Les Trois Filles du Docteur Black
Note: Coucou les gens! Je suis désolée pour le retard, vraiment. J'ai juste été un peu trop occupée pour trouver le temps de poster ce chapitre. Bref, il est enfin là et j'espère que vous l'aimerez. J'essayerais de poster la suite dans pas trop longtemps (disons mercredi prochain). Sinon, je remercie tous les gens qui ont pris la peine de me laisser une petite review, ca me fait trop plaisir! Et je remercie aussi Cyzia, ma bêta-lectrice pour avoir pris le temps de corriger un chapitre d'une histoire qu'elle ne connaissait même pas.
Bonne lecture!
The Broomstick Hast
Nous avons continué à nous embrasser un moment, bien cachés derrière la fontaine de la sirène. Puis, j'ai décidé que nous avions été absents trop longtemps et je suis partie en lui ordonnant d'attendre quelques minutes avant de rentrer. J'ai jeté un sort de réparation à mes chaussures et un autre de soin à mes pieds torturés, puis, soucieuse de me fondre dans la foule avant que mes parents ne me voient rentrer du jardin, j'ai rejoint Andy qui dansait avec un de ses amis. La soirée s'est terminée peu avant l'aube. Je n'ai fait qu'entrevoir Charlus et Lucius de loin et j'ai dansé seule avec mes souvenirs.
Les yeux fermés, en décalé sur la musique, un sourire étrange aux lèvres. Dire que j'ai cru que c'était pour moi.
- J'ai les pieds en sang, gémit Andromeda en retirant ses chaussures dès qu'elle fut assise dans le carrosse.
- Montre moi, fit Narcissa en sortant sa baguette.
Elle marmonna le sort qu'elle avait utilisé un peu plus tôt sur ses propres pieds, puis garda les pieds de sa sœur entre ses mains et dit, des étoiles dans les yeux et le rouge aux joues :
- Ce Nouvel An était vraiment génial, tu ne trouves pas ?
Andy lui adressa un regard mitigé.
- Tu as parlé à Nott ? demanda leur mère comme pour rappeler à Cissy que Andromeda avait été forcée de passer du temps avec son fiancé.
- J'ai été adorable, répliqua sa sœur d'un ton glacial.
Bellatrix entra à son tour avec une mine sinistre. Narcissa fronça les sourcils, mais sa sœur aînée secoua la tête, signifiant clairement qu'elle devrait remettre ses questions à plus tard.
Le trajet du retour se fit dans un silence tendu. Druella et Andy étaient toujours en froid suite à leur altercation, Bella faisait la tête pour une raison inconnue et Cygnus, leur père, n'avait jamais été du genre bavard. Narcissa dut donc se forcer à retenir les milliers de phrases qui lui passaient par la tête pour qualifier cette soirée parfaite. Il n'y avait pas d'autre mot pour la décrire. Tout avait été parfait. De son arrivée à son départ. Un déballage de perfection parfaite. Une montée vers le paradis. Ou toute métaphore capable d'exprimer combien ce nouvel an avait été fantastique, merveilleux et magique.
Elle passa ses doigts sur sa bouche en regardant le manoir Malfoy s'éloigner, perdue dans ses souvenirs…
Bellatrix était montée directement à l'étage dès qu'ils étaient arrivés et Narcissa l'avait trouvée appuyée contre le mur sur le balcon de sa chambre à fumer une cigarette. Bella ne fumait que lorsque l'heure était vraiment grave. Alertée, Cissy s'était assise aux côtés de sa sœur et avait attendu qu'elle parle, comme chaque fois qu'elle jouait les confidentes de ses deux sœurs.
- Lucius et moi, ça ne va pas marcher.
Cependant, elle ne s'attendait pas à ça. L'heure était catastrophique.
- Quoi ? Mais vous êtes faits l'un pour l'autre ! protesta-t-elle, choquée.
