TimberLand !
-Chapitre IV-
Source : Gundam Wing AC
Auteur(e) : Yuy
Bêta de lumière : .·**·.¸(¯`·.¸*.Lysanea.*¸.·´¯)¸.·**·.
Genre : yaoi, romance.
Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient sauf Hiro, Keenan, Shaims, Lorenzo, John.
Couples : 1x2 ; 3x4 JohnxRelena Zechs+1+Zechs
Personnages : Heero Yuy, Duo Maxwell, Trowa Barton, Quatre Raberba Winner, Milliardo Peacecraf/Zechs Merquise, Relena Peacecraft, Hiro et Keenan Yuy Maxwell, Shaims et Lorenzo Barton Raberba Winner.
Note 1 : Euh… oui, c'est bien moi qui viens de faire grincer le portail de TimberLand ^^'
Bien entendu, je m'excuse de vous avoir tant fait attendre, mais c'est grâce à votre énergie collective que j'aie finalement eu l'envie et surtout, l'inspiration d'écrire une vraie suite.
Seulement et comme vous le savez, j'ai besoin de beaucoup de temps avant d'être à peu près satisfaite de mon travail. Ensuite, Lysanea m'aide énormément (grand comme ça, oui ^^) à le parfaire.
Je comprendrais tout à fait que certains et certaines d'entre vous m'ayez rayé de la liste, déçus ou mécontents de ne pas avoir eu une suite plus rapidement.
Cependant, je tiens parole et n'abandonne jamais un dossier ouvert…
Je vous remercie du fond du cœur d'être présent et je vous souhaite de passer un bon et agréable moment ^_^
Note 2 : Comptez encore deux autres chapitres + un épilogue.
Rars en fin de chapitre
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Lime
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Un grain de folie…
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À Manama, au Moyen-Orient, deux ans plus tard…
AC 215.
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Il est déjà plus de deux heures du matin, lorsque Duo et Heero se mettent en route pour le Manoir Barton Raberba Winner, après que ce dernier ait disputé et remporté son dernier Grand Prix International et Intercolonial sur le circuit de Bahreïn. (A)
« Il est situé à Sakhir, en plein désert, à une cinquantaine de kilomètres de Manama, la capitale de l'île de Bahreïn. Le circuit a été créé à l'initiative du Senior Raberba et financé par des sociétés d'investissements gouvernementales.
Le complexe comprend cinq autres pistes dédiées aux sports mécaniques.
Construire un circuit en plein désert posait un sérieux problème : avec le vent, le sable risquait de tourbillonner sur la piste et de la rendre ainsi dangereusement glissante. Les organisateurs ont donc pris la décision de pulvériser un produit adhésif autour de la piste, pour empêcher le sable de s'y répandre. Pour renforcer la sécurité, la piste est également régulièrement balayée lors du week-end du Grand Prix. Les petits problèmes d'adhésion qui subsistent malgré tout constituent un challenge supplémentaire pour les pilotes.
En AC 195, le circuit de Bahreïn est le premier circuit, et le seul à ce jour, à recevoir le prix de la "FIA Institute Centre of Excellence Award", pour la sécurité optimale qu'il offre aux pilotes et pour la qualité des infrastructures d'accueil que propose le Royaume de Bahreïn.
En effet, on trouve sur place un centre médical, des cours de conduite, des cours de formation médicale, des loisirs variés, etc. En outre, le projet de développement d'une chaîne hôtelière autour du circuit est actuellement en cours (les grands hôtels les plus proches sont à Manama). Tous ces investissements ont été évalués à 2 milliards de dollars. » (A)
Heero a non seulement remporté la course, mais il a pulvérisé son propre record au passage : une heure et douze minutes pour cinquante-sept tours et vingt-trois virages, au lieu de son habituel une heure et trente minutes.
Si personne n'est surpris de sa victoire, le « Number One » suscite toujours autant d'enthousiasme et d'hystérie collective, surtout lorsque Zechs Merquise est de la partie. Les cinquante milles spectateurs et les milliards de téléspectateurs, sur Terre et dans les Colonies, se sont régalés, autant qu'ils déplorent le départ de ces deux pilotes.
Mais Heero tient sa promesse et quitte le monde professionnel de la Formule Un à l'aube de ses trente-cinq ans, à l'instar de son plus féroce concurrent Zechs, et de son ami et complice de toujours Trowa.
Quatre lui a d'ailleurs promis monts et merveilles et bien que Duo se soit bouché les oreilles, il a pu clairement entendre les mots « bâton de dynamite », « apprivoisé », « englué », « miel », « gland » et « fraises sauvages ».
Lui et Heero auraient pu loger dans l'un des luxueux hôtels de Manama, mais ils ont, depuis dix ans, une résidence secondaire rattachée au Manoir de leurs amis.
Ne souhaitant pas se faire conduire, Heero et Duo ont demandé à Quatre de leur prêter un véhicule.
- J'ai justement le même modèle que celui que vous utilisez à Vancouver, c'est marrant, non ? leur dit Quatre avant de leur tendre les clefs.
- Tu l'as acheté quand ? lui demande Duo d'un air blasé, avant de lui arracher le trousseau des mains.
- Je l'ai commandé dès que j'ai su où se déroulerait l'ultime Grand Prix pour nos maris, se félicite Quatre, très excité à cette idée.
Pour l'heure, Hiro, âgé de neuf ans et son frère, Keenan, huit ans, somnolent à l'arrière de leur BMW X1 sDrive 18d© (B) marron, bercés par le bruit sourd et continu du moteur.
« Construction allégée, gestion de l'énergie, technologie moteur. » (B)
C'est Duo qui a choisi le modèle de leur voiture familiale. En bon ex-bûcheron, il fait le maximum pour préserver l'environnement, ou lui nuire le moins possible lorsqu'il ne peut pas faire autrement.
Ce n'est en tout cas pas lui qui empêche leurs fils de s'endormir. Il n'a pas desserré les dents depuis que son mari est rentré au hangar, les deux moteurs de son Gundam en feux.
Heero lui jette bien des regards en coin, mais préfère laisser son mari conduire tranquillement et attendre de se retrouver en tête-à-tête, seul avec lui.
Leurs fils voulaient tellement assister à la dernière course de leur père (depuis la tribune VIP), que lui et Duo ont finalement accepté de les emmener avec eux, plutôt que de les laisser au Manoir avec leurs cousins sous la surveillance d'Irea et de Quatre.
Duo pose les clefs du véhicule sur le petit meuble de l'entrée dans un léger tintement métallique, avant de raffermir son étreinte autour d'Hiro, échoué sur lui, les bras et les jambes ballants, comme s'il avait couru plus d'un kilomètre.
Keenan est tout autant fatigué, son visage niché dans le cou d'Heero, sa petite main refermée en poing lui froissant le col de sa chemise.
Ils montent les coucher dans leur chambre commune, avant de rejoindre la leur au même étage de l'aile ouest ; leur quartier privé.
Tout comme celle de Quatre et Trowa, la chambre d'Heero et Duo est comparable à un appartement de luxe : la première porte ne donne pas directement sur cette pièce, mais sur une entrée majestueuse.
Et dans sa folle amitié, Quatre a fait reproduire et agencer leur intérieur à l'identique de leur chambre à Vancouver.
Le sol est comme chez eux, en marbre blanc de Carrare, et une fontaine centrale est illuminée par un puits de lumière naturelle creusé jusqu'au toit.
Cette entrée donne sur trois portes : celle de leur chambre de type japonaise, celle de leur immense salle d'eau et celle de leur dressing, dans lequel les enfants adorent jouer à cache-cache.
Tout est pensé pour les protéger et leur permettre de grandir et de s'épanouir dans les meilleures conditions possibles.
Aussi, Trowa et Heero ont-ils fait installer un interrupteur d'appel dans chacune des pièces de leur maison respective, y compris à la porte d'entrée des chambres des parents ; leur souci majeur étant de vivre leur vie de couple en toute discrétion, et ce, même si les enfants venaient à coller leur oreille sur ladite porte.
Présentement, Duo ignore ouvertement son mari et ne donne pas l'impression de vouloir changer d'attitude avant un long, très long moment.
- Tu t'imagines bien que je ne vais attendre plus longtemps ? lui fait remarquer Heero, après avoir poussé la porte d'entrée.
Duo ôte sa veste en cuir noir avant de la jeter sur l'un des fauteuils en osier blanc, à droite de la fontaine.
- Je suis bien trop énervé pour te parler, maintenant.
- J'en ai rien à faire.
- Leave me alone (1) ! fulmine effectivement Duo en lui faisant face.
- Dis-moi ce qui ne va pas.
- N'essaye même pas de me toucher, le prévient-il, les poings et les dents serrés.
Heero respecte son besoin d'espace et ne s'avance pas plus vers lui.
- T'avais besoin de faire le con, tout à l'heure ? reprend Duo en essayant de ne pas crier trop fort.
- C'était une course de Formule Un, timber, pas une partie d'échecs.
Duo le rejoint en deux grandes enjambées avant de le gifler fortement, faisant à peine pivoter la tête de son mari, qui, soit dit en passant, a eu tout le temps de le voir arriver.
- Tes pseudos concurrents ont terminé la course vingt-trois minutes après toi ! Tu aurais pu gagner en prenant moins de risques !
- Tu crois ?
- T'as voulu finir en beauté ? Va donc tester le canapé, espèce de crétin dégénéré en voie de dispari… !
Heero le coupe dans son élan d'insultes en l'attirant à lui d'une traction, avant d'enrouler un bras autour de sa taille et de placer une main ferme sur sa nuque.
- Rien ni personne ne peut m'atteindre en dehors de toi et de nos enfants. Je ne permettrai pas qu'un différent nous sépare, même une minute, lui dit Heero d'une voix grave, son regard soudé au sien.
Malgré son long et profond frisson, Duo ne décolère pas et son regard à lui dit tout de sa rancune. Il n'a jamais eu peur pour Heero en dix ans de mariage et de courses automobiles, sauf ce soir.
- Je suis peut-être ton mari, mais je ne suis certainement pas acquis à ta cause. Si tu refuses de découcher ce soir, c'est moi qui pars ! crache-t-il, furieux contre lui-même de ne pouvoir lui résister qu'avec des mots.
Parce qu'au fond, il le sait bien. En admettant qu'il arrive à se défaire de son étreinte, il ne ferait pas deux pas vers la sortie qu'Heero le rattraperait et l'empêcherait de partir, quitte à le clouer sur la porte pour lui faire l'amour séance tenante.
Mais Duo n'a pas le temps de tester cette théorie qu'ils sont interrompus et surpris par les reniflements de leurs fils, tous deux cachés derrière la porte entrouverte.
Elle ne s'est pas fermée complètement lorsqu'Heero l'a distraitement poussée, préoccupé, alors, par son mari et à mille lieues d'imaginer que leurs enfants pourraient les entendre, puisque censés être profondément endormis.
- Que se passe-t-il, Keenan ? lui demande Duo en s'agenouillant devant lui.
Mais son fils ne lui répond pas et préfère cacher son visage dans son cou.
- Hiro ? le questionne alors Heero, à genoux à son tour.
- Pourquoi tu t'en vaaas ? demande soudain Keenan, avant d'être secoué par un nouveau sanglot.
- Oh, non, mon cœur… Daddy ne va nulle part, huuush…
- Mais tu l'as dit, lui reproche timidement son fils avant de renifler.
