Mise au point, enquête et rebondissement pour ce chapitre
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Dédicace particulière aux mousquetaires du Rinch :
Paige0703, avec ses fics géniales et passionnantes, toujours là pour m'encourager,
A Nourann et Jade181184 auteures de talent et fidèles lectrices,
Merci à Val81 pour ses sympathiques commentaires toujours appréciés.
Et merci à tous ceux qui me lise en général
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Le trajet se fit en silence. Chacun perdu dans ses pensées. John sentit la main de son compagnon sur son bras.
-« Est-ce que tout va bien John ? » demanda finalement Finch soucieux. Il avait remarqué le silence de son agent lorsqu'ils étaient avec le médecin.
Reese profita d'un stop pour se tourner un instant vers lui.
-« Je vais bien » le rassura t-il avec un sourire « Cessez un peu de vous inquiéter constamment. J'irai bien tant que vous serez là et rien ne pourra nous atteindre »
Finch lui sourit en retour.
-« Non rien » confirma t-il. Mais cette réflexion lui rappela la conversation entendue le matin même, ces mots qui le tourmentaient, qui lui revenaient comme un reproche « Harold a besoin de préserver un espace à lui. Je respecte cela »
« Je dois abandonner la dernière barrière » songea t-il.
Après un instant de détente, John sentit son partenaire se refermer imperceptiblement. Ne l'avait-il pas rassuré ? « Quelque chose le perturbe » pensa t-il. Il réfléchit un moment puis se remémora sa discussion avec Fusco. Il savait que Finch l'avait entendu, il l'avait lu dans son regard lorsqu'il les avait rejoint. Mais il avait été clair sur son point de vue, s'il souhaitait garder une part de lui secrète il était prêt à l'accepter parce qu'il l'aimait assez pour le vouloir tel qu'il était avec ses qualités, ses défauts, ses secrets, son passé, tout ce qui le faisait lui-même. Et John savait qu'Harold agirait de même envers lui. Il en avait la preuve d'ailleurs, il connaissait tout de son passé et cela ne le rebutait pas, il l'avait accepté tel qu'il était. Alors pourquoi réagir ainsi ? que craignait-il ? Il ne le forcerait jamais à faire quelque chose qu'il ne souhaitait pas il devait bien le savoir.
John se gara a proximité de leur base. Ils firent le chemin silencieusement et furent accueilli par Bear tout joyeux de les retrouver. L'ex agent posa doucement ses mains sur les épaules de son compagnon pour l'aider à retirer son manteau et le suspendre près du sien.
-« Et bien remettons nous au travail » murmura Finch en observant son système se mettre en marche.
-« La journée risque d'être longue » soupira John.
Finch ne répondit pas, trop concentré dans ses pensées.
Une légère tension régnait entre eux et John réalisa qu'il ne la supporterait pas longtemps. Il avait besoin que Finch soit serein, besoin de leur complicité pendant qu'ils travailleraient ensemble, encore plus aujourd'hui. Comme Finch passait près de lui pour rejoindre son fauteuil il le saisit par le bras et l'obligea à lui faire face.
-« John ? » demanda l'informaticien surprit.
-« Nous devons parler Harold »
Finch se tendit instantanément.
-« Parler ? » répéta t-il inquiet.
-« Vous êtes distant depuis ce matin et je sais pourquoi »
-« Je ne suis pas…. » Commença Finch.
-« Non Harold » l'interrompit l'ex agent « Vous n'êtes pas bien et si nous n'en parlons pas cela aggravera votre malaise »
Il se rapprocha de lui.
-« Ce sont les paroles de Lionel qui vous trouble ? Je sais que vous avez entendu notre conversation »
Finch songea que nier ne servirait à rien. Et puis John avait raison, les non dit leur feraient trop de mal.
-« C'est vrai » avoua t-il.
-« Pourquoi êtes-vous inquiet alors ? Vous avez entendu ma réponse » Il posa ses mains sur ses épaules « je vous aime comme vous êtes, même si vous souhaitez garder quelques secrets, tant que vous êtes sincère sur vos sentiments… »
-« Je le suis » répliqua Finch.
John sourit à sa spontanéité.