- Qu'est ce qui peut bien te rendre si sûre de toi ? dit Bellatrix avec un rire sans joie.
- Je… Je ne sais pas, admit-elle. Mais ça fait si longtemps que je le pense.
Bella tira sur sa cigarette et expulsa la fumée, hypnotisée par ses volutes.
- Lucius et moi, nous ne sommes pas des âmes sœurs. Nous sommes des meilleurs amis. On pense les mêmes choses, on a les mêmes idées et les mêmes expressions, mais on ne s'aime pas. Je ne l'aime pas et il ne m'aime pas. Du moins, d'amour.
Narcissa dévisagea sa sœur comme si elle disait la chose la plus incroyable du monde. Ce qui était actuellement le cas pour elle.
- Il peut lire en moi comme dans un livre ouvert. Il savait que j'attendais qu'il fasse sa demande et il ne l'a pas fait. C'est sa façon de me dire non. J'abandonne, finit-elle dans un souffle.
- Mais, hésita la blonde. Si tu ne l'aimes pas, pourquoi voulais-tu qu'il t'épouse ?
A sa surprise, Bellatrix éclata de rire.
- Aah, Cissy, je t'aime. Tu vis dans un monde tout rose où l'amour est plus fort que tout. C'est un mensonge, continua-t-elle d'un ton plus dur. Ce genre de principe mielleux n'existe pas dans les familles de sang-pur. Andy est fiancée et tu vas bientôt l'être à Charlus Potter si tu continues d'exposer ton stupide savoir moldu à sa mère.
La brune fit une pose avant de continuer d'un ton plus sombre.
- Si les parents ont autant attendu pour moi, c'est parce qu'ils étaient convaincus que j'allais mettre le grappin sur Lucius. Imagine une Black fiancée à l'héritier des Malfoy ! Ce serait le point culminant de l'histoire de notre famille, ricana Bella d'un ton lugubre.
Narcissa ne fit rien. Elle était choquée d'entendre sa sœur parler de cette façon. Evidemment, elle avait toujours su que les filles de Sang-Pur risquaient sans cesse d'être fiancée à un bon parti, mais elle s'était imaginée que depuis le mariage de leurs parents et de leurs grand-parents, les idées avaient un peu évolué et qu'on s'assurait au moins que les deux partis soient d'accord pour l'union. D'ailleurs, leur mère ne lui avait-elle pas dit que c'était dommage que Charlus et elle ne s'entendent pas ?
Mais peut-être que ce qu'elle avait voulu dire par là, c'était qu'il était dommage que Charlus ne l'apprécie pas tout court. Après tout, il était de notoriété publique que c'était souvent le mari qui choisissait son épouse parmi plusieurs propositions de ses parents.
Elle avait de la chance que Charlus respecte son avis.
- Il doit être amoureux, dit soudain Bella.
- Lucius ? s'étonna Cissy. Mais de qui ?
- Je ne sais pas, mais pour quelle autre putain de raison refuserait-il une telle proposition ?! s'énerva-t-elle. Je suis sa meilleure amie et je suis une sang-pur. Il ne pourrait pas trouver une foutue meilleure épouse que moi ! Non, il est amoureux.
Bella écrasa sa cigarette sur le sol et la jeta dans le jardin.
- Il va falloir que je trouve un fiancé rapidement avant que nos parents ne décident d'en choisir un pour moi. Comme si je pouvais supporter d'être la femme d'un parfait crétin ! Il faut que ce soit un ami.
- Pourquoi ?
Bella la dévisagea comme si elle était stupide.
- Il vaut mieux épouser son ami qu'un parfait inconnu, Cissy. Tu n'as pas une idée ? ajouta-t-elle avec un autre soupir.
Narcissa réfléchit quelques secondes avant de lui donner le nom qui lui sautait aux yeux :
- Rodolphus ?
Sa sœur eut un petit rire.
