Autre genre de leçon. Il est temps de remettre certaines pendules à l'heure.

Bonne lecture ^^


Ce matin-là, Federico se réveilla avec un petit quelque chose en plus au niveau de la tête.

« ?»

Il s'avéra que c'était Hermès, allongé sur ses yeux. Le chaton avait bien poussé ces dernières semaines, et n'était plus très loin de l'adolescence. Mais qu'on se rassure, il était toujours aussi espiègle. Federico repoussa le chat puis se leva.

« Julia ne vient plus me voir depuis que Hermès est là. J'avoue que ça me manque.» songea-t-il en ouvrant la fenêtre.

La rénovation de la villa avançait bien, tout comme le village qui s'épanouissait toujours un peu plus. De son côté, Federico se sentait mieux, les cauchemars s'étaient espacés et étaient en passe de disparaître. L'entraînement d'Assassin se poursuivait également. Vieri de Pazzi harcelait les habitants de la villa, et le jeune homme sentait que très bientôt ils iraient s'expliquer avec lui.

« Buon giorno Federico, bien dormi ?» entendit-il en descendant les escaliers.

« Buon giorno Julia. Très bien et toi ?»

« Hm hm. Je te laisse, je te retrouve dans deux heures pour un combat au corps à corps.» reprit la brunette.

« Oooh j'ai hâte.» répondit-il avec un sourire.

« Oui je sais que le sable est ton digestif préféré.»

« Attention, j'ai progressé depuis notre première leçon.» rappela Federico.

« Ben j'espère bien, autrement j'aurais plus qu'à prendre ma retraite !»

Elle le laissa aller prendre son petit-déjeuner. Hermès vint réclamer le sien une demi-heure plus tard, ainsi que son content de câlins. Plus tard, Federico retrouva Julia à l'extérieur. Ezio s'y trouvait déjà, en plein affrontement avec. Chacun virevoltait, esquivait, parait, pirouettait même. Un des mercenaires de Mario suivait également le combat. Mais son rôle à lui était de surveiller le temps.

« C'est bon ! Temps écoulé.» signala-t-il.

« Ouf ! Arriverais-je un jour à remporter la victoire ?» souffla Ezio.

« Si tu continues à t'entraîner il n'y a pas de raison.» répondit Julia.

Elle lui tendit une serviette. Ezio vint s'effondrer contre la rambarde, à côté son frère.

« Rico cette fille veut ma mort !» gémit-il.

« C'est marrant comme sorti des lits des filles tu perds de ton endurance.» commenta Federico.

« Très spirituel vraiment.» répliqua Ezio en se redressant.

« Je dirais même plus : c'était profond.» lança Julia.

Les garçons arrondirent un instant les yeux, puis ricanèrent. Julia prit une petite pause avant de passer à son adversaire suivant. Federico se mit en garde face à elle. Quelques secondes passèrent à se jauger, puis chacun avança à vive allure vers l'autre. Les coups fusèrent, précis. Les attaques s'enchaînèrent, portées à la tête, au thorax, au ventre, aux jambes. L'agilité et les réflexes étaient mis à rude épreuve. Federico et Ezio se battaient bien, mais il leur manquait encore la froide concentration de leur professeur. Et …

« Ourf !»

Federico venait d'atterrir sur le dos après une prise de la brune. Julia lui laissa cette fois le temps de se relever. Ce qui entraîna immédiatement une protestation d'Ezio.

« Héééé ! Moi tu ne m'as même pas laissé le temps de me remettre ! C'est quoi ce favoritisme ?»

« Allons Eziiio. Tu sais bien qu'avec toi on a jamais assez. Et qu'on le veut rapidement.» répondit Julia avec un sourire équivoque.

Ezio ouvrit la bouche, puis la referma.

« Bien joué.»

Le combat reprit. Federico le termina du reste dans le même état que son frère : essoré. Ils décidèrent de rentrer prendre un bon bain. Ils croisèrent Petruccio en passant, qui leur adressa un sourire.

« Ah vous voilà tous les deux. Mario a l'intention de partir à San Gimignano ce soir, pour mettre un terme aux agissements de Vieri. Souhaitez-vous en être ?» annonça Giovanni.

« Bien sûr. Mais et vous père, y serez-vous aussi ?» demanda Ezio.

