qui s'échappa de sa bouche semblait trop bien exercé. Elle était curieuse de savoir pourquoi les portraits essayaient de cacher leur espionnage, se demandant simultanément quelles sortes de secrets ils en étaient arrivés à savoir pendant toutes leurs années passées sur ce mur.

Lorsqu'elle fût arrivée à la porte de la salle, elle se retourna rapidement, une question sur ses lèvres.

Il la regarda avec un sourire paisible.

«Oui, Hermione ?

_En avez vous parlé à Ron ?

_Non je ne lui en ai pas parlé.

_Le ferez vous ?

_J'en doute très fortement, lorsqu'elle s'apprêta à lui demander la raison de cette décision, il s'expliqua, Monsieur Weasley a la fâcheuse manie d'être trop franc lorsqu'il est plus conseillé d'être discret.

_En d'autres termes, il a une grande gueule, dit-t-elle

_Exactement

Lorsque la porte se ferma derrière elle, Dumbledore laissa échapper un petit rire, se disant que peu de filles méritaient de sourire autant que Hermione Granger.


Plusieurs jours passèrent sans que rien de notable ne ce soit produit, à part le fait que Seamus Finnigan n'est fait exploser la corneille (qu'il était supposé réduire au silence) en une bouffée de fumée et de plumes durant une malheureuse leçon de Sortilèges.

Harry, Ron, et Hermione ne changèrent pas leurs occupations; il ne parlaient qu'occasionnellement le sujet de Voldemort et de ce qu'il préparait en dehors des murs de Poudlard. Cependant, le sujet semblait devenir de plus en plus tabou, jusqu'à ce que Harry se mette à l'éviter entièrement. Hermione et Ron le comprirent, il ressentaient cette distance grandissante que semblait exiger inconsciemment Harry.

Ron était plus perplexe qu'autre chose, ainsi Hermione passa des heures à essayer de le raisonner pour éviter une dispute. Elle pensa plus d'une fois à lui parler de sa rencontre avec le directeur. Après tout, Dumbledore ne lui avait pas explicitement demandé de ne parler à personne de leur conversation... Cependant, il avait été clair sur le fait que ce serait une décision imprudente que d'en parler à Ron. Et Hermione avait dû lui donner raison. Parfois, lorsqu'elle rejouait leur conversation dans sa tête, elle commençait à se dire que Dumbledore ne lui avait rien dit de particulièrement intéressant.

Il lui avait juste parlé des leçons qu'il donnait à Harry, et que Hermione aura un rôle important à jouer auprès de ce dernier. Harry avait reçu des leçons privées par le passé, après tout, pensa-t-elle en se rappelant la catastrophe qu'avaient été les leçons d'Occlumancie du Professeur Rogue. Mais même en ces temps là Harry ne semblait pas apprécier les efforts d'Hermione pour l'aider. Elle croyait en l'intuition extraordinaire de Dumbledore et avait une confiance complète en sa sagesse, mais dans ce cas précis elle se demanda si la confiance que lui accordait Dumbledore n'était pas inutile.

De plus, elle avait toujours été là pour Harry lorsqu'il avait besoin d'elle. Elle était même présente por lui lorsqu'il n'avait pas envie de la voir ! Malgré la valeur qu'elle accordait aux conseils de Dumbledore,elle avait l''impression qu'il n'aurait pas eu besoin de lui demander d'être prête à encourager Harry, quand et si celui-ci demandait son aide.

A peu près une semaine s'était passé après cette rencontre inattendue, et lors d'un Mardi dont les nuages menaçants auraient déprimé même le soleil lui-même, Hermione se laissa tomber dans sa place habituelle à la table des Gryffondor.

Ron étaient assis côte à côte, apparemment trop fatigués pour se câliner. Ginny avait jeté sa cape sur la table devant elle, son visage enfoui si profondément dans le tissus que Hermione se demanda comment elle arrivait à respirer. Une part d'elle était réconfortée par la fatigue qui semblait s'être emparé de la Grande Salle; Heureuse de savoir qu'elle n'était pas la seule à avoir passé une semaine très difficile. Seule la table des Professeur y semblait immunisée. Le seul bruit venait uniquement de leur côté alors qu'ils discutaient, leurs esprits libre de tout engourdissement.

«Qu'est ce qu'on a aujourd'hui ? demanda Ron, étouffant un bâillement qui aurait secoué les branches de Saule Cogneur.

_Divination, Sortilèges et Métamorphose le matin, énuméra Harry d'une vois fatiguée, Après le déjeuner on a deux heures de Potions avec les Serpentards, puis du temps libre.