-« Je ne doute pas de vous Harold. Alors ? Qu'est ce qui vous gêne ? »
-« Je pense que … que vous auriez le droit de m'en vouloir de…. de vous tenir à l'écart » répondit Finch avec hésitation.
-« Mes paroles vous ont-elle laissé supposer que c'était le cas ? »
-« Non » admit l'informaticien.
-« Parce que je ne vois aucune raison de le faire » John le prit dans ses bras « Je n'ai jamais pensé que vous vouliez me tenir à l'écart de votre vie. Enfin pas depuis que j'ai appris à vous connaître. Et si vous ne m'avez jamais fait partager cette part de vous je pense que c'est juste par reflexe. Ce reflexe de préservation qui vous a permis de survivre après l'explosion et la disparition de tout ce qui composait votre ancienne vie, de votre ami… de votre fiancée » hésita Reese « Je respecte cela. Alors peu importe votre adresse, tant que vous me gardez près de vous »
Finch posa sa tête contre son épaule.
-« Merci John » murmura t-il « c'est vrai qu'avant de vous connaitre vraiment je voulais me protéger. Mais depuis je ne sais pas pourquoi je n'ai rien dit. Je n'ai plus de raison de me protéger de vous. Peut être que ce reflexe est plus ancré en moi que je ne le croyais ? Comme une seconde nature qui m'empêcherait même de voir ce que l'inspecteur Fusco a si bien vu? »
-«Lionel est parfois un peu trop… perspicace » jugea John « Je pense que c'est le même genre de reflexe que celui qui vous pousse à me répéter d'être prudent à chaque fois que je pars en mission » ajouta t-il, moqueur, afin de détendre l'atmosphère.
-« Vous pensez que je suis programmé comme une machine M Reese ? » répondit Finch sur le même ton.
-« Oui c'est exactement ça ! Vous avez un programme dédié à chacune de vos actions » répliqua John en riant « et celui destiné à vos inquiétudes envers moi est particulièrement élaboré ! »
-« Mais pas aussi puissant que celui qui me dit de vous aimer » murmura l'informaticien.
-« Oh celui là doit rester prioritaire et éternellement fonctionnel » affirma Reese redevenu sérieux.
-« Il le sera » promis Finch en l'embrassant tendrement. Ils échangèrent plusieurs baisers doux et rassurants.
-« Est-ce que vous allez cesser d'être inquiet maintenant ? » demanda Reese.
-« Oui, c'est fini »
« Bien » songea John en se disant qu'il avait eu raison de le forcer à lui parler.
-« Je suppose qu'il va falloir travailler maintenant ? »
-« En effet »
-« Dommage. Je venais d'avoir d'autres idées » constata Reese avec une moue faussement contrariée.
-« Gardez les pour plus tard, lorsque nous aurons résolu ce mystère »
-« Entendu "patron" mais j'aime autant vous prévenir que j'ai une excellente mémoire » se moqua l'ex agent en le laissant rejoindre son siège.
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La journée s'étira lentement. John secondait de son mieux son associé, classant les documents qu'il imprimait. Les recherches étaient longues et laborieuses. Les onze victimes avaient tous une famille, l'un d'eux avait sept frère et sœur ! Cinq étaient en couple au moment de leur enlèvement, trois avaient une petite amie, les trois autres étaient célibataires. Rien qu'avec les familles, les compagnons et les amis proches, ils cumulaient au moins une centaine de personne à interroger. Les victimes avaient tous des profils bien différents, des origines diverses, rien qui laissa penser qu'ils se connaissaient, ce qui prouvait que Lucia les avait réellement choisit au hasard, sans autre considération que leur physique, assez proche en y regardant de plus près.
A la fin de la journée ils avaient constitué une trentaine de dossier sans rien trouver qui les fasse réagir. Ils en discutèrent longuement avec l'inspecteur Fusco. Celui-ci cherchait de son côté, entre deux enquêtes puisqu'il devait bien travailler un peu quand même sur les dossiers en cours.
-« C'est l'aiguille dans la botte de foin » soupira Fusco « on y arrivera jamais ! »
-« Un peu d'optimisme Lionel » incita Reese.
-«T'as le moral dis donc »
-« Pas plus que cela, je n'aurais rien contre un peu d'action, mais à défaut » répondit John.
