Time of changes
Disclaimer : merci Mme Rowling et désolée si vous n'appréciez pas ce que je fais de vos personnages.
Merci à Lynshan pour sa review...
Chapitre 3 : Time of mood
Voilà donc quels vengeurs s'arment pour ta querelle,
Des prêtres, des enfants, ô Sagesse éternelle !
Athalie (Racine)
« Potter, en retenue ! Demain soir à 20h ! »
Et voilà… La voix de Rogue claque dans le silence. Draco a un petit sourire qu'il ne cache même pas et je me surprends à faire de même.
Pourtant, à part les cours de Défense Contre les Forces du Mal – quel nom prétentieux ! Pourquoi pas Défense contre le Seigneur des Ténèbres, tant qu'on y est ?! – il n'y a rien de très drôle à Poudlard. D'une part, le niveau est assez ordinaire, rien de ce à quoi je m'attendais en venant dans la soi-disant meilleure Ecole de Sorcellerie ; et d'autre part, on ne s'amuse pas tous les jours. D'après les résumés que me faisait Draco, je me voyais déjà en duel nocturne contre un Gryffondor trop audacieux… Mais non. Rien de ça. Nada. Cela fait deux semaines que nous avons commencé les cours, et rien ne s'est passé.
Hormis quelques personnes, je n'aime aucun élève ici. Soit ce sont eux qui me regardent, nous regardent avec haine ou mépris, soit c'est moi qui n'aime pas leurs airs insipides, trop crédules ou trop serviles. Trop gentils, comme les Gryffondors, comme ce Londubat qui trois tables devant moi essaye de calmer Potter.
Quant à Draco, je ne le reconnais plus du tout. Sauf quelques rares moments où nous retrouvons notre complicité d'avant, il semble avoir complètement changé. Pourtant, il était tellement fier de lui. Fier de ce qu'il pouvait faire. Et, bien que j'avoue avoir eu un moment d'effarement en apprenant la mission qui lui avait été confiée, je suis maintenant plus que fière de lui. De toute façon, mes parents pensent que le cours de la guerre doit évoluer rapidement, par surprise. C'est aussi ce que le Seigneur des Ténèbres pense…
(-(-(-(-(-(-(--)-)-)-)-)-)-)
La Tour d'Astronomie était en vue, et rien dans le couloir. L'ombre suivit le mur en frôlant la pierre froide et gravit l'escalier sans un bruit. Elle avait appris à être silencieuse lorsqu'il le fallait, elle ne savait que trop bien comment faire. Et ce soir, pas question qu'on la surprît. Pas alors q'il avait promis de lui parler.
Orodania parvint enfin à la dernière marche et poussa la lourde porte, toujours sans un bruit. Draco était déjà là, elle le voyait de dos qui contemplait la nuit étoilée.
« Draco », murmura-t-elle pour signaler sa présence.
Il sursauta et se retourna, les yeux encore dans le vague mais un air surpris sur le visage :
« Nina ? Tu m'as fait peur, je ne t'ai pas entendue… »
Elle haussa les épaules, l'air dégagé, mais l'emploi de son surnom lui avait fait chaud au cœur.
« C'est normal. Mais parlons de toi maintenant. »
« Tu n'aurais jamais lâché l'affaire, hein ? » dit-il dans un petit rire.
« Certainement pas. Et encore moins si Pansy en avait su plus que moi ! »
« La sangsue n'en saura rien. Je suis censé garder cette mission secrète… »
« Alors pourquoi tous les Serviteurs du Maître semblent la connaître ? » le coupa Orodania.
« Pas tous, heureusement. Seulement ma mère, ma tante et tes parents. Et Rogue apparemment… Il a essayé de m'en parler hier. J'imagine que c'est bien assez. »
« Et qu'est-ce que c'est donc, cette mission trop importante pour en parler à tous, mais – excuse-moi – pas assez pour te la confier, à toi… »
« C'est là où tu fais fausse route, Nina. Le Maître m'a bien fait comprendre qu'elle était extrêmement importante, et tu n'en douteras pas lorsque je te la dirai. Mais justement, je ne comprends pas… Pourquoi moi ? »
« Dis-le moi, Draco », pria-t-elle en se rapprochant de lui. « Dis-le moi maintenant, sinon tu ne le feras jamais. Je te connais. »
« Je ne sais pas…Je ne comprends pas…Tu sais, ma mère m'a dit que je pouvais te le dire, mais j'ai peur… J'ai peur que ça ne t'implique aussi et que tu te sentes… liée, en quelque sorte. »
« Draco » dit-elle le plus sérieusement du monde, « je ferai tout ce que tu me demanderas de faire, comme je l'ai promis à mes parents. Si tu le veux, je ne bougerai pas ; mais si tu me demandes de l'aide, je ne t'abandonnerai pas. »
« Merci » souffla-t-il.