- Pourquoi pas…
Les jours suivants furent sans autre histoire. Bellatrix, qui n'avait jamais été le genre de personne qui remet à demain ce qu'elle pouvait faire aujourd'hui, était partie passer quelques jours chez les Lestrange, en tout bien tout honneur. Andromeda passait ses journées dans sa chambre à envoyer des lettres à Merlin savait Qui, toujours en froid avec notre mère. Et moi, j'attendais avec impatience de recevoir un certain hibou de Charlus. Je n'arrêtais pas de repenser au Nouvel An, à nos baisers et à ses paroles, totalement subjuguée. Mes parents avaient bien remarqué que j'avais la tête dans les nuages et un sourire suspect aux lèvres, mais j'étais bien trop perdue dans mes souvenirs et préoccupée par ce hibou qui ne venait pas pour le remarquer. La lettre de Charlus arriva deux jours avant mon départ pour Poudlard.
« Chère Narcissa,
Excusez mon retard et pardonnez-moi sans tarder. Je suis dans le village voisin à votre maison. Je vous attends. Renvoyez-moi ce hibou si vous pouvez vous libérer de vos parents sans attirer les soupçons.
Charlus. »
Narcissa relut la lettre trois fois pour s'assurer qu'elle avait bien lu. Il était en train de l'attendre dans ce petit village perdu, rempli de moldus sales et impolis qui se trouvait à un kilomètre de chez elle ? Sérieusement ?
Elle se précipita sur sa garde-robe et chercha fébrilement les meilleurs vêtements moldus qu'elle ait en sa possession. Elle ne trouva qu'une jupe noire et un chemisier blanc miteux, mais jugea qu'il serait difficile d'avoir l'air splendide dans un vêtement moldu de toute manière. Elle retira sa robe et enfila ses vêtements avec rapidité, passa rapidement par la salle de bains pour arranger ses cheveux et se maquiller légèrement, puis elle sortit de sa chambre et se dirigea vers la cuisine. Sa mère était occupée à préparer le dîner. C'était le milieu de l'après-midi, mais Druella aimait beaucoup cuisiner et passait la plupart de ses journées dans sa cuisine à préparer des repas longs et compliqués.
Narcissa était certaine qu'elle ne passerait jamais plus de temps que nécessaire dans la cuisine lorsqu'elle serait mariée. Question de principe.
- Mère ? Cela vous dérange-t-il si je pars me promener une petite heure ?
Sa mère détourna son regard du plan de travail et détailla la tenue de sa fille.
- Dans le village ? demanda-t-elle en haussant un sourcil.
- Peut-être, répondit évasivement la blonde. J'ai un devoir à rendre pour l'étude des Moldus sur le commerce, alors je passerais peut-être par là. Mais j'ai surtout envie d'aller faire un tour en dehors de la maison.
Druelle hocha la tête, comprenant visiblement sa fille. Narcissa avait toujours aimé se balader. Que ce soit dans les parcs, les jardins ou les champs.
Et les villages moldus.
- Rentre avant le coucher du soleil, dit néanmoins sa mère.
Ce qui lui laissait deux heures de liberté. Elle remercia poliment sa mère et sortit d'un pas calme comme si rien ne la pressait. Une fois dehors, elle attendit d'être hors de vue de la maison de campagne pour se mettre à courir vers le village. Elle arriva sur la rue principale, essoufflée et frigorifiée. Mettre une jupe et un simple chemisier de coton en plein hiver n'était peut-être pas la meilleure des idées.
Elle se mit à parcourir la rue qui menait à une espèce de minuscule place qui tenait lieu de centre au petit village. Il devait forcément l'attendre là.
Et effectivement, elle l'aperçut assis sur un banc, regardant les passants moldus avec dégoût. En l'apercevant, son visage s'éclaira comme la dernière fois et il se leva pour la rejoindre.
- Bonjour, fit-il avec un sourire en l'embrassant sur la joue. Mais… Vous êtes glacée !