- Pourquoi tu criais ? lui demande Hiro, inquiet.
C'est la première fois qu'Heero et Duo s'affrontent aussi gravement.
Ce dernier soupire. Il se sent coupable de les faire pleurer.
- Je ne vais pas vous mentir, votre père et moi nous disputions, c'est vrai. Mais, on ne va pas se séparer, je vous le promets.
- Alors, pourquoi tu as dit ça ? insiste Keenan.
- Mon poussin, sache que les adultes ont la fâcheuse manie de dire ce qu'il ne pense pas vraiment, ou de parler avant de réfléchir, hum ?
Les moues dubitatives de leurs fils lui fait comprendre qu'il n'a pas réussi à les convaincre.
- Très bien. J'en veux à votre père parce qu'il a pris des risques inconsidérés sur le circuit, alors le ton a monté et vous êtes arrivés au moment où on allait s'expliquer.
Maintenant que son mari s'est exprimé, Heero décide qu'il peut et doit intervenir à son tour.
- C'est parce que nous dialoguons tous ensemble que nous sommes une famille unie. Si votre père vous dit qu'il n'est pas question de séparation, vous devez le croire sur parole. Et si vous avez besoin de me l'entendre dire, sachez que rien ni personne ne pourra nous séparer tous les quatre, c'est bien compris ?
Hiro et Keenan hochent la tête, leurs yeux brillants de larmes et de fatigue mêlées.
- Hn. Cela ne nous dit pas pourquoi vous êtes sortis de votre lit ? reprend doucement Heero.
- C'est à cause de la p'tite souris, répond Keenan. Comment elle peut passer sous mon oreiller, alors que je dors dessus ?
Ses pères sourient, soulagés que leur fils ait changé de sujet, signe qu'ils ont su le rassurer.
- C'est un secret, trésors, lui répond Duo. Personne ne le sait et pourtant, elle parvient toujours à subtiliser les dents de lait.
- Mais elle ne passe que si tu dors, complète Heero. Elle est craintive. Si elle sent que tu guettes son arrivée, elle ne viendra pas te déposer une surprise.
- Iee, iee, je vais dormir very profondément, Chichi, tu peux lui dire ?
- Je passe le message, maintenant, au lit.
- Haï !
Heero se charge de les porter jusqu'à leur chambre, pendant que Duo rumine leur semblant de conversation sous sa douche.
Heero a déjà pris la sienne dans sa loge, après la course ; il l'attend donc près de leur lit, debout devant les portes-vitrées coulissantes menant à leur immense terrasse.
- Tu penses qu'ils vont bien dormir ? lui demande Duo en terminant de natter ses cheveux. Il fait peut-être trop chaud ou la clim' est trop forte…
Au son de sa voix, chargée d'inquiétude et de culpabilité, Heero se retourne pour poser son regard sur son mari, avant de le rejoindre et de l'entourer de ses bras chauds et rassurants.
Quelque peu refroidi par le chagrin de leurs enfants, dont il se considère comme étant l'unique responsable, Duo ne le repousse pas et se laisse être dorloté.
- Bien sûr, timber. N'oublie pas qu'ils sont très fatigués. Notre dispute a donc pris une dimension...
- Ils ont vraiment cru que j'allais partir, le coupe Duo en relevant la tête pour le regarder.
- Oui, mais leurs pères ont su les apaiser, lui répond son mari en caressant sa joue.
Duo ferme les yeux un instant au contact chaud et doux de sa main sur son visage.
- Sorry, mais ça m'aide pas. Je me sens toujours aussi fautif, soupire-t-il.
- C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, chéri. Tu ne pourras te détendre que si tu me confies ce qui te contrarie depuis deux semaines. Il ne s'agit pas seulement de cette course, un peu plus rythmée que les autres, je l'avoue, mais de ce que t'a raconté Milliardo derrière mon dos et dont tu refuses toujours de me parler.
- Il m'énerve, celui-là ! Et toi aussi, tiens ! dit-il en tapant son épaule sans se détacher de lui pour autant. T'as de la chance que je sois à ce point dépendant de toi.
- Je peux tout encaisser, mais toi-seul peut nous sortir de cette impasse, lui répond Heero en choisissant d'ignorer ses pics. Parle-moi…
- J'ai essayé de prendre sur moi, d'ignorer ce qu'il m'a dit, mais rien n'y fait, commence Duo après un énième frisson. Mais il n'y a pas que ça. Il t'a provoqué sans cesse ce soir et tu n'as rien trouvé de mieux que de lui répondre jusqu'à le mettre hors circuit. L'Epyon est en miettes, t'aurais pu y rester, pauvre imbécile ! Tu as des enfants et un mari, t'es plus tout seul, shit !
- Crois-moi, quand je te dis que je savais ce que je faisais. Et puis, les jours de Milliardo ne sont pas comptés. Tous l'ont cru mort, mais il est bien vivant.
- Je ne vais pas bien, 'ro. Mon angoisse ne passe pas, alors que tu es là, bien vivant et à la retraite.
- Je sais, tenshi.
- Arrête de faire ça… murmure faiblement Duo en s'agrippant soudainement à sa nuque.
- Tu sais que j'ai les moyens de te détendre… susurre Heero contre son cou, tandis qu'il le fait reculer vers leur lit.
- Je veux rester fâché contre toi et tu me déconcentres.
- … et que je vais m'appliquer à les employer, pas plus tard que maintenant.
- Ce n'est pas un jeu, 'ro !
- On ne joue pas avec la nourriture, lui répond-il avant de l'allonger sur leur drap blanc.
- Sale bête déterminée, bougonne faussement Duo, tout en lui dégageant inutilement une mèche de cheveux bruns qui lui retombe aussitôt devant les yeux.
Mais qui ne peut dissimuler son sourire de prédateur…
•
Trois quarts d'heure plus tard…
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Duo reprend doucement sa respiration, vautré de tout son long sur Heero qui lui caresse nonchalamment les reins.
- Voilà qui est mieux, timber, hn ?
- Ton postérieur… n'est pas à l'abri de sérieuses représailles.
- Mais j'y compte bien, sourit Heero avant de le retourner comme une crêpe et de se positionner au-dessus de lui de façon à ne pas trop peser sur son corps. Que t'a dit Milliardo ? lui demande-t-il ensuite.
- C'était le jour où on est allé voir Relena… commence Duo.
- Je sais, ça, le coupe Heero.
- Non, mais dites-moi que je rêve ? ! Je commence mon histoire où je veux !
- Gomen. Vas-y, tenshi. Tu peux reprendre depuis le jour où nous avons fait l'amour pour la première fois sur la banquette arrière de ma voiture, si tu le souhaites.
- N'importe quoi… soupire Duo sans parvenir à retenir un sourire à ce souvenir, plus amoureux que jamais.
- Je t'écoute.
- Je débute quand j'ai envie !
- Haï.
- Pourquoi toi, tu m'énerves et moi, non ?
- Je t'aime.
- Tu m'énerves !
- Ça suffit, timber, le prévient tout de même Heero d'un ton, d'un regard et d'une pression de ses mains sur son corps qu'il n'est jamais bon d'ignorer.
Duo détourne les yeux et s'emploie à dépoussiérer leur drap du revers de sa main.
- Tu me racontes sous la douche ? Ça va finir de nous délasser, lui propose Heero avant de l'embrasser rapidement.
Duo hoche la tête et se lève à sa suite…
•
Flash back
•
Deux semaines avant la dernière ligne droite du championnat, Relena, fraîchement mariée et enceinte jusqu'aux yeux, téléphonait à Heero pour convenir d'un rendez-vous, chez elle, en Oregon.
Très heureux de renouer le contact après dix ans de silence, quelle n'a pas été leur surprise lorsqu'Heero et son mari sont tombés nez-à-nez avec Milliardo, censé être, d'après les journaux, à l'autre bout de la planète…
- J'ai enfin l'honneur de rencontrer le fameux Duo Yuy Maxwell. Vous êtes sublime, bien plus beau qu'en photos volées, le complimente Milliardo en faisant durer son baisemain. On ne parle que de votre vie de couple et de vos deux fils héritiers...
- Nous ne lisons pas les journaux, lui répond Duo en tentant de reprendre sa main, en vain.
Milliardo ne les a jamais croisés. Le peu de fois où Duo et ses enfants rejoignaient Heero sur son lieu de travail, ils restaient dans sa loge à l'attendre, à l'abri des photographes, de la « Yuymania » et autres inconvénients...
Et si Milliardo parle de photo volées, c'est parce que la famille Yuy Maxwell n'a accordé aucune autre séance depuis leur cérémonie de mariage et ne donne que très peu d'interviews. Alors le moindre cliché du « pilote du Gundam maudit et mari du très célèbre et convoité : Heero Yuy » fait la une des journaux et alimente sans cesse les potins.
Les derniers titres étant : « Number One a quitté le domicile conjugal ! », « Le divorce le plus cher de l'histoire », « Qui aura la garde d'Hiro et Keenan : Yuy ou Maxwell ? », « Qui est vraiment Duo Maxwell ? »…
- Ton portrait doit tapisser pas mal de casiers, intervient Heero en retirant la main de son mari de sous ses lèvres, avant d'effacer la « trace » de ses doigts.
Milliardo lui sourit, toujours partant pour le provoquer.
Interloqué, Duo préfère ne pas intervenir. Il sent bien que quelque chose lui échappe…
- Où est 'lena ? reprend Heero, bien décidé à ne pas entrer dans son jeu.
- Dans ses jardins, c'est la saison idéale pour les tulipes.
Heero et Duo vont pour s'y rendre lorsque Milliardo les arrête.
- Elle ne tient pas à y rester. Au contraire, elle préfère vous recevoir dans son pavillon d'été.
- Vas-y, chéri. Tu connais les lieux et elle doit avoir envie de te revoir, seul-à-seul, lui dit Duo. Vous rentrerez à son rythme et discuterez tranquillement.
- Fais-donc. Je veille sur ton cher et tendre, Heero. Il est entre de bonnes mains.
Le pilote du Wing Zero a l'impression d'avoir ses semelles de chaussures collées sur le sol.
- Allez ! insiste Duo en riant, avant de le pousser gentiment vers la porte. Shoo ! (2)
Mais Heero se retourne pour l'embrasser, faisant instantanément perdre pied à son mari, délicieusement surpris.
Sur une dernière œillade meurtrière envers Milliardo, Heero libère son mari de son étreinte.
Les joues roses, celui-ci sourit et secoue la tête, faisant virevolter ses petites mèches aux reflets d'or, ainsi que le reste de sa chevelure, longue et soyeuse, laissée libre.
- Nous ne serons pas long, le prévient Heero.
- Juste le temps pour nous de faire connaissance, répond Milliardo.
- Hn.
En plein « cui-cuitage » intensif, Duo fait un clin d'œil à son mari.
Ce dernier ne met pas longtemps avant de repérer le chignon faussement négligé de Relena. Elle-même détecte rapidement sa présence, signalée par son parfum que le vent lui porte jusque sous son nez et qu'elle n'a jamais pu oublier.
- Heero, l'accueille-t-elle, un bouquet de tulipes jaunes fraîchement coupées à la main.
- Bonjour, 'lena.
- Je suis si heureuse de te revoir.
Elle l'entoure de ses bras comme elle peut, quelque peu empêché de se blottir contre lui par son ventre.
