.
Bonjour tout le monde !
Alors comme toujours dans un premier temps, je souhaiterais remercier toutes les personnes qui ont mis "Avancer" dans leurs favoris ou leur follows. Et un merci tout particulier à BethGreene et Bethly qui ont pris le temps de laisser une review.
Comme toujours un grand merci à Eponyme Anonyme qui a corrigé ce chapitre.
J'espère que ce quatrième chapitre vous plaira !
Bonne lecture,
Colibrii
.
.
.
.
Chapitre 4
.
.
Beth n'aurait jamais pensé que Marvin accepte l'invitation de Madame Burton, pourtant lorsqu'elle lui en parla autour du petit-déjeuner qu'ils partagèrent dans la cuisine, son ami accepta sans trop de difficulté. Beth jeta un coup d'oeil à sa montre. Il était presque neuf heures et la vie commençait seulement à animer Alexandria. Marvin était parti une heure plus tôt aider au potager et Beth commençait sérieusement à s'ennuyer tandis qu'elle attendait qu'il soit neuf heures. Deanna lui avait dit, lors de la soirée, que Pete ouvrait chaque jour le cabinet à cette heure et qu'elle devait donc s'y rendre chaque matin et cela dès le lendemain.
Agacée d'attendre, Beth se décida à aller au cabinet. Ce dernier se trouvait non loin de la maison de Deanna et de son époux. Elle frappa à la porte avant d'entrer.
— Pete ! Appela-t-elle. Pete ! Vous êtes là ?
— Première pièce à droite, répondit-il.
— Bonjour, dit-elle en le voyant.
— Salut. Entre, je t'en prie. J'étais en train de m'occuper de papiers, déclara-t-il. Thomas doit passer dans pas longtemps pour que je lui enlève ses points de suture. Je te montrerai comment faire.
— Qu'est-ce que je peux faire en attendant ?
Pete balaya la salle du regard avant de répondre qu'elle pouvait passer le balai. Beth hocha la tête alors qu'il lui indiquait où se trouvait le balai. La jeune femme alla le récupérer et entreprit de nettoyer la pièce tandis que Pete retournait à ses papiers.
— Qu'est-ce que c'est ? questionna-t-elle en désignant l'armoire où quelques dossiers se trouvaient.
— Les dossiers médicaux de chaque résident. Ils sont bien sûr couverts par le secret médical donc dans l'avenir lorsque tu traiteras un patient et que tu auras accès à son dossier, tu ne pourras bien entendu en parler à personne.
— Bien entendu, répliqua Beth.
Le regard de cette dernière se posa sur la main de Pete qui tremblait légèrement. N'était-ce pas dangereux pour un chirurgien de trembler ainsi ? Pete sembla voir son regard et saisit sa main droite. Il se racla la gorge avant de se lever et de déclarer qu'il allait prendre l'air.
Beth le suivit du regard alors qu'il quittait la pièce. Cet homme était-il malade ? Était-ce grave ? Beth savait que certaines maladies nerveuses provoquaient ce genre de chose. A peine quelques minutes plus tard, Pete entrait à la suite d'un homme d'une trentaine d'années dont la main était abîmée, sans doute Thomas. Beth le salua en souriant tandis que l'homme se dirigeait vers le siège de consultation.
La jeune femme regarda Pete examiner la plaie et lui expliquer comment savoir si une blessure était bien cicatrisée. Puis, l'homme entreprit de retirer les trois points de suture. Beth observait avec attention, s'autorisant à peine à cligner des yeux.
— Voilà ! s'exclama soudainement Pete. C'est fini ! Tu reviens me voir au moindre souci, ok ?
— Ok. Merci Pete. Au revoir, Beth, déclara Thomas poliment.
— Et maintenant ?
— On peut regarder des livres de médecine. J'en ai ramené quelques-uns.
— D'accord, répliqua Beth.
Pete l'invita à s'asseoir à côté de lui après avoir choisi un livre dans la pile qui traînait sur la table.
— On va commencer avec celui-là, souffla-t-il.
Les effluves d'alcool agressèrent immédiatement son nez et Beth comprit alors. Pete n'avait pas de maladie nerveuse. Il était alcoolique. La jeune femme réussit à garder contenance tandis qu'il commençait à lui expliquer le fonctionnement général du corps humain. Le livre, qu'il avait choisi, était une introduction à la médecine. Peu avant midi, Pete lui dit qu'elle était libre et qu'elle pouvait garder le livre pour l'étudier chez elle.
— On se voit demain, dit-il en ouvrant la porte.
Il l'invita à passer devant lui et ferma derrière.
— Vous ne travaillez pas l'après-midi ? questionna-t-elle étonnée.
— Non, d'habitude je ne viens au cabinet que lorsque quelqu'un a besoin de moi, répliqua-t-il.
