….

- Les pertes de la neuvième division s'élèvent à 104 morts, dont le quatrième et huitième siège, 27 disparus, 115 blessés, dont le neuvième siège.

Profond soupir du locuteur. Il gardait les yeux fixes droit devant lui. Il s'était arrêté de parler. Certains pensaient qu'il allait pleurer, d'autres se disaient qu'il était en état de choc. Des regards inquiets se posèrent sur lui mais il ne disait toujours rien. Le géant aux cheveux gris près de lui regardait ailleurs, la tête tournée vers la porte, l'air d'avoir envie d'être ailleurs, de quitter la pièce. Le brun qui parlait reprit soudain contenance, comme réveillé d'un cauchemar et poursuivit :

- Les pertes de la dixième division s'élèvent à 87 morts, dont le cinquième siège, 53 disparus, 141 blessés dont le vice-capitaine Mastumoto Rangiku.

Silence polaire dans l'assemblée des capitaines, lieutenants et de quelques troisièmes sièges, exceptionnellement présents pour palier à l'absence d'un, voire de leurs deux supérieurs. Des petits nuages de vapeurs se formèrent près des nez et des bouches de chaque membre présents. Le capitaine Hitsugaya gardait les bras croisés, dans une posture qui lui était habituelle, mais son aura était plus glaçante que jamais.

- Continuez, Hisagi fukutaicho, ordonna le commandant-capitaine Yamamoto, d'une voix blanche.

- Hai...

Le lieutenant de la neuvième division se redressa, s'assura un bon équilibre sur ses deux pieds et reprit sa triste litanie d'une voix monocorde.

- Les pertes de la onzième division s'élèvent à 65 morts, 9 disparus, 76 blessés recensés, beaucoup ont refusé les soins de la quatrième division.

Ricanement sec du capitaine Zaraki Kenpachi. Hisagi s'éclaircit la voix pour reprendre :

- Les pertes de la douzième division s'élèvent à 74 morts, dont le troisième et cinquième siège, 11 disparus dont le septième siège et 89 blessés.

Petit claquement de langue dédaigneux du capitaine Kurotsuchi Mayuri, immédiatement suivi par les soupirs désapprobateurs de l'assemblée.

Le pauvre lieutenant de la neuvième n'en pouvait plus, il y aurait eu mille choses à faire que cette réunion d'après crise où alors que les autres ne semblaient voir que les chiffres qu'il énumérait, il voyait le visage des compagnons qui étaient tombés, où il entendait encore le dernier cri de Matsumoto-san, où ces chiffres étaient autant de tas de corps inertes qu'il avait aidé à rassembler. Il continua pourtant, puisque c'était un ordre :

- Les pertes de la treizième division s'élèvent à 117 morts dont le cinquième siège, 56 disparus, dont le vice-capitaine Kuchiki Rukia... et 128 blessés, dont le capitaine Ukitake Juushiro. C'est par conséquent la division la plus sévèrement touchée... La surveillance du monde réel devra probablement être déléguée.

Silence glacial, digne pourtant. Quelques regards se portèrent sur le capitaine de la sixième division, dont le visage magnifique restait impassible. A ses côtés, son lieutenant trépignait. Tous sentaient son désir de hurler, de sortir à la rechercher de celle dont l'absence lui était insoutenable. Pourtant, même s'il balançait sur l'une et l'autre de ses jambes, il se tenait stoïque, là où en cet instant, il se devait d'être.

Le vieux Yamamoto semblait plus fatigué que jamais. Il s'appuya sur sa canne et son air soucieux semblait peser plus lourd sur ses épaules. Les crises qui s'étaient succédées depuis deux ans étaient à chaque fois plus éprouvantes les unes que les autres. Pourtant, le vieil homme les gérait avec tout le savoir-faire et l'expérience que lui donnait son âge. Dans sa tête et avec calme, il faisait le point.

Enfin, il demanda :

- Quand est-il de la situation des geôles, Soi-Fon Taicho ?

- La situation est maîtrisée, les quelques malfaiteurs en fuite ont été mis hors d'état de nuire.

- C'est à dire ?

- Tous morts, tués par les hollows, répondit sèchement la capitaine de la Nibantai.

- Aizen ?

- La stabilité de sa prison a été mise à mal, mais elle est en ce moment renforcé par ce qui reste des membres du troisième escadron de l'onmistukido, aidé par les Nécromanciens.

- Ce n'était donc pas une tentative de fuite d'Aizen ? Demanda la petite voix de Kotetsu Isane.

- Une vague surpuissante d'énergie inconnue a provoqué ces perturbations. Rien à voir avec cette vermine, répondit le capitaine de la juunibantai, agacé.

- Une tentative d'invasion du Hueco Mundo ? Et les barrières ? Murmura Momo Hinamori.

- Kurotsuchi-taicho, nous écoutons votre rapport, ordonna d'une voix lasse le commandant-capitaine.

- Nos capteurs ont précocement détecté des... mouvements inhabituels dans différentes zones du Rukongai.

- Mouvements de quoi ? Demanda nonchalamment Kyoraku Shunsui, dont la voix trahissait néanmoins la nervosité, un état auquel il était très peu familier. Les hésitations sur le choix des mots de Mayuri avait quelque chose d'inhabituel et inquiétant.

