Chapitre 3

Mon premier réflexe fut de presser ma paume contre le comptoir de bois, afin de soutenir un corps affaiblit par une dizaines d'émotions blessantes. Oublié …Une perte de mémoire qui expliquait son comportement singulier, cette froideur teintée de ce charme qui lui ressemblait bien qu'il ait évolué à mon égard depuis plusieurs jours. Abaissant mes paupières sur mes prunelles déchirées, j'entrouvris les lèvres afin de prendre une profonde inspiration, mobilisant ma détermination acérée afin de faire face à ce conflit interne que je ne savais gérer, un odieux mélange de peur et de désespoir. Quelques bulles d'oxygène se déposèrent sur ma langue, la rafraîchissant de manière éphémère, me donnant cette infime force dont j'avais besoin pour affronter de nouveau cet homme sans flancher et succomber à la colère la plus sombre. Mes pupilles se rétrécirent tandis que mes cils venaient de nouveau effleurer mes sourcils, libérant une partie noirâtre qui vint pervertir l'émeraude scintillant d'iris troublés.

-Donnez lui un antidote, sifflai-je acérée, en laissant mes ongles crisser le bois sur lequel ils reposaient.

-S'il était aussi simple de créer des « antidotes », la magie n'aurait plus aucun sens. En vérité, ni vous ni moi n'y pouvons rien, Hook est le seul à pouvoir retrouver le chemin qui mène à sa mémoire … d'une manière ou d'une autre.

-Vous êtes en train de m'affirmer que vous l'avez empoisonné sans connaître le moyen de le faire redevenir lui-même ?

-Empoisonné … Délaissez les grands mots Miss Swan, fit-il en claquant sa canne sur le sol, en un léger son presque imperceptible. Je vous aurais bien proposé de tenter le … véritable baiser d'amour … mais qui sait ce qu'il pourrait révéler.

Une fois de plus, je fus la proie de sensations qui firent naître une légère nausée dans ma gorge.

-Je peux vous assurez que je n'ai pas le pouvoir de faire plus. Il ne vous reste plus qu'à lui faire .. confiance. Un risque démesuré n'est-ce pas ?

-Vous auriez pu vous abstenir d'agir en premier lieu !

-Vous êtes bien placée pour savoir que je suis prêt à faire beaucoup de choses pour le bien être de mon fils, dit-il en s'avançant légèrement vers moi. Maintenant que tout est clair, je vous suggère d'emmener votre pirate en lieu sûr. Car s'il lui prenait envie de m'empoisonner de nouveau l'existence, je ne résisterais pas à me débarrasser définitivement de lui.

Plutôt que de reculer, je m'avançai également, n'hésitant pas à soutenir son regard.

-Je commence à penser que c'est vous qui tenez à cette poursuite grotesque.

Je claquai la langue contre mon palais, avant de me retourner vers Hook, toujours écroulé sur le sol. Aussi sortis-je mon téléphone portable, parfaitement consciente de mon impuissance, demandant de l'aide à un père qui avait retrouvé sa vitalité. Il n'était visiblement loin puisqu'il pénétra la boutique quelques minutes plus tard, seul. J'échangeai un long regard avec lui, et il s'abstint de toutes questions, bien qu'il n'hésita à couler un regard noir en direction de Gold. Il souleva le jeune homme, le hissant dans ses bras afin de le sortir de la boutique. Je le suivis, tentant de concentrer mon esprit défaillant sur ce corps inconscient, me retenant de venir enflammer un homme qui venait, une fois de plus, de briser le peu de sollicitude qu'il avait pu faire naître dans mon être à son égard. Je regardai David installer Hook à l'arrière de sa voiture, avant qu'il ne se tourne vers moi.

-Tu désires le ramener au bateau ?

Je n'eus besoin que d'une seconde … une seconde d'hésitation avant de planter mon regard dans le sien.

-Non. Je veux que tu le menottes dans l'une des cellules au bureau. Je ne vois d'autre manière de l'empêcher de faire d'autres conneries avant qu'on puisse annuler ce que Gold lui a fait.

Il s'assombrit imperceptiblement en apprenant le fin mot de l'histoire avant d'entrouvrir de nouveau les lèvres.

-Et toi que vas tu faire ?