— D'accord. On se voit demain alors ! Bonne journée, lui souhaita-t-elle avant de s'éloigner.
Marvin l'attendait devant leur maison. Leur maison. Elle utilisait déjà le pronom possessif lorsqu'elle pensait à elle. Le garçon lui fit un signe de la main auquel elle répondit en souriant.
— T'as pas oublié le déjeuner chez Mrs Burton ?
— Bien sûr que non ! Allons-y ! proposa-t-elle en passant son bras sous le sien.
Beth n'eut pas le temps de frapper à la porte que cette dernière s'ouvrait sur la mine souriante de Caroline Burton.
— Entrez les enfants ! Je vous en prie, entrez !
— Bonjour Caroline, la salua poliment Beth en pénétrant dans la demeure.
— Bonjour Beth. Marvin, ajouta-t-elle à l'attention de son ami. La salle à manger se trouve sur la droite, dit-elle en les guidant.
Deux hommes se trouvaient déjà dans la pièce. Le premier homme avait dans les quarante-cinq ans et portait une chemise à carreaux sur un t-shirt blanc. Beth devina sans difficulté qu'il s'agissait de Tobin, le fils de Caroline. L'autre devait avoir l'âge de Marvin, peut-être un peu moins, et était vêtu du même type de vêtements que le premier. Le petit-fils de Caroline.
— Bonjour, je m'appelle Tobin et voici mon fils Gordon, se présenta-t-il en lui tendant la main.
Beth la serra tout en leur donnant son nom et celui de Marvin.
— T'as de la poigne dis-donc, remarqua Tobin.
— Elle est plus forte qu'il n'y paraît, intervint Marvin.
— On passe à table, proposa Caroline.
— Vous voulez de l'aide ?
— Oh non, non, ma chérie, répondit-elle. Je vais juste chercher le gratin dans le four et je reviens.
Les chaises raclèrent sur le sol et chacun trouva sa place autour de la table.
— Et donc vous vous connaissez depuis longtemps ? questionna Tobin essayant d'entamer la conversation.
Marvin et Beth échangèrent un regard avant que cette dernière ne réponde :
— Un petit peu plus d'un an. Sa sœur m'a sauvé la vie lorsque j'étais en mauvaise posture.
— Tu as une sœur ? demanda Caroline qui revenait avec le plat.
— Ouais. Elle s'appelle Abby. On a été séparé lorsque la prison, dans laquelle on vivait, a été attaquée.
— Oh pauvre chéri ! Mais au moins vous vous avez l'un l'autre, essaya de le réconforter Caroline.
— Ouais, c'est vrai, répliqua Marvin.
Caroline, en hôtesse parfaite, tint à servir chacun de ses invités avant de prendre place à son tour autour de la table.
— Vous vivez ici depuis longtemps ?
— Presque un an et demi maintenant. On est arrivé trois mois après le début de l'épidémie, expliqua Tobin.
— On est bien ici. Vous verrez, déclara Caroline. On croirait presque rien ne s'est passé.
Beth se retint de lui dire que ce n'était pas forcément une bonne chose. La femme ne semblait pas méchante au contraire, mais comme tous les autres habitants d'Alexandria, elle ne se rendait clairement pas compte de ce qu'il se passait à l'extérieur de ces murs. Beth porta la main à son ventre. Les aigreurs d'estomac étaient de plus en plus présentes ces derniers temps.
— Ça ne va pas mon chou ? questionna Caroline.
— Juste un peu mal à l'estomac. C'est assez habituel, tenta-t-elle de la rassurer.
— Tu devrais en parler à Pete. Je suis sûre qu'il pourra te prescrire un truc contre ça, lui conseilla Tobin.
— Je lui en parlerai demain, rétorqua-t-elle avant de prendre une bouchée de gratin.
— Sinon la maison vous plaît-elle ? interrogea Caroline après quelques minutes de silence.
— Oh oui, beaucoup. Elle est spacieuse et plutôt bien agencée, répondit Beth essayant de faire la conversation.
— Parfaite pour un jeune couple, plaisanta Caroline en souriant.
Beth et Marvin échangèrent un regard se demandant où elle voulait en venir. Pensait-elle qu'ils étaient en couple ? Le regard de Tobin passa de Beth à Marvin deux fois. La jeune femme devina qu'il avait compris que sa mère se trompait sur leur relation.
— Vous n'êtes pas ensemble ? s'étonna Tobin.
— Absolument pas non, répliqua Marvin.
— Vraiment ? J'avais pensé que… bredouilla Caroline.
— Marvin et moi sommes seulement amis, répliqua Beth.
— Les apparences parfois… souffla Tobin pensif. Sinon vous comptiez faire quoi cet après-midi ?
— Il faut que je retourne bosser au potager. On doit fertiliser la terre avant de planter ce qu'on veut, répondit Marvin.