-« Ouais ça je m'en doute. Finch, vous devez être davantage dans votre élément ? » Constata Lionel
-« En effet inspecteur » répondit celui-ci.
-« Vous n'avez plus qu'à distraire un peu John pour qu'il ne déprime pas de toute cette paperasse. Mais je ne m'inquiète pas vous saurez y faire » se moqua Fusco.
Finch rougit sous l'allusion et Reese eut un petit rire.
-« Salut les gars, à demain, je dois aller retrouver Lee »
-« Salut Lionel, passe une bonne soirée avec ton fils » John raccrocha, puis se tourna vers son associé « je crois qu'il a décidé de vous taquiner » remarqua t-il.
-« J'en avais assez avec vous » marmonna Finch mécontent.
-« Allons, n'avez-vous pas dit que c'est un bon ami ? Vous n'allez pas vous fâcher contre lui ?» se moqua l'ex agent.
Finch pinça les lèvres en constatant que ses paroles se retournaient contre lui.
-« Je suis entouré de… » Commença t-il. John l'attira brusquement dans ses bras.
-« Personnes qui vous aime ? Vous apprécie à votre juste valeur ? » Suggéra t-il « enfin surtout moi » ajouta t-il en lui donnant un baiser intense qui l'étourdit.
-« C'est bon, j'ai compris » soupira l'informaticien.
-« Vous capitulez beaucoup plus vite que moi » remarqua son agent.
Finch fronça les sourcils.
-« Je n'avais pas d'aveu à faire moi. Sinon je vous aurais résisté bien plus longtemps » affirma t-il d'un ton assuré.
-« Vraiment ? Soyez sûr que je vérifierais cette information à la première occasion ! »
-« Je n'ai pas le moindre doute là dessus »marmonna Finch. « Nous devrions rentrer » ajouta t-il d'un ton où perçait la lassitude.
John redevint aussitôt protecteur.
-« Oui. Vous êtes fatigué. Nous achèterons le dîner en chemin. Mon loft ? » Demanda t-il craignant que son compagnon ne veuille rentrer chez lui. Lorsque cela se produisait, il l'acceptait sans rien dire, mais pour cette fois il avait besoin d'être avec lui. Juste sa présence comme un bouclier contre les ombres qui le hantait, les mauvais souvenirs. Finch le devina dans son regard. Mais il n'avait pas l'intention de le laisser seul, pas en ce moment.
-« J'ai hâte d'y être » répondit-il simplement.
John sourit et l'aida à enfiler son manteau avant de l'entrainer hors de leur repaire.
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La sonnerie de son portable réveilla John en sursaut. Il tendit la main pour s'en saisir, espérant préserver le sommeil de son compagnon. La veille, il s'était endormi dans ses bras au bout de quelques minutes, épuisé par la tension et la fatigue de leur journée, et John, à sa grande surprise, en avait fait autant. Il n'avait pas réalisé qu'il était aussi las.
Il décrocha en voyant le nom de Lionel affiché sur l'écran, remarquant l'heure au passage : 4H52. Ce ne pouvait pas être une bonne nouvelle.
-« Lionel ? »
-« John, je viens d'avoir un appel du garde en poste à la clinique. Lucia vient d'être transportée aux urgences du général »
-« Qu'est-il arrivé ? »
-« Je ne sais pas encore. Il l'a trouvé sans connaissance sur le sol de la chambre en vérifiant à l'heure»
-« On se retrouve là bas ? »
-« Ok »
John raccrocha et se tourna vers son partenaire qu'il ne fut pas surprit de trouver éveillé, l'inquiétude se lisant dans son regard.
-« Lucia a été emmené aux urgences. Je n'en sais pas plus. J'y vais »
-« Voulez vous…. ? » commença Finch.
-« Non. Restez ici, je reviens dès que possible » il lui donna un bref baiser « je vous appelle »
Finch le suivit des yeux alors qu'il s'habillait rapidement puis quittait l'appartement. Qu'avait-il bien pu se produire ?
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John pénétra dans le hall et aperçu Fusco avec un médecin. Ils échangèrent quelques mots puis l'interne regagna son service et l'inspecteur vint le rejoindre.