- Ces... Ondes sont proprement fascinantes. Leur densité est proportionnellement inverse à leur force d'attraction et pourtant, leur signature énergétique est absolument nulle.

- En clair, tête d'œuf ? S'énerva Kenpachi.

La tête d'œuf en question prit une mine outrée, et siffla dédaigneusement.

- En clair, inculte ignare, si ce qui te sert de cerveau ne s'est pas définitivement perdu entre ton oreille droite et la gauche, lis le rapport de 487 pages que j'ai rédigé décrivant la genèse de cet événement.

- On dirait qu'il y en a un ici qui a envie de s'amuser... ça tombe bien, moi aussi, cette bataille m'a mis en jambe !

- Ouiii, super, Ken-chan est de bonne humeur, s'émerveilla le petit lieutenant aux cheveux roses.

- Il y a plus urgent, il faut organiser les recherches, nous avons presque un cinquième de nos hommes portés disparus ! Interrompit le lieutenant de la neuvième.

- Qu'on les laisse, cette bande de faibles !

- Vos propos sont choquants, Zaraki-Taicho ! S'emporta Isane.

- Nous devons retrouver Rukia ! S'écria alors Renji.

- Les secours !

- Les soins !

- La reconstruction !

- Trouver les responsables de ce chaos !

- Arrêter et punir les coupables !

A situation exceptionnelle, agitation exceptionnelle et inédite. L'assemblée était devenue un bazar gigantesque, que le commandant-capitaine ne songeait pas à calmer. Son cerveau alerte ne cessait de recouper les faits, d'émettre des hypothèses, de rechercher des solutions. Le capitaine Unohana avait reçu l'ordre de rester près des nombreux blessés, notamment Rangiku Matsumoto, le capitaine Ukitake et les lieutenants Omaeda et Kira, également assez sévèrement touchés, et Ichigo, que Renji avait laissé dans les quartiers de la yonbantai dans un état se situant entre le sommeil profond et le coma. Les jours du jeune homme n'étaient pas en danger, mais il en avait encore trop fait et son manque de maîtrise de son reiastu l'avait mené au porte de l'inconscience.

Les capitaines présents possédant suffisamment d'autorité pour calmer les esprits ne songeaient pas, en cet instant si tendu émotionnellement, à faire taire qui que ce soit, quand soudain, la voix basse et pourtant étonnamment claire d'Histugaya Toshiro s'éleva parmi le brouhaha de revendications et de noms d'oiseaux :

- Si l'onde décrite dans le rapport de la douzième division n'est pas du reiatsu, quelle est sa véritable nature ?

La pertinence de la remarque et l'intérêt pour la réponse fit taire l'agitation et frappa l'assemblée de stupeur.

- J'ai lu votre rapport avec attention, vous décrivez avec précision les premiers troubles survenus dans toute la Soul Society, l'intensité de ce que vous ne nommez jamais, ses déplacements anarchiques dans le Rukongai mais jamais ce « mouvement » n'est qualifié.

- J'allais y venir, avant qu'on ne m'interrompe, cracha le capitaine de la juunibantai en lançant un regard noir à Zaraki Kenpachi qui baillait en se curant l'oreille avec son petit doigt, l'air de se foutre comme d'une guigne de cette réunion.

- J'ai choisi le terme de « vague » ou « onde » pour la bénignité et tout le potentiel destructeur que cela peut évoquer. D'un point de vue scientifique, ce phénomène est tout à fait inédit, ricana-t-il.

- Nous avons eu affaire à une force en mouvement, mais j'utilise le mot force avec retenue. Comme je l'ai mentionné, cette « vague » n'a pas de signature énergétique, elle ne pèse rien, elle ne semble avoir ni but ni destination ni conscience. Elle est par conséquent pour l'instant parfaitement inqualifiable. Elle n'a été détectable qu'à cause de ses effets. C'est un mystère scientifique mais je ne doute pas avoir toute les capacités pour le résoudre.

- On se retrouve amputé du tiers de notre armée, heureusement que c'est « bénin », Déclara avec ironie Shinji Hirako

- T'es bouché, il a parlé d'un « potentiel destructeur » aussi ! répliqua sèchement Kensei Mugurama.

- On s'en fout, c'est pour purger les faibles !

- Zaraki-taicho, s'en est trop! S'emporta la douce Isane, et qui rougit instantanément devant son audace.

- La vague en elle-même était bénigne. Les hollows dans son sillage, nettement moins, soupira avec lassitude le capitaine Kuchiki.

- Ce n'était pas de vulgaires hollows. Nous ne nous serions jamais faits dépasser de la sorte par de simples hollows, énonça avec certitude le capitaine Komamura.

- Les hollows étaient tout ce qu'il y a de plus normaux, pourtant, trancha une voix qu'on n'avait pas entendu depuis un siècle dans une assemblée officielle de gradés shinigamis.

- Hum, Urahara Kisuke... votre présence me semble tout à fait inutile, puisque je fournissais la réponse aux interrogations soulevées en votre absence, coupa Mayuri, condescendant.

