Coucou les mandragores !

Après Shin, Théo et Grunlek, il était logique que ce soit au tour de Bob, et donc le voici !

Je n'ai pas regardé les lives, aussi je remercie Zro Kiryu, Myfanwy et NightmareDragon pour leur précieuse aide pour que j'en sache plus entre sur la relation entre Enoch et Bob.

Zro Kiryu : au contraire, tu m'as été très utile et je t'en remercie ! :) en espérant que grâce à cela tu aimes ce que tu vas dire juste ^^

NightmareDragon : Je le sais, et comme je manque de temps je n'ai pas encore eu le temps de les voir mais un jour je m'y mets, c'est prévu :D

Bonne lecture ! =D


Chapitre 4 : Bob

Balthazar Octavius Barnabé, aujourd'hui connu sous le surnom de Bob, n'aimait pas parler du passé, lui qui pouvait être très bavard à l'ordinaire. Secret à ce niveau-là, il n'en parlait que s'il estimait que c'était utile, et encore… Cependant Bob ne reniait aucunement son passé, qui l'avait en grande partie façonné et qui restait vivace dans son esprit.

Son premier souvenir datait du début de sa quatrième année d'existence. Il s'amusait à proximité de la demeure de son père, à travers les bois, à courir après un lapin blanc qu'il avait repéré. L'animal était rapide, mais Bob ne se laissa pas abattre pour autant. Ayant découvert que sa proie s'était réfugiée dans son terrier, l'enfant attendit qu'il en sorte pour jouer à nouveau avec lui. L'attente lui sembla durer des heures – ce qui était sûrement le cas – mais désirant attraper le lapin, Bob sut prendre son mal en patience. Il fut récompensé quand il aperçut la cible sortir de chez elle. Sans perdre une seconde, le petit garçon se jeta sur le lapin et l'attrapa, voulant l'apprivoiser et en faire son animal de compagnie.

Mais son enthousiasme débordant lui fit oublier toute prudence et à peine toucha-t-il le lapin que celui-ci s'embrasa au contact de ses mains.

- Aaahhh !

L'enfant, complètement paniqué, hurla avant de se retourner chez lui précipitamment. Il s'enferma dans sa chambre en pleurant. Il regardait ses mains d'une étrange manière, ne voulant y croire.

Ses pleurs durent être plus importants que prévu puisqu'au bout d'un moment, son père vint lui rendre visite. Enoch, un Diable à part entière, le regarda à la fois d'un air froid et curieux.

- Balthazar, qu'est-ce que ces lamentations ? Reprends-toi immédiatement, ce n'est pas digne de mon sang !

- Père, je n'ai pas su contrôler mon don, il a été plus puissant qu'à l'ordinaire et j'ai tué à cause de ça !

- Tu as pris une vie ?

Était-ce un un peu de joie que l'enfant avait cru percevoir dans la question ? Étrange, sachant qu'il n'avait toujours connu qu'un ton dur quand il s'adressait à lui.

- Un lapin. Je voulais juste jouer avec lui mais je l'ai brûlé d'un coup !

- Balthazar, tu es puissant puisque tu es mon fils, et tu démontres au quotidien que tes pouvoirs seront un jour puissants et cela j'en suis fier. Mais pleurer est interdit, surtout pour un vulgaire animal. Tu es un semi-diable, respecte ton rang, ou je te ferai châtier sans hésitation !

Bob savait que son père ne proférait pas de paroles en l'air, aussi sécha-t-il ses larmes. Enoch, satisfait, finit par s'en aller. Pour la première fois de sa vie, Bob se posa des questions sur sa véritable nature.

Le petit Balthazar continua de grandir et à développer son don. Sa relation avec son père se complexifia, l'enfant ne sachant jamais ce que son géniteur pensait de lui. Pire, Balthazar était persuadé que son père ne l'aimait pas. Mais ce dernier ne le rejetant pas et faisant en sorte qu'il soit bien éduqué, le fils en était venu à penser qu'il pouvait toujours remonter dans son estime. Lui aimait bien son père malgré tout. N'était-ce pas ce que tous les enfants devaient faire après tout ?

Il eut la chance de survivre, ce qui, quand on était un demi-Diable, n'était pas courant, la plupart des enfants nés de relations charnelles entre un Diable et un être humain mourant jeunes, consumés par leur propre énergie. Et Balthazar suivait son père sans qu'il n'y réfléchisse, malgré le manque d'amour, car cela lui sembla être naturel.