-« Alors ? »
-« Overdose médicamenteuse. Mais elle a été prise en charge à temps, elle s'en sortira »
-« Overdose » répéta Reese perplexe.
-« Ca ressemble à une tentative de suicide »
-« Ou c'est ce qu'on veut nous faire croire » jugea l'ex agent.
-« Je penche plutôt pour cette hypothèse. Tu l'as vu comme moi hier, elle n'est pas capable de réfléchir correctement plus de trente secondes, ce n'est pas assez pour envisager un suicide et encore moins pour passer à l'acte »
-« C'est ce que je pense. Ou alors c'est une excellente comédienne »
-« Tu crois ? » interrogea Fusco perplexe.
-« Non, franchement, je crois qu'on l'a aidé et qu'il faut très vite découvrir qui a fait cela »
-« J'ai mis des gardes à la porte, ils sont censés contrôler chaque personne qui y entre mais c'était déjà le cas à la clinique, et ils n'ont rien remarqué. Il n'y a que le personnel soignant qui soit entré »
-« Alors c'est quelqu'un de l'intérieur »
-« Ou quelqu'un qui pouvait s'introduire sur place et se faire passer pour un membre du personnel »
-« Cela nous donnera des suspects supplémentaire » soupira Reese.
-« Y'en avait déjà bien assez comme ça » grogna Fusco.
Reese appela son associé et lui rapporta les nouvelles.
-« Il nous faut l'avis du docteur Fersen » estima Finch.
-« Vous avez raison. Nous allons retourner l'interroger »
-« Peut être pourriez vous obtenir la liste du personnel ? »
-« Je la demanderai mais cela va encore allonger la liste des coupables potentiels et ce sera encore des recherches supplémentaires »
-« Ce n'est rien, j'ai un bon assistant » commenta Finch.
Reese sourit à la remarque.
-« Je rentre après avoir vu le docteur Fersen »
-« Je vous attendrais à la bibliothèque »
-« Ok » John fit quelques pas pour s'isoler un peu plus.
-« Harold » chuchota t-il
-« Oui ? »
-« Je vous aime » murmura John, songeant qu'il était parfois bon de le rappeler, même si c'était une évidence. Finch le comprit.
-« Moi aussi John » répondit-il doucement « Soyez prudent »
-« A tout à l'heure » ajouta Reese avant de raccrocher. Il rejoignit Fusco.
-« Finch pense que nous devrions recueillir l'avis du docteur Fersen »
-« Ouais. Allons la réveiller, elle devrait pouvoir nous dire si elle croit Lucia capable d'une tentative de suicide »
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-« Absolument pas inspecteur ! » S'emporta la praticienne « Vous avez constaté son état mental hier ? Je suis formelle, peut être y a-t-il eu un accident, mais une tentative de suicide surement pas ! »
-« On a retrouvé des gélules cachées sous son oreiller » remarqua Fusco.
Le médecin se troubla, puis soupira :
-« Je sais. Et je ne comprend pas »
-« Elle a pu vous tromper ? Jouer la comédie ? »
-« Pas à ce point inspecteur, je l'aurais forcement remarqué ! J'ai l'expérience de ce genre de cas »
-« Alors quelqu'un est intervenu pour agir à sa place en essayant de faire croire à un suicide » affirma Reese.
La praticienne eut un hoquet horrifié.
-« Oh ! Mais qui pourrait faire cela ? »
-« Nous savons que la vie de Miss Cuthbert est en danger » énonça John « Quelqu'un aurait-il pu s'introduire près d'elle sans être détecté ? »
-« Non, enfin je ne crois pas. Mais c'est un grand établissement alors peut être…Oh que dois-je faire maintenant ? » S'interrogea la jeune femme ne sachant plus quoi penser. Il était évident qu'elle se sentait concernée par cette affaire, en témoignait la rapidité avec laquelle elle était arrivée à la clinique après qu'une infirmière l'ai prévenu de l'incident et de la présence de "deux inspecteurs " souhaitant l'interroger au plus tôt. Il fallait profiter de cette bonne volonté.
-« Confiez-moi une liste du personnel. Nous allons vérifier leurs antécédents » suggéra Reese.