Hermione soupira si lourdement que Harry s'arrêta pour la regarder, Quoi ? demanda-t-il

_Je ne suis juste pas d'humeur à être aussi près des Serpentards pendant deux foutues heures »

Harry et Ron échangèrent des regards surpris.

« Je ne t'aurais pas crue capable d'un tel langage ! Il sourit, les sourcils obscurcis par les mèches rouges vif qui recouvraient son front, qu'est ce qui te rend si tendue, Hermione ?

_Je suis juste fatiguée » répondit-elle, essayant de ne pas paraître sur la défensive.

Le fait est que Hermione était épuisée. L'année dernière elle avait pensé que les B.U.S.E.s avaient été stressants, mais ce n'était rien comparé aux devoirs de niveau A.S.P.I.C que les professeurs leurs servaient. Peut-être que Harry et Ron ne pouvaient pas ressentir toute l'ampleur du travail qu'on leur donnait, mais c'était uniquement car il consacraient le moins de temps possible à chaque devoir qu'on leur donnait. De plus, elle se l'admettait (malgré un sentiment de culpabilité qu'elle ressentait à l'idée de les juger) ils comptaient souvent sur son aide. Ils ne réalisait pas que elle avait à faire tout le travail de recherche pour remplir les vides qu'ils laissaient dans leur propre travail.

Mais au final, se rappela-t-elle, tu les laisse glander.

Ses yeux se baladèrent à travers la Salle, s'arrêtant sur chaque personne qui aurait pu lui témoigner de la sympathie. Il y avait toujours Padma Patil, Cho Chang et Benjamin Knightley. Il y avait même Neville Longdubas, dont les notes étaient plutôt basses, mais il continuait à essayer. Elle s'attarda sur Draco Malfoy et, comme elle s'y attendait, sa peau (qui était déjà très pâle) virait à une couleur jaunâtre. Il était en train de retourner avec sa cuillère un bol de flocons d'avoine, fronçant les sourcils en direction de son repas, comme si celui-ci lui chuchotait des remarques narquoises.

Sa simple apparence suffit à faire grimacer Hermione; ces derniers temps Malfoy avait apparemment décidé d'augmenter son agressivité, et il semblait concentrer toute sa méchanceté sur elle, en particulier. La seule explication que Hermione avait était qu'elle était à présent beaucoup plus souvent seule. Harry et Ron étaient toujours sur le terrain pendant des heures, ou dans la tour Gryffondor, essayant d'utilise leur dernières heures restantes pour accomplir un certain devoir. Chaque nuit Hermione devait rester avec les autres Préfets à l'entrée de la Grande Salle, attendant de congédier tous les membres de sa Maison, et chaque nuit Malfoy se trouvait sur son chemin et en profitait pour la faire souffrir d'une façon ou une autre. Elle en conclut que tout cela venait de son incapacité à atteindre ses deux autres ennemis préférés et qu'il n'y avait rien à faire pour l'arrêter. Elle devait souvent se contrôler pour ne pas jeter un sort sur Malfoy et lui marcher sur le nez tout comme il l'avait fait à Harry le jour de la rentrée. Heureusement pour lui, Il avait encore beaucoup à faire si il voulait l'énerver à ce point là.

A ce stade là Hermione ne pouvait que prier que Malfoy soit trop fatigué pour troubler qui que ce soit aujourd'hui, même si la vue de Harry et Ron était tentante. Si il était à moitié aussi fatigué qu'elle, c'était un espoir raisonnable.

Elle arrive à se consacrer à sa journée plutôt aisément; elle ne laissa pas sa fatigue faire tomber ses paupières. Elle arriva membre à prendre des notes correctement à chaque cours, entières et détaillées, comme elle l'aimait.

Lors du déjeuner son état s'était amélioré, comme elle avait juste eu besoin de bien réveiller son cerveau. Le seul truc notable était que Harry n'était pas là. Ginny, était venue seule, n'avait aucune idée d'où il pouvait être. Ce ne fût que lorsque Hermione et Ron (suivis évidemment de Lavande) commencèrent à marcher en direction du donjon que Harry les rattrapa.

«Dîtes à Slughorn que je ne viendrai pas au cours aujourd'hui, haleta Harry, McGonagall vient de me voir, elle a dit que Dumbledore à demandé à me parler.

Hermione l'étudia. Elle vit du soulagement sur son visage, teinté d'espoir.

_Qu'est ce que tu penses qu'il te veut ? demanda Ron, et grogna de douleur lorsque Lavande l'enlaça de ses bras et le serra. Il lui fit une bise rapide sur le front pour la satisfaire, mais garda son attention sur Harry.

_Aucune idée, Harry haussa les épaules, quoi qu'il en soit ça m'évite deux heures dans ce donjon.