- Je suis peut-être intervenu pile au moment où vous alliez révéler à tous nos amis où sont passé nos camarades portés disparus, auquel cas, je vous présente mes plus humbles et sincères excuses, et vous prie de bien vouloir reprendre où vous en étiez... dit en s'inclinant l'homme au bob d'un ton qui n'était ni humble, ni sincère.

Dire que l'actuel capitaine de la douzième division était furieux aurait été un bel euphémisme. La main sur la garde de Ashisogi Jizō, il aurait volontiers réduit en cendre ce misérable vers de terre, vendeur de bonbon qui se prétendait être scientifique. Silence de stupeur parmi l'assemblée. Comment ce type parvenait à avoir toujours une longueur d'avance sur tout le monde, apparemment même sur le bizarroïde capitaine de la douzième ? Ah oui, peut-être parce qu'il avait lui-même été capitaine de la douzième...

Pourtant, Kurotsuchi se retint de le transformer en poudre. Il se tourna vers le commandant-capitaine, délaissant l'insecte.

- En effet, se gaussa Mayuri.

Ce que nous appellerons la « vague » est un mouvement qui a attiré les hollows. Cette « vague » a également une propriété absolument fascinante, que je n'ai hélas pas eu le temps d'étudier, cette chose étant toujours en mouvement, et de part sa nature même, insaisissable. Cependant, elle présente quelques points communs avec les capacités étonnantes de cette ryoka femelle, qui avait infiltré le Seireitei il y a quelques mois de ça.

- Je doute qu'Inoue Orihime réponde favorablement à votre invitation à vous servir de cobaye, Kurotsuchi Taicho, rétorqua l'homme aux geta, d'une voix gouailleuse qui agaça encore plus l'interpellé.

- Où est Rukia ? Où sont passé nos compagnons, vous aviez dit avoir une réponse ! Coupa Renji, impatient.

- Vous laissez entendre qu'ils sont vivants, où sont-ils tous passés ? Renchérit le capitaine Komamura.

- Emportés par le vent ! Répondit gaiement Urahara avec un coup d' éventail sur la droite, un coup de rein sur la gauche, dans une posture inimitable tant elle était absurde.

Les visages perplexes et les yeux voilés d'incrédulités étaient fixés sur cet homme à l'allure ridicule qui semblait s'amuser d'un événement qui comptait parmi les plus grands malheurs survenus à la Soul Society. Comment un imbécile pareil avait pu devenir capitaine ?

- Euh, je veux dire... Ils ont réellement été emporté par la « vague », précisa Kisuke, voyant que sa blague était tombée à plat.

Il reprit plus sérieusement :

- La « vague », bien que je lui préfère le terme « mouvement », qui a été décrit dans le rapport de la douzième division a attiré à lui les Hollows et ses propriétés ont fait que les hollows à son contact guérissent, ou ressuscitent. De manière complètement anarchique, il est vrai, mais dans les faits, c'est ainsi que ça s'est passé...

- Depuis son apparition à la Soul Society et ses premiers ravages dans le Rukongai, la vague s'est bien baladée dans le Seireitei...

- Hum « se balader » n'est pas un terme adéquat. Elle a fait six fois le tour du Seireitei dans le sens des aiguilles d'une montre, quatre fois en sens inverse, et trois allers-retour sud-ouest/nord-est, précisa un Mayuri exaspéré.

- Reprenez, Urahara-San, ordonna Yamamoto, embrasant de son regard chaque membre de l'assemblée, leur imposant le silence.

- Ces mouvements n'avaient aucun sens, il faisait penser à ceux d'un animal sauvage emprisonné ou effrayé, perdu sans aucun repère. J'ai donc ouvert un passage vers le Hueco Mundo, curieux de savoir si la vague cherchait une issue, mais elle l'a ignoré. J'ai donc ouvert un autre passage, vers la monde réel cette fois et mes doutes se sont confirmés : la « vague » s'est engouffrée par le Dangai. Malheureusement, certains shinigamis ont été entraînés avec elle.

- Mais t'es complètement dérangé ? Envoyer un « truc » pareil dans le monde réel ? S'écria Hirako.

- C'était notre devoir de protéger le monde réel, et nous avons failli, constata amèrement Komamura.

- Les shinigamis disparus ont atterri dans le monde réel ? Demanda Renji, hors sujet et plein d'espoir.

- En fait, le dangai a freiné la vague, et elle n'a causé que des perturbations minimes dans le monde réel, rien de significatif, en vérité. Nous avons échappé de peu à la catastrophe, quel soulagement ! Reprit-il en secouant de plus bel son éventail devant lui, comme pour chasser une nuée de moucherons invisibles.

Avec cette attitude désinvolte, on pouvait comprendre pourquoi ce type s'était fait virer de la Soul Society...