Aussitôt, il retira le long manteau noir qu'il portait et le plaça sur les épaules frêles de la jeune fille. Elle se pelotonna dedans avec plaisir.
- Vous étiez si pressée de me rejoindre que vous avez oublié d'enfiler un manteau ? dit-il avec un rien de moquerie dans la voix.
- Non. Les manteaux moldus ne me vont pas.
- Une cape aurait pu passer inaperçue…
- Pas une de mes capes, répliqua-t-elle avec amusement.
Il lui prit la main et commença à marcher vers Merlin sait où. Elle pressa le pas pour suivre son allure et demanda :
- Je suis ravie de vous revoir, Charlus, mais était-il nécessaire de venir dans ce village ? Il n'y a pas grand-chose à y faire.
- Sauf lorsqu'un sorcier aussi dévoué que moi décide d'y emmener sa compagne.
Il l'entraîna vers l'extrémité sud du village et ils gravirent une colline en pente douce sur lequel se dressait un manoir qui avait jadis connut des temps meilleurs. Narcissa connaissait bien cette demeure pour l'avoir souvent explorée avec ses sœurs à la nuit tombée, au cours d'un de ces stupides tests de courage qu'elles n'arrêtaient pas de faire quand elles étaient petites. La maison avait autrefois appartenu à un riche sorcier, mais sa lignée s'était éteinte avec lui et le manoir s'était délabré au cours des années. L'entrée était condamnée par un lourd cadenas aux grilles, mais Charlus sortit sa baguette et l'ouvrit sans difficulté. Ils traversèrent l'allée miteuse et poussèrent la porte qui n'avait plus de verrou depuis longtemps. Elle resta silencieuse, se demandant à quoi tout cela allait pouvoir mener. Ils gravirent des escaliers branlants et enfin, ils arrivèrent devant une porte au deuxième étage. Charlus l'ouvrit et s'effaça pour la laisser passer.
Il donnait sur un large balcon où une table avait été soigneusement dressée pour deux. Un elfe de maison se tenait respectueusement sur le côté, attendant visiblement qu'on lui ordonne quelque chose. Narcissa dévisagea Charlus, émerveillée. Il l'invita d'un hochement de tête à s'asseoir et elle prit place en face de lui, croyant à peine à ce qu'elle était en train de vivre.
Elle avait le sentiment d'être une princesse.
Ou une reine, au choix.
- Je suis impressionnée, dit-elle en souriant sans retenue et en auscultant la table, les chandelles et le reste.
- Oh je suis simplement doué pour donner des ordres aux elfes de maison, dit Charlus avec modestie.
Elle le regarda avec un sourire moqueur. La modestie était plus un jeu chez lui qu'un élan de sincérité envers les autres. Comme pour tout le monde.
- Il te reste le mérite d'en avoir eu l'idée ! Ce balcon était terrifiant la dernière fois que je suis venue et tu as réussi à le rendre si… Magique, finit-elle avec un petit rire.
Des plantes avait été disposés aux quatre coins de la terrasse, la rambarde de pierre blanche était recouverte d'un lierre vert brillant, les lampes sur le côté avaient été réparé et même le sol avait été verni. La vue était en passant, purement sublime. Assise, si Narcissa tournait la tête, elle se retrouvait face à une vaste étendue de plaines désertiques comme s'ils étaient sur une espèce de nuage mi-blanc, mi-vert au milieu d'un monde désert.
- Je t'ai dit que tu vivrais comme une reine avec moi.
Elle nota alors que le tutoiement s'était installé entre eux sans qu'elle s'en rende compte. Qui avait commencé, elle ne se le rappelait pas. Elle lui jeta un regard sarcastique.
- Oh, bien évidemment, tous ces efforts ne sont pas faits uniquement dans le but de me passer la bague au doigt, bien sûr ?
- Non, je suis fondamentalement charmant, rigola-t-il.