_Je peux t'emprunter ton livre, Harry ? demanda Ron, le visage plein d'espoir.

_Je ne l'ai pas sur moi, l'ami. mentit Harry, il emportait toujours ce livre avec lui, mais il était devenu vraiment possessif à présent.

Le visage de Ron se froissa promptement, et Lavande rejoignit la conversation, A vrai dire, je pense que le donjon est bien plus joli maintenant que Slughorn s'en occupe. J'aime bien les décorations qu'il a accroché au mur, elle regarda Ron avec un air curieux, j'aurais pas pensé qu'il aurait un bon goût, en le regardant.

Hermione ricana, Slughorn essaie trop. »

Lavande eût l'air d'avoir été insultée, pendant un moment.


Durant ses premières années à Poudlard, Draco avait bien aimé le donjon. les Potions avaient toujours été sa matière préférée, c'était toujours le cas, seulement plus le temps passait et Draco grandissait et fût introduit à des sujets qu'il ne comprenait que partiellement dans son enfance, il ressentait de plus en plus l'envie de s'éloigner d'un endroit aussi mélancolique. De plus, en grandissant, il avait perdu une partie du respect qu'il avait pour le Maître de Potions, Severus Rogue. Ce fanfaron au visage rougeâtre (Slughorn) était le Maître à présent, mais ça n'avait aucune importance; Ça ne faisait aucune différence. Même la jovialité agaçante de Slughorn ne pouvait rien contre l'obscurité du donjon.

Draco se souvenait apprécier beaucoup les fumées qui ressortaient des chaudrons, sa capacité à se perdre dans son travail et oublier tous les autres élèves. Les vapeurs, tournoyant, épaisses et lourdes dans l'air, lui donnait toujours le sentiment puissant que du travail était bien accompli. Ces jours heureux là étaient loin, cependant, même si ils donnait uniquement l'impression de l'avoir été car il était encore assez jeune pour croire en sa sécurité.

Maintenant, Crabbe et Goyle l'entouraient, à chaque côté de son espace de travail, les fumées ne faisaient que gâcher ses cheveux et coller à sa peau. Il éloigna le col de sa chemise de son cou, essayant de calmer le sentiment de suffocation qui l'envahissait. Il aurait aimé que la salle profite d'une meilleure ventilation, mais apparemment il en était hors de question.

Une fois encore, il dut avancer maladroitement pendant tout le cours, son philtre de confusion ne lui valut qu'un haussement des épaules de la part de Slughorn. Il eut tout de même l'occasion de sourire en voyant l'air mortifié de Neville Longdubas lorsque le professeur lança un regard à son chaudron. La potion de Neville avait la même consistance que les flocons d'avoine que Draco avait mangé pour son petit déjeuner le jours précédent, Slughorn avait secoué la tête lentement et lugubrement en regardant la concoction. De plus, Draco pouvait se réjouir de l'absence de Potter.

Bien évidemment, l'absence de Potter eut pour résultat la volonté de Hermione Granger de s'approprier tous les regards, et Draco se sentit ricaner automatiquement, dégoûté par la fierté de la Sang-de-Bourbe face au compliment de Slughorn.

«Parfait, cette transparence, Mademoiselle Granger, lui disait l'abruti, secouant son gros index en se balançant sur ses orteils, il lança un regard appréciateur vers le chaudron de Granger, Oui parfait !

Il gloussa affectueusement, faisant grincer Draco des dents.

Vous comptez bien donner du fil à retordre, n'est-ce pas ? Deux vraies stars, hein ?

Les joues de Hermione se teintèrent de rose. Merci, professeur. J'ai adoré la leçon d'aujourd'hui »

Slughorn la remercia d'un sourire radieux, et Draco se demanda si elle n'en avait pas marre de lui lécher les bottes. Lorsqu'il reprit la parole, son ton était plein de la modestie qui manquait à son expression.

«Oui, eh bien, je prends plaisir à croire que je fais des efforts pour élargir les esprits des plus jeunes. Il n'y a pas de travail plus important, d'après moi ! s'écria Slughorn, sa voix étant assez élevée à présent pour s'adresser à toute la classe, J'espère vous apprendre tout ce qu'i savoir sur le sujet. J'espère que vous connaîtrez tous la valeur de savoir préparer et créer des potions. C'est amusant après tout, non ? Avec les bons ingrédients, on peut tout faire ! Du Polynectar à la Potion capillaire Lissenplis, les possibilités sont infinies ! » la tirade de Slughorn dura un bon moment, ponctuée uniquement par une intervention de Malfoy.