- Tu m'as tant manqué, lui murmure-t-il.
- Toi, aussi, Heero…
- Pourquoi avoir mis tant d'années ? lui demande-t-il en se détachant d'elle, prenant sa main libre dans les siennes.
- Tu n'as pas changé, tu entres toujours dans le vif du sujet sans perdre de temps. J'aurais peut-être dû attendre encore dix ans ! le taquine-t-elle.
Ils se sourient et se dévisagent un long moment en silence.
- Je ne sais pas si c'est bon pour toi d'entendre ça, reprend-elle, mais tu n'es pas quelqu'un que l'on peut oublier, Heero. John a fait preuve d'une patience inimaginable.
- J'aurais préféré…
- Chuut, le coupe-t-elle d'un doigt léger sur ses lèvres. « Je t'aime d'une amitié insondable », ce sont tes mots, tu te rappelles ?
- Hn.
- J'en ai honte, mais je ne les ai compris qu'il y a peu. Ensuite, il m'a fallut dépasser mes préjugés pour t'appeler.
- Lesquels ?
- Tu aurais pu m'oublier, ne plus avoir envie de me revoir, je risquais de perturber votre vie de famille, et bien d'autres…
- Aucun risque, lui assure Heero, un léger sourire sur les lèvres.
- Pardonne-moi de n'avoir pas été là pour ton mariage et à la naissance de vos enfants. Mais c'était trop dur, je n'étais pas encore prête, tu comprends ? Et John m'a fait une sorte de « mariage-surprise », c'est à peine si j'ai pu m'habiller décemment ! Je n'ai pas eu le temps de…
Heero la fait taire d'un doux baiser sur son front.
- Tu es resplendissante. John est l'un des hommes les plus chanceux au monde.
- Oui, je le crois aussi ! plaisante-t-elle en caressant son ventre.
- Des jumeaux, devine Heero.
Relena hoche la tête, les yeux pétillants de bonheur.
- Ma requête peut vous paraître folle, peut-être même déplacée, mais accepteriez-vous, Duo et toi, d'être les parrains ? J'en ai parlé avec John et il n'y voit aucun inconvénient.
- À la condition que tu sois la marraine d'Hiro et de Keenan. Duo et moi en serions très heureux.
Profondément émue, Relena ne peut s'empêcher de verser quelques larmes.
- J'accepte avec la plus grande joie ! dit-elle en tapant des mains, faisant trembler ses tulipes. J'ai hâte de les rencontrer. À ce propos, Duo n'est pas avec toi ? demande-t-elle en scrutant les allées bordées d'arbustes.
- Il nous attend au pavillon d'été.
- Alors, pressons-nous de le rejoindre.
Elle lui prend le bras et tous deux marchent d'un pas lent jusqu'au lieu dit.
- John n'est pas là ? s'enquiert Heero.
- Non et crois-moi qu'il le regrette, mais une affaire urgente l'a retenu en Angleterre.
- Ce n'est que partie remise.
- Absolument !
•
Pendant ce temps, au pavillon d'été…
•
Duo est debout devant l'une des portes-vitrées et admire les magnifiques parterres de fleurs, se rappelant de ce jour où il doutait de faire le bon choix, d'être dans son bon droit d'aimer et d'être aimé en retour…
- Vous n'avez jamais clairement expliqué comment vous vous êtes mis ensemble, Heero et toi ? lui demande Milliardo tout en lui servant une tasse de thé au citron.
- En effet, répond prudemment Duo, avant de se tourner vers lui et d'accepter la boisson qu'il lui tend. Merci.
- Soit vous avez trompé ma sœur pendant de long mois, soit vous vous êtes littéralement jetés l'un sur l'autre…
- Notre honneur est sauf, c'est tout ce qu'il y a à savoir.
- Hum, hum. Je te prie… Je peux te tutoyer ?
- Oui.
- À la bonne heure, se réjouit-il. Je te prie donc de bien vouloir me pardonner, je suis d'un naturel curieux.
- Je sais, lui répond Duo du tac-au-tac.
Milliardo lui sourit, un air affamé sur le visage.
- Les gens se posent encore beaucoup de questions à ton sujet et ce n'est pas près de s'arrêter. Cela ne doit pas être évident de vivre dans l'ombre de ton mari ? Tu es un grand pilote, d'après les rumeurs… Tu n'es pas frustré d'avoir raté ta vie professionnelle ? lui demande-t-il avant de boire une longue gorgé de thé, son regard d'un bleu perçant consciencieusement fixé sur Duo.
- Notre vie de famille est notre seule et unique fierté, et vivre dans l'ombre d'Heero Yuy me comble au plus haut point.
- Je n'en doute pas une seconde, murmure Milliardo.
- Je veux que nos fils grandissent loin de toute cette agitation médiatique, c'est l'une de nos priorités.
- Je comprends, lui assure-t-il poliment. Vous vous êtes mariés très rapidement, sans parler de la venue au monde de vos enfants… Enfin, j'imagine que cela doit bien occuper tes journées, lorsqu'il n'est pas là.
- J'oubliais que tu es toujours célibataire. Aucun être ne trouve donc grâce à tes yeux ?
Milliardo sourit, le nez dans sa tasse de thé.
- Lucrezia est adorable, mais j'ai encore bien trop d'admirateurs à satisfaire.
Duo se garde bien de renchérir, mais Milliardo n'a semble-t-il pas terminé d'exposer sa vie privée.
- Tout le monde n'a pas la chance de caresser la peau si douce d'Heero Yuy. Ses lèvres gourmandes suffisent à vous réconforter, n'est-ce-pas ? Je ne me souviens plus exactement… son grain de beauté est situé sur sa fesse droite ou gauche ? J'en ai cajolé tellement, je m'y perds à force, ajoute-t-il avant de boire une autre gorgée. Mhmmm, mon thé est à la température idéale.
Duo repose doucement sa tasse sur sa soucoupe, bien plus tendu qu'il ne le laisse paraître.
- Relena ou n'importe quel ex-amant d'Heero auraient pu te renseigner, rétorque-t-il d'un air serein qui ne trompe cependant pas Milliardo.
- Ma sœur et moi n'entretenons pas ce type de conversation, et aucun « amants-minutes » d'Heero, comme on les nommait, n'a eu la chance ou le loisir de dormir avec lui ni de le voir totalement nu. À croire qu'Heero n'ôtait jamais son pantalon ; c'était plutôt eux qui se précipitaient à baisser le leur, rit-il. Voyons ? ! Tu m'as l'air bien pâle tout d'un coup. Aurait-il procédé de la même manière avec toi ? s'enquiert-il de son air hypocrite.
Cette fois-ci, la coupe est pleine, mais Duo a la maturité, l'intelligence et la maîtrise de se retenir de lui envoyer un crochet du droit. Par contre, il ne contrôle pas sa force et brise l'anse de sa délicate tasse en porcelaine.
- Vouloir te venger de ce qui s'est passé il y a dix ans, ou tenter de déstabiliser Heero à travers moi pour les prochaines courses te ressemble bien : c'est minable.
D'un air supérieur, Milliardo le nargue d'un sourire moqueur.
- Ce n'est pas moi qui prends tous les risques, alors qu'une famille aimante m'attend bien sagement à la maison. Il doit bien y avoir une raison à son comportement, non ?
- Ah, vous voilà ! les interrompt Relena. Que se passe-t-il ? s'inquiète-t-elle en observant Duo déposer délicatement les morceaux de l'anse sur le rebord de sa soucoupe.
Heero fronce les sourcils et rejoint son mari ; la colère ayant tendance à le sublimer.
- Ne te fais aucun souci, ma chère, la rassure Milliardo. Duo et moi jouions à « action ou vérité » et il semblerait que nous soyons à égalité.
- On s'en va, décide Heero.
- Non, l'arrête Duo. Je veux rester et avoir une chance d'apprendre à te connaître, Relena. J'espère simplement ne pas avoir gâché votre journée…
- Mais, non, pas du tout, voyons ! le rassure-t-elle, troublée.
- J'aurais adoré prendre part à vos charmantes retrouvailles, mais le devoir m'appelle, intervient Milliardo d'un air satisfait et repu.
Ils ont beau dire et faire comme si de rien n'était, le malaise est palpable.
- Milliardo, tu es incorrigible… se désole sa sœur, alors que son frère vient l'embrasser sur le front.
- À bientôt, Heero, le salue-t-il en le dépassant pour sortir.
Le pilote du Wing Zero le toise, les poings serrés, tandis que Duo l'ignore superbement, préférant aider Relena à s'asseoir confortablement.
- Je suis désolé d'avoir endommagé ton service à thé.
- Duo, je t'en prie. Je t'ai traité comme un va-nu-pieds misérable la seule et unique fois où l'on s'est croisé. C'est à moi de te présenter mes plus plates excuses, ainsi qu'au nom de mon frère.
Duo marque un temps d'arrêt suffisamment long pour que son mari vienne prendre place en face de Relena.
- Un « va-nu » quoi ?
La future maman et Heero sourient, tandis que Duo s'assoit à côté de son mari.
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Fin du flash back
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- Je vois, répond Heero en coupant l'arrivée d'eau. J'ai eu des tas d'aventures avant de te rencontrer. Alors pourquoi l'éventualité d'avoir couché avec ce manipulateur-notoire te dérangerait-il au point de te mettre dans tout tes états ? demande-t-il en les entourant d'une serviette.
- Je sais pas… il m'énerve. Il t'énerve pas, toi ? !
- Duo…
- Je crois… C'était le championnat de trop, 'ro. Non, la course de trop. On a des enfants et je t'aime… J'ai vraiment eu très peur, ce soir…
- J'ai eu le temps de m'en rendre compte et je m'en excuse, tenshi. Mais vois l'étincelle de joie et de fierté dans les yeux de nos fils !
- Évidemment ! Je leur ai fait croire que de finir la course avec le moteur en feu faisait parti du spectacle !
Heero rit dans ses cheveux, tandis qu'il lui frictionne agréablement le dos.
- Je trouve pas ça drôle !... Plus bas s'il-te-plaît… Mhmmoui, c'est bon là…
- Gomen nasaï, lui murmure Heero au creux de l'oreille tout en lui massant les reins à travers la serviette.
- Tu peux l'être, oui et arrête de me renifler !
- Calme-toi, timber, le prévient-il une nouvelle fois en cessant tout mouvement.
Duo se blotti un peu plus contre lui et soupire contre son épaule avant de respirer longuement son odeur.
- Comment peut-il savoir que tu as une marque de naissance sur ta fesse droite ? Parce qu'il a beau jouer l'amnésique, il s'en rappelle parfaitement.
- Je n'ai pas couché avec lui et je remarque qu'il est toujours aussi doué pour faire tourner son monde en bourrique, répond Heero en se rendant au dressing cherché deux boxers noirs, son grain de beauté hypnotique accroché à ladite fesse.
- Tu viens de me traiter de « bourrique » ? lui demande Duo en le poursuivant, nu, non sans admirer le corps parfait de son mari.
- Baka…
Heero lui lance son sous-vêtement avant d'enfiler le sien ; Duo faisant de même.
- Je te rappelle que j'ai tout de suite compris son manège ! C'est pour ça que je n'ai rien voulu te dire avant le Grand Prix de Bahreïn.