-Parler à Neal.

Une nouvelle fois.

Mais il n'était à son appartement, ce qui ne me surpris guère. Je le voyais mal venir s'y terrer après son forfait, même si je doutais qu'il en fut pleinement consentant. Du moins ne désirais-je pas croire qu'il puisse aller aussi loin et compromettre tout ce en quoi il croyait. Glissant les mains dans les poches de mon manteau, je dévalai les marches avant de tomber sur lui, à l'entrée de l'hôtel. L'étonnement ne marqua ses traits, alors qu'il me faisait un léger signe de tête pour que je l'accompagne à l'extérieur.

-J'ignorais tout des implications, se hâta t-il de préciser avec un sérieux teinté de culpabilité.

-Tu les ignorais mais tu en as fait la demande ?

-Je lui ai simplement … certes, j'ai manqué de clairvoyance. Je voulais simplement être certain qu'il ait des véritables sentiments pour toi.

-Mais qui t'en a donné le droit ? Qui t'a donné le droit d'interférer dans ma vie ? Finis-je par imploser.

-Toi Emma. Il y a dix ans. Nos avons eu une histoire, nous avons un fils. Et même si mes actions sont irréfléchies, elles sont dictées par mes sentiments. Couple ou non... passé ou présent, je tiens à toi. Et que l'amour ne nous réunisse plus ne signifie pas que je tiens à te voir hors de ma vie. Je me sens concerné par le fait que tu craques pour un homme dont je connais mieux les actions que toi.

-Tu le juges pour ce qu'il s'est passé il y a des centaines d'année quand tu me demandes de cesser pour dix ans. Dix ans ! Ne peux tu pas simplement admettre qu'il est temps pour vous deux de passer à autre chose !

-Emma …

-Non ! Je ne suis pas le problème. Le soucis est que tu ne lui as jamais pardonné de t'avoir pris ta mère mais c'est elle qui est partit, et ton père ne doit pas y être étranger ! Poses toi les bonnes questions et cesse de vivre dans le passé !

-Et c'est toi qui dit cela Emma ?

Je me figeai, prenant conscience de mes mots, de mon emportement. Ne plus vivre dans le passé. S'ouvrir … Je me fermai instinctivement, avant de détourner le regard et de le contourner, m'éloignant de nouveau. Fuyant encore une fois. Je me désirai forte mais je courbais l'échine dès que les choses m'échappaient, dès que je n'avais plus le contrôle de cette vie que je tentais de garder hors de la souffrance et de la peine. Je vivais aussi dans le passé sans parvenir à lui échapper. Telle une automate, je regagnai l'appartement, oubliant un instant Neal … Hook et son état. J'étais perdue. Avais-je même fait le bon choix ? J'avais à peine dessiné un pas vers lui qu'il s'évanouissait, vaincu par la magie, mémoire effacée et histoire envolée sans qu'elle n'ait eu véritablement le temps de démarrer. Poussant la porte de l'appartement, je m'avançai avant de me laisser tomber sur l'un des tabourets. Mary s'affairait mais cette fois, je ne me détournai d'elle. J'avais cet étrange besoin de l'entendre … de comprendre. Sans mot dire, elle posa une tasse devant moi avant de murmurer.

-Ton père m'a raconté les grandes lignes.

Un voile d'inquiétude perça mon regard, atténuant l'émeraude qui coulait dans mes iris.

-Il a quitté le bureau ?

-Il a laissé Hook avec Grumpy. Il est actuellement avec Henry.

Peu rassurée, je glissai les doigts autour de la tasse, savourant une chaleur qui me faisait défaut tant les doutes m'étreignaient.

-J'ai couché avec lui, lâchai-je soudainement en relevant la tête vers elle.

La tendresse, mêlée d'une touche d'inquiétude, envahie ses yeux.

-Et ?

-Et il ne s'en souvient pas, répliquai-je amère avant de tremper mes lèvres pâles dans le liquide brûlant saupoudré d'une touche de cannelle. J'en avais deviné l'odeur avant même que la boisson ne caresse ma langue et ne roule dans ma gorge. Une odeur épicée, comme ces sentiments que je ne cessais de ressentir à l'égard d'un homme qui m'avait courut après pour mieux disparaître. Ce n'était sa faute, ni sa volonté. Mais les choses ne devaient-elles pas en rester là ? Ne devais-je pas cesser avant de perdre davantage ?

