POV Bella

- Bella, Carlie. Bienvenue dans votre nouveau chez-vous.

Nous étions dans un énorme immeuble à côté de Central Park, au quinzième étage. L'appartement était magnifique, très lumineux, avec une décoration sobre et agréable. Les Cullen nous laissèrent un peu d'intimité et Jazz et Rose entreprirent de nous faire visiter.

La petite entrée comportait quatre portes. La première à droite donnait sur un cellier où étaient rangés les produits d'entretien, les réserves de nourriture, le lave-linge et le sèche-linge. La seconde, toujours à droite, était celle d'un petit cabinet de toilette. Au bout de l'entrée sur la gauche, une grande porte vitrée donnait sur un immense espace ouvert contenant une grande cuisine américaine, un espace salle à manger et un salon avec deux canapés et deux fauteuils faisant face à un écran plasma géant.

Nous revînmes dans l'entrée où nous empruntâmes la dernière porte qui se trouvait en face de la porte de l'appartement. Elle donnait sur un couloir qui formait un L. Toutes les portes étaient à droite. La première donnait sur la chambre de Rose et Emmett. Elle avait un dressing et une salle de douche privative. Le bois y dominait avec des meubles en chêne tout comme le lambris recouvrant le mur de tête de lit. Les autres murs étaient de couleur crème tout comme les rideaux de la fenêtre qui donnait sur un puits de lumière. Des coussins rouges et oranges apportaient un peu de couleur. Rose me dit que c'était la seule chambre dont la fenêtre n'offrait pas de vue sur l'extérieur mais la salle de bain était la plus grande.

La seconde chambre était celle d'Alice et Jasper. Elle aussi possédait une salle de douche et un dressing privatifs. J'étais impressionné par la taille de leurs dressings. La chambre était elle-aussi peinte dans des tons crème, la deuxième couleur dominant étant le bleu clair, avec des coussins de toutes les nuances du bleu. La salle de bain était faite dans les mêmes couleurs. Je ne connaissais pas bien Alice mais je sentais que si on avait laissé libre cours à son imagination, la chambre arborerait différentes teintes de rose. Le bleu devait être le compromis de Jasper. Je souris en imaginant Jazz dans une chambre rose.

La chambre suivante serait la mienne. J'appris ainsi qu'ils avaient un sixième colocataire, Samuel mais que ce dernier était partie s'installer en galante compagnie, un mois auparavant. Mon arrivée leur permettait de ne pas avoir à chercher un autre colocataire. Les murs étaient peints couleur taupe. Les meubles étaient blancs. Il y avait un grand lit, un petit bureau et sa chaise mais surtout une énorme étagère qui couvrait tout un mur. Le dernier mur abritait un énorme placard où je pourrais sans doute ranger trois fois mes affaires bien qu'il n'ait rien à voir avec les dressings des deux autres chambres. La vue sur le parc était superbe.

- Tu aimes ?

- J'adore.

La chambre suivante était vide et blanche. Ce serait celle de Carlie. Jusque là, elle avait plutôt été utilisée comme entrepôt. Carlie était contente d'avoir sa propre chambre mais rassurée de dormir au moins les premières nuits avec moi. L'avant-dernière porte était celle d'une grande salle de bain. Je la partagerais avec ma fille mais aussi avec Edward ce qui me gênait un peu. Heureusement, elle était munie d'un bon verrou… D'après Rose, les autres aussi profitaient de l'unique baignoire de cet appartement.

La dernière porte était donc celle d'Edward, si j'avais bien suivi la visite. Jazz frappa doucement et la voix veloutée d'Edward nous invita à rentrer.

- Nous faisons visiter l'appartement à Bella et Carlie, veux-tu bien lui montrer ta chambre ?

- Bien sûr, entrez.

La chambre d'Edward était très masculine, dans les tons gris anthracite à noir. Tout y était extrêmement bien rangé. Faisant l'angle de l'immeuble, elle avait des fenêtres sur deux côtés. Le mur le plus petit possédait des placards coulissants tandis que l'autre mur était recouvert de cd, de dvd et de livres. Il y avait un petit bureau sur lequel était installé un ordinateur portable relié à une imprimante et un énorme lit en fer forgé mais ce qui attirait d'emblée l'attention était l'énorme piano à queue qui semblait bien à l'étroit malgré la taille impressionnante de la chambre.

