Bonjour tout le monde !

Désolée de vous envoyer si tard le chapitre 4, j'avais quelques petits problèmes d'ordre scolaire à régler...

Bref, cette fois-ci, c'est le pauvre Severus qui va en voir de toutes les couleurs ! Sinon, il reste deux chapitres (le dernier et l'épilogue) qui sont déjà écrits, il ne leur manque qu'une dernière vérification donc vous les aurez beaucoup plus vite !

Et merci encore à ma bêta préférée qui a dû faire pas mal de remarques sur ce chapitre en particulier ^^

Bonne lecture !

Chapitre 4 : Severus

Je suis maudit… J'ai vraiment la poisse ces temps-ci… Je rentrais tranquillement de ma réunion avec Albus à propos de la dernière attaque organisée par Vous-Savez-Qui quand j'ai entendu des bruits de voix dans le couloir. Je me suis dit « Chouette, des élèves à qui retirez des points ! » Et ben j'ai bien vite déchanté ! C'était mon filleul en grande conversation avec Potter… Enfin, pour peu qu'il puisse y avoir conversation quand on a la langue dans la bouche de l'autre… Le premier choc passé, je serais bien intervenu juste pour ennuyer le Survivant, mais... Depuis le temps que Drago en pince pour lui ! (il est tellement peu discret que je m'étonne que personne d'autre ne soit au courant) Quel parrain serais-je pour aller briser le bonheur de son filleul ? Je sais, je sais, je suis un prince au grand cœur ! Si je ne risquais pas de me faire repérer, je me serais bien applaudi !

Mais le pire, ça a été quand j'ai découvert trois petites espionnes planquées derrière une statue. Meaghan Drenis, Pansy Parkinson et Hermione Granger… A voir leur position, elles sont en plein espionnage. Le couple Potter-Malefoy est très probablement leur œuvre. Si on m'avait un jour dit que ces trois-là formeraient le prochain trio d'enfer, je ne l'aurais pas cru ! Elles sont toutes les trois d'une intelligence supérieure à la moyenne, même si deux d'entre elles restent suffisamment discrètes pour que ça ne se remarque pas. De plus, Granger possède le courage des Gryffondors, Parkinson la ruse des Serpentards et Meaghan possède les deux… même si elle l'avait très bien caché jusqu'ici.

Je me fustige mentalement. Drenis ! Drenis ! Tu dois l'appeler Drenis ! C'est une élève ! Mais une élève intelligente, charmante, terriblement attirante et… Non ! Depuis qu'elle est arrivée ici à Poudlard, je sais qu'elle a toujours retenu mon attention. Mais elle semblait si fragile, si timide et réservée… J'ai toujours eu envie de la protéger. Pourtant depuis quelques temps, c'est bien plus que cela et je m'en veux de ressentir cela pour une élève… Je ne peux pas !

Et là est mon problème : quand elle entre dans mon champ de vision, je ne peux pas m'empêcher de la regarder et je dois toujours faire un effort considérable pour m'arracher à sa contemplation. Encore plus depuis que la chenille est devenue papillon. Elle resplendit littéralement, surtout quand elle est avec Potter… Son sourire est absolument fabuleux, envoutant. Et là encore, à cet instant précis, alors qu'elle adresse un sourire victorieux à ses deux complices, je me sens fondre. Je suis pris au piège par une enfant…

Je dois faire preuve d'une intense concentration pour la lâcher du regard et continuer mon chemin vers mes appartements.

Je dois être maudit… Pourquoi la seule femme qui m'attire doit être deux fois plus jeune que moi ? Elle est si belle, si jeune, si insouciante, si pleine de vie. Et moi, qui suis-je ? Un homme plus très jeune, sombre et sarcastique, un ancien mangemort reconverti en espion pour l'Ordre du Phénix.