« Oui. Nous nous retrouverons donc après dîner. Mais mangez léger.»

Le grand moment arrivait, pensaient-ils. Chacun regagna sa chambre. Sans doute que leur entraînement prendrait fin avec ceci. Claudia trouva ses frères en train de discuter stratégie autour d'une carte.

« Qu'est-ce qui se passe ?» demanda-t-elle.

« Nous allons affronter Vieri de Pazzi ce soir.» répondit Ezio.

« Vraiment ? Alors flanquez-lui un coup de ma part.»

« Nous n'y manquerons pas. En tout cas, ceci signe probablement la fin de notre entraînement.» répondit Federico.

« En aucune manière.» lança Julia.

Elle arriva accompagnée de Petruccio qui portait Hermès.

« Et pourquoi cela ?» questionna Federico.

« La vie est un perpétuel entraînement. Si tu te crois arrivé au bout alors tu as perdu.» répondit Julia.

« Mais dis donc Petruccio, tu ne devrais pas être au lit ?» intervint Claudia.

« Si mais je prends un peu l'air.»

« Il vaut mieux que tu évites, tu sais bien que ta santé est fragile.» reprit la demoiselle.

« Ça va il fait bon en ce moment.» répliqua Petruccio.

« Ta sœur a raison : le médecin a bien recommandé que tu gardes la chambre. Alors file.» approuva Ezio.

« Mais enfin ...»

« Pas de mais Petruccio ! Je ne te croyais pas si inconscient. Retourne te coucher.» continua Federico.

Comme si cela ne suffisait pas, Maria Auditore qui cherchait son dernier fils le découvrit. Elle se précipita vers lui, le sermonna et l'enjoignit à retourner dans sa chambre immédiatement. Petruccio protesta, arguant qu'il voulait juste s'aérer. Mais sa mère l'entraînait avec lui.

Le soir venu, Giovanni, Mario, Ezio, Federico et Julia partirent pour la campagne. Direction, le petit village où se trouvait leur ennemi. Les mercenaires de Mario s'y trouvaient déjà. Selon lui, il y avait un endroit moins gardé que les autres. Une ou deux personnes pouvaient franchir les murailles, puis ouvrir le chemin pour les autres. Les frères Auditore se proposèrent aussitôt.

« Soyez prudents tous les deux.» recommanda Giovanni.

Ils acquiescèrent, puis se mirent en route. Ils firent le tour et trouvèrent l'endroit indiqué par leur oncle. Restait à présent à dégager le passage. Les frères passèrent de toit en toit.

« Regarde Ezio, ils sont là.» lança Federico.

Un groupe de personnes se trouvait devant l'entrée de San Gimignano. Ils reconnurent Vieri et son père, ainsi que Iacopo. Un autre homme encapuchonné les accompagnait. Federico sentit un frisson lui descendre dans le dos.

« Lui … il était là le jour de l'exécution.» souffla-t-il.

« Attends un peu … je l'ai vu chez Uberto, quand je suis venu lui apporter les preuves de votre innocence.» se rappela Ezio.

« C'est donc lui, le grand responsable.» en déduisit Federico.

En bas, l'encapuchonné dispatchait ses forces. Vieri et son père commanderaient les attaques, pendant que Iacopo serait chargé d'ameuter la foule. Le plus jeune du groupe demanda quel sort il fallait réserver à la famille Auditore, qui ne manquerait certainement pas de se manifester ce soir.

« Administrez-leur le sort qui aurait dû être le leur. Tous.»

Federico serra les dents. Non, les Auditore allaient régler leur compte aux Pazzi, comme cela aurait dû être le cas. Le groupe en bas se sépara. Il était temps de passer à l'action. Les frères firent demi-tour puis allèrent rejoindre leur oncle et père. Les mercenaires déferlèrent dans la cité. Les frères en repérèrent deux chacun, puis s'abattirent sur eux. Federico se leva puis enfonça sa lame dans le dos d'un autre. Ezio flanqua un coup de pied aux côtes d'un autre qui chargeait son aîné. Celui-ci sortit son arme et trancha la gorge de cet assaillant.