La réunion s'éternisait dans des détails, qui avaient certes leur importance mais qui n'étaient que secondaires aux yeux de Renji. Il n'aurait pas été mécontent d'avoir la réponse à ses interrogations et enfin récupérer Rukia. Il souhaitait également retrouver Ichigo et le renseigner sur le sort de leur amie. Ce crétin avait bien de la chance de n'avoir pas à être présent, et de pouvoir se reposer. Tous avaient été poussé dans leur dernier retranchement, cependant, pour Ichigo, cela avait dû être particulièrement difficile. Outre le fait qu'il n'avait que récemment retrouver ses pouvoirs, il n'avait jamais brillé par une parfaite maîtrise de ceux-ci. Renji repensa soudain à l'éclat qu'il avait surpris dans les yeux du roux, pendant leur combat. L'éclat que prenait ses yeux lorsqu'il ne pouvait contenir le hollow en lui, en plus des striures inquiétantes d'un rouge pourpre comme des éclairs de sang dans ses orbes dorés.

- Vous n'êtes qu'un innommable insecte, doublé d'un usurpateur ! C'est moi qui est découvert le pulsateur à particules spirituelles ! L'utilisation que vous proposez d'en faire est ridicule!

- Pardonnez-moi, mais même si son usage est complètement détourné, il n'empêche que cela serait utile, en ce moment.

Comment en était-on arrivé là pendant les cinq minutes où l'ananas rouge avait décroché de la conversation ? Renji risqua un coup d'oeil vers son capitaine, et le regretta à la seconde même où ses yeux se posèrent sur lui. Kuchiki-Taicho avait les lèvres pincés dans une moue entre colère noire et exaspération. Renji détourna prudemment la tête pour tomber sur son collègue de la kyubantai qui se massait les tempes d'un air las et Kensei Mugurama qui soufflait d'exaspération en regardant le plafond. Renji remarqua les grands yeux d'Hinamori Momo écarquillés. Elle avait joint les mains devant elle, comme en prière. Kenpachi baillait à s'en décrocher la mâchoire pendant que son petit lieutenant mangeait des bonbons. Les autres assistants essayaient plus ou moins assidûment de suivre l'échange houleux entre les deux scientifiques. Jamais Renji n'avait vu autant de désordre dans une réunion officielle, et il finit par se demander si cela avait vraiment à voir avec cet agitateur d'Urahara ou avec la situation en elle-même, et qui sait ? Que la présence de l'homme aux geta n'était finalement qu'un prétexte pour se décharger de toute la tension accumulée depuis plusieurs jours.

- Cette réunion est ajournée, la priorité reste le soin, la recherche des disparus, la protection de la Soul Society et du monde réel. Les divisions 3 et 5 suppléeront la 13e division à la sécurité et surveillance du monde réel, et se chargeront de vérifier les dire d'Urahara Kisuke. Les divisions 6, 9 et 10 ont pour ordre de ne pas quitter la Soul Society. Vous pouvez disposer.

Renji souffla. La réunion était enfin terminée mais il avait loupé le plus important : où diable avait disparu Rukia ? Il resta planté à sa place tandis que les rangs se rompaient, et ne sortit de sa torpeur que lorsque la pièce se fut presque entièrement vidée. Hirako se grattait l'oreille avec son petit doigt, l'air plus que blasé. Renji ne s'embarrassa pas de protocole pour lui demander les nouvelles. Le capitaine sourit de toutes ses dents, sa bouche tordue dans un rictus étrange, perdu entre écœurement et ennui.

- Si t'avais écouté trente secondes, tu saurais qu'on en est au même point qu'au début. En clair, on sait rien.

- Je vois pas l'intérêt d'écouter si finalement on en sait pas plus! s'emporta le tatoué.

- Et puis d'abord où est Rukia, où sont les autres ?

- Pff, tu crains, pas foutu d'être attentif alors qu'on parlait de ta copine.

- Rukia n'est pas... enfin, je veux dire, pas comme ça...

- Je n'avais rien sous-entendu, mais tu viens de te trahir comme un gros blaireau. Bon, pour te la faire courte, Urahara a dit que le truc qui s'était échappé par le dangai avait entrainé avec lui hollows et shinigamis qui essayaient de lui barrer la route. Le truc, c'est qu'en traversant le dangai, certains sont probablement morts, tués par le kotetsu remis en fonction. Les autres ont atterri dans le monde réel, sauf que là encore, ils peuvent aussi bien être à Karakura que sur l'île de Madère. Ah, les veinards...

- Elle est peut-être vivante et je n'ai pas le droit d'aller le vérifier...

- Arf, on le saura bien assez tôt.

- Ichigo pourrait le savoir avant moi.

- Seulement si ce crétin se réveille de sa sieste !

Le lieutenant tatoué sortit à la suite du capitaine de la cinquième, un peu dépité, perdu dans des sentiments complexes et un questionnement sans fin et se dirigea vers les quartiers de la division des soins dans l'espoir qu'Ichigo soit enfin en état de se lever.

.

.

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Dans le monde réel :

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Orihime était excitée comme une puce : après plus de 32 heures passées à l'hôpital, elle avait eu le droit de rentrer chez elle. Elle réunissait ses maigres effets en attendant que la mère de Tatsuki arrive pour la conduire chez elle. Le docteur lui avait promis qu'elle pourrait retourner en classe dès le lendemain matin, mais il lui avait demandé de rester prudente, et de se reposer aujourd'hui encore.