Il enlaça Orodania et resta quelques instants immobile à respirer dans ses cheveux.
« Tu sais qu'à une époque, je croyais être amoureux de toi », dit-il soudain à mi-voix.
« Draco… » soupira-t-elle.
« D'accord… » il prit une inspiration « Le Seigneur des Ténèbres m'a confié une mission de la plus haute importance. Selon lui, et selon ma mère, cela pourrait changer le visage de cette guerre – même si elle commence juste pour le camp d'en face. Il m'a demandé de faire en sorte que l'Ordre du Phénix ne puisse plus compter sur Dumbledore. Il m'a demandé de le tuer. »
Un silence accueillit sa déclaration. Il avait murmuré tout cela dans la chevelure d'Orodania, en resserrant ses bras autour d'elle comme pour la protéger du meurtre dont il parlait. La jeune fille n'avait pas bougé et ne fit pas un mouvement à part de tourner la tête pour se retrouver face à lui.
« Et comment te sens-tu ? »
Draco ne répondit pas immédiatement, et réfléchit – comme s'il ne s'était jamais posé la question, comme si personne, depuis longtemps, ne lui avait posé la question en attendant une vraie réponse.
« Un peu anxieux, je crois. Malade de peur, plutôt. Mais fier. Et décidé. »
« Alors, c'est bien. Je t'aiderai, si tu as besoin de moi. »
Orodania n'ajouta rien sur ses propres sentiments face à cette annonce. Il ne les demandait pas, il n'attendait qu'une approbation et elle la lui avait donné de bonne grâce.
Ils demeurèrent quelques minutes, enlacés, à regarder la nuit.
« La lune est pleine… »
« Oui. Les garous sont de sortie » commenta-t-elle.
Elle sentit qu'il souriant, mais il ne voulut pas l'expliquer. Elle n'insista pas : ils étaient sereins, inutile donc de gâcher ces instants.
(-(-(-(-(-(-(--)-)-)-)-)-)-)
« Tu viens, Orodania ? » me crie Pansy depuis la porte du dortoir. « Draco est déjà parti manger ! Dépêche-toi ! »
Je ne la supporte plus, je crois. Deux semaines et je ne supporte presque plus personne. Mère m'avait prévenue que ce serait étrange pour moi. Draco m'avait prévenue que ce serait différent. Et j'en ai maintenant douloureusement conscience. Etre 24 heures sur 24 à moins de dix mètres de Pansy Parkinson et de Millicent Bulstrode est une épreuve dont je me serais bien passée.
Mais j'ai obéi. J'ai suivi. Comme toujours, je n'ai pas posé de questions et je n'ai pas fait de commentaires. Ça finira bien par passer. Je finirai bien par m'y faire. De toute façon, relativisons, ça ne peut pas être pire que de passer deux semaines en compagnie de moldus ! Pansy est de très loin une compagne plus intéressante.
« J'arrive, j'arrive…Je finis un chapitre. Ne m'attends pas, je te rejoins ! »
La belle – façon de parler – ne se fait pas prier et file rattraper son fiancé. Je sais que Draco est parti en avance justement pour l'éviter, et compte sur moi pour se mettre entre lui et Pansy au repas, mais ça lui apprendra. Il n'avait qu'à m'attendre ce faux frère !
Lorsque je descends enfin dans la Salle Commune, celle-ci est presque vide. Etrangement, les Serpentard n'ont pas une réputation de gros mangeurs, ce trait de caractère appartient aux Gryffondor. Pourtant, il n'y a pas à dire, les élèves de la maison du Serpent sont toujours les premiers attablés. Mais peut-être les considérer comme des « gros mangeurs » leur donnerait un côté trop humain au regard des autres élèves… On préfère les voir en passionnés de Magie Noire, en amoureux de la cruauté et de l'injustice. Non pas que cela me déplaise : c'est assez comique de voir ces enfants de onze ans lever un visage empli de crainte lorsqu'ils se retrouvent seuls dans un couloir, face à nous. Ils sont si faciles à intimider ! Et comme c'est bien les seuls moments où je m'amuse dans ce château, je ne me prive pas de leur lancer un regard des plus glacials.
« Orodania ? »
Je tourne la tête vers la cheminée, pour y trouver Théodore Nott assis dans un fauteuil. Il se lève mais ne répond pas à l'interrogation qu'il lit dans mes yeux.
