Je vivrais pour toi, chapitre 4.
Pourquoi toi, toujours toi ?
Disclaimer: Cela ne change pas, et les personnages ne m'appartiennent toujours pas.
Résumé: Shaka accepte enfin de se laisser aider par Shura. Ensemble, ils regagnent les Temples du Zodiaque, mais épuisé et faible, Shaka s'évanouit. Inquiet, Shura décide alors de le ramener chez lui au plus vite. Une promesse. Je m'occupe de lui, c'est promis.
___________________________________________________
- Mmmmh…
Une caresse sur son corps, si légère qu'il crut un instant à un courant d'air, fit se réveiller en sursaut le Capricorne. Ouvrant ses yeux foncés, il se redressa, surpris, faisant ainsi glisser la couverture qu'un certain blond venait de poser sur lui. Blond qui l'observait, yeux grands ouverts, avec sur le visage l'expression de quelqu'un qui venait de se faire prendre sur le vif, et qui, visiblement, ne le voulait absolument pas.
- Shaka ?! Mais… Tu ne dors pas ? Et ta fièvre ! Mince, quelle heure est-il ? Est-ce que tu as un problème ? Qu'est-ce qu…
Un doigt sur sa bouche l'empêcha de continuer à déverser un flot de paroles à la seconde. Shaka lui adressa un pâle sourire ( mais un sourire quand même ! ) confiant.
- Calme moi Shura, sinon je ne vais pas pouvoir répondre à toutes tes questions. Alors… Je viens de me réveiller, et en te voyant ainsi, je me suis dit que tu devais sans doute avoir froid. Alors, j'ai posé une couverture sur toi. Ensuite, je tiens debout, alors ne t'en fait pas, je vais bien. Et pour finir, il est exactement 9h15. D'autres questions ?
Shura hocha négativement la tête, éberlué. Shaka semblait aller beaucoup mieux, il avait reprit des couleurs. Amusé, ce dernier retira sa main d'où elle était restée, c'est-à-dire sur les lèvres d'un certain Capricorne.
- Bien. Maintenant, c'est à mon tour de te poser certaines questions. Je peux ?
- Oui, bien sûr. Tu te demandes sans doute ce que tu fais chez moi, c'est ça ?
- Exactement. Je… ( Il sembla hésiter un moment, comme gêné. ) Je me souviens qu'hier, toi et moi sommes descendus de la falaise. Nous avons traversé quelques Temples… Trois, je crois. Puis… Plus rien, c'est le noir total. Dis moi, Shura, que s'est-il passé ensuite ?
Shaka avait vraiment l'air déstabilisé. Sourcils froncés, il fixait un point sur le sol, essayant sans doute de remettre les quelques éléments que composaient sa frêle mémoire en place. Pour lui, ça devait être comme de se réveiller après une longue période de coma. Ces derniers temps, après la mort du Lion, la Vierge ne vivait plus. Le blond était vide, et il se laissait porter par les autres, sans pour autant se préoccuper de ce qui se passait autour de lui. D'où le fait qu'il ne pensait même plus à manger, à dormir, à vivre.
Et maintenant… Il essayait de se réveiller de ce terrible cauchemar.
- Shura ? Est-ce que tu vas bien ?
Le dit Shura sursauta, et reporta son regard sur la Vierge.
- Ah, oui, excuse moi, j'étais ailleurs. Eh bien… En fait, tu t'es évanouit Shaka, arrivé au Temple des Gémeaux.
- Oh…
Pourquoi cette basse exclamation pleine d'amertume ? Dans les yeux toujours baissés du blond, Shura y décela de la tristesse, de la rancœur et une faiblesse infinie. Qu'est-ce que Shura ne donnerait pas pour se trouver dans la tête du blond au moins une fois, et savoir ce que celui-ci pensait !
Néanmoins, l'Hindou ne chercha pas plus loin, et tenta un maigre sourire pour sans doute éviter d'inquiéter Espagnol. Chose évidemment inutile.
- En tout cas, excuse moi de t'avoir réveillé Shura. Et merci, sincèrement merci.
Shura ne sut quoi dire. La vie qui avait animé le maigre corps de Shaka il y a de cela seulement un instant semblait avoir brutalement disparue. Bah, à quoi s'attendait-il ? Que Shaka se mette à dancer et cri sur tous les toits que la vie est belle ? Non, évidemment que non. La vie allait être dure à présent, peut-être même plus dure qu'elle ne l'avait été ces derniers temps. Car un seul faux-pas, et le blond retournerait à sa vie léthargique. Et ça, Shura ne le voulait pas.