Les sentiments étranges qu'elle avait ressenti n'étaient plus qu'un lointain souvenir. Le fait d'être dans cette environnement aseptisé, entourée de soins médicaux constants, sous le regard bienveillant de la famille Arisawa l'avait complètement rassurée. Elle se sentit très bête d'avoir alarmé tout le monde, et craignait un peu son retour au lycée. Mais sa cure de repos et de nourriture l'avait aidé à retrouver une bonne mine, et elle pourrait facilement dissiper les doutes quant à son état de santé.

Joyeusement, elle pensa à tout ce qu'elle aurait à faire à son retour à la maison : rattraper les cours d'hier qu'Ishida-kun lui avait fait passer, commencer ses devoirs et ses révisions, et surtout, faire quelques courses pour regarnir un frigo criant famine et des placards anémiques. Peut-être qu'elle pourrait se cuisiner une petite douceur, histoire de se remonter le moral.

Que dirait sa patronne, à son retour à la boulangerie ? Elle savait que Fuyumi-san était une gentille personne, qu'elle serait sûrement soulagée de savoir que sa petite employée allait mieux et était de retour en pleine forme, mais comment rattraper les heures qu'elle n'avait pas pu faire ? Entre hier et aujourd'hui, cela représentait quatre ou cinq heures de travail tout au plus, mais pour la rouquine, cela signifiait une fin de mois à se serrer la ceinture. Ses jolis traits s'assombrirent alors, mais cela ne dura pas puisque Tatsuki apparut derrière elle. A la vue de sa meilleure amie, un sourire généreux la gagna et elle attrapa son sac à dos avec entrain.

- Je suis prête, Tatsuki-chan ! J'ai hâte de rentrer chez moi et de retourner en cours et de retourner travailler ! Oh, et tu as dit quoi à Ochi-sensei ? Et Fuyumi-san n'était pas trop inquiète ? Et nos amis, j'espère qu'ils vont bien !

- Oye, Orihime, ne t'excites pas comme ça, tu es encore en convalescence, n'en fait pas trop ! La gronda gentiment sa meilleure amie.

- Tout le monde a été prévenu, ne t'inquiète pas, ils sont tous soulagés de savoir que tu vas bien, et je les ai informé de ton retour, demain...

La brune avait prononcé le dernier mot avec humeur. Elle aurait souhaité que le docteur oblige Orihime à se reposer au moins jusqu'à la fin de la semaine, mais il avait jugé qu'au vu des résultats des différents tests, cela ne se justifiait pas médicalement. Il lui avait fait une dispense de sport pour un mois, mais il ne voulait pas encourager l'absentéisme scolaire. C'était pourtant bien mal connaître la princesse... La karatéka n'avait jamais senti la belle aussi à cran depuis qu'elles se connaissaient, même après le décès de son frère. Elle aurait voulu la protéger, la préserver de tout ce qui pouvait lui arriver de mal, mais comment faire lorsque la principale concernée ne l'aidait pas pour un sou ? Si on l'avait écouté, elle serait allée en cours après sa première nuit à l'hôpital, après seulement six heures de sommeil...

Tatsuki regarda son amie et sourit : ce repos forcé avait grandement atténué les vilaines cernes sous ses yeux, et son sourire n'était plus celui des derniers jours qu'elle affichait pour la façade. Il ne manquait plus que le retour d'un certain rouquin bagarreur et soupe au lait et le bonheur de sa meilleure amie n'aurait pu être plus complet. Orihime n'avait pas cessé de parler de ses projets pendant les réflexions intérieures de Tatsuki. La joie et l'entrain habituels de la plantureuse adolescente étaient à son comble et le garçon manqué ne douta pas une seconde avoir retrouvé sa meilleure amie, comme si ces dernières semaines n'avaient été qu'un vilain cauchemar.

Dans la voiture, Orihime ne cessait son flot de paroles, joyeuse et pleine d'énergie. Elle n'avait passé qu'un peu plus d'une journée à l'hôpital mais elle parlait comme si tout avait changer. Son œil neuf, bienveillant et innocent sur le monde tirait tour à tour soupir et sourire à son amie. Vraiment, Orihime était Orihime et elle était unique en son genre. Arrivées devant le petit immeuble de la rouquine, Tatsuki insista pour porter son sac jusqu'à l'appartement, puis c'est avec regret qu'elle lui annonça une nouvelle qu'elle-même ne digérait que très mal :

- Orihime... Je vais devoir aller en cours aujourd'hui... J'ai loupé les deux premières heures mais je ne peux pas me permettre d'en louper plus. Par contre, je suis chez toi à 16h00 tout à l'heure, et ma mère va passer entre midi et deux pendant sa pause déjeuner, dit-elle sur un ton lourd d'excuses.

La brune avait retenu son souffle, appréhendant la réaction de sa délicate amie, qui s'était figée. Elle se retourna vers Tatsuki avec des yeux brillants de reconnaissance et un large sourire qui illuminait son visage.

- Merci, merci ! Tu es une véritable amie... Mais, et ton karaté ? Et puis je ne veux pas déranger ta maman !

