Ce chapitre est particulièrement court.
C'est un des moins long de toute ma fic, en fait. J'ai hésité à le rallonger, mais au final... je n'ai pas eu le courage.
Shinakun : J'avais pensé à l'Australie, un pays terriblement intéressant ! Mais bon, j'ai dû choisir, et voilà :p le plus fifficile, c'est de toute manière les épreuves ^^
Chapitre 79 :
Londres était calme et silencieuse, chose très inhabituelle. Pas d'alcooliques bafouillant dans les rues, pas de chiens hurlant à la lune, pas de sirène de police, de pompiers ou d'ambulances…
Carey, parfaitement réveillée, se leva, ouvrit la fenêtre et s'installa sur son rebord, les yeux rivés en contrebas. Un chat fouillait dans une poubelle, un homme s'était endormi dans sa voiture chargée de bagages. La jeune sorcière attendit quelque chose, sans savoir quoi, jusqu'à ce qu'une ombre n'apparaisse devant sa maison, venant de nulle part. La Poufsouffle ressentit de la détermination l'envahir, mais ce n'était pas la sienne. L'ombre ouvrit facilement a porte de son immeuble et y entra doucement. Même en l'ayant perdue de vue, Carey pouvait ressentir ses émotions, ses sens en alerte, son envie de finir rapidement son boulot.
Un grincement annonça l'ouverture de la porte de l'appartement dans lequel elle vivait avec ses parents. Des pas résonnèrent dans le couloir. Il entra dans sa chambre, parut surpris de la voir réveillée, leva sa baguette.
-Je vous attendais, dit-elle simplement.
Elle se sentait bien, même si les larmes qui roulaient sur ses joues étaient bel et bien les siennes.
-Tu savais ? s'étonna son assassin. Comment ?
Carey attrapa une boule de tissu sur l'étagère près de la fenêtre et en sortit sa prophétie, qui luisait sereinement dans la pièce.
-L'empathique, répondit-elle. Vous avez hâte de terminer, vous voulez rentrer chez vous… et en même temps, vous ne voulez pas retourner dans cette maison qui n'est pas la vôtre, car vous commencez à vous y attacher…
Elle s'interrompit, essuya ses larmes sous le regard stupéfait du meurtrier.
-Vous avez peur d'aimer ce garçon, d'aimer votre collègue… les souvenirs du sang-de-bourbe déteignent sur vous, sanglota-t-elle. Vous détestez tous ces gens, vous les aimez encore plus, mais vous avez juré de servir le Seigneur de Ténèbres, de contribuer à son retour…
-Tu mens !
-Je ne peux pas ! Tuez-moi, vos sentiments sont trop chaotiques… ils me font mal.
La sorcière se leva et écarta les bras, vulnérable.
-Tuez-moi, épargnez mes parents, ils n'ont rien à voir là-dedans. D'ailleurs, vous ne voulez pas, leur souffrance sera grande lorsque je serai morte, et ils comprendront plus tard qu'ils n'auraient pas dû défier Voldemort, même en secret, lorsqu'il était au pouvoir. Et cette vengeance sera plus plaisante pour vous et vos alliés, car vous en voulez à tous les sorciers de ce pays.
Elle reprit son souffle.
-Bientôt, vous aimerez Adam comme son père l'aimait avant vous, et ce jour-là, vous serez perdu, vous ne…
-Avada Kedavra !
Dans la rue, le chat leva la tête du tas d'ordure qu'il examinait et vit un éclair vert malsain éclairer une fenêtre d'un immeuble de l'autre côté de la rue. Il sauta à terre, huma l'air et détala en miaulant. La mort rôdait dans les parages, et mieux valait ne pas la tenter.
A quelques mètres de lui, l'homme endormi dans son véhicule s'était réveillé en sursaut. Il vit également la lumière et paniqua. Un instinct primaire, animal, le pressait de s'en aller au plus vite. Le moldu déglutit, fixant toujours la fenêtre des yeux, et mit fébrilement le moteur de sa voiture en route.
Partir. Vite. Loin.
Dans la chambre de Carey, Garreth rangea sa baguette, attendit quelques secondes puis se détourna du corps sans vie de sa victime et ressortit en vitesse de l'appartement. Il se sentait mal. Tout ce que cette fille avait dit… était-ce vrai ? Ressentait-il tout cela ? Non, elle avait voulu le déconcentrer et l'inciter à faire une erreur. C'était certainement ça. Il ne pouvait pas s'attacher au gosse, et encore moins le considérer comme son fils ! Il le détestait, et n'attendait que le jour ou il pourrait le tuer et se laver de toutes ses impuretés.
Le sorcier reprit de l'assurance, puis remarqua qu'il était dans les escaliers. Que faisait-il là, à se déplacer comme un sang-de-bourbe ? Ca devait être la fatigue. L'homme soupira, ferma les yeux et transplana.
Demain serait meilleur.
Très loin de là, dans une pièce chaude et humide, éclairée par une lumière magique froide blafarde, le prophète se laissa tomber sur ce qui lui servait de lit, anéanti. Il avait fait tuer une petite fille ! Et ça juste pour avoir un sursis, jusqu'a ce qu'on le menace encore et qu'il recherche une nouvelle cible pour ces fous ! Oh, il se détestait, se méprisait, mais n'avait pas la force de combattre.
Et de mourir.
Quelque part en France, au dernier étage d'une maison isolée en pleine campagne, Nicolas se réveilla et porta une main à son cœur. Non, pas encore ! Il se leva et fit quelques pas en chancelant. Il le sentait, une prophétie venait de s'éteindre. Une personne venait de mourir à cause de lui, parce qu'il avait demandé à Stephen de lui donner sa prophétie, et parce que quelqu'un, quelque part, collaborait avec la Relève des Ténèbres.
-Je suis désolé, dit-il inutilement en se laissant tomber à genoux. Pardonne-moi !
On raconte que, lorsqu'un sorcier meurt, une voix lui pose une question. Suivant sa réponse, il peut partir en paix ou se matérialiser sous une forme fantomatique et hanter les lieux ou il vivait. Carey y croyait et avait toujours pensé que seul un fort ressentiment, une vengeance inassouvie ou un refus d'avoir la paix éternelle pouvait forcer un sorcier à faire ce deuxième choix, et à errer jusqu'à la fin des temps… et au-delà.
La jeune morte jeta un regard à son corps sans vie, leva la tête et sourit.
-Oui !
Il y eut cette lumière d'une couleur indéfinissable.
Il y eut ce choc au plus profond de son être.
Il y eut ce son mélodieux, venant du fond des âges.
Carey sentit son âme irradier, enfin libre de son enveloppe charnelle et spirituelle, et se joignit à elle pour partir vers ailleurs. Ou disparaître, tout simplement.
