Chapitre 3 : Les narnians.
Ne s'attendant pas à avoir de réponse, elle ne vit pas le renard l'observer avec curiosité et ouvrir la gueule pour lui répondre puis la refermer subitement, comme s'il venait de comprendre quelque chose.
« N'ai pas peur, je ne vais pas te faire de mal, je vais juste te libérer… Ne me mords pas, d'accord ? »
Éléonore saisit le verrou et le tira, afin d'ouvrir la cage. Quand cela fut fait, elle s'écarta pour laisser sortir l'animal.
Le renard s'avança avec précaution et finit par sortir de sa cage tout en l'observant de ses yeux dorés.
« Comme tu es beau ! Je suis sûre que ces bandits voulaient te prendre ta belle fourrure !
Bien maintenant que cela est fait, il faut que je dorme… toutes ces émotions m'ont épuisée… » Dit-elle.
Elle alla chercher l'épée qu'elle avait abandonnée, se disant qu'elle en aurait peut-être besoin dans les temps qui viennent, quand contre toute attente, elle entendit une voix grave :
« C'est bien plus compliqué que cela, fille d'Eve… »
Éléonore sursauta. Qui avait bien pu parler ? Elle jeta un coup d'œil aux hommes, mais aucun ne semblait réveillé… Serait-ce…
« Non, c'est impossible… tu délires ma pauvre fille… les renards ne parlent pas… »
Elle n'y croyait toujours pas quand l'animal se mit à lui sourire.
La jeune femme avança de quelques pas quand le renard fit volte-face et bondit dans les ténèbres…
« Attendez ! » S'entendit-elle crier, mais le renard avait déjà disparu.
Prise d'une impulsion soudaine, elle partit dans la direction qu'avait prit le renard, mais naturellement, elle ne le trouva pas…
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Après quelques temps, ce fut épuisée, qu'elle se laissa choir contre un arbre, son épée contre son flanc.
Tout en s'assoupissant, elle se demanda une fois de plus où elle avait bien pu atterrir et pria pour que les hommes qu'elle avait rencontrés un peu plus tôt ne la retrouvent pas…
Après ce qui lui sembla quelques minutes, elle fut réveillée par une multitude de murmures non loin d'elle. Comme elle ne savait pas d'où provenaient ces murmures, par précaution, elle resta immobile pour ne pas se faire remarquer et garda les yeux fermés pour essayer de se concentrer sur les voix qu'elle entendait.
« Œil doré, es-tu sûr que tu n'as pas rêvé ? » Dit une voix.
« Non, je suis sur que j'ai vu cette fille d'Eve ! Elle m'a sauvé des Telmarins ! » Répondit une deuxième voix.
« Quand même, tu sais bien qu'il n'y a pas de fille d'Eve aux cheveux dorés et aux yeux bleus à Narnia ! »
« Je sais ce que j'ai vu Chasseur-De-Truffess ! »
« Et toi Omégarion ? Qu'en penses-tu ? »
Le dénommé Omégarion répondit :
« Je pense qu'il n'a peut-être pas rêvé… Les étoiles m'ont avertie d'une venue… »
« Ah ! Tu vois ! » Dit la deuxième voix.
« Chut ! Taisez-vous vous deux ! »
« Ah ! Te voilà vexé ! »
« Non ! Je sens quelque chose ! »
« C'est peut-être des Telmarins… » Dit Omégarion.
« Non… c'est un parfum différent, on dirait de la vanille… »
Éléonore s'aperçut que les individus qui s'approchaient d'elle sentaient son parfum et se maudit d'en avoir mis la veille.
Ils venaient désormais dans sa direction et se rapprochaient de plus en plus. Elle n'avait dès lors plus le choix, il lui faudrait de nouveau combattre !
Après quelques instants, elle sentit qu'ils n'étaient plus qu'à quelques mètres d'elle et décida que c'était le moment venu d'agir.