— Et toi ? questionna l'homme en se tournant vers Beth.
— Je pensais potasser le livre que Pete m'a prêté. La dernière fois que j'ai eu des cours de biologie, c'était au lycée.
— Ah et tu étudiais quoi avant tout ça ? demanda soudainement Gordon.
— J'étais au lycée. J'allais entrer en dernière année lorsque c'est arrivé… Et toi ?
— J'étais étudiant en sociologie. Enfin, pas très utile par les temps qui courent, déclara Gordon en laissant échapper un rire las.
Beth lui sourit tristement. Elle comprenait parfaitement ce qu'il ressentait. Elle-même l'avait ressenti lorsqu'elle avait fini par comprendre que rien ne serait plus jamais comme avant.
— Et toi Marvin ?
— J'étais étudiant aussi… En littérature, répondit-il. Je comptais travailler dans l'édition enfin faut croire que ça ne se fera pas...
Beth devina que son ami avait essayé de dire la dernière partie de sa phrase sur un ton léger. Toutefois, il n'avait pas été difficile pour elle de reconnaître une pointe de tristesse dans sa voix. Ils avaient beau savoir que le monde ne serait plus jamais le même, il n'était pas toujours facile de repenser à ce qu'ils avaient perdu à cause de l'épidémie.
Le reste du repas se passa agréablement malgré ce petit moment de malaise. Chacun discuta de choses et d'autres et notamment leur rôle au sein de la communauté. Tobin était le chef d'équipe du groupe qui allait récupérer des matériaux à l'extérieur de l'enceinte tandis que Gordon, son fils, tout comme Marvin, travaillait au potager. Caroline, elle, était l'institutrice des enfants de la communauté. Cela avait été son métier pendant près de quarante ans avant qu'elle ne prenne sa retraite quatre ans avant le début de l'épidémie. Deux autres personnes dispensaient les cours aux adolescents.
Beth déclina la proposition de Caroline d'y assister. Elle n'était plus une adolescente et aller à l'école n'était certainement pas dans ses intentions.
Lorsque le déjeuner fut terminé, Beth et Marvin aidèrent Caroline à débarrasser et faire la vaisselle puis les deux jeunes gens retournèrent à leurs activités. Beth se dirigea vers l'école où l'attendait déjà les quelques élèves qui souhaitaient suivre son cours de guitare.
— Bonjour ! lança-t-elle en pénétrant dans le garage.
Les quatre élèves présents arrêtèrent leur discussion et relevèrent leur visage vers elle. Il était cinq. Trois adolescents et deux enfants d'une dizaine d'années.
— Bonjour, répliquèrent-il poliment.
— Alors… Je m'appelle Beth et c'est moi qui vous donnerai à partir de maintenant des cours de musique et notamment des cours de guitare, déclara-t-elle. Est-ce que l'un d'entre vous en a déjà suivi ? questionna-t-elle. Oui ?
— Mikey, se présenta l'adolescent brun. Je prenais des cours de piano avant mais j'ai pas pratiqué depuis bien longtemps.
Beth lui offrit un sourire avant de demander :
— Quelqu'un d'autre ? Non ?
Beth regarda ses étudiants les uns après les autres attendant que l'un d'eux se fassent connaître mais personne ne le fit.
— Très bien. Alors on va commencer dans un premier temps par des présentations. Je sais que vous vous connaissez sans doute tous mais ce n'est pas mon cas et j'aimerais donc au moins savoir à qui je m'adresse. Qui veut commencer ?
Le deuxième adolescent fit un pas en avant visiblement mal à l'aise avant de commencer :
— Je m'appelle Ron Anderson.
— Enchantée Ron, déclara Beth en souriant.
La jeune femme tourna son regard vers l'adolescente.
— Enid, lâcha-t-elle.
— Freddy, dit le garçonnet.
— Sarah, finit la fillette.
— Parfait ! On peut commencer ! s'exclama Beth joyeusement.
Elle se dirigea vers le tableau blanc accroché au mur du garage et attrapa un stylo avant d'annoncer qu'ils allaient devoir s'intéresser au solfège. Elle ne manqua le petit soupir que poussa Mikey et fit remarquer qu'il serait plus facile pour lui de jouer de la musique s'il savait lire une partition. Le jeune garçon n'osa pas répondre. Le cours pouvait commencer.
.
.
.
Deux coups secs sur la porte tirèrent Beth de sa lecture. La jeune femme posa son livre sur l'accoudoir de son canapé et se dirigea vers la porte. Elle n'eut aucun mal à reconnaître Edna qui la salua en souriant lorsqu'elle eut ouvert la porte.
— Je vais chasser. Tu veux venir avec moi ? questionna la femme.
