Titre : Au-dessus de tout
Auteur : ylg/malurette
Base : Shōjo Kakumei Utena
Personnages/Couple : Ōtori Akio x Tenjō Utena
Genre : angst/dub con
Gradation : R / M
Légalité : propriété d'Ikuhara, Saito, Be-Papas ; je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Prompt : Assault Awareness April
Avertissements : manipulation, coercition, abus
Continuité/Spoil éventuel : dernier arc
Nombre de mots : ~600
oOo
Dios existait par son rôle à tenir : il était le Prince et servait l'humanité, il sauvait ses filles de tous les dangers, des pires au plus triviaux. Au début, leurs pères et leurs frères lui en étaient reconnaissants et c'était tout ce qu'il demandait. Il faisait le bien parce que c'était sa nature, et savoir les filles saines, sauves et heureuses lui suffisait.
Et puis à force ils se sont habitués et ont pris son dévouement comme un dû, et exigé toujours plus de lui, pour de moins en moins de remerciements. Ou alors, de façon sournoise, qui déguisaient en fait une nouvelle exigence : qu'il les épouse, ces filles qu'il sauvait !
Mais comment promettre amour et dévotions exclusifs à une seule fille parmi les myriades qui réclamaient son assistance, ou comment faire comprendre à toutes ces enfants ignorantes qu'elles devraient se le partager entre elles toutes ? Ça n'était simplement pas possible.
Sous l'influence de sa Sorcière de sœur, il appris l'égoïsme, qui devrait sauver sa santé physique, et, sur le moment au moins, mentale en lui offrant un peu de répit. Mais au contact répété de ce même égoïsme chez les humains, il apprit ce qu'il y avait de pire chez eux, et se corrompit. Ces êtres si triviaux et si faibles, il les prit en dégoût. S'il continuait à les aider, c'était maintenant par condescendance et non plus par bienveillance.
Leurs filles, croyait-il désormais, étaient faibles et sans volonté. Il se rendit vite compte combien elles étaient faciles à séduire. La voilà, la reconnaissance qu'il convoitait ! Émerveillées et croyant bêtement à plus qu'il n'offrait réellement, elles cédaient sans peine. Et si elles résistaient, c'est qu'elles faisaient semblant pour préserver un simulacre de… il ne savait même plus ce que le commun y voyait, de pudeur, de réserve ? D'hypocrisie, d'après lui.
Des siècles plus tard, Akio utilisait les filles comme moyens, pour asseoir une position, pour exciter la jalousie d'un escrimeur sur son échiquier. Celle qu'il a sélectionnée récemment pour être sa duelliste attitrée, le vecteur pour récupérer son pouvoir scellé, n'y fait pas exception. Il lui fallait cultiver à la fois son désir d'être un prince, et ses doutes quant à être une fille.
Elle lui facilita la tâche en s'amourachant de lui. Comme il projetait une aura de perfection, renforcée par une impression de proximité en étant le grand frère idéal de sa fiancée… Utena se troubla vite, et, charmeur comme toujours, il l'y encouragea.
Elle avait d'ailleurs l'âge parfait : une enfant qui se croit adulte, la plus facile à manipuler et faire tomber dans ses filets. Évidemment, si jeune, ses formes étaient encore discrètes… tout juste suffisantes pour l'aider à s'intéresser à elle.
Le moment venu, il ne laisse pas le choix. Il amène l'acte comme un dû : après l'avoir emmenée s'amuser, lui avoir offert des jeux, un repas cher, des babioles, quantité de flatteries, il faut bien qu'elle le remercie. D'autant qu'il lui laisse croire que ses sentiments enfantins sont réciproques. Il sait qu'elle éprouve du désir, même si elle ne le comprend pas bien, oui, mais de l'amour ? Quelle blague !
Il présente même cet acte comme un service qu'il lui rend et pas une grâce qu'elle lui fait, d'assouvir en secret ce désir dont elle a honte, puisqu'il entre en conflit avec ses idées de noblesse, de correction et de chevalerie.
Et pendant qu'il fait son affaire, il voit bien qu'elle a l'esprit ailleurs, que ça n'est pas ce qu'elle attendait, qu'elle espère juste que ça se finisse vite et que si elle osait, peut-être, elle lui demanderait d'arrêter ; il n'en a cure. Même si elle osait demander, il n'arrêterait pas pour autant. Maintenant que c'est commencé, il faut qu'elle sache aller jusqu'au bout même si ça lui déplaît.
Comme il feint l'attention qu'il lui offre, il va encore lui laisser croire que c'est sa faute à elle si elle n'y a pas pris de plaisir et qu'elle en garde l'impression qu'elle est… inadéquate. Pour la suite de ses projets, sa désillusion concernant l'amour est nécessaire, et si tout se passe comme il le prévoit, elle devrait être complète.
