Bonsoir à tous!

Me revoilà enfin avec le prochain chapitre de The Merge!

Je remercie de tout mon cœur ma béta, absolument géniale, Dark Willoow, qui a corrigé ce chapitre et qui me soutient toujours autant! Pas sûr que l'histoire serait la même sans elle! On lui fait tous de gros bisous!

Réponses aux Reviews:

Guest #6: Merci pour cette review! Et merci d'avoir lu les deux versions!

Guest #7: Merci beaucoup!

Guest #8: Merci! Tu m'en vois ravi! J'espère que la suite te plaira toujours autant!

DISCLAIMER: Les personnages ne m'appartiennent toujours pas...

Voila, je vous laisse à la lecture, en espérant qu'elle vous plaira et que vous me laisserez des reviews!


Précédemment, dans The Merge:

Stiles est un homme de trois cent ans qui n'en parait que dix-huit travaillant dans une garderie. Enfin, qui travaillait dans une garderie, jusqu'à ce qu'un type, plutôt taré, si vous voulez mon avis, lui mette du plomb dans la tête, pour essayer de kidnapper un jeune garçon. Il vit avec John, la cinquantaine, qui apparemment est son fils.


SÉQUENCE 011- EXTÉRIEUR - CIMETIÈRE - APRÈS-MIDI


Quelques personnes étaient regroupées autour d'un tombe fraîchement creusée, dans lequel un cercueil avait été déposé. Tout le monde était habillé de noir. Quelques journalistes étaient également présents. Un prêtre achevait la lecture d'un des versets de la Bible.

-Celles et ceux qui veulent rendre un dernier hommage à Stiles peuvent le faire, annonça l'homme d'église.

Mme Ash, présente à l'enterrement, s'avança et regarda autour d'elle, cherchant l'attention des caméras. Elle commença à pleurer.

-Je ne connaissais pas beaucoup Stiles, mais c'était un jeune garçon formidable. Il était vraiment dévoué à son travail, les enfants l'adoraient. Je regrette de ne pas lui avoir dit à quel point il était exceptionnel avant... dit-elle avant de fondre en larmes. Avant qu'un monstre ne l'arrache à la vie. Vous nous manquerez à tous Stiles. Reposez en paix.

Parmi le peu de personnes présentes se trouvait un jeune homme brun à la peau laiteuse. En entendant les mots de la patronne de Stiles, il ne put s'empêcher de ricaner, ce qui attira l'attention d'Alicia, qui était à sa droite, sur lui. Elle lui lança un regard désapprobateur, son mécontentement facilement repérable malgré les larmes embuant ses yeux.

-Jeune homme, je ne crois pas qu'il soit très approprié de rire à un enterrement, sanglota-t-elle.

-Vraiment? Alicia, vous savez aussi bien que moi que cette mégère ne pense pas un traître mot de ce qu'elle dit, elle veut juste son moment de gloire. Elle a bien vu les caméras.

-Comment connaissez-vous mon nom? arriva-t-elle à demander.

-Stiles m'a beaucoup parlé de vous. Il vous appréciait vraiment.

-Et qui êtes vous?

-Mes excuses, j'ai oublié de me présenter. Je suis Lucas, le cousin de Stiles.

-Désolée, Stiles ne m'avait pas dit qu'il avait de la famille. Toutes mes condoléances.

-En effet, il était très secret. Merci beaucoup, elles sont la bienvenue. Je vous les retourne. C'est horrible ce qui est arrivé. Le monde est empli de sauvages.

-Ne m'en parlez pas! Stiles était vraiment une bonne personne. Il est mort en héros.

-On a une idée de l'identité du meurtrier?

La femme, en entendant ces mots, se mit à rougir, puis les larmes coulèrent encore plus abondemment sur ses joues. Sa lèvre inférieure tremblait et elle avait du mal à regarder son interlocuteur dans les yeux.

-Vous êtes au courant? Je suis désolée... Je ne savais pas... Je ne pouvais pas savoir... Je ne voulais pas...

Lucas prit la femme dans ses bras. Elle ne put s'empêcher de sangloter.

-Hé, Alicia! Qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce que vous racontez?

