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Apprendre à revivre en 10 étapes

Etape quatre – Se réveiller face à l'ennemi

Harry ne sut comment réagir. Il était coincé dans son lit avec le professeur qu'il détestait le plus ! Bon d'accord il avait actuellement la forme d'un gros chat mais il n'en restait pas moins la chauve-souris des cachots, et quoi qu'il allait faire, le professeur le saurait bien évidemment…

- Heu… p-professeur Snape, bégaya Harry, je… je crois qu'il vaudrait mieux pour vous de ne… pas… vous relever.

Harry avait hésité à finir sa phrase car le chat, assis en face de lui, lui lançait un tel regard qu'il ne savait pas s'il allait lui sauter à la gorge ou non s'il continuait à lui parler et à lui donner des conseils. Il est vrai qu'il aurait été étonnant que le maître des potions qu'il était accepte des conseils de la part d'un cornichon tel que lui – comme Snape se plaisait de qualifier ses élèves.

Tout à ses pensées, il failli lâcher un cri de surprise quand Lucius Malfoy se retrouva lui aussi assis sur son lit. Il avait quitté sa forme d'Occamy pour retrouver celle du lord froid et hautain qu'il connaissait – enfin qu'il croyait connaître d'après cette même personne.

- Monsieur Potter je ne crois pas que vous soyez très doué avec un animal. Même cela vous semble compliqué ?

Pourquoi lui disait-il ça soudainement ? Il n'y comprenait rien jusqu'à ce que le blond lui fasse remarquer qu'il était assis sur le bout de la queue du chat et que ce dernier, bien qu'il sembla avoir du mal à se tenir droit, ne se gêna pas de lui décocher un coup de patte, toutes griffes dehors.

- Aïe ! cria Harry, mais c'était pas la peine de faire ça, j'avais pas fait attention !

- Harry ? Mais bon sang qu'est-ce qu'il se passe là-dedans ?

C'était Dean qui avait dû l'entendre et qui manifestement s'était rapproché de son lit pour en tirer les rideaux et découvrir ce que mijotait le brun. Mais Harry avait prévu qu'il serait curieux au point d'ouvrir les rideaux alors, in extremis, il était sorti de son lit pour se retrouver nez à nez avec ce fouiner de Dean Thomas.

- OK Dean, commença Harry, je te montre ce qu'il y a dans mon lit mais surtout tu dois me promettre de n'en parler à personne.

- Oulà c'est si grave que ça ? s'inquiéta le métisse.

- Mais bien sûr que non mais je ne tiens pas à ce que quelqu'un sache que je l'ai.

- Mais de quoi tu parles ? j'y comprends rien moi !

- Alors, Harry ouvrit son rideau, espérant que Lucius avait compris qu'il lui faudrait à nouveau se transformer en Occamy qu'on ne puisse pas le voir.

- Tu as un chat Harry ? s'étonna le fouineur.

- Pas exactement, répliqua Harry. Je l'ai trouvé sur la rive du lac noir, trois strangulots avaient réussi à l'attraper et il était en très mauvais état. Du coup j'ai essayé de l'amener à Hagrid mais il n'était pas là et Pomfresh m'a littéralement viré de l'infirmerie du coup je m'occupe de lui depuis aujourd'hui mais le truc, c'est qu'il devait appartenir à un élève de Poudlard et que ça se voit qu'il a été maltraité avant l'histoire des strangulots. Donc tu comprends que je ne veux pas que son ancien maître apprenne que j'ai son chat, je ne voudrais pas qu'il soit de nouveau maltraité.

- Ho Harry… geignit Dean, je ne savais pas que tu étais aussi préoccupé par la cause animale ! Je comprends, t'en fait pas, je le dirais à personne. Je peux le caresser un peu ?

- Heu… Harry écarquilla les yeux. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée tu vois…

Mais Dean n'en avait rien à faire de ce que venait de dire Harry car déjà, il était à moitié sur le lit en train d'essayer de caresser le chat. Mais il ne se laissa pas faire, et lui retourna à lui aussi un gros coup de patte, toutes griffes dehors.

- Aïe ! cria-t-il à son tour.

Harry rigola de la situation.

- Je t'avais bien dit de ne pas le toucher ! Moi aussi je me suis pris un coup de griffe, c'est ça que tu as entendu tout à l'heure.