La brunette poussa un soupir blasé. Jamais elle ne se ferait aux réactions attentionnées d'Orihime, qui faisait passer tout le monde avant elle et même si elle aurait dû s'y attendre, elle aurait finalement préféré que la douce jeune fille la rejoigne dans son ressenti : elle ne voulait pas la laisser seule.

- J'ai vu avec mon maître... T'inquiète pas pour ça. Maman ne travaille pas très loin, ça ne l'ennuie pas. Je voudrais que tu m'attendes pour faire les courses, je porterai les sacs. Profites-en pour te détendre, et réviser tes cours comme tu as dit ! Essaya-t-elle de répondre avec un enthousiasme feint.

- Hai ! Répondit néanmoins joyeusement Orihime.

Après maintes recommandations, Tastuki s'en alla, le cœur un peu lourd malgré le sourire retrouvé de la princesse.

Orihime fixa de longs instants le panneau de bois qui s'était refermé sur elle et le vide de son petit appartement. Le soulagement. Elle se sentait un peu stupide. Avant son séjour à l'hôpital, elle appréhendait le fait de se retrouver seule chez elle, la solitude lui avait tant pesé ! Pourtant, à choisir, elle préférait aller bien et son petit train-train plutôt que l'incertitude et l'inquiétude de l'hôpital et son écœurante odeur de désinfectant.

Elle commença à déballer les quelques affaires que Tatsuki avait fourrées dans son sac à dos, puis retroussa ses manches en se penchant sur un délicat problème de math. Il était près de onze heures du matin. La journée était magnifique mais en contrepartie, totalement glaciale. Orihime frissonna. L'appartement n'avait pas été chauffé depuis plus d'un jour, et sans s'en rendre compte, elle était grelottante. Elle se leva pour allumer le chauffage, et prendre une veste. Rapidement, une chaleur réconfortante envahit la pièce et elle put travailler à son aise quand les cris joyeux des enfants de sa voisine rentrant de l'école lui rappelèrent qu'il devait être bientôt midi, et qu'il serait temps qu'elle se prépare un petit quelque chose. Elle laissa en plan le problème de math, décidément trop difficile à résoudre quand on avait manqué la leçon et se dirigea vers sa cuisine. En ouvrant son frigo, la preuve de son récent manque d'appétit la frappa : il était quasiment vide. Elle jeta la nourriture qui traînait là depuis trop longtemps pour être consommée et réunit ce qui pouvait encore l'être. La récolte était maigre : un poireau plus très frais, un citron, la moitié d'une betterave, un petit bout de beurre, de la mayonnaise, le fond d'une brique de lait, et une petite bouteille de soda. Dans son placard, guère mieux : un paquet de biscuits secs entamés, un peu de riz. Orihime regretta soudain d'avoir promis à Tatsuki de l'attendre pour faire les courses...

Son estomac se manifesta par un gargouillis plaintif, qu'elle essaya de calmer en posant une main dessus.

- Chut, tais-toi, je vais m'occuper de toi, murmura-t-elle à l'attention de son organe bruyant.

Elle imaginait comment accommoder tout ce petit monde, la betterave avec le poireau, mixés avec un peu de mayonnaise pourrait faire une purée délicieuse avec le riz blanc, en attrapant les différents ustensiles qui lui seraient utiles à la confection de son repas, quand la sonnette retentit : Arisawa-san ! Déjà là ?

Orihime se dépêcha d'aller ouvrir et de laisser entrer la mère de Tatsuki, qui lui avait apporté un doggy bag. Elle s'émerveilla des délices que contenait le sac : un vrai repas complet, avec une salade de chou blanc, une soupe miso, du riz et des crevettes frites, et une petite salade de fruits en dessert. Orihime et Arisawa-san s'assirent donc ensemble autour de la petite table que la jeune fille avait au préalable débarrassé des cahiers et livres qui l'encombrait, et mangèrent avec bon appétit. Les crevettes étaient délicieuses et croquantes, la salade parfaitement assaisonnée, et les fruits sucrées et rafraîchissants. Orihime sentait qu'elle reprenait goût à manger.

A la fin du repas, Arisawa-san proposa de rapidement refaire le pansement d'Orihime ce qu'elle refusa poliment : elle ne voulait pas la mettre en retard. Elle remercia la mère de Tatsuki chaleureusement sur le pas de la porte et après l'assurance de son affection renouvelée, la femme s'en alla.

De nouveau seule, le ventre bien rempli, Orihime se sentit gagnée par une énergie nouvelle. Il était treize heures. L'appartement était propre mais elle avait encore beaucoup de devoirs et de leçons à rattraper : être troisième au classement du lycée Daichi demandait efforts, régularité et sérieux. Elle ne tenait pas à décrocher, déjà qu'elle n'était pas sûre de pouvoir obtenir un autre diplôme que le bac...

Elle s'attela donc à un commentaire composé sur un texte surréaliste de Murakami. Le japonais contemporain et les textes au réalisme magique de cet auteur qu'elle appréciait beaucoup l'aiderait à se remettre agréablement dans le bain des études, plus que les mathématiques et ce problème ridicule de correspondance de train et d'avion.