Cet appartement était magnifique. Vraiment. Beaucoup trop d'ailleurs.

POV Rosalie

Nous venions de finir la visite de l'appartement et étions revenus nous installer dans le salon. Connaissant Bella, les choses sérieuses n'allaient pas tarder à commencer.

- J'ai commandé des pizzas pour ce soir. Bella, ça te va ? Elles arrivent dans dix minutes.

- C'est parfait merci Alice.

- Il doit être près de deux heures du matin en Angleterre, vous voudrez sans doute vous reposer ensuite.

- Je pense que la jeune fille ici présente a déjà du mal à garder les yeux ouverts.

Heureusement pour Carlie, les pizzas arrivèrent rapidement. Mais Bella dut la porter jusqu'à sa chambre au milieu du repas pour la coucher. Elle revint vite, se réinstalla et prit un air sérieux.

- Bon, parlons peu mais parlons bien. Quel est le montant du loyer ?

- Bella, tu n'y penses…

- Arrête-toi là tout de suite Alice, il est hors de question que je reste ici sans payer de loyer. En plus, nous sommes deux.

- Vous n'êtes pas deux…

- Nous utilisons deux chambres, nous sommes deux. Je sais que je suis nulle en mathématiques mais...

- De toute façon, Bella, tu ne peux pas payer de loyer, cet appartement appartient à nos parents, nous ne payons pas de loyer.

- Bien essayé Edward mais il y a bien des charges, et puis les courses. Et puis soit je paye un loyer, soit je cherche un autre appartement pour que vous puissiez avoir un vrai colocataire qui paye sa part.

Bella se tenait droite sur sa chaise, les bras croisés, l'air déterminé. Les trois Cullen la regardaient avec des expressions stupéfaites. Jasper et moi éclatâmes de rire.

- Têtue Bella le retour !

Bella prit un faux air peiné mais je sus qu'elle avait gagné quand Alice soupira. Nous restâmes encore un moment à discuter avant que les Cullen cèdent puis Edward et Bella allèrent se coucher. Il n'était peut-être que dix heures du soir chez nous mais pour les deux « Européens », il était près de quatre heures du matin.

Nous les suivîmes peu de temps après, Emmett et moi voulions reprendre ce que nous avions abandonné avant de partir pour l'aéroport.

POV Edward

La chance était encore de mon côté. Je n'en revenais pas. Je désespérais de ne plus revoir Bella et voilà qu'elle emménageait à quelques mètres de ma chambre. Mes rêves avaient été très agréables en cette courte nuit et à mon grand soulagement très chastes.

J'avais découvert une nouvelle facette de Bella la veille au soir, elle était têtue. Elle avait même réussi le tour de main de faire céder Alice, ce qui était tout sauf une mince affaire. Je pourrais peut-être prendre des leçons. Edward, tu t'égares…

Il était encore tôt mais je me décidai à me lever et allai dans la salle de bain. Le fait que je la partageais dorénavant avec Bella se rappela à mon bon souvenir lorsque son doux parfum fruité envahit mes narines. Visiblement elle m'avait précédé. Après une longue douche bien chaude, je m'habillai et me dirigeai vers la cuisine pour y trouver Carlie et Bella. Je m'installai à côté de la fillette. Bella me tournait le dos et ne semblait pas m'avoir entendu arriver.

- Bonjour, gentes Dames. Qu'est-ce qui sent si bon ?

A part Bella bien sûr. Bon sang Edward ! Arrête ça tout de suite. Mais qu'est-ce qui te prend mon gars ? Carlie m'adressa un grand sourire auquel je répondis mais Bella sursauta avant de se tourner vers moi.

- Edward !! Tu m'as fait peur !

- Je suis désolé, ce n'était pas mon intention.

- Que veux-tu pour ton petit déjeuner ? Tiens ma chérie, une dernière pancake, fait attention c'est chaud. Edward ?

- Oui ?

- Tu n'as pas répondu à ma question.

- Oh, désolé. Que me proposes-tu ?

- Il y a des œufs, du bacon, des pancakes, du thé, du café, jus de fruits…

- Je veux bien des pancakes et du thé mais je peux me servir.