- Oui ! s'énerva alors son camarade de classe. Bah je te souhaite bien du courage avec cette sale bête !

Ne comprenant pas pourquoi un tel énervement pour un simple coup de patte, Harry retourna dans son lit et aussitôt les rideaux fermés, Lucius Malfoy fit son grand retour.

- Je pense qu'il serait préférable monsieur Potter de mettre un sort de silence sur votre lit. Je ne sais même pas pourquoi vous n'y avez pas pensé avant ! le blond semblait choqué. Cela ne vous arrive-t-il donc jamais de…

Mais il laissa sa phrase en suspens. Il lui arrive jamais de quoi ? Mais Harry ne savait pas vraiment s'il tenait à le savoir ou non, et il reporta son attention sur le chat qui venait de s'effondrer sur l'oreiller à côté de lui.

Bien sûr, il était évident qu'il ne serait pas remis comme ça de ses blessures.

- Il s'est évanoui. Expliqua le lord.

- Ca j'avais cru le remarquer. Répondit sèchement Harry. Je trouvais ça bizarre aussi qu'il ait pu si vite se remettre sur ses pattes et même s'assoir vu l'état de son bassin.

- Effectivement monsieur Potter, vous apprendrez bien vite que Severus a sa fierté et qu'il n'aime pas se montrer…faible. Quitte à en souffrir comme il vient de le faire. C'est de douleur qu'il a dû s'évanouir. Cela lui demande encore un effort trop important de se relever après les soins que vous venez de lui apporter.

Un grand silence s'installa entre les deux sorciers, l'un ne sachant trop que dire, l'autre, n'osant trop rien dire. Harry en profita pour se résumer la situation à lui-même. C'était tout de même un peu fou comme situation non ? Ha ! Si quelqu'un lui avait dit le matin même qu'il se retrouverait dans le lit de son dortoir avec Severus Snape et Lucius Malfoy en train d'avoir une conversation civilisée, il aurait ri au nez de cette personne et l'aurait envoyée séjourner à Sainte Mangouste !

- Monsieur Malfoy, je peux...

- Lucius. Le coupa celui-ci.

- Pardon ? demanda Harry décontenancé.

- Appelez-moi Lucius, nous allons être amenés à nous voir régulièrement désormais, et oui vous pouvez me poser une question. C'est bien ce que vous alliez me demander n'est-ce pas ?

- Hum… He bien oui. Je me demandais pourquoi le professeur Snape ne reprenait pas sa forme normale. Il en est capable puisque nous l'avons vu tout à l'heure.

- Physiquement il n'en est pas capable. Il reprend sa forme humaine inconsciemment lorsqu'il dort. Là, il est évanoui et son subconscient travaille différemment. Je vais devoir partir monsieur Potter, je compte sur vous pour veiller sur lui et pour soigner cette tête de mule.

- Attendez mons…Lucius. Pourquoi vous avez dit que votre survie dépendait de la sienne tout à l'heure ?

- Moi j'ai dit ça ? demanda innocemment le blond en transplanant.

Que devait-il faire ? Il avisa le chat inerte sur son oreiller et remarqua une tâche de sang sous son pelage épais. Il avait dû rouvrir une de ses plaies en donnant des coups de patte partout.

Il attrapa alors sur sa table de chevet du désinfectant et du coton, au moins pour nettoyer le tout. Il prit la patte délicatement dans sa main et la bougea légèrement pour mieux voir son épaule et avoir un accès plus facile à la blessure.

Il était appliqué dans sa tâche et ainsi, il ne vit pas les deux grands yeux ébène qui le regardaient. Sans qu'Harry s'en aperçoive, le chat s'était réveillé et l'avait laissé panser ses blessures. Mais fier comme il l'était, même s'il avait mal, aucun son n'était sorti de sa bouche.

Harry profita d'avoir le désinfectant en main pour jeter un coup d'œil aux autres blessures. Son professeur semblait avoir une bonne cicatrisation car la plupart avaient commencé à former une croute bien propre. Au cas où, il passa quand même un petit coup de produit, passa sa baguette sur les os cassés, vérifia l'état du foie et de l'estomac qui avaient été touchés et qui semblaient en bonne voie de guérison et finit par la gigantesque cicatrice qui partait de sous le menton et qui filait jusqu'entre les pattes avant de l'animal. Il attrapa délicatement la tête de l'animal qu'il pencha sur le côté et observa la balafre.