-C'est de ma faute Lucas. J'ai tué votre cousin. Je ne voulais pas... Il m'a piégé...

-Voyons, ne dites pas de bêtises, vous n'êtes pas responsable de la mort de mon cousin!

-Si, justement! Si seulement je n'avais pas accepté ce rendez-vous... Stiles serait toujours en vie...

-Voyons! Que me dites-vous là!

-Le meurtrier. Il... Il a pu retrouver le petit à cause de moi... Il m'a... Séduite et j'ai été trop bavarde... Il a su qu'il était ici...

Lucas prit le visage d'Alicia en coupe et la regarda droit dans les yeux.

-Écoutez-moi bien Alicia. Vous n'êtes pas responsable. Ce gars était un taré, il aurait fini par retrouver Xander. Il aurait pu blesser plus de personnes ce faisant. Vous m'entendez Alicia? Ce n'est pas de votre faute si Stiles est mort, dit-il très sérieusement.

La femme arrêta de sangloter, mais le flot de larmes ne tarissait pas. Elle regarda Lucas puis le prit dans les bras.

-Merci. Vous ressemblez beaucoup à votre cousin. Il avait toujours les mots justes. Il va me manquer.

-Je suis sûr que, où qu'il soit, vous lui manquerez aussi. Profitez de votre vie, c'est ce que mon cousin aurait voulu, l'encouragea Lucas.

-Nous allons maintenant refermer la tombe. Que ceux qui veulent déposer une fleur s'avancent, annonça le prêtre.

Lucas serra Alicia dans ses bras puis déposa un baiser sur son front.

-C'est mon signal. Courage Alicia.

-Merci Lucas.

Lucas se détacha du petit groupe de personnes, puis avança vers la tombe, à côté de laquelle se trouvait John. Au niveau du policier, il s'agenouilla pour prendre une rose, puis la jetta dans la tombe. Des larmes coulaient le long de ses joues. Il se rapprocha John.

-J'aime déjà pas les enterrements, mais quand en plus c'est sensé être le mien, c'est pire.

-N'oublie pas que tu n'es pas celui qui perd le plus ici. Regarde tes amies, elles te croient mort, le réprimanda le shérif.

-Stiles Lincepol est mort. Dis bonjour à Stiles Stilinski.

-J'ai jamais compris pourquoi tu t'obstinais à garder ce prénom alors que tu peux choisir n'importe lequel. Et Stilinski, sérieusement?

-C'est la seule chose qui me rappelle qui je suis. La seule chose que je peux conserver de mon ancienne identité. Et j'étais un peu en manque d'inspiration quand j'ai créé ma carte d'identité, donc ce sera Stilinski.

-De toute façon c'est ton choix. Allez, viens, on doit remercier tes collègues d'être venues.

-D'accord, "tonton", mais compte pas sur moi pour faire la bise à la mégère.

Les gens présents rendirent un dernier hommage à Stiles puis offrirent leurs condoléances à John et à son "neveu", qui les en remercièrent. Stiles fit même la bise à son ancienne patronne. Le cimetière se vida peu à peu et finalement, ne restèrent que Stiles et John. Ils marchèrent jusqu'à un banc sur lequel ils s'assirent.

-Tout est prêt, on peut partir? Je commence à étouffer et ça ne fait qu'une semaine que je suis mort, demanda Stiles en soufflant.

-Au vu des circonstances, mon chef à accepté ma demande de mutation. On peut partir demain matin, annonça John. Une shérif à été assassinée il y a quelques semaines à Beacon Hills, je vais la remplacer en attendant que de vraies élections aient lieu.

-S'il te plaît, dis moi qu'on retourne en Californie! demanda expressément Stiles, ignorant le reste de la phrase de John.

-Oui, ne t'en fais pas, on va en Californie. Beacon Hills est à quelques vingtaines de kilo de Santa Barbara.

-D'accord. J'espère que c'est pas trop paumé non plus, parce que je vais pas survivre si j'ai ni réseau ni connexion internet potable, plaisanta Stiles.