Je ne mériterai jamais une femme telle que Meaghan… Quand je repense à ce que je lui ai dit il y a un mois, j'ai encore honte. Qu'est-ce qui m'a pris de faire une chose pareille ? Elle a dû me prendre pour un fou…

OoOoOoOoO

Halloween… Je crois que je déteste cette fête… En fait non, j'en suis certain. Surtout quand Albus me persuade (me force…) à assister à la soirée qu'il organise pour l'occasion dans la Grande Salle. Le pire est que je dois y aller déguisé. Il m'a d'ailleurs fortement interdit de porter les vêtements que je porte habituellement, ainsi que le déguisement de vampire. Soit disant parce que les élèves me reconnaitraient directement… Merci Albus… Heureusement, ça doit être un bal masqué, donc, avec un peu de chance, personne ne me reconnaitra. J'ai même envisagé de m'en servir comme porte de sortie et dire à Albus que j'y suis allé mais qu'il ne m'a pas vu… Mais ce vieux fou (oui, je sais, respect de son supérieur, mais cette fois, il le mérite !) a prévu le coup. Il m'a gentiment lancé un sort qui me couvrira de pustules mauves pendant une semaine si je ne reste pas au moins une heure dans la Grande Salle entre le début et la fin de la soirée (qui se termine à minuit).

Résultat, me voilà en train de m'observer dans le miroir. J'ai repris l'idée d'un élève que j'ai entendue… C'est vrai qu'à part le vampire (qui m'est interdit) et le mort-vivant (qui est tout simplement hors de question), je manque un peu d'inspiration… Donc, je me retrouve affublé d'un costume de pirate, les cheveux attachés en catogan, le foulard rouge dans les cheveux, la chemise blanche, la veste brune sans manche et même l'épée ! Bon, je n'ai pas le bandeau sur l'œil, mais c'est un peu difficile avec le masque… Sincèrement, je trouve que je ne m'en sors pas si mal. Je crois même que je vais être méconnaissable ! De toute façon, quel élève irait imaginer que je me suis déguisé ? Ou (Albus a raison) autrement qu'en vampire ? En plus pas mal de septièmes années sont aussi grands que moi, voir plus. Par exemple Weasley. Si je ne connaissais pas sa famille, je jurerais presque qu'il a du sang de géant dans les veines ! Passons… Donc je pourrai me fondre dans la masse et m'installer dans un coin tranquille sans avoir à supporter notre cher directeur (qui va encore « se taper la honte », comme le dirait les élèves) déguisé en citrouille.

Je jette un coup d'œil à ma montre. Le bal va commencer dans quelques minutes, je ferais mieux d'y aller. Après tout, plus tôt j'y vais, plus vite je pourrai m'en aller ! Je sors de mes appartements et je parcours les couloirs qui me séparent de la Grande Salle. Les élèves sont justement en train de rentrer. Je vois de tout… Je trouve définitivement que cette fête est ridicule… Comment pourriez-vous envisager de vous déguiser en Elfe de Maison ? Je n'ai rien contre ces créatures, mais de là en porter le costume pour Halloween…

Comme prévu, je me fonds dans la foule facilement. Je vois quelques surexcités qui vont déjà sur la piste pour danser sur une musique de barbares (je sais, je ne suis pas objectif, mais est-ce ma faute si je n'ai pas envie d'être là ?). Je préfère de loin me mêler à ceux qui se dirigent vers les boissons. Evidemment… c'était à prévoir… Comment je vais faire pour passer mon temps si je n'ai que du jus de citrouille ? Pas même une bière au beurre, vous vous rendez-compte ? Bon, d'accord, je m'en doutais… Chaque année, c'est pareil, même à la table des professeurs il n'y a pas une goutte d'alcool, pour montrer l'exemple apparemment… J'ai surtout l'impression qu'Albus veut nous rendre fou… Il doit l'être lui-même un peu d'ailleurs. Il est encore une fois (il ressort ce déguisement chaque année) affublé de cette chose orange qui est sensée le faire ressembler à une citrouille. Heureusement qu'il est gentil…

Je finis par aviser une chaise dans un coin tranquille. Personne ne m'a reconnu, personne n'est venu me parler et je ne m'en porte pas plus mal. Mais le temps me semble long… Pourtant, ça ne fait même pas dix minutes que je suis là…

Soudain, je vois la porte s'ouvrir à nouveau sur le groupe le plus improbable de l'année : le nouveau couple Granger-Zabini, suivis Weasley qui tient Lovegood par la main, Parkinson qui s'accroche comme une sangsue à Drago et enfin Meaghan que Potter tient par la taille. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi mon filleul ne s'affiche pas avec Potter… Depuis la scène à laquelle j'ai assisté l'autre jour, je pensais qu'ils formeraient un couple. Mais Drago continue à se faire coller par Parkinson qui joue toujours aussi bien son rôle de folle hystérique éperdument amoureuse et Meaghan et Potter n'ont pas réfuté les rumeurs qui disent qu'ils sont ensemble… Je me demande comment les gens ne remarquent pas qu'ils ont le même regard… Tout le monde doit être aveugle.

