Voici enfin la suite !

Bonne lecture !


« Merde ou est-il passé ? Asmita !

- Asmita ?! »

Tout le sanctuaire était retourné. Dans la nuit qui marquait le début de l'automne Elda de la vierge était morte. C'était Asmita qui l'avait trouvé au matin, son cri avait secoué le sanctuaire et le temps que Sage arrive il avait disparu. Des lors le chevalier de la vierge avait l'habitude de disparaître, comme aujourd'hui. Cela faisait trois ans que sa mère d'adoption était morte et il refusait de voir qui que se soit. Il s'était donc réfugié dans une faille rocheuse pas très loin de la mer, il avait éteint son cosmos et se retenait de hurler sa peine. Dans ses moments là, il savait que Deuteros allait arriver et le prendre dans ses bras, le réconforter, le ramener à son temple et dormir avec lui. C'était mécanique, c'était rassurant.

Finalement la vie est une tragédie, on cri, on se débat, on essaye de s'en sortir, mais tous cela ne sert à rien.

On cri pour soi, on lâche tous ce qu'on avait à dire, qu'on avait jamais dit, et qu'on savait peut être même pas encore … pour rien, pour se le dire à soi. On se débat contre soi, contre du vent, le monde entier, mais on a perdu d'avance. On essaye de s'en sortis mais sortir de ou ? Pourquoi ?

La vie aurait pu être un drame ou l'on espère encore et toujours. Pourtant on est prit, prit dans le canevas du destin, et l'on peut rien faire sinon attendre la mort, ou tenté de la provoquer.

Mais Asmita ne s'y tenterait jamais. Son maître serait capable de le poursuivre et de lui faire vivre un enfer en enfer. Alors en attendant il se laissait porter par la voix de Bouddha et les missions. Tandis qu'il tombait encore dans des pensées sombres il sentit une paire de bras puissant le tiré de sa peine. Ces même bras qui trois ans plus tôt l'avaient serré dans une chaleur réconfortante, l'avaient serré jusqu'à l'étouffement, jusqu'à ce que ses lames se tarissent.

- Asmita -

Je le sens dans mon dos si grand, si protecteur. Ses bras son comme un étau, je les sens s'imprimer dans ma chaire, dans mon cœur … dans mon âme toute entière.

Je dois me retenir de dénouer ses doigts qui resserrent leur étreinte, je dois me mordre la langue pour m'empêcher de le prendre dans mes bras parce que ça devient trop difficile. Je ne suis pas capable de gérer ça, tout ce qu'il me fait, tout ce que je lui dois, alors que j'ai juste l'impression de le consumer à petit feu.

Et en le faisant mourir, c'est moi que je suis en train de tuer.

Je ne sais plus depuis quand je le voix autrement qu'un frère, qu'une personne sur qui compter. Lui ne me juge pas. Lui n'attend rien de moi, jamais. Je dois le décevoir, tant de fois je regrette de ne pas m'être mordu la langue. Dans ces cas là mon maître me manque.

Ça fait trois ans qu'elle est morte. Trois ans que je fais face à un monde noir. Lui seul m'apporte lumière et réconfort. En trois ans, il a pris une si grande place dans mon cœur.

Pourtant, rien ne semble vouloir combler le gouffre qu'a créé la mort de ma mère, de notre mère à tous. Sa présence l'écrase un peut, l'atténue vaguement. A ses côtés la douleur devient supportable et je me sens capable d'avancer. Sauf aujourd'hui, sauf le jour de sa mort. Ce jour là tout et noir, ce jour là je ne veux personne à mes côtés, personne.

Mon maître avait dit qu'en devenant chevaliers de la vierge on se condamnait à une distance par rapport au autre. Comme le verseau ou le poisson. Sauf que nous on nous fuit à cause de nos croyances.

Mais Lui n'a jamais fui et je regrette tant de ne pas voir son visage. Je sens sa peau sur moi, l'odeur de cuir de son masque, celle plus forte qui fait qu'il est Lui et pas un autre, pas son jumeau.

« Chut, cesse de pleurer Asmita, je suis là. »

Ces mots, toujours les même, sur le même ton, la même chaleur. Je veux y croire, je le dois, mais je ne peux tout simplement pas faire face. Je sens l'étau de ma poitrine devenir intoxicant. Je ne m'était même pas rendu compte que je pleurais. Les sillons brûlants mes sont devenus coutumier leur douleur et toujours la même, elle m'est devenue familière. Je le sens nous bercer ma peine ne veut pas s'éteindre. J'aimerais me fondre dans son corps, dans sa chaleur, oublier la douleur.