« Dieu sait que ça te serait grandement utile, Granger, remarqua-t-il, sa voix assez basse pour que Hermione soit la seule à l'entendre, Même si tu risque d'avoir du mal à en préparer assez pour satisfaire ce labyrinthe infernal que tu as sur la tête. »

Il l'avait insultée par pur instinct, souhaitant désespérément remettre la Sang-de-Bourbe à sa place. Il savait que ça manquait de créativité; les cheveux de Hermione avaient été une flèche dans son carquois pour les dernières six années, et il était vrai que la situation s'était légèrement depuis le temps. Mais l'occasion lui avait été offerte sur un plateau d'argent par Slughorn lui-même, et c'était suffisant pour que les Serpentards se mettent à ricaner. La lèvre inférieure de Pansy était bien en sûreté sous ses dents pour l'empêcher d'éclater de rire, elle même savait que son rire était catastrophique.

Les pupilles de Hermione se rétrécirent d'une fraction de centimètre, mais elle ne donna aucune autre indication de l'avoir entendu. Elle maintint son attention sur Slughorn qui, bien entendu, en était revenu au sujet de son génie.

«Vraiment, Mademoiselle Granger, je dois vous féliciter. Il est tellement rare qu'un étudiant vienne sous mon aile pour satisfaire sa volonté d'apprendre comme vous et . Votre uniformité est remarquable, bien que ce soit le début de l'année, continua-t-il, peut-être considéreriez vous l'idée d'aider d'autre élèves moins... naturellement doués. Ses yeux porcins allèrent vers Neville, dont les joues reprirent la rougeur qu'ils venaient juste de perdre.

Avant qu'il ne puisse continuer, Hermione l'interrompit, assez haut pour que tout le monde l'entende, Je suis d'accord, je serais enchantée de donner un coup de main. A vrai dire, elle tourna la tête vers Draco, le regardant ostensiblement. Il se sentit reculer de surprise, sentant l'attention de tout le monde s'abattre sur lui, ne pensez vous pas que Mal... Draco pourrait bénéficier de quelques leçons en plus ? J'ai remarqué qu'il semblait avoir quelques difficultés, et pourtant il ne semble pas s'améliorer. Je pense qu'il pourrait avoir besoin d'un peu plus d'attention. C'est le genre d'élève à avoir besoin d'être guidé, vous savez.»

La mâchoire de Draco tomba, mais aucun mot ne sortit de sa bouche. Elle le regardait avec de grands yeux innocents et compatissants, la seule trace d'humour était visible sur sa bouche, qu'elle pressait en une ligne serrée qui criait sa victoire. Weasley longea son visage dans ses mains, ses tremblements de rire évidents aux yeux de Draco. Les Gryffondors tremblaient à cause de leur rire mal dissimulé, et les Serpentards le regardèrent silencieusement, cependant ils n'osaient rire, de peur d'attirer l'attention sur eux mêmes. Même Crabbe et Goyle restèrent calmes, sans leurs gestes menaçants habituels pour le défendre. Il ne le regardaient même pas, et Draco eût la désagréable impression que c'était à cause de l'erreur de son père au Ministère qui lui avait causé une bonne portion du pouvoir qu'il avait tant travaillé à cultiver.

Sa furie traversait ses veines comme une infection, et ce qui rajoutait à sa colère (constituant le dernier clou sur le cercueil de Granger) Draco pouvait voir qu'elle le savait, mais elle s'en fichait.

Elle tourna lentement son visage vers Slughorn, ses yeux crâneurs ne quittant les siens que lorsque ce dernier marmonna «Bien, Très chère, je ne l'aurai sûrement pas formulé de la sorte, bien qu'il se pourrait que vous ayez raison...»

Le frémissement de colère que ressentait Malfoy se changea en ébullition.


Hermione s'attendait à être confrontée par une foule de Serpentards furieux à sa sortie du donjon, mais personne ne l'attendit, elle ne voyait même aucun signe de Malfoy. Lorsqu'elle, Ron et Lavande furent à nouveau au niveau du sol, la lumière des fenêtres tombaient sur le mur sous forme de traits réconfortants, elle se sentit assez rassurée pour se séparer d'eux. Elle promit à ses amis de les rejoindre pour le dîner tandis qu'ils marchaient en direction de la tour. Hermione continua à marcher à travers le couloir principal, tournant à l'Est du portrait de Nosferatu (qui lui lança un regard assoiffé de sang), vers la bibliothèque.

Lorsqu'elle fût proche de l'entrée, quelqu'un sortit de derrière un des rideaux de fenêtre et arriva derrière elle, s'arrêtant si brusquement que Hermione sentit la succion du vent lorsque l'air vide autour d'elle devint occupé. Elle inspira lourdement (provoquant un bruit assez audible pour casser les oreilles de qui que ce soit sur une distance d'un kilomètre) et se retourna.