La jeune fille se laissa porter par les mots si bien agencés qu'il coulait comme de l'eau. La nouvelle qu'elle avait choisie de présenter éveillait en elle des paysages qu'elle ne connaissait que trop bien, ceux du Hueco Mundo. Elle sourit en se demandant ce que penserait Murakami Haruki-sensei si quelqu'un lui disait qu'il n'avait rien inventé, et que les monstres qu'il décrivait existaient bien, quelque part... Peut-être justement que cette pensée pouvait être un des axes de réflexion pour son devoir... Elle nota quelques idées sur sa feuille de papier avec force et enthousiasme si bien que la douleur de son doigt blessé se réveilla. Elle n'avait pas pris d'anti-douleur depuis ce matin, et sentit que la plaie avait encore saigné. Elle soupira en se levant et en laissant encore ses devoirs en plan. Il fallait qu'elle règle le problème une bonne fois pour toute : guérir cette fichue plaie avec le shunshun rikka. Elle alla donc dans la salle de bain chercher quelques compresses et du désinfectant, puis se réinstalla à sa table. Elle ôta précautionneusement le pansement. Le sang avait séché et le pansement avait collé à la plaie. Elle grimaça quand elle tira d'un coup sec pour s'en débarrassé finalement. Elle retint un cri quand elle découvrit son doigt : un liquide jaunâtre nauséabond s'échappait des sutures, encore propre le matin même. Tout le doigt était gonflé, et avait pris une teinte rouge et violette. Orihime, encore sous le choc, pensa qu'elle avait bien fait de ne pas avoir laissé Arisawa-san refaire le pansement. Elle l'aurait sûrement forcée à retourner à l'hôpital et comment aurait-elle pu expliquer aux médecins que son état se soit tellement détérioré ? D'ailleurs, comment en était-elle arrivé là ? Ce matin, son doigt avait une belle couleur rose, et quand l'infirmière lui avait demandé de le plier, elle n'avait ressenti qu'un petit tiraillement.

Le mieux était de guérir cette blessure, et de ne plus en parler. Elle avait déjà perdu suffisamment de temps comme ça pour cette broutille. Elle n'allait pas en plus jouer la chochotte... Elle avait déjà soigné tellement pire qu'une coupure ! Elle songea à Kurosaki... Combien de fois était-il passé sous son bouclier de soin ? Elle imagina le visage endormi et crispé par la douleur de son bien-aimé, ce qui provoqua en elle un frisson qui venait de son cœur, en passant dans son ventre et qui se propageait jusqu'au bout de ses doigts. Elle referma le petit poing de sa main valide. Où était-il, pendant qu'elle avait passé une journée à l'hôpital pour une pauvre plaie à l'index ? Elle soupira, puis invoqua silencieusement le Sôten Kesshun.

Pas de réponse.

- Ayame, Shun'o... Sôten Kesshun, dit-elle cette fois-ci à voix haute.

Une vague lueur apparut autour du doigt blessé, ce qui provoqua chez elle des picotements désagréables qui commencèrent à lui faire sérieusement mal au bout de quelques minutes. Orihime persista jusqu'à ce que la douleur devint insupportable, comme une brûlure. Elle leva le bouclier et inspecta le résultat : la plaie n'était pas tout à fait refermer, mais elle ne montrait déjà plus de signe d'infection. La jeune fille pouvait plier le doigt avec au plus, une petite gêne.

On ne pouvait pas parler de réussite, mais ce n'était pas non plus un échec. Ce résultat mitigé l'étonna et l'inquiéta.

- Ayame, Shun'o... est-ce que vous allez bien ? Je vous ai fait du mal, ces derniers temps, n'est-ce pas ? Je vous demande pardon...

Mais le silence répondit à l'appel anxieux de la princesse. Un doute l'étreignit soudain.

- Hinagiku, Baigon, Lily : Santen Kesshun, implora-t-elle.

Le bouclier orangé s'éleva immédiatement devant elle. Elle le fixa une bonne minute puis frappa son poing doucement contre cette protection, comme pour toquer à une porte. Au troisième coup, le bouclier se fissura, tomba en morceau puis disparut complètement. Elle avait retenu son souffle pendant toute l'opération d'invocation du Santen Kesshun, et déchargea sa frustration en un gémissement de dépit. Elle ne tint pas à faire appel à Tsubaki, le plus difficile à contrôler de ses trois boucliers. Le résultat était tout à fait imprévisible et le risque était au mieux que rien ne se passe, au pire de tout casser dans son appartement...

Un frisson s'empara d'elle. Elle se sentit soudainement abandonnée et sans défense. Comment se pouvait-il que ses pouvoirs l'abandonnent ? D'accord, elle avait été fatiguée, elle s'était un peu laissée aller à une mélancolie qui ne lui ressemblait pas, mais quelles pouvaient être les raisons de cette désertion ? Elle ne se sentait pas différente de la dernière fois qu'elle avait utilisé ses pouvoirs, il y avait environ un mois, pour soigner Sado-kun et Ishida-kun, qui s'étaient blessés au cours d'un entraînement. Elle sentait qu'elle avait regagné l'énergie et l'entrain qu'il lui avait manqué ces derniers jours, et elle savait qu'elle remontait la pente. Alors pourquoi ? Pourquoi alors qu'elle allait mieux, elle sentait ses meilleurs alliés, ceux qui faisaient partie d'elle l'abandonner sans préavis ?