Deuteros avait mal pour Asmita, il voulait tant effacer sa peine, les pleures, tout faire disparaître. Il aimait tant le petit blond de treize ans. Il le serra plus fort contre son cœur alors qu'ils retournaient au temple de la vierge. L'armure d'or brillait faiblement et sembla ronronner sous la caresse des doigts d'Asmita.

Il ne pouvait pas abandonné, l'armure l'avait choisi, il avait plein de choses à faire, un lourd futur rempli de choix l'attendait. Il pourrait se reposer plus tard, oui plus tard ça semblait pas trop mal. On sait pas trop quand c'est mais on sait que ça va venir alors on peut bien attendre. De toute façon on attend pour tout, pour grandir, pour se coucher, pour aimer.

Non !

Son maître lui avait fait promettre de ne jamais attendre avec l'amour, de toujours être franc avec soit même et avec les autres. Dire des brides de vérités, lâcher les informations au compte-goutte ce n'est pas mentir, mais dire que l'on déteste alors qu'on aime c'est mentir, d'abord à soit même puis au autre, et mentir au autres c'est encore plus mal que de ce mentir à soit.

Quand on ment à autrui, on a que deux solutions, continuer dans le mensonge ou dire la vérité. Dans le premier cas soit le mensonge devient de plus en plus gros jusqu'à ce que l'on s'en convainc soit même, alors le mensonge devient vérité, soit on continue à mentir et quand l'autre s'aperçoit du mensonge on a plus qu'a boire le calice jusqu'à la lie. Dans l'autre cas on peut se faire pardonner.

C'est pareil en amour, sauf qu'il faut bien penser à un moment ou un autre à dire ses sentiments à la personne concernée. Dans le pire des cas on essuie un refus, on pleur, on cri, puis on tente de passer à autre chose, la douleur se transforme en l'espoir de trouver la bonne personne et l'on continue d'avancer. Dans le meilleur des cas on avance main dans la mains avec celui que notre cœur a choisi. Le seul problème dans l'amour c'est qu'il n'y a rien entre les deux, pas de demi mesure, pas de faux semblant – ou alors il ne dure pas longtemps – rien, aucun filet de secoure.

Asmita ne savait alors que faire. Deuteros avait toujours été là pour lui, mais étai-ce de l'amour ou un fort attachement, comme pour un frère ou un ami ? Ça il ne le savait pas et Bouddha ne pouvait l'éclairer sur ce point. Il devait se jeter à l'eau comme aurait dit Cardia.

Quand il eut fini son monologue intérieur il comprit qu'ils étaient dans le temple de la vierge. Au son des pas de Deuteros ils devaient être dans la chambre. Tout juste, son dos rencontra le matelas de son lit alors qu'il entendait Deuteros aller dans la salle de bain.

Quelques minutes plus tard il sentait un linge chaud lui retirer toute trace de boue et la main chaude de son aîné caresser sa nuque. Il se sentait relaxé et somnolait légèrement.

« L'année prochaine tu feras encore la même chose et la suivante et celle d'après, n'est-ce pas ? Lui murmura le gémeau.

- Si tu le sais pourquoi poser la question ? Répondit Asmita dans un souffle.

- Tu compte changer de cachette ?

- J'en ai pas de près-définie.

Le rire grave de Deuteros le fit frissonner et envoya des décharges agréables dans son dos.

- Deuteros …

- Oui ?

- Tu seras toujours là ?

- Ces quoi cette question de gamin ?

- Répond-moi ! Est-ce que tu seras toujours là ? Dans un an, dix ou vingt, tu seras là pour me chercher, pour effacer ma peine ? Dis-moi, tu seras là ?

- Oui, je serais là. Et même quand tu n'auras plus besoin de moi, même quand tu en auras marre de me voir, je serais là.

- J'en aurais jamais marre !

- Qui sait …

- Moi je sais !

- Un jour tu aimeras quelqu'un et tu ne me voudras pas dans tes pattes à te protéger.

- C'est faux par ce que j'aime déjà une personne.

- Et qui ?

- …

- Qui ?

- Prend moi dans tes bras Deuteros ! Sers-moi, sers-moi fort jusqu'à me briser, sers-moi et fait tout disparaître, toi tu le peux … tout faire disparaître, les mauvaises choses, les bonnes … tu sais Deuteros il n'y a pas beaucoup de différence entre une bonne et une mauvaise chose, juste un adjectif, une impression... Sers-moi fort !

- Je te sers fort, là comme ça ?

- Non, encore, encore plus fort ! Je ne veux plus sentir deux corps, deux c'est trop !

- Comme ça ?