Ils dînèrent sous le soleil en discutant allègrement. Le vin coulait à flot et Narcissa se sentait encore une fois emportée par l'alcool vers un état mi-hystérique, mi-serein auquel elle commençait enfin à s'habituer. Le soleil était en train de se coucher, baignant la terrasse d'une agréable lumière orangée quand Charlus se mit à parler d'un sujet épineux :
- Tu as fait forte impression sur ma mère.
Elle se tendit immédiatement. Elle avait effectivement craint cela, une fois rentrée à la maison. Mais la vérité, c'est qu'elle avait été formé toute son enfance pour impressionner les autres sorciers par son esprit et son sens de la conversation polie. Discuter avec Iverine en lui démontrant ses connaissances de façon subtile avait été plus un instinct primaire qu'une décision réfléchie. Mais peut-être que Charlus voyait une sorte de tentative de séduction dans cette discussion irréfléchie. Elle ne voulait surtout pas qu'il commence à se faire des idées. Il était merveilleux, elle était définitivement tombée sous son charme, mais elle persistait dans l'idée qu'elle était trop jeune pour se fiancer et qu'ils ne se connaissaient pas assez. Et surtout, qu'elle n'admettrait jamais ne pas avoir totalement le choix dans cette décision.
- Pas trop, j'espère, fit-elle avec prudence.
- Je crains que si. Elle m'a supplié de refaire un essai avec toi. Elle semble déterminée à ce que je t'apprécie.
- Que lui as-tu répondu ?
- Que je te reverrai.
Elle le regarda avec surprise. Il continua avec un drôle de sourire :
- Le 25 janvier. Cela fera un mois et tu n'auras qu'à me donner ta réponse. Je te l'ai dit, je respecterais ton choix, Narcissa.
Elle se détendit et recommença à manger son dessert avec un petit sourire.
- Tu es toujours persuadé que tu vas réussir à me convaincre ?
- Je crois que c'est déjà fait.
Elle reposa sa fourchette.
- Non. Je n'ai pas décidé de t'épouser, Charlus.
N'était-ce pas évident ? Il sembla surpris. Apparemment non, ça ne l'était pas.
- Pourquoi ? Nous nous sommes embrassés, je te plais, tu ne peux plus le nier.
- Cela ne suffit pas, répondit Cissy d'un ton ferme.
Il secoua la main d'un geste agacé.
- Ne dis pas de bêtises, Narcissa.
Tout ce qu'il ne fallait pas dire. Elle se releva brusquement.
- Merci pour le dîner. A bientôt Charlus.
Elle lui rendit sa veste et tourna les talons, bien décidée à s'en aller sans délai. Une main sur son bras la retint assez brusquement et le garçon la força à se retourner.
- Pourquoi pars-tu ? demanda-t-il avec mécontentement.
Elle le foudroya du regard.
- As-tu entendu ce que tu viens de me dire ? Ce n'est pas parce que nous nous embrassons que nous sommes fait pour être mari et femme. Comment deux rendez-vous pourraient être suffisants pour savoir si nous nous aimons ? fit-elle d'un ton furieux.
C'était évident pour elle. A sa surprise, Charlus se remit à rire.
- Oh, je comprends. C'est vrai que tu es jeune. Je glisserais un mot à ta mère pour qu'elle ait cette conversation avec toi.
Narcissa dégagea son bras, une expression dégoûtée sur le visage et partit sans se retourner. Il ne la rattrapa pas cette fois.
J'ai couru pour rentrer chez moi. En partie parce qu'il était un peu plus tard que je ne le pensais, en partie parce qu'il faisait froid. Mais surtout, j'ai couru pour m'empêcher de réfléchir à cette conversation. Je ne savais pas quoi en penser, justement. Je n'avais pas compris ce qu'il avait voulu dire, mais j'avais peur de deviner. J'étais tellement déçue, soudain. Charlus que j'avais cru aussi parfait qu'un certain Lucius Malfoy, m'avait révélé une partie de son caractère qui ne me plaisait pas beaucoup. Il s'était moqué de moi, à raison évidemment, mais je l'ignorais à l'époque. J'étais tout simplement révoltée par son attitude et baignée dans la désillusion totale.