Draco Malfoy plaqua une main sur sa bouche, se servant de son autre main pour ancrer la tête de Hermione en place.

«Tu penses que c'était drôle, n'est-ce pas ? persifla-t-il, son visage si proche du sien que son haleine aurait embrumé ses lunettes si elle en avait porté, laisse-moi deviner, t'as cru que tu pouvais te foutre de moi juste parce que t'es amis étaient là pour une fois ? Regarde autour de toi, Granger. Il n'y a personne maintenant.

Il resserra sa prise sur ses cheveux, redressant son visage et le rapprochant du sien. A ce moment là, en voyant la fureur dans ses yeux, Hermione eût peur de Malfoy pour la première fois.

_Je savais que tu viendrais ici, il sourit, tu es tellement prévisible !

Hermione contrôla sa peur et l'utilisa pour écraser ses orteils avec son talent aussi fort qu'elle le pouvait. Ses yeux s'ouvrirent grand et il recula, elle en profita pour lui asséner un coup de pied dans le tibia. Il trébucha et se baissa pour étreindre son mollet.

_Furunculus! cria-t-elle, brandissant sa baguette magique en sa direction.

Draco roula sur le côté, et le sort frappa le mur derrière lui avec un boom résonnant. Il essaya de la stupéfier, mais Hermione bloqua le sort.

Avant qu'il ne puisse réagir, elle lui cria un sort de désarmement et Draco regarda avec horreur sa baguette magique quitter sa main et tournoyer dans l'air comme dans un ralenti. Hermione l'attrapa facilement, et lorsqu'il vit l'air fier qu'elle affichait, Draco la haït pour de bon.

_Peut-être si tu n'avais pas été un sale rat incorrigible, dit elle, arrivant à sortir ces mots avec un air de douceur qui horripila Draco, cette petit scène gênante n'aurait pas eu lieu.

_Comment oses tu toucher à ma propriété, sale petite San-Il fit une tentative pour avoir sa baguette, mais Hermione diminua la distance entre eux à une vitesse aveuglante, plantant la baguette magique de Draco dans sa cage thoracique. Elle releva son visage pour le regarder et son cœur rata un battement. Il n'avait jamais vu Granger aussi énervée, même pas le jour où elle l'avait giflé.

Je jure, que si elle me frappe, était la seule pensée cohérente qu'il pouvait avoir. Je vais perdre le contrôle...

_Pardon, Malfoy ? demanda-t-elle, d'un ton hystérique, vas-y, finis ta phrase.

Draco, incapable de résister au défi, cria, Sang-de-Bourbe ! »

Il ferma instinctivement les yeux, se préparant pour la réaction de Granger.

Quelques secondes passèrent sans que rien ne se passe. Hermione était en train de respirer plutôt bruyamment, mais c'était tout. Draco ouvrit un œil et fût soulagé. Elle avait l'air plus qu'en colère (Ses sourcils se fronçant sur le regard le plus intense que Draco ait jamais vu, sa mâchoire serrée) mais elle avait à présent l'air de mener une bataille mentale. Pour la première fois, Draco se vit dans une position où il comptait sur le self-control de Hermione. Il aurait pu lui lancer des sorts jusqu'à ce qu'elle en perde connaissance, si il en avait eu la chance, mais il préférait qu'elle garde le contrôle à ça, même si elle était une Sang-de-Bourbe.

Finalement, Hermione soupira une énième fois et s'éloigna de lui. Il fût tellement surpris qu'il glissa le long du mur, se foutant du fait qu'elle pouvait à présent le regarder de haut.

«C'est quoi ton problème, Malfoy ? demanda-t-elle sévèrement, et penses avant de répondre, ma patience a ses limites.

Draco secoua immédiatement la tête, lentement.

_Non. répondit-il, et Hermione constata avec ne légère déception qu'il le pensait. Elle venait juste de donner à Draco Malfoy une chance de montrer une quelconque humanité. Elle n'aurait pas dû être déçue qu'il refuse de la saisir, elle aurait dû s'y attendre. Ce n'est pas l'heure du thé, Granger. Toi et moi nous n'avons rien à nous dire, et je ne compte pas prendre part à un de tes jeux stupides.

Hermione ricana, marmonnant, c'est moi qui suis en train de jouer, n'est ce pas ? Elle lui sourit alors, comme si il venait simplement de dire une bêtise. Draco sentit ses oreilles rougir. Rappelle-moi qui a commencé cette petite attaque ? demanda-t-elle.

_Je n'ai pas à supporter ça ! lâcha Malfoy, ses oreilles résonnant encore, prends ta revanche et qu'on en finisse.