- Tu as voulu me protéger, comme d'habitude, mais tu n'aurais pas dû, le gronde Heero qui l'a rejoint et lui caresse à présent le bas du dos.
- Tu m'énerves, tout m'énerve ce soir, répète Duo d'un ton beaucoup moins convainquant, en jouant avec ses petites mèches brunes qui bordent sa nuque.
- Change de registre, tu veux ?
- Il m'a dit que tes lèvres « gourmandes » (et il joint le geste à la parole en agitant ses doigts pour former les guillemets) pouvaient réconforter n'importe qui, râle encore Duo.
- Milliardo prend ses rêves pour la réalité. Je n'ai jamais embrassé personne comme je t'embrasse, toi.
- Mais, il m'a dit que…
- C'est un être particulièrement agaçant et persévérant, le coupe Heero. C'est étrange, il me rappelle quelqu'un…
- Hey !
Duo rit encore contre ses lèvres lorsqu'Heero les caresse des siennes.
- Allons-nous coucher.
Confortablement réinstallés sur leur lit, Duo fait distraitement glisser sa jambe sur celles d'Heero.
- Raconte-moi, 'ro, je veux savoir. De toute façon, je ne pourrai pas dormir avant de connaître le fin mot de toute cette histoire.
- Hn. Je sais…
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Flash back
Un mois et demi après la rencontre de Trowa et Quatre…
AC 198.
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Comme chaque fois qu'il peut s'échapper de sa cage dorée, Quatre se précipite au hangar numéro trois pour venir frapper à la porte de la loge de son fiancé secret.
Sa relation avec son père s'est améliorée plus vite qu'il ne le pensait et il espère lui présenter Trowa dans les semaines à venir.
Seulement, cette fois-ci, Quatre n'a pas pu lui téléphoner pour le prévenir de son arrivée. Résultat : Trowa n'est pas dans ses quartiers et ne peut répondre à ses appels, puisque Quatre entend distinctement son mobile sonner à travers la porte de sa loge.
Aussi, décide-t-il d'aller trouver Heero au hangar numéro un ; Trowa est sûrement avec lui…
Alors qu'il progresse dans le sombre couloir menant audit hangar, Quatre entend des pièces métalliques tomber et rebondir sur le sol ; ce qui est très inhabituel, il n'a jamais vu personne travailler aussi silencieusement qu'eux.
Il ralentit le pas, essayant de reconnaître les murmures qui lui parviennent…
- Je ne te le dirai pas deux fois.
Quatre identifie sans mal la voix du pilote du Wing.
Certain qu'il ne parlerait jamais de la sorte à son ami, Quatre décide qu'il est préférable de ne pas le déranger et va pour faire demi-tour lorsqu'il distingue clairement la voix de son interlocuteur indésirable…
- Je te garantie que tu vas aimer ça.
Ressentant le mélange explosif du désir et de la convoitise émanent de Zechs, et la détermination à l'éjecter mort ou vif de la part d'Heero, Quatre décide qu'il est préférable de les espionner, au cas où il devrait s'interposer pour les séparer.
Et comme le hasard fait bien les choses, concept auquel Trowa et Quatre n'adhèrent pas, celui-ci n'a qu'à se caler confortablement contre le mur pour observer la scène par l'ouverture de la porte qui laisse filtrer un rai de lumière artificielle et donne une vue imprenable sur l'improbable.
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Quelques minutes avant…
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Après une longue journée d'entraînement, Heero sort de sa douche, une serviette blanche nouée autour de ses hanches pour seul vêtement, l'eau ruisselant de ses cheveux sur ses muscles saillants.
Sa loge, son lieu de vie, donne directement sur le hangar. Aussi, s'aventure-t-il près de son installation informatique relié par deux énormes câbles à son Gundam, avant même d'enfiler un boxer, ne s'imaginant pas une seconde que quelqu'un d'autre que Trowa, ou Quatre oserait pénétrer son antre à cette heure-ci de la soirée et surtout sans y être, soit autorisé, comme l'est le personnel de l'équipe du Wing, soit invité en tant qu'amant.
- Alors la légende dit vrai : tu ne t'arrêtes jamais de travailler, constate Zechs en sortant de l'ombre du fond du hangar.
- Hein ! ?
Extrêmement surpris et contrarié de ne pas avoir su détecter sa présence, Heero se lève brusquement de sa chaise pour lui faire face.
- Dégage, le menace-t-il ensuite.
Zechs s'avance toujours vers le pilote, caressant son corps d'athlète du regard, sûr de lui et de sa force de persuasion.
- Tu te trompes sur mon compte, je suis celui qu'il te faut.
Heero frissonne de colère, les poings serrés et le regard noir.
- J'en doute.
Pourtant, il laisse Zechs s'approcher de lui…
Mais il n'a pas le temps d'effleurer sa joue qu'Heero le repousse violemment, faisant tomber une série d'enjoliveurs flambant neufs.
- Je ne te le dirai pas deux fois, lui dit-il avant de lui tourner le dos, décidé à continuer sa programmation.
Zechs, splendide et rare « spécimen », sourit en coin avant de venir poser sa main sur son épaule.
D'un geste vif et nerveux, Heero lui saisit le bras avant de le plaquer contre le mur. Immédiatement, Zechs reprend la situation à son avantage et le retourne de façon à se presser contre lui, lui bloquant ses poignets au-dessus de sa tête d'une main de fer et lui relevant le visage de l'autre.
- Je te garantie que tu vas aimer ça.
Profitant de l'apparente soumission d'Heero, Zechs l'embrasse profondément et lui caresse goulument le corps, allant jusqu'à lui ôter sa serviette de bain et lui cajoler son obsédant fessier, sans ramollir sa prise autour de ses poignets.
Agréablement surpris, il constate qu'Heero répond à son baiser, un peu durement, il est vrai et en gardant les yeux ouverts, ancrés aux siens.
Leur baiser dure un long moment, aussi Quatre fronce les sourcils. Il a du mal à cerner son nouvel ami. Aucun plaisir ni désir n'émanent de lui et pourtant, il ressent qu'Heero en retire une grande satisfaction.
Plus que conforté dans son élan, Zechs glisse sa main libre sous la cuisse d'Heero puis la remonte jusque sur sa hanche, se pressant d'avantage contre lui.
Heero le fixe toujours d'un air indéchiffrable et le laisse faire. Non parce que Zechs embrasse comme un demi-dieu, mais pour en apprendre d'avantage sur lui ; sa façon de se comporter et même de bouger son corps en dit long sur ses stratégies en tant que pilote de Formule Un.
- Parfaitement délicieux… se régale Zechs en picorant les lèvres humides, rougies et dociles d'Heero.
Il est loin de se douter que leur improbable rapprochement n'est qu'un sujet d'analyse pour Heero, un moyen d'entrer dans ses pensées, de le mettre à nu.
Aussi, lorsque ce dernier lui sourit en coin, Zechs prend cela pour un assentiment.
- Ça fait tellement longtemps que j'attends ce moment… avoue-t-il contre ses lèvres avant de les reprendre avidement.
- Profites-en bien… ça ne va pas durer, le prévient froidement Heero entre deux baisers.
Absolument pas découragé, bien au contraire, Zechs le retourne contre le mur froid du local, avant de se caler contre son dos, avisant-là son grain de beauté sur sa fesse droite qu'il presse de son index.
- Fais pas semblant d'être indifférent, Heero… Je vais te faire hurler à la lune, lui promet-il en se frottant contre lui.
- Ton temps est presque écoulé.
- Imagine un peu ce que cela donnerait au lit, hum ? Enfin, là ou ailleurs… lui susurre-t-il contre sa nuque sans se préoccuper de ses avertissements.
Heero émet un rire mauvais ; il a fini d'étudier.
D'un mouvement brusque et étonnement puissant lorsque l'on sait Zechs plus grand que lui, Heero se libère sans aucune difficulté avant de reprendre le contrôle de la situation.
Aveuglé par son désir, Zechs croit qu'Heero souhaite simplement le dominer sexuellement, mais il est bien loin du compte.
- C'est précisément ce que j'ai tenté de faire, mais rien de bon n'en est ressorti, lui répond Heero en lui ôtant toute possibilité de fuite.
- Tu as tort, le contredit-il en se passant la langue sur ses lèvres, satisfait de ce qu'il croit être des préliminaires.
- Tu crois ça ?
- Hm, hm.
La réaction ne se fait pas attendre : Heero l'embrasse profondément, longuement mais durement. Joueur, Zechs encaisse sans broncher jusqu'à ce qu'Heero ne lui morde la lèvre jusqu'au sang, faisant sursauter et gémir le pilote de douleur.
Sans temps mort, Heero le libère de son étreinte avant de l'envoyer s'écraser lourdement contre le Wing.
Bien plus décontenancé qu'il ne veut bien se l'avouer, Zechs se relève en portant deux doigts sur sa lèvre sanguinolente, bien moins meurtrie que son ego, tandis qu'Heero s'avance vers lui dans son plus simple appareil, nullement gêné et absolument pas déstabilisé.
- T'aurais pas le temps de jouir que ton cœur cesserait de battre, Zechs. Alors, sors d'ici… Tout de suite… Et ne t'avises jamais plus de me toucher.
Haletant, profondément troublé qu'une telle puissance et qu'un tel charisme puissent se dégager d'un être aussi jeune, Zechs prend le temps de le dévisager, regrettant amèrement de ne pouvoir laisser son empreinte sur sa peau, de se perdre en lui et de lui faire crier son nom…
Il finit par quitter l'immense salle par la porte du fond, celle-là même qu'il a emprunté pour entrer et qui se situe à l'opposé de derrière laquelle se trouve toujours Quatre, plus estomaqué que jamais.
- Tu t'es bien rincé l'œil ? demande ensuite Heero en ramassant sa serviette pour la nouer de nouveau autour de ses hanches, comme si elle venait tout juste de se défaire par accident.
Quatre se mord la lèvre et pousse la porte.
- Pardon, Heero… C'est-à-dire que je cherche Trowa et…
- Il est avec Wufeï au hangar numéro cinq, le renseigne-t-il avant d'ouvrir la porte de sa loge. Autre chose ?
- Euh… non.
- Je n'ai pas l'intention d'y revenir, alors saisis ta chance.
- D'accord, accepte aussitôt Quatre. Eh bien, pourquoi ? Surtout lui.
- J'avais besoin de connaître et d'éprouver ses désirs et ses limites en tant qu'homme ; je les ai déjà analysés en tant que pilote.
- J'ai quand même du mal à suivre ton raisonnement, Heero… Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir couché avec lui ? Tu en aurais appris bien plus, non ?
Heero sourit d'un air amusé et satisfait.
- Je n'en ai pas eu besoin. Il n'a plus aucun secret pour moi. À partir d'aujourd'hui, je le devancerai toujours. Quoi qu'il fasse, quoi qu'il puisse adopter comme stratégie, je triompherai toujours sur lui, en plus des autres.
- Oh.
- Hn.
- Je n'irai pas jusqu'à dire que Zechs ne jouait pas, mais je ressens depuis longtemps sa forte attirance pour toi… Je suis tenté de dire qu'il était « sincère », comme peut l'être un calculateur-né.
Heero ne répond rien.