Giovanni prit appui sur l'épaule d'un soldat, et de sa lame secrète lui ouvrit la gorge. Il retomba ensuite devant, se baissa pour éviter un coup d'épée et planta un coup de couteau dans le pied de son ennemi. Il frappa ensuite trois coups dans le ventre puis renversa son adversaire. Julia de son côté s'était emparée d'une lance. Elle en planta la pointe dans le thorax d'un soldat, avant de cogner le nez d'un autre puis de le tuer. La jeune fille lança ensuite deux shuriken qui se plantèrent dans la tête de deux soldats arrivant sur les frères.

« Nous nous occupons des soldats, allez plutôt trouver Vieri !» lança Mario.

Ezio et son frère s'élancèrent en compagnie de Julia. Ils éliminèrent chaque garde sur leur route. Mais afin de préserver leur énergie, ils passèrent par les toits. Sauf que là aussi, l'ennemi les attendait. L'un d'eux barra la route de Federico. Ce dernier esquiva un coup, avant de bondir sur son adversaire et lui planter sa lame secrète.

« Rico derrière toi !» s'exclama Ezio.

« Yaaaah !»

Federico vit une énorme hache en train de s'abattre sur lui. Ezio se précipita pour sauver son frère. Non … il n'allait pas le perdre, plus jamais … cependant il craignait d'arriver trop tard. Heureusement, tous deux n'étaient pas seuls. Julia flanqua un coup d'épaule au soldat, le déviant ainsi de sa trajectoire. La hache se planta dans le toit tout près de Federico qui avait entamé une esquive. Julia acheva cet adversaire.

« Tu viens encore de me sauver la vie petit renard, merci.» lança Federico.

« Tu me remerciera plus tard, nous avons une cible à éliminer.» répondit Julia.

Le trio reprit sa route. Vieri s'était réfugié au sommet d'une tour de garde. C'est là que les frères le retrouvèrent, pendant que leur amie s'occupait d'autres gardes. Ezio abattit rapidement les deux soldats de Vieri. Ce dernier serra les dents, mais promit de l'achever rapidement.

« J'aimerais bien voir ça.» fit une voix froide derrière lui.

Le Templier se retourna pour découvrir Federico, un air absolument terrifiant sur le visage. Même Ezio en frissonna. Le jeune Assassin descendit du petit muret bordant la tour. Il toisa Vieri.

« Federico. Dire que j'avais espéré ne jamais revoir ta sale tête. Mais sois tranquille, ce sera bientôt le cas.» lança le Templier.

« Tu te crois à la hauteur, petit merdeux ?» riposta Federico.

Vieri n'attendit pas plus longtemps pour passer à l'offensive. Federico para sans sourciller. Il frappa son adversaire au ventre, puis au visage et enfin lui passa son épée au travers du corps.

« Maintenant c'est terminé, vermine.» dit-il.

Il laissa tomber le Templier, puis lui cracha dessus.

« Federico ! Un peu de respect tu veux ?» lança Julia en arrivant.

« Du respect ? Après ce qu'il a fait à ma famille ? Tu crois peut-être que lui nous aurait accordé un quelconque égard ?» répondit Federico.

« Justement. Tu vaux beaucoup mieux que lui.»

Elle approcha du cadavre, qui avait une expression de colère.

« Puisse-tu trouver le repos dans la mort. Requiescat in pace.» dit-elle en lui fermant les yeux.

Julia se releva, puis proposa de rejoindre Giovanni. Lui et Mario en avaient terminé également. Giovanni fut soulagé de revoir ses fils sains et saufs, ainsi que d'apprendre la mort de Vieri.


Toutefois, de retour à la villa une mauvaise surprise les attendait. Maria vint à leur rencontre tout affolée.

« Que se passe-t-il ?» demanda Giovanni en la prenant par les épaules.

« Petruccio a disparu. Nous l'avons cherché partout mais il est introuvable !»

« Oh non pourquoi ce soir ? J'espère qu'il n'est pas tombé sur des gardes des Pazzi.» fit Ezio inquiet.

« Nous allons partir à sa recherche.» dit Mario.

« Une minute ! Giovanni je peux te parler ?» demanda Julia.

« Quoi maintenant ?»

« Si.»

Julia et lui s'éloignèrent un peu du groupe. Les frères Auditore tentèrent de rassurer leur mère.

« Qu'y a-t-il Julia ?»

« Je voudrais te demander une faveur, au sujet de Petruccio.»

« Laquelle ?»