- Non, plus fort encore ! Je ne veux plus qu'il y en ai deux, plus de toi et moi, juste un, juste nous ... »

Deuteros ne savait quoi répondre. Il sentait lui aussi ce désir brûlant de ne plus être un et un, mais ce que lui disait Asmita et la solution qu'il avait n'était pas forcement en adéquation. Il ne connaissait qu'une façon d'être « nous » mais Asmita … non, il le salirait ! Et si il se trompait Asmita le détesterait. Mais à peine cette idée avait elle effleuré son esprit qu'elle devient oppressante. Comme un poison, il n'arrivait pas à ce la sortir de la tête.

« Comment veux tu que je fasse ? Finit-il par demander.

- … Continue à parler, juste là, dans le creux de mon cou. Quand je sens ton souffle là, je me sens étrange et en même temps je suis bien. C'est comme tes mains quand elle ne son pas que sur mes épaules mais partout, comme quand on dort et qu'elle se balades.

- Je ne le fais pas consciemment, s'excusa le gémeau.

- Mais moi j'aime ça. Quand elles sont nulle part et partout, quand ton odeur et partout, ta chaleur, tout toi fait comme un cocon et ça me frustre.

- Parce que je te prive de liberté ?

- Parce que ce n'est jamais assez, je ne sais même pas ce que je veux en plus. »

La voix d'Asmita était comme une supplique, ses doigts étaient perdu dans le dos de son aîné, son visage enfoui contre sa large poitrine et ses jambes emmêlée à celle de son vis à vis. Deuteros ne se faisait plus aucune illusion sur le souhait du blond, il savait le genre de rêve qu'il faisait et se doutait de l'endroit vers ou ses mains déviaient.

Alors lentement il reprit son massage de la nuque blanche alors que son autre main se perdait sur le torse qu'il découvrait lentement de sa prison de tissus. Les souffle court d'Asmita le renseigna qu'il faisait bien. Il mit sa bouche à quelques centimètres de celle de son aimé et mélangea leur souffle, laissant à l'autre la possibilité de l'embrasser ou non. Asmita sentait le souffle chaude de son aîné au dessus de lui et sans savoir ou il atterrirait embrassa le visage face à lui. Par bonheur il tomba sur les lèvres chaudes de Deuteros qui sans forcer le baiser fit se mouvoir leur lèvres jusqu'à sentir son partenaire manquer de souffle. Lui était très doué en apnée mais Asmita ne pouvait pas tenir aussi longtemps. Le blond sentait sa tête se faire lourde alors que des sensations multiples traversaient son corps. Il sentait les mains de Deuteros le retourner et sa bouche partir à la découverte de son dos.

De lourds soupirs de volupté s'échappaient de sa bouche, et la tête perdue dans un coussin, il sentait son corps se recouvrir d'une fine pellicule de sueur alors que son amant embrassait, mordait, léchait son dos, sa chute de rein, l'intérieur de ses cuisses, puis remontait en une succession de baiser papillon jusqu'à la nuque d'ivoire. Le plus jeune étouffa un cri alors qu'une centaine de décharges électriques se répandaient dans son corps, et plus particulièrement vers son entre jambe. Ne pas voir son partenaire le frustrait d'autant plus qu'il le sentait partout sur lui.

Face à l'abandon quasi total du blond, Deuteros lui mit une main dans la nuque et l'autre dans le creux du dos puis lentement le fit se retourner pour s'attaquer à sa gorge, provoquant une nouvelle série de frissons et soupirs de volupté. Les bras d'Asmita s'accrochèrent au cou de son amant alors que ces doigts s'entortillaient dans les fins cheveux de la nuque du plus âgé, lui arrachant un grognement de plaisir. Un soupir plus prononcé que les autres franchit ses lèvres quand Deuteros embrassa la base de son cou avant de remonté en baisser papillon jusqu'à la bouche entre ouverte ou il plongea avec délice.

Asmita ne savait plus ou donner de la tête, la langue de Deuteros et la sienne dansaient un ballet effréné jusqu'à manque d'air. Loin de s'en contenter l'autre lui aspira le lobe de l'oreille alors que ses deux mains formaient une coupe ou reposait sa tête. Les doigts d'Asmita étaient crispé sur la nuque de Deuteros, il tentait de vainement luter contre le plaisir, reprendre pied. Son amant ne lui en laissa pas le temps et embrassa le cou du blond, puis son torse, et il commença ainsi une lente descente. À moitie allongé sur Asmita, il sentait le désir de ce dernier contre son ventre et redoublait de tendresses tout en ondulant lentement son corps.