SÉQUENCE 012- EXTÉRIEUR - ROUTE - AUBE


Les premières lueurs de la matinée éclairaient la maison qu'occupaient Stiles et John. Ces derniers faisaient des allers retours entre la bâtisse et une Jeep bleu pâle, des cartons dans les bras. Une fois le coffre de la-dite jeep rempli, Stiles s'installa sur le siège passager alors que John fermait à clé la maison. Lorsqu'il revint à la voiture pour voir Stiles affalé dans son siège, déjà en train de s'empiffrer, il ne put s'empêcher de soupirer.

-Vraiment? C'est moi qui dois conduire? demanda John d'une voix exaspérée.

-Je meurs, tu conduis, chacun son travail! Allez, démarre, sinon on ne sera jamais arrivés! lui répondit Stiles, dont on pouvait apercevoir le sourire entre les joues remplies.

-D'accord, mais c'est moi qui choisis la musique! imposa le shérif.

-Ah non papi, ça va pas être possible! pouffa le plus jeune et se dépêchant de prendre une boîte de CD dans la boite à gants. Imagine Dragons, un point c'est tout!

-Sérieusement? Mais je l'ai déjà écouté une dizaine de fois! geignit l'homme en bouclant sa ceinture.

-Jamais je ne plaisanterais avec les Imagine Dragons! Et tu ne peux pas nier leur génie musical ! Allez, on décolle! s'enthousiasma le tricentenaire avant de reprendre une poignée de chips de crevettes et de lancer le CD.

-Je peux au moins manger aussi? Parce que ce serait vraiment sadique de tout boulotter sans rien me laisser. Il tourna le contact et démarra alors que les premières notes de Polaroid se faisaient entendre.

-Bien sûr! Sers-toi! dit Stiles en tendant le paquet de chips avec un air sournois.

John prit distraitement une chips avant de la porter à la bouche. A peine avait-il mordu dedans qu'il la recracha et jeta tout par la fenêtre qui, fort heureusement pour loi, était ouverte.

-Berk! C'est quoi ce truc dégueulasse encore? s'écria-t-il en s'essuyant la bouche.

-Chips aux crevettes! attesta Stiles malicieusement.

-T'aurais pas pu prendre un truc comestible? Qu'est-ce que je mange moi du coup? se plaignit-il.

Cette fois, Stiles ne prit même pas la peine de répondre, il ne fit qu'hausser les épaules et arborer un sourire narquois.

-Évidemment que tu l'as fait exprès! La seule chose pire que de passer dix heures enfermé avec toi dans une voiture, c'est de passer dix heures enfermé avec toi en train de manger, un truc qui par ailleurs pue la mort, dans une voiture. Le charria-t-il avant d'accélérer après s'être engagé sur une route nationale.

-Jeune homme, je ne vous permets pas de me parler sur ce ton! N'oubliez pas qui a changé vos couches! Et fais attention à ma Roscoe, elle est plus toute jeune!

John ne vit même pas l'intérêt de lui répondre et se concentra sur la route, Stiles quant à lui continuait de manger, tout en chantant la bouche pleine.

Au bout d'une demi-heure, le jeune homme s'était endormi, un sachet de chips vide et une boîte de gâteaux à moitié entamée sur les genoux, et John en avait profité pour changer de CD.


SÉQUENCE 013- FLASHBACK- SALEM- 1692


Le bonheur avait toujours été un concept étranger pour Stiles. Élevé par son beau père suite à la mort de sa mère, enfant introverti, il ne trouvait du réconfort que dans les livres. Vous me direz qu'il n'est pas le premier et qu'il ne sera certainement pas le dernier. Fasciné par le monde magique, il cherchait à tout prix à y accéder, emmagasinant ainsi une quantité monumentale de connaissances occultes. Toujours pas nouveau, me signalerez-vous. Je précise tout de suite, la jeunesse de Stiles est loin d'être semblable à celle de Cendrillon. Il n'y avait ni belle-mère acariâtre, ni sœurs affables, juste de la peine et du désarroi.