« Ne le gronde pas à son retour. Laisse-le regagner sa chambre. Moi je vais aller le chercher.»

« Tu sais où il est ?» s'étonna Giovanni.

« J'en ai une petite idée oui. » assura Julia.

« Mais pourquoi ne devrais-je pas le sermonner ? Il a agit de manière inconsidérée !» reprit Giovanni.

« Parce que tout ceci était prévisible. Je suis même surprise que cela n'aie pas eu lieu plus tôt. Cette disparition est en fait un signal de détresse, crois-moi j'ai pas mal discuté avec Petruccio. Il vous a adressé un message que vous devez impérativement comprendre. Je lui demanderais de s'expliquer plus en détail avec vous demain. Alors, tu veux bien accéder à ma requête ?»

Giovanni prit une inspiration, considérant les paroles de son élève.

« Sentito. Je pense que je te dois bien ça.»

« Grazie mille.»

Julia se sauva immédiatement. Giovanni revint auprès de sa famille, et leur demanda de rentrer. « Quoi mais ... » commença Federico stupéfait.

« Ne vous en faites pas, tout ira bien.»

« Tu es sûr ?» demanda Mario.

« Notre petit renard s'en charge. Elle va nous le ramener.»

Giovanni prit le chemin de l'entrée. Perplexes, les frères le suivirent néanmoins. Claudia fut aussi surprise de les voir là, pensant qu'ils iraient à la recherche de son petit frère. Son père l'informa que Julia était partie le retrouver. Claudia regarda ses frères, qui haussèrent les épaules.

« Giovanni, tu crois que c'est une bonne idée ? Il peut être n'importe où, on le retrouverait plus facilement à plusieurs.» plaida Maria.

« Je fais confiance au renardeau, par contre elle m'a demandé une faveur.»

Il expliqua en deux mots à son épouse de quoi il s'agissait. Le reste de la fratrie pour sa part, prit place sur un canapé. Claudia demanda à ses aînés de leur raconter leur mission, pour passer le temps.


Plus loin, hors de la villa mais non loin Julia arriva près d'un petit lac entouré de bosquets. Elle ralentit son allure, puis marcha en silence. Elle souleva ensuite une branche tombante.

« Alors on part regarder les étoiles sans m'inviter ? » sourit-elle.

« Ah c'est toi Julia. Tu m'as fais peur.» répondit Petruccio.

La jeune femme ôta son manteau d'Assassin qu'elle déposa sur les épaules de l'ado. Ceci fait elle le contourna et vint s'asseoir à ses côtés.

« Tu es venue pour me ramener ?»

« Oui. Mais avant, je crois qu'il faut qu'on parle de tout ça. J'imagine que si tu es là, c'est parce que cet après-midi a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, je me trompe ?»

« Non. D'ailleurs j'ai toujours pas envie de rentrer. Je vais encore avoir droit à la même rengaine. Et ta santé est fragile, et tu dois garder le lit et gnagnagna et gnagnagni !» répondit Petruccio agacé.

« Vedo. Mais j'ai une question.»

« Quoi ?»

« Imagine qu'Hermès rentre un jour blessé, comme une patte cassée par exemple. On le soigne, c'est très bien mais tu connais la bestiole, elle ne va pas rester en place. Qu'est-ce que tu me conseillerais de faire ?»

« Ben faut qu'il reste couché c'est évident.» répondit Petruccio.

« Exactement. Seulement Hermès étant un chat, il ne peut pas comprendre. Toi si, laisse-moi terminer. Tu aimes beaucoup ce chat non ?»

Il hocha la tête.

« Ta famille aussi t'aime beaucoup. Je n'ai pas besoin de te rappeler qu'ils sont passé près de te perdre il y a quelques mois. Tu imagines la déchirure ? Alors forcément ils veulent te préserver. C'est casse-pied je sais, mais c'est leur rôle. Comment réagirais-tu à leur place Petruccio ? Penses-y, juste un instant.» expliqua Julia.

Petruccio pensa à chacun des membres de sa famille, comment cela se passerait si lui était à leur place et l'un d'eux à la sienne.

« Je ferais pareil je crois.» admit-il.

« Contente que tu le reconnaisses. Maintenant, pour en revenir au cas présent, je pense que tu dois avoir une petite discussion avec ta famille. Il est vrai que tu vas mieux depuis que tu prends de la médecine chinoise, mais ce n'est pas encore ça. Explique-leur ton ressenti, sans rien oublier.»