- Reste assis, je suis déjà debout.

Alice entra dans la cuisine.

- Tu n'avais pas à préparer tout ça Bella.

- Ne t'inquiète pas, habituellement je ne suis pas matinale. Alors c'est plutôt céréales qu'autre chose. Mais là avec le décalage horaire…

- Mmh… j'adore le décalage horaire, tiens Alice goûte. Ces pancakes font de l'ombre à celles de maman.

Alice approuva tandis que les joues de Bella se teintaient de rouge.

- Oh Bella, aujourd'hui, je t'emmène dans les magasins pour faire du shopping.

Les yeux de Bella s'agrandirent et je crus percevoir un peu de panique à ces mots. Mais Alice était lancée et ne parut rien remarquer de tout cela. Elle bondissait presque sur sa chaise.

- Oui, il faut absolument repeindre la chambre de Carlie. Tout blanc pour une petite fille c'est triste. Il faut également lui trouver des meubles. Et des rideaux. Oh et toi aussi, il faut acheter des draps, ceux qui sont là sont les vieux draps de Jasper. Oh des coussins également. Veux-tu que l'on repeigne ta chambre ? Je sais que tu as dit hier que tu adorais la couleur mais maintenant que tu as dormi dedans tu as peut-être changé d'avis. Quelle autre couleur voudrais-tu avec le taupe ? Et toi Carlie ? Quelle est ta couleur préférée ?

- Le rose.

- Génial ! J'ai toujours rêvé de faire une chambre de princesse…

Alice était partie dans un presque monologue, seule Carlie arrivait à en placer une. L'enfant semblait ravie des idées de mon lutin préféré. La panique avait grandi dans le regard de Bella. Au bout de dix minutes, Bella s'approcha de moi et me glissa à l'oreille.

- Je comprends mieux comment tu as réussi à écouter Carlie, tu as des années d'entrainement. Je pensais que Rosalie exagérait mais en fait elle m'a donné la version soft…

J'éclatais de rire. Alice s'interrompit et nous regarda en souriant. Bella rougit à nouveau.

- Je crois que tu fais peur à Bella, Lili.

- Oh ne t'inquiète pas. On n'achètera que le strict nécessaire.

POV Bella

Le strict nécessaire !!?? Cette fille était complètement folle. A peine dix minutes après notre entrée dans le magasin, le caddie était déjà plein et remplacé par un vide. Rosalie n'était pas mieux et les deux filles courraient pratiquement dans les allées. Effarée, je jetai un coup d'œil aux garçons qui, blasés, discutaient baseball ou tout autre sport dont je ne comprendrais jamais les règles. Deux heures après, je tentais toujours de réfréner la fièvre acheteuse des filles. Les garçons avaient disparu.

Je portais Carlie qui n'avait pas réussi à suivre le rythme infernal d'Alice et Rose. Moi non plus d'ailleurs, je venais de les perdre alors qu'elles courraient en criant vers l'autre bout du magasin. Je trouvais alors les garçons dans le rayon matelas. Je m'assis sur le bord d'un des lits, puis m'allongeai, ma tête reposant sur les genoux de Jasper. Carlie alla rejoindre Emmett qui s'amusait avec un matelas à eau.

- Elles sont épuisantes.

- Ma pauvre Bells, ce n'est que le début. Tu verras quand elles auront décidé de t'emmener faire les boutiques de fringues…

- QUOI ? Oh non… Jazz, t'auras intérêt à m'aider…

- Qu'est-ce qui se passe Bella, tu n'aimes pas faire du shopping ?

Emmett vint s'asseoir lourdement à mes côtés, me faisant rebondir et cogner la tête contre Jazz. Pas génial le matelas ! Carlie vint se blottir contre moi.

- Je t'avouerais que ce n'est pas ma tasse de thé.

- Je croyais que toutes les filles aimaient le shopping ?

- Mince, tu as découvert mon secret… je fais juste semblant d'être une fille pour ne pas avoir à porter de choses trop lourdes pendant les déménagements…

Emmett rit.

- Nom d'un poulet basquaise, Bella, je crois que je t'aime bien.

- Moi aussi, Emmett. Moi aussi, je m'aime bien.