Je m'arrête là dans mes réflexions quand les gens s'écartent et me permettent de mieux voir le costume de Meaghan. Une fée… Son masque blanc met en valeur ses grands yeux. Elle a attaché ses longs cheveux en deux chignons. Elle porte une longue robe vert assortie à ses yeux avec un décolleté sage. Et dans son dos, de grandes ailes multicolores légèrement transparentes étincellent. Elle est tout simplement magnifique.

Je la regarde évoluer parmi la foule avec aisance, riant avec ses amis, souriant à tout va, simplement heureuse. Elle danse d'abord avec démon-Potter, puis elle virevolte dans les bras d'ange-Drago (franchement, ils ne s'affichent pas, mais leurs costumes parlent pour eux ! Je ne comprends pas comment personne n'a rien deviné…) Elle se déchaine ensuite avec les filles sur une musique qui m'est inconnue pendant que les garçons vont chercher à boire. Les chansons s'enchainent et je la trouve de plus en plus belle.

Le groupe qui joue annonce une série de slows et mon cœur se met à battre la chamade. Vais-je oser ? Potter l'entraine sur la piste et la serre dans ses bras. Elle pose la tête sur son épaule. Je vois leurs lèvres bouger mais je ne comprends pas ce qu'ils se disent.

Soudain, pris d'un courage dont je ne me serais jamais cru capable et évitant à tout prix de penser sous peine de faire demi-tour, je m'élance vers la piste de danse. J'arrive enfin tout près de la jeune fille que je n'ai cessé de regarder. Je pose la main sur l'épaule de Potter qui se retourne brusquement.

- Puis-je vous emprunter votre cavalière ?

Il ne m'a pas reconnu, sans ton sarcastique et avec tout ce bruit autour, ma voix est méconnaissable, du moins je l'espère… Meaghan relève la tête et me regarde un quart de seconde avant de faire signe à Potter de s'en aller. Je lui tends doucement la main qu'elle accepte. Je la pose sur mon épaule et glisse lentement les mains sur ses hanches. Elle passe quant à elle ses bras autour de mon cou et plante ses yeux dans les miens.

- Pourquoi m'avez-vous invitée à danser, professeur ?

Quoi ? Mais… Comment… ?

- Vous m'avez reconnu ? Mais comment ?

- Je répondrai à votre question si vous répondez à la mienne.

Mon cœur bat à une vitesse infernale. Comment une enfant (je sais, c'est une jeune femme mais quand même !) peut-elle me mettre dans des états pareils ? Merlin, faites qu'elle ne remarque rien de mon émoi, sinon je suis fichu !

- J'en avais simplement envie.

- C'est-à-dire ?

- J'ai répondu, c'est à vous maintenant.

Elle me sourit… Oh Merlin, elle me sourit ! Dieu qu'elle est belle !

- Vous êtes de mauvaise foi professeur… Mais bon… Je vous ai reconnu simplement parce que je suis observatrice. Les autres ne sont simplement pas perspicaces.

Suite à cela, nous nous taisons. Je profite de cet instant du mieux que je peux. J'aurais probablement pu en profiter plus si elle ne m'avait pas reconnu… Puis la musique se termine et je la sens se détacher de moi. Je n'en ai pas envie, je veux la garder encore dans mes bras !

- Je peux encore danser cette chanson avec vous ? me demande-t-elle.

Là je peux dire que je suis surpris. Si je m'attendais à ça ! Elle me fait un petit sourire et je vois ses mains trembler légèrement. Pourquoi ?

- J'aime beaucoup cette chanson et ce serait dommage de ne pas la danser parce que je n'ai pas de cavalier, se justifie-t-elle.

Evidemment, ça aurait été trop beau… Mais au moins, elle sera un peu plus longtemps dans mes bras.

- Bien sûr.

Nous nous retrouvons à nouveau l'un contre l'autre et je danse sans faire attention au reste du monde. Je suis simplement heureux, pour la première fois depuis bien longtemps. Elle pose sa tête sur mon épaule et je sens mon cœur s'emballer encore un peu plus.