Le pire, c'est qu'il avait eu raison sur toute la ligne. J'étais jeune, je vivais dans mes rêves. Je refusais de voir et d'entendre mes sœurs quand elles parlaient de mariage et je restais bornée à mes propres convictions, convaincue qu'on ne me forcerait jamais à épouser quelqu'un dont je n'étais pas follement, irrémédiablement amoureuse.
Comme je regrette de ne pas avoir réalisé tes rêves avant que ce Charlus ne réduise en poussière tes grandes convictions romanesques, Cissy. Si je n'avais pas tant attendu, rien de tout cela ne serait arrivé. C'est ma faute.
J'ai passé le reste de ma nuit à me retourner dans mon lit en repensant aux paroles de Charlus. Je continuais de me voiler la face, espérant à moitié qu'il ne pensait pas ses paroles ou qu'il n'ait pas voulu dire ce que j'avais cru comprendre.
Les yeux bouffis par sa nuit agitée, Narcissa descendit dans la salle à manger sans prendre la peine de s'habiller ou de se doucher au préalable. Elle avait dormi plus tard qu'à l'accoutumée et très mal. Elle avait faim et tenait à manger quelque chose avant d'aller prendre une douche et commencer à faire ses bagages pour Poudlard. Elle entra dans la pièce en s'attendant à voir son père plongé dans la gazette du sorcier, sa mère éternellement affairée dans la cuisine et ses deux sœurs se chamailler à propos de la broutille du jour. En effet, Bellatrix était revenu hier soir de chez les Lestrange, l'air assez contente. Narcissa n'avait pas tenu à savoir si Rodolphus était emballé par un mariage avec elle. Si elle avait pu, elle se serait jetée un sort pour devenir sourde dès que le sujet d'une conversation approcherait de près ou de loin le mariage. Elle en avait assez de ces histoires.
Elle fut surprise en découvrant le spectacle qui l'attendait dans la salle à manger. Sa mère et son père étaient tous les deux assis à la table, discutant avec un autre couple qui tournait le dos à la blonde si bien qu'elle ne put pas les identifier. Ses deux sœurs se tenaient sagement à leurs côtés et en face d'elles, se trouvait nul autre que Lucius Malfoy.
Evidemment, il ne put pas la manquer quand elle fit son apparition dans sa robe de nuit à l'effigie d'un groupe de rock sorcier, The Broomstick Hast. Le chanteur du groupe était l'idéal masculin de la jeune fille et elle n'avait jamais été honteuse d'être une fan acharnée jusqu'à ce jour. Jusqu'à ce que Lucius Malfoy ne lève les yeux vers elle, puis descende le regard jusqu'à sa robe de nuit et lève un sourcil amusé.
Elle eut la conviction absolue que la foudre allait tomber du ciel et la tuer sur le coup. Cependant, rien ne se passa et elle resta plantée dans le cadre de la porte, totalement figée par le choc. En soi, la mort aurait presque été préférable à l'immense honte qu'elle ressentit.
- Ravi que tu nous fasses enfin honneur de ta présence, claqua son père d'un ton froid.
Avec un effort surhumain, elle détourna son regard de celui de Lucius qui restait furieusement amusé, et le posa sur son père. Il était visiblement agacé par son allure.
Evidemment, tout autre jour, cela n'aurait pas posé le moindre problème. Mais il avait fallu qu'elle manque de zèle quant à son apparence le jour où Lucius Malfoy avait décidé de venir dire bonjour aux Black avec ses parents.