La vérité était que Hermione avait simplement perdu l'envie de lui faire quoi que ce soit. Son visage semblait si morne. Ses yeux s'était presque affaissé de fatigue, et il ressemblait à quelqu'un qui était resté debout pendant des années avec la lueur d'une torche pointée directement au visage. Elle se sentit un peu mal pour lui à vrai dire, et réalisa qu'elle ne pouvait s'empêcher de l'être, même si ça la dégoûtait; Elle était simplement faite comme ça.

Draco était sûr de percevoir de l'inquiétude dans ses traits pendant une fraction de seconde, mais avant qu'il n'ait le temps de s'indigner, elle s'était mise à genoux pour être à son niveau, son visage à nouveau indifférent. Il regarda sa baguette dans sa main, mais elle l'éloigna de lui.

_Je veux que tu me laisse tranquille, commença-t-elle, je ne peux même pas imaginer pourquoi tu as commencé à t'en prendre à moi, et tu refuse de me le dire toi même, je m'en fiche un peu. Mais quand tu sera de mauvais de mauvaise humeur il te faudra trouver un autre exutoire, parce que je ne peux pas, je ne vais pas le supporter plus longtemps.

Malfoy garda le silence, et Hermione se sentit encore plus exaspérée.

_Tu sais... elle sembla se perdre dans ses pensées, ses yeux quittant son visage, lui laissant la liberté de les regarder en retour, quoique tu fasse... Tes amis te suivront. Si tu peux les considérer comme tes amis, en tout cas. Cette dernière semaine tu as été encore pire que d'habitude et maintenant, les autres Serpentards le sont aussi.» Draco ne put que constater la soudaine mélancolie qui se dégageait d'elle.

«Et ça me donne l'impression d'être dirigé contre moi, Hermione le regarda à nouveau, je suis sûre que ça l'est, étant donné que tu me déteste profondément, elle se releva, je sais que tu t'en fiches, Malfoy. Je ne sais même pas pourquoi je prends la peine de te l'expliquer. Alors je vais résumer : Tu peux sois me promettre de me laisser, et demander à tes petits sbires ridicules de faire de même, ou passer la prochaine semaine à l'infirmerie. Je ne pense pas que tu aimera ça.

Malfoy fronça les sourcils, déterminé de ne pas la laisser lui extorquer une telle promesse.

_Je te l'ai dit un million de fois, s'écria-t-il, je n'au rien à voir avec tes jeux stupides, Granger.

Hermione ricana et se détourna de lui avec dégoût. Draco se leva immédiatement. Il saisit son bras d'une seule main et la fit tourner, essayant de lui retirer les deux baguettes magiques avec son autre main. Elle les tenait derrière son dos, les protégeant de sa main, et il la poussa en avant jusqu'à ce que son dos frappe le mur avec beaucoup plus de force qu'il ne s'y attendant. Hermione cria, mais elle garda les baguettes serrées entre son dos et le mur.

Pendant une fraction de seconde les yeux de Draco s'agrandirent, et il l'aurait relâchée immédiatement si elle n'avait pas dit :

_Ton père t'as appris ça, n'est ce pas ? les yeux de Malfoy s'enflammèrent, mais elle était trop en colère pour s'en soucier.

Il attrapa chacune de ses épaules, résistant son envie de la secouer et de lui frapper l'arrière de sa tête contre le mure

_Ne dis plus jamais un mot sur mon père, Sang-de-Bourbe, grogna-t-il.

Hermione parla à travers une mâchoire serrée, laisse moi partir, espèce d'abruti ! Elle croisa son regard sans se dérober, même lorsqu'il serra ses épaules encore plus. Elle tremblait, mais il se doutait que c'était plus de colère que de peur. Il ne pouvait s'empêcher de constater à quel point elle semblait fragile, mais complètement puissante avec toute l'énergie furieuse émanant d'elle. Elle lui cria dessus, et essaya de se dégager, Laisse-moi, dégages de là, Draco Malfoy ! »

Sa voix se répercuta à travers le haut toit du couloir, et Draco réalisa soudainement à quel point ce conflit était arrivé « Ne dis plus rien sur mon père, sur ma famille. Jamais, dit-il, plus calmement à présent. Hermione sentit que sa prise sur ses épaules s'était desserrée presque entièrement, jusqu'à ce que ses mains soient posées sans la moindre pression sur sa peau, ne parles plus d'eux.

_Alors laisse-moi tranquille, répondit-elle du tac-au-tac, et assure toi que ta bande d'hommes de main suive ton exemple.

Draco hocha la tête, un mouvement rigide et subtile, qui suffit néanmoins à dissiper la tension dans l'air.