- Écoute, tu vas peut-être me trouver ridicule, mais j'ai l'impression que tu ne crois pas en l'amour et je ne te le reproche pas. Je sais précisément ce que je serais devenu, si je n'avais pas rencontré Trowa et s'il n'avait pas eu la force, le courage et l'intelligence de me tenir tête. Mais nous savons tous les trois que Relena n'est pas…
- Bonne soirée et bonne nuit, Quatre, clôt-il la discussion en rentrant dans sa loge, lui claquant la porte au nez.
- Heero… soupire-t-il, plongé dans ses pensées.
- Quatre ? l'appelle Trowa qui vient tout juste d'arriver.
- AAAAAAAAAAAAAAAAAH ? ! !
- Que se passe-t-il ? ! demande Trowa en lui prenant les mains pour le rassurer.
Il a vu les appels en absence de son amant lorsqu'il est rentré à sa loge et s'est précipité au hangar numéro un, persuadé d'y trouver son ange.
- Promets-moi de n'étudier personne d'autre que moi ! exige Quatre, très sérieusement.
- Tu t'es disputé avec ton père ? cherche à comprendre Trowa.
Deux semaines plus tard, Quatre présentait son fiancé à son père, avant que celui-ci ne se fasse assassiner par un partisan de son propre parti, quatre mois après…
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Fin du flash back
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- Heureusement que je ne te connaissais pas à l'époque, finalement, ronchonne Duo.
Heero lui dépose un doux baiser sur la tempe.
- Mon unique projet de vie était de remporter mes courses jusqu'à ce que mort s'en suive, timber. Je n'aimais rien ni personne, si ce n'est prendre tous les risques et mes amis, Trowa et Quatre, que j'estimais ne pas mériter.
Duo quitte la chaleur de ses bras pour se redresser et s'asseoir.
- Parce que tu crois que ça va faire passer la pilule ? Relena, c'est très différent, mais savoir que Milliardo t'a… Pouah !
- Duo…
- Il t'a vu tout nu ! Il t'a caressé, embrassé et tu l'as embrassé ! !
- Je lui ai ouvert la lèvre, le corrige Heero.
- Il a vu ton « engin » et ton grain de beauté ! s'offusque Duo.
- Je n'ai rien ressenti, il s'est excité tout seul. Et puis personne n'a jamais vu mon autre marque de naissance, à part toi…
- Encore heureux, vue où elle est placée, grommelle-t-il, les bras croisés.
- Je n'ai jamais appartenu qu'à toi, murmure Heero contre sa nuque, avant d'y glisser ses lèvres, appréciant les frissons de son mari.
- Je sais, se ravit secrètement Duo.
- Tu as déniché puis touché mon cœur en une fraction de seconde…
- Pfff ! Si tu crois que tu vas atteindre ma corde sensible, tu rêves, mon pote !
- Mon être… (un baiser sur son épaule) mon âme… (une légère morsure sur son cou). Toi seul sais comment me prendre, lui murmure-t-il à son oreille, le faisant violemment frissonner.
Duo ne peut décemment plus rester sur ses positions ; il se retourne vers lui pour l'embrasser avec une tendresse et une fougue toutes particulières.
- Je t'aime, lui souffle Heero avant de l'embrasser sur le bout du nez. Je n'imaginais pas qu'un jour, je serais aimé tel que je le suis et que j'aimerais en retour avec autant de force.
- T'as gagné. Je me sens bête, maintenant, soupire Duo en baladant ses doigts sur les pectoraux et abdominaux de son mari.
- Hn.
- T'es censé vanter mes mérites, non pas appuyer ma théorie !
- Tu es l'être le plus fatiguant qui soit, je vais mourir avant l'âge.
- Merci, ça m'va droit au cœur.
Ils se dévorent du regard quelques secondes, le sourire aux lèvres, avant de rire doucement et de se rallonger.
- J'me sens si fatigué, articule paresseusement Duo en se calant confortablement contre Heero.
- Dors, timber.
La mélodie de l'interrupteur d'appel résonne, interrompant le baillage intensif de Duo.
Oubliant leur fatigue, ils se lèvent aussitôt, enfilent leurs bas de pyjamas en soie par-dessus leurs boxers en un éclair, puis vont pour se rendre à la chambre de leurs fils d'où l'appel semble provenir.
- Hiro, Keenan… ? ! s'étonne Duo en les trouvant debout sur le pas de leur porte et non pas dans leurs lits à les attendre. Mais que se passe-t-il, mes poussins ? Il est tard, vous devriez dormir.
- J'ai fait un cauchemar… pleure Hiro en se frottant les yeux.
- Et moi, je veux pas être tout seul, ajoute Keenan en levant les bras vers son Chichi.
Heero et Duo n'ont pas besoin de se consulter pour prendre la même décision.
- Ça vous dit de dormir avec nous ? leur propose ce dernier.
Hiro hoche simplement la tête, tandis que Keenan grimpe déjà dans les bras d'Heero.
- On va chasser ce vilain rêve, dit Duo avant de porter Hiro et de le réconforter de câlins et de doux baisers sur la tête.
Ils n'ont pas franchi le seuil de leur chambre que leurs enfants se sont déjà rendormis.
Délicatement, Heero et Duo déposent leurs fils au centre du lit, avant de venir se coucher auprès d'eux.
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Quelques heures plus tard…
12h21
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Duo papillonne des paupières avant d'ouvrir complètement les yeux.
Il est allongé sur le dos, son fils Hiro dormant sur son ventre, façon étoile de mer, sa main droite refermée sur sa natte.
Tendrement, Duo lui caresse le dos, faisant doucement s'étirer son fils sans qu'il ne sorte de son rêve, avant de pivoter son visage vers son mari qui, d'après son petit sourire tendre et amusé, semble les observer depuis le début.
Celui de Duo s'élargit à la vue du spectacle : Heero sert également de matelas à Keenan, confortablement allongé sur lui.
D'un même mouvement, Heero et Duo remontent leurs mains avant d'y déposer chacun leur tour un long et doux baiser.
- Ohayo, timber, murmure Heero.
- Hi, my pensioner (3), lui répond Duo sur le même ton, quand Hiro déplace soudain sa main pour la placer sur sa bouche.
Heero rit doucement, mais les vibrations suffisent à faire s'agiter Keenan qui lui envoie sa main en pleine figure, comme s'il cherchait à éteindre son réveil en tapant sur l'interrupteur.
Duo tente d'étouffer son rire, mais Keenan papillonne des paupières à son tour avant de s'éveiller en sursaut.
- La souris ? J'ai pas dormi dans mon lit !
Alerté par la voix de son frère, Hiro ouvre les yeux, mais préfère se pelotonner un peu plus contre son père et observer son frère qui croit dur comme fer à cette histoire.
- Peut-être qu'elle s'est faite piéger par une tapette, ou que Miaou l'a mangé, suggère ce dernier en pensant au chat de ses cousins.
- Non ! s'horrifie Keenan. Daddy, Chichi... ?
- Mais non, mon poussin, le rassure Duo. Ton frère a fait un vilain cauchemar… Hein, Hiro ?
- Hn, répond-il, ayant parfaitement saisi le message contenu dans le regard de ses pères.
- Tu vois ?
Keenan observe son frère un long moment avant de revenir vers son père.
- Chichi, on peut aller voir, please ?
- Haï.
- Heero ! le rappelle Duo au moment où son mari s'apprête à quitter leur chambre, Keenan dans ses bras. Comment as-tu pu… ?
…placer le modèle réduit du Deathscythe sous son oreiller, alors que Keenan dormait sur lui.
Heero lui sourit et son mari comprend.
- Superman a encore frappé ! rit Duo avant de reporter son attention sur son fils. Ça va mieux ? Tu as passé une bonne nuit ? demande-t-il en lui caressant la joue.
- Oui, répond Hiro en battant doucement des jambes, son menton posé sur ses mains jointes sur le torse de son père.
- Tu te rappelles de ton cauchemar ?
- Hn. C'était un tigre préhistorique qui traversait des cerceaux de feu et qui voulait te manger. J'ai eu peur de ne plus jamais te revoir et d'être tout seul.
Duo fronce ses sourcils et fait intérieurement tout son possible pour ne pas culpabiliser d'avantage.
- C'est à cause de notre dispute à ton père et moi ?
Hiro ne répond pas.
- Tu peux me le dire, tu sais, mon cœur. Je sais que c'est de ma faute et je m'en excuse.
Hiro détourne son regard et continue de battre des jambes.
Pour détendre l'atmosphère et tranquilliser son fils une bonne fois pour toutes, Duo le fait glisser sur le côté avant de le chatouiller.
C'est sur cette scène que tombe Heero lorsque lui et Keenan reviennent de leur chasse au trésor.
- Tous sur Daddy ! ! ! ! s'enthousiasme ce dernier.
- Hein ? !... Non, non…
Keenan et Hiro grimpent sur leur père et s'en donnent à cœur-joie, sous les yeux brillant d'émotion d'Heero.
Quand celui-ci les rejoint sur le lit, leurs fils se cachent derrière lui, un large sourire sur le visage.
- Daddy et toi êtes trop durs, on n'arrive pas à vous chatouiller, se plaint Keenan en faisant référence aux muscles de ses pères.
- Vous devriez insister sur le bas du flanc, c'est très efficace sur lui, leur conseille Heero comme s'il disséquait une grenouille.
- Non, mais ça va pas ! se défend Duo. T'as du pot de ne pas être chatouilleux… C'est bizarre d'ailleurs… Tu es si sensible et réceptif…
… à mes caresses lorsque nous faisons l'amour, s'abstient-il de compléter à voix haute.
Heero lui sourit avant de se pencher sur lui et de l'embrasser.
Quand ils daignent quitter le regard de l'autre, tous deux cherchent automatiquement leurs enfants des yeux.
Ils jouent sagement aux soleils devant les portes-vitrées avec la voiture miniature de collection que vient de recevoir Keenan, à l'instar d'Hiro lorsqu'il a perdu sa première dent de lait.
- Non, Oniisan. Quand le Deathscythe Hell Custome se transforme en armure mobile, il déploie ses ailes, comme ça, regarde...
- Hn. Le Wing Zero Custome a des plumes et un double canon laser.
- Hn. T'as vu la faux ? Elle s'allume dans le noir. Mets tes mains autour, tu vas voir.
- Les doubles faucilles du Sandrock Kai Custom de Shaims ne s'allument pas, mais ils peuvent dégager une forte chaleur.
- Hn. Et le Heavyarms Kai de Lorenzo a un petit couteau et il peut envoyer pleins de missiles de partout !
- Oui, mais il n'y a que lui et Ojisan Trowa qui arrivent à le faire fonctionner.
- Toi aussi, tu sais, relève Keenan.
- Hn., concède son frère.
Duo serre plus fort encore les mains d'Heero dans les siennes et ils se murmurent en même temps un « je t'aime » plus vibrant et vivant que jamais, quand le téléphone portable de Duo sonne.
- Il est resté dans ma veste dans l'entrée, dit-il en quittant leur lit pour aller décrocher, suivit par son mari.
- Bonjour, mon Dodo !
- J'ai même pas eu le temps de dire « allo », vieux manitou !
Il entend Quatre rire à l'autre bout du fil.
- Prêt pour le petit-déjeuner façon déjeuner ? À moins qu'Heero ait comblé ta faim et la sienne par la même occasion ?
- Je serais toi, je m'inquièterais plutôt de l'état dans lequel doit être ton mari. Son boudoir a dû en prendre un sacré coup !