- Merci, dis-je alors que le refrain se répète pour la deuxième fois.

- Pourquoi ? me demande-t-elle en relevant son délicieux visage vers moi.

- Pour avoir accepté de dansé avec moi.

- C'était un plaisir.

Elle me fait encore ce petit sourire, que je qualifierais de timide. Elle est trop belle, absolument craquante. Comment puis-je lui résister ? Ses yeux m'envoutent, ses lèvres me tentent.

C'est sans m'en rendre compte que je me penche doucement vers elle. Je ne prends conscience de ce que je fais que quand je sens ses lèvres contre les miennes. La sensation est incroyable ! Je n'ai jamais rien ressenti de pareil. C'est alors que je comprends que je suis bel et bien amoureux de mon élève… Elle a volé mon cœur. C'est ironique quand on y pense, tout le monde pense que je n'en ai pas.

Je profite quelques secondes de ce baiser volé, sachant pertinemment bien que ce sera le premier et le dernier, puis je m'écarte d'elle.

- Je suis désolé…

Sans un regard en arrière, je m'en vais… Mais qu'ai-je fait ? Je franchis la porte de la Grande Salle à la vitesse de l'éclair et je laisse mes pieds me guider vers mes appartements tandis que je me fustige mentalement. Je m'enferme et me vautre dans mon fauteuil préféré, près de la cheminée. Je jette le foulard que j'ai dans les cheveux à travers la pièce, en colère contre moi-même.

Ca fait maintenant suffisamment longtemps que je maitrise cette attirance pour Meaghan, alors pourquoi n'ais-je pas pu résister ce soir ? Ce n'est même pas comme si j'avais bu de l'alcool. Quand je bois, j'ai tendance à faire des choses stupides, et là j'aurais compris. Mais non, il a fallu que je perde mon sang froid et que je succombe à ses lèvres tentatrices et à ses yeux envoutants… Merlin, je vais passer pour un gros pervers… Comme si les élèves n'étaient pas déjà assez inventifs pour ce qui est de me donner des surnoms !

J'entends soudain des voix provenant de derrière la porte d'entrée de mon appartement. Intrigué, je me redresse pour essayer de capter la conversation qui se passe au dehors. Quelqu'un semble s'énerver contre quelqu'un d'autre… qui n'a visiblement pas le temps de terminer ses phrases puisqu'il ou elle est coupé à chaque fois. Finalement, le portrait qui garde mon chez-moi s'ouvre et laisse entrer une Meaghan furieuse. J'ai juste le temps d'apercevoir Drago de l'autre côté du passage avant que celle qui s'est emparée de mon cœur claque violement la porte. Je n'aurais jamais cru qu'une fille d'apparence si fragile possède autant de force…

- Comment avez-vous osé ? hurle-t-elle.

Merlin, c'est pire que ce que je pensais… En plus, j'ai été trahi par mon propre filleul… Note à moi-même : changer le mot de passe de mes appartements et ne plus jamais le lui donner.

- Je suis dé…

- Comment avez-vous osé partir comme ça ? crie-t-elle encore plus fort. Et ne me dites pas que vous êtes désolé ! Je n'en ai rien à foutre de vos excuses ! Je veux des explications ! TOUT DE SUITE !

Mon dieu… Elle peut vraiment être effrayante… Elle me fait penser à…

- Une Lily en puissance…

Ma voix n'est qu'un murmure, mais elle l'a visiblement entendu… et semble vraiment en colère.

- Je ne suis PAS ma mère ! Je sais que vous avez été amoureux d'elle, Harry me l'a dit, mais je suis PAS elle et je REFUSE de servir de substitut à une personne qui est morte, aussi fabuleuse soit elle ! Et puis COMMENT vous savez qu'elle est ma mère ?

Sa voix perd en puissance et des sanglots commencent à percer. Son regard brille intensément.

- Je sais que vous le savez ! Vous me l'avez fait comprendre en début d'année ! Mais comment ?

Maintenant, les larmes coulent silencieusement sur ses joues. Même en pleurs, elle reste droite et forte, et je ne peux m'empêcher de la trouver encore plus belle.