-Peut-être est-ce mieux ainsi, confirma t-elle en croisant les bras sur le meuble. Peut-être n'est-ce pas lui qui t'est destiné. Peut-être est-ce un message.

-Snow !

La voix de David me fit sursauter et quelques gouttes obscures vinrent noircir mon chandail blanc, révélé par les quelques boutons sautés d'un manteau aux pans écartés.

-N'écoute pas ta mère, fit-il en dardant ses turquoises dans mes émeraudes surprises. Car si elle avait suivit son discours, nous ne serions certainement pas ensembles aujourd'hui.

-Ce n'est pas …

-Oh que si, la coupa t-il. Tu m'as rejeté, tu m'as oublié avec une potion tout comme Hook l'a oublié aujourd'hui, tu es morte, j'ai du combattre un dragon, sans oublier cette malédiction qui nous a fait tout de perdre la tête avant que tu ne disparaisses de nouveau dans un autre monde !

Elle se tut quelques instants, sans le quitter des yeux, tandis que je les observais, effaré. Je n'avais encore jamais posé de réelles questions sur leur passé et ignorais donc tous ces détails sur une histoire qui avait subit plus d'une peine. Des questions faillirent m'échapper, mais je n'en retins qu'une seule.

-Gold t'a également fait boire une potion d'oubli ?

-C'était légèrement différent, répondit David à sa place. Ta mère a souhaité réellement m'oublier et cela l'a profondément changé, car elle avait également effacé toutes formes d'émotions.

-Et comment …

-Un baiser … Il a suffit qu'elle me donne un baiser pour redevenir celle dont j'étais tombé amoureux, révéla t-il simplement.

Interdite, je le fixais. Encore ce baiser … que chacun évoquait. Une histoire qui ne paraissait me correspondre, qui semblait si éloignée de tout ce à quoi je croyais.

-Gold m'a bien fait comprendre que Hook était le seul à pouvoir s'en sortir.

-Tu sais … lorsque nous étions tous deux maudit et incapables de se souvenir de notre histoire …

-Nous nous sommes retrouvés, acheva Mary en le regardant quelques secondes avant de me caresser de ses prunelles d'un vert comparable au mien. Si Hook est vraiment amoureux de toi, alors il te retrouvera.

-A moins qu'il ne retrouve Gold en premier lieu, achevai-je assombrie par une perspective qui ne m'enchantait guère.

J'avais déjà entre perçut les capacités que lui donnait son instinct de vengeance, celle qui l'avait conduit à mettre sa vie en danger plus d'une fois. Et je ne tenais pas plus à le voir mourir qu'hier … si ce n'est encore moins. Une légère douleur frappa ma poitrine, que j'effleurai de mes doigts avant que ces derniers ne soient serrés par une main masculine dont la pression se désirait rassurante.

-L'amour n'est jamais chose aisée … encore moins lorsqu'il est véritable. Mais plus il est fort, plus il faut se battre.

-Et si j'échoue … murmurai-je éteinte, en plongeant dans son regard.

Durant une demi seconde, je laissai parler l'enfant, celle qui avait besoin d'être rassurée par des parents retrouvés en ce rôle que je ne leur reconnaissais encore entièrement. Une place que je venais de dessiner en une interrogation perdue.

-Il a crut en toi non ? Alors crois en lui.

« Essai quelque chose de nouveau Darling.. » Mes pupilles rétrécirent tandis que mes pensées me frappaient, réminiscences qui s'esquissaient sous mes paupières. « On l'appelle la confiance. » Cette même confiance que je ne parvenais plus à donner, celle qui me tenait éloigné de ma famille … celle que je lui avais confié lors de notre voyage à Neverland. Il l'avait gagné, en tentant le tout pour le tout pour retrouver mon fils, pour m'aider à retrouver Neal même s'il devait en souffrir. Ne m'avait-il prouvé plus d'une fois que je comptais plus que ses propres émotions ?