- C'est sûr qu'il l'a trempé plus d'une fois, mais je ne lui laisse pas l'occasion de se ramollir trop longtemps.
- Sans rire ?
- Tout n'est pas qu'une question de doigté, un poignet souple et entraîné peut faire la différence… explique-t-il très sérieusement ; comme d'habitude.
- Je veux pas entendre ça, se lamente Duo en posant son front sur l'épaule d'Heero.
- Au pire, il s'occupe du mien. On n'est jamais à court de miel.
- C'est ça, au pire !
- D'un autre côté, je l'ai senti passer. Tu pourrais quand même te soucier de moi ! fait-il mine de se plaindre.
- Monsieur fait son malheureux !
Quatre rit doucement.
- Il reste des fraises pour vous et les enfants, vous venez ? Shaims et Lorenzo vous attendent avec impatience en cuisine.
Évidemment, Quatre ne tiendrait pas ce type de discours si ses enfants pouvaient l'entendre ; il s'est donc retiré au salon pour passer son appel, Trowa étant resté auprès d'eux.
- Avec plaisir, Quat' ! Keenan et Hiro arriveront avant nous. Ne les faites pas attendre et servez les enfants d'abord.
- Mhmm, ça sent la p'tite tension du matin, ça, hein ? T'es tout crispé, mon Dodo.
- Ça suffit !
- À tout de suite ! rit encore Quatre.
Duo raccroche puis relève son visage vers son mari avant de l'embrasser tendrement.
- 'ro ?
- Hn ?
- Je t'en prie, ne parle surtout pas de boudoir.
Heero lui sourit avant d'appeler leurs fils, absorbés par le jouet de Keenan.
- Vous mettez vos chaussons, avant !
- Yes, Chichi !
- Ne courez… pas.
Keenan et Hiro sont partis en toute hâte vers leur chambre, pressé de retrouver leurs cousins et de jouer avec leur voiture transformable miniature.
- Bien sûr, chéri, se moque gentiment Duo en se rendant à leur salle de bain pour se rafraîchir rapidement.
Heero le rattrape, se colle à son dos et commence à lui caresser le torse.
- 'ro, si on a du retard, Quat' va pas nous lâcher d'une semelle… Je l'entends d'ici : « Encore un peu de lait, mon Dodo ? Oh, j'oubliais. Tu as eu ta dose, ce matin. »
Heero sourit contre son cou avant d'y déposer un doux et long baiser.
- Si on arrive trop tôt, il va prendre cet air offusqué et désolé de constater que tu n'as pas été correctement honoré par ton mari. Tu te rappelles : « Mon pauvre ami, ça va ? Tu tiens le coup ? »
- C'est pas faux… Mais euh ! Je sais plus quoi faire, moi, avec lui ! se désespère Duo.
- Trowa et moi sommes d'accord : ne changeons rien à nos habitudes.
- C'est-à-dire ? demande Duo en se retournant dans les bras de son mari pour lui faire face.
- Aime-moi.
Duo sourit largement, tandis que son mari défait sa natte avant de lui prodiguer un divin massage du cuir chevelu.
- À condition… que tu te venges de moi juste après… exige Duo entre deux gémissements de plaisir.
- Je te le promets…
•
Plus d'un an plus tard,
Hiver AC 216.
•
Une année sur deux, la famille Yuy Maxwell fait le déplacement jusqu'en Arabie Saoudite pour fêter la nouvelle année chez les Barton Raberba Winner.
Elle y reste généralement deux semaines, le temps pour leurs enfants de profiter de leurs cousins.
- Hiro, yamero, now ! s'écrie Keenan en courant après son frère autour de l'énorme pouf jaune du salon.
Hiro, dix ans et demi, est l'aîné des cousins. Les jumeaux ont trois mois de moins que lui ; ils sont nés la même année, soit en AC 206, alors que Keenan a vu le jour en l'an AC 207.
Leurs parents étant très proches, les enfants passent toujours leurs grandes vacances d'été et d'hiver ensemble, soit chez les uns, soit chez les autres.
- Vous n'avez pas bientôt fini de faire tout ce raffut ? s'interpose Duo en se plaçant entre ses deux fils. Nous venons tout juste d'arriver, qu'est-ce que vous avez bien pu faire en si peu de temps ?
- Oniisan veut pas me prêter son game, se plaint Keenan.
- Tu as le tien, chéri.
- Yes, Daddy, demo…
- Ça suffit, Keenan, intervient Heero avec toute sa tendresse et fermeté de père.
- Je veux bien lui prêter, Otousan, se précipite à dire Hiro, n'aimant pas voir son petit frère en si fâcheuse posture.
- Je sais, répond Heero. Mais ton frère doit apprendre à apprécier ce qu'il a et surtout à respecter son environnement.
Keenan se dandine, le regard braqué sur le sol.
- Chichi et moi savons que tu accordes beaucoup d'intérêt aux affaires de ton frère, que c'est plus affectif qu'autre chose, dit Duo en s'agenouillant devant son fils et en lui caressant la joue. Comme quand tu fais la sieste à bord du Wing Zero ou du Deathscythe, ou quand toi et ton frère venez faire la grasse matinée dans notre lit.
Depuis que leurs enfants ont compris comment enclencher le contact de leurs voitures de courses, Heero a installé une double sécurité : elles ne peuvent démarrer que par reconnaissance vocale, combinée à un code de huit chiffres.
- Haï. Je veux pas lui prendre, je veux juste jouer avec.
Heero s'approche de leur fils qui arbore la même coiffure que lui ; c'est-à-dire aucune.
- Viens dans mes bras, mon ange.
Keenan ne se le fait pas dire deux fois et s'agrippe à lui, ses petites mains sur ses épaules.
- Gomen, Chichi, s'excuse-t-il en plongeant ses deux améthystes dans le regard attendri mais ferme de son père.
- Tu dois comprendre que toute existence a son lot de frustrations et de satisfactions.
- Ça veut dire quoi « frustation » ?
- « Frustration » signifie que tu ne peux pas avoir tout ce que tu veux au moment où tu en as envie, voire ne pas l'avoir du tout.
- Comme quand je voulais l'énorme peluche Pikatchu et que Daddy m'a dit no ?
- Par exemple, oui.
- D'accord.
- Ton frère t'aime énormément et tu es l'un des rares avec vos cousins à pouvoir l'embêter sans qu'il ne dise rien, mais tu dois respecter son espace vital tout comme il respecte le tien.
- Ça veut dire que j'ai plus le droit de dormir et de jouer avec lui ? s'inquiète-t-il sérieusement.
- Bien sûr que non, mon ange. Tu dois simplement cesser de lui prendre ses jouets sans lui demander son autorisation.
- C'est tout ?
- Hn.
- Hiro t'a bien demandé s'il pouvait emprunter ton vélo, avant-hier ? l'interroge Duo.
- Yes, Daddy. Et même que j'ai dit oui ! répond-il tout fier de lui.
- Good boy. Tu as bien compris ?
- Oui, j'ai bien compris.
Heero et Duo l'embrassent sur la joue avant que son père ne le dépose à terre.
Dès lors, Hiro lui tend sa console.
- Euh… Est-ce que je peux jouer avec ton nouveau game ? demande Keenan, soucieux d'appliquer à la lettre les consignes de ses parents.
- Haï, Otouto (4).
- Thank you !
Ignorant presque le jouet tant désiré, Keenan se jette dans les bras de son grand frère pour lui faire un gros câlin.
Hiro sourit, rassuré qu'il ne se soit pas fait trop gronder, puis tous deux vont s'asseoir sur les poufs vert et jaune, en attendant que leurs cousins rentrent de leur cours de natation.
Heero et Duo s'étreignent et s'embrassent rapidement avant d'aller prendre place dans la partie opposée de la pièce, afin de laisser le « coin jeux » aux enfants ; affectueusement rebaptisé « coin-mioches » par Duo.
À l'entrée du séjour baignée de lumière, Trowa et Quatre ont observé la scène avec un mélange de tendresse, d'amusement et d'admiration, avant d'aller s'installer confortablement sur le canapé, en face de leurs amis.
- Vous êtes vraiment de bon parents, les complimente Quatre assis sur les genoux de son mari.
- On fait de notre mieux, sourit Duo. Ils sont adorables, mais Keenan a besoin de se rassurer en prenant nos vêtements ou des objets que nous utilisons quotidiennement. Ce n'est pas le cas d'Hiro.
- N'oublie pas qu'il a mal vécu l'absence de son frère aux dernières vacances d'octobre, le corrige son mari en entremêlant ses doigts aux siens. C'est la première fois qu'ils étaient séparés plus d'une journée.
- Oui, c'est vrai. Keenan n'est parti qu'une semaine en colonie et je ne voulais pas croire Heero, quand il me disait que son frère lui manquait à ce point. Au contraire, je me suis dit qu'Hiro allait être content de pouvoir faire ses devoirs en toute tranquillité et retrouver ses affaires là où il les avait rangées.
- Ils sont vos portraits crachés, ce n'est donc pas étonnant qu'ils aient tant besoin l'un de l'autre, leur dit Trowa en échangeant un regard complice avec Heero.
- C'est comme Shaims et Lorenzo, sauf que nous devons faire un travail plus profond et plus long, dit Quatre.
- Comment ça ? demande Duo.
Ni Quatre ni Trowa n'ont le temps de lui répondre que l'une des deux portes s'ouvre à la volée.
- Uncllllle ! Ojisaaaaan ! chante Shaims en se précipitant vers eux, avant de sauter sur les genoux de Duo.
Lorenzo vit son bonheur plus discrètement, veillant surtout à ce que son frère ne tombe pas en arrière. Une fois certain que Duo le soutient, il se tourne vers Heero, qui le prend dans ses bras avant de le faire voler dans les airs, faisant rire ses neveux et sourire leurs parents.
- Bonjour, mes amours ! les accueille chaleureusement Duo. It's incredible ! Qu'est-ce que vous avez grandi !
- J'ai ten years ! explique Shaims, tout fier d'avoir enfin atteint un âge à deux chiffres et en écartant ses dix doigts pour que ses oncles puissent constater qu'il ne s'est pas trompé.
- Et toi, Lorenzo, ton père m'a dit que tu avais refusé de sauter une classe ? lui demande Heero.
- Hum. Je veux rester avec mon Khoya.
- Tu serais resté dans la même école pourtant.
- Oui, mais je ne pourrais plus le surveiller.
- Tu as l'impression que tu dois le faire ?
- Hum.
- Pourquoi ?
- C'est mon khoya, répond-il sur le ton de l'évidence. Si jamais il tombe, s'il a peur, s'il est triste ou s'il se perd… semble-t-il s'épouvanter, tandis que Shaims l'écoute sans rien dire, son regard posé sur lui.
- Je comprends, vous ressemblez tant à vos parents, dit Heero en regardant Trowa, le sourire en coin, avant de se prendre une cacahuète sur la tête.
Heero et Duo leur donnent à chacun un baiser sur le front, puis les font descendre de leurs genoux.
- Ojisan ?
- Oui, Shaims ?
- Tu peux me faire voler, moi aussi ?
Heero sourit.
- C'est dangereux, khoya ! s'oppose Lorenzo.
- Mais, je veux le faire !
- Tu pourrais te faire mal ou avoir peur.
Quatre s'apprête à intervenir quand il est stoppé dans son élan par la pression de son mari sur sa main et le regard de ses deux amis.