- J'en ai assez des mensonges. Je suis moi, vous comprenez ? Pourquoi personne n'est capable de voir au-delà des apparences pour ne voir que moi ? Je croyais que vous, plus que les autres, en étiez capable, mais je me suis trompée…

D'un geste rageur, elle essuie les larmes indésirables et me lance un regard rageur.

- Tout compte fait, vous savez quoi ? Gardez vos explications pour vous, elles n'en valent pas la peine !

Je reste abasourdi quelques instants tandis qu'elle disparait par de la même manière qu'elle est entrée, en claquant la porte. J'entends vaguement mon filleul dire quelque chose, mais Meaghan ne répond pas. Je me lèverais bien, je lui donnerais bien toutes les explications qu'elle désire, mais je suis toujours sous le choc de son apparition aussi surprenante que rapide.

Quelques secondes à peine s'écoulent avant que du remue ménage n'ait encore lieu devant ma porte. Cette fois, la personne crie et je reconnais sans peine Potter.

- Donne-moi ce p****n de mot de passe !

Je ne comprends pas la réponse, mais je me doute qu'il s'agit encore de Drago, qui est toujours aussi réticent.

- Il n'y a pas de Harry qui compte ! Merde ! Et je ne me calmerai pas !

Drago répond à nouveau et semble faire à moitié entendre raison à Potter puisque le ton diminue. Le seul désavantage est que je ne comprends plus ce qu'il dit… Tant pis.

Quoique, je viens d'en trouver un nouveau : mon filleul lui-même ! Non mais ça va pas dans sa tête ? Il vient d'ouvrir ma porte à un fou furieux ! Heureusement, cette fois, il entre avec lui… Avec un peu de chance il retiendra son chien de garde…

- Vous êtes qu'un sal con ! hurle Potter.

… raté… Son chien de garde vient de me balancer son poing en pleine figure. Je vous jure que ça fait mal ! C'est qu'il a de la force le Survivant !

- Qu'est-ce que vous lui avez fait ?

Hein ? Mais de quoi il parle ? Visiblement, je laisse transparaitre mon étonnement parce qu'il répond.

- Qu'avez-vous fait à Meaghan ?

- Mais je…

- QU'EST-CE QUE VOUS LUI AVEZ FAIT ?

- Harry… Calme-toi… tente Drago.

- Me calmer ? ME CALMER ? Alors qu'il a mis ma sœur dans une colère noire avant de lui briser le cœur ? Et en plus elle a disparu tellement vite que je n'ai même pas eu le temps de l'intercepter ! Je dois me contenter de ressentir sa douleur sans pouvoir la réconforter. Quant à vous, dit-il en se tournant à nouveau vers moi, vous avez intérêt à avoir une bonne excuse pour ne pas que je vous refasse le portrait !

- Je… Je… Je n'ai pas tout compris…

C'est tout ce que je suis capable de dire. Les pensées tournent dans ma tête sans vouloir s'assembler. Je ne comprends plus rien.

- Ne me prenez pas pour un idiot ! Comme si vous n'aviez pas vu qu'elle est amoureuse de vous ! Comment pouvez-vous jouer avec les sentiments d'une personne aussi pure que Meg ? Vous n'êtes qu'une ordure ! Quand je pense que je vous ai laissé danser avec elle !

Il a les poings crispés et s'il ne me saute pas dessus, ce n'est que grâce à la main de mon filleul sur son épaule.

- Je ne…

- Elle m'a raconté ce que vous lui avez dit pendant le deuxième cours de potions ! Si ce n'est pas jouer avec les gens, je ne vois pas ce que c'est !

- Harry… Tu devrais peut-être le laisser s'expliquer…

Je lance un regard plein de gratitude à Drago qui me regarde avec un mélange de colère et d'étonnement. Heureusement qu'il a un peu plus de sang froid que son petit ami, sinon je ne donnais pas cher de ma peau !

Mais ce que Potter vient de me révéler me laisse pantois. Meaghan, la belle, la douce, si pleine de vie, serait amoureuse de moi ?

Je leur fais à tous les deux un geste pour qu'ils prennent place sur un fauteuil. J'ai moins l'impression d'être dominés par eux ainsi, et je sens que mes jambes refuseront de me porter alors autant les faire redescendre à ma hauteur.