Elle désinfecta sa plaie à l'index avec une minutie à la limite de la préoccupation maniaque, comme si guérir cette plaie l'aiderait à réparer ce qui était cassé en elle, à comprendre ce qui ne fonctionnait plus. Ses yeux étaient secs, étonnamment fixes. Le choc était très rude. Elle ne voulait pas s'apitoyer sur son sort, mais elle aurait voulu sortir et aller trouver Urahara-san pour qu'il lui dise ce qui n'allait pas. Puis elle pensa qu'il avait mieux à faire en ce moment de crise que de s'occuper de ses pauvres pouvoirs détraqués. Elle songea un instant à aller voir Kurosaki-san, mais elle n'avait pas d'argent pour payer la consultation, et l'idée d'aller chez lui, comme une proche, comme une intime la gêna et elle se retint.

Elle essaya de se redonner un peu d'âme, en repensant à ses devoirs qui l'attendaient, inachevés sur sa petite table, à la visite de Tatsuki qui ne saurait plus tarder, dans une bonne heure, tout au plus. De ses yeux toujours secs, elle fixa les cahiers d'un air absent.

Rien que le vide, toujours elle serait seule, plongée dans le néant. C'était pour cela qu'elle était sur terre, pour être seule et pour toujours supporter le néant.

- oui, peut-être bien... murmura-t-elle dans un petit rire.

La sonnerie stridente du téléphone résonnait. Orihime semblait l'avoir entendu depuis plusieurs minutes, comme assourdie et puis maintenant, elle s'imposait à ses oreilles dans toute sa force.

Elle décrocha :

- Allô ?

- Orihime, c'est moi, excuse-moi, je vais être retenu par mon agent, il part pour dix jours aux États-Unis et il veut me parler d'un truc urgent avant... Excuse-moi, je vais avoir trois quart d'heure de retard. Tu vas bien ?

- Oui, bien sûr que je vais bien, répondit la voix sans expression d'Orihime.

- Tu es sûre ? Ta voix est bizarre...

- Mais oui, pourquoi je dirais des mensonges à ma meilleure amie ! Essaya de s'animer la voix blanche de la princesse.

- Par contre, c'est quoi cette histoire d'agent, tu ne m'en avais pas parlé ! Tenta-t-elle avec naturelle.

- Tu plaisantes ? Je t'en ai parlé avant-hier, et encore hier à l'hôpital !

- Tatsuki-chan, tu me fais marcher, comment j'aurais pu oublier une chose aussi importante dans ta vie ?

- Orihime... Je... J'arrive, ok ? Ne bouge pas, attends-moi, d'accord ?

- Bien sûr, à tout de suite.

Elle raccrocha le téléphone, et ses yeux se reposèrent sur les notes de son commentaire composé. L'onirisme réaliste de Murakami : le reflet de nos propres démons. Elle se replongea dans le texte qu'elle tentait de décortiquer, ses yeux faisant l'aller-retour entre son livre et ses notes.

Puis, fatiguée, elle leva la tête, si lourde, si pleine de mots et de concepts et devant ses yeux papillonnèrent des tâches noires qui se dissipèrent bien vite. La pendule affichait 4h20. Tatsuki n'allait pas tarder, mais ça ne lui ressemblait pas d'être en retard sans prévenir. Au moment où elle se faisait cette réflexions, on frappa à la porte.

Elle se leva pour aller ouvrir à la personne qu'elle croyait être Tatsuki.

- Tu es en retard, dit-elle joyeusement en écartant le panneau de bois.

- Je savais pas que tu m'attendais... Oi, Inoue, il faut que tu viennes avec moi, Rukia a un problème et Urahara pense que tu peux l'aider !

- Ha, Hai... répondit-elle désorientée en attrapant sa veste.

- Au fait, t'es pas en cours ?

- Je... J'ai eu une grippe, dit-elle en se chaussant, le rouge lui montant au joue et le cœur cognant dans sa poitrine.

- Oh, j'espère que tu vas mieux... Il se passe un truc de dingue.

- Attends, Tatsuki ne va pas tarder, elle va s'inquiéter si je ne suis pas chez moi !

- On l'appellera en chemin !

Sans rien comprendre, Orihime se laissa traîner par la main par Ichigo Kurosaki en direction du magasin d'Urahara Kisuke.

Sa petite main brûlait de froid dans celle, puissante, bouillante et calleuse de l'amour de sa vie.

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Promis, si vous ne décrochez pas tout de suite, il va y avoir un peu plus de "mouvement" au prochain chapitre.

Je salue les auteurs qui arrivent à nous mettre dedans en trois phrase, ce sont des artistes, que dis-je, des prodiges. Moi, ben comme vous voyez, je fais ce que je peux et je ramouille. Mais tout est clair dans ma tête (aussi clair que ça peut l'être, je veux dire).

La mise en page est très pénible sur ce site... J'espère que cela ne nuira pas à la compréhension.

J'ai déjà écrit le prochain prélude et les premières pages du prochain chapitre. A très bientôt, merci d'avoir lu.