Les rires de Jasper et Edward se mêlèrent à celui d'Emmett tandis que je rougissais et donnais une petite tape dans le dos d'Emmett.

- Bon les fillettes, j'espère qu'au moins vous avez trouvé un lit pour Carlie !

Rosalie vint s'asseoir sur les genoux de son homme et Alice s'allongea à côté de Jasper. Pas très confortable le lit mais assez solide.

- Euh… pas encore Rose. En tout cas pas celui-là. Et pas celui qu'Emmett testait tout à l'heure…

- Oh allez Bella, il est génial mon matelas !

- Ben achète-le pour toi. Mais si tu veux un conseil, vois ça avec ta chérie avant de faire une bêtise…

- Là, mon cher frère, elle marque un point.

- Ce n'est pas si souvent que je suis d'accord avec Edward.

Emmett ronchonna un peu ce qui augmenta le rire des autres.

- D'ailleurs, et toi, Edward, il est bien ton lit ?

- Bella, c'est pas le festival du bœuf Strogonoff, il y a d'autres manières plus subtiles pour tester le lit d'un homme…

Je rougissais encore mais n'en restais pas là. Je bouchais les oreilles de Carlie.

- Emmett, pas devant les enfants… de toute façon, que connais-tu de la subtilité ?

- Je pourrais t'en apprendre de bonnes…

- Tu me raconteras ça un autre jour mais je te préviens, je ne suis pas une bonne élève…

- Je suis un prof très patient !

- Oh c'est ce que disaient tous mes professeurs… en tout cas avant de me connaître ! Après, on a l'impression qu'une rencontre avec le diable leur a suffi.

- Je… je…

- Allez Emmett, je sais que tu peux faire mieux que ça !!

- Je… je…

- Bon, je mettrai quand même des encouragements sur ta copie, parce que tu avais pas mal commencé.

C'est encore cramoisie (peut-être fallait-il que je rencontre le Docteur Shepherd pour qu'il règle ce problème) que je lui adressai un sourire victorieux sous les éclats de rire des autres. J'avais délibérément lâché les oreilles de Carlie quand Emmett avait bégayé, cela avait sans doute joué en ma faveur, il n'oserait pas sortir quelque chose de trop grossier devant elle. Enfin, je l'espérais. Je me levai et me dirigeai vers le lit une place-et-demi sur lequel se tenait Edward. C'était le plus petit que j'avais vu jusque là, ce magasin était pas croyable.

- Alors Edward, ce lit ?

Je m'asseyais sur le bord, Carlie sur les genoux. Heureusement que ma courte joute verbale avec Emmett avait déjà fait monté le sang vers mes joues… Edward eut l'air surpris et mit quelque temps à me répondre.

- Ben… il est pas mal.

Carlie alla s'allonger à côté de lui.

- Essaie-le maman.

Je m'allongeai à ses côtés. Je fus très vite rejointe par Emmett qui me poussa pour s'allonger lui aussi et comme des dominos, je poussai ma fille et Edward se retrouva par terre. Carlie explosa de rire alors que je lançai un Hey et donnai un coup de poing sur l'épaule d'Emmett. Mais il ne fut pas dupe car je ne pus cacher longtemps le large sourire qui m'envahissait. Edward se releva et prit un faux air vexé. Il fit le tour du lit et essaya de faire tomber son frère du lit. Sans succès, si ce n'est de faire redoubler les rires de tous y compris les leurs.

Après quelques tests, le lit et le matelas furent adoptés à l'unanimité et devaient être livrés le lendemain. Alice et moi nous livrèrent bataille à la caisse quand il fut question de payer, les autres nous regardèrent en souriant mais ne se mêlèrent pas à l'échange. Après d'âpres négociations, je réussis à payer la moitié sous le regard ébahi des deux frères d'Alice et le regard courroucé des autres clients, bien que la plupart aient changé de caisse.

Le cirque continua quand il fallut mettre tous nos achats dans les voitures. La Volvo d'Edward et la jeep d'Emmett étaient pleines à craquer. N'avais-je pas dit qu'elle était folle ? Rectification : qu'elles étaient folles car Rosalie n'avait pas été en reste ce matin.