Mais à l'âge de dix ans, son opinion se modifia et un événement inattendu lui fit prendre une décision majeure qui bouleversera sa vie.

Alors qu'il se promenait dans cette même forêt où le lapin avait péri des années plus tôt, Balthazar tomba sur deux bandits de grands chemins. Ceux-ci migraient, voulant trouver des zones plus prolifiques à leurs besoins. Ils s'arrêtèrent net devant l'enfant. En parfaite santé, bien habillé, une chevelure qui lui arrivait jusqu'aux épaules... Il n'en fallut pas plus aux bandits pour déterminer son identité.

- Dis donc toi, tu serais pas le fils du riche Enoch toi ?

Sans même attendre la réponse, ils se jetèrent sur lui. Le jeune garçon esquiva et commença à fuir, mais les hommes, plus rapides et grands, le rattrapèrent aisément. Balthazar hurla avant de chauffer ses mains et de les plaquer contre la peau de ses agresseurs, qui hurlèrent sous la douleur. Bob en profita pour s'enfuir mais trop déterminés à capturer l'enfant pour exiger une rançon, les bandits l'attrapèrent de nouveau en faisant cette fois-ci attention à ce que les mains de leur proie ne soit pas à leur portée. Alors que le demi-Diable pensait qu'il n'y avait plus d'espoir, les deux hommes le lâchèrent en hurlant et en se tenant la tête.

- En vous attaquant à mon fils vous vous êtes attaqués à moi. Et je ne tolère pas qu'on s'attaque à moi...

Enoch, qui venait d'apparaître, ne semblait rien faire en apparence, mais Bob savait ce qu'il faisait : via une connexion mentale, il torturait les esprits. Bob lui-même ne maîtrisait pas encore ce pouvoir, commençant tout juste à l'aborder. S'il était d'accord pour punir ses agresseurs, il était effrayé parce qu'il voyait. Les deux hommes finirent par s'effondrer inconscients par terre.

Enoch se retourna alors vers des gens que son fils n'avaient pas eu le temps d'apercevoir jusqu'à maintenant : quelques adultes, à demi-cachés derrière des arbres.

- Vous ! tonna Enoch. Pourquoi n'êtes-vous pas intervenus ? Bande de lâches !

- C-c'est à cause du f-feu ! balbutia un homme. On n'avait pas envie de se faire brûler...

Ils ont peur du feu. Ils en ont peur à cause de nous qui l'utilisons souvent avec violence, comprit Balthazar. Ce qu'il voyait comme beauté et utilité était perçu comme le mal et la violence pour les autres.

- Ce n'est pas une excuse ! répondit Enoch qui tendit les paumes vers eux.

- Père non ! s'écria son fils.

Trop tard. Les adultes furent brûlés vifs, châtiés comme le désirait Enoch. Ce dernier s'empara alors du petit Diable.

- Tu es faible ! J'ai honte de toi ! C'est la dernière fois que je te sauve ! Si tu ne te forcis pas, je te renie ou je te tue !

Et Enoch s'en alla, laissa son fils seul, estimant qu'il avait d'autres choses plus importantes à faire.

L'enfant, témoin de ce dont il venait d'assister, ne voyait plus les choses autrement. Les cadavres autour de lui avaient eu peur du feu, du mal et de la violence qu'il pouvait provoquer. Jusqu'à maintenant il n'y avait pas réfléchi, mais il y voyait plus claire à présent. Et il prit sa décision : à partir de maintenant, il prouverait aux autres que le feu n'est pas seulement destructeur, mais aussi un élément qui pouvait servir à des fins positives.

Quand il fit part de son projet à Enoch, ce dernier entra dans une colère noire.

- Je refuse !

- Rien ne me fera changer d'avis père !

- Balthazar, tu m'obéiras !

Alors le susnommé décida de s'affranchir de la tutelle de son père. Ce ne fut pas une chose facile : un enfant de Diable, s'il choisissait l'indépendance face à son aïeul, lutte dans la souffrance et durant toute son existence. Mais son choix était irrévocable.