Le Capricorne réprima un soupir. L'Hindou avait refermé les yeux.
- Ce n'est rien Shaka. Je suis content de pouvoir t'aider, tu le sais bien.
- Oui, je le sais, mais… Je ne comprends toujours pas pourquoi.
L'Espagnol releva subitement la tête pour observer le blond. Celui-ci souriait doucement, malgré ses paupières closes. Un si joli sourire, sur un si joli visage… Mais sur tout cette beauté, des cernes s'acharnaient, la fatigue comme la faim creusaient les joues du blond de façon cruelle, et faisaient pâlir ce teint déjà trop clair. Mais, malgré ça, Shura trouva encore Shaka magnifique.
Pourtant, lui avouer pourquoi il souhaitait s'occuper de lui, serait avouer toute la vérité. Et cela, Shura n'y tenait pas, pas encore. Lui dire qu'il l'aimait depuis toujours, lui avouer combien il avait été déchiré lorsqu'il avait apprit qu'il aimait Aiolia, lui parler de cette lueur d'espoir, horrible et répugnante, qu'il avait eut à la mort d'Aiolia, de son ami… Non, il ne pourrait jamais. Lui parler de cet amour qui le rongeait, et attendre une réciprocité d'un cœur sans doute brisé à jamais… Non, c'était évidemment et malheureusement inutile.
Shaka sembla comprendre qu'il n'aurait pas réponse, car il s'avança, et posa sa main sur l'épaule du Capricorne, qui réagit aussitôt en sursautant.
- Qu'importe… Merci, Shura.
Et après un sourire, il le délaissa en retournant dans la chambre. Shura l'observa jusqu'à ce qu'il disparaisse de sa vue, muet. Mais à l'intérieur de lui, son cœur hurlait et pleurait un amour impossible.
________________________
Quelques minutes plus tard, vides de mots mais pleines de pensées pour le Capricorne. Celui-ci se leva doucement, et laissa échapper le soupir qui le rongeait depuis un moment déjà. L'entraînement de ce matin était à dix heures. Finalement, heureusement que Shaka l'avait réveillé. Il rejoignit rapidement la salle de bain pour une douche fraîche, qui l'empêcherait sans doute d'éviter de penser à Shaka au moins cinq minutes.
Finalement, cela fut vint. Et la douche dura vingt minutes. Shura ne pouvait se sortir le blond de l'esprit. Shaka, si faible. Shaka, si triste, si maigre. Si seul…
- Non ! Je suis là, moi !!
Un claquement. Les yeux grands ouverts et la main sur la bouche, l'Espagnol venait de se rendre compte de ce qu'il venait de dire n'était plus du stade de la pensée mais carrément de la parole. Et la porte s'ouvrant sur sa droite signifia qu'il avait dû crier ses mots un peu trop fort.
- … Shura ? Je t'ai entendu crier à l'instant. Est-ce que… ça va ?
Shaka, les yeux grands ouverts et le visage remplit d'inquiétude se tenait sur le pas de la porte. Tiens, il avait remit son sari, ne put s'empêcher de constater Shura. Sombre, encore une fois. Cela fit penser au Capricorne qu'en revenant tout à l'heure, il monterait des saris colorés à Shaka. Un arc-en-ciel de couleur pour une nouvelle vie. Voilà ce qu'il lui manquait pour bien redémarrer.
- Shura ?
Un contact fit une nouvelle fois sursauter l'Espagnol. Shaka venait de lui toucher le bras, sûrement pour le faire revenir à terre et enfin obtenir sa réponse.
- Oh, désolé Shaka. Je… Oui, oui oui, ça va. Excuse moi, je… Une mauvaise pensée, je rêvais éveillé. Je crois que l'eau froide ne m'a pas entièrement bien réveillé, haha…
Même s'il sentait le mensonge à plein nez, le Bouddhiste afficha un nouveau sourire compatissant.
- Je vois. Fait attention à ne pas t'endormir une nouvelle fois alors, ce pourrait être dangereux.
Une question venait sans doute de naître dans l'esprit de la Vierge, car celui-ci observa attentivement la tenue du Capricorne, qu'il venait seulement de remarquer.