Elle bondit sur ses pieds, son épée fermement tenue dans sa main droite et se prépara à attaquer, mais ce qu'elle vit la tétanisa instantanément.
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Les individus, qui en réalité étaient le renard qu'elle avait sauvé, un blaireau plus grand que la moyenne qui se déplaçait sur ses deux pattes arrière et un énorme centaure au pelage fauve, étaient également sur la défensive. Le blaireau et le renard avaient sorti leurs griffes et leurs crocs tandis que le centaure tenait une énorme épée à la main gauche. Mais tous s'immobilisèrent également quand ils la virent et après un instant, le blaireau dit au renard :
« Incroyable ! Tu avais raison Œil doré ! »
Éléonore qui n'avait jamais rien vu de tel, fut extrêmement choquée… Jamais, même dans ses rêves les plus fous elle n'avait imaginé rencontrer des animaux parlants et encore moins des centaures !
« Oh mon Dieu ! Je suis en train de rêver ! C'est impossible… » Murmura-t-elle tout en reculant.
Ce fut le blaireau qui réagit le premier et avança vers elle.
« Voyons, fille d'Eve, calmez-vous… »
« N'approchez pas ! » Hurla-t-elle paniqué, toujours en reculant, l'épée en avant.
Elle vint soudain buter contre quelque chose et fit un bond quand elle découvrit ce que c'était. Un faune armée d'une épée.
C'est alors qu'elle vit qu'elle était cernée par une centaine de créature les unes plus divers que les autres et sous le choc et probablement sous la fatigue, elle perdit connaissance. La dernière chose qu'elle entendit fut :
« Je t'avais dit qu'il ne fallait pas venir si nombreux ! »
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Quand elle se réveilla, elle se sentit si bien, qu'elle pensa que tout ce qu'elle venait de vivre n'était qu'un rêve, mais quand elle remua son bras, elle se rendit compte qu'il n'en était rien, elle avait atrocement mal, souvenir du loup certainement… Elle ouvrit alors les yeux et remarqua qu'elle se trouvait dans une espèce de grotte, allongée sur un lit moelleux. Quelqu'un avait pris la peine de la soigner, car son bras et son épaule étaient bandés.
Tout lui revint alors en mémoire : la forêt, les hommes, le renard, les créatures… elle avait dû perdre connaissance… rien d'étonnant ! Rien ne l'avait préparé à une telle situation !
Elle se redressa autant qu'elle le put dans un tel endroit et c'est alors qu'apparut une souris se tenant sur les pattes arrière et mesurant une soixantaine de centimètres. La souris portait à son côté une minuscule rapière et une plume rouge derrière son oreille gauche.
Quand l'animal s'aperçut qu'elle était réveillée, il dit :
« Oh ! Vous êtes enfin réveillé ! Je vous en pris, ne vous évanouissez pas de nouveau ! Vous nous avez fait une peur bleue ! Je suis Ripitchip ! Et comme vous pouvez le constater, je suis une souris qui parle ! Je ne voudrais pas vous effrayer, mais je suis un farouche combattant et je n'hésiterais pas à tuer ! Ordonnez Madame et j'obéirai ! »
Éléonore qui n'était pas très rassurée d'avoir une souris parlante armée d'une épée près d'elle se détendit au fur et à mesure du discourt de la souris. Elle était même très amusée à la fin. Quand Ripitchip eut fini, elle lui dit :
« Je suis honorée noble souris, mais je ne suis pas une dame… »
« Oh, mais si Madame ! Vous faites partie d'une prophétie ! Jusque là nous n'y croyions pas trop ! Mais depuis votre apparition tous les narnians avons retrouvé l'espoir ! »
Éléonore ne comprenait pas grand-chose de ce que lui racontait Ripitchip, mais elle savait désormais qu'elle pouvait compter sur lui et avoir confiance en lui malgré l'étrangeté de la situation.
« Allons Ripitchip, ne vois-tu pas que cette noble dame s'est un peu perdue dans tes propos ? » Dit une autre voix, qui s'avéra être celle du blaireau qu'elle avait aperçu dans la forêt.