Beth n'hésita que quelques secondes avant d'accepter. Elle invita Edna à l'intérieur le temps qu'elle préparer son sac. Ses sorties chasse avec Daryl lui avaient appris à toujours être prévoyante. Lorsqu'elle revint dans le hall d'entrée, Edna était en train d'admirer une peinture accrochée au mur.
— C'est... C'est censé représenter quoi ? demanda Edna en l'entendant arriver.
— J'en ai pas la moindre idée, rétorqua Beth en jetant un coup d'œil à la toile.
Long d'environ un mètre et d'une hauteur de cinquante centimètre, le tableau était rempli de couleurs vives et chaudes mais ces dernières semblaient plus être le résultats d'éclaboussures que d'un travail réfléchi.
— Au moins, ça donne un peu de couleurs, remarqua Edna tandis qu'elle suivait Beth à l'extérieur. On devrait aller voir ce qu'i l'armurerie, ajouta-t-elle.
Beth hocha la tête et les deux femmes se dirigèrent vers le bâtiment dans lequel étaient entreposées les armes. Ces dernières se trouvaient dans la même maison que l'infirmerie et que la réserve de nourriture. La pièce était fermée à clef et surveillée pendant la journée.
— Salut Olivia ! s'exclama Edna en pénétrant à l'intérieur.
La femme les salua poliment et leur ouvrit lorsqu'elles lui expliquèrent l'objet de leur visite. Le regard de Beth fut presque immédiatement attiré vers l'arme posée à plat sur le meuble du fond. La jeune femme se dirigea vers elle d'un pas décidé. Elle tendit la main et effleura l'arbalète du bout des doigts.
— Où l'avez-vous trouvée ? interrogea-t-elle sans quitter l'arme des yeux.
— Un des groupes de ravitaillement l'a découverte dans un magasin de chasse. Ils pensaient que ça pourrait être pratique comme c'est silencieux.
— Je peux la prendre ?
— Bien sûr. Tu sais t'en servir ? s'étonna Olivia en la voyant l'inspecter. Spencer a voulu apprendre mais il a fini par laisser tomber.
Beth attrapa le carquois et le passa autour de ses épaules.
— Elle m'a l'air pas mal, souffla-t-elle pensive.
— Vous auriez pas un arc pendant qu'on y est ? questionna Edna.
— Non pas d'arc, désolée.
— Tant pis, soupira l'Amérindienne visiblement déçue.
La jeune femme attrapa un fusil de chasse ainsi que des munitions qu'elle glissa dans l'une des nombreuses poches de sa veste. Elle prit aussi un revolver, vérifia que son chargeur était rempli avant de le fixer à sa ceinture. Après avoir fait de même, Beth quitta la pièce à la suite d'Edna. Beth attendit d'être sortie du bâtiment avant d'armer l'arbalète. Comme dans son souvenir, tendre la corde demandait beaucoup de force dans les bras. Les deux femmes se dirigèrent vers le portail en silence. Spencer, qui gardait ce dernier, lança un regard surpris à Beth.
— Tu sais t'en servir ? demanda-t-il surpris.
— Oui, répliqua-t-elle.
L'homme hocha lentement la tête avant d'ouvrir
— A tout à l'heure, lança-t-il avant de le fermer derrière elles.
— Ça fait combien de temps que tu n'as pas chassé avec ça ? interrogea Edna
— Un peu plus d'un mois et demi, répliqua-t-elle en l'épaulant. Faut que je voie comment elle est réglée, d'ailleurs.
La jeune femme visa un nœud sur le tronc d'un arbre et appuya sur la gâchette. Le carreau se planta dix centimètres en dessous de sa cible. Il faudrait qu'elle fasse en sorte de compenser ce petit déséquilibre.
— Vous chassiez souvent ensemble ton gars et toi ?
— Dès qu'on le pouvait, rétorqua Beth en retirant récupérant sa munition. C'est avec lui que j'ai appris à pister aussi, ajouta-t-elle en réarmant l'arbalète.
— Je dois t'avouer que quand je l'imagine je peux pas m'empêcher de voir une sorte d'ours mal léché, plaisanta Edna. Regarde ça, souffla-t-elle en désignant des empreintes sur le sol.
L'Amérindienne se baissa pour les examiner de plus près.
— Un renard, murmura-t-elle. Il y a pas plus de deux heures.
Edna fit signe à Beth de la suivre et les deux femmes commencèrent à remonter la piste en silence. Les connaissances en matière de traque d'Edna étaient indéniables. Beth l'observait alors qu'elles s'enfonçaient dans la forêt et ne pouvait s'empêcher de voir les similitudes dans le comportement de la jeune femme et celui de Daryl.
Edna leva la main en l'air intimant silencieusement à Beth de s'arrêter tandis que des grognements leur parvenaient aux oreilles. La jeune femme s'avança légèrement et jeta un coup d'œil derrière l'amas de roches qui les cachait.
— Deux mordeurs, articula Edna en silence. A toi de jouer, ajouta-t-elle en désignant l'arbalète.