POV Emmett

Rosalie m'avait confié une mission et je comptais bien la mener à bon terme. D'autant que je m'amusais beaucoup à la remplir. Mon objectif : faire oublier à Bella et Carlie leurs problèmes. Pour la petite, ce n'était pas si difficile, mais pour la mère c'était une toute autre affaire. Bella était drôle, avait un sacré humour cependant son air sérieux voir triste reprenait le dessus dès qu'elle pensait être à l'abri des regards.

J'étais bien assisté dans ma tâche, tous y mettaient du leur. Celui qui me faisait le plus plaisir était Edward. Mon petit frère d'ordinaire si sérieux et réservé s'est révélé être un sérieux atout dans l'opération Tous Unis Pour Faire Rire Carlie et Bella.

Voilà comment nous nous étions retrouvés, Carlie, Bella, Edward et moi, couverts de peinture vert pomme, de fausses expressions désolées sur nos visages, devant une Alice campée les mains sur les hanches, complètement dépitée, derrière laquelle Rose et Jasper retenaient difficilement un rire. Je n'étais pas l'initiateur de ce massacre de martiens. En fait c'était Bella. Il faut dire que la jeune femme était si maladroite qu'elle ne pouvait peindre un mur sans mettre plus de peinture sur elle que sur le mur. Même Carlie était plus habile que sa mère. Alors je n'avais pu m'empêcher de me moquer d'elle et Edward n'avait pu maîtriser son fou rire. Seulement ce dernier se trouvait à côté d'elle. Mauvaise idée. Le pinceau de Bella quitta le mur pour le visage de mon petit frère. S'ensuivit une petite bataille très colorée. Heureusement, il s'agissait de peinture à l'eau et nous avions bien protégé la moquette.

Nous passâmes la fin de la semaine à travailler dans la chambre pour la finir le dimanche en début d'après-midi. Bella nous fit un repas gargantuesque pour nous remercier. En fait, elle avait préparé pratiquement tous les repas depuis qu'elle était arrivée. Et que mon estomac m'en soit témoin, elle était une excellente cuisinière. Cela changeait nos habitudes de plats à emporter et autres nourritures livrables. Jasper et Rosalie ne s'approchaient jamais de la cuisine, Alice et Edward feraient cramer des pates et si je m'y mettais, il ne restait rien à manger avant même de commencer les repas. Nous lui avions donc abandonné la partie cuisine, nous chargeant de la partie vaisselle.

- Que voulez-vous, j'aime les pizzas mais deux fois par jour, sept jours par semaine, trois cent soixante cinq jours par an, c'était trop dur. Il a bien fallu que j'apprenne à cuisiner.

Ce fut la seule fois en quatre jours où je l'entendis parler de son passé.

POV Rosalie

Les débuts à New York de Bella et Carlie s'étaient plutôt bien passés. Elles trouvaient tranquillement leurs marques. Même si les autres n'étaient pas en reste, Emmett avait fait beaucoup pour faciliter leur adhésion à cette nouvelle vie. Je savais exactement comment j'allai pouvoir le remercier de ça ce soir. J'étais toute excitée rien que d'y penser. Heureusement que personne ne pouvait lire dans mes pensées.

La semaine qui suivait allait être plus chargée pour nous tous.

Jasper était psychologue et sa semaine était remplie de rendez-vous. Alice était acheteuse pour la maison Hugo Boss et devait assister à un défilé de mode à San Francisco. Edward était interne en pédiatrie et travaillait par garde de trente six heures, ce qui lui laissait pas mal de jours de repos entre chaque. Emmett, lui, était professeur de sport mais l'été, il devenait coach sportif au centre aéré voisin de son lycée. J'étais institutrice, du coup en vacances, mais allais souvent donner un coup de main à Emmett.

Quant à Bella, elle devait rencontrer la directrice de la nouvelle école de Carlie, située à cinq minutes à pied de l'immeuble. Il fallait également qu'elle finisse son transfert de l'université de Londres à celle de New York. Elle avait entrepris simultanément deux masters : un de Littérature et un d'Histoire. Elle nous avait expliqué que cela ne lui prenait pas beaucoup plus d'heures que si elle n'en faisait qu'un seul. Plusieurs unités étaient communes et surtout elle échappait aux cours de langue. En effet, étant à moitié italienne, cette langue lui était aussi familière que l'anglais et elle maîtrisait le français et l'espagnol depuis quelques années. Elle ne passait que les examens. Elle n'avait gardé que les cours de langues mortes, latin et grec. Cela lui faisait tout au plus vingt heures de cours par semaine.

