Loki pâlit affreusement en entendant ces mots. Et la suite n'arrangea pas son teint, ni son expression.

- Les cicatrices qu'il porte ne se résorberont jamais et il a partiellement perdu l'usage de son bras gauche. Il ne supporte plus les contacts prolongés ni les marques d'affections trop personnelles.

- Et tout ça, c'est à cause de toi, siffla Clint. Tu arrives encore à dormir ?

Loki se leva brusquement, faisant tomber sa chaise à la renverse. Les larmes dévalèrent ses joues et un sanglot douloureux secoua son corps. Il s'enfuit en courant en direction de la chambre qu'il partageait avec Tony sans adresser un regard aux Avengers. Steve lança un coup d'œil réprobateur à Clint. Ils ne devaient pas avoir ce genre de discussion. Ça ne ferait sûrement pas avancer les choses et ce dont avait besoin Tony, justement, c'était que les choses avancent.

Dans son atelier, Tony était blottit dans un coin de la pièce, les genoux ramenés contre son torse, les bras croisés au dessus et la tête posé entre ces derniers. Il réfléchissait. Ou du moins, son cerveau faisait ce qui se rapprochait le plus de réfléchir. Parce que le cerveau de Tony, il ne va plus bien. Tony, il ne pense plus comme nous.

L'ingénieur essayait de rassembler tous les éléments en sa possession. Alors tout d'abord, la source du problème. Sa dispute avec Loki. Loki. Qui est-il ? Loki, dieu, Asgard, glace, rouge, adopté, frère, chaos, amour. D'accord. Loki, ok. Pourquoi la dispute ? Oh. Il se rappelait. Ou pas ? Pourquoi la dispute ? Il avait... demandé, non, proposé quelque-chose à Loki. Quoi ? Il ne savait plus.

Juste, Loki s'était esclaffé, il s'était senti... comment déjà ? Il ne savait plus. Ok, analyse. Mal dans la poitrine tout d'abord. Réacteur ARK ? Non. Passons. Essoufflement, paupières humides, flou dans la tête. Effort physique ? Non plus, ne correspondait pas. État de panique. Pourquoi panique... Amour ? Quoi, amour. Amour... il aimait Loki, non ? Bon, conclusion. Il avait demandé quelque-chose en rapport avec l'amour et Loki et cela avait dégénéré en dispute. Jusque là, ça allait. Mais ensuite ?

Les cris. La douleur dans la poitrine, plus forte. Les yeux, plus humides. Donc, pire. Insultes. D'accord, c'était des insultes. Et ensuite... la douleur. La douleur partout, tout le temps, en même temps. Puis le noir. Ajoutons deux plus deux, voulez-vous ? D'abord proposition, puis rire, puis mal dans la poitrine, puis dispute, puis cris, puis insultes, puis douleur, puis noir. Le bordel total. Le... chaos. Ah. Encore des trucs de dieux. Et ça, il ne gérait pas. Donc Loki s'était énervé et l'avait blessé. Physiquement et mentalement. Et c'était pour ça qu'il était là, gémissant dans son coin, terrorisé au moindre frôlement. CQFD.

Il entendit soudain un ronronnement puis un petit grincement avant de sentir du mental glacé frôler sa joue. Il sursaute violemment mais ne recula pas. Il avait reconnu la sensation. Ou plutôt, ne l'avait pas reconnue comme ce qui lui faisait peur. Les contacts humains. Si ce n'était pas humain... Il leva les yeux et rencontra le petit objectif qui ornait le bout de la « tête » de Dummy. Il eut un sourire doux. Ses robots ne lui ferait jamais de mal.

- Tout vas bien monsieur ? Demanda JARVIS.

Tony acquiesça doucement en souriant avec apaisement. Il avait JARVIS et ses grands frères, alors tout irait pour le mieux. Il se releva avec lenteur et s'approcha d'un de ses établis. Il saisit un tournevis, le fit bouger entre ses doigts puis un grand sourire étira ses lèvres. Il était chez lui, là, maintenant, et tout allait pour le mieux. Juste, il ne devait pas penser à ce qui se déroulait peut-être là-haut. Il chercherait la raison de sa dispute avec Loki un autre jour. Là, il était dans son atelier et il avait des tas de choses à faire.