La tristesse s'était penchée sur le berceau de Stiles. Naître au dix-septième siècle n'était pas forcément la meilleure des choses. Naître à Salem en 1692 précisément, encore moins. Il faut savoir qu'au début du dix-huitième siècle, Salem à subi une grande baisse démographique; quelques centaines de personnes furent exécutées, suite à des soupçons de sorcellerie. Parmi elles se trouvait John Proctor, le père biologique de Stiles, qui passa au bûcher en août. Sa femme, Elizabeth eut la chance d'y échapper grâce à sa grossesse, mais dût tout de même épouser Harrison Copper, fervent détracteur de la cause surnaturelle.

Le petit Stiles naquit dans le froid de décembre, sans intervention aucune. C'est en mettant sa progéniture au monde qu'Elizabeth le quitta, le corps transi de froid, déchiré, ensanglanté. Harrison prit la décision de garder ce garçon qui n'était pas le sien, contre l'avis de tout son entourage. Il fallait dire que les sorciers n'étaient pas bien vus, et qu'un simple soupçon vous transformait en persona non grata.

Seigneur Copper était le dirigeant d'un corpuscules d'hommes et femmes chargés de capturer et liquider toute personne suspectée de sorcellerie. Il n'était pas un mauvais père, il ne battait pas Stiles, le nourrissait correctement, lui offrait autant d'affection qu'il le pouvait, jouait même parfois avec lui. Au départ en tout cas. Lorsque Stiles fut en âge d'aller à l'école, tout changea. Harrison ne montra plus aucune compassion, se transformant petit à petit en tyran sans pitié. C'était cette image que Stiles conservait de son père. Un homme qui ne l'avait jamais écouté, qui le terrorisait, allant même jusqu'à l'enfermer dans une pièce sombre humide et exiguë, un père duquel il n'avait jamais reçu un quelconque geste d'affection.

Alors qu'Harrison était clairement contre toute forme de magie, Stiles se rapprochait plus de ceux que l'on appelait les fanatiques. Car malgré toutes les atrocités que l'on avait pu lui conter sur ces sorciers, il ne pouvait s'empêcher d'éprouver une certaine fascination.

Plus les années passaient, plus la relation entre Stiles et son beau-père changeait. Bien sûr, Stiles craignait Harrison, mais il parvenait à se remémorer quelques épisodes de sa plus tendre enfance, ces instants hors du temps qu'il avait passés en compagnie d'un homme doux et affectueux. Et cela lui suffisait pour l'aimer, parce qu'Harrison avait su l'aimer comme un fils. Stiles se disait que s'il avait pu être un bon père un jour, alors peut-être le redeviendrait-il.

Le jeune se retrouva bien malgré lui à travailler en collaboration avec Harrison. Bien sûr, il n'avait aucunement envie de blesser qui que ce soit, encore moins ces êtres fascinants, mais l'étincelle de fierté qui apparaissait dans les yeux de son beau-père lorsqu'il réussissait à faire ce qui lui avait été demandé compensait un peu.

Alors qu'il approchait de ses dix-huit ans, Stiles dut accompagner son père dans ce qui fut "La Grande Oeuvre". Les procès de Salem avaient fait un bon nombre de victimes chez les sorciers, mais ce n'était pas suffisant aux yeux d'Harrison et ses compères. Ils ne trouveraient pas de repos tant que ne serait-ce qu'un sorcier foulait le sol terrestre. Le but de La Grande Oeuvre était donc de trouver les derniers sorciers restant et de démanteler les sept covens américains.

Tous les groupes de chasseurs, de la côte est à la côte ouest se rassemblèrent à Salem en 1710 pour déterminer de quelle manière ils procéderaient. Stiles n'avait jamais vu autant de chasseurs réunis, la ville fourmillait de milliers de personnes, de toutes origines. Il n'y avait rien de tel que la haine pour réunir des gens de tous horizons. La société chasseresse était très hiérarchisée, ainsi seuls les membres les plus éminents, les Mestres, ayant un pouvoir de décision étaient régroupés à la maison Copper. Huit hommes et sept femmes étaient penchés sur une carte des États-Unis et débattaient de la meilleure stratégie à employer. Stiles quant à lui n'avait pas le droit d'intervenir et se contentait d'obéir aux ordres qui lui étaient donnés. Finalement il fut décidé que la communauté serait scindée en deux, le premier groupe partant de l'ouest, l'autre de l'est et qu'ils se rejoindraient a Omaha (Nebraska).