_Une dernière condition, dit Hermione, et Draco fût surpris de voir un semblant de sourire sur ses lèvres. Il les regarda, hésitant.

_Oh, tout ce que tu voudra, répondit-til sarcastiquement.

_J'aurais besoin que tu me relâche. Elle lança un regard à ses mains, toujours posées sur ses épaules. Il se racla la gorge et recule de deux pas, lissant le devant de sa chemise avec un air de dignité conservée. »

Elle le regarda d'une drôle de façon et lui tendit sa baguette magique. Elle s'attendait presque à le voir la lui arracher des mains et à la serrer contre sa poitrine comme s'il s'agissait de l'Anneau Unique, et elle faillit rire lorsqu'il la prit timidement, n'utilisant que son pouce et son index. Au lieu de rester discuter après une bonne dispute, Hermione le laissa derrière et marcha rapidement vers les portes derrière lesquelles l'attendait la bibliothèque.

« Pourquoi tu ne leur colle pas de retenue ? s'écria soudainement Draco, Hermione se retourna, les sourcils haussés, les gens qui se moquent de toi. Je veux dire, tu es préfète.

Hermione sourit tristement, Je ne peux pas mettre une maison entière en détention, si ? » Puis elle disparut, les portes de la bibliothèque se fermant derrière elle.


Draco resta planté là pendant un moment, rangeant sa baguette magique et repensant aux mots de Hermione. Il n'avait pas remarqué l'acharnement qu'il avait causé contre Granger, mais en y pensant, plusieurs souvenir lui vinrent en tête, il réalisa qu'il avait souvent été un témoin oculaire plusieurs fois. Il se souvint de Goyle envoyant un sort sur son cartable, le déchirant et causant le déversement de tout son contenu (Pourquoi trimbalait-elle autant de foutus livre de toute façon ? pensa-t-il). Suivi d'une image de Pansy déversant des quantités non négligeables de pus de Snargalouf sur l'arrière de la tête de Granger (s'assurant de recouvrir une bonne partie de ses cheveux) la veille même. Peu de temps après, Draco ne pouvait plus compter sur deux mains le nombre de fois où il avait vu Granger subir une farce par ses amis, in n'inclut même pas les cas où il initiait l'action. Il se sentit stupide; pourquoi prenait-il le risque d'attirer tellement d'attention sur lui même dans un moment pareil ?

Peu importe, il allait arrêter ça. Il se convainc qu'il devait le faire, juste pour rester profil bas.

Il se donna aussi une claque mentale pour s'être enflammé à ce point là quelques secondes plus tôt. Quel avantage avait-il à provoquer l'élève impure préférée de Dumbledore ?

Il s'imagina (assez à contrecœur) la façon qu'il avait eu de la pousser dans le mur. Il aurait pu jurer avoir entendu une part de son corps se basse. La façon dont elle l'avait regardé, comme si elle ne s'attendait pas à mieux de la part d'une personne comme lui... Ce regard le fit sentir inférieur, accompagné de ses mots cinglants « Ton père t'as appris ça, n'est ce pas ?» ... Il avait au moins repris la raison, avait relâché sa pression sur elle, il espérait ne pas avoir laissé d'évidences telles que des bleus. Il se souvint de ses mains, posées sur ses épaules. Il regarda le sol, ses yeux creusant des trous dans la surface. Ses mains, comme si elles étaient en repos, picotèrent lorsqu'il essaya de les changer en poings, avant de les ré-ouvrir et de les desserrer autant que possible. Il les releva au niveau de ses yeux, hypnotisé pendant un instant, comme si il cherchait une évidence d'elle sur ses mains.

« Draco, Malfoy releva la tête et ses yeux atterrirent sur Severus Rogue, s'avançant vers lui, l'ourlet de ses robes noires tournoyant autour de ses pieds, ressemblant à une manifestation de la mort, que fais-tu ici ?

_J'imagine que je suis venu lire, répondit sèchement Draco. L'instinct le poussa à enfoncer ses mains dans ses poches, pour une raison quelconque il ne voulait pas que Rogue les voit.

_Je t'ai demandé de venir à mon bureau lorsque tes cours étaient terminés pour la journée, dit Rogue. Plus il s'approchait de Draco puis celui-ci pouvait sentir ses yeux l'analyser, l'as-tu oublié ?

_Je n'ai pas le temps de vous parler, dit Draco, j'ai une montagne de devoirs, et vous avez tendance à me retenir longtemps.

_Il y a plus important que tes notes cette année, Draco, comme tu le sais bien, dit Rogue furtivement, il est impératif qu'on se parle.

_Ah ? Et vous comptez m'y forcer ? demanda Draco, s'énervant, vous ne pouvez vous mêler que de mes notes dans votre cours. Vous ne pouvez pas m'obliger à vous demander conseil !