Il finit par fuir le domicile paternel et entra dans l'académie pour devenir mage et étudia notamment l'alchimie. Il n'aimât pas ses condisciples, qui le lui rendaient bien. Balthazar n'attendait qu'une chose : être diplômé pour pouvoir un jour accomplir son rêve, car c'est avec la connaissance qu'on parvient à ses fins.

Un jour, son monde bascula derechef.

Le jour où il vit Théo pour la première fois.

Le demi-Diable ignorait pourquoi, mais le paladin lui semblait être différent des autres. Il l'intriguait. Et un jour, ils firent connaissance. Malgré des débuts difficiles, ils devinrent les meilleurs amis du monde. Pour la première fois de sa vie, Bob aima quelqu'un véritablement. Mieux, il fut aimé en retour. Cette forte amitié fut la plus belle chose qui lui arriva, et elle fut très précieuse à ses yeux. Rien se semblait pouvoir les séparer. Rien ! Jusqu'au jour de l'accident...

Un de ses camarades le blessa profondément. Pendant un cours, il lui murmura à l'oreille des choses terribles : s'il s'était lié à Théo, c'était pour mieux lui faire du mal. Pire, il lui ferait subir des choses inhumaines. Devant un Bob ébahi, le camarade raconta des détails particulièrement salaces qu'il pourrait faire subir à Théo. Ce comportement brisa les défenses de Bob et laissa place à une chose qui profita de sa douleur pour sévir : le Démon. Il en possédait un en lui et combattait au quotidien et jusqu'à maintenant il avait réussi, mais là, ce fut la goutte de trop qui fit déborder le vase. Le démon fut des victimes et Bob fut obligé de fuir. Mais avant, il eut le temps de dire une dernière fois au revoir à Théo.

Le dernier moment heureux de sa vie...


- …Et c'est pour cela que ce monstre est condamné à mort !

Bob regarda l'homme qui venait de prononcer sa sentence avec un regard vide. Il n'était pas dans son état normal. Malade, ayant contracté un virus qui le vidait de son énergie et l'empêchait d'utiliser son pouvoir, il s'était fait attraper avec une facilité déconcertante par les villageois qui avaient reconnu qu'il était un demi-diable – il n'avait pas de chance, il avait été reconnu par d'anciens condisciples de l'université – et depuis il se retrouvait les mains liées derrière le dos, debout sur le peloton, bien visible pour la fou qui s'était amassée, pendant qu'un simulacre de procès se jouait devant lui, telle une comédie burlesque parfaitement orchestrée.

On grossissait l'accident de l'académie et on lui inventait mille autres crimes pour que les gens approuvent la sentence. Puis on se moquait de lui ouvertement. Autant profiter du spectacle non ? Ce n'était pas tous les jours qu'on exécutait une créature telle que lui après tout.

Mais la mascarade finit par s'estomper et son juge déclara sans surprise qu'il allait mourir par pendaison, sous les acclamations d'une foule en liesse.

Tandis qu'un homme poussa Bob jusqu'à la corde, le condamné eut une ultime pensée.

J'aurais aimé te revoir une dernière fois Théo, ne serait-ce que pour savoir si tu as pu concrétiser ton rêve… J'espère que tu vas bien !

Au moment où il allait passer sa tête autour de la corde, une flèche atteint l'homme qui le poussait. Ce dernier hurla avant de s'effondrer par terre. Au même moment, les quelques hommes armés qui entouraient le ponton furent poussé par une force de la nature au grand bouclier. D'autres flèches touchèrent ceux qui voulaient atteindre Bob. Ce dernier sentit la corde qui entravait ses mains être coupée. Il se retourna pour voir un Nain à l'étrange bras l'entraîner avec lui.

- Que...

- Pas le temps, on fonce !

Bob était encore malade aussi ne se souvint-il pas exactement ce qu'il se passa ensuite.

Une chose fut sûre : il se réveilla dans une prairie, dans un camp installé, et Théo lui dit d'un ton bourru mais sincère.

- Faut vraiment que tu te mettes dans des situations folles toi ! Que ferais-tu sans moi ? Mais ne t'inquiète pas, on est là, il ne t'arrivera rien.

Alors Bob sourit. Il avait confiance. Il était enfin heureux.


J'ai fais le choix de ne pas m'attarder dans les souvenirs de Bob sur sa relation avec Théo, puisque c'est ce qui est déjà visible dans le chapitre de Théo.

A bientôt pour le dernier chapitre ! ^^

Review ? :3