Après une semaine de réunion, les chasseurs quittèrent la ville, avec la promesse de se revoir prochainement, dans un monde libéré de la présence néfaste des sorciers.


SÉQUENCE 014- EXTÉRIEUR - MAISON - SOIR


Lorsque Stiles rouvrit les yeux, la voiture était garée devant l'allée d'une charmante bicoque à deux étages. Son dos était courbaturé, il avait des fourmis dans les jambes. Si, sa Roscoe était très confortable, c'était juste qu'il se faisait vieux, ça n'avait rien à voir avec sa parfaite Jeep; et son estomac protestait bruyamment. Il descendit de son carrosse et manqua de se nourrir de goudron, ses membres inférieurs n'ayant pas décidé de reprendre leur fonction initiale. Après avoir repris son équilibre, il se dirigea vers le coffre, qu'il ouvrit pour constater que rien n'avait bougé depuis leur départ. Une mauvaise langue pourrait jurer l'avoir entendu murmurer Feignasse! dans sa barbe inexistante.

Stiles se traîna jusque dans la maison, qui à son grand soulagement semblait avoir été rénovée. Au rez-de-chaussée se trouvaient le salon, la cuisine, des toilettes, un garage et un cagibi. Il entra tout d'abord dans le salon et se jeta sur le canapé qui n'avait strictement rien demandé. Lorsqu'il se rendit compte que le canapé n'avait pas apprécié ce traitement; enfin, c'était ce que les ressorts qui pendouillaient bêtement laissaient entendre; le jeune tricentenaire quitta rapidement la pièce comme si de rien n'était.

Lorsqu'il rentra dans la cuisine, un horrible spectacle l'attendait. Son père était là, assis sur une chaise, la tête sur la table dans une position des plus inconfortables. Stiles faillit avoir une attaque quand il vit l'arme du crime. Là, sur la table, mais également sur la chemise de John, se trouvaient des tâches rouges. Des tâches facilement identifiables, pour un tricentenaire.

Alors le sang de Stiles ne fit qu'un tour, il se précipita vers la poubelle qui s'avérait être vide. Il ne trouverait pas ce qu'il cherchait ici. Il sortit donc fouiller la poubelle la plus proche, où il récupéra l'objet de sa quête.

Une fois rentré dans la cuisine il tira un verre d'eau, froide et croupie, car elle avait du pas mal traîner dans les tuyaux. Sans pitié aucune, il vida le tout sur John qui se redressa vivement, tremblant de froid. Alors qu'il s'apprêtait à le disputer, il croisa le regard noir de Stiles et vit également l'emballage qu'il avait dans la main.

-C'est pas ce que tu crois, tenta-t-il de se défendre.

-Regarde ta chemise avant de continuer, dit Stiles d'un ton plein de désapprobation.

Effectivement, c'était dur d'expliquer la présence des tâches de ketchup sur sa chemise. En tout cas de l'expliquer de manière crédible.

-En fait tu vas rire...

-Stop. Tu es puni. C'est toi qui vide la voiture. Moi je vais me laver, t'as intérêt à avoir tout rangé quand j'aurai fini, sinon je te jure que je vais te faire perdre tes poignées d'amour.

John voulut répondre quelque chose d'intelligent, mais Stiles lui avait déjà tourné le dos, et toute sa répartie s'était envolée de toute manière. Il réfléchit un instant à l'éventualité de désobéir, mais il savait que Stiles pouvait être un tyran quand il le voulait. Ce qui avait vraiment l'air d'être le cas. A plus de quarante ans, John était toujours dominé par son "paternel"; il se demandait parfois si les caméras d'une télé-réalité ne le suivaient pas.

Stiles était en colère c'était vrai, mais il avait surtout besoin d'une excuse pour ne pas avoir à décharger la voiture. Dormir, c'est fatiguant. Il était toujours aussi surpris que ses menaces fonctionnent sur John. Loin de lui l'envie de s'en plaindre, tant qu'il obéissait, Stiles pouvait continuer à agir comme un enfant, donc il était très reconnaissant.