Edna mit son fusil en bandoulière avant de récupérer son couteau de chasse. Les balles se faisaient de plus en plus rares et il était inutile de les gâcher si une autre solution était possible. Beth épaula son arbalète et avança à pas feutrés jusqu'à voir les deux rôdeurs. Ces derniers semblaient errer depuis des mois. Leurs vêtements en lambeaux ne permettaient plus de savoir s'ils avaient été un jour des hommes ou des femmes. L'un d'eux avait les orbites vides et l'autre avait perdu le bas de sa mâchoire.
Beth visa ce dernier quelques centimètres au-dessus de la tête. Elle respira profondément avant de tirer. Le carreau se planta en plein dans l'œil droit du rôdeur qui tomba en arrière dans un grand bruit. Son compagnon tourna ses yeux vides vers lui et Beth eut l'impression de le voir renifler l'air avant de tourner sa tête vers elle. Beth ne put empêcher le frisson qui la parcourut alors qu'il plantait ses orbites vides dans ses yeux. Avec rapidité, elle réarma son arme et l'épaula de nouveau tandis que le zombie venait vers elle en grognant. Elle visa et tira. Le carreau effleura le crâne du rôdeur et continua sa lancée avant d'atterrir à plusieurs mètres de lui.
Avant que Beth n'ait eu le temps d'armer de nouveau l'arbalète, Edna attrapa le zombie par le cou et planta son couteau de chasse dans sa boîte crânienne. La jeune femme essuya ses mains et son couteau sur son jean.
— Pas mal, lança t-elle avant de se pencher pour récupérer le carreau planté dans la tête du rôdeur.
Elle le tendit à Beth en souriant.
— Je vais chercher l'autre, ajouta-t-elle en se dirigeant à l'endroit où avait atterri le carreau.
Edna revint quelques secondes plus tard avec le projectile qu'elle rendit à Beth.
— Tu te sens capable de tirer dans l'œil d'une bestiole de la taille d'un renard ? questionna Edna alors qu'elles reprenaient leur traque.
— Il faudrait que je m'habitue un peu à son déséquilibre avant, répliqua Beth.
Edna hocha la tête sans rien ajouter avant de lui faire signe de la suivre. De temps à autres, elle lui pointait une marque sur le sol ou des poils roux s'étant accrochés à certains buissons. Les deux jeunes femmes suivirent la piste pendant près de deux heures avant qu'Edna ne s'arrête soudainement. Beth la vit esquisser un léger sourire. L'Amérindienne pointa du doigt la bête qui, à environ vingt mètres d'elles, était en train de muloter.
— On a le vent dans le bon sens, souffla Edna en souriant de plus bel.
Elle fit signe à Beth d'y aller. La jeune femme se mit en position, un genou à terre. Elle prit une grande inspiration avant de viser le renard. La main tremblante, Beth visa quelques centimètres au-dessus de la tête de la bête. Cette dernière leva soudainement la tête humant l'air. Son mouvement obligea Beth à revoir son tir.
— Un, deux, trois, articula-t-elle avant d'appuyer sur la gâchette.
Le renard n'eut pas le temps de réagir alors que le carreau venait se figer dans son crâne. L'animal tomba raide mort dans la clairière.
— Beau tir ! s'exclama Edna en se dirigeant vers lui à grands pas.
Beth la suivit en silence.
— Il est pas bien grand, souffla l'Amérindienne en s'agenouillant près de la bête.
Beth la vit enfiler des gants de jardinage afin d'examiner l'animal.
— Je suis sûre qu'on va pouvoir faire quelque chose de bien avec sa peau. Les boyaux pour mon nouvel arc. Mon père m'a dit un jour que les anciens utilisaient les boyaux comme fil chirurgicaux. Tu crois que ça pourrait intéresser Pete ? Demanda-t-elle en se tournant vers Beth.
— Je sais pas je peux toujours lui demander.
— Si ça l'intéresse, il faudra sans doute qu'on aille chasser une autre fois car je suis pas sûre que le renard suffise, expliqua Edna. Tu m'aides à le mettre sur mes épaules ? questionna-t-elle avant de rabattre sa capuche. Les renards sont plein de parasites. Le mieux est d'éviter de les toucher à mains nues.
Beth hocha la tête avant de s'exécuter. La bête ne pesait pas très lourd, dix kilogrammes tout au plus, mais Beth savait que sur la distance cela risquait de poser quelques problèmes à Edna.
— Tu sais faire un arc ? demanda Beth après plusieurs minutes de silence.
Edna hocha la tête.
— Mon père m'a appris quand j'étais plus jeune, répondit-elle.