Foutu hasard de merde. Les parents de Lucius s'étaient retournés à leur tour et après avoir légèrement dévié le regard vers sa tenue, ils la saluèrent poliment. Du coin de l'œil, elle vit Bella et Andy se tordre de rire derrière leurs serviettes.
Traîtresses.
Elle envisagea rapidement ses options. Soit, elle prenait la fuite, se ruait sous la douche et s'habillait en moins de dix minutes avant de revenir dans la salle à manger sachant pertinemment que le mal était déjà fait. Soit, elle assumait avec courage.
Le courage n'était pas l'une de ses qualités, mais il était connu qu'elle était douée pour retourner une situation à son avantage en quelques secondes. Elle passa rapidement la main dans ses cheveux pour défaire le chignon emmêlé qu'elle avait fait la veille avant de s'endormir et levant la tête avec arrogance, elle alla s'asseoir à côté de Lucius comme si son allure était tout à fait normale.
Si seulement elle avait au moins eu le courage de se brosser les dents avant de descendre. Ses parents semblèrent surpris par sa décision, mais ne dirent rien et reprirent leur conversation avec les parents de Lucius. Narcissa se jeta sur la cafetière et se servit un verre sans attendre.
- Bonjour Narcissa, fit le blond d'un ton amusé, voire moqueur, elle n'aurait pas pu être sûre.
- Bonjour Lucius, répondit-elle sur le même ton comme si tout allait parfaitement bien.
Sauf qu'elle évitait de tourner la tête vers lui et buvait son café comme une accro à la caféine en manque. L'haleine post-café n'était pas préférable à celle post-réveil, mais, au moins, elle aurait une explication plus fraîche que l'oubli du lavage de dents.
Oh, Seigneur, pourquoi ne s'était-elle pas enfuie ?!
Elle jeta un regard implorant à ses sœurs qui se consultèrent du regard avant de reprendre leurs activités en souriant. Apparemment, elles avaient décidé de laisser leur petite sœur se débrouiller toute seule. Narcissa passa la main dans ses cheveux en espérant qu'ils n'étaient pas trop emmêlés et qu'elle ne ressemblait pas trop à une brosse à balai sale. Les mains légèrement tremblantes, elle entreprit de déjeuner.
- Je ne m'attendais pas à ce que nous recevions une visite, fit-elle plus à Lucius qu'autre chose.
- Je crois que ça se voit, ricana Bella en beurrant son toast.
Narcissa envisagea vaguement l'idée de sauter par-dessus la table pour l'étrangler. Pour aggraver son malaise, Lucius prit la parole :
- Vous auriez au moins pu la prévenir que vous receviez des invités.
- Inutile, répliqua Andy en remuant son café. D'habitude, Narcissa ne sort jamais de sa chambre sans avoir passé une heure entière dans la salle de bains.
- Avoue Cissy. En fait, tu savais que les Malfoy étaient là et tu as décidé de faire une entrée éblouissante, plaisanta Bella.
- Touché, Bella, rétorqua la blonde avec sarcasme. Je voulais absolument montrer à nos invités comment même au saut du lit, je suis définitivement plus belle et élégante que vous deux.
- Dis ça aux Broomstick Hast, fit Andy avec un petit rire.
- Pourrait-on changer de sujet ? soupira Narcissa, à bout.
Elle avait envie de mourir. En plus, elle était juste à côté de Lucius et elle était pratiquement certaine qu'elle n'embaumait pas la vanille ce matin. Elle devait avoir des cernes énormes sous les yeux à cause de sa mauvaise nuit et l'air bien pitoyable en général. Merveilleux. Vraiment.
- Pourquoi ? Tu nous en as apporté un très bon avec ta robe de nuit, répliqua Bella de son éternelle voix sarcastique.
- Je crois qu'on l'a assez taquinée pour la journée, déclara soudain Andy.
- Tu vois, il est là ton problème, petite sœur. Tu es trop gentille pour apprécier pleinement les délices d'une torture psychologique, fit Bella très sérieusement.