L'argent de son héritage lui permettait largement de payer le loyer et autres charges mais elle ne savait pas gagner de l'argent sans travailler. Elle avait donc trouvé ici le même travail qu'elle avait à Londres, à la bibliothèque de l'université. Trente heures par semaine cet été, dues au fait que la bibliothèque était en pleine restauration ce qui demandait beaucoup de travail en déménagement et rangement des livres, mais qui passeraient à quinze heures une fois les cours repris. Elle allait donc pouvoir gérer Carlie sans avoir trop recours à la garderie, comme elle le faisait à Londres.

J'avais failli la tuer quand elle avait dit ça. Et nous alors, on comptait pour du beurre ? Je serais ravie de garder Carlie quand elle ne le pourrait pas. Et je savais que chacun d'entre nous en ferait autant. Têtue Bella avait réapparu mais elle ne put faire face à cinq personnes.

Je savais bien que ce n'était pas une question de confiance. Au contraire, Bella préférait sans doute que Carlie aille le moins possible en garderie. Mais jamais elle ne nous l'aurait demandé, trop habituée à se débrouiller seule et à ne rien devoir à personne. La faire venir vivre à l'appartement avait nécessité de longues négociations où tout le talent de mon frère avait été fort utile. Voilà pourquoi nous n'avions pas insisté quand elle avait voulu payer un loyer.

Mais là, nous ne pouvions pas laisser cela passer.

Et nous avions gagné.

POV Bella

Les deux semaines qui suivirent notre premier week-end New Yorkais passèrent très rapidement. La nouvelle école de Carlie était géniale. De taille humaine, très proche de l'appartement, la directrice, Mme Clearwater, m'avait fait une excellente impression.

La bibliothécaire en chef avait été très accueillante. Elle avait même pris le temps de me faire visiter le campus. Angéla Weber Cheney était une jeune trentenaire dynamique et souriante. Mais le premier mot qui vous venait à l'esprit quand vous la voyiez était gentillesse.

Je lui parlais spontanément de Carlie et j'appris qu'elle avait une fille du même âge, Charlotte. Angéla avait également un garçon de treize ans, né l'automne suivant son baccalauréat. Le père de l'enfant, Ben, l'avait épousée peu de temps après. Angéla avait beaucoup souffert du regard des autres, surtout venant de sa famille, mais Ben ainsi que ses beaux-parents avaient toujours été présents pour elle. Elle me fit promettre de ne pas hésiter à lui demander si j'avais besoin de changer mes horaires ou de prendre des jours de repos.

Nous étions jeudi soir. Cela faisait exactement trois semaines que Carlie et moi étions à New York. J'appréhendais de rentrer à l'appartement car c'était Alice qui était chargée de s'occuper de ma petite puce pour la journée. Je ne savais donc pas dans quel état j'allais la retrouver. La veille au soir, alors que Carlie dormait déjà, les garçons s'étaient amusés à me peindre un tableau assez horrible de ce dont était capable ma nouvelle amie. Mais ce qui m'avait le plus effrayé était le fait qu'elle ne relevait aucune de leurs moqueries. J'avais laissé des instructions et espérais qu'elles avaient été suivies.

Ne vous avais-je pas dit que cette fille était folle ? A force de le répéter, peut-être allez-vous me croire. De plus, j'étais encore à mille lieues d'imaginer à quel point.

- ALICE CULLEN !

Je rentrai dans le salon, furibonde, où tout le monde stoppa son activité en cours.

- Oui, Isabella Swan ?

Je tentais de me calmer en me cachant les yeux d'une main, la tête baissée. Pas très efficace comme méthode mais cela fonctionna quelques instants.

- Est-ce que tu peux m'expliquer cequ'ilyacesoirdansleplacarddelachambredemafille ???

- Je n'ai rien compris, Bella, tu peux répéter ?

- Qu'est-ce qu'il y a ce soir dans le placard de la chambre de ma fille ?

- Ah ça…

- Oui, ça. On avait dit : pas de fringues, pas de jouets, à la rigueur une glace pour goûter.