Il venait à peine d'allumer son fer à souder qu'un chuintement se fit entendre. Tony sursauta et se retourna immédiatement vers la source du bruit. Il se figea. Devant lui se tenait Loki, en larme, qui le fixait de ses yeux pâles où dégoulinaient le remord. Tony recula lentement, s'éloignant imperceptiblement de Loki qui lui avait commencé a avancer. Mais il ne put reculer longtemps. Bientôt, il se retrouva adossé à l'un de ses établis et Loki avançait toujours.

Ses yeux s'écarquillèrent d'horreur alors que Loki tendait la main vers sa joue couturée de cicatrices. Lorsque la peau pâle du dieu frôla sa joue, Tony poussa un gémissement de terreur qui se changea bientôt en sanglots silencieux tant il était effrayé.

Loki ne comprit pas l'avertissement implicite et toute sa main vint prendre en coupe la joue de Tony, caressant doucement sa peau. Les sanglots de Tony devinrent petits cris de peur et on entendit un gigantesque fracas métallique. Loki se retrouva plaqué contre un mur, maintenu à la gorge par une armure puissante qui l'empêchait de respirer. Tony se laissa glisser au sol en pleurant, rentrant la tête dans les genoux. Une autre armure vint s'accroupir et le prit dans ses bras. Décidément, JARVIS était de plus en plus perfectionné.

Loki devenait lentement violet à mesure que l'armure resserrait la pression, ne recevant pas d'ordre de Tony pour s'arrêter. Le dieu commença à paniquer. La magie sortit de son corps comme un réflexe et repoussa l'armure. Loki s'effondra au sol, se massant la gorge et tentant de reprendre son souffle.

Tony finit par reprendre ses esprits et arrêta l'armure que JARVIS venait de renvoyer après Loki. Il se dégagea doucement des bras de celle qui le réconfortait et envoya un merci murmuré à JARVIS. L'ingénieur s'avança avec précaution vers Loki qui toussait encore douloureusement. Il s'accroupit près du dieu et l'observa curieusement.

Il n'avait pas ce souvenir là de Loki. Loki c'était fureur, c'était douleur, c'était sang. C'était celui qui avait faillit le tuer. Non. Loki, c'était aussi douceur, non ? C'était amour, c'était aide, c'était soutient. Peut-être. Mais il n'arrivait pas à s'en persuader, à s'en convaincre. Loki, ça ne correspondait pas à ça. Pas dans ses souvenirs.

Le dieu finit par lever des yeux humides de larmes de douleur dues à son étouffement vers Tony. Il y avait de la douleur dans ces yeux. Et du remord. Tellement de remord que Tony détourna le regard un seconde. Avant de revenir se ficher dans les yeux verts de Loki.

Soudain, Tony sentit un tiraillement dans sa peau, comme si il manquait quelque-chose. Et avant même qu'il n'ai pu réfléchir à son acte, il se jeta dans les bras de Loki et le serra avec force, pleurant contre son épaule. Loki s'était figé à son contact, attendant une vague de panique de la part de l'ingénieur qui ne venait finalement, il referma ses bras autour du corps tremblotant et le berça doucement, chuchotant les paroles d'une vieille comptine asgardienne, la première chose qui lui était venue à l'esprit.

Puis Tony se recula vivement mais ne s'éloigna pas trop. Ses yeux étaient affolés et son corps tremblait violemment tandis que sa respiration saccadée trahissait son affolement. Loki eut une illumination. La terreur de Tony était totalement inconsciente, c'était comme un réflexe. Mais l'ingénieur en lui-même ne craignait pas Loki, le connaissant suffisamment. C'était juste son corps qui avait développé un mécanisme de défense. Loki sourit. Un mécanisme de défense.

Cela allait être très long à vaincre, mais c'était possible. Tout n'était pas perdu. Un jour il pourrait à nouveau le serrer dans ses bras sans qu'il ne fuit en courant.


Argh, je suis en retard pour poster, je sais. Honte à moi. Mais il est un peu plus joyeux, non *sourire innocent* ?

Bwef, sinon j'ai commencée une fic en partenariat avec la génialissime ettoile, le prologue est posté et le chapitre arrive mercredi ! Allez voir dans mes favoris, elle s'appelle "Asgardian memory". C'est évidemment un IronFrost.

Bon, sondage de la semaine !

Pour le prochain chapitre, quelles sont les deux choses que vous voulez :

a) PDV Loki et discussion avec Clint

b) PDV Loki et discussion avec Thor

c) PDV Tony et scène (oui, parce qu'il parle plus le loulou) avec Steve

d) PDV Tony et scène avec Natasha

J'attends vos reviews avec impatience pour ce chapitre !

Je vous embrasse,

Amako.