-« Le personnel fait l'objet d'un recrutement sur dossier, très encadré inspecteur. Une enquête est réalisée sur chaque postulant »
-« Peut être pas suffisamment poussé ? » jugea Fusco.
Le médecin hésita.
-« Je le pensais mais au vue des circonstances… » Elle se pencha vers son ordinateur, fit quelques manipulations, puis l'imprimante se mit en fonction « tenez » ajouta t-elle en tendant un fichier à l'ex agent « c'est la liste mise à jour. Mais j'espère que vous ne trouverez rien »
-« Pour la réputation de l'établissement ? » demanda Fusco.
-« Non. Pour être rassurée. Je ne voudrais pas apprendre qu'un mauvais choix a mis mes patients en danger. Je fais partie du comité de recrutement »
Elle les raccompagna à la porte du bureau puis tandis une carte à John et une à Lionel.
-« Tenez. Si vous avez d'autres questions, c'est mon numéro de portable. Je tiens vraiment à connaitre le fin mot de cette histoire »
-« Nous vous appellerons » promit Fusco.
Ils longèrent le couloir jusqu'à la sortie.
-« Je vais donner le numéro à Finch s'il a besoin de complément. Même si en ce moment je reste l'aider dans les recherches à défaut d'autres pistes »
-« Je vais vérifier si ceux là ont un casier. Si je trouve un truc j'enverrai un mail »
-« Ok Lionel, on se tient au courant »
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John entra dans la bibliothèque, petits déjeuner en mains. Après tout il n'était que 9H30. Finch lui sourit.
-« Bonne idée » remarqua t-il « la journée a débuté de façon assez mouvementé »
-« Je ne dirais pas le contraire » répliqua Reese. Il se pencha pour embrasser son partenaire et lui donna la liste des employés de la clinique « quatorze noms de plus » soupira t-il.
-« Eh bien cette fois nous ne pourrons pas nous plaindre d'un manque de suspect » ironisa Finch.
La matinée se poursuivit au rythme des recherches. Finch accumulant les fichiers. Reese accorda une heure à Bear puis revint l'aider. Cette situation le frustrait, il était un homme d'action et il se sentait inutile.
Il laissa son esprit dériver, se rappela les jours passés aux mains de Lucia Cuthbert, la captivité, pas la pire qu'il ait connu physiquement. Psychologiquement en revanche… elle avait failli briser la relation alors naissante entre lui et Finch et il l'avait très mal vécu. Il se remémora l'intervention de ses alliés pour le libérer. Il sourit en se rappelant les retrouvailles avec son compagnon alors que ce dernier était aux prises avec un autre numéro. La Lucia de cette période n'avait rien de commun avec celle qu'il avait revu la veille. L'arrestation avait constitué un choc qui avait ébranlé son mental déjà fragile, la destruction des immeubles avait été le choc de trop. Il se rappela son regard vif, son attitude à la fois hautaine et enfantine, son assurance et sa fragilité, son arrogance et sa folie. Son regard d'adoration pour ces étranges mannequins censés représenter sa famille. Son apparence sophistiquée. Elle avait la manie d'enrouler une mèche de cheveux autour de ses doigts dès qu'elle était nerveuse. Ou souvent elle jouait avec son pendentif, un symbole taillé dans le jade dont la couleur rappelait celle de ses yeux.
Brusquement John sursauta comme un détail l'interpellait. Le pendentif. C'était la même forme que l'empreinte sur le mur de la cave.
-« Comme une clé » murmura t-il.
Finch se tourna vers lui, surprit.
« Que dites vous M Reese ? »
John se tourna vers lui.
-« Lorsque nous étions au chalet, Bear insistait pour descendre à la cave. Nous n'avons rien trouvé en bas, mais il y avait une marque sur le mur du fond, un symbole en relief, le même que celui du médaillon que porte Lucia »
-« Vous pensez à quoi ? » interrogea Finch suivant son raisonnement « Une entrée secrète ? »
-« Je ne sais pas. Peut être. Un mécanisme commandé par le médaillon ? »
-« Nous pourrions demander à l'inspecteur Fusco de récupérer le bijou ? Mais ce ne sera pas simple si elle est lucide»
-« Essayons toujours. Je l'appelle » affirma John en saisissant son téléphone.