- Ben oui, mais là ce sont des déguisements.

- DES DEGUISEMENTS ? Et à ton avis, c'est quoi les déguisements ? A PART DES FRINGUES !!??!!

- Ben… des déguisements !

Cette fois-ci je laissai tomber ma tête en arrière et mes deux mains vinrent cacher mes yeux en claquant un peu mon visage. Je baissai les bras et secouai la tête.

­ - Mais quelle réponse pertinente, Alice ! A quoi pensais-tu ? A rien visiblement.

- Mais…

- Chut Alice. N'en rajoute pas. Donne-moi ton portefeuille.

- Quoi ?

- Ne discute pas.

Devant mon air sérieux, elle obéit et alla le chercher. Je l'ouvris et en sortis toutes les cartes de crédit qu'il contenait. C'était pas possible, elle faisait collection ou quoi, il y en avait au moins cinq ! Je les mis dans ma poche. Je pris également son chéquier. Je lui rendis son portefeuille. Elle me regardait, stupéfaite, la bouche ouverte.

- Confisqués. Si t'es sage, je te les rendrai lundi.

- Mais c'est le week-end. Et on avait dit que samedi on allait faire du shopping.

- Oublie. T'es punie.

- Mais…

- Y a pas de mais qui tienne. Si tu avais acheté un seul déguisement, j'aurais râlé sans nul doute mais j'en serais restée là. Mais que veux-tu que ma fille fasse de quinze ou vingt déguisements ? Elle a cinq ans et demi. Elle grandit à vue d'œil. Elle n'aura pas le temps de les mettre tous qu'ils seront déjà trop petits !!

J'allai m'asseoir sur le canapé. Alice resta immobile un moment avant d'aller se blottir dans les bras d'un Jasper qui retenait très discrètement un sourire. Rosalie ne retenait pas le sien. Emmett et Edward arboraient la même expression que leur sœur quelques instants auparavant : yeux grand ouverts, mâchoire par terre. Une petite voix retentit.

- Maman ?

Carlie entra dans le salon et vint grimper sur mes genoux, j'enserrai mes bras autour d'elle.

- T'es en colère, maman ? T'es en colère contre Alice ?

- Je ne suis pas en colère, ma chérie, je suis furieuse contre Alice.

- Ah. C'est pas mieux, si ?

- Non.

- Et t'es fâchée contre moi ?

- Non ma puce, je ne suis fâchée que contre Alice. Alice a fait une grosse grosse bêtise.

- Grosse comme Emmett ?

- Encore plus grosse. Tu sais Carlie, les déguisements qu'Alice a achetés.

- Oui ?

- Et bien on ne peut pas les garder.

- Pourquoi ?

- Parce qu'il y en a trop et que tu n'en as pas besoin. Alors je veux que tu ailles dans ta chambre, si tu veux je viens avec toi, et tu en choisis un ou deux, pas plus, que tu veux absolument garder. Et les autres, s'il y a encore les étiquettes, on les rendra au magasin. Sinon, on les donnera à des enfants qui n'en ont pas. D'accord ma puce ?

- D'accord mais tu viens avec moi.

Je me levai et la suivis.

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Finalement je ne travaille pas ce matin et j'ai donc pu finir ce chapitre.

Il est un peu (beaucoup) descriptif, pas facile à écrire, je l'ai réécrit plusieurs fois, j'espère que certaines scènes comme celle des matelas réussissent à le rendre moins rébarbatif… on peut compter sur Emmett pour mettre de l'ambiance…

Je me suis pas mal cassé la tête dessus et n'ai pas eu le courage de le relire autant de fois que je le voulais pour en corriger les fautes, désolée…

Je ne connais pas du tout New York alors j'invente au fur-et-à-mesure. Désolée pour ceux qui connaissent.

Toujours chanceux Edward, non ? Partager sa salle de bain avec Bella ?

Voilà et je souhaite remercier tiftouff19 qui a parlé de mon histoire dans son dernier chapitre. Je vous conseille de lire la sienne, elle est géniale, pleine de beaux moments et très bien écrite : Le hasard est chez moi. Surtout n'hésitez pas…

Merci encore de me lire et de vos encouragements. A bientôt !