Je vois Potter prêt à me sauter dessus à la moindre occasion. Rassurant…

- Je crois que ça ne vous regarde pas…

Je ne suis pas sûr que ce soit la réponse adéquate si je veux rester en vie, mais il est hors de question que j'avoue à ces morveux que je suis amoureux ! Même si Meg est tellement fabuleuse que c'est difficile de ne pas l'aimer… Merlin ! Je deviens Poufsouffle ! Mais d'un autre côté, je comprends la colère de Potter. S'il dit vrai et que je lui ai bel et bien brisé le cœur, j'ai brisé un ange et je ne me pardonnerai jamais…

- Pourquoi es-tu parti si tu l'aimes ? me demande Drago.

Merlin, je suis si transparent que ça ? Oh non, c'est pas vrai… Je rougis en plus ! Je ne sais pas pourquoi c'est lui qui me pose la question et pourquoi Potter reste silencieux, mais en tout cas ça me fait du bien de sentir un peu moins d'hostilité.

- Je suis professeur. Je ne peux pas être avec une élève, c'est interdit. Et puis, franchement, qui pourrait bien vouloir de moi ? Je suis vieux, moche, désagréable au possible et par-dessus tout, mangemort. Je ne mériterai jamais un ange comme Meaghan.

Soudain, je vois Potter se lever. Je n'ai pas le temps de réagir qu'il m'a déjà envoyé pour la deuxième fois son poing dans la figure.

- C'est pour l'avoir fait pleurer et parce que vous n'êtes qu'un idiot ! Maintenant, allez la retrouver et expliquez-vous avec elle. Si vous la faites encore pleurer, je le saurai et je vous jure que je vous le ferai payer !

Il se dirige ensuite vers la porte en emmenant Drago à sa suite. Moi, je reste affalé sur mon fauteuil, estomaqué par ce revirement de situation auquel je n'ai rien compris.

- Encore une chose. Vous êtes peut-être un mangemort, mais surtout un espion qui se bat pour le bien. Je vous laisse une heure pour lui rendre le sourire. Après cela, je vous fais une tête au carré.

Sur ces paroles, il sort et me laisse comme un idiot, avec mes pensées toutes chamboulées pour seule compagnie.

Je ne comprends pas comment je me retrouve, dix minutes plus tard, devant la porte du dortoir de Meaghan. Tout ce que je sais, c'est que maintenant que j'y suis, je ne peux plus reculer. Je mets la main sur la clenche et essaie d'ouvrir, mais elle a mis un sortilège pour empêcher quiconque d'entrer. Je tente le simple Alohomora qui bien évidemment ne fonctionne pas. Elle est intelligente et elle a probablement du trouver un sort plus puissant. Je parie que Parkinson et Granger seraient les seules à connaitre le contre-sort… Mis à part moi, bien sûr. Je trouve la formule adéquate en quelques secondes seulement et pénètre dans la pièce.

C'est bien rangé, indéniablement féminin et, heureusement pour moi, vide. Sauf bien évidemment un seul lit où Meaghan, qui ne porte plus ses grandes ailes, est couchée et pleure dans son coussin. Je sens mon cœur se serrer si fort que j'ai l'impression de me briser de l'intérieur. Elle a l'air si fragile alors qu'il n'y a même pas une demi-heure elle me dominait de toute sa fureur.

- Meaghan…

Ma voix n'est qu'un murmure, mais je sais qu'elle m'a entendu parce qu'elle s'arrête de pleurer.

- Allez-vous en !

- Je voudrais…

Elle se redresse, me coupant dans mon élan.

- JE VOUS AI DIT DE VOUS EN ALLEZ ! hurle-t-elle.

Elle a les yeux rougis. Des larmes roulent sur ses joues. Ses cheveux défaits tombent sur ses épaules, et certaines mèches collent à son visage mouillé. Même ainsi, elle est belle.

Mais sa colère semble prendre le pas sur sa tristesse et elle atteint un tel point que les objets se mettent à trembler dans la pièce… Je suis stupéfait de la puissance qu'elle dégage. Mais elle n'est pas la sœur de Potter pour rien…

- Je veux juste…

- VOUS NE CROYEZ PAS QUE VOUS M'AVEZ FAIT ASSEZ DE MAL POUR AUJOURD'HUI ?

Elle ne se contrôle plus. Si elle continue ainsi, elle va faire exploser la chambre en entier.