- On ne torture pas sa sœur, dit Andy en se tournant vers la brune. Quand bien même elle se couvre de honte et décide par pure stupidité de prolonger son calvaire.
- Merci Andromeda, tu es vraiment une sœur adorable, siffla Narcissa.
Lucius eut un petit rire et les trois sœurs se tournèrent vers lui, se souvenant enfin de sa présence. La même grimace ennuyée apparut sur leurs trois visages si identiques dans la forme, quand elles réalisèrent qu'elles s'étaient tout simplement laissées aller à se chamailler comme des gamines devant l'héritier des Malfoy. Mais ce dernier semblait réellement amusé :
- Voilà donc à quoi ressemble un déjeuner avec les trois filles du docteur Black.
Cygnus Black n'était pas un docteur. Il travaillait au ministère comme tout homme respectable. Mais Narcissa fut la seule à saisir pourquoi Lucius avait dit cela. Elle le dévisagea, étonnée.
- Je suis surprise que Lucius Malfoy s'abaisse à lire des classiques d'une origine si indigne.
Dire classiques moldus devant leurs parents réunis aurait été une énorme bourde diplomatique. Le blond se tourna vers elle et plongea son regard d'acier dans le sien. Elle retint sa respiration malgré elle, ressentant ce grand vide dans l'estomac qui la prenait dès qu'il la regardait.
- Quelqu'un m'a dit un jour qu'il serait ridicule de ne pas exploiter les rares compétences d'une race, aussi indigne fut-elle, fit Lucius avec un sourire de connivence.
Elle se mit à rire, reconnaissant ses propres mots et ils se regardèrent un instant, le même sourire entendu sur les lèvres. Puis, Lucius se tourna vers les deux autres sœurs et dit avec un à propos sans le moindre rapport :
- Par ailleurs, je n'ai jamais été un fan des Broomstick Hast.
Narcissa le fixa encore un instant, toujours bouleversée par ce moment de complicité qu'ils avaient partagé à l'instant et qu'elle n'aurait jamais cru possible. Puis elle se reprit et tourna la tête pour tomber directement sur le regard insistant de Bella, qui la fixait, la tête légèrement inclinée et les yeux brillants comme si elle voyait soudain quelque chose de très intéressant.
Le sourire de Narcissa disparut immédiatement et elle cilla, incapable de soutenir le regard de sa sœur. Elle avait compris. Sans doute possible. Bella regarda sa sœur qui se réfugiait derrière sa tasse de café avant de se tourner vers Lucius avec un sourire :
- Ca, Lucius, c'est parce que tu es un homme.
J'étais horrifiée à l'idée que Bellatrix ait compris que j'étais amoureuse de son meilleur ami qui était, accessoirement, l'homme qu'elle avait tenté d'épouser pendant les trois derniers mois. J'aurais été incapable de relever la tête pour la regarder. Je n'ai pratiquement plus rien dit durant ce petit déjeuner, trop honteuse et paniquée. Quand les Malfoy sont sortis de table, je me suis excusée et je suis allée me doucher enfin.
De loin, ce fut le meilleur et le pire petit déjeuner de ma vie.
J'ai apprécié ce déjeuner moi aussi. Et tu étais réellement belle et élégante dans ta robe de nuit immonde avec tes longs cheveux emmêlés, tes traces d'oreiller sur la joue et ta lèvre inférieure gonflée. A part ça, j'essayais toujours de me convaincre que tu ne me plaisais pas au-delà du concevable.
J'espère que vous avez apprécié. Personnellement, j'aime beaucoup le passage où Narcissa débarque dans la salle à manger. Je ne sais pas trop pourquoi. Quand au nom du groupe de musique, ne me demandez pas d'où je le sors. C'était un petit flash. Ca sonne bien, non? (Comment je me jette des fleurs toute seule.. J'ai honte)
Une petite review? Ne serait-ce que pour m'engueuler du retard?