Shaims qui a l'habitude d'écouter son frère autant que ses parents, regarde ces derniers afin d'y trouver un semblant de soutien ou de défense.
Confiant, Trowa lui sourit tendrement, tandis que Quatre tente d'esquisser le sien.
- Tu dois faire tes propres choix, mon fils, lui dit Trowa. Vivre selon ton ressenti.
Shaims jette un coup d'œil à son frère, puis se tourne de nouveau vers son oncle.
- Je suis prêt, Ojisan, affirme-t-il en levant ses bras vers lui.
Sous les yeux inquiets de Lorenzo, Heero fait sauter Shaims au-dessus de lui, le faisant rire à gorge déployée.
- Encore, encore !
Après quelques sauts supplémentaires, Heero le rattrape, lui dépose un baiser dans ses cheveux puis le remet sur ses pieds.
- Merci, Ojisan. C'était super ! dit-il en sautillant.
- C'est facile de faire voler des crevettes, lance Duo. Allez, shoo ! Hiro et Keenan ont des tas de choses à vous raconter.
- Nous aussi ! lui répond Shaims.
- Khoya, attend ! le retient Lorenzo. Ton lacet est défait et tu vas tomber.
Shaims observe son frère le lui refaire sous le regard des quatre adultes.
- Oh, non ! C'est trop mignon, s'extasie Duo.
- T'as pas bientôt fini, se moque gentiment Trowa.
- Keenan a appris à tresser les cheveux de son frère, sourit Duo. Et ça me fait le même effet !
- Papa et Baba m'ont appris, mais j'arrive pas à faire des beaux nœuds, se désole Shaims.
- Je vais te remontrer, lui promet Lorenzo. Si tu ne sais pas, tu viens me voir, tu ne dois pas courir comme ça, tu pourrais te faire mal. Papa et Baba nous l'ont déjà dit.
- Oui, je sais.
- J'ai fini, on peut y aller.
- Choukrane (5) !
Le temps d'embrasser son frère sur la joue et les voilà courant vers le « coin-mioches ».
- Je suppose que vous avez compris l'ampleur du problème ? leur demande ensuite Quatre.
- Tu ne crois pas que tu exagères un chouilla ? veut minimiser Duo.
- Non, mon Dodo. Lorenzo est excessivement soucieux pour son frère, alors qu'il n'y a pas de quoi l'être. Shaims est la joie de vivre incarnée et il tient parfaitement sur ses deux jambes.
- Si vos fils se sont séparés durant une semaine, les nôtres, et surtout Lorenzo, refusent catégoriquement de vivre loin l'un de l'autre, ajoute Trowa.
- Ils n'ont que dix ans et le monde est encore trop grand à leurs yeux. Laissez-leur du temps, suggère Duo.
- Bien sûr, je ne veux pas les brusquer ni les traumatiser, répond Quatre. Nous veillons seulement à ce qu'ils ne s'angoissent pas.
- Je crois que ce sera à Shaims de montrer à son frère qu'il est capable de s'occuper de lui tout seul, dit Heero. Pour l'heure, ce sont leurs parents qui sont à l'épreuve.
- Hum. Nous en parlions encore ce matin, confie Quatre. Notre devoir en tant que parents est d'être à l'écoute de leurs besoins. Ils doivent savoir et sentir qu'ils sont aimés et en sécurité. C'est tout ce qui nous importe.
- Je te sens bien trop angoissé, Quat' et ce n'est bon ni pour eux, ni pour vous. Tes enfants sont très épanouis et je suis certain que tout ira pour le mieux. Je le pense vraiment ! Tu entends les rires de nos bambins ?
Quatre hoche la tête et serre plus fort la main de Trowa.
- Alors cesse de te prendre la tête et repose-toi un peu sur ton mari !
- Je rêve ou tu me réprimandes ?
- Ne me prends pas pour une poire ! Tro' a dû te passer un savon ; je ne fais que rincer le tout.
- J'ai toujours de l'eau froide à disposition, ajoute Heero.
- Et toi, tu ne dis rien ? s'étonne Quatre face au silence de son mari.
- Je serai là pour te réchauffer, assure-t-il d'un baiser sur sa nuque.
- Hey, mais ça vaut le coup d'être bête !
- Comme tu y vas ! lui dit Quatre, faussement vexé.
- 'ro, je te l'ai jamais dit, mais je suis super angoissé pour Hiro. Et s'il n'arrivait pas à sauter une deuxième classe ?
- Je n'ai pas besoin de ça pour chauffer ta peau de mon souffle, timber, murmure Heero à son oreille, faisant rire et frissonner Duo.
- Hey, mais… Tu veux dire que je suis bête tout le temps ?
Tout le monde éclate de rire…
La journée se déroule dans la joie et la bonne humeur, comme à chaque fois qu'ils sont ensemble.
Le soir venu, chaque parent couche ses enfants…
•
Dans la grande chambre « spéciale vacances » d'Hiro et Keenan et de Shaims et Lorenzo…
•
Chaque « miniature » est dans son lit, l'un de leurs pères à leur chevet, en train de les border.
- Dis, Papa ?
- Oui, mon ange, répond Trowa.
- Pourquoi ils viennent pas vivre avec nous ?
La question de Shaims a le mérite de faire silence et d'attirer l'attention.
- Tes oncles et tes cousins vivent au Canada, trésor. Ils ont leurs écoles et leurs camarades là-bas.
- Elle est bien, mon école !
- Bien sûr, mais ce serait moins drôle si vous étiez tout le temps les uns sur les autres et puis vous n'auriez plus rien à vous raconter.
La petite moue de Shaims montre qu'il n'a pas l'air convaincu par ses arguments.
- Mais on se voit pas souvent.
- Lorsque tu seras en âge de voyager seul, tu pourras aller les voir.
- Pas sans Khoya ?
- C'est comme vous voudrez, mon cœur.
Shaims hoche la tête, satisfait de sa réponse.
- C'est quand l'âge de voyager tout seul ? veut savoir Keenan.
- Quand tu ne te poseras plus la question, répond Duo, occupé à démêler les cheveux d'Hiro.
- Mais je vais me la poser tout le temps ! s'horrifie son fils.
- Profitez-donc du moment présent, les mioches !
Les quatre garçons rient à l'entente de ce qualificatif « made in Duo ».
- Voilà, mon cœur.
- Elle n'est pas très serrée, remarque Hiro, alors qu'il en a pourtant l'habitude.
- Elle doit être souple pour la nuit, sinon ta natte te gênerait, lui explique tout de même Duo, surpris.
- Hn.
- Quelque chose ne va pas ? demande-t-il devant son air préoccupé.
Hiro hausse les épaules, triturant un peu le bout de sa tresse.
Alerté par la contrariété de leur enfant, Heero les rejoint, puis prend Hiro sur ses genoux de façon à ce qu'il fasse face à son Daddy.
- Tu sais que tu peux tout nous dire ?
- Haï, Otousan.
- Évidemment, tu n'es pas obligé de nous en parler tout de suite, mais sache que ton père et moi sommes inquiets, angel.
Hiro plonge son regard bleu dans celui de Duo, ayant imposé à son tour un silence absolu.
- Sean m'a dit que mon frère et moi, on n'avait pas de maman et qu'il était impossible d'avoir deux pères, que forcément toi ou Otousan n'était pas mon vrai papa.
Duo et Heero échangent un regard entendu ; ils s'y attendaient et se sont préparés au mieux.
Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est que les cousins seraient présents.
- Tro', Quat'…
- Aucun problème, Duo, le coupe Trowa. Ils nous ont interpellés sur ce sujet, la semaine dernière.
- Okay. Tu es en droit de te poser des questions sur notre famille, Hiro. Sean a raison sur le principe, mais pas dans le fond. Dans le cas présent, ton père biologique est Heero et je suis celui de Keenan. Vous avez tous deux une maman différente qui a accepté de vous portez pour qu'Otousan et moi puissions avoir des enfants sans passer par l'adoption.
Duo dissimule sa tristesse à prononcer ces mots-là à la perfection, mais ni son mari ni ses amis ne sont dupes de son aisance.
- Khoya et moi on a la même maman ! tient à préciser Shaims pour rassurer ses cousins.
- Chuuut, mon ange, laisse tes oncles discuter avec leurs fils, hum ?
- Pardon.
- Viens-là.
Shaims sort de son lit pour venir se caler confortablement dans les bras de Trowa.
- Là où Sean se trompe, reprend Heero, c'est lorsqu'il te dit que tu ne peux pas avoir deux papa ou que tu n'as pas de maman. Daddy et moi vous aimons tous deux de la même façon et ne faisons aucune différence, tout comme le fait sans doute son papa et sa maman.
- Oui, mais moi j'ai la même natte que Daddy et Keenan ne se coiffe jamais, comme toi, argumente très sérieusement Hiro, faisant sourire les quatre pères.
- Ce qui prouve que l'amour n'a rien à voir avec la génétique, répond Heero.
- Mais si un jour vous vouliez en savoir plus sur vos « mères bienfaitrices », sachez qu'elles nous ont autorisé à les contacter en cas de demandes de votre part, les informe Duo. N'hésitez surtout pas à venir nous trouver, d'accord, mes poussins ?
- Yes, Daddy ! Mais moi, j'ai pas envie, répond Keenan.
- Comme tu veux, angel. Ton désir d'en savoir plus sur tes origines maternelles peut se manifester plus tard.
- Hn.
- Et toi, mon cœur ? demande Duo à Hiro.
- Iee, Daddy, j'ai pas envie. Je voudrais apprendre la génétique, avant.
Heero sourit en coin avant de lui embrasser le haut de la tête.
- Daddy et moi vous aimons plus que notre propre vie.
La fin de sa phrase fait se froncer les sourcils d'inquiétude de leurs fils.
- Chichi a un sérieux problème de diction. Ce qu'il a voulu dire c'est que nous vous aimons plus que tout au monde, mes anges, les rassure Duo.
Mission accomplie : leurs enfants sourient, soulagés et l'esprit apaisé.
- C'est pas le moment de faire ton Dark Vador, l'affreux ! adresse-t-il ensuite du bout des lèvres à son mari.
- Tu dois pas avoir envie de dormir toi, lui promet Heero.
Duo se lève d'un bond.
- Il est tard les moufflets et nous avons fait un long voyage, j'en ai plein les pattes !
Duo s'étire et baille avant d'embrasser et de chatouiller la joyeuse bande des « quatre fantastiques ».
Heero, Quatre et Trowa font de même avant d'aller éteindre la lumière.
- Chichi ? l'appelle Keenan.
Heero rallume la lumière, mais reste dans la porte.
- Hn ?
- Jamie m'a dit que c'était pas possible que tu sois retraité à ton âge, parce que tu es trop fort et que son papa dit que tu es une légende.
Les adultes sourient.
- J'aurais pu piloter encore quelques années, mais j'ai préféré m'arrêter il y a un an pour me consacrer à ma famille.
Comme Keenan ne répond rien, Heero s'interroge.
- Quelque chose ne va pas ?
- Iee, Chichi. C'est juste que tu pilotes toujours… je ne comprends pas bien.
- Daddy, tes oncles et moi-même pilotons pour le plaisir, tenshi no, pas pour travailler, sourit-il devant son analyse.
- Aaaaah ! s'exclament les quatre enfants.
- Tu as d'autres questions ?
- On peut avoir un chien ?