_J'en suis conscient, dit Rogue dans un ton ennuyé, j'aurais voulu croire que vous voudriez mon conseil, il pourrait vous être utile dans vos... tentatives.

_Et qu'est ce que vous en savez, de mes tentatives, comme vous le dites ? s'écria Draco, Vous n'avez aucun droit à vous mêler de ma vie. De plus, quel conseil pourriez vous me donner, dans un travail que vous n'avez jamais pu accomplir ?

_Je n'ai jamais essayé d'accomplir le travail qu'on t'a confié », répondit Rogue calmement.

Draco soupira, frustré, il bouscula Severus pour passer, et ce dernier n'essaya pas de l'arrêter. Si Draco était en état de penser clairement, il se serait demandé comme Rogue avait su où le trouver, et si il avait assisté à la scène entre lui et la Sang-de-Bourbe. Mais dans son état actuel, il marcha simplement vers la salle commune des Serpentards, sa fierté blessée, sa tranquillité brisée, et ses mains brûlantes.


Le dîner dans la Grande Salle produisait une cacophonie de voix, de vaisselle s'entrechoquant et de rires bien plus vivide que le petit-déjeuner de ce matin. Il semblerait que la pensée du Vendredi approchant (suivi du Week-End) suffisait à égayer l'esprit de mort dont Poudlard avait semblé souffrir ces derniers temps. Bientôt les étudiants allaient recommencer à étudier comme avant, mais à présent c'était assez de savoir qu'ils s'en étaient sortis durant le premier mois

Dès que Harry s'assit devant eux, Ron le bombarda de questions

«T'as vu Dumbledore ? Comment ça s'est passé ? Il t'as dit quoi ? Son visage était ébloui par l'excitation, Fumseck était là ?

Hermione lui lança un regard intrigué auquel il répondit avec un air sérieux.

_J'adore cet oiseau, il est tellement noble ! Il fourra de la tourte à la viande dans le trou-noir lui servant de bouche.

Lavande couvrit sa joue de baisers, Oh Ronald, tu es si sensible !

_Il voulait juste savoir si tout se passait bien, mentit Harry, détestant la facilité qu'il avait à le faire, Il m'a même demandé si je voulais abandonner mon poste de capitaine. Hermione arqua un sourcil, plutôt impressionnée par son mensonge. Bof, pensa-t-elle, il s'est sûrement préparé à une enquête, Et oui, Fumseck était là, il y est presque toujours.

Les épaules de Ron flanchèrent un peu, Oh, d'accord... J'imagine que c'est mieux que rien, Après un moment d'hésitation il demanda nerveusement, T-tu ne va pas abander ton poste, si ?

_Bien sûr que non, répondit Harry, mais ça ne va pas dire que je vais rendre ça plus facile pour toi de rentrer. Je ne te ferai aucune faveur, alors entraîne toi bien.

l'estomac de Harry se transforma en gouffre, bien que son ton était assez léger; il détestait cacher quoi que ce soit à Ron et Hermione, et spécialement Ginny, à qui il ne cachait rien depuis sa seconde année. Toutefois, la vérité avait été ordinaire.

Il était allé au bureau de Dumbledore en s'attendant à recevoir sa première leçon, mais la majorité du temps fût consacré à des questions variant de ce que ressentait Harry après son au revoir au Dursleys à sa capacité à supporter le fait d'être l'Élu. Le mensonge (ou plutôt, la fausseté) était situé dans son omission des dernières minutes passées avec Dumbledore, lorsque celui-ci lui avait dit de revenir le Lundi prochain à huit heures. Harry n'avait aucune idée d'où tout cela allait mener, mais il était sûr qu'il était censé y aller seul. Tôt ou tard Harry allait devoir apprendre à rester debout de ses propres moyens, après tout. Comment pouvait il espérer entraîner un de ses amis avec lui jusqu'à la fin ?

L'un ne peut vivre tant que l'autre survit...

Depuis le début ça devait être lui. Il devait être l'Élu, et si Dumbledore lui demandait de tout confier à ses amis, Harry savait que c'était parce qu'il s'inquiétait qu'il ne pouvait pas tout supporter tout seul. Peut-être qu'il pensait Harry trop jeune, trop dépendant. Cependant les événements de l'année dernière, menant finalement à la bataille du Ministère, avaient appris à Harry une leçon très précieuse : Il ne pouvait pas se cacher derrière les efforts, ni compter sur les meilleures compétences de ses amis. Il devait trouver un moyen de s'élever de sa propre volonté si il voulait avoir une chance d'arrêter l'homme que lui seul pouvait vaincre.


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