« Je suis ravi de voir que vous êtes réveillé et que vous vous portez bien ma dame… »
« Mais, qu'est-ce que tout cela signifie… »
« Je suppose que vous voulez parler de l'étrangeté de la situation dans laquelle vous vous trouvez ? »
« Oui, expliquez-moi s'il vous plaît, je suis un peu perdue… Je ne suis pas habitué à être entouré d'animaux qui parlent, ni de créature sortis tout droit des légendes… »
« Je vais tout vous expliquer en temps voulu, mais avant tout, il faut vous nourrir et vous vêtir un peu mieux… »
« Comment cela ? »
« Comme vous avez pu vous en apercevoir, les êtres humains d'ici sont habillés d'une manière particulière, je suppose que vous ne vous habillez pas comme cela dans votre monde étant donné ce que vous portez… »
« Non, en effet, ces hommes m'ont paru sortir d'une époque révolue dans… mon monde… »
« Sachez Madame, que la tenue que vous portez actuellement est indécente ici, vous avez l'air de sortir de votre couche… »
« Oh ! Je vois… Mais je n'ai rien d'autre… »
« Heureusement, nous avons ce qu'il vous faut… » Dit-il en déposant un paquet sur le lit.
« Je vous laisse vous changer. Venez Ripitchip ! » Dit-il avant de sortir, accompagné du rongeur.
Un instant plus tard, Éléonore était habillée de pied en cape… en homme. Elle portait un pantalon épais brun, une fine chemise à manches bouffantes par-dessus laquelle elle portait une tunique bordeaux brodée de fils d'or que l'on fermait par l'avant grâce à des boutons d'or sculptés (elle s'étonna d'ailleurs qu'ils lui donnent un vêtement de telle valeur) et des bottes de cuire brun.
Elle sortit de la chambre et découvrit une pièce chaleureuse éclairée par un feu de cheminée. On y avait laissé un repas à son intention qu'elle s'empressa de dévorer tellement elle avait faim.
Quand elle eut tout mangé, elle se leva et, curieuse, se dirigea vers l'extérieur. Mais elle n'eut pas l'occasion de sortit, car, à peine avait-elle posé le pied sur le pas de la porte qu'apparut le blaireau.
« Ah ! Vous voilà habillé ! Cette tenue vous va à ravir ! »
« Je ne suis pas sûre que les femmes portent ce genre de tenue ici… mais je suppose qu'il ne serait pas aisé de se battre en robe… »
« C'est exact ! Avez-vous déjeuné ? »
« Oui, je vous remercie pour ce repas… allez-vous vous me donner quelques explications à présent ? »
« Venez avec moi Votre Majesté… »
Éléonore s'immobilisa instantanément à l'entente de cette appellation.
« Je vous demande pardon ? Est-ce à moi que vous vous adressez ? »
« Naturellement Votre Majesté, à qui d'autre ? »
« Mais… je ne suis pas ce que vous dites, je ne suis pas une reine… »
« Pour nous, désormais, si… et voici vos humbles sujets » Dit le blaireau en la faisant sortir de la maison.
Éléonore aperçut alors toutes les créatures qu'elle avaient vues dans la forêt avant de perdre connaissance : centaures, minotaures, faunes, licornes, animaux divers et bien d'autres encore… qui s'inclinaient devant elle.
« À propos, je ne me suis pas encore présenté à Votre Majesté… Je me nomme Chasseur-De-Truffes… »
Voilà, comme promis, vous venez de lire le chapitre 3. J'espère que cela vous aura plu ! n'ésitez pas à me faire part de vos impressions !
Je ne sais pas encore quand je vais publier le chapitre 4, mais je peux déjà vous dire que Caspian y jouera le rôle principal...
Un grand merci à tous ceux et celles qui m'ont envoyé une revieuw, cela me donne le courage de continuer !
Sur ce, je vous laisse ! Rendez-vous au prochain chapitre !
Sirius-05