Je fais alors la seule chose qui me passe par la tête, je la prends dans mes bras. C'est probablement suicidaire, elle pourrait me réduire en charpie en moins de temps qu'il n'en faut pour dire Quidditch. Heureusement, elle n'en fait rien, même si elle se débat et me frappe le torse. Je la maintiens fermement, hors de question de la laisser s'échapper !

Après un temps interminable, elle se calme légèrement, mais les coups qu'elle me lançait sont remplacés par de nouvelles larmes qui me font plus de mal que ses petits poings.

- Pourquoi vous faites ça ? demande-t-elle entre deux sanglots.

- Je suis désolé, je…

- Je me fiche de vos excuses !

- Si vous pouviez me laisser en placer une, ce serait plus facile ! dis-je d'une voix grondante.

Elle se tait enfin. Je vais pouvoir tout lui dire, ce que je n'ai jamais dit à personne.

- Je vous aime, et je vous interdis d'en douter. Si je me suis enfui tout à l'heure, c'est parce que j'étais persuadé que vous alliez m'en vouloir d'avoir eu un tel geste envers vous. Ce n'est pas quelque chose de correct de la part d'un professeur et je pensais sincèrement que je vous dégouterais. Regardez-moi, je suis vieux, laid, sarcastique, odieux, graisseux et par-dessus tout mangemort. C'était inimaginable pour moi que vous puissiez avoir le moindre sentiment pour moi…

Je m'arrête deux secondes pour reprendre mon souffle et rassembler mes idées.

- Votre frère est passé juste après vous. Je n'ai pas compris tout ce qu'il a dit mais je sais que je vous ai fait beaucoup de peine et je m'en excuse. Si vous saviez à quel point je m'en veux d'avoir fait pleurer un ange tel que vous…

Je l'entends renifler à la mention du mot ange, je ne sais pas si c'est par dédain ou si ce sont de nouvelles larmes prêtes à faire leur apparition.

- Quant à votre mère, oui, je l'ai aimée, du moins c'est ce que j'ai cru. Nous étions voisins quand nous étions enfants, et nous étions amis. A l'adolescence, j'ai cru être tombé amoureux d'elle mais en la voyant sortir avec votre père, je me suis rendu compte que l'amitié et le respect que j'avais pour elle s'étaient simplement amplifiés sans changer de nature. Mais j'ai tout brisé bêtement et je n'ai jamais pu me faire pardonner des paroles que j'avais dites. Et si je suis au courant que vous êtes la sœur de Potter, c'est parce que je suis celui qui vous a conduite chez votre famille adoptive. Je me devais de vous mener dans un lieu sûr, de vous protéger pour la mémoire de votre mère.

- Pourquoi ?

- Pourquoi quoi ?

Elle redresse la tête et je peux enfin contempler son visage.

- Pourquoi m'aimez-vous ? Je ne suis qu'une gamine. Il y a tellement de femmes plus belles, plus intelligentes, alors pourquoi moi ?

Je l'emmène vers son lit où je la force à s'asseoir et je m'agenouille devant elle pour être à la hauteur de son visage.

- Vous êtes la plus belle femme que j'ai jamais vue. Vous êtes un ange tombé du ciel. Votre sourire illumine tout sur son passage, même les cœurs les plus froids et impénétrables comme ceux de Drago et de Mlle Parkinson. Vous êtes quelqu'un d'exceptionnel.

Je caresse doucement son visage et elle sourit enfin. Ses yeux sont toujours embués mais la tristesse semble perdre peu à peu du terrain.

- Vous pouvez me parler de maman ? demande-t-elle soudain.

Je suis surpris pas la question. Pourquoi ce brusque changement de conversation ? Mais devant son regard implorant (Merlin, comment fait-elle pour avoir autant de pouvoir sur moi ?), je ne peux m'empêcher d'accéder à sa requête.