Stiles adorerait se comporter comme un adulte, mais on attendait beaucoup de choses de la part d'un adulte. Et il était incapable de les fournir. Il ne voulait ni être mature, ni être responsable. Il voulait continuer à vivre dans son insouciance et à mettre des oeillères. Il ne voulait pas se rentre compte qu'il était condamné à perdre ce qu'il aimait, à être différent. Alors oui, Stiles se comportait comme un enfant, pour oublier que tout ce qu'il touchait était éphémère. Il jouissait de ses plaisirs éphémères, car il avait renoncé à être heureux. Trois cent ans sur cette Terre suffisent à vouloir vous la faire quitter. Il avait vu de quoi l'Homme était capable, il avait vu le pire, mais aussi le meilleur. Force était de constater que la balance penchait plus d'un côté que de l'autre. Et il avait beau essayer de faire abstraction, ce sentiment de désillusion ne le quittait pas.

Alors que les dernières gouttes d'eau glissaient le long de sa peau pâle, Stiles remit son masque et mit fin au flot de larmes inondant son visage. Personne, pas même John, n'avait réussi à le faire s'ouvrir. Et il était prêt à parier que jamais personne ne le pourrait.


SÉQUENCE 015- INTÉRIEUR- MAISON - SOIR


Stiles n'avait pas réussi à se rendormir. Il avait été réveillé au milieu de la nuit par cette sensation écrasante qu'il ne connaissait que trop bien. Et franchement, si vous le lui demandiez, il vous dirait qu'il était blasé, car il n'avait même pas passé vingt-quatre heures à Beacon Hills qu'il allait déjà mourir. Après, il se disait qu'avec un peu de chance, John et lui pourraient rester ici, personne ne l'ayant vu; il suffisait qu'il passe inaperçu.

Évidemment, il pourrait rester enfermé de manière à ce que rien ne lui arrive et qu'il ne décède pas prématurément, mais la dernière fois qu'il le fît, ça ne s'était pas bien terminé. Ni pour lui, ni pour les pauvres vaches dans le champ d'à côté, ni pour la maison, ni pour les voisins. En même temps, les tornades étaient monnaie courante aux États-Unis. Depuis ce jour là, Stiles avait décidé qu'il continuerait sa journée comme si de rien était, afin d'éviter d'être responsable d'un cataclysme entraînant la destruction de la planète.

Le jeune homme se leva nonchalamment, pour enfiler short, débardeur et baskets, puis descendit à la cuisine prendre une bouteille d'eau. Faire un jogging à quatre heures du matin n'était pas forcément la meilleure des idées, mais de toute façon, il n'arrivait pas à dormir, donc autant évacuer ce surplus constant d'énergie. Il prit soin de laisser un mot à son père, emporta avec lui ses écouteurs et son téléphone, puis quitta la maison.

Leur nouveau lieu de résidence se trouvait dans un petit lotissement en bordure de la ville. Toutes les maisons se ressemblaient, cependant un oeil avisé pouvait remarquer un détail différent pour chacune. Leur maison était au nord, dans un coin, si bien que la fenêtre de la chambre de Stiles donnait sur la forêt.

Le tricentenaire emprunta le chemin de terre, juste à côté de leur clôture, qui semblait mener aux sous-bois. Avant de réellement entrer dans ce labyrinthe d'arbre, Stiles se posa deux questions cruciales. Est-ce qu'un jeune dans un film d'horreur ne ferait pas la même chose que lui? La réponse lui paraissant évidente... Stiles hésita quelques instant. Cependant, pour prendre une décision finale, il dut réfléchir au deuxième problème. Est-ce qu'il le ferait s'il ne savait pas qu'il allait mourir aujourd'hui?

C'est ainsi que Stiles se retrouva à courir dans les bois , à quatre heures et demie du matin, la musique faisant trembler ses tympans, l'odeur de la forêt envahissant ses narines et le corps trempé de sueur. Il n'y avait pas à dire, rien de mieux qu'un bon jogging pour se vider la tête. Le "jeune" homme fut rassuré de voir que le chemin qu'il empruntait était balisé, et était probablement un chemin emprunté régulièrement, il ne se perdrait donc pas.