Les jambes d'Asmita encadraient son torse et une furieuse envie de mordre la chaire tendre et souple lui tirailla le ventre. Un cri accompagné d'adorables rougeur le firent sourire alors que ses mains suivaient le trajet de sa bouche. S'attardant sur les mamelons, caressant le ventre ou l'on devinait les résultats des heures d'entraînement. Elle finirent leur voyage sur les hanches étroites alors qu'Asmita n'était plus que soupir et gémissement.

Perdu dans le plaisir, frustré de ne rendre les caresses et impatient d'en avoir plus Asmita se tordait sous les doigts de Deuteros. Il sentait la langue de se dernier sur l'intérieur de sa cuisse, si près de son membre qu'il savourait autant qu'il appréhendait la suite. Mais ses pensées ne purent aboutirent alors qu'il sentait une chaleur humide autour de son sexe. Un cri lui échappa, et il maudit pour la première fois le fait d'être aveugle, son toucher lui semblait décupler, cent fois trop sensible.

Deuteros se gavait une fois de plus des cris et gémissements de son amant et alors que sa langue parcourait la verge d'Asmita ses doigts détendaient lentement l'anneau de chair inviolé jusqu'à ce jour. Il sentait les doigts fins de son cadet se tordre dans ses mèches et ses cris le conduisait au bord de l'extase, sans toute fois jamais l'atteindre. Il remonta vers les lèvres de son petit amant et l'embrassa encore une fois avant de lentement plonger dans ce corps qui semblait plus qu'offert.

Asmita cria le nom de son amant lorsqu'il le sentit entrer en lui. De petites perles salé furent lapées alors que Deuteros entrait lentement en lui massant sa nuque d'une main et son sexe de l'autre. Il lui murmurait des mots doux à l'oreille et chassait les perles d'inconfort des yeux bleus.

Quand, enfin, il fut totalement en Asmita il ne put s'empêcher d'échapper un râle de plaisir. Le corps de son amant l'enfermait dans une chaleur délicieuse et les chaires inviolé l'emprisonnaient de telle sorte qu'il devait faire appel à toute sa maîtrise pour ne pas se laisser aller comme un adolescent.

Pour Asmita le plaisir et la douleur étaient entremêlées dans une lutte sans merci. De petits coups de hanche et des baisers papillon lui permirent de faire abstraction de la douleur pour, après un long baiser brûlant, ne laisser que le plaisir. Les mouvement se firent plus amples, les caresses plus appuyées et les souffles plus court. Deuteros mordait la lèvre inférieur de son partenaire alors que celui-ci venait à la rencontre du plaisir.

Leur peau luisaient de sueur et dans la semi pénombre de la nuit le gémeau contemplait la plus belle et érotique chose au monde. Prit de frénésie ses mouvements se firent plus rapides, allant toujours plus loin, toujours plus fort dans ce corps qui en redemandait, criait son plaisir, son désir de plus.

Alors dans un cri presque animal Asmita et lui se perdirent dans le gouffre de l'orgasme, ne sachant même plus qui avait déclenché la jouissance de l'autre. Deuteros cru que son amant n'en finirait plus de se resserrer alors que lui même se perdait encore et toujours dans le plaisir.

Quand enfin la pression redescendit Asmita emprisonna son amant dans ses bras et se reput de son odeur, des sensations de son corps, de cette béatitude de sentir encore le membre de Deuteros en lui.

« Non encore un peut »murmura t-il quand l'autre voulu le soulager de son poids.

Asmita se fichait de se faire écraser par la personne qu'il aime, de ne pas reprendre un souffle normal, d'avoir trop chaud, ou de ne pas se laver de sa propre semence. Tout ce qu'il voulait était enfin devant lui, une vérité plus inébranlable que tout le reste. Deuteros l'aimait, le respectait et le désirait malgré son handicap. Sur le coup il aurait aimé que son amant puise ressentir comme lui. Pas avec les yeux mais avec tout le reste, sentir l'abandon total de son corps et ce jusqu'au bout des pieds. Cette harmonie parfaite entre deux corps qui pour le coup n'en font plus qu'un. Dieu qu'il pouvait être fleur bleu parfois.

« Deuteros ?

- Dors. »

L'ordre était si doux, la main dans ses cheveux si chaude, si rassurante. Ils avaient poussé en trois ans, ses cheveux, ils lui arrivaient presque aux milieux du dos. Et étrangement son gémeau aimait y passer les doigts. Bof, lui ça le calmait alors il s'en fichait un peut.


Voici donc la fin de ce chapitre qui se trouve être plus philosophique que prévu. Certain passages sont emprunter à Antigone.

Merci d'avoir lu et à la prochaine !