-Merci, dis-je simplement en me redressant, délaissant mon chocolat à peine entamé avant de réajuster mon manteau. Ma mère se glissa dans les bras de mon père, en un tableau que je regardai intensément pour la première fois, avant que je ne me détourne sur un léger sourire pour regagner la porte. Le chemin me parut aussi interminable que court, jusqu'à ce bureau dans lequel je le savais enfermé. Avisant Grumpy dans le couloir, je m'approchai de lui.

-Il s'est réveillé, m'annonça t-il d'un ton bourru, et est en train de réclamer son crochet … ainsi que le shérif. Je te laisse donc avec ton cœur, acheva t-il avant de sortir de son pas pesant.

Petit ami … cœur. Étais-je donc la seule à douter de mes émotions ? Esquissant quelques pas, j'avisai cet homme à la chevelure d'ébène, adossé aux barreaux auxquels il était menotté de par sa main droite. Il fixait le lit, le visage sombre, mais tourna subitement la tête, comme s'il avait sentit ma présence. Ses prunelles océanique me caressèrent, en cette intensité qui suffisait à échauffer mes veines et je me dérobai en retirant mon épais vêtement d'hiver, le suspendant au porte-manteau prévu à cet effet. Puis, croisant les bras sous ma poitrine, je m'adossai à l'un des bureaux pour mieux lui faire face.

-Tenter de tirer sur Gold était stupide, attaquai-je d'une voix froide.

-C'était mérité, se contenta t-il de répondre, avant de me montrer son moignon protégé par cet objet de cuir qui lui permettait de faire valoir son crochet.

-Puis-je Love ?

-Non.

Quittant l'étreinte de fer contre laquelle il s'était reposé, il me fit face à son tour, en refermant sa main sertie de bagues sur l'un des barreaux qui le retenait.

-Tu es une femme contrariante, commenta t-il gravement. Mais est-ce que la froideur dissimule un tempérament plus … enflammé ?

Je me redressai à mon tour, m'approchant de sa « cage » pour mieux contempler cet univers miroitant que ses amandes m'offraient.

-Qu'est-il arrivé au dommage collatéral ? Lui demandai-je avec un soupçon de sarcasme.

Un léger sourire vint parer ses lèvres sombres avant qu'il ne murmure chaudement.

-Je n'ai aucune envie, finalement, de te réduire à ce rôle.

J'eus la sensation que chacun de ses mots me caressaient … mais ce n'était que superficiel. Et je m'étonnai d'avoir résisté si longtemps à cette séduction qu'il ne cessait de jouer, en ces notes de musiques qu'il chantait de sa voix sensuelle.

-Et lorsque je gagnerais ton cœur Emma … car je le gagnerais, ce sera sans tricherie mais seulement parce que tu me voudras, chuchotai-je en me perdant dans son regard.

Ses traits se figèrent en une interrogation muette. Aussi approchai-je mon visage près du sien.

-Tu voulais savoir si mon tempérament était enflammé ? Fantasme.

Puis, je me détournai, quittant l'étreinte de yeux qui suffisaient à me faire perdre mes moyens. Et, comme d'ordinaire, je me réfugiai dans ma dureté pour échapper à la blessure et aux larmes. Au désespoir.

-Emma…

Un prénom qu'il prononçait comme nul autre, quelques lettres chaudes qui suffisaient à poignarder mon esprit en ces aiguillons de désir qui me pourrissaient la vie. Aussi lui fis-je de nouveau face, sans ce bouclier qui suffisait à me donner le courage de lui faire face sans lui montrer les failles qu'il avait réussit à creuser.

-Qu'est-ce que tu sous-entendais lorsque tu m'as annoncé que tu m'avais délaissé ce matin ? Demanda t-il, sans ce sourire, sans moquerie, sans charme.

-Que tu m'as oublié, murmurai-je simplement, sans le quitter des yeux. Mes yeux se colorèrent d'un voile transparent, que je retins en détournant la tête. Il était incroyable que je puisse être autant touché pour lui, maintenant qu'une brèche s'était creusé dans ce bouclier que je tentais vainement de maintenir.

-Il faut être fou pour oublier un tel visage, chuchota t-il, m'interpellant de nouveau.

Et je relevais aussitôt les yeux tandis qu'il me fixait sans faillir. Mon souffle se fit plus court, les battements de mon cœur désordonnés. Je perdais pied. De nouveau je me noyais. Il m'aspirait dans la beauté d'un regard que je ne savais quitter.