« Mais ils comprennent rien !» gémit Petruccio.

« Tu leur en as déjà parlé au moins ?» questionna Julia.

« Pfff t'as bien vu cet après-midi non ?»

« Bien vu. Mais là c'est l'occasion : j'ai demandé à ton père avant de venir, de te laisser tranquille pour la soirée. Ça devrait te permettre de réfléchir à ce que tu veux leur dire.» révéla la brune.

« È vero ? Et qu'est-ce qu'il a dit ?» s'étonna Petruccio.

« Il est d'accord. Je sais c'est bizarre, mais étant donné qu'il me doit sa peau … donc profites-en. Rappelle-toi que les gens ne sont pas dans ta tête.»

Petruccio soupira, le regard rivé vers le lac. Si seulement sa famille pouvait réaliser à quel point il pouvait être pénible de rester au lit toute la journée, sans rien avoir à faire. Ou plutôt sans pouvoir rien faire. Peut-être que Julia avait raison, peut-être que c'était le moment de leur faire comprendre.

« Concordare, rentrons.»

De retour à la villa, Petruccio ralentit de manière à se retrouver derrière Julia.

« Petruccio !» s'exclama joyeusement Claudia.

Elle se leva et voulut courir vers son frère. Mais son père tendit un bras devant elle, l'arrêtant net. Petruccio pour sa part, avait détourné la tête avec un air vexé. Claudia regarda son père, perdue.

« Allez vous couchez tous les trois.» dit Giovanni.

« Ma perché ?» dit Claudia.

« Parce qu'il est tard. Allez filez.»

De plus en plus perdus, les enfants Auditore cheminèrent vers leur chambre. Petruccio refusa de croiser leur regard, se cachant même davantage derrière Julia. Les trois autres échangèrent une expression inquiète et confuse.

« Je te remercie Julia, pour avoir ramené mon petit dernier.» reprit Giovanni.

« Oui merci beaucoup. Pour tout ce que tu as fais pour ma famille.» ajouta Maria.

« Je n'ai fais que le nécessaire. Rien de plus.»

« Vous pouvez y aller, tous les deux.» conclut le patriarche.

Petruccio fut soulagé : son père tenait parole. Il regagna donc sa chambre, remerciant Julia du regard. Elle lui répondit par un sourire.

De son côté, Federico espéra que Julia vienne le voir, histoire qu'elle en lui dise davantage sur cette affaire. Cependant, au bout de dix minutes d'attente voyant que la brune ne venait toujours pas, il sortit sur la terrasse et se rendit à sa chambre. Juste à temps, elle s'apprêtait à se coucher. Le jeune homme frappa au carreau.

« Federico ? Qu'est-ce qui t'arrive ?» demanda Julia en ouvrant.

« Eh bien … je pensais que … enfin que tu viendrais.» dit-il un peu embarrassé.

« Ah ? Tu fais encore des cauchemars ?»

« Plus vraiment. Mais je voulais que tu m'expliques ce qui s'est passé avec Petruccio.»

« Navrée mais tu vas devoir attendre jusqu'à demain.»

« Perdono ? Pour quelle raison ?» s'étonna Federico.

« Il vous dira tout lui-même.»

« Ma …»

« Inutile de t'inquiéter Federico. Il va très bien. Tu sauras tout mais demain. Je ne peux rien dire par égard pour lui, tu comprends ?» reprit Julia doucement mais fermement.

Federico soupira, faisant vaciller la flamme de sa bougie. Il n'avait sans doute plus rien à faire ici. Il remercia la jeune femme et retourna vers sa chambre. Hermès l'attendait assis sur le lit. Le chaton l'accueillit d'un miaulement. Son maître déposa sa bougie sur sa table de chevet puis se glissa entre la couverture. Hermès vint s'allonger du côté de sa tête.


Le jour suivant, Petruccio demanda à parler à toute sa famille. Ils passèrent donc au salon et s'installèrent. L'adolescent fit face à tous, debout. Il les regarda un instant, puis prit une inspiration avant de se lancer.

« Je vous remercie d'être là. Avant toute chose, je souhaiterais m'excuser pour m'être enfui hier soir. Je vais vous en donner la raison, en espérant que vous la comprendrez.» commença-t-il.