Un sourire nostalgique se dessina sur les lèvres de la jeune femme et son regard se perdit dans le vide quelques secondes avant qu'elle ne poursuive :
— Quand j'ai commencé à faire du tir à l'arc en club, c'était le seul moyen qu'on avait pour que j'aie mon propre arc. On était pas très riches, tu vois. On était même plutôt pauvres, en fait.
— C'est aussi ton père qui t'a appris à chasser ?
— En effet. Mon père m'a tout appris. Chasser, pêcher, pister… Il était débrouillard mon père. On aurait pu croire qu'il finirait par se décourager avec huit bouches à nourrir et un salaire de bûcheron mais c'était mal connaître Billy Clearwater !
Beth n'avait aucun mal à reconnaître la fierté dans la voix d'Edna.
— Vous étiez une famille nombreuse alors ? Demanda Beth après plusieurs secondes de silence.
La jeune femme se mordilla la lèvre inférieure, se maudissant intérieurement. Peut-être, Edna n'avait-elle pas envie de s'étendre plus sur sa famille.
— Mon père, ma grand-mère, George, mes quatre sœurs et moi. Notre mère est morte lorsque nous étions enfants.
— Et tu étais l'aînée, je me trompe ?
— En effet, tu te trompes. J'étais l'avant-dernière en fait. George a trois ans de plus que moi. On dirait pas, hein ? plaisanta Edna.
De nouveau le silence s'installa entre les deux jeunes femmes avant qu'Edna ne le rompe :
— Ce que je préférais, c'était quand en hiver le lac de la réserve gelait et qu'on pouvait aller à la pêche blanche. On faisait notre trou et on attendait, papa et moi, jusqu'à ce qu'un poisson morde à l'hameçon. C'est de bons souvenirs.
— George ne venait jamais avec vous ?
— George ? Aller à la pêche ? questionna Edna comme s'il s'agissait d'une blague particulièrement drôle. Il a pas la patience pour ça, ni pour la chasse d'ailleurs et encore moins quand il s'agit de pister un animal.
— Shawn, mon frère aussi, n'avait pas assez de patience pour la pêche, répliqua Beth en souriant légèrement. Mon père a bien essayé de l'emmener une ou deux fois mais il perdait toujours trop vite patience. Et moi ça ne m'a jamais intéressé.
— Qu'est-ce qui t'intéressait ?
— La musique bien sûr. J'adorais écrire des chansons et surtout composer des mélodies. Je me rappelle en avoir écrit une pour l'anniversaire de ma mère lorsque j'avais treize ans. Maman était tellement contente. Tu jouais d'un instrument toi ?
— Moi ? Non. Ça m'a jamais intéressé en fait. C'était notre plus jeune sœur l'artiste de la famille mais pas dans le même domaine. T'aurais vu ses dessins ! Je suis sûre qu'elle aurait pu aller loin.
Le sourire d'Edna se fana légèrement comme si une pensée plus triste venait de traverser son esprit.
— Ma sœur était plutôt du genre rebelle, elle ! Je me souviens qu'une fois, je devais avoir onze ans peut-être douze, elle avait essayé de faire le mur. Papa venait juste d'installer une lampe, tu sais le genre qui s'allume toute seule quand tu passes devant. Bien sûr, Maggie n'était pas au courant et papa l'a chopée. Je crois qu'elle a été privée de sortie pendant deux mois après ça, raconta Beth essayant de détendre l'atmosphère.
— T'étais pas du genre rebelle, toi ?
— Moi ? Absolument pas ! Je crois que le truc le plus rebelle que j'ai jamais fait c'est me cacher dans la bibliothèque du lycée pour ne pas aller en cours de natation. J'avais trop peur de dire à mon prof que je ne pouvais pas à cause de mes règles.
Edna ne put retenir un petit rire tandis que Beth souriait amusée. Elle se rappelait le mot du principal que ses parents avaient reçu suite à cela. L'expression qu'elle avait pu lire sur le visage de ses parents lui avait serrée le cœur. Elle n'avait jamais été comme Maggie et ne supportait pas de décevoir ses parents.
Parfois, Beth se demandait comment sa mère aurait réagi face à sa relation avec Daryl. Aurait-elle été aussi conciliante que son père ? Aurait-elle été du même avis que Maggie ? Beth se rappelait en avoir parlé à son père. Ce dernier lui avait assuré que sa mère n'avait toujours souhaité que son bonheur et qu'elle aurait fini par accepter Daryl. Beth avait envie d'y croire même si elle se doutait que cela n'aurait sans doute pas été facile chaque jour.
— Je me rappelle mon premier rendez-vous avec James. J'en avais parlé à personne et avais dit à mon père que j'allais faire une soirée pyjama chez ma meilleure amie. Cette fois-là, je ne me suis pas fait prendre.
— T'as dormi chez lui ?
— Non. En fait, c'était un demi-mensonge. On est allés se faire un ciné puis un resto et ensuite il m'a ramenée chez ma meilleure amie où j'ai passé la nuit. Ses parents n'étaient pas très regardants. Ça tisait dur chez elle.