-Emma !

Une voix qui me fit tressaillir, qui brisa cet instant où, durant une demi-seconde, j'eus la sensation de retrouver l'homme dont je tombais progressivement amoureuse. Mon visage quitta l'objet de ses pensées pour se concentrer sur un point dans mon dos.

-Neal ?

Il me fit signe de le rejoindre, non sans couler un regard à Hook, dont je ne vis la réaction, s'il en avait eu une. Exaspérée, je rejoignis le père de mon fils tout en faisant preuve d'une agressivité qu'il avait su faire naître par ses frasques.

-Qu'y a t-il ?

-J'ai un soucis, affirma t-il avant de dérouler devant lui une feuille de papier, reproduisant les gros titres d'un journal qui n'était celui de la ville. Sa photo s'étalait en première page, suivit d'une demande d'arrestation lancée pour le vol d'un diamant d'une fortune inestimable.

-Tu as volé ce diamant ? Tu as continué même après notre histoire ?

-Tu as vu le taudis dans lequel je vivais ? Argua t-il découragé. C'est une habitude difficile à perdre quand on apprend à voler pour suivre durant des dizaines d'années.

Décontenancée, je finis par secouer la tête avant de lui faire de nouveau face.

-Et en quoi cela t-inquiète t-il ? Aucune personne extérieure ne peut forcer le barrage.

-Peut-être pourriez vous partager cette intéressante conversation avec un prisonnier ? Intervint Hook avec une pointe d'humour.

Levant légèrement les yeux au ciel, je tentais de me concentrer sur mon ex, en tentant d'ignorer le regard d'un homme qu'on m'avait arraché.

-Je n'ai aucunement l'intention de retourner dans la Forêt Enchantée Emma. Ce n'est plus mon monde depuis longtemps tout comme ce n'est pas le tien. Ou du moins, j'aimerai avoir le choix au moment où il se dessinera, que ce soit pour Henry ou pour autre chose.

Une conception que je pouvais comprendre … même si je me savais désormais incapable de me séparer des miens.

-Et ?

-J'ai laissé le diamant dans mon appartement à New-York. Il faut dire que votre retour fracassant dans mon existence a eu le don de me faire oublier la réalité. S'ils le trouvent … ils peuvent me faire tomber.

-S'il est chez toi, dis toi qu'ils l'ont retrouvé depuis longtemps, arguai-je.

-En vérité, ce n'est pas mon appartement officiel … ils mettront un certain temps à le retrouver mais y parviendront … j'ai donc besoin que tu le récupères avant eux, que tu me le ramènes ou t'en débarrasses.

Interdite, je le regardai un instant avant de répéter sèchement.

-Tu me demandes d'aller à New-York pour réparer tes conneries ? En laissant les présentes derrière moi ?

Il plia la feuille de papier avant de plisser les lèvres.

-M'y rendre serait me jeter dans la gueule du loup. Puis … je ne te demande pas de l'abandonner derrière toi. Ce serait même l'occasion de vous retrouver à deux, une occasion pour moi de titiller sa mémoire ou de voir s'il tombe amoureux de toi en ignorant tous de nos liens. A New York .. il ne risquera pas de découvrir notre histoire passée, et ne pourra en être influencé …

-Donc tu me demandes d'aller à New-York récupérer un diamant volé avec le Capitaine Hook partiellement amnésique et étreint d'une envie de vengeance sanglante ? Répétai-je sans oser croire à ce que je prononçais.

-Je te le demande comme une dernière faveur, acquiesça t-il. Et je te la retournerai en acceptant votre histoire.

-Tu ..., m'enflammai-je aussitôt avant qu'il ne lève les mains en signe de reddition.

-Tu m'as compris Emma.

Je ravalai ma colère avant de me tourner de nouveau vers cet homme à la chevelure d'ébène qui ne cessait de regarder dans notre direction. Levant un sourcil devant nos deux silhouettes tournées vers lui, il tira légèrement sur sa menotte avant de grogner.

-Il est toujours agréable de voir que l'on fascine.

Un sourire vint éclairer légèrement mes traits, tandis que je me laissai séduire par l'idée … Après tout … il était peut-être temps que je me batte à mon tour pour nous deux.