Après cette demi-heure de course, il s'accorda une pause méritée, s'assit sur un banc et ôta ses écouteurs. La forêt avait toujours eu un effet apaisant sur ses nerfs, lorsqu'il foulait les sols jonchés de feuilles mortes, habités par des êtres minuscules, Stiles se sentait enfin chez lui. Même ce sentiment de mort imminente le quittait, il était juste vide. Un sourire sincère envahit même son visage.

Il ne fut même pas effrayé lorsqu'il entendit des branches craquer devant lui; la forêt était vivante, il savait qu'il n'avait rien à craindre. Il n'était même pas sûr de savoir comment avoir peur de toute manière. Lorsqu'il releva la tête, il put apercevoir quelque chose dans la pénombre. Deux orbes rouges. Et à sa plus grande surprise, il n'eut toujours pas peur. Bien évidemment, il savait que les loups-garous pouvaient être dangereux, mais il avait l'impression que rien ne pouvait lui arriver. Il se sentait protégé.

Par contre il commença à avoir peur lorsqu'il entendit un grognement derrière lui. Il se retourna assez rapidement pour voir deux paires d'yeux rouges qui le fixaient. Ceux-ci n'avaient rien d'apaisant ni de gentils. Le loup qui lui faisait face répondit au grognement croissant par un hurlement des plus menaçants.

Stiles interpréta ça comme son signal et commença à courir en direction de la maison. Le plus vite possible. C'était fou comme l'on pouvait passer de la sérénité à la terreur en moins de deux secondes. Il avait beau être athée, il priait pour que sa maladresse habituelle ne refasse pas surface maintenant. Lorsqu'il se retourna pour voir s'il était suivi, Stiles fut surpris de ne rien voir à sa poursuite. Peut-être n'en avaient-ils pas après lui après tout?

Il ne lui fallut que deux secondes (le temps de se retourner) pour réfuter cette allégation. En effet à quelques mètres devant lui se dressait un garou gigantesque, qui semblait n'avoir d'yeux que pour lui. Il pourrait être flatté, mais la situation ne le permettait pas vraiment.

Il avait déjà vu assez de films d'horreur pour savoir que le danger se trouvait également derrière lui, sans avoir besoin de vérifier en se retournant. Pourquoi fallait-il toujours que les méchants vous fassent courir dans un endroit non balisé? Stiles estimait ses chances de survie quasiment nulles, en même temps, il savait très bien qu'il mourrait aujourd'hui.

Ni une ni deux, le tricentenaire bifurqua vers la gauche et tenta de slalomer entre les arbres. Un panneau clignotant dans sa tête hurlait "CHUTE IMMINENTE! VEUILLEZ RALENTIR!". Il décida malgré tout de l'ignorer, ralentir lui paraissant aussi dangereux que de tomber.

Il aurait du savoir qu'il fallait toujours respecter les panneaux. Il s'en rendit compte lorsque ses écouteurs se prirent dans une branche, se désolidarisant de son téléphone, et qu'il fut suffisamment tiré en arrière pour chuter. Il se retrouva donc allongé par terre, les bras écorchés, parce qu'évidemment il était tombé sur des ronces. Son téléphone quant à lui jouait une musique qu'il avait lui même composée.

Il entendit quand même les grognements par dessus la musique, et se rendit compte qu'ils se rapprochaient. Son mobile étant devenu une vraie sirène ambulante, il chercha à l'éteindre. Malheureusement, lorsqu'il chercha à l'attraper, la douleur l'informa qu'il devait avoir quelque chose de cassé.

Il prit son courage à deux mains et se releva en titubant et recommença à courir, à une allure plus faible, son corps clairement défaillant. Un coup de griffe lui déchira le dos et le projeta violemment au pied d'un arbre, l'assommant pratiquement.

Stiles était maintenant à moitié conscient, ensanglanté, avait un bras cassé, probablement un traumatisme crânien, quelque chose n'allait pas bien avec son nez, et un branche s'était enfoncée dans sa cuisse.

Avant de rendre l'âme, Stiles put voir deux garous, un homme et une femme, se battre avec un autre lycanthrope, qui semblait faire tout son possible pour ne pas le laisser mourir. Le tricentenaire se fit la promesse de lui envoyer une carte de remerciement quand il aurait ressuscité.