Petruccio laissa passer un silence, se rappelant par là même dans quel ordre il désirait continuer.

« La vérité c'est que j'en ai tout simplement assez qu'on me traite comme un bébé. Marre de devoir rester cloîtré entre quatre murs, sans même pouvoir prendre l'air ne serait-ce que cinq minutes.»

« Mais mon chéri, c'est pour ta santé.» intervint Maria.

« Oh merci maman, j'avais complètement oublié ce détail. Heureusement que vous êtes là !» cingla Petruccio.

Giovanni fronça un instant les sourcils. Cette ironie mordante … il reconnut l'influence de Julia.

« Je suis le premier à savoir que ma santé est fragile. C'est à cause d'elle que je n'ai jamais vraiment eu un seul véritable ami jusqu'à présent. Parce qu'ils avaient peur que je les contamine à l'école ! Quand ils ne se moquaient pas de moi ouvertement. Je comprends très bien que vous vouliez m'aider, seulement avez-vous pensé à ce que moi je ressentais ? D'être seul toute la journée avec uniquement des livres pour amis ?» reprit Petruccio.

« Mais nous venions te voir.» dit Claudia.

« Oh vraiment ? Tous les jours ? Non grande sœur. Tous les trois vous préfériez être dehors. Je ne vous en veux pas, vous avez cette chance alors profitez-en. Vous pouvez aller voir vos amis, flâner dans les rues, rencontrer des gens, admirer les magasins, grimper sur les toits, sentir la douceur de l'air et du soleil. Moi … je ne peux pas. Je dois rester bien sagement alité. Je ne peux que regarder le monde à travers une vitre. Il n'y a que depuis que je suis ici que je peux enfin profiter un peu. Oui je suis sorti plusieurs fois en cachette, ça n'a pas été bien difficile étant donné que vous étiez tous très occupés. Oui ce n'est pas bien je sais, seulement ce que je sais aussi c'est que je n'en peux plus. Alors même si je tombe malade par la suite et que j'y passe, eh bien tant pis je ne regretterais rien. Au moins j'aurais été heureux de pouvoir arpenter un peu ce monde. Je ne demande pas à être constamment dehors, seulement un peu dès que le temps le permets.» exposa Petruccio.

Il les remercia ensuite de les avoir écouté et quitta le salon sans attendre une réaction de leur part. L'adolescent découvrit Julia adossée à côté de la porte. Elle lui sourit doucement, puis lui emboîta le pas. Petruccio quitta la villa. Son amie lui conseilla de ne pas s'éloigner au cas où ses parents souhaiteraient lui parler.

« Wow. J'avoue que je n'ai pas du tout pensé à ce qu'il pouvait ressentir.» avoua Federico.

« Moi non plus. Je ne me rendais pas compte à quel point sa situation pouvait être pénible pour lui. Pauvre Petruccio il doit se sentir tellement seul.» ajouta Claudia.

« J'imagine … jamais le droit d'aller où que ce soit, toujours rester enfermé … pas étonnant qu'il aie craqué.» continua Ezio.

« Mais qu'allons-nous faire à présent Giovanni ?» demanda Maria.

« Accepter qu'il puisse sortir tout simplement. En prenant des précautions tout ira bien. Cela n'exclura pas les risques, mais son bonheur compte tout autant. Sa santé s'est un peu améliorée donc je pense qu'on peut lui accorder ce qu'il demande. Sinon nous prenons le risque qu'il ne s'enfuie à nouveau. Julia l'a retrouvé une fois, mais nous n'aurons peut-être plus cette chance.»

Maria soupira. En tant que mère, il n'était pas évident pour elle de laisser son petit aller dehors, toutefois elle comprenait les arguments de son époux et de son fils.

« Tu crois qu'ils auront compris cette fois ?» interrogea Petruccio.

« S'ils ne comprennent pas maintenant alors ils ne comprendront jamais. Bon par contre, vu que tu t'es enfui tes parents peuvent décider de te punir.» répondit Julia.

« Je sais.» soupira l'adolescent.

Néanmoins, il était soulagé d'avoir vidé son sac. Maintenant, advienne que pourra.


Sentito = entendu

È vero = c'est vrai

Perdono = pardon ?

Concordare = d'accord

Vedo = je vois