- Lily était aussi une personne exceptionnelle. Vous avez hérité d'elle cette façon de rendre aux gens le sourire en n'importe quelle circonstance. Elle était d'une douceur incroyable, sauf contre l'injustice ou quand quelqu'un faisait perdre des points à sa maison. Pour ça, elle s'énervait facilement, surtout contre les Maraudeurs quand ils faisaient des farces. Ses crises de colère étaient connues de tous et assez redoutées. Elle était aussi extrêmement courageuse. Je me souviens qu'une fois, alors qu'on était en troisième année, elle s'est interposée devant un élève de sixième de Serpentard qui brutalisait un première année. Elle était toute petite à l'époque mais le sixième à détaler sans demander son reste quand elle s'est énervée sur lui.
Elle a perdu ses parents très jeune. Nous étions en quatrième année. Elle a vécu une période très difficile, mais ses deux meilleures amies, Alice et Marianne, étaient là pour elle. Quand l'été est arrivé, elle a pu aller vivre chez une d'entre elle plutôt que de retourner dans la maison familiale et subir sa sœur. Alice est devenue votre marraine et Marianne celle de votre frère. C'est vous dire à quel point elles ont toujours été inséparables !

- Pourquoi ne suis-je pas allée chez ma marraine ou chez celle d'Harry à la mort de papa et maman ?

- Marianne est morte un mois avant vos parents et Alice est la mère de Neville Londubat…

En voyant l'expression de son visage, je sais qu'elle a compris ce que cela signifiait.

- Pourquoi pas chez mon parrain alors ?

- Il n'aurait pas pu… Sa condition l'en empêchait…

- C'est-à-dire ?

Je vois dans son regard qu'elle se doute de la réponse. Elle doit probablement déjà avoir parlé de lui avec son frère…

- Il s'agit de Remus Lupin, votre ancien professeur de Défense Contre Les Forces Du Mal et loup-garou.

- Je m'en doutais…

Le silence s'installe. Je ne sais pas quoi dire, ni quoi faire. Après mes aveux, elle a voulu changer de conversation… Refuserait-elle le fait que je l'aime ? Ou était-ce une diversion ?

Elle semble plongée dans ses pensées. Comme j'aimerais savoir ce qu'il se passe derrière ses grands yeux verts…

- Pourquoi ne m'avez-vous rien dit jusqu'à aujourd'hui ? demande-t-elle au bout d'un long moment.

- A quel propos ? Au sujet de vos parents ou au sujet de mes sentiments ?

- Les deux.

- Ca m'était interdit. Pour vos parents, par Dumbledore. Pour mes sentiments, par la loi.

- Et si je vous dis que je fiche de la loi ?

Une flamme s'est allumée dans ses yeux. Je ne sais pas ce qui a produit ce brusque changement, mais elle est déterminée. Mais déterminée à quoi ?

- Euh…

- De un, je ne suis pas un ange ! Je ne suis pas à Serpentard pour rien. De deux, je ne suis pas ma mère, même si je pense que ça, tu l'as bien compris.

Je n'ai pas rêvé, elle vient bien de me tutoyer, n'est-ce pas ?

- De trois, la loi peut être comme elle veut, ce qu'elle ignore ne peut pas lui faire de tord. De quatre, je ne veux aucun mensonge ! De cinq, je suis contente de voir que quand tu parles de maman…

Non, je n'ai pas rêvé…

- … il n'y a rien d'autre que du respect et de la simple affection. Et de six, si tu ne te dépêches pas de m'embrasser, je fais un malheur !

Je suis sous le choc de sa déclaration... Il me faut quelques secondes pour réagir tandis qu'elle me fait le plus beau sourire que j'aie jamais vu.

Je m'approche rapidement d'elle et presse mes lèvres contre les siennes dans un baiser fougueux. Je rapproche mon corps du sien pendant qu'elle passe une main dans mes cheveux. Ce baiser est magique… Le temps ne compte plus dans cet univers où il n'y a qu'elle et moi. Pour la seconde fois de la soirée, je suis vraiment heureux, même si nous devons encore parlé de beaucoup de choses.

J'arrête finalement le baiser pour que nous puissions reprendre notre souffle, et nous nous regardons droit dans les yeux. Je me souviens de la première fois où j'ai rencontré ce regard si brillant, si vivant, elle avait à peine un an. Alors oui, elle ressemble à Lily et elle a les mêmes yeux, mais elle a un regard qui lui est propre, un regard qui (je suis bien forcé de l'avoué) m'a envouté dès la première seconde où je l'ai croisé, alors qu'elle n'était pas plus haute que trois pommes. L'affection pour la petite fille qu'elle était est maintenant devenue de l'amour pour la jeune femme brillante qu'elle est.

- Je t'aime, dis-je dans un murmure.

A suivre...