« Je savais bien que tu n'étais pas partie avec les autres. »
« Tu ne vas pas manger ? »
« Je t'attendais, » avoue-t-il finalement avec un petit sourire.
Je sais que ce dernier n'est pas destiné à me plaire, mais à m'énerver. Théodore s'amuse, depuis la rentrée, à ne répondre qu'à des questions que je lui pose directement. Alors qu'avec les autres il suffit d'un regard pour qu'ils s'empressent de m'expliquer quelque chose ou répondre à une question implicite, lui se borne à n'en rien faire. Draco m'a dit qu'il avait toujours fait cela avec lui aussi. Mais cela n'énerve pas mon ami, alors que j'en suis profondément agacée.
« C'est très aimable, » lui réponds-je d'un ton égal, « mais inutile. Je ne me perds plus dans les couloirs depuis deux semaines. »
« Tu ne t'es jamais perdue dans les couloirs » réplique-t-il sans se départir de son sourire.
Effectivement, je n'aurais pas donné le plaisir à un quelconque Sang-de-Bourbe de pouvoir se moquer de moi. Aussi ai-je toujours suivi Draco, jusqu'à ce que je puisse me déplacer toute seule. Mais en réalité, je suis rarement seule. Pansy n'est jamais loin, Draco non plus.
Théodore me tient la porte galamment puis nous nous dirigeons vers la Grande Salle.
« Tu aurais pu avoir une bonne place à table. » lui dis-je.
« Quelle bonne place ? Ce n'est pas comme s'il y avait un spectacle à admirer. »
« Non, mais il y a un spectacle à éviter : celui de Gregory et Vincent en train de manger. »
Il rit doucement et me regarde, amusé.
« Je me sens capable de supporter cette vision, si c'est pour t'avoir attendue dix minutes. »
Je tourne la tête et lui lance – sans pouvoir m'en empêcher – mon fameux regard interrogateur. Son sourire s'accentue mais il ne répond rien, comme toujours.
Seulement cette fois, je ne lui poserai pas la question.
« Comment trouves-tu Draco en ce moment ? » je lui demande sans trop savoir pourquoi. Surtout pour changer de sujet.
Il garde son sourire quelques secondes en me fixant, et finit par répondre :
« Changé. C'est sans doute en rapport avec les questions incessantes de Pansy. » Je hoche la tête – Pansy ne cesse de lui demander des précisions sur sa 'mission' – et il continue : « Il a l'air plus préoccupé. Moins sûr de lui, aussi, paradoxalement. Mais il n'en oublie pas pour autant de te couver. Il veille sans cesse sur toi, il te protège de la moindre menace gryffondor, il réplique à la moindre insulte, il demande où tu es si tu disparais dix minutes de son champ de vision sans raison. Et il te fixe avec un regard qu'il n'aura jamais pour Pansy. Et ça la rend jalouse. »
Je reste interloquée. Comment a-t-il pu voir tout cela ? Et comment est-ce possible ? Je n'ai jamais vu Draco me regarder de la façon qu'il décrit. Je n'ai jamais songé à son attitude envers moi. Pour tout dire, en posant cette question, je pensais surtout à son air fatigué. Seulement à cela.
Pour une fois, Théodore semble enclin à répondre aux questions qu'il lit dans mes yeux. D'une certaine façon.
« On voit beaucoup plus de choses lorsqu'on se préoccupe d'une personne. »
« Pansy est jalouse ? » je demande soudain, comme si je n'avais pas entendu sa phrase.
« Elle a toujours été jalouse. Des filles qui tournent autour de Draco, des garçons aussi – même de Millicent, un jour, parce que Draco lui expliquait une potion. » Cette remarque semble l'amuser énormément. « Il faut dire que Draco n'a jamais pris le temps d'expliquer quoi que ce soit à Pansy. Alors crois-tu qu'il ait eu l'idée de lui faire comprendre ce que tu représentes pour lui ? »
« Et à toi, il te l'a dit peut-être ? » réplique-je, un peu agacée par son air amusé.
« Non. Mais Merlin merci, je suis plus perspicace que cette chère Pansy ! Et moins paranoïaque. »
« Moins fou. » je murmure à mi-voix.
Il a entendu, j'en suis certaine, mais n'ajoute rien. Nous arrivons dans la Grande Salle et rejoignons la table verte et argent. Pansy m'a gardé une place à côté d'elle, et Théodore se voit contraint de s'asseoir en face de Gregory Goyle et de Vincent Crabbe. Je réprime un sourire, et lui me fait un clin d'œil avant de tourner son attention vers son assiette.
Voilà, c'était assez court... désolée !
A bientôt pour la suite ! Et merci d'avoir lu !