- Plus tard. Ensuite ?
- Jusqu'à quand l'école est obligatoire ?
- Jusqu'à ce que ton père et moi en ayons décidé autrement.
- Ah, bon.
- Hn, sourit Heero.
- J'ai fini ! répond Keenan, tout content.
- Alors, au dodo.
- Bonne nuit les enfants et n'oubliez pas qu'au moindre problème, vous appuyez sur le bouton d'appel, juste-là, sous l'interrupteur, leur rabâche Quatre. Soyez certain que nous vous entendrons. Vous devez simplement attendre que l'un de nous vienne vous voir, c'est bien compris ?
- Ouiiii ! répondent-ils tous en chœur.
- Vous dormez, hein ? s'enquiert Duo.
- Yes, Uncle, répond Shaims en se cachant sous son drap.
- Ouais, ouais… On verra qui tombera le nez dans son bol de chocolat, demain matin.
Les enfants rient tandis que Duo referme la porte.
- Eh bien, vous vous en êtes bien sortis, les complimente encore Quatre qui sent bien que Duo n'est pas dans son assiette.
- Non, c'était horrible, s'émeut-il justement en nichant son visage dans le cou de son mari.
- Chuuut, timber.
Heero lui dépose de doux baisers dans le cou, puis frotte doucement sa joue contre la sienne.
- On est pas une famille normale ! Comment voulez-vous que ça aille ?
- Bien des enfants nés d'un couple hétéro sont maltraités, malaimés ou ignorés, intervient Trowa. Et puis, nous ne sommes pas les premiers couples homos à avoir eu recours aux mères porteuses. Je ne dis pas que notre position est facile, mais notre plus belle victoire sera lorsque le monde posera son regard sur nos enfants.
- Il n'y aura rien d'autre à voir que la tolérance et l'harmonie des cœurs, complète Quatre.
Heero frotte le dos de son mari tout en le serrant fort contre lui.
- N'oublie pas que leurs marraines sont là pour leur assurer un univers féminin. Ils sont très contents d'aller voir Tante 'lena et ils s'entendent très bien avec sa fille et son fils.
- Ses jumeaux ont deux ans ! Ça les fait juste marrer de les voir bouffer leur purées. Et Tante Hilde, c'est juste une hystérique ! Tu parles d'un repère.
Tout le monde rit, sentant bien que Duo se ressaisit. Pour le reste, seul Heero peut remédier à le détendre complètement et chasser ce gros nuage.
- J'y pensais l'autre jour, se souvient Trowa. C'est une bonne chose que Relena se soit remise et qu'elle ait fait le premier pas vers vous.
- Hn. Je ne m'y attendais pas du tout, mais j'en suis heureux. Elle est très épanouie, son rôle de maman lui apporte beaucoup et son mari est formidable.
- Oui, bon, ça va ! John par-ci, John par-là… Moi aussi, je sais faire des roulés aux dix milles ingrédients ! Encore un compliment sur lui et c'est lui que je vais rouler dans la farine !
- Mon timber est jaloux ?
- Ton timber veut aller se coucher !
- Ça sent la nuit blanche, ça, se réjouit Quatre.
- T'as dû mettre le même parfum alors, lui répond Duo du tac au tac.
Ils rient tous deux comme des imbéciles, tandis qu'Heero et Trowa se sourient en coin, toujours très amusés par leurs compagnons.
…
Plus tard dans la nuit, Heero sent les doigts de son mari caresser son torse inlassablement, signe qu'il veille encore alors qu'il devrait dormir.
- Dors, timber, tu es exténué.
- Malgré toutes tes attentions, la peur m'empêche de rêver, murmure-t-il.
- Que crains-tu donc ?
- Qu'un beau matin, nos enfants nous reprochent de les avoir conçus et gardés avec nous.
- Iee, mon amour.
Heero se tourne sur le côté, faisant face à son mari.
- Heero…
- Chuuut, le coupe-t-il en lui caressant ses lèvres, puis sa joue avant de dégager une mèche de son visage. Tu sais ce qu'ils m'ont dit vendredi soir, lorsque je suis allé les chercher à l'école ?
Duo hoche un peu la tête en signe de négation, les yeux brillants de tristesse.
- Qu'ils avaient bien compris que leurs camarades de classe avaient une maman et un papa, mais qu'ils étaient très heureux et très fiers de vivre avec nous et qu'ils seraient très tristes si on les enlevait de chez eux.
- Tu les as rassurés au moins ? s'alarme Duo.
- Bien sûr que oui, chéri. À la fin, Keenan m'a parlé de devenir pilote, bûcheron, boulanger et magicien.
Duo rit, ému et rassuré.
- Hiro veut être pilote, aventurier et chercheur pour la NASA, c'est pas mieux !
Heero l'embrasse avant de prendre le temps d'écouter la lente, profonde et silencieuse respiration de son mari, son regard cobalt plongé dans ses améthystes.
- Tu n'empêcheras pas les messes basses, les rumeurs et les moqueries de circuler, murmure Heero. L'important est que nos fils sachent la vérité. Lorsqu'Hiro nous a interpellé tout à l'heure, il était déjà prêt à l'entendre et Keenan aussi. Ils ne grandiront pas dans le mensonge et seront capable de faire face à toutes les situations.
- Et nous serons toujours là pour les y aider.
- C'est bien là notre seule et unique fonction, timber.
- Je t'aime, Heero. Si tu savais combien je suis heureux à tes côtés…
- Pas autant que moi.
Que n'a-t-il pas dit là !
- Quand même, je t'aime pour l'éternité, au moins !
- Moi, aussi.
- Tout dépend de ce que tu appelles « éternité », parce qu'avec toi, c'est toujours un peu paranormal, tout ça.
- Je t'explique simplement l'aspect scientifique.
- C'est bien ce que je dis ! Pour la science, rien n'est vraiment illimité, il faut toujours que vous fassiez des calculs et que vous fichiez en l'air toutes nos théories spirituelles.
- Je me sens bien d'en tester une, là, tout de suite.
- Laquelle ?
- Je n'ai pas encore élucidé celle de l'absence d'apesanteur lorsqu'un « Timber » vous retourne l'âme et le cœur.
- Ah, c'est bien ça ! C'est mon domaine de prédilection.
- Ah, oui ? feint Heero, alors qu'il bascule son mari sur le dos et parsème son cou de baisers et douces morsures, son désir battant contre le sien.
- Hn. Je sais exactement quand le Yéti veut tailler sa glace.
- … ? !
•
Pendant ce temps,
Dans la chambre de Quatre et Trowa…
•
Ils ne dorment pas non plus. Trowa sent bien que son mari est préoccupé. Il sait aussi que Quatre viendra à lui lorsqu'il l'aura décidé et qu'il n'a pas à le brusquer ; ce que Quatre ne tarde pas à faire.
- Trowa, je tiens à m'excuser.
- De quoi ?
- Il aura fallu l'intervention de Duo et d'Heero pour que je me recentre et retrouve une certaine maîtrise de mes émotions en ce qui concerne nos fils, alors que tu me dis la même chose qu'eux depuis des semaines. Ce n'est pas que j'ai ignoré tes conseils ni ton rôle de père…
- Je sais, le coupe-t-il. Je ne me suis jamais senti déprécié, mon ange.
- Cela me rassure. Je crois qu'il me fallait l'avis de quelqu'un d'assez proche et d'extérieur à notre vie de famille quotidienne pour que j'accepte de l'écouter et en même temps, d'être interpellé par ses propos. Même Irea et Rashid n'ont pas réussi à m'atteindre. Mais là où j'étais le plus inquiet, c'est lorsque je me suis aperçu que je ne t'avais pas vraiment entendu ; j'ai eu peur que tu le prennes mal, tu comprends ?
- Hum. Je n'aurais pas pu attirer à ma vie un être aussi merveilleux que toi, si mon ego et mon orgueil étaient aux commandes de mon existence. Tout ce qui compte, c'est que toi et les enfants ailliez bien ; peu m'importe que cela passe par moi, quelqu'un d'autre ou par une activité.
- Tu passes ton temps à me déclarer ta flamme et me dire que je suis un être d'exception mais, Trowa, tu es tellement fort, présent et constant… Tu es un pilier…
Sa voix se brise par l'émotion, alors Trowa se redresse et lui prend son visage en coupe dans ses mains avant de tendrement presser ses lèvres contre les siennes.
- Je t'aime et je ne sais pas comment te le dire… reprend Quatre. Tu es le miracle de ma vie, Trowa, voilà, c'est ça ! Je t'ai pris pour un mirage, mais tu m'as rattrapé pour ne plus jamais me lâcher. Tu m'as tout donné, tu as tout supporté : mon travail, mes réunions, mes heures matinales et tardives, l'arrêt de ton métier de pilote…
- Tes rires, tes sourires, ta chaleur, ton regard, ta douceur… le coupe Trowa. C'est vrai, je suis courageux. J'ai dû prendre sur moi, me marier avec l'être que j'aime le plus au monde et savourer chaque moment passé avec toi, en toi, me sacrifier et te faire l'amour encore et encore… Que c'est dur, ironise-t-il.
Quatre, ému par tout ce qu'il entend, ressent et perçoit de son mari, lui rend son sourire avant de l'embrasser langoureusement.
- En effet, constate Quatre à présent totalement détendu, apaisé… et excité.
- Tu ne cours pas chercher ton pot de miel ? s'étonne Trowa entre deux baisers enflammés.
- Non… Je te veux nature cette nuit…
Trowa roule sur Quatre et lui remonte les mains au niveau de sa tête avant d'y entremêler leurs doigts.
- Hum. Y en a plus, c'est ça ?
Quatre se mord la lèvre. Les enfants et ceux d'Irea ont fait un sort aux trois pots restant pour confectionner des gâteaux destinés à l'orphelinat de la région.
- Comment t'as deviné ?
Trowa éclate de rire.
À suivre…
Note :
(1) Leave me alone ! : Fous-moi la paix !
(2) Shoo ! est une exclamation anglophone qui signifie Ouste !
(3) pensioner : retraité,e
(4) Otouto/Oto/Ototo : petit frère
(5) Choukrane : merci
(A) Cette partie du texte vient du site, dont vous trouverez le lien sur mon profil.
(B) Je vous mets le lien direct du modèle cité sur mon profil.
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RARs :
Je réponds ici à celles et ceux qui n'ont pas de lien sur le site ou qui ne m'ont pas donné d'e-mail.
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Altaya : Je suis contente que ce dossier te plaise également. Mais… mais Ikea nous aurait-il menti ? ! Ils prétendaient qu'un poisson rouge avait 3s de mémoire…XD
Merci pour l'info !
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Ombrepluie : Je n'ai pas résisté à idéaliser les enfants de nos g-boys adorés.
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JTFLAM : [l'un est "la mort" et l'autre "le survivant" donc ils sont complémentaires. "Puis la mort ne venant pas…" maintenant heero l'a enfin sa mort ^-^]
Oh, j'adore ! *v*
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MAXWELL : Merci ! C'est court, mais ça vient du cœur )
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Bretzel : Nan, trop mignon ton pseudo ^v^ Merci et Bienvenue ! J'espère avoir de l'inspiration pour d'autres OS ou dossiers )
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Maman Bouba : Merci beaucoup et pour ta présence également… Pour ma rapidité, on repassera, mais il y a une suite quand même ^^
Kisu
Yuy ღ