La cicatrice n'était pas plaisante à voir. Elle était certes refermée correctement, mais la grosseur de l'entaille attestait néanmoins de l'importance de la blessure. Celle-ci, elle avait dû faire mal, très mal. Cette cicatrice avait été faite pour tuer. De son doigt, il entreprit de la retracer doucement mais à peine l'avait-il touchée que des crocs aiguisés se plantèrent dans sa main. Le chat le fusillait du regard, si c'était possible pour un chat, quoi que, on parlait de Severus Snape après tout.

Heureusement pour Harry, le chat ne serrait pas les mâchoires, juste assez pour lui faire passer l'envie de recommencer de sitôt, mais pas trop non plus au point de lui arracher la main.

- Je suis désolé, dit-il à l'énorme chat.

Celui-ci gronda sourdement et entreprit de se déplacer pour quitter l'oreiller mais à peine sur ses pattes, il retomba lourdement, le faisant pigner légèrement sous la douleur qu'avait dû lui procurer sa chute.

- Attendez professeur, ne bougez pas, vous allez rouvrir une de vos blessures, fit Harry. Je vais vous aider à vous déplacer mais il ne faut pas que vous bougiez.

Alors, sous le regard furieux du matou, Harry passa sa main sous son bassin et l'autre sous l'abdomen afin de le déplacer plus bas sur le lit, sur une surface bien plane, de sorte que l'animal ne soit plus à cheval sur l'oreiller, ce qui devait être loin d'être confortable car cela devait tirer sur certaines plaies.

Le chat, dédaigneux, tourna la tête de l'autre côté dès qu'il fut installé. Mais Harry ne s'attendait pas non plus à ce que le félin vienne se faire caresser. On parlait de Severus Snape après tout merde !

Ne tenant tout de même pas à ce que l'animal ne prenne froid, il prit la peine de poser sur lui la couverture de son lit, prenant garde à l'ajuster correctement, laissant la tête en dehors bien sûr. L'animal grondait de mécontentement mais après tout il s'en fichait. Son professeur ne pourrait pas le mettre en retenue pour motif « a aidé son professeur », ce serait idiot.

Il s'installa ensuite lui-même sous la couverture et, avant de s'endormir, dit au matou :

- Demain avant de partir en cours je changerai vos pansements. Bonne nuit.

Comme il s'y attendait, Harry ne reçut aucune réponse de la part du chat couché près de lui. « Brrrrr, pensa Harry, c'est dégoutant d'être si proche de lui, je sais plus où me mettre moi ! » Il allait soigner l'animal et dès qu'il serait en mesure de se retransformer, il l'enverrait dans ses cachots là d'où il venait.

Un silence pesant s'installa, durant lequel Harry ne parvint pas à s'endormir. Pourquoi déjà il aidait le professeur qui le détestait tant ? Après tout, il n'avait aucune raison de l'aider non ? Oui c'était décidé, le lendemain matin, il s'occuperait des blessures, irait en cours, et irait voir le professeur Dumbledore pour lui expliquer la situation, c'était hors de question qu'il reste là dans le même lit que la personne qui le détestait le plus au monde ! Bon même si pour le moment c'était un chat, un gros chat. Après tout, c'était extrêmement gênant comme situation non ?

Il réfléchit à cela une bonne partie de la nuit et finit par tomber de fatigue en plein milieu de ses réflexions. Finalement, il se réveilla quelques heures plus tard au son de son alarme magique. C'était bien la première fois de tout l'été qu'il parvenait à faire une nuit correcte. Etrange.

En effet, depuis la mort de son parrain l'été passé, il ne faisait que cauchemarder sur cette fameuse salle du ministère de la magie. Il ne voyait que la porte voilée depuis laquelle il entendait Sirius lui répéter qu'après tout, c'était de sa faute s'il était mort. Mais cette nuit, rien du tout.

Quand il ouvrit les yeux, sa main se tendit par réflexe vers sa table de chevet pour attraper ses lunettes. Dès qu'il les eut mises sur son nez, il retint un cri de frayeur. Là, allongé à son côté, le professeur Snape semblait dormir profondément.

Alors toute cette histoire n'était donc pas un simple délire issu de son imagination…


A suivre dans...

Etape cinq : Se débarrasser du problème

A la semaine prochaine et dites moi ce que vous en pensez !