- Il y a entraînement ce matin ?
- Ah, oui. Nous sommes mercredi aujourd'hui Shaka.
- Oh… Oui, je me souvient. Les lundi, mercredi et vendredi, c'est cela ?
Shura sourit. Tout revenait enfin à Shaka, petit à petit.
- C'est cela ! Ce qui est moins fatiguant que tous les matins, comme c'était avant.
Le ton… amusé - ? -, Shaka sourit à l'Espagnol avant de se retourner pour fermer la porte de la chambre derrière lui.
- C'est certain. Pouvons-nous nous arrêter chez moi deux minutes en descendant ? Je voudrais seulement me changer, combattre en sari n'est pas aisé.
Les yeux grands ouverts, le Capricorne crut un moment avoir mal entendu.
- Quoi ? Mais Shaka, tu ne vas quand même pas… Non !
Surpris, le blond l'observa, et Shura détourna les yeux un moment pour ne pas se perdre dans l'infini des orbes azures de la Vierge.
- Je…. Non, il est beaucoup trop tôt pour que tu retournes à l'entraînement. Tu es en ce moment bien trop faible Shaka. De plus, tu sembles oublier que tu es fiévreux.
Muet, Shaka lâcha pourtant une rapide grimace. Il détestait paraître faible aux yeux des autres, amis ou pas. Il tenta cependant de négocier avec l'Espagnol.
- Shura, je vais bien… Et ce matin, je me sent parfaitement d'attaque pour un léger échauffement, je n'en ferais pas trop.
- Même, Shaka. Je ne préfère pas. S'il te plait… As-tu encore de la fièvre ?
Consciencieux de vérifier par lui-même, Shura s'approcha du blond et posa une main sur son front pour en vérifier la température. Geste auquel Shaka ne s'attendait pas, mais auquel il réagit vivement en s'éloignant brusquement de son ami.
- Shura, non… Je.. Je vais bien, ne t'en fait pas.
Etonné, Shura le fixa un moment avant de laisser son bras retomber. Il aurait dû s'y attendre. Shaka n'avait jamais aimé qu'on le touche, et seul Aiolia est parvenu à faire changer cela. Mais à présent qu'il n'était plus là… Le blond redevenait aussi méfiant et sauvage qu'avant. Cela avait même empiré selon l'Espagnol.
- … D'accord, je te crois. Mais tu devrais quand même rester ici à te reposer, Shaka. Je t'en prie. Je te laisse la maison à disposition, fait comme chez toi. Je reviens dans deux heures.
Et sans attendre une réponse qui de toutes façons ne viendrait pas, Shura quitta la dixième maison. Et en descendant les marches, il ne put se retenir de s'interroger à nouveau. Était-ce encore à cause de la mort d'Aiolia ? Lui seul avait le droit le toucher ? Un peu plus tôt, Shura l'aurait comprit et accepté, mais à présent, le Lion était mort. C'était cruel, mais c'était ainsi. Aiolia était mort, pourquoi Shaka s'entêtait-il à faire encore comme si rien n'avait changé ? Comme si rien ne s'était passé…
Désespéré, il leva la tête vers le ciel, pour que les dieux lui soient témoin de la promesse qu'il se jurerait de tenir.
- Moi aussi, Aiolia… Moi aussi je le changerait. Tu peux te reposer en paix, je m'occupe de Shaka à présent. Et moi aussi, je parviendrai à le faire changer. Pour qu'il sourit à nouveau, je vivrais pour lui.
Et non loin de là, une silhouette aux mèches parmes, volantes au gré du vent matinal, baissait les yeux en signe de compréhension silencieuse.
...
_______________________________________________
Voilà !! Pardon, j'ai eu du mal. Pourtant, ce chapitre était déjà écrit à sa moitié. Il ne me restait plus qu'à le compléter un peu, et à corriger, voire changer certaines choses.
En tout cas, je tiens à déclarer un grand MERCI à Yugen. C'est entièrement grâce à elle si vous avez cette suite, car j'avoue avoir baissé les bras. Mais je vais essayer de la finir, cette histoire ! Nom d'un cheval volant à huit pattes !
Allez, cela n'avance pas énormément mais j'espère que vous avez quand même apprécié. Je vais essayer de faire vite pour la suite, mais je ne vous promet rien. Rien du tout.
Bisous à tous, et merci de me lire encore.
Bouddha.