De nouveau le silence s'installa entre les deux femmes. Les pensées de Beth s'envolèrent vers son père qu'elle savait alcoolique repenti. Son grand-père l'avait aussi été et Beth s'était parfois demandé si le goût pour la boisson était héréditaire. Elle se rappelait avoir lu quelques romans d'Emile Zola, un auteur français du dix-neuvième siècle, qui laissait entendre cela dans plusieurs de ses romans. Beth n'avait pas bu d'alcool pendant des années à cause de cette peur.
Elle pensa à Daryl, à son enfant difficile et à ce qu'il avait fini par lui confier à ce sujet. Il lui avait fallu plusieurs mois avant qu'il ne se sente assez à l'aise pour cela. Beth savait qu'il s'agissait de la période la plus difficile de sa vie et avait préféré ne pas le brusquer. Elle se contentait de l'écouter raconter des histoires sur sa jeunesse lorsqu'il en ressentait le besoin. Elle se rappelait la fois où il lui avait parlé de sa mère. Sa mère qui essayait de noyer son chagrin dans la bouteille. Sa mère qui, malgré tous ses efforts, ne pouvait cacher les coups qui marquaient sa peau. Sa mère qui avait fini par s'endormir, la cigarette aux lèvres, et avait mis le feu à leur maison. Daryl lui avait dit qu'il se rappelait parfaitement la conversation qu'il avait surprise entre les pompiers et son père. Abrutie par l'alcool, sa mère n'avait pu échapper aux flammes.
Un craquement à leur droite ainsi que des grognements firent sortir Beth de ses pensées. La jeune femme sortit son couteau de son étui.
— Je m'en occupe, dit-elle en se dirigeant vers le rôdeur.
La chose qui avait autrefois été une femme leva les bras dans sa direction. Sans attendre, Beth lui mit un coup de pied dans la hanche droite. Le rôdeur perdit l'équilibre et Beth en profita pour lui planter son couteau dans le crâne. Elle rangea son arme et se tourna vers Edna.
— T'as besoin d'aide pour le porter ? demanda la jeune femme
— Non, t'en fais pas, répliqua Edna. On n'est plus très loin de toute manière.
Il leur fallut une vingtaine de minutes de marche pour atteindre le portail d'Alexandria. Beth leva les yeux vers la tour où se trouvait un fusil mais elle n'eut aucun mal à remarquer que personne ne se trouvait derrière. Becky et les enfants se trouvaient à l'intérieur d'un périmètre qui n'était même pas surveillé. Beth sentit la colère monter en elle à la pensée qu'il pourrait leur arriver quelque chose à cause de cette négligence. Sans attendre, la jeune femme frappa deux coups sur le portail à l'aide du manche de son couteau. Quelques secondes plus tard, Nicholas faisait glisser le portail et les deux femmes pénétrèrent dans Alexandria.
— C'est normal qu'il n'y ait personne dans la tour ? questionna-t-elle d'une voix sèche.
— Spencer est parti se reposer. Il a été de garde presque toute la journée, répliqua Nicholas.
— Et personne a pris sa place ? s'étonna Edna.
Nicholas n'eut pas besoin de répondre pour que les deux femmes devinent ce qu'il allait dire. Beth ne put s'empêcher de se demander comment la ville pouvait encore être debout alors que ses habitants semblaient si peu au fait de ce qu'il se passait à l'extérieur de ses murs.
— Je vais voir Deanna, déclara Beth. Je te retrouve après.
— Tu pourrais ramener mon flingue à l'armurerie ? demanda Edna en tendant sa hanche vers elle.
Beth attrapa l'arme et se dirigea vers l'armurerie alors que le portail se refermait dans un grincement derrière elle. Olivia n'était plus de garde. L'homme qui se trouvait là devait avoir entre quarante-cinq et cinquante ans et des cheveux poivre et sel.
— Bonsoir, dit-elle. Je viens ranger les armes.
L'homme hocha lentement la tête et sortit une clef de sa poche avant d'ouvrir la porte.
— Vous avez des chiffons dans le coin ? questionna-t-elle en posant l'arbalète sur la table.
— Ouais. Dans ce placard, répliqua l'homme en lui montrant.
Beth se mit sur la pointe des pieds et récupéra un chiffon blanc. La jeune femme entreprit de nettoyer consciencieusement les carreaux rougissant par la même occasion le tissu. Lorsqu'elle eut fini, elle rangea l'arbalète et les carreaux à leur place et vida le chargeur des deux revolvers qu'elle et Edna avaient pris. Elle sortit de la pièce et offrit un sourire à l'homme qui gardait l'entrée.
— Merci, dit-elle avant de quitter le bâtiment.
