John vint derrière la jeune femme en courant pour la rassurer. Elle écouta l'ancien soldat mais continua de maintenir la trachée de Sherlock sous son pied. Mais lorsque la petite Eden posa sa petite main frêle sur la cuisse de Molly, cette dernière la lâcha mais resta sur ses gardes avec lui.

John aida son meilleur ami à se relever. Eden se jeta sur Sherlock qui lui sourit en massant son cou. Mary appela sa fille qui fit un bisou à sa marraine et son parrain avant de rejoindre ses parents qui les laissèrent seuls.

Molly jaugea l'homme en face d'elle ouvertement. Il mit ses mains dans son dos et garda ses distances avec elle. La jeune femme sourit intérieurement car son corps frêle n'inspirait pas la peur ou de l'inquiétude.

«-C'est chez vous que je vais, demanda-t-elle d'un ton froid?

-Oui, répondit-il sur le même ton qu'elle.

-Pourquoi je ne vais chez Mycroft?

-Car il n'avait pas le temps.

-... Vous êtes quoi, le questionna-t-elle en prenant son sac pour commencer à se diriger vers la sortie?

-Je suis détective-consultant.

-Un titre un peu prétentieux, sourit-elle en coin. C'est quoi?

-J'aide la police quand elle est bloquée lors d'une enquête, répondit-il après avoir héler un taxi qui s'arrêta.

-Ah oui? Et moi dans tout ça? Je veux dire, est-ce-que vous me connaissez?

-... Oui, dit-il en la regardant dans ses yeux chocolats.»

Molly rentra dans le taxi avec le brun à sa suite. Elle colla son front à la fenêtre puis ferma ses yeux en essayant de se détendre. Elle eut comme un pincement au cœur en repensant au regard de Sherlock qu'il avait eu lorsqu'elle lui avait demandé s'il la connaissait.

Il était triste, pensa Molly, et il a hésité avant de répondre. Comme si durant le temps que j'étais partie, il s'était vidé. Et si nous avions été plus... intime. Non! Quelqu'un me l'aurait dit... enfin j'imagine.

La jeune femme l'observa du coin de l'œil, prenant le temps de détailler cet étranger qui réveillait en elle des sensations dont elle n'arrivait pas à définir.

Il semble détendu et calme malgré ce que je lui ai fait. Il est peut-être habitué. Le danger... Je dois bien reconnaître qu'il est assez séduisant. Ses cheveux bouclés noirs s'harmonisent parfaitement avec ses pommettes saillantes et ses yeux bleus-verts. J'ai envie de le peindre pour l'immortaliser plus qu'avec une simple photographie qui capte un moment dans le temps.

Le taxi s'arrêta. Sherlock paya et sortit avec Molly. Il lui ouvrit la porte. Lorsqu'elle passa la seconde porte, elle vit une dame dans le hall qui écarquilla les yeux en la voyant. Elle lâcha ses affaires de ménages pour mettre ses mains devant sa bouche grande ouverte. Molly lui sourit timidement en se demandant qui elle pouvait bien être.

«-Mrs. Hudson, vous n'avez pas oublié qu'elle est amnésique. Donc à faire cette tête vous lui faites plus peur qu'autre chose, dit Sherlock en enlevant son manteau et son écharpe.

-Ce n'est rien, répondit Molly en souriant à la femme en face d'elle. Ça ne fait rien. Enfin, je veux dire, j'ai pris l'habitude depuis un mois.

-Oh Molly, ma chère, vous êtes bien de retour parmi nous, dit Mrs. Hudson en s'approchant d'elle.

-Elle n'est jamais morte, Mrs. Hudson, dit Sherlock alors qu'il commençait à monter l'escalier.

-Si cela peut vous faire arrêter de prendre de la drogue dans votre appartement mon garçon, cela me va.

-Quoi, demanda Molly en le regardant?

-Ce n'est rien...

-De quoi vous parlez, demanda la jeune femme à Mrs. Hudson alors qu'il montait dans son appartement?

-Juste après qu'il vous ait vu vous noyer, il ne parlait plus. Et il a recommencé à se droguer. Sûrement ne supportait-il pas la perte? Ou bien l'échec? On en sait rien. Mais en tout cas, continua-t-elle sous le regard attentif de Molly, depuis qu'il vous a retrouvé dans cet entrepôt, il ne touche plus à rien. Il est «clean», et pour mon plus grand bonheur.

-Je... Je ne savais pas, dit-elle en regardant ses mains. Personne ne m'en a parlé ni même a voulu me parler de lui ! ... Je vais monter et merci de m'avoir expliqué, sourit-elle avant de rejoindre Sherlock dans son appartement. »

Il était debout, les mains dans les poches, devant un des murs de son appartement qui était recouvert de photographies de boucherie, d'elle, mais aussi de deux hommes dont elle se souvenait par brics de souvenirs incohérents... mais elle n'aurait su dire leurs noms.

«-Qui sont-ils, demanda la jeune femme en montrant les deux jeunes hommes qui étaient reliés à sa photographie par un fil rouge?

-Lui, c'est Tom, ton ex-fiancé.

-Le connard qui m'a mis un couteau dans le ventre.

-Oui... Et lui, c'est James Moriarty.

-...

-Des souvenirs?

-Des brides, dit-elle en fronçant les sourcils.

-Dis.

-Je vous demande pardon?

-Dis moi ce dont tu te souviens.»

Molly le regarda en fronçant ses sourcils, se demandant s'il a toujours été aussi grossier avec elle. Ce qui ne l'étonnerait même pas! Elle capitula et partit s'asseoir sur le fauteuil en cuir son œil désapprobateur.

«-Je suis dans une pièce humide, assise, commença Molly en fermant les yeux. Je... Je n'arrive pas à bouger mes bras, ni mes jambes. Euh... Moriarty me murmure quelque chose à l'oreille...

-Quelle chose, demanda-t-il froidement?

-Je ne sais pas! Je n'arrive pas à l'entendre. Et... je ne sais pas, dit-elle en rouvrant ses yeux. Je ne me souviens pas...

-Tout ça pour si peu...

-Eh! Si je pouvais retrouver la mémoire d'un coup pour que vous me lâchiez et que je dégages d'ici au plus vite, je le ferai, dit-elle énervée en se levant! Donc pas la peine de vous la jouer comme ça. On est dans le même bateau tout les deux.

-... Désolé.

-Pour quoi?

-Ça.»

Il lui attrapa le bras et l'immobilisa son dos contre son torse. Elle sentit son souffle chaud contre sa joue alors qu'elle essayait de se dégager de son emprise. Elle décida alors de lui frapper d'un coup de talon, le pied. Molly l'entendit jurer mais il renforça sa prise sur elle.

«-Lâchez moi!

-Non. J'ai trop de questions, murmura-t-il d'une voix suave mais ferme à son oreille. Et je pense que tu ne joues pas franc jeu avec moi. Donc à partir de maintenant, on va se mettre d'accord: Tu vas me dire tout, et j'ai bien dit tout, ce dont tu te souviens. D'accord?

-Je n'y gagne absolument rien, dit-elle en affrontant son regard.

-Au contraire, tu seras débarrassée de moi en tant que colocataire attitré.

-Mais pas dans la vie de tous les jours?

-Si tu ne veux pas me voir, tu ne me verras pas.

-... Vous êtes super beau sous cet angle, dit-elle en souriant. »

Sherlock fronça ses sourcils puis la lâcha. Elle lui sourit avant de partir en prenant son sac vers la chambre de l'étage.

Je ne pense pas que je vais m'ennuyer avec lui!