La jeune femme se dirigea vers la maison de Deanna qui ne se trouvait qu'à une dizaine de mètres de l'armurerie. Beth monta les quelques marches menant au perron et frappa à la porte. Elle attendit une trentaine de secondes alors que des bruits de pas se faisaient entendre à l'intérieur de la bâtisse.
— Bonsoir Beth, déclara Deanna en souriant.
— Bonsoir Deanna. Puis-je entrer ? interrogea-t-elle poliment.
Deanna acquiesça et se décala pour la laisser passer. Les deux femmes allèrent s'installer dans le salon.
— Souhaiterais-tu un rafraîchissement ? demanda Deanna poliment.
Une fois de plus Beth se crut de retour dans l'ancien monde face à cette proposition. Elle la déclina gentiment avant de commencer :
— J'étais venue vous parler de la tour. Nicholas m'a dit que votre fils y avait passé une bonne partie de la journée mais que personne n'était aller le remplacer.
— En effet. Spencer est le seul à aller dans cette tour, répliqua calmement Deanna.
— Selon mon expérience, il serait judicieux que le périmètre soit toujours sous surveillance. Il faudrait organiser un emploi du temps et que chacun ait des heures de surveillance.
— La plupart de nos résidents ne savent pas se servir d'une arme à feu, tu sais.
— Et bien, il faudra qu'ils apprennent. Je suis sûr que George sera ravi de leur apprendre.
Deanna sembla réfléchir quelques instants avant de finalement hocher la tête.
— Je lui en parlerai lorsque vous reviendrez de votre mission demain. Tu n'es pas au courant ? S'étonna-t-elle en voyant le regard que lui lançait Beth. George aimerait récupérer un échographe. Cela nous sera utile pour établir l'avancement de la grossesse de Rebecca et je pense que cela pourrait aussi nous être de nouveau utile dans le futur.
— Et je dois donc aller avec lui ?
— George a proposé ton nom. Il aimerait avoir quelqu'un de son groupe avec lui. Vous ne serez bien sûr pas seuls. J'ai demandé à trois de nos meilleurs ravitailleurs de venir avec vous.
Beth hocha la tête. Elle en parlerait avec George lors du dîner.
— C'est tout ce dont tu souhaitais me parler ? demanda Deanna.
— En effet oui, répliqua Beth en se levant.
Deanna la raccompagna jusqu'à la porte d'entrée. D'un pas rapide, Beth se dirigea vers la maison des Clearwater. Edna aurait sans doute besoin de son aide pour dépecer le renard. Elle songea à la mission qui l'attendait le lendemain. Une conversation entre George et elle s'imposait.
.
.
.
Cher Journal,
Cela fait deux jours que nous sommes arrivés à Alexandria. En arrivant nous avons dû passer une sorte d'entretien avec Deanna, la cheffe de la communauté. Elle nous a assigné à chacun un travail. Personnellement, je dois aider le médecin de la ville le matin et donner des cours de guitare l'après-midi. D'après ce que j'ai pu voir Pete, le médecin, ne travaille que le matin et je pense aussi qu'il a un problème de bouteille. J'imagine que c'est pour ça que Deanna m'a demandé de donner en plus des cours de guitare. Comme je le dis toujours « on a tous un travail à accomplir ». Chacun de nous permet à la communauté de continuer à tenir et voire à prospérer. Marvin travaille au potager et Edna et George ont été assignés à l'entraînement des Alexandriens.
Je suis sûre que cette communauté est notre chance de recommencer mais je ne peux, malgré tout, m'empêcher de m'inquiéter pour Daryl et les autres. J'espère tant qu'ils ont pu se retrouver et qu'ils font route vers Fort Belvoir. Je sais qu'Alexandria est notre meilleure chance mais j'ai peur que Marvin ait raison et qu'en venant ici nous ayons laissé derrière nous notre dernière chance de les revoir un jour.
Demain matin, George et moi (ainsi que trois autres Alexandriens, dont j'ai oublié le nom) devons aller chercher un échographe dans un hôpital à une vingtaine de kilomètres d'ici. Tout a été organisé lorsque nous étions à la chasse Edna et moi. J'ai demandé à George pourquoi il m'avait choisi moi plutôt que Marvin ou encore, plus logiquement, sa sœur. Il m'a seulement dit qu'il préférait qu'Edna reste dans le périmètre et qu'il savait qu'on arrivait bien à travailler ensemble lui et moi. Je peux pas dire qu'il ait tort.
Bon il faut que je te laisse cher journal car la journée de demain risque d'être fort longue.
Beth
.
.
.
.
Alors qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? La première matinée de Beth avec Pete ? Le déjeuner chez Caroline Burton ? Edna et Beth ? Que pensez-vous du passé d'Edna et de sa famille ? A votre avis, comment va se passer l'expédition de George et Beth ? N'hésitez